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A la troisième personne (DMT) 



17 Juin 2021

Même formule que d’habitude, je suis seul à la maison, et je me dis sur un coup de tête pourquoi pas reprendre de la DMT. Il a fait moche toute la journée, il fait gris. Il est 17h passée et je prépare la pipe. Je mets environ 45mg dans la pipe et je me pose ensuite sur mon lit. Juste avant de commencer, je me dis qu’il me faut une intention, pour changer. A chaque fois, je rentre dedans sans réelle intention et cette fois-ci je me dis que je le fais pour en découvrir plus, pour me sentir bien, me sentir mieux. Je me suis aussi dit juste avant que si je commençais à divaguer et de penser à d’autres choses, ou me dire est-ce que c’est ça, est-ce que je suis dedans, de tout simplement répéter le mantra que j’utilise quand je médite.

Je me lance et je prends la première taffe. Je tire dessus comme un chef. J’ai l’impression d’avoir déjà tout pris d’un coup. Je suis surchargé de sensation d’un coup, tout se met à vibrer. Je prends la deuxième taffe et la troisième rapidement, ou en tout cas j’ai l’impression que c’est rapide. Je ne me souviens déjà plus vraiment de ce moment, à part le fait que ma peau sur mes mains semblait douce, accompagnée d’écailles. Je ferme les yeux. Je suis dedans. Je commence à voir ce monde qui se forme sous mes yeux et pourtant j’ai l’impression de ne pas le voir à la fois. Les visuels sont présents mais ne sont pas accessibles. Je sais qu’ils sont là, je peux voir leurs contours, ce qu’ils dessinent, ce qu’il se passe, mais avec une certaine distance. Je me souviens me balader dans un monde ouvert, avec pas mal de mouvement. Il y avait une petite fille qui courait en bas du premier plan, avec un bouquet de fleurs dans les mains qui agissaient comme des ballons de baudruches.
Mais ma place était ailleurs, je faisais partie d’une autre histoire, d’un groupe de personne. J’entendais une femme parler, et je pense que c’est la voix d’une personne qu’est passée à la maison juste avant pour récupérer son cheval qui s’est imprimée et s’est incrustée dans le trip. Je peux à peine percevoir ce qu’il se passe, j’ai l’impression de voir des technologies et des machines géométriques en mouvement mais c’est très difficile d’être sûr. Vers la fin, c’était comme si j’étais entre deux mondes, comme si j’étais à la troisième personne de tout, je me dissociais du trip visuel. Tout ceci a duré très peu de temps, peut-être deux minutes environ, c’était très bref.
Mais ça m’a alors permis de me focaliser sur le plus important, sur ce que je ressentais au moment présent. Et sur le coup, j’étais submergé d’un bonheur suprême, je nageais dans la pureté de l’amour. J’ai eu cette sensation que mon cœur avait dupliqué en taille, qu’il rayonnait, qu’il chauffait avec éclat. Et cette sensation, je pouvais la sentir se déplacer partout dans mon corps progressivement, surtout dès que je commençais à bouger une partie de mon corps. C’était absolument incroyable. Je rouvre les yeux, et je sens que les effets sont encore là. Je regarde mes pieds et c’est comme s’il y avait des taches sur ma peau, qui constitue la vraie couleur de mes pieds. Je regarde mes mains du coup et je suis surpris par la blancheur et la normalité de mes mains. Normalement, j’ai toujours les mains qui virent vers le violet ou l’orange, et là elles étaient parfaites. Je pense que c’est surtout dû au fait que j’ai arrêté de fumer il y a deux mois maintenant, et que je m’en n’étais pas rendu compte. Je reprends alors une quatrième petite taffe dans la pipe et je referme les yeux. Je ne vois rien et je ressens mes yeux qui préfèrent rester ouverts. Je reste allongé encore un certain temps. Je me retourne et je regarde le paysage par la fenêtre. Ça me rend heureux, de voir la forêt, les arbres vivre, les oiseaux voler, le vent toucher ma peau. Je suis bien, je suis serein. Après ça, je médite un peu et je décide de faire un peu de muscu, qui me semble un peu plus compliqué mais j’aime ça.

J’ai eu un petit trip dans la durée, comme les deux autres avant celui-ci, mais en fin de compte c’était le meilleur, même s’il n’y a pas vraiment eu de visuels. Et ça confirme encore plus ma théorie sur le fait de consommer de la DMT lorsque le temps est nuageux et qu’il fait gris. A chaque fois, les visuels sont très absents, et je pense que ça doit venir du manque de couleur mais aussi du manque de lumière qui ait sensé supprimer la mélatonine dans la glande pinéale. La DMT s’inspire de notre environnement, on imprime ce que l’on voit et l’amène avec nous dans le trip, comme je l’ai déjà dit avant, dans cette constante nouvelle réalité, indépendante et adjacente à la nôtre. Le fait de rentrer dans le trip avec une intention, même si celle-ci est minime, a un bon impact je trouve. Ca crée l’expérience avec un résultat plus satisfaisant.
Et un autre petit détail sur lequel j’ai envie de terminer est l’acouphène qu’on peut avoir au début du trip lors de la montée. Et je pense que celle-ci sert d’indication que l’on perce ce voile, et l’acouphène a sa raison d’être. Comme avec le LSD, où on sent un goût métallique dans la bouche qui peut être présent parce que le LSD nous ancre dans le moment présent, dans l’instant T, je pense que la DMT fait pareil sur le niveau sonore avec l’acouphène, où il nous met en plein dans le centre du moment présent, et une façon pour lui de l’exprimer, c’est d’agir en créant l’acouphène. La DMT perce le son pour ne créer qu’un seul et unique son, le son qui unit toutes les fréquences.


Catégorie : Trip Report - 25 juin 2021 à  09:52

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