Un mois de défoncé e s parisien ne s / Les Blogs de PsychoACTIF

Un mois de défoncé e s parisien ne s 



Avec vous mes grands fauves de la nuit et mes gazelles aussi
Nos baisers indiscrets et nos coïts résignés


Semaine un : bonjour ivresse
Semaine deux : en rêvant
Semaine trois : Meilleure amie
Semaine quatre : les Innommées

Catégorie : Carnet de bord - 30 décembre 2018 à  01:25



Commentaires
#1 Posté par : Bootspoppers 30 décembre 2018 à  01:32
Semaine une : Bonjour ivresse

Ingrédients pour trois personnes: pas mal de shots et deux bouteilles de vin, porto et rhum à la bouteille, beuh (peut être un gramme), 800 mg de cocaïne, 40 mg de morphine. Matériel pour tracer, pour rouler des joints, une pompe pour un shoot, une chaise, un lit, préservatifs (?).
Trois personnages : une femme A* (modèle et photographe), un homme (comédien), Boots (clown savant).

*
Mettre de la violence, seule façon de ressentir ? ou me protéger ?
Mais la violence n’est-elle pas douce ? et la douceur ne sait-elle pas être violente ?
*
A* (le prénom a été modifié) est une photographe et un modèle. On s’est rencontré-es lors de la soirée de lancement du livre de Mathilde Biron, « Ne sois pas vulgaire ».
http://www.mathildehortense.fr/wp-content/uploads/2018/11/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2018-10-30-%C3%A0-21.04.04.png
Un magnifique album de photos, des couples en train de faire l’amour, avec beaucoup d’élégance.
Ne sois pas vulgaire! livre de photos
Peut-être, A*  pose nue dans ce livre, en train de baiser, peut-être s'y exhibe-t-elle, je ne sais pas, je ne saurais trahir mes sources. En tout cas, A* était à la soirée de lancement. Le livre est sorti en novembre 2018. Cette soirée, certaines d’entre vous la connaissent puisque on en a dérivé un poème, « Sex Party », que j’ai lu lors de notre dernière rencontre au Holy Holster. On s’est revu A* et moi une deuxième soirée, errance de bar en bar, pour finir chez moi.

Chez moi... Violence d’une lourde défonce. Alcool cocaïne cannabis morphine. Violence âpre de la cocaïne où l’amour ne vient plus que de nous et de nos pauvres réserves, cette drogue est incapable d’en donner par elle-même. Toi, A*, tu donnes l’impression de tenir la route.  On aborde tous les sujets avec calme, des souvenirs d’enfance aux interrogations d’avenir, du fist anal aux tarifs des chambres de sexe. Alors moi je te regarde, fixement hagard de la drogue, et je me tais car mes mots n’ont plus aucun sens, j’ai oublié ma précédente phrase et je ne puis plus mener de conversation. Seule s’imprime peu à peu en moi ton image assise sur la chaise. Et l’autre mec défoncé, il parle à mort, il m’embrasse et me séduit, il sombre dans son égotisme de comédien comme dans un puit sans fond pour sortir de l’autre côté de la terre en rappant.
Violence de mon fix de cocaïne à tes pieds dans tes bras et où j’ai connu l’orgasme des doigts au bout des cheveux.

photo-fix-boots.pdf

Jamais je ne saurai décidément si c’est la cocaïne dans ma veine, ou l’étreinte dans des bras amis, qui donne cette jouissance qui part de l’orteil et monte jusqu’au bout des seins en faisant tressaillir les testicules. Est-ce ton baiser ou le flux de coke injecté par la seringue qui crée le frémissement ? Je préfère ne pas savoir. Jamais seul pour un shoot de coke, c’est ma protection !
Âpreté dans ma gorge après les sessions de coke et de joints, violence du rappel des limites. Violence de mon propre silence. Violence de mon projet sur yoga et drogue. Violence de ma quête dans Paris la nuit à chercher les partenaires et à effaroucher les puceaux.

Violence de notre plan à trois entre gens si différents.
Violence de nos baisers sur ta bouche asséchée par l’alcool
Violence de nos réveils et des étreintes entre vous que je n‘ai pu photographier.
Violence de ma langue sur le dos de cet homme puis, sur ton sexe par derrière, alors que tu t’enlaces sur lui.
Violence de nos mains mélangés dans vos coïts faiblement timides
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Superbe !! Y.

Posté par : Bootspoppers | 30 décembre 2018 à  01:32

 
#2 Posté par : janis 30 décembre 2018 à  11:41
Quel plaisir de te lire Boots,

effrayant, intrigant, excitant, classe, profond et humain, ton texte est tout ça à la fois!!

Merci!
Janis

Posté par : janis | 30 décembre 2018 à  11:41

 
#3 Posté par : ILE 30 décembre 2018 à  20:23
Je me demandais quel effet cette lecture me faisait.

Je n'ai pas vraiment la réponse mais d'une certaine façon ça me rappelle quand j'avais essayé de lire Guillaume Dustan il y a une quinzaine d'années...

Exotique.

Happy Year End Boots!

Posté par : ILE | 30 décembre 2018 à  20:23

 
#4 Posté par : LoVeSeX 30 décembre 2018 à  23:10
OMG , boots , tu ma donner une de ces gaules !!!!! déja en lisant ton passage avec ta petite modèle mais en gros pervers que je suis , j'ai était vérifier tes source a m'imaginer laquelle tu a pu chevaucher ce soir la ^^ , dans photographie le premier dossier image 6 OMG rien qu'avec cet photo je m'imagine des millier de chose , comme beaucoup de mec la levrette fait partie voir est ma positions favorite , donc comme tout homme qui ce respecte je m'imagine derrière cet tendre jeune femme a lui enfoncé mon engin tout en lui prenant les cheveux en la regardant crier tout en prenant mon pieds afin de lui mettre un but chargé en sirop de corps d'homme .......
Etant précoces il m'en faut peu pour etre heureux mais une chose est sur , on est le 30/12/2018 a 23 h 04 je suis hyper exciter grace a cet merveilleuse photo
/forum/uploads/images/1546/photo19_271.jpg


Pour certains sa peut paraitre simplement banal mais pour moi qui suis a J+4 d'abstinence je peut vous assuré que j'ai des noix de coco en guise de testicule , et lire un récit de bootspopers devient trés dangereux en terme d'excitation spiritments transmissible .....

Faite l'amour , pas la guerre mais surtout restez couvert ! (oui je sais c'est pas cool le latex sur le moment mais le lendemain matin une fois qu'on prend son petit dej on est content de ne pas stresser en attendant 3 mois avant de pouvoir ce faire dépister) wink
Passez de bonne fètes smile

Posté par : LoVeSeX | 30 décembre 2018 à  23:10

 
#5 Posté par : janis 30 décembre 2018 à  23:22
Euhhhhh un grand moment de poésie....

Pour réagir comme ça faut quand même pas comprendre grand chose aux textes de Boots...

Bon dernier jour de l année

Janis
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love u. Boots

Posté par : janis | 30 décembre 2018 à  23:22

 
#6 Posté par : Bootspoppers 30 décembre 2018 à  23:25

LoVeSeX a écrit

OMG , boots , tu ma donner une de ces gaules !!!!! déja en lisant ton passage avec ta petite modèle mais en gros pervers que je suis , j'ai était vérifier tes source a m'imaginer laquelle tu a pu chevaucher ce soir la ^^ , dans photographie le premier dossier image 6 OMG

Faite l'amour , pas la guerre mais surtout restez couvert ! (oui je sais c'est pas cool le latex sur le moment mais le lendemain matin une fois qu'on prend son petit dej on est content de ne pas stresser en attendant 3 mois avant de pouvoir ce faire dépister) wink
Passez de bonne fètes smile

hum hum ...


Posté par : Bootspoppers | 30 décembre 2018 à  23:25

 
#7 Posté par : Bootspoppers 30 décembre 2018 à  23:53
Semaine 2 : en rêvant

Elle m’a enfin rendu visite. Joie des retrouvailles, de la rencontre. Quel beau rêve :  la fraternité des psycho heads. Trip lourd, fix d’hero, dxm, beuh. Mélanges à éviter. D’ailleurs moi je n’ai pas pu prendre le DXM. Les cheveux devant les yeux, nos photos aléatoires et maladroites sont hallucinantes. On est vraiment partis loin, là. Elle s’est envolée au P3 devant mes yeux, je l’ai vu revenir au sol. Puis j’ai touché son âme en jouant avec ses pieds, à ma décharge je ne pouvais plus quitter le plancher où je gisais, larvesque, dégueulant, quasi inconscient.
Nous ambitionnons de publier une sorte de TR, mais elle a disparu depuis, la voyageuse.
La beauté de la came quand on s’aime en esprit. A moins que ce ne soit la beauté du DXM….

Posté par : Bootspoppers | 30 décembre 2018 à  23:53

 
#8 Posté par : Onlymoi 31 décembre 2018 à  00:02
Je confirme, je n'ai pas vu autant de perversité dans ce texte (bien que j'ai mis du temps avant de le lire car j'ai eu peur) mais plutôt le récit romantique (désolé Boots) d'un homme qui s'est retrouvé dans une situation bien appréciable mais fort rare et inattendue.

J'aime la distance que tu mets dans tout ça et le respect que tu garde pour lui et pour elle.

Merci pour ce texte, certe érotique, si beau et si envoûtant !
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bien vu, c'est le romantisme que je cherche, malgré la complication. Boots

Posté par : Onlymoi | 31 décembre 2018 à  00:02

 
#9 Posté par : Bootspoppers 31 décembre 2018 à  00:03

ILE a écrit

Je me demandais quel effet cette lecture me faisait.

Je n'ai pas vraiment la réponse mais d'une certaine façon ça me rappelle quand j'avais essayé de lire Guillaume Dustan il y a une quinzaine d'années...

Exotique.

Happy Year End Boots!

tu as essayé sans finir ? moi je viens de m'y mettre, on a des points communs lui et moi ...
See you soon


Posté par : Bootspoppers | 31 décembre 2018 à  00:03

 
#10 Posté par : Huckleberry Finn 31 décembre 2018 à  00:48
putain j'adooooorais Guillaume Dustan. lui, il avait des burnes.

Posté par : Huckleberry Finn | 31 décembre 2018 à  00:48

 
#11 Posté par : ILE 31 décembre 2018 à  08:32

Bootspoppers a écrit

tu as essayé sans finir ? moi je viens de m'y mettre, on a des points communs lui et moi ...
See you soon

ça y'est, j'ai retrouvé Génie Divin, bien planqué dans un coin de la bibliothèque. Je l'avais acheté en 2001... Exemplaire jauni mais en excellent état, je crois bien qu'effectivement je ne suis pas allée jusqu'au bout... Je vais réessayer, ça me parlera peut-être davantage aujourd'hui. A la recherche de vos points communs. wink

EDIT: bien sûr je te le prêterai smile

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Tu me le prêteras? Boots

Posté par : ILE | 31 décembre 2018 à  08:32

 
#12 Posté par : Bootspoppers 09 janvier 2019 à  16:44
    semaine trois
Meilleure amie, aux shots


Meilleure amie


J’aime quand je comprends le monde qui m’était obscur avant, j’aime quand tu es la sorcière qui crée du sens, j’aime ton intelligence aigüe et altruiste, j’aime tes cheveux roses et tes goûts de lesbienne, j’aime quand tout à coup tu résumes en une phrase la situation la plus complexe et que tu utilises les mots qui me font comprendre en un éclat …

J’aime quand tu m’appelles à deux heures du matin pendant deux heures et que je suis là pour te répondre. Et que le Ciel me fait un clin d’œil pendant que je te parle, au coeur du Marais en sortant d’une soirée sordide où la cocaïne mondaine a usé mon nez.

J’aime, ma meilleure amie, de savoir que n’importe quand, tout cela peut s’arrêter. J’aime savoir que peut être je serai là pour le générique de fin, que je serai de ceux qui te feront vivre encore davantage alors.

J’aime quand tu plaisantes sur l’impossibilité de notre amitié, un cadeau étrange de la vie pour moi, deux ans déjà que nous sommes amis, deux dingues ensembles. Les amitiés impossibles me semblent les plus précieuses, j’en ai aucune de banal, il y a bien sûr aussi d’autres asociaux avec qui je suis lié, tu n’es pas seule autour de moi. Mais tu es unique, la sorcière en chef, mon démon lesbien aux cheveux roses.

J’aime quand tu m’expliques pour la nieme fois ce que je n’ai pas compris, j’aime quand tu n’aimes pas où je t’emmène et que tu me le dis, j’aime quand tu m’emmènes n’importe où, j’aime quand je vomis au pied de ton lit parce que la surdose, et que je dors dans la pièce d’à côté parce que je ronfle.

Et voilà je crois bien que je t’aime d’une façon spéciale.

Ce moment de fin, je l’ai vécu avec toi, ma meilleure amie, dans une cave de la rive gauche quelques jours avant Noël.

Dans la cave


Alcool, poppers, tabac, tramadol, subutex ... danse étrange . Tout d’un coup, les mots nous ont échappé, ce n’était plus nous qui parlions, mais ces entités que nous avions mobilisées il y a un an dans une pluie de DXM. Tout à coup, ce qui était impossible, ô ma lesbienne aux cheveux roses, est devenu réalité. Et le secret s’est abattu sur nos deux êtres dissemblables et si proches.

J’aime ce moment rare, quelques fois dans une vie, où la relation avec une personne prend soudain corps, densité, devient concrète, s’impose. Cet instant où le monde se met à tourner autour de l’autre, qui est présent là, à côté. Ce temps qui commence, tout d’un coup, où on se comprendra toujours sans se parler. Ce temps qui efface la mort à venir.

Posté par : Bootspoppers | 09 janvier 2019 à  16:44

 
#13 Posté par : Sarcastrophe 09 janvier 2019 à  17:48
J'admire ta plume sur ce papier numérique et l'intensité qui s'en dégage...

Bravo et merci

Posté par : Sarcastrophe | 09 janvier 2019 à  17:48

 
#14 Posté par : Morning Glory 13 janvier 2019 à  01:19
J'ai vraiment hâte de lire la quatrième partie, je n'en reviens pas avec quelle facilité (apprente en tout cas) tu arrives à parler de sexe et de sentiments complexes entre autres choses, et avec autant de classe.
J'aime particulièrement la façon dont tu parles de violence dans la première semaine, tout en faisant ressortir de la douceur dans le même paragraphe, ça donne un effet super ambigü, j'adore (enfin, c'est ce que moi j'en ai senti).

Posté par : Morning Glory | 13 janvier 2019 à  01:19

 
#15 Posté par : Bootspoppers 13 janvier 2019 à  13:01

Morning Glory a écrit

J'ai vraiment hâte de lire la quatrième partie, je n'en reviens pas avec quelle facilité (apparente en tout cas) tu arrives à parler de sexe et de sentiments complexes entre autres choses, et avec autant de classe.

Pour toi Morning. Merci de m'avoir motivé.
Semaine quatre
Les Innommé e s


C’est la fin de la rencontre, une heure pluvieuse marchée côte à côte, dans les rues du 19e, après six mois où ils se sont fait la gueule. Elle ne dit rien. Elle part tout à l’heure en Amérique. Aucun tracas des horaires. En jet privé.
Il aborde le sujet des prods, elle raconte : « Je continue le cannabis, pourquoi tu n’aimes pas ça ?  (Elle lui met le doigt sur la tempe, il sursaute de cette familiarité oubliée) Eh .. toi si tu ne sens rien, ça se passe là, au cerveau.  L’héroïne ? j’en ai repris deux mois cet automne, mais j’ai arrêté, pour le moment. Et non, je n’ai pas de plan pour toi. A Stalingrad, ça se passe pas sur la place, mais dans le métro, dans les rames. Je t’ai déjà dit, tu finiras par se faire casser la gueule un jour, à shopper ainsi. »
Encore une fois il la regarde. La robe noire qui moule sa fine taille et sa belle poitrine. La tache rouge sur le visage pâle.

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Et ses yeux bleus gris, astronomiques. C’est rien. C’est tout.
Il contemple en silence la force qu’elle exerce sur les gens. Maintenant.
Auraient-ils pu encore se rencontrer aujourd’hui, sans leur secret passé ?
L’impossibilité, sans cesse accrue… n’est-ce pas de la beauté dans cette folle relation ?
Il s’étonne : « Je n’ai pas l’impression… jour pour jour, deux ans qu’on se connait. Mais … on dirait dix ans !
Alors elle explique: - Quand tu m’as vue tout à l’heure, tu m’as dit, j’avais changé. Tu t’en souviens ?
– Oui ? demande-t-il
- Avant, j’étais une ado.
– Oui, c’est vrai, sourit-il.
– Et maintenant, j’ai dix-neuf ans. »
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Trop bien merci! <3 ~MG

Posté par : Bootspoppers | 13 janvier 2019 à  13:01

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