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La stigmatisation : un effet indésirable

Catégorie : Actualités
13 avril 2019 à  13:56

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Le recours aux opioïdes d'ordonnance est parfois nécessaire pour les personnes souffrant de douleur chronique. Malheureusement, ces substances ont mauvaise presse, ce qui a des répercussions chez de nombreux patients aux prises avec de la douleur. Honte, stigmatisation, isolement : la situation actuelle pose un réel problème.

Pourquoi avoir recours aux opioïdes d'ordonnance ?

En plus d'être un traitement de première ligne pour atténuer la douleur aiguë et un outil incontournable pour réduire la douleur cancéreuse, les opioïdes médicamenteux sont fréquemment employés pour traiter aussi la douleur chronique. Utilisés à bon escient selon la posologie, ils permettent de calmer les crises de douleur intense et contribuent à améliorer la qualité de vie des patients. Souvent prescrits sur une longue période de temps pour gérer la douleur chronique non cancéreuse, les opioïdes s'intègrent généralement dans une stratégie globale de traitement de la douleur.

La stigmatisation des patients


La plupart des patients souffrant de douleur chronique non cancéreuse et ayant recours aux opioïdes les utilisent judicieusement. Or, dans le contexte actuel où le sujet des opioïdes est sur toutes les lèvres en raison de l'augmentation des surdoses qui leur sont associées, un sondage publié par le Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Montréal démontre qu'un patient sur cinq se dit victime de stigmatisation. À force de devoir faire face aux préjugés et de ressentir le besoin de se justifier, plusieurs patients ont affirmé éprouver de la honte et de la culpabilité, ajoutant ainsi une souffrance de plus à leur liste de symptômes.

Les préjugés entraînent l'isolement

Les mesures restrictives, la méconnaissance du grand public et la stigmatisation des patients ont fait en sorte que la prise d'opioïdes est devenue un sujet tabou. Certaines personnes souffrant d'une maladie chronique décident alors de ne pas informer leurs proches qu'elles prennent des opioïdes, de cesser la médication par peur d'être jugées, ou même de se tourner vers le marché noir... où le danger les guette. Fabriqués clandestinement, les opioïdes trouvés sur le marché noir ne sont en effet pas sécuritaires, et ceux qui y ont recours s'exposent à un risque accru de surdose potentiellement fatale.

Plan d'action en cas de surdose

À un moment où on souhaite plus que jamais prévenir les surdoses d'opioïdes, il serait nécessaire de faire tomber les préjugés envers les personnes qui en consomment. Une consommation non stigmatisante est une consommation sécuritaire qui se fait en présence d'autres personnes ou lorsque les proches en sont informés afin de limiter les risques de décès en cas de surdose.

Chaque utilisateur d'opioïdes devrait avoir en sa possession de la naloxone injectable ou intranasale, un antidote spécifique aux opioïdes, afin que celle-ci puisse être administrée par quelqu'un de son entourage. La naloxone est offerte gratuitement dans les pharmacies et auprès de certains organismes communautaires du Québec.

Pour savoir où se procurer de la naloxone

Somnolence extrême ou difficulté à se réveiller, étourdissements et confusion, difficultés respiratoires, aucune réaction au bruit ou à la douleur, lèvres ou ongles bleus... Les signes de surdose d'opioïdes nécessitent une intervention d'urgence. Si vous croyez être en présence d'une personne en situation de surdose, voici les étapes à suivre :

1. Appelez le 9-1-1.

2. Si la personne est inconsciente, criez son nom et frottez le centre de sa poitrine avec force.

3. Administrez une dose de naloxone à la personne intoxiquée, si vous en avez sous la main.

4. Si la personne ne réagit pas et que vous connaissez les manoeuvres de réanimation cardiorespiratoire (RCR), faites-les en utilisant un masque barrière.

5. Si la personne ne réagit pas après trois minutes, donnez-lui une seconde dose de naloxone en utilisant une nouvelle ampoule.

6. Si la personne se réveille, tournez-la sur le côté et demeurez avec elle jusqu'à ce que les secours arrivent.

Des pistes de solution

Professionnels de la santé, patients, familles, grand public : chacun a son rôle à jouer pour contrer la stigmatisation liée aux opioïdes. En brisant le silence et en favorisant un usage sécuritaire des opioïdes médicamenteux, les patients qui souffrent de douleur chronique pourront avoir un peu de répit et davantage de soutien.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES OPIOÏDES, consultez le site Québec.ca/opioides
source www.lapresse.ca



Commentaires
Bonjour Hyrda
J'aime beaucoup tes blogs smile
As tu déjà regardé sur vidéo le Colloque du Flyer 2014 " Méthadone en monoprise: un dogme Fragile " ?
Je le trouve super intéressant !


PS; Ca n'a rien avoir, quoi que !!! 

Descriptif de Youtube :
Les Drs Betrand Lebeau (Montfermeil) et Jacques Wrobel (Neuilly), bousculent le dogme de la méthadone en monoprise à travers un parallèle entre substitution aux opiacés et utilisation dans la douleur. Ils reviennent sur les raisons historiques et pharmacologiques ayant conduit à la prise en une fois par jour, et les situations pour lesquelles la biprise semble nécessaire.

https://www.youtube.com/watch?v=dDcfJ-9j0Uw
 

C'est assez intéressant ....


merci Morphe 07120 je vais regarder ça
Hyrda


Il parle de la stigmatisation des patients sous opioides... en passant complétement sous silence celle des usagers d'opiacés...

Quand on prend une drogue récéativement (ou comme TSO), on mérite plus d'etre stigmatisé que quand on prend un drogue pour calmer sa douleur....???
Reputation de ce commentaire
 
Très bien dit. Surtout qu'une conso récréative peut avoir son utilité. OrgaWZ


pierre a écrit

Il parle de la stigmatisation des patients sous opioides... en passant complétement sous silence celle des usagers d'opiacés...

Quand on prend une drogue récéativement (ou comme TSO), on mérite plus d'etre stigmatisé que quand on prend un drogue pour calmer sa douleur....???

belle observation 
Hyrda


pierre a écrit

Il parle de la stigmatisation des patients sous opioides... en passant complétement sous silence celle des usagers d'opiacés...

Quand on prend une drogue récéativement (ou comme TSO), on mérite plus d'etre stigmatisé que quand on prend un drogue pour calmer sa douleur....???

En effet , c'est aussi ce qui m'a légèrement sauté aux yeux !Mais c'est un Colloque sur des sujets précis, c'est quand même super de voir que ça progresse lentement mais surement !!


#7
blastfunk
Survivant des années 80
16 avril 2019 à  10:24

pierre a écrit

Il parle de la stigmatisation des patients sous opioides... en passant complétement sous silence celle des usagers d'opiacés...

Quand on prend une drogue récéativement (ou comme TSO), on mérite plus d'etre stigmatisé que quand on prend un drogue pour calmer sa douleur....???

Salut,

Le gars bosse sur la douleur, il n'est pas addictologue
Il passe son temps à le dire.
Néanmoins la remarque se justifie dans d'autres contextes.

Cordialement,
B.


Bonjour il me faudrait une perfusion...
Je prends 150mg de metha, demie vie : 2h.
Monoprise le matin. Ca me speede. Sinon ça m'empêche de dormir, et monter "on arrête quand je suis cassé", je ne suis jamais allé jusque là car ça veut dire passer à 300 qui ferait que je devrai en prendre tellement que ça me fait peur pour le cas où en plus de ne rien changer, ça vienne à manquer ou obligé de réduire. Ce n'est d'ailleurs pas dit qu'à 340mg je pique du nez, non mais je vais augmenter ma tolérance. En fait j'ai toujours été plus ou moins sous dosé.
D'abord par dogme de la part des structures (idiot, des années à 40mg donc surconso), puis je suis à la fois un gros "récepteur", qui demande beaucoup de clefs pour ses nombreuses serrures, qui en plus s'ouvrent toutes seules rapidement, et un métaboliseur rapide.
Difficile de changer mon traitement, je suis habitué comme ça. Mais c'était pareil avant avec moins, et en fait je n'avais plus rien dans le sang (façon de parler), alors je sais qu'on ne peut pas aller plus bas, ni fractionner alors il ne reste que plus haut. En général les UD préfèrent en prendre le moins possible.
En tout cas merci, c'est vrai que les substitués à la morphine ont svt 4 prises alors que c'est du "retard" (moscontin, skenan..). Normalement 2 prises suffiraient.
La métha me speed mais la morph j'aime pas, ni vrai traitement de fond pour mon cas, ni plaisir.
Ca fait 16 ans que je suis en TSO
Merci pour la vidéo.
merci


avec plaisir smile et merci à Hyrda smile


Bonjour, la video est assez ancienne (affsaps, codeine sans ordonnance à moins de 30 mg etc..).
J'espère que d'ici là l'idée que, si la personne va mieux sous 2 prises quotidiennes de Méthadone ce n'est pas au médecin de lui dire qu'il a tort, a progressé. ça m'a toujours semblé insensé.
C'est comme dire au patient douloureux qu'on connait sa douleur mieux que lui et que si sa douleur est bien calmée par 20 mg de morphine c'est une illusion et que 4 paracetamol sont plus efficaces.
Amicalement

Remonter

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