La coke, entre extase et mal-être / Les Blogs de PsychoACTIF
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La coke, entre extase et mal-être 



J'ai 29 ans. Plus toutes mes dents, mais encore du mordant. J'ai été envoûté par la coke il y a de ça 13 ans, lors d'une free party. À l'époque nous étions insouciants, nous ne vivions que pour ces moments magiques. "Allez les gars putain l'info est lâchée, on ya va !", "alleeeeez j'ai vu la bornd d219 je te dis c'est là tourne à droite", "et merde on capte plus, essaie de refaire le 3672 bordel", je pense que beaucoup d'entre nous connaissent.
J'étais plutôt malin et habitant Marseille, il m'était très simple d'acheter du shit et de le revendre bien plus cher sur place. Ensuite je réinvestissais dans un autre prod', acheté sur place, que je revendais, je réinvestissais... La vie semblait si simple en ce temps là ! Jusqu'au jour où fatalement, je me suis retrouvé avec trop de thunes en main. Ne sachant pas qu'en faire, j'ai acheté plein de coke, sur un coup de tête, peut-être pour l'image, pour frimer. Alors que je consommais principalement des psyché et détestais la C jusque là. Je m'en suis mis jusque là, j'en ai payé un peu de partout, je suis rentré avec une nana, c'était devenu LE produit miracle. Et au bout de quelques semaines seulement, les consos ont quitté le cadre de la teuf pour devenir de plus en plus proches et de plus en plus conséquentes. C'est aussi l'époque où j'ai essayé le shoot, même si je ne suis pas devenu injecteur régulier.
Je vous passe les années qui ont suivi, entre petit deal, soirées passées à arpenter la teuf sans profiter du son... Bref. Un jour, un de mes meilleurs amis avec qui je tapais et je basais, m'a proposé un xanax pour redescendre. Deuxième miracle, j'avais éliminé le seul inconvénient de la coke : cette sale descente.
J'ai continué sur cette pente glissante pensant que c'était rien, à combiner benzos et CC à outrance. J'ai été arrêté et j'ai pris un an avec sursis et obligation de soins au passage. J'ai été sobre 6 mois et j'ai replongé, je ne sais même plus comment.
Et j'en paye les conséquences maintenant que je suis suivi. Trouble anxieux généralisé, insomnies monstres, et une tolérance aux benzos inhumaine.
Il y a trois mois j'ai décidé de mettre un terme à tout ça, en demandant à mon csapa une cure ambulatoire dans un établissement spécialisé. Pas de place jusqu'à ces derniers jours. J'ai la date de mon premier rendez-vous à la clinique le 30 de ce mois ci. J'ai peur. Peur de comment ça va se passer, peur d'être forcé de prendre de la distance avec le produit et d'être torturé par le manque et les cravings...
Écrire ici est un moyen d'extérioriser, je publierai la suite en temps et en heures.
Après avoir eu quasiment la moitié de ma vie gâchée par cette garce, je suis enfin en route vers la liberté. Ceci sera mon carnet de route.

Catégorie : Tranche de vie - 14 avril 2019 à  02:33



Commentaires
#1 Posté par : ismael77 14 avril 2019 à  10:31
Bonjour amigo,
Ton message m'a transpercé. Bien rédigé pour commencer, ce n'est pas toujours le cas. Déjà le début, avec l'info line j'étais plié! Bien amené!
Tu sais je suis passé à la télé pour un truc de france 3, je devais emmener un cadreur et la journaliste vedette (non je dirai pas qui), en fiat panda, genre "vis ma vis de teufeur"! Avec la fameuse scène où j'appelle l'info-line d'une cabine téléphonique en rase Bretagne.
Surtout ton histoire de revente me parle, parfois j'y allais sans rien, et d'intermédiaire je faisais mes commissions, profitant de la peur des autres, parce que moi j'étais plutôt rassurant et on me donnait l'argent. Bien pour eux, j'arnaquais jamais. Mais quand, comme toi, on touche à la C, au lieu ou en plus d'en vendre, on est plus dans le délire, c'est plus la teuf. Et quand on vend, non plus pour sa conso, mais pour l'argent, là on ne s'amuse plus non plus.


  C'est pour ton histoire de prise en charge avec sevrage en ambulatoire, que je t'écris. Très bien de partager tout ça, moi j'écrivais et personne ne voulais lire. Mais je ne comprends pas comment tu peux rentrer chez toi après les ateliers, au début au moins. En plus pour ta première cure? T'es sûr? Je ne compte plus les miennes. Au moins 8....en un an!

Oui tu auras des cravings, tu n'auras que ça. Et oui tu vas peut-être rechuter mais tu n'as pas d'autre choix que celui de te donner cette chance.
Parce que tu veux être toi, parce que tout ça c'est superflu, parce qu'on peut tomber plus bas, il n'y a pas d'autre fond que la mort. Ceux qui te parleront du coup de pied au fond de la piscine n'ont jamais coulé. Ou chacun sa métaphore.
Il n'y a pas grand chose pour le "manque" de C. On te donne des sachets d'acétilsystéine ou chépakoi, du mucomist en fait, ça a un petit effet sur l'intensité des cravings. Sinon seresta, mais pour toi, avec ta tolérance... et dans les cas sévères, comme la base ou l'IV à haute dose, la méthadone (mais après c'est ta vie et le traitement c'est à vie, parfois, refuse). Refuse aussi les neuroleptiques. Attends d'être complètement décocaïnisé pour prendre quelque décision. Comme s'engager dans un traitement de fond, long, qui fera ses premiers effets bien après ta cure. Un craving dure 20 min mais au début ils s'enchaînent.
Alors le mieux est d'être enfermé une semaine puis accompagné et sans téléphone ni CB, tu aimes lire et regarder le plafond? Non? Dis toi que l'héroïne c'est pire et l'alcool aussi. *
Pour les effets de tes conneries, ton corps est plus fort que tu ne le crois, pas de conséquences notables de l'usage de C sur des années. Ne le dîtes pas aux jeunes. Les conséquences c'est ce que vis là, elles sont psycho-sociales et il faut se les traîner, en plus des problèmes qu'on a tenté de régler, et donc laissé se développer, cachés sous le tapis, en consommant ce genre de "médicament".
Je ne connais pas là où tu vas (à moitié comme en semie?). 
Mes conseils n'engagent que moi. Mais bon courage mon gars!
Commentaire plus long que le post mais il y a du questionnement dans ce dernier.
Merci

Posté par : ismael77 | 14 avril 2019 à  10:31

 
#2 Posté par : OrgaWZ 15 avril 2019 à  22:52
@Ismael77 : merci du fond du cœur pour ton commentaire si détaillé, et surtout merci d'avoir pris le temps de lire aussi attentivement.
L'enfermement H24, je ne le supporterais pas, c'est pour ça que j'ai demandé une cure ambulatoire. J'ai D'ÉNORMES troubles du sommeil, dormir en milieu hospitalier c'est juste impensable pour moi.
Et pour être tout à fait honnête, je ne fume plus de canna la journée mais j'ai besoin de ma douille avant de dormir, ça peut paraître futile mais c'est en grosse partie pour ça que j'ai demandé de l'ambulatoire.
Je suis dans la base à haute dose et on m'a proposé de la métha au csapa, mais je n'en veux tout simplement pas. J'ai déjà une énorme dépendance à la C et aux benzos, je picole beaucoup beaucoup trop, on va pas rajouter ça par dessus !
Quant au tel, j'ai effacé les numéros de tous mes plans depuis longtemps mais bon, avec le nombre de "fours" comme vous dites, de petits plans dans des épiceries de nuit etc, qu'on trouve en ville, c'est pas ça qui m'aidera beaucoup.
Niveau traitement, les neuroleptiques je les tolère tout simplement pas, ils me filent de l'akathisie, c'est juste horrible. Actuellement, j'ai 1 deroxat, 12 lysanxia, 2 mogadon et 10 théralène par jour, et pourtant ça suffit à peine...
D'ailleurs j'appréhende énormément l'arrêt des benzos après l'arrêt de la coke.

Posté par : OrgaWZ | 15 avril 2019 à  22:52

 
#3 Posté par : OrgaWZ 15 avril 2019 à  22:56
Ordo d éléphant

Posté par : OrgaWZ | 15 avril 2019 à  22:56

 
#4 Posté par : Marla Singer 16 avril 2019 à  04:33
J'ai fait une post cure (pr addiction a l'hero mais gt abstinente depuis 6mois grace a la metha. Donc ct surtt pour l'éloignement et reprendre une vie «normale»).
Rien a voir avec les cures courtes en hôpital. Javais ma chambre individuelle, on etait dans les vosges, dans un chalet en pleine montagne. Du sport et des activités artistiques (ce qui me correspondait bien : JE CONSEILLE VRAIMENT DE PRENDRE EN MAIN SES SOINS, DE SE RENSEIGNER ET CHOISIR SOI MEME SON LIEU DE CURE. Souvent on nous propose la cure la plus proche ou celle avc qui ils ont l'habitude de bosser. Mais ça ne garantit pas que ça te plaise. Il y a plein de lieux aux fonctionnement tres différents...)

Le plus chiant pour moi ça a été le shit, je fume tt les soirs depuis mes 13ans. Ma seule vraie pause ça a été ces 4 mois de cure... (j'ai mis 2 mois à avoir des urines «claires» pour le THC... j'etais bien imbibée yikes )

Alors je te parle de ça même si ça n'a pas l'air de te convenir.
Garde cette option en tête.
Pour la coke, en l.absence de substitut, ce qui marche le mieux c'est de couper tt ses contacts liés a ça (dealers, potes...). Ça peut se faire comme ça. Mais souvent ce qui marche le mieux, c'est de changer de num au minimum, voir demenager.
Tout le monde ne peut / veut pas changer de ville / region pour stopper la coke. Du coup la post cure peut etre une option. Ca permet de s'eloigner au moins le temps de recuperer et casser le craving...

Bon je te conseille cette solution car mon expérience en cure a ete tres positive. Ce n'est pas le cas de tout le monde, donc ça reste des choix perso....

De tt façon, tu n.es pas enfermé, tu peux stopper a tt moment, le seul risque c'est de griller ta cure. Ca veut pas dire qu'il faut baisser les bras a la moindre contrariété. Mais savoir qu'on reste maitre de ses choix et qu'on peut partir qd on veut, c moins flippant.

Bon voilà pour mon experience.
J'espère que le traitement prescrit t'aidera et que tu sentiras des améliorations.
Je reviendrai te lire, donne nous des nouvelles!

A bientôt, courage!

Marla

PS : c'est peut etre plus le cas, mais a une epoque il fallait anonymiser le nom des docteurs.
Du coup si tu peux le flouter, c peut etre mieux, au cas où.
Par contre tu peux laisser les coordonnées du CSAPA, c pas nominatif.
C juste un conseil... wink Bises

Posté par : Marla Singer | 16 avril 2019 à  04:33

 
#5 Posté par : OrgaWZ 16 avril 2019 à  17:14
Merci beaucoup des conseils. Je flouterai le nom du toubib dès que j'aurai le temps.
Comme tu dis, ce n'est pas toujours possible de tout lâcher et de se barrer ; j'ai un groupe d'amis et une famille en or massif, je me vois mal faire sans. Et d'autre part, le cannabis m'a permis de stopper tous les autres traitements pour les douleurs chroniques, je ne suis pas prêt à faire une croix dessus !!!
Quant au traitement que tu vois là, c'est le deuxième mois que je l'ai, j'avais plus lourd avant, c'est le fruit d'une année de travail avec mon csapa. Donc bon...
Ça aide c'est certain, mais j'ai toujours des insomnies monstrueuses, et ça ne casse pas toujours les cravings.
Ma seule solution pour casser un craving vraiment éprouvant, c'est de taper une énorme douille qui m'envoie au tapis. C'est pas très subtil, mais au moins ça marche ^^

Posté par : OrgaWZ | 16 avril 2019 à  17:14

 
#6 Posté par : Marla Singer 16 avril 2019 à  17:57
Je connais pas vraiment le gros craving de fou avc la c...  enfin je dois bien le ressentir mais j'en ai tellement bavé avec les manques physique d'opiacés que comparativement je trouve ça moins violent.

Pour redescendre et en fin de session les benzo ca marche pas mal pour beaucoup de monde du coup je me demande si ça marche sur le craving quotidien....

Bon si tu as des traitements lourds depuis un bail, c'est sûr que c'est pas un pauvre Xamax qui va te sauver la mise mais combiné avec les mucomyst à haute dose ( j'ai vu des gens sur qui ça marchait très bien moi bof) peut-être que ça peut aider...
Si une douille calme ça c'est qu'il faut un truc qui te casse un minimum, j'imagine...
Le Theralene c'est pour ca ou pour le soir?
Tu as quoi pour calmer un craving qui arrive d'un coup?
Après j'ai jamais consommer en IV donc j'ai pas toutes les clé en main, mais je te donne les conseils qui me viennent.

En effet, c'est très dur de faire l'impasse sur ses potes, surtt qd c'est de vrais amis qu'on aime.
Moi j'ai du faire une croix sur bcp de monde, ct dur... j'en ai fait une depression!
Mais bon, comme j'ai bcp demenagé gamine, je suis pas enracinée dans un département depuis la maternelle, donc c'est peut etre plus simple.
J'ai bougé dans une gd ville, et mm passé 30ans ya moyen de se refaire un entourage social...

De tt façon, chacun ses trucs qui marchent ya pas de solution unique. C'est aussi pour ça qu'il faut souvent tester differents chemins avant de trouver le bon...

Haut les coeurs! On est avc toi.

A bientôt.

Marla

Posté par : Marla Singer | 16 avril 2019 à  17:57

 
#7 Posté par : OrgaWZ 16 avril 2019 à  20:02
Merci du fond du cœur de prendre de ton temps pour me répondre aussi précisément. Le théralène c'est pour dormir en combinaison avec le mogadon oui.
Je n'ai pas de "crises" de craving, j'ai mortellement envie d'un pipe H24 7 sur 7, du coup le combo lysanxia/deroxat fait l'affaire aussi bien que possible, vu la longue durée de leurs effets.
J'ai tout essayé avant ça, j'ai eu du baclofène, du mucomyst j'en ai bouffé à la tonne, j'ai eu toutes les benzos qui existent, absolument rien qui marche.
Évidemment au début les benzos marchaient parfaitement pour le craving et les descentes, mais ça a pas duré longtemps. Le gros problème, c'est que ça me mettait super détendu, super bien, sans calmer le craving.
Du coup j'ai fini par bouffer toutes les benzos que je pouvais me procurer par tous les circuits possibles et imaginables pour casser la descente... Et reprendre par dessus. Jusqu'à taper des blackouts atomiques. Mes parents m'ont déjà retrouvé chez moi la bouche en travers en train de parler au frigo dans un langage incompréhensible lol et à force j'ai développé une tolérance énorme à ces molécules.
Pour en arriver à une ordonnance aussi "courte" que celle que j'ai postée, ça m'a pris un an de travail acharné avec mon csapa.

Posté par : OrgaWZ | 16 avril 2019 à  20:02

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