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<title>Le blog de wastedreamor2 / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[Notre Violence est ordinaire (II) / Le blog de wastedreamor2]]></title>
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<description><![CDATA[Un vrombissement familier à  l&#039;angle de la rue O se rapproche, la plus familière des silhouettes chevauche son septième scooter. Lui non plus n&#039;a jamais eu trop de bol, au moins on s&#039;est bien trouvés. En trente secondes l&#039;engin est attaché et les escaliers remontés. Je prends quand même le temps d&#039;embrasser l&#039;objet de mon amour, avant de lui demander de m&#039;en mettre un. J&#039;entends par là  me mettre assez de poudre dans un papier replié pour que j&#039;y trouve de quoi me faire 2 ou 3 shoots. C&#039;est aussi pour cela que je l&#039;aime, mon amour, un ça veut toujours dire 2 ou 3. One is too many ten is not enough. On se comprend. <br /><br />J&#039;ai tout préparé pour lui faciliter la tâche et me rapprocher temporellement le plus vite possible du moment où ce poids va enfin libérer mes épaules. Pour lui, dans la chambre, sur le meuble TV laqué blanc à  côté de la Box Numéricable, un catalogue Ikéa avec sa couverture glacée qui ne risque pas d&#039;absorber la poudre, mon ancienne carte vitale pour l&#039;écraser, un carton de loto au cas où il y ait des gros cailloux à  écraser, pour empêcher la c de gicler partout. Je vous l&#039;ai dit, ici, on n&#039;aime pas gâcher, une paire de ciseaux pour ouvrir le paquet, un ticket de métro oblitéré roulé en forme de paille. <br /><br />Mon stand à  moi prend place sur la table basse du salon, à  côté du chauffage à  bain d&#039;huile monté au maximum, histoire de me chauffer le bras et de bien faire ressortir les veines, vous trouverez 3 stéribox, soit 6 seringues, autant de petites bouteilles d&#039;eau stérile, compresses d&#039;alcool individuelles, coupelles en alu(pour qui à  besoin de chauffer le mélange, s&#039;applique à  l&#039;héroïne), filtres ( trop gros,trop compacts, je ne les utilise pas), sans oublier le préservatif que l&#039;on trouve également dans chaque stéribox. <br /><br />Comme si le camé qui est passé à  l&#039;aiguille avait encore une vie sexuelle prolifique. Je me ravise et change d&#039;avis, dope et prostitution vont souvent de paire. Décidément si ces produits sont destinés a une population à  risque, ils pourraient mettre de la bonne camelote. Parce que dans l&#039;état actuel des choses, une utilisation complète du préservatif fourni risque de vous vacciner définitivement contre toute velléité de libido. Un dépendant aux opiacés, s&#039;il a encore un attrait pour la chose, mettra beaucoup de temps à  venir, surtout si sa derniere prise est rapprochée, ce qui est souvent le cas quand on a un stéri dans les mains. Un préservatif trop étroit et trop épais coupe les sensations. Vous me suivez? Laborieuse expérience en perspective.<br /><br />Revenons-en à  mon rituel, je retourne me rassoir avec le papier que R m&#039; remis. <br />Je verse l&#039;intégralité de la poudre et des petits cailloux dans ma coupelle de stéri, je verse une vingtaine de gouttes d&#039;eau, cela fait longtemps que je ne prépare plus les shoots un à  un, il devrait y avoir assez d&#039;eau et de coke pour 3 shoots passables. Je coupe un petit bout de coton à  démaquiller que je façonne en boulette entre mes doigts, je le rajoute au milieu de mon mélange et j&#039;aspire 7ml avec ma seringue toute neuve. <br />Je n&#039;aime pas me servir d&#039;un garrot,. Pourtant je n&#039;ai plus beaucoup de veines ces temps-ci parce que depuis que j&#039;ai fait ma poussière et constaté que la douleur au bras était persistante, j&#039;achète de la coke tous les jours parce qu&#039;à  l&#039;hôpital il n&#039;y aura rien donc autant en profiter, et la douleur est présente et irradie de plus en plus, donc j&#039;espère l&#039;éviter pour le temps durant lequel je shooterais. <br />Demain, je vais à  l&#039;hôpital, promis.<br /><br />Je pense à  cette violence qu&#039;on s&#039;inflige quand on se drogue, tous les jours et le lendemain plutôt deux fois qu&#039;une… <br />Mon attitude envers moi-même est violence, la putréfaction que je laisse courir , le mal qui grandit, le besoin de plus dose après dose, on crée sa tolérance, elle devient le gouffre de nos finances et de notre mémoire. <br />Ma tolérance est à  l&#039;image de ma violence rampante, elle a des capacités exponentielles. On ne pense plus qu&#039;à  elle, ou plutôt on s&#039;en fout de la violence de ce que l&#039;on s&#039;inflige à  soi-même, on pense juste à  la normale… <br /><br />Même pas un état de conscience modifié… <br /><br />Pour preuve il n&#039;y a pas de dépendance quotidienne possible aux hallucinogènes, ce n&#039;est pas plus envisageable de prendre du LSD tous les jours pour vous que pour moi. <br />La seule différence réside dans la soustraction de l&#039;impact d&#039;une forme de violence pour moi. Je la connais si bien qu&#039;elle m&#039;est aussi confortable qu&#039;une paire de charentaises. Je n&#039;aurais pas peur de prendre assez de LSD pour faire un voyage de 24h, s&#039;il le fallait, s&#039;il y en avait assez, et si l&#039;approvisionnement est réduit, j&#039;envisagerais même de l&#039;injecter, pour être sûre que mon cerveau absorbera le maximum de substance disponible.. Et si je me retrouvais bloquée dans un délire pour le reste de mon temps à  tirer? <br /><br />Ce n&#039;est pas pour tout de suite. Le voyage d&#039;abord. <br />Introduire l&#039;aiguille du véhicule sous la peau. <br />Fouiller pour y trouver une veine. <br />La chercher longtemps avant de la trouver. <br />Même essayer d&#039;injecter sous l&#039;abcès, avec le gonflement la veine doit mieux affleurer à  la surface. Même pas pour aujourd&#039;hui. Chercher encore malgré le sang qui commence à  coaguler. <br />Vider la seringue, virer le caillot. <br /><br />Recommencer. <br /><br />Croire qu&#039;on y est, dans la veine, injecter 2ml, avant de se rendre compte qu&#039;on est à  côté. <br />Petit soulagement vous devez avoir injecté 1ml dedans. <br />Histoire de sentir la prochaine montée, reprendre 2ml à  nouveau, pomper à  nouveau dans la coupelle, chercher, verser une larme. <br />Je me mets face au miroir. <br />Aux situations désespérées, les moyens désespérés. Je plante dans la jugulaire. <br />Le pire c&#039;est que j&#039;arrive à  la rater. <br />Je crève d&#039;envie d&#039;appeler R pour qu&#039;il trouve une veine à  ma place. <br />Mais il ne le ferait pas, ou plus, il ne se shoote plus, je suis seule avec mes seringues. Il n&#039;a jamais aimé me shooter, voir mon sang, peut-être se rappeler que c&#039;est lui qui m&#039;a fait ça le premier, mon premier shoot. <br /><br />C&#039;était il y&#039;a dix ans. C&#039;était à  l&#039;époque où je revendais de la came pour assurer ma propre consommation. J&#039;avais déjà  renoncé. Ce premier shoot n&#039;a pas d&#039;importance. J&#039;étais un bras volontaire, j&#039;ai supplié pendant trois mois avant qu&#039;il ne cherche la première veine. Je voulais vivre sur la même planète que lui. Etre dans le même état. <br />Depuis le premier jour où j&#039;ai vu cet hématome noir caché sous sa manche, j&#039;ai voulu le même. <br />J&#039;ai compris bien des mystères. <br /><br />Pourquoi je me couchais avec 17grammes dans ma cachette pas vraiment secrette, de simples tiroirs rose Tati en plastique où je range mon maquillage, pour me réveiller avec 15grammes seulement, et encore certains avaient l&#039;air plus petits. J&#039;ai compris ses rages et ses colères, la descente est plus abrupte, la pente à  remonter pour retrouver le niveau normal est plus inclinée, c&#039;est une autoroute verticale. J&#039;ai compris pourquoi on ne se comprenait plus. Je ne pouvais plus le perdre, que ce soit par envie d&#039;une défonce plus absolue, besoin d&#039;oubli ou par amour, aussi bancal soit-il. <br /><br />J&#039;avais déjà  signé mon pacte avec le diable. J&#039;avais emménagé chez lui. Il ne travaillait plus, moi non plus. Je ne revendais même plus. On tapait, on baisait, on ne dormait plus, on ne passait plus un instant l&#039;un sans l&#039;autre. On ne faisait plus qu&#039;un. Nos corps étaient réunis et notre âme tout entière visait le même but. Le prochain fix. La même baise qui continue. Ne plus rien ressentir de désagréable, on a essayé. <br />On a tellement remonté notre normale à  un niveau de cocaïne élevé dans le sang, que les shoots n&#039;étaient plus qu&#039;un détail. Ma vie tout entière, mes aspirations passées, tout cela n&#039;était plus qu&#039;un détail. <br /><br />Moi, dont le cerveau arrivait toujours à  fonctionner à  vide, à  s&#039;emballer pour un rien, moi qui faisait un tel cas de mon rôle sur Terre. <br />Moi, je n&#039;en avais plus rien à  foutre. <br />Juste lui et notre défonce.<br /> J&#039;avais trouvé un répit. <br />Je ne sais pas encore si c&#039;est une pause dans ma course, ou ma destination.<br /><br />Je suis enfin dans une veine, et pas des moindres, la jugulaire, injection directe vers le cerveau. <br />C&#039;est aussi lui qui m&#039;a appris ça, on injecte vers le haut, vers le cerveau. C&#039;est le but recherché, que ça monte dans le cerveau, pas le temps d&#039;emprunter des chemins de traverse. Dans le sens inverse de la circulation sanguine vous auriez aussi plus de chances de vous louper, de ressortir de la veine, d&#039;en mettre à  côté. <br /><br />En plein dans le mille. Je pousse rapidement le piston jusqu&#039;au bout de la pompe. Sensation Passable. Je ne vise plus les sensations du début depuis longtemps. Partout, il y&#039;a la littérature du premier shoot. Le junky est sensé rechercher l&#039;effet de son premier shoot, inexorablement, en vain. Je ne me rappelle pas de mon premier shoot. Ni d&#039;où il a été envoyé, ni de comment je l&#039;ai reçu. J&#039;ose présumer que ça devait être pas mal, puisque je ne m&#039;en lasse pas. <br /><br />La vérité c&#039;est que tant que je shoote je ne pense pas à  autre chose, et&nbsp; c‘est déjà  beaucoup. Parce que si on se met à  décompter le temps que je mets à  trouver une veine de celui durant lequel je me défonce, il ne reste plus grand chose. Pourquoi je continue? Parce qu&#039;il ne me reste plus grand chose d&#039;autre… Que mon amour et ma défonce. Alors on s&#039;aime et on se défonce. Jusqu&#039;au bout. Jusqu&#039;à  injecter la même coke qui a fait pourrir mon bras dans l&#039;abcès qu&#039;elle a causé.<br /><br />J&#039;ai déconné. Franchement pas assuré. J&#039;ai mal. <br /><br />Il est 4h du matin. J&#039;ai injecté 2 ou 3 shoots dans l&#039;abcès, la tentation d&#039;une route déjà  tracée, dune veine qu&#039;on connait et qui marche. De la taille d&#039;une balle de ping pong il est passé à  celle d&#039;une balle de golf. Un instant je regrette de ne pas avoir franchement attaqué les cuisses ou une autre partie de mon anatomie moins visible, moins flagrande que les bras. Le mal est fait, il se propage, si j&#039;attends encore aujourd&#039;hui je passerais le stade de la balle de tennis. <br />Il se passe quoi si la pourriture attaque l&#039;os? C&#039;est simple on vous l&#039;ampute. Et là  vous perdez une bonne réserve de veines d&#039;un coup. C&#039;est le bras gauche, je suis droitière, je manierai toujours l&#039;aiguille de la même main. J&#039;ai déjà  une cicatrice au pli du coude droit. Une boule de chair putréfiée de 8 cm de diamètre chirurgicalement extraite de mon bras il y&#039;a 8ans m&#039;a laissé une cicatrice horizontale de 8cm. Il m&#039;a fallu attendre jusqu&#039;au mois dernier our oser shooter au même endroit. <br /><br />J&#039;avais déjà  échappé au pire cette fois là , perdre la main qui tient ma plume. <br />Ca ne m&#039;a même pas freinée, je suis sortie de l&#039;hôpital avec un plâtre de l&#039;épaule aux phalanges en signant une décharge. Le médecin n&#039;avait pas fait sa ronde post-opératoire à  j+3 de l&#039;intervention. Pas de somnifères, pas d&#039;anti douleur, rien. Même pas de visite, la psychiatre qui connait si bien mon histoire interdit à  R de venir de peur qu&#039;il me drogue en douce. Je suis partie trainer vers la station de métro Barbes, et avant d&#039;avoir fini de descendre le boulevard, on me proposait deux grammes à  120E. J&#039;ai suivi le type dans le metro, je lui ai fait confiance. Il m&#039;a escroquée de 120E. <br /><br />Retour à  la maison avec rien dans les poches. J&#039;avoue à  R qui vient de rentrer que je me suis faite avoir comme une bleue. Il sort un gramme de sa chaussette. <br />Ma mère lui avait déjà  téléphoné parce qu&#039;elle n&#039;arrivait plus à  me joindre. Il a compris que j&#039;étais sortie, il aurait fait de même. Je serais volontiers sortie à  mon réveil d&#039;anesthésie. Le bras à  vif et mes sincères larmes, qu&#039;elles soient de douleur ou de condoléances face à  la chair ôtée, n&#039;ont pas attendri les infirmiers. <br /><br />Rien, pas même un imovane, ni un demi, ni un quart. Ordre du chirurgien.Je sonne, je négocie, ça ne sert à  rien ils ne se déplacent même plus. <br />Il y&#039;a un problème, mon bras retenu par le plà tre est immobilisé dans le mauvais sens. <br />Il est trop serré aussi. <br />J&#039;ai autant mal que le jour où je suis venue, la sensation de chaleur propre à  l&#039;infection qui se répand s&#039;est pourtant évanouie. <br /><br />Je suis sauvée. Mais personne ne vient me l&#039;annoncer. Il ne doit y rien avoir de glorieux à  avoir sauvé le bras d&#039;une junkie qui n&#039;était en fait pas si ancrée dans la dépendance, pas encore. Cette junkie a connu bien d&#039;autres aventures et celle ci lui arrache un sourire, à  cette époque elle était un baby junky, encore une sorte de wannabe. Elle a juste suivi le chemin du premier homme à  s&#039;être occupé correctement d&#039;elle. Elle voulait partager sa vie, et aujourd&#039;hui ils partagent en effet un paquet d&#039;emmerdes.<br /><br />Dans cette chambre où personne ne répondait pas à  la sonnette sensée être branchée pour retentir chez les infirmières, toujours le bureau dans es environs duquel je suis immanquablement assignée. L&#039;appel du fixe est si puissant, faudrait pas que je me sauve avec tous mes tuyaux chercher un peu de bonheur en poudre puisqu&#039;ils m&#039;en veulent déjà  tellement de mes choix de vie qu&#039;ils nient totalement ma douleur, Les chairs à  vif sous un plâtre, un trou comblé par du tulle gras, des bandes dessus et enfin le plâtre géant. Rien n&#039;a été fait en finesse, ça me change du traitement dans la clinique au nom de nom de Grand pere a Tunis.<br /><br />Mes coups de sonnetes n&#039;y changent rien, personne ne vient m&#039;expliquer pourquoi mon bras est tordu dans le plâtre, il y a du avoir une confusion entre la droite et la gauche quelque part dans leur installation, en tous ças je ressens une douleur indépendante de l&#039;abcès, Je dois remettre mon bras à  l&#039;endroit si je veux arrêter de souffrir et peut être dormir ( mais sans médocs, j&#039;en doute)<br />J&#039;apprends à  me servir de ma main gauche pour défaire les bandes du plâtre. Peut-être que mon grandpere médecin m&#039;a aussi transmis un gene ou deux utiles à  la compréhension de la biologie humaine.<br /><br />Il y avait vraiment un problème. Maintentant le tout est lâche mais ma main et le pignet son dans le même sens. lors qu&#039;on m&#039;a opérée au pli du coude, j&#039;ai été bandée en forme de zig zag du haut de l&#039;épaule aux phalanges. Discrétion et cohérence absolues!<br />Mais puisque c&#039;est le bras d&#039;une camée et que je me suis&nbsp; infligée ça toute seule. <br />On me laisse patauger dans la douleur, le bras à  l&#039;envers. Peut-être que je comprendrais que j&#039;ai évité le pire. <br /><br />Mauvaise école. <br /><br />Pas comme ça. Pas dans la douleur. Je la rejette, la douleur. Je la vomis. Ma vie entière est une tentative d&#039;anesthésie sédative, plus ou moins contrôlée. Ma vie est une fuite en avant, loin de la douleur de l&#039;instant. Même si je sais très bien que demain je me réveillerais dans la même merde. Que la came n&#039;atténuera plus rien, demain… <br />Encore moins avec un bras en moins.<br /><br />4h10. <br /><br />Je ne dormirais pas, les somnifères n&#039;y feront plus rien. J&#039;ai mal et c&#039;est intenable. <br />Il dort à  côté de moi. Nous sommes allongés dans le même lit. Au moins je ne suis pas seule. <br />Le chat qui doit changer de place au rythme de mes convulsions ne lâche pas l&#039;affaire. Elle est là , elle aussi. Elle reste là  malgré les coups que je lui inflige involontairement. <br />J&#039;essaye d&#039;être une bonne mère. Je nourris mon chat avant de penser à  moi-même. Elle me le rend bien. <br /><br />J&#039;ai trop mal, chaud froid, 40 mg de méthadone en plus de ma dose n&#039;y changent plus grand chose. Un café, histoire que ça monte. Dans moins de 24h je serais sûrement au bloc. Je n&#039;ai pas envie d&#039;affronter tout ça, ni la force, ni le courage. Mon être tout entier est concentré dans cette sphère de chair putréfiée. <br /><br />J&#039;en sais assez aujourd&#039;hui pour ne pas m&#039;effrayer plus que de raison. <br />Certains ont survécu plusieurs mois à  leur abces, d&#039;autres en sont morts, mais pas en une semaine, d&#039;autres sont amputés. Je ne laisserais pas la gangrène atteindre l&#039;os. <br />Sauver les apparences à  tout prix, c&#039;est l&#039;objet de mon éducation. Les veines de mes mains sont sclérosées. Quelques croûtes se baladent. Je passe du cycatryl ou de l&#039;hémoclar, selon,&nbsp; et quand j&#039;y pense. J&#039;ai l&#039;impression de voir des rails de trains qui sillonnent mes bras, piqués de traces d&#039;aiguilles, et de toutes les teintes de rose, jaune et bleu d&#039;une peau en cicatrisation constante. <br /><br />Je ne porte que des manches longues, je sue dans l&#039;un de mes 35 perfectos chaque jour de canicule. <br /><br />C&#039;est décidé, ça fait assez longtemps que j&#039;y pense. Je me ferais tatouer les avant bras, du pli du coude jusqu&#039;au milieu de l&#039;humérus. <br /><br />Et les mains. <br /><br />L&#039;idée ne m&#039;enchante pas, je suis assez stigmatisée comme ça. <br />Mais il est trop tard, je ne récupérerais jamais les stigmates de ma consommation de toxique en Intra Veineuse. Alors que sauver les apparences, je peux encore le faire, planquer mes traces et cicatrices sous des tatouages. M&#039;inciter à  taper les cuisses, c&#039;est aussi le but. <br />Je comprends cette nuit que je ne peux plus me permettre de shooter les bras. Ils ne sont plus intègres. <br />Oui maman, je me suis encore fait ça, non, j&#039;ai pas arrêté, je n&#039;en ai même plus envie, c&#039;est une voie sans issue dans laquelle je me suis engouffrée à  en perdre haleine. J&#039;en demeure la fille d&#039;une mère aimante, parfois compatissante, abusive, toujours. Ce n&#039;est pas à  moi que j&#039;aurais fait ça, mais à  elle avant tout. <br />Comment j&#039;ai pu, encore. <br />Si je la tuais ce serait plus humain. <br />Maman, je suis déjà  morte, je suis mon propre zombie. Ne le prends pas contre toi, mais j&#039;ai perdu la faculté de te préserver de mon enfer. Il parle à  ma place. Je ne suis plus qu&#039;une âme malade au milieu de ma pourriture et de mes aiguilles. Un matelas d&#039;aiguilles dans lequel je me suis vautrée sans penser à  toi. <br />Oui, j&#039;ai osé. <br />La perfection m&#039;a quittée. <br />Et le poids de toutes tes espérances n&#039;a toujours pas soulagé mes épaules. <br />Parfois je passe devant un miroir, et je pense à  toi plus qu&#039;à  mon cadavre. Tu ne méritais pas ça, ou je ne te méritais pas. <br /><br />Mais as-tu oublié notre histoire? Je ne pouvais plus faire semblant. <br />Malgré tout l&#039;amour et la reconnaissance que tu m&#039;inspires, et la force dont je suis encore parfois capable, je ne peux plus faire marche arrière. <br />Je peux juste te préserver un petit peu plus avant, ne pas donner tes coordonnées à  l&#039;hôpital, ne pas venir te voir cet été. Planquer mes bras. Attendre que ça cicatrise en une nouvelle forme immonde, la recouvrir d&#039;un tatouage, <br /><br />Taper ailleurs, là  où ca se verra moins, apprendre à  taper des veines plus petites. <br />C&#039;est tout ce que je peux encore faire pour notre relation, maman, me résoudre à  taper ailleurs, là  où tu ne le verras pas, là  où tu ne chercheras pas, là  où ça ne te sautera pas aux yeux, là  où tu ne sais pas que les junkies les plus désespérés cachent leurs abcès. <br />Oui maman, je pense à  toi.<br /><br />4h20. <br />Il me reste une dernière décision à  prendre avant de réveiller R. Ambulance ou scooter? Ma carte vitale est à  jour, l&#039;assiduité dans mes démarches de sécurité sociale est de rigueur. C&#039;est bien la seule avec celle de mes apparences à  laquelle je me plie encore. <br />Sinon maman risque de recevoir la facture. <br />Ca c&#039;est déjà  produit. 1000E la semaine d&#039;internement forcé, 3semaines… <br />Même pas de consultation avec un psychiatre, dans un hôpital psychiatrique, ça peut sembler un comble, mais ça ne l&#039;est pas. Je suis toxicomane. J&#039;ai droit aux résidus de notre système d&#039;assistance publique. <br />Enfermée jour et nuit dans une chambre sans autre fenêtre qu&#039;une meurtrière, sans cigarettes non lus. <br />Je suis obligée de rester en pyjama et suis enfermée toute la journée en dehors des repas, pour me protéger des avances du sexe opposé, paraÎt-il, de la violence présumée des 4 intentés de force par la police, au bout du couloir, leur enclos commençait à  deux chambres de la mienne. Ils auraient pu me trouver une autre chambre s&#039;ils avaient réellement craint pour mes jours ou pour la tranquillité de mes nuits. <br /><br />Deux des condamnés sont devenus mes compagnons d&#039;infortune. SDF, musiciens ruinés, rmistes, campeurs du canal St Martin, je n&#039;avais rien à  craindre d&#039;eux, ces gens sont comme moi, ils n&#039;ont plus aucun pouvoir sur leur carcasse et leur destin. Ils ont tout perdu et s&#039;y sont perdus eux même. Dans quel ordre? Ca n&#039;intéresse plus grand monde, ils ne sont plus que statistiques. <br /><br />Leurs désirs sont réduits à  néant. <br /><br />Certains sont même ici de leur propre chef. <br />Abonnés aux minimas sociaux ils trouvent dans l&#039;internement financé par la CMU et CMUC le soulagement des besoins primaires, voire secondaires. Un lit chaud, trois repas par jour, une salle TV, même une call girl d&#039;à  peine 20ans à  mater, échouée ici par manque d&#039;information. La call-girl est le nom que m&#039;a donné la psychiatre que j&#039;ai vu le jour de mon acceptation… <br />J&#039;ai cru qu&#039;elle était là  pour m&#039;aider. <br />Je voulais juste qu&#039;elle me laisse rentrer chez moi pour nourrir le chat. <br />Je serais revenue, puisque je ne savais pas ce qui m&#039;attendait. <br />Je ne demandais pas à  ce qu&#039;elle me sauve de moi-même pour autant. Elle a alerté ma mère, lui a demandé de venir à &nbsp; Paris signer les papiers nécessaires à  mon hospitalisation sur la demande d&#039;un tiers, ou HDT selon l&#039;acronyme consacré. <br />Ma mère est venue. <br />La psy nous a reçues ensemble. <br /><br />En moins d&#039;une minute elle m&#039;appelait la call-girl devant ma mère. Mon secret n&#039;existait plus. <br />Ma mère était convaincue de la nécessité de mon internement. Ma fille n&#039;est plus elle-même si elle se prostitue. Je vais très bien, être escorte c&#039;était mon choix, et je n&#039; ai pas eu souvent l&#039;opportunité, d&#039;en faire des choix, oppressée par le carcan des rêves que ma mère avait d&#039;abord nourri pour elle-même. <br /><br />A 400E de l&#039;heure dans des palaces 5* on aura vu pire comme déchéance. Jamais je ne me prostituerais contre un shoot. <br /><br />Contre une bonne défonce, ça a fini par arriver quelques fois, mais ce n&#039;était jamais prémédité. <br />La première, je me suis faite avoir, j&#039;ai oublié de demander on dû à  un ancien acteur d&#039;une série d&#039;AB productions, devenu producteur de musique techno à  succès à  Amsterdam, avant de retomber dans l&#039;oubli et de se faire virer par sa nana le jour où elle a trouvé ses cailloux de coke. Je ne sais plus comment il s&#039;est retrouvé en garde à  vue. <br /><br />A sa sortie de la case prison il s est pris une chambre au Méridien de la porte Maillot, a appelé son dealer, qui entre nous lui cédait de la merde à  120 euros le g, soi disant sorti des saisies de la police, puis m&#039;a contactée. Dans cet ordre, je présume. Au milieu de cette passe, entre deux serivces de coke, je suis ressortie en faire une autre dans le parking en face, dans la voiture d&#039;un client qui était déjà  prévu. Affaire vite expédiée, je suis descendue en vrai cliché, porte-jarretelles et lingerie rouge assortie sous mon imper. <br /><br />Même pas besoin de me déshabiller, à  fortiori de me rhabiller. J&#039;avais deux pompes chargées dans mon sac, l&#039;acteur raté a pu baser tout son soûl, moi shooter en réutilisant mes seringues. Il a rappelé son type, ravi d&#039;avoir trouvé une compagne de défonce. <br /><br />J&#039;ai oublié de présenter ma facture à  la sortie de la chambre. <br />Pourquoi je n&#039;ai pas demandé mon dû au début? Je l&#039;ai fait, mais cet argent a servi à  payer la seconde visite du dealer. Mr Du miel et des Abeilles devait descendre avec moi pour retirer à  nouveau de son compte en banque le solde de ma prestation, mais il ne l&#039;a pas fait. <br />Le salaud m&#039;a bien eue, toujours les plus nantis…<br /><br />4h30. <br /><br />Mes digressions ne me distraient même plus de ma douleur. <br />Ambulance ou scooter? J&#039;ai déjà  abandonné ma voiture, littéralement, mais c&#039;est une tout autre histoire. <br /><br />L&#039;ambulance m&#039;évitera de l&#039;attente en m&#039;épargnant le triage des urgences. Je sais que mon cas est urgent. Plus ils attendront pour m&#039;opérer, plus il faudra râcler de chair. <br />L&#039;avantage du scooter réside dans la suppression des intermédiaires du SAMU, pas d&#039;appel à  passer, pas besoin de raconter ma toxicomanie aux pompiers, je saute à  l&#039;arrière du scooter et dix minutes plus tard je suis aux urgences. Par contre là  je risque d&#039;attendre… Soit parce qu&#039;on aura décidé de me faire payer l&#039;addition de ma vie à  contre-courant, soit par désintérêt pur et simple pour leur travail. Serment d&#039;hypocrites, j&#039;en parlais plus haut.<br /><br />4h32. <br />Je renifle mon bras, et il sent bien la mort. <br />Il pue, il n&#039;y a pas de terme plus élégant qui me vienne à  l&#039;esprit. <br />Il me faut aller à  l&#039;essentiel, et vite. <br />J&#039;ai l&#039;impression de pourrir tout entière. J&#039;ai chaud, j&#039;ai un gôut étrange et dégueulasse dans le fond du palais. <br />Je lance un autre café. <br />Je renverse un pan entier de ma penderie surchargée pour ramasser à  terre de quoi me vêtir convenablement. <br /><br />Foutues apparences, mon bras est à  moitié mort, à  moitié hurlant, et je m&#039;inquiète uniquement d&#039;avoir les dessous de bras épilés et des sous-vêtements impeccables pour l&#039;anesthésiste. <br />Quelque chose ne doit plus tourner très rond dans mon cerveau malade. Ou j&#039;ai toujours été comme ça…Je présente mieux que le commun des mortels, c&#039;est ce que je dois à  mon éducation et à  mes gênes, et j&#039;y tiens. <br />C&#039;est moi. Ce sont mes paradoxes. <br /><br />Je pense à  embarquer ma carte vitale, ma pince à  épiler et mon mini sac en cuir fuschia Longchamp dans lequel tient une livre de maquillage et de pinceaux divers, le tout dans mon fourre-tout fétiche du moment, un Satchel Paul &amp; Joe Sister bleu layette. <br />Je trouve un débardeur gris à  col en V lambda, j&#039;y superposerais une chemise en voile à  manches longues et amples, déboutonnées, facilement remontables, et le pull Superdry à  manches trois-quarts que j&#039;ai retrouvé il y&#039;a deux ou trois jours et qui me permet de rester au chaud tout en n&#039;offrant plus aucun contact à  la peau contre la maille au niveau critique des avants bras. La vie de toxicomane inséré requiert une organisation des plus ajustées. <br />Je puise dans mes dernières ressources pour sauter dans la baignoire. <br />Une fois savonnée, je règle la température de l&#039;eau au plus froid et la pression du jet au plus bas. Je tente vainement d&#039;anesthésier la douleur par le froid. Rien n&#039;y fera, mon sang bout jusqu&#039;aux oreilles. <br />J&#039;arrose copieusement de dakin. <br />Maintenant je pue l&#039;eau de javel. Je vaporise quelques coups d&#039;idylle de Guerlain pour noyer le poisson. <br /><br />Après tout le parfum c&#039;est de l&#039;alcool. <br />Peut-être un vague soulagement de dix secondes qui ne me permettra pas d&#039;enfiler mes vêtements autrement qu&#039;en gigotant dans mon slim du Temps des Cerises, parce que même si j&#039;ai perdu 2 kilos avec cette histoire, je suis mal séchée. Mes jambes sont humides et mon jeans colle à  ma peau, je me dandine dedans pour le faire remonter sans me servir de mon bras, et en essayant de ne pas le cogner aux murs ou à  autre chose. <br />La salle de bains est étroite. Chaque mouvement me ferait presque hurler, si tout cela ne m&#039;était pas aussi familier. <br /><br />J&#039;y suis presque. <br /><br />Habillée, je n&#039;ose pas sortir de la salle de bains avec mon teint olivâtre et cireux de cadavre et mes yeux cernés. J&#039;applique une BB crème, de l&#039;anti-cernes et du fond de teint à  l&#039;éponge humide, un peu de blush, un fard irisé clair sur la paupière mobile, la fameuse teinte « half baked » de la palette Naked 2 d&#039;Urban Decay au creux de la banane, un trait de liner, un peu de fard sur les sourcils, aussi, et le mascara, enfin. <br />Le make up est un réflexe chez moi. J&#039;y consacre 8minutes. <br />Un petit tour sur la balance, je ne pourrais pas me peser demain. <br /><br />Quoique je me rappelle une balance dans le couloir du service hepato-biliaire de Villejuif, où une TS presque réussie m&#039;avait conduite. J&#039;avais pu surveiller mon poids durant tout mon séjour. Oui, mais je vais à  Bichat, autant dire le désert médical. Je dépends de ce CHU au vu de ma domiciliation, on ne se priverait pas de m&#039;y expédier si je me présentais à  d&#039;autres urgences. Personne ne fera de l&#039;excès de zèle pour une junk. Je sais ce qui m&#039;attend. <br />Je referme consciencieusement la porte de la salle de bains pour y conserver les volutes de vapeur chaude qui tentent de s&#039;échapper avec moi. Si R veut se doucher, il pourra le faire au chaud. <br />C&#039;est le moins que je puisse faire avant le réveil en fanfare qui l&#039;attend.<br /><br /><br />5h16. <br />L&#039;heure s&#039;affiche en lettres de néon bleues sur la box.<br /><br />« Bébé », ma voix est embarrassée, je ne suis pas fière de mon coup. Je soulève doucement son épaisse frange. <br />« Bébé, ça va pas ». Je ne sais pas si je l&#039;ai sorti d&#039;un cauchemar, ou si son regard est effaré à  l&#039;idée du cauchemard éveillé qui va suivre et auquel je le prépare à  demi mots depuis 5 jours. <br /><br />Dans ma grande bonté je tiens un café. <br />Je n&#039;ai pas rajouté de lait à  cause de son ulcère et/ou de son hépatite. On ne sait pas trop pourquoi il vomit tous les jours. <br />A jeun le plus souvent. <br /><br />Le café au lait est réputé être un poison pour l&#039;estomac. C&#039;est déjà  ça d&#039;épargné. <br />J&#039;espère qu&#039;il ne vomira pas même s&#039;il n&#039;a dormi que 3 heures. Il n&#039;y a pas le temps, maintenant que je me suis psychologiquement préparée à  subir une hospitalisation, je veux en finir le plus vite possible. Même si ça implique de devoir regarder ma réalité en face les quelques jours où j&#039;occuperais un lit d&#039;hôpital. <br /><br />Ca je n&#039;y couperai pas, ils me renverront toute l&#039;horreur de ma situation au visage. Ils me lanceront des regards noirs réprobatoires. L&#039;infirmière me soufflera tout son dégoût en pinçant ses narines, quand elle aura qwdéjà  piqué deux ou trois fois sans trouver de veine pour la perfusion. Oui, je sais que vous ne me comprenez pas, et c&#039;est réciproque. Je ne comprends pas le but de se rendre dans ce hangar plein de souffrance et de relans d&#039;ether, tous les jours, tous les mois, chaque année, pour un SMIC. Vous vous infligez ça tous les jours. Chacun porte sa croix. Je n&#039;ai pas la prétention de prétendre que la mienne est plus lourde ou plus reluisante que la vôtre. Epargnez-moi vos jugements de valeur, vous ne m&#039;intéressez pas.<br /><br />« Bébé, ça va pas du tout. Mon bras, ça ne s&#039;est pas calmé, c&#039;est de pire en pire. Ca s&#039;est mis à  suinter au milieu, y&#039;a un peu de pus qui est sorti. Je crois que c&#039;est comme l&#039;autre fois. »<br />« Maintenant? Tu t&#039;en rends compte seulement maintenant? Ca fait presque une semaine que tu as fait une poussière. » Il me dévisage puis fixe son regard au mien. Il a vraiment l&#039;air paniqué, il a l&#039;air d&#039;en avoir marre aussi. Moi, les hôpitaux. Il pensait que c&#039;était derrière, parce qu&#039;on maÎtrise mieux notre consommation. Parce que lui ne shoote plus depuis 6 ans environ, depuis 12 avant de me connaÎtre. Je l&#039;ai fait replonger, il m&#039;a fait mon premier shoot. Les compteurs sont à  zéro entre nous.<br /><br />« Sèrieux, tu déconnes. Je sais pas comment ça ne t&#039;est pas arrivé plus tôt, avec toutes les saloperies que tu ramasses par terre et que tu prends pour de la coke. Montre! » Je lui colle le café dans les mains et je m&#039;execute. Je montre l&#039;inmontrable. Lui ne me jugera pas, mais ce n&#039;est que le début. Je n&#039;ai pas fini de le montrer mon bras aujourd&#039;hui. La matinée n&#039;a pas encore commencé.<br />« Je ne comprends pas. Oui, je me suis loupée mais c&#039;était clean. La pompe était presque neuve et le coton aussi. Y avait pas de vieux sang. C&#039;était un shoot tout propre. Je croyais avoir planté du premier coup. Depuis je désinfecte tous les jours et j&#039;ai même retrouvé de l&#039;amoxiciline, j&#039;en prends un gramme par jour. Mais j&#039;ai toujours mal et je suis dans un état bizarre, fébrile je crois.&quot;<br />« Aïe » Il tient mon bras, boit sa premiere gorgée de café, suivie de près par la deuxième. <br /><br />Il partagera cette épreuve avec moi. Après tout ce dont nous revenons, je nous vois assurément comme un couple solide. Notre amour a triomphé d&#039;années de promiscuité, de descentes violentes, de quelques coups donnés et rendus, notre amour a triomphé là  où beaucoup seraient démolis, pulvérisés comme de la blanche passoirisée. On a même été clean, ensemble, pendant 18 mois. Il a encore ce pouvoir sur moi. S&#039;il devenait anti-drogues du jour au lendemain, j&#039;essayerais fort moi aussi. Parce que je n&#039;ai ni envie de faire ça dans son dos, ni de le quitter, parce quitte à  se désintoxiquer, on refera ça ensemble. On l&#039;a fait plusieurs fois. Même si ça n&#039;a jamais duré.<br /><br />Mon amour est ma plus grande force, quoiqu&#039;en pense ma psy. Je ne m&#039;en sortirais qu&#039;avec lui, il est mon âme soeur et ma vie ne vaudrait plus rien si on devait avoir traversé tout ça ensemble pour séparer notre route dans le cadre d&#039;une prétendue réhabilitation. Il est mon équilibre et vice-versa. <br /><br />Mon cocon c&#039;est cet amour, contenu dans cet appart que je meuble du mieux que je peux durant mes éclairs de lucidité productive, et qui croule sous les vêtements épars. Je n&#039;ai pas rangé mes ustensiles, les restes de l&#039;orgie contenue d&#039;il y a encore quelques heures. La coke me prive même de sommeil, mais je ne sors pas vraiment de ma chambre pour autant. La douleur m&#039;empoisonne depuis quelques jours, je suis épuisée parce qu&#039;elle m&#039;empêche de dormir. Une pause, un répit, je me rapproche de mon anesthésie.<br /><br />R me demande d&#039;allumer la lumière. Il fait encore nuit. Seulement l&#039;ampoule ne fonctionne pas. J&#039;avais oublié. Il faut se déplacer dans le salon pour apprécier l&#039;étendue des dégâts. Je crains cet instant. Moi, je ne veux pas regarder, je veux juste qu&#039;on me débarrasse de la douleur. Je véhicule la politique de l&#039;autruche dans le sang… Papa m&#039;a appris à  ignorer les montagnes sous mes yeux. Ce qui n&#039;a d&#039;emprise sur moi, n&#039;existe pas.]]></description>
<slash:comments>18</slash:comments><pubDate>Tue, 03 May 2016 21:57:51 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ wastedreamor2 ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Shooter la momie / Le blog de wastedreamor2]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Shooter-la-momie_1961_1.html</link>
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<description><![CDATA[Nous sommes sur le periph. R conduit son X9, je suis à  l&#039;arrière. Le siège arrière est surélevé. Je me prends donc plus de vent dans la tête, et en cas d&#039;accident je saute généralement au dessus du conducteur pour me retrouver étalée sur le bitume. Finie l&#039;époque où je conduisais mon scout, rebaptisé Cercueil par mes potes.<br /><br />La dernière fois , une smart nous a attaqués sur le rond point de l&#039;étoile. Oui, une pauvre smart blanche dont la conductrice espérait un règlement à  l&#039;amiable. La loose absolue. Un pot de yaourt a failli nous tuer. J&#039;ai fait quelques mètres en l&#039;air avant de retomber sur mon casque en premier. Perte de conscience, puis instinct de survie, j&#039;étais au milieu de l&#039;avenue de Wagram que j&#039;ai traversée à  quatre pattes. Ma tête était sonnée, douloureuse comme jamais, ma vision était modifiée, ma robe en lambeaux, mes sous-vêtements à  demi exposés. <br /><br />On avait un vol le soir même pour passer les vacances d&#039;été dans ma famille Nous partions faire les derniers achats, là  on allait chercher le shampooing de ma grand mere qui n&#039;est trouvable qu&#039;aux Galeries Haussman. Nana est exigente, mais elle m&#039;a élevée, moi et 16 gosses en tout. Nana est sacrée. Ce coup ci, pas de shampoing, elle se contentera de son pote Johnny Walker. Oui, j&#039;attends le SAMU au centre de badaux curieux, une allemande et une chinoise bien urbaines m&#039;ont passées de l&#039;eau et ont épongé ce qu&#039;elles ont pu avec des kleenex. Et moi je pensais encore au shampoing, et surtout à  mes vacances. <br /><br />On s&#039;est fait voler le scout le jour même. Les urgences m&#039;ont gardée pendant 8h. Dont plusieurs passées seules attachée à  un brancard, la tete bloquée par une minerve. Il y avait un risque que je vomisse suite au choc à  la tête mais je suis restée bloquée la les yeux rivés au plafond. Là  je n&#039;ai pas compris. En vomissant j&#039;aurais pu m&#039;étouffer…<br /><br />Je suis partie, après scanner, mais contre avis médical, avec une commotion cérébrale et pelée à  vif sur 30-40% de mon corps. Tata est dermato, on verra là  bas. Même pas eu droit à  un bandage ici. Nous avions interdiction de nous baigner en piscine pour ne pas contaminer l&#039;eau avec les bactéries ou je ne sais quoi qui suintait de nos membres à  vif, interdiction également de se mettre au Soleil. . Nous sommes logés dans un bungalow en face de la piscine de mon enfance. Ca s&#039;annonce bien niveau frustration.<br /><br />En panique de devoir gérer les derniers préparatifs, mon copain a laissé les clefs sur sa moto, volée le jour même donc.Lui était tombé sur les fesses, avait refusé de partir avec le SAMU pour boucler les valises, il a gardé un cul couleur babouin (Bleu vert rouge violacé) pendant des mois. .<br /><br />On a eu notre vol qui avait 2h de retard. Ayant des enfants à  surveiller, je ne me suis pas permis de prendre le risque d&#039;infecter les piscinespuisque les petites étaient également dedans.Nous avons passés nos vacances entre la clim et la BM à  tirer des freins à  main ou à  balader ma petite soeur et ses copines. Elle aussi, pourrie gâtée est exigeante, une peste miniature. Elle a fait toutes les conneries du monde pour attirer l&#039;attention de ses parents, ça n&#039;a pas marché. Elle aussi, ma grand mère l&#039;a élevée. Elle prend ma route, et je ne peux rien y faire. Je l&#039;ai vu venir, mais chez nous la psychiatrie est une science inutile, dégradante et honteuse à  exercer, encore plus la Hashouma à  consulter.<br />&nbsp; <br />Il y a des jours comme ceux là  où la loi des séries prend le contrôle et les déconvenues s&#039;enchaÎnent. C&#039;était une de ces journées. Une sale journée de février. Un froid humide, un ciel gris, un orage silencieux gronde dans mon coeur. Mes yeux sont deux fontaines taries. <br /><br />Comme toujours en moto, surtout en février, le nez coule, mon maquillage fond,&nbsp; mais je ne compte pas fermer la visière tout de suite, je veux finir ma clope d&#039;abord. Je suis en pause, la fontaine de larmes s&#039;est tarie et le vide m&#039;imprègne. Je m&#039;en fous de ressembler à  un koala, je m&#039;en fous du vent, je m&#039;en fous que mon copain slalome à  3cm des voiture sur le periph. Comme d&#039;hab sauf que là  je ne m&#039;accroche même pas, je ne ferme pas les yeux. Je m&#039;en fous, je m&#039;en branle si on doit rajouter un étage au caveau familial. Je suis un zombie qui sniffe ce qu&#039;il trouve. On va pecho. Qu&#039;est ce que j&#039;en ai à  foutre de mon compte en banque ou de mon découvert. Qu&#039;est ce que j&#039;en ai à  foutre de ma vie. Demain sera aussi gris.<br /><br />Je viens de perdre en 15 jours mes deux grands parents maternels. Ils avaient tous les deux 82ans<br /><br />Mon grand père était truffé de cicatrices de guerre. Un cancer généralisé l&#039;a emporté. C&#039;est le foie qui a lâché.<br />Il s&#039;appelle Wolfgang. C&#039;est une montagne d&#039;1m90, beau comme un Dieu, les cheveux blonds, les yeux de la couleur d&#039;un ciel d&#039;été. Je parle de lui au présent car il reste vivant en moi, en ma mère, à  travers son chien, Mon héros ne quittera jamais ma mémoire. Il est Né à  Liverkusen, Deutchland. Papy est un chleu, il a toujours gardé son accent, même après 50ans d&#039;exil. Il a été enrôlé dans les jeunesses hitlériennes à  12 ans. Pas le choix, à  douze ans ils sont venus le chercher. <br /><br />Avant il volait des patates en traversant le Rhin gelé sous la glace, vendait des journaux, fumait des maïs pour stopper la faim. Puis Il a sauvé sa famille communiste qui partait pour les premiers camps. Il les a sortis du train grâce à  son brassard Sa mère crachera sur la télé et dans le téléphone à  l&#039;évocation du nom d&#039;Hitler jusqu&#039;à  la tombe.Elle était peu discrète face à  ses convictions politiques,&nbsp; C&#039;était une femme forte, avec 5&nbsp; enfants à  charge, elle avait mis son mari alcoolique à  la porte (dans les années 30, donc). Elle faisait des ménages pour nourrir sa nichée. Ils passeront la guerre planqués dans une ferme russe. C&#039;était une rouge, ceux qu&#039;on embarquait en premier avec les malades mentaux et les homos.<br /><br />Tout le monde a survécu. Mon grand père s&#039;est retrouvé prisonnier des russes. Il passera 4ans de 16 à  20 ans dans les mines de Silésie, aux travaux forcés, peine à  vie, sans jamais voir la lumière du jour. Ils seront trois à  préparer une évasion. Il sera le seul à  ne pas être fusillé dans la fuite. Il était déjà  un guerrier. De la vie, de l&#039;armée, de la résilience, il a fait un détour par Liverkusen, et a rejoint la France et la Légion étrangère. Il a fait toutes les guerres et a rencontré ma grand mère en Algérie.<br /><br />C&#039;était un gueulard, presque invivable, il méprisait les hommes, et sauvait chaque animal en détresse qu&#039;il trouvait. Il nourrissait 30chats dans le jardin et quelques uns dormaient dans le garage. Ordnung und Sauberkeit, ordre et propreté étaient sa devise. Ca et dans la vie c&#039;est chacun pour sa gueule. Marche ou crève. Toi, tu seras debout. J&#039;ai été le seul bébé qu&#039;il ait changé, je m&#039;endormais collée à  lui et il disait à  tout le monde de se taire « La ferme. La petite dort&quot;. Il avait enregistré mes arreu sur cassette. Le jour de ma naissance, il était là , à  Tunis, mon père, malgré un père, des oncles, des frères et soeur et cousins médecins, et deux années en fac de médecine, ne supportait pas la vue du sang. Il a paniqué, au point d&#039;emmerder tout l&#039;hôpital, c&#039;était un jour férié aussi.. L&#039;ascensceur était en panne, il faisait 40 degrés et mon père était dingue que ma mère accouche dans ces conditions. Impossible de joindre son frère pour surveiller les opérations. Mon grand père l&#039;a amené se balader sur la plage.<br /><br />J&#039;ai appris à  sa mort, seulement, en parlant à  ses connaissances, que j&#039;étais son trésor (sa seule petite fille aussi), j&#039;avais 26ans, malgré mes errances, j&#039;étais « son trésor ». Il n&#039;a jamais su que je me droguais. Mais je déconnais déjà  grave à  marcher à  côté des routes qu&#039;on m&#039;avait tracées. Je croyais l&#039;avoir tellement déçu. Il m&#039;aimait donc, la montagne froide et inaccessible, m&#039;aimait, et je m&#039;en suis voulue de tant d&#039;absences. Je m&#039;en veux toujours d&#039;ailleurs. La culpabilité me colle à  la peau..<br /><br />Papy a obtenu la Légion d&#039;honneur à  22ans. Son unité devait garder une colline pendant la guerre d&#039;Indochine, lui était un troufffion, comme il dirait, tous les gradés sont morts. Il a pris le commandement. 4 jours éveillé avec 4éclats d obus dans le ventre. Refus du doc. Ils ont gardé leur colline. Et papy a commencé à  faire « carrière ». A 37ans il était colonel. Puis a intégré la sécurité d&#039;un ministère pour contenter ma grand mère.&nbsp; Il est devenu français au prix du sang versé.&nbsp; Il était un des plus médaillés de France, 26 décorations et autres palmes.et souvent sollicité pour ouvrir le défilé du 14juillet. Il l&#039;a fait une fois. Plus jamais je joue le couillon avec un drapeau devant une caméra et des excités derrière une barrière et ces connards de sociales Je suis pas danseuse.&quot;<br /><br />Mamie est née en Agérie. Elle était le clerc de notaire de son père. Elle a élevé ses frères car sa mère est morte, trop jeune, amputée des deux jambes depuis quelques années. Elle rencontre papy pendant la guerre. Ils se marieront et feront deux enfants.<br />Mamie est la seule à  être douce de ce côté, elle ne comprend pas notre violence verbale, et répète régulièrement qu&#039;elle veut divorcer. Elle adore son fils, mais il le lui rend très mal. Jusqu&#039;à  l&#039;avant dernier jour des siens elle parlera encore de son déchirement de n&#039;avoir jamais pu revoir la tombe de sa mère, là  bas à  Alger, où les horreurs vécues pendant la guerre l&#039;ont toujours dissuadé d&#039;y retourner. <br /><br />Elle travaillait, pour une femme de son époque elle avait fait des études longues, jusqu&#039;au baccalauréat. Elle était la secrétaire d&#039;un sous préfet.<br />Elle est brune aux yeux noisette. Dans sa jeunesse elle ressemblait à  une lady des années 40. Les gants, la voilière, les robes à  corolle. Elle était fière d&#039;avoir fait deux enfants blonds aux yeux bleus. Elle était d&#039;une extrême gentillesse, je lui caressais ses cheveux teints en blond depuis sa cinquantaine quand les cris fusaient et quelle en était toute secouée et chevrotante. C&#039;est a première personne à  m&#039;avoir pris dans les bras à  ma naissance.<br /><br />Mon père est arabe, son père a batti des mosquées, sa mère a du sang perse et mongol, nous sommes maures en fait, des exilés d&#039;Andalousie en 1492 (Isabelle de Castille, elle est mal vue chez nous) ma mère est à  moitié allemande, moitié pied-noir (mais elle refuse cette épithète. « Je suis partie à  3ans, d&#039;où je suis pied noir??? »), d&#039;origine espagnole par sa mère, et mon grand père a fait partie de la Wermarth. Le compagnon de 25ans de ma mère est juif. Mon mec est normand et faisait la sieste avec ma grand mère arbia, et discutait pendant des heures avec mon grand pere, pourtant il est né autour des plages du débarquement. J&#039;ai une cousine germaine à  moitié paki, l&#039;autre mi chinoise.<br /><br />Parlez moi de racisme….<br /><br />Je suis descendue dans le sud, comme chaque année pour Noël, je savais que ce serait le dernier &quot;tous&quot; ensemble. Elle est pas large ma famille en France, à  force d&#039;exils, on était 4 en France. Il en reste 2, et le vide. Après, au bout du couloir il n&#039;y aura plus sa chaise, lui, son chien et son journal et «&nbsp; Ooh, où tu te crois? Ferme la porte putain de merde. Les courants d&#039;air ». <br /><br />Premier réflexe chez mes grands parents : salle de bains du bas, inspection de l&#039;armoire à  pharmacie, je me sers. Ma mère m&#039;apprend que papy refusait ses patchs de morphine, parce que ça le mettait trop à  l&#039;ouest. Ma mère les a tous jetés il y a quelques jours. J&#039;étais folle de rage. En silence bien sûr. Tout ce trésor à  la poubelle.<br /><br />La montagne s&#039;était effondrée mais continuait à  assurer les taches du quotidien, malgré sa peau fine comme du papier à  cigarette, sa carrure perdue, e fait qu&#039;il ne pouvait dormir qu&#039;assis, car sinon allongé il lui aurait été impossible de se redresser, ses pieds étaient&nbsp; enflés, noirs et souvent sanglants et suintants. Toute cette eau que j&#039;ai épongée, agenouillée à  ses pieds. Toujours assis sur cette chaise où il dormait. Papy avait déjà  subi 20 opérations. Il avait vécu plus longtemps qu&#039;il ne l&#039;aurait jamais pensé. II ne s&#039;est jais plaint, jamais. C&#039;est un guerrier.<br />82ans. Le jour de mon arrivée, ou Papy m&#039;a hurlé dessus comme rarement je suis partie en claquant la porte. Moi aussi je suis une gueularde. Ca a toujours clashé entre ma mère lui et moi.<br /><br />Le lendemain, il s&#039;est excusé, pour la première fois.<br />« Ma fille, ne m&#039;en veux pas, c&#039;est la maladie qui parle. Tu sais que je t&#039;aime »<br />« Moi aussi papy, tellement. » mais je ne l&#039;ai jamais su… Qu&#039;il me considérait comme sa fille non plus. <br /><br />Moi je tapais du matin au soir, depuis 4ans. Je shootais depuis trois. Depuis que je croyais que tout le monde m&#039;avait lâchée, lui compris qu&#039;il avait honte de ma chute, que la perfection m‘ait quitté, que j&#039;ai été internée, qu&#039;il ait compris que je ne ferais jamais l&#039;ENA, qu&#039;en secret j&#039;étais une pute toxicomane, que j&#039;aimais comme une dingue ce type avec une gueule de tox et des jeans branlants… Ouais, j&#039;étais un bon cheval à  une époque. La balle de flipper voulait leur prouver à  tous que seule et boursière, elle ferait mieux que tous. Et ce jour là  elle leur crachera à  la gueule. Marche ou crève. Je voulais courir. La Cocaïne a passé la ligne d&#039;arrivée avant moi.<br /><br />La mort, j&#039;y pense depuis que j&#039;ai 8ans, la mienne, pas celle des autres.. Je n&#039;y avais jamais réfléchi. Personne n&#039;est jamais mort dans mon entourage, pas encore.<br /><br />J&#039;ai raté la dernière occasion de le voir. Restée plus longtemps que prévu je n&#039;avais plus de TSO, j&#039;y allais en mode homéopathique depuis 4jours, et là  j&#039;étais au bout. Rien. Je me suis allongée en haut, j&#039;étais épuisée, je me suis endormie, elle ne m&#039;a pas réveillée pour retourner à  l&#039;hôpital après le déjeuner. J&#039;y étais déjà  allée le matin. Elle m&#039;a laissée dormir. J&#039;étais aussi sous traitement psychiatrique lourd (et inapproprié au passage)<br /><br />Rentrée à  Paris je l&#039;appelais tous les jours, jusqu&#039;à  ce qu&#039;il ne puisse plus parler, puis décrocher le téléphone. Il m&#039;assurait qu&#039;il était mieux ici que nulle part ailleurs. J&#039;avais rempli sa chambre de toutes ses sucreries préférées, décortiqué1kg de noisette et autant de pistaches parce qu&#039;il ne pouvait plus, sinon sa peau se déchirait. Et un stock de canettes de perrier. Une épicerie sa chambre d&#039;hôpital.<br /><br />J&#039;appelais mamie, je vérifiais tous les soirs ce qu&#039;elle avait mangé, même si je n&#039;y croyais pas vraiment. Elle était déjà  tellement maigre.<br />Maman passait ses journées collée à  elle, de 8h du matin à  20h 30. Comme depuis les 10 dernières années, elle voue sa vie à  s&#039;occuper de ses parents. Quitte à  ne pas bosser. Papy nous aurait jamais laissées tomber, alors elle a considéré qu&#039;elle n&#039;avait rien de mieux à  faire. Elle était là  tous les jours. A chaque SAMU, à  chaque opération depuis 20ans. Mon oncle… Il nous a désertés depuis longtemps. Je ne connais presque pas mon cousin. Il avait 16ans et son père le trouvait « trop jeune » pour vivre ça. J&#039;ai souvent été « délaissée » à  leur avantage, mais c&#039;est de ma faute, pourquoi je n&#039;ai jamais compris que papy allait si mal. C&#039;était juste impossible à  envisager. Il a été ma figure paternelle 14ans durant. Jusqu&#039;à  ce que je retrouve mon vrai père, deux ans plus tôt. Et encore, à  l&#039;heure actuelle on ne se parle pas depuis un an. Moi je comptais bêtement sur les statistiques. La durée de vie moyenne se situant à  87ans, morts récuses comprises, j&#039;avais le temps. J&#039;en était certaine.<br /><br />J&#039;aurais dû, j&#039;aurais pu y aller plus souvent, avec maman le soir, mais ado j&#039;étais trop occupée à  lui faire croire que vu mes horaires de cours je ne pouvais pas attendre 21h ou 22 pour manger.; Quand elle était chez ses parents je jetais la nourriture dans les toilettes. Et c&#039;était le principal pour moi, nourrir ma psychose, ne pas grossir à  tout prix.<br />On déjeunait chez mes grands parents tous les dimanches. Dès le repas avalé je rentrais le plus vite possible. Vomir avant que mon corps n&#039;absorbe les calories.<br /><br />Si vous voyiez mes deux grands mères, ou serriez leurs frêles silhouettes contre vous, vous vous demanderiez pourquoi je me suis emmerdée à  m&#039;affamer depuis mes 12ans. Par peur de grossir. La bouffe était ma première drogue, l&#039;année d&#039;après je buvais déjà . J&#039;ai vite compris qu&#039;alcool et nourriture étaient incompatibles. Je me nourrissais du sucre du get 27, le Baileys c&#039;était déjà  trop calorique.Le plus souvent je v-buvais on thé rocks, fuir les calories du jus de fruit. J&#039;étas grave, à  vivre avec des haltères de cheville de 2kg pour éliminer en toute discrétion. Et avec ça je ne suis jamais tombée dans les pommes d&#039;inanition. J&#039;ai compris depuis que ça devait être dans mes gênes. J&#039;ai réalisé qu&#039;en avalant deux tablettes de chocolat par jour, et tout le sucre que je peux trouver, je n&#039;arrive pas à  dépasser les 52 kg.<br /><br />Combien je me suis compliqué la vie inutilement. A éviter des tranches de vie pour trouver un moyen d&#039;éviter les repas ou un endroit où vomir discrètement. C&#039;est on secret. Ma mère le découvrira à  mes 17ans. Premier internement.<br /><br /> J&#039;essaye deconvaincre ma soeur et ma cousine que leur constitution les empchera de grossir, leur éviter mes cicatrices, qu&#039;elles restent miennes,, leur éviter la perte de leur molaires, et une ostéoporose précoce, mais l&#039;expérience ne se transmet pas. Anorexiques boulimiques vomisseuses, troubles de la personnalité, bipolarité (à  tendance schyzo pour ma soeur), anxiété, hypersensibilité, on partage au moins ça à  défaut de se voir régulièrement. On souffre sûrement aussi fort. Surtout que nous voyons toutes nos psys en « cachette de la famille », nos parents ont tous fini par nous interner, mais nos parents ne le disent même pas entre frères et soeurs, alors qu&#039;ils ont tous traversé la même épreuve à  nous imaginer 6pieds sous terre dès nos 20ans.<br /><br />Et là  je m&#039;en fous de tout, je ne m&#039;en doutais pas. Pas les deux d&#039;un coup. <br /><br />J&#039;ai passé un mois dans le sud à  Noël, à  la fin on a hôspatilisé mon Wolfgang, enieme chute contre un radait-eur, marre de sang, impossible de le relever pour ma grand mère, dernier SAMU: il est décédé 12 jours après mon départ.<br /><br />« Nanou. Il était temps. Papa est parti ce matin. On l&#039;a débranché. Il s&#039;est éteint lentement. Il n&#039;a pas souffert. Il ne souffre plus. Il avait l&#039;air en paix. Toujours aussi beau.« <br /><br />&quot;Il a parlé avant de partir, trouvé cette force ultime, ils lui ont tous pris la main tour à  tour, il a demandé à  David de s&#039;occuper de moi, et de dire à  R qu&#039;il te protège. Il a peur pour mamie, elle est complètement dépendante de lui, la laisser lui a arraché des larmes discrètes,&quot; c&#039;était la première fois qu&#039;il flanchait. Ils étaient deux perruches, perchées sur la même branche depuis 52ans. Elle ne sort plus et ne sais plus rien faire sans lui qui gère tout.<br /><br />« Non, je lui parlais encore il y a une semaine. Non maman non. J&#039;étais même pas là . Comment il est parti sans moi? Comment maman, pourquoi je n&#039;état pas là ? »<br /><br />« Arrète de te frapper So, on n&#039;avait plus le choix, c&#039;était son heure » Sa voix était chevrotante. Son père était tout pour elle, sa raison de vivre, autant que moi sûrement, et réciproquement, ils étaient l&#039;alter ego de l&#039;autre.elle essayait d&#039;être calme, pour moi, elle savait que je ne supporterais pas. Elle se doutait que j&#039;allais sombrer encore plus bas. Et pourtant elle croyait que j&#039;avais touché le fond depuis que j&#039;ai failli me faire amputer d&#039;un bras et quand elle a du m&#039;interner de force pour la deuxième fois. Quand elle a vu mes bras, quand elle m&#039;a vue pleurer devant la meurtrière de ma porte. La porte était fermée. Les infirmiers nous ont ignorées 20 minutes, chacune à  pleurer d&#039;un côté de la porte, plaquant sa main face à  celle de l&#039;autre séparées par une porte indolente. Plus tard ma psy m&#039;appellera « la call girl » devant elle. Si elle voulait l&#039;achever, elle n&#039;aurait pas pu mieux s&#039;y prendre. Elle la convainc de la nécessité de m&#039;enfermer. Second internement.<br /><br />D&#039;abord sous le choc, tétanisée. Dès le téléphone raccroché, j&#039;ai hurlé, me suis mise en boule sur le carrelage, et j&#039;ai hurlé. Mon copain a préparé mes médocs et m&#039;a conduite à  la gare. Je suis partie les mains vides, juste mes médocs dans le sac. Et les photos de mes 4grands parents dans le porte feuilles qui ne me quitteront plus.<br />Mes grands mères sont chacune amputées de leur âme soeur. .Ce porte feuilles j&#039;y planque trois grammes de coke. Désolée, aussi fort que je vous aime, je blasphème.. Mon copain m&#039;a laissé la c avant de partir. Mais je ne sais plus vivre autrement. Et il faudra que je soutienne ma mère. Nous ne sommes plus que deux, le prochain Noël et les autres, je les hais depuis encore plus que quand ma famille paternelle fut absence. J&#039;avais leur amour à  eux, je n&#039;étais pas seule, je les avais, et je ne les voyais pas, imbibée de drogues, médocs, et autres psychoses aveuglantes. <br />Je n&#039;ai même pas pris mon chat, j&#039;ai pris le premier train quand j&#039;ai appris « la nouvelle ».<br /><br />J&#039;ai raté la dernière occasion de le voir, j&#039;aurais dû rester plus longtemps, être là  le dernier jour, au moins. Je suis obsédée par le remords dans ce train qui se traÎne. Je prends la décision d&#039;arrêter tous mes médocs. A la dure, tout de suite. Pour le TSO on verra plus tard. En HP j&#039;ai été mise sous traitement lourd. J&#039;ai presque oublié deux ans de ma vie. C&#039;est fini, je jetterais tout à  mon arrivée, sauf la coke, le shit et le TSO. J&#039;ai tenu, et pas avalé un neuroleptique depuis, ni anti psychotique, ni substance trop « cassante » . je n accepte que le Lamictal qui est un régulateur d&#039;humeur, un anti D depuis 3 mois, et des benzos, parce que j ai un sérieux problème d anxiété.<br /><br />Il a eu droit à  un enterrement &quot;militaire&quot;, médailles et drapeau sur le cercueil. Ensuite tou le monde a jeté une rose jaune sur son cercueil. Sa couleur préférée. Moi, j&#039;ai glissé une lettre dans e caveau, écrit son dernier hômmage, et fait une composition de fleurs beu blanc rouge. Au moins ça &#039;aurait fait se marrer. Après on s&#039;est retrouvées comme trois donnes, une fois la famille allemande partie.<br /><br />Je prenais la voiture de ma mère et partait me défoncer en faisant le tour du bled, la radio à  fond, comme pour m&#039;empêcher d&#039;écouter mes pensées.. Trace sur trace sur le tableau de bord. Ca me donnait le courage de fréquenter ses endroits habituels. De faire les courses dans la galerie commerciale où il allait tous les jours. D&#039;expliquer pourquoi papy ne vient plus tous les jours, sans m&#039;effondrer.<br /><br />Mais tous les matins c&#039;est la même. Je me réveille dans la même réalité. Ce n&#039;était pas un cauchemar. C&#039;est ma nouvelle réalité. La solitude s&#039;agrandit, comme une falaise qui se creuse sous mes pieds. Je n&#039;ai plus grand chose à  quoi me raccrocher. Et je me casse vite fait. J&#039;ai un plan c à  trouver, et je ne veux pas en rajouter à  ma mère, elle souffre assez pour ne pas avoir à  m&#039;entendre sangloter tous les matins. Elle a vite compris que je tapais, mais ne me l&#039;a dit que des années plus tard, elle même ne savait comment passer cette épreuve. Et je crois qu&#039;elle aussi s&#039;en foutait de tout. De tout sauf de mamie.<br /><br />Je resterais deux semaines. Le dernier dimanche, on a déjeuné au restaurant avec ma grand mère, où je passais encore mon temps à  faire des allers retours suspects dans les chiottes. J&#039;ai pris mon train le lendemain. Le sur lendemain ma mere et mamie devaient se rendre chez le notaire, vendre la maison de ma mere où vivaient mes grands parents. En attendant de trouver une maison de plein pieds, ma mère devait emménager avec mamie le lendemain. Le jour de mon départ, Le david de ma mère, le Dieu des connards et des machos, en a pété les plombs, papy mort, il jouait au mac, il hurlait refusant que ma mère privilégie la sienne à  lui. Ma grand mère tremblait comme une feuille. Déjà  que nos rapports étaient tendus et violents, je lui en veux à  mort. Jr hais deux personnes, le mec de ma mère, et la copine « gold digger » de mon père, une suisse polonaise, pour persévérer dans le melting pot.<br /><br />J&#039;ai pris mon train, mon copain m&#039;attendait à  la sortie du wagon, mes membres sautaient déjà , mes os étaient douloureux, mon nez ruisselant. Le soulagement m&#039;attend, avant de prendre mon sac rempli de souvenirs de mon grand père, il m&#039;a mis mes subs, un lexo et un bout d&#039;imovane dans le bec. C&#039;est une pharmacie ambulante, un Vidal sur pattes qui croit tout régler avec des médocs. Vu la coupe qu&#039;on se fout dans le sang, c&#039;est pas des produits de laboratoire qui me font peur. Ouais mais qu&#039;est ce qu&#039;l avale comme médocs, il a trois toubibs.<br /><br />En rentrant, j&#039;espère trouver un meuge de c. Rien. <br />« Tu déconnes, j&#039;en ai besoin. Putain, à  toutes les saisons y a de la coke dans cet appart et là  t&#039;es sérieux, t&#039;as rien? »<br />« Il est minuit, dors, on ira demain » <br />« Y&#039;a personne à  appeler ce soir? »<br />« Non »<br />« Et si je descends acheter du crack et du citron. J&#039;ai des jetons pour les stéris. Tu sais que j&#039;évite de shooter chez ma mère, elle calcule tout. Là  je veux oublier, même 5minutes ».<br />« T&#039;y penses à  la descente? »<br />« Pourquoi, t&#039;es à  cours de médocs? »<br />« Non, j&#039;ai ce qu&#039;il faut pour redescendre ».<br />« J&#039;y vais » Je sors manteau, écharpe et carte bleue. »<br />« Laisse tomber, j&#039;y vais moi&quot;<br /><br />Pour la première fois il se décide à  aller à  Château Rouge à  ma place. Sous prétexte que je parle arabe, je suis toujours de corvée de dépannage.<br />Et pourtant il se fait moins arnaquer que moi…<br /><br />J&#039;irais chercher les steris et le citron, au passage ils doivent avoir l&#039;habitude dans le quartier, 30 centimes le citron, c&#039;est le seul fruit qu&#039;ils ne pèsent pas et vous vaut un regard noir.<br /><br />J&#039;avais préservé mes bras en prévision de ma visite familiale, mais là  rien à  foutre de l&#039;état de mes cicatrices et autres « track marks&quot; .<br /><br />On dissout, on shoote. Je me vois malgré moi dans le miroir de ma penderie et je m&#039;excuse, en levant les yeux au ciel, j&#039;espère qu&#039;il y a un au-delà , que je retrouverais ceux que j&#039;ai aimé, j&#039;espère comme jamais. Il doit me voir de là  haut. J&#039;ai honte d&#039;être devenue cette coquille vide. Obsédée par la shooteuse. Maintenant, il sait. Peut-être, peut-etre pas. Je m&#039;endors à  grand renfort d&#039;imovanes, de seresta 50, de lexomils et de théralène. Je me réveille vers midi. Mon grand-père est toujours mort, évidemment. <br /><br />On contacte notre contact le lendemain, à  peine levés.<br /><br />« J&#039;appelle »<br />« Déjà  »<br />« Délà &quot;<br /><br />Une douche et on s&#039;en va. Notre dealer est dans le 92 mais il vaut le coup. A cette époque les shoots valaient le coup. Même si je ne vendais plus rien, un ancien « fournisseur » a gardé les tarifs qu&#039;il me faisait, même pour des quantités bien inférieures. Un peu de chance dans mon malheur. La chance me fuit pourtant, d&#039;habitude. <br /><br />Aujourd&#039;hui encore, la chance nous fait faux bond. Sur la route du retour, mon copain a dû pÎler pour éviter que l&#039;on ne s&#039;encastre dans une voiture « qui ne nous avait pas vus », encore une. <br />R. a le reflexe de poser les deux pieds au sol, pour que je ne vole pas à  nouveau, sur le périph, ça aurait été dangereux. Mais ça m&#039;aurait glu moins d&#039;emmerdes si moi aussi, j&#039;étais partie. Le scout n&#039;a rien, R non plus. Il est prêt à  en découdre avec le chauffard mais il se barricade dans sa voiture avant de filer. J&#039;ai mal aux reins. J&#039;ai un souci de sciatiques à  répétition depuis 4ou5ans. Une hyperlordose aussi. Seuls les homéopathes, et encore pas tous, m&#039;apaisent, mais ils ne peuvent travailler à  chaud. <br /><br />Nos pénates retrouvées, le deuxième shoot envoyé, R me dit de regarder mon téléphone. Pliée en deux à  chercher la bonne veine, j&#039;ai encore plus mal au dos. Mais qu&#039;est ce que je m&#039;en fous. Ma mère a essayé de me joindre une douzaine de fois. Je la rappelle.<br /><br />La veille alors que m&#039;acharnais à  me piquer entre 2 crises de larmes, mamie a fait un anévrisme cérébral. Dès huit heures du mat ma mère essayait de la joindre, au téléphone. Personne pour décrocher. Elle a débarqué en trombe pour trouver sa mère étendue par terre à  côte de son lit, complètement paralysée du côté gauche, hémiplégique donc et immobile. On ne saura jamais si elle était déjà  partie où si ça servait à  chose de la garder dans une institution adaptée.<br />On ne savait pas si elle était consciente ou non, si elle était enfermée dans son corps, si elle voyait, si elle était déjà  partie, ça les médecins ne le savent pas. Dans le doute, on voulait la garder près de nous. Quitte à  vendre les bijoux de ma mère pour le lui payer.<br /><br />Je n&#039;arrive toujours pas à  intégrer. Ils sont partis tous les deux. Ou c&#039;est tout comme. Et on répète depuis des années à  ma grand mère qu&#039;elle n&#039;a rien, d&#039;arrêter de se plaindre et de bouger un peu plus. Son osthéoporose en aurait senti les effets positifs, elle n&#039;avait rien, qu&#039;elle arrête de se laindre et regarde l&#039;état de papy. C&#039;est de lui dont elle devrait mieux s&#039;occuper. Mamie n&#039;a plus envie de vivre depuis longtemps, elle ne regarde même plus le tennis ou ses séries policières. Ellle lit encore des polars. <br /><br />Avant hier on déjeunait dans une crêperie toutes les trois. C&#039;est la dernière photo que j&#039;ai prise d&#039;elle, dans sa robe bleue électrique, toujours soignée et élégante. Elle était attablée en face de moi. Elle était bien.<br /> « God has a sick sense of humour » comme le chantent les Depeche mode, Bashemous Rumors. J&#039;écouterais cette chanson en boucle pendant des mois, avec sister morphine par Marianne Faithfull. C&#039;est la version qui m&#039;émeut le plus. Désolée Mick.<br /><br />Je veux repartir, ma mère me dit que ça ne sert à  rien. Qu&#039;elle va sûrement rester un moment dans cet état. J&#039;ai le temps. Si je suis sûre que je veux la voir comme ça. Il vaut mieux que je garde une image d&#039;elle dans son intégrité physique et cérébrale.<br /><br />Je ne veux pas y croire. Pas les deux en même temps. J&#039;ai promis à  Dieu, aux saints, à  la vierge, que j&#039;arrêtais mes conneries s&#039;ils me la rendait. Mais on ne revient pas de là  où elle est partie.<br /><br />Et bien sûr, j&#039;ai réservé un train pour ka fin de la semaine. Je dois attendre de pouvoir renouveler mon traitement. Je passe mon temps au téléphone, avec ma mère au chevet de la sienne.<br /><br />Medocs, semi dodo, réveil de merde. Ma tête décroche. C&#039;est trop pour moi. Trop d&#039;irrémédiable. Trop d&#039;amour perdu et non exprimé, tellement de temps gâché. Et tous mes mauvais choix. Ils méritaient tellement mieux que moi.<br /><br />J&#039;essaye de basculer sur le côté pour me lever du lit. Et je hurle. Une douleur s&#039;est installée dans chacun de mes os, ou du moins elle se diffuse. Qu&#039;est ce qu&#039;il m&#039;arrive? Je suis coincée dans ma carcasse. Je ne pensais pas avoir le dos foutu à  ce point. Avec mes x déménagements pour mes études et stages, en train, à  tirer tv, micro ondes etc dans trois valises, j&#039;ai développé des problèmes de dos.Ma mère a une scoliose, c&#039;est peut être accentué par mes gênes.<br /><br />R. se lève à  mes cris. Son kiff dans la vie, c&#039;est dormir. On est collés l&#039;un à  l&#039;autre depuis 3ans, malgré la drogue et ses conséquences, mes bouffées délirantes, mes crises de bipolaire mal traitée, mes veines inshootables. Il m&#039;a initié malgré lui aux shoots de coke. <br /><br />« Ton matos est trop, bon, j&#039;ai pas résisté ». J&#039;ai passé 3mois à  réclamer un shoot, un seul. Et puis ce fut le début de la nouvelle donne. On fera encore n&#039;importe quoi 8ans plus tard, pas plus tard qu&#039;il y a un mois et demi, où une énième OD nous a vraiment fait réfléchir. Et mon cerveau qui a déraillé total, lui non plus était pas mal pour arriver à  croire mes délires de caméras, micros, complot etc.<br /><br />« Ca va aller bébé, tu n&#039;oublieras pas, mais tu apprendras à  vivre avec. Je suis là  moi, je donnerais ma vie pour toi. Pas énorme comme consolation, mais tu nous a encore nous, et ta mère. » R. Ne connait que ça depuis qu&#039;il est tout petit, la mort… C&#039;est ça son traumatisme à  lui. C&#039;est ça qui l&#039;a rendu aussi indolent. C&#039;est ça qui a fait de lui un junkie modèle, un punk et un guitariste. Il est nihiliste depuis longtemps, il fait ce que bon lui semble car il n&#039;a personne à  impressionner, il doit juste vivre avec des souvenirs macabres. Amplifiés par l&#039;hécatombe des années sida. Ses potes continuent à  mourir.<br /><br />« Non, je suis bloquée »<br />« Tu refais une sciatique? »<br />« Non, c&#039;est partout, je ne peux plus bouger, rien juste les bras et les yeux »,.&nbsp; Tout autre mouvement m&#039;est impossible.<br /><br />R. Saute du lit. <br /><br />&quot;J&#039;appelle Vidard&quot;, c&#039;est notre généraliste commun. Après 20 minutes de Vivaldi, il joint notre doc qui lui de m&#039;amener tout de suite.<br />« Mais elle ne peut pas bouger »<br />« Je ne fais pas de visites à  domicile, et elle est trop jeune pour faire une hernie discale. »<br />« C&#039;est quoi alors, le syndrome de la momie? »<br />« Non, sûrement les conneries que vous vous fourrez dans les veines. Je vous l&#039;ai dit cent fois, la coke ce n&#039;est pas pour elle. Elle n&#039;a pas votre résistance et c&#039;est incompatible avec ses troubles »<br />« Elle vient de perdre ses deux grands parents, c&#039;est peut être une somme des deux, mais ce n&#039;est pas dans sa tête, elle hurle de douleur »<br />« Ca, vous avez l&#039;habitude »<br />« C&#039;est différent, elle souffre le martyre, vous entendez crier derrière?&quot;<br />« Je ne fais pas de visites à  domicile »<br />« Alors on en fait quoi de Sofia? »<br />« SOS médecins »<br />« Vous êtes à  800 mètres, elle vous consulte depuis 3ans, moi depuis 10, et vous nous laissez comme ça? C&#039;est votre patiente. Je ne suis pas médecin, elle en chie là  et je ne sais pas quoi faire. »<br />«&nbsp; Je peux essayer de vous envoyer mon&nbsp; interne »<br />« Le blond? »<br />« Après les consultations, à  20 h30 »<br />« Vous notez le code et l&#039;étage »<br />« Oui, ça serait bienvenu ».<br />«&nbsp; Appartement 4D, code 24B18 »<br />« Il viendra « <br /><br />Et l&#039;Enfer commença. D&#039;habitude c&#039;est les autres, l&#039;Enfer, mais là  c&#039;est mon corps, je me demande si je ne préfère pas le manque. A ce point.<br /><br />R. essaye de jauger l&#039;étendue des dégâts. Il essaye de me faire bouger de quelques millimètres. Je sanglote, je hurle, je ne peux même plus respirer. Jamais je n&#039;ai eu aussi mal. Et pourtant, j&#039;ai l&#039;habitude … de la douleur physique.<br /><br />Je me réveille, mon premier besoin est de rejoindre les toilettes. Même si j&#039;ai ‘air congelée, ma vessie fonctionne. On se rend vite compte que c&#039;est impossible de me p. R. essaye de me porter, mais la douleur est insupportable. La position assise m&#039;est impossible. On ne eut pas me plier en deux pour me porter. Je ‘accroche en mode ouistiti, face à  lui. On ne trouvera rien de mieux.<br /><br />On ne sait pas quoi faire, où je vais bien pouvoir pisser? <br /><br /><br />On vient d&#039;acheter une nouvelle caisse pour la litière du chat. L&#039;autre était trop petite et trop haute. R. La ramène. Il a trouvé une solution. <br /><br />« Tu t&#039;accroches à  moi, tu te tiens le dos contre les barreaux du lit, et … tu me bippes quand tu as fini »<br /><br />L&#039;humiliation absolue. Je refuse de faire on affaire devant lui et l&#039;appelle pour qu&#039;il vide la bassine une fois de plus. J&#039;ai une petite vessie et ce restera mon plus gros calvaire pendant toute la maladie.<br /><br />J&#039;ai la « chance » d&#039;être une constipée chronique, donc il faudra « vraiment&quot; me porter aux toilettes une fois seulement par semaine.<br /><br />Dès qu&#039;il s&#039;agit de bouger mon bassin un tant soi peu mon corps je hurle à  la mort. Ils doivent être ravis les voisins.<br /><br />On a essayé la baignoire, pour la douche, forcément. Impossible. C&#039;est encore mon copain qui me lavera avec une bassine et du gel douche et un gant. Je passerais quelques fois dans la salle de bains, j&#039;insistais, mais c&#039;était des souffrances atroces et je devais rester accrochée à  mon copain.<br /><br />De toutes façons je ne bouge pas par définition, je risque pas de me salir ni de suer des masses.<br /><br />Manger, fumer, me laver les dents, me changer de position. J&#039;avais besoin de lui tous les quarts d&#039; d heures. Je pouvais juste tourner ls yeux pour regarder la TV. Pour fumer une clope ou un joint je les coinçais au bec, je ne pouvais pas bouger les bras dans tous les bras dans toutes les positions que j&#039;aurais souhaité, ou douloureusement, c&#039;était plus simple comme ça. <br /><br />Le lendemain entre midi et deux, le stagiaire est venu, enfin. Je l&#039;aime bien. Je préfère que ce soit lui qui voit le bordel de l&#039;appartement que Vidard de toutes façons.Il me fait penser au Dr Chase de Dr House,boucles et regard compris. On discute souvent, il est payé une misère en tant qu&#039;interne et comprend les soucis d&#039;argent, il est compétent surtout. Il portait un vieux sac rempli de ses affaire médicales. Lui est très jeune et le cuir est très abÎmé, d&#039;une teinte noisette craquelée. Sûrement l&#039;héritage de son père ou grand père, médecins avant lui. C&#039;était une tradition dans ma famille. Ma tante à  le dernier Chloé de la saison, conduit une porsche, mais se balade avec la trousse de dr pourrie de son père datant des années 50<br /><br />J&#039;ai bien une hernie discale, et il n&#039;y a pas grand chose à  faire. On ne m&#039;a rien proposé, pas d&#039;opiacés, pas de benzo, juste de l&#039;Acupan et mes subs. Je suis une tox, je le mérite de souffrir. Je suppose que Vidard lui a laissé comme consigne de ne rien me filer « d&#039;addictif ». Parce qu&#039;il était pas pire que tout mon traitement HP suceur de moëlle? Il a vaguement été question d&#039;infiltrations, de kiné, mais rien n&#039;a abouti. Ils m&#039;ont vite oubliée mes docs. Je suis encore dégoûtée qu&#039;on ne m&#039;ait pas prescrit de morph ou de cortisone ou je ne sais quoi d&#039;efficace.<br /><br />Et j&#039;ai autant souffert ce jour là  que les jours d&#039;après, l&#039;acupan n&#039;ayant pas trop d&#039;effet. Ainsi qu&#039;au vu de « mon jeune âge » on voulait me préserver de dépendances futures et complémentaires. Ils ne comprennent pas, j&#039;ai arrêté d&#039;un coup tous mes médoc en étant active tous les jours. Je suis déjà  foute avac les opis. J&#039;ai trop mal. Je ne fais pas semblant, je ne gratte rien. J&#039;etais sous TSO, mais pas encore accrochée à  la dope. <br /><br />Je ne peux rien faire, mon copain s&#039;est mis en arrêt maladie après la première journée de reprise, à  son retour j&#039;étais par terre, j&#039;essayais désespérément de me suspendre à  ma bassine, là  j&#039;avais trop envie. Mal ou pas il fallait faire quelque chose. Il est solide, a pratiqué beaucoup d&#039;arts martiaux, et me soulève comme une plume. Si cela m&#039;était arrivé chez ma mère ç&#039;aurait été le drame ultime, <br /><br />On ne m&#039;a pas proposé de «&nbsp; soins à  domicile », faut dire qu&#039;il est dur de chercher des renseignements dans ma condition, même mon ordi m&#039;était inaccessible.<br /><br />R. Est parti travailler aujourd&#039;hui. Je ne suis pas arrivée à  grand chose en essayant de faire pipi seule. Pourtant je e suis retenue le plus longtemps possible. J&#039;ai fini affalée au sol à  fixer le mur en attendant qu&#039;il rentre. Mon copain m&#039;a ramassée, adossée, accroupie et laissée au dessus de ma caisse à  chats, avant de la vider, et de décider de passer en arrêt maladie. <br /><br />Au moins il était là , lui, . On en était à  trois ans de relation, je crois, certes fusionnelle, mais il y a des limites. Je m&#039;en voulais vraiment de lui infliger ça, surtout le pot de chambre improvisé. On était amoureux comme jamais, à  l&#039;époque la coke jouait son rôle d&#039;aphrodisiaque. On se sautait dessus des jours entiers durant, je perdais d&#039;un coup tout glamour, sex appeal et mystère réunis… Il me nourrira, et prendra tout en charge jusqu&#039;à  ce que je puisse remuer.<br /><br />Et les gens continuent à  nous prendre pour une association de camés vouée à  l&#039;échec, à  la séparation. Combien parient sur notre chute. La prochaine fois que j&#039;appellerais mon pere, ses premiers mots furent pour m&#039;exprimer son étonnement d&#039;entendre ma voix. <br />&quot;Je m&#039;attendais plutôt à  recevoir un appel comme quoi R et toi étaiet morts la pompe au bras dans un caniveau.&quot;<br />« Non, je suis vivante et clean. »<br />Mentir contre un peu d&#039;acceptation…<br />« Et toi, tu as arrêté de boire? Elles en sont où tes analyses?&quot;<br /><br />Combien auraient tenu, des mois, enfermés dans un 2pièces de 36m2, renoncé à  travaillé, et joué les infirmiers 24/24, 7/7j, pour une nana en chômage technique, lugubre, souffrante, hurlante, désagréable, inerte et seule, irrémédiablement. Je ne vois pas ceux qui restent, je prends conscience du vide qui s&#039;élargit au lieu d&#039;entendre ceux qui restent.<br /><br />Dr Chase vient de nous quitter. Il es bientôt 14h.<br /><br />J&#039;essaye Acupan, dolipranes, imos et lexos de mon copain. Rien n&#039;y fait, 1h plus tard j&#039;ai toujours aussi mal.<br /><br />Une incitation au commerce de rue, mes docs. Surtout connaissant nos vies et notre nombre de dealers au téléphone enregistré, ils pensaient vraiment « à  ce qu&#039;il y avait de mieux pour moi ». Je reste dubitative.<br /><br />« Ca va un peu mieux »<br />« Euh.. pas vraiment. Un peu d&#039;énergie avec les ampoules, mais pas de miracle. »<br /><br />Il restait le regard perdu, qui aime voir un être aimé I ne supporte pas de ne pas savoir quoi faire. On dirait qu&#039;il tire a gueule, mais je sais que c&#039;est son impuissance qui le mine . <br /><br />Voilà  où nous en étions, à  sniffer notre sub et shooter notre coke. A cette époque, avant les décès, j&#039;ai aussi essayé de shooter tout médoc «&nbsp; intéressant&quot; qui se présentait à  moi.<br /><br />« Shoote moi, je t&#039;en supplie shoote moi. »<br />« Te shooter quoi pour commencer? »<br />« Je voudrais de la dope, ou de la morph. »<br />« Tu es sous sub, je te rappelle, ça sert à  rien,il ve te falloir une dose de cheval. M&#039;oblige pas à  t&#039;aider à  te détruire, j&#039;ai trop souffert avec le came pour t&#039;aider à  te mettre dedans à  fond, tu fais tout à  fond ».<br />« Tu crois me protéger de quoi, t&#039;as changé ma vie. Tu voulais peut être pas, mais tu l&#039;as fait, ce premier shoot. Et depuis tout à  changé. Pour moi du moins, si tu m&#039;aimais tant que ça t&#039;avais qu&#039;à  te retenir de shooter mon matos. »<br /><br />Et aujourd&#039;hui je comprends, bien sûr, moi aussi je n&#039;aurais pas pu m&#039;empêcher de « tester » en shoot, puis j aurais shooté, arrêté de sniffer, serait devenue odieuse en descente, je me serais comme lui détachée de de l&#039;autre pour faire mon affaire. Par peur qu&#039;il ne comprenne pas, où que je l&#039;influence. Mais de deux on ne faisait plus qu&#039;un rapidement, chacun a embrassé les dépendances et les psychoses de l&#039;autre. Ses emmerdes deviendront les miennes et inversement. Ce ne sont pas les sentiments qui nous aveuglent sur la réalité de l&#039;autre, c&#039;est un regard en miroir, <br />« Je t&#039;en veux pas, je le voulais, me laisse pas comme ça je suis épuisée, je peux même plus dormir plus de 4h. »<br />« Je n&#039;ai plus de plan depuis des lustres»<br />« Traïne autour d&#039;un distribox, toi ils te sauteront dessus pour te proposer quelque chose. Appelle Mike ou Arnaud »<br />« Elisa a pondu pour commencer. Je veux pas qu&#039;ils croient que j&#039;ai replongé, encore moins leur dire que c&#039;est pour toi, et que forcément on me reproche de t&#039;avoir foutue dedans, et c&#039;est pas des dealers, c&#039;est des potes héroïnomanes. <br />« Ca les dérange pas de taper en loosedé dans nos chiottes. »<br /> &quot;C&#039;est fini tout ça pour moi, tu comprends pas combien j&#039;en ai chié pour me sortir de cette merde. Je veux pas te shooter de la dope, je peux même plus sentir le vinaigre. J&#039;ai passé 20ans le bras dedans. « <br />&quot;Assume, merde, c&#039;est toi qui me fournissait mes premiers subs pour « me calmer ». Je suis déjà  dans la merde. Je vais exploser de douleur entre mon corps et ma tête, je ne suis plus obligée de faire semblant pour ma mère. Je veux juste un peu de calme, dans mes os, dans mon deuil, dans ma douleur.&nbsp; ».<br />« Tu veux pas des lex ou de l&#039;imo ou tes gouttes? »<br />« En shoot??? »<br />« Non. T&#039;es pas déjà  assez mal? Imagine une poussière avec, ou un abcès, ou je ne sais quoi? Tu es impossible à  déplacer.&quot;<br />Je vois à  son regard désemparé et au silence qui s&#039;installe qu&#039;il flanche.<br />« Et du sub, on en a? »<br />« Reprendre ton traitement ce serait pas mieux? <br />Tu veux finir avec les bras de Popeye, les mains gonflées ? Quoi d&#039;autre? « .<br />« Tu t&#039;es mis à  la came quand tu t&#039;es pété les cervicales , faute d&#039;anti douleurs, et moi tu vas me laisser comme ça? Me redis plus que tu m&#039;aimes.<br />Shoote moi je t&#039;en supplie, shoote moi. Je peux faire quoi d&#039;autre? Je peux pas bouger, encore moins descendre les escaliers, ni pecho, ni me shooter. T&#039;es sadique bordel »<br /> et là , un flash, j&#039;aurais pu faire le rapprochement avant d&#039;y voir de la psychosomatisation..<br />« C&#039;est l&#039;accident qui m&#039;a fait ça, moi aussi. Ou c&#039;est le choc, réunis. J&#039;ai rien demandé, je ne m&#039;injecte pas le sub, tu le sais. Q»<br />« C&#039;est pas de ma faute non plus. C&#039;est lui qui a voulu me rentrer dedans J&#039;ai encore les pattes en compote de t&#039;avoir retenu. C&#039;est pas possible,j&#039;ai tout pris dans les bras et les jambes. »<br />« J&#039;ai mal au dos depuis, mais c&#039;est une coïncidence. »<br /><br />Il souffle, exaspéré, il rend les armes, craque, sort notre réserve de subs. Je prends peu, 2mg par jour à  l&#039;époque. Il les compte, je connais ses principes, quitte à  accepter mon caprice, il mettra la dose. Par contre le manque lui fait trop peur. <br /><br />« Je reviens, on tiendra pas à  deux avec ce qu&#039;on a. »<br /><br />R descend chercher une plaquette de 8mg en bas, en bas de l&#039;avenue et des insulines à  80centimes l&#039;unité.&nbsp; Et encore, autour de cette place ouverte, seule cette pharmacie accepte de vendre des seringues. Ils restent ouverts jusqu&#039;à  4h du matin, le filon doit rapporter. <br /><br />Il revient<br /><br />&quot;Quitte à  te flaire des trous, autant que ça serve à  quelque chose.»<br /><br />Je ne connaissais ni les sterifilts ni les toupies. Shoot laiteux, il le prépare, me l&#039;envoie direct en deux essais dans la veine. Il le fait contre son gré, mais il m&#039;aime, et comprend que j&#039;en ai marre de souffrir. Lui aussi considère que la came lui a sauvé la vie, avant de s&#039;en emparer.<br />Il sort de la chambre, apparemment ça le dégoûte plus que de devoir s&#039;occuper de ce qui devrait rester mon intimité, ma sueur, ma pisse, mes abcès, mon pus et ma chair infectée. Il finira par tendre mon bras, me garroter et me shooter tous les matins au réveil.<br /><br />Ma tolérance est basse, je le sens bien mon huit.<br /><br />Mon cerveau connaÎt un répit. J&#039;appelle ma mère, espérant lui remonter le moral. Elle passe ses soirées à  errer dans le froid humide de cet hiver , cette nouvelle année qui lui transperce le coeur et les os. Elle promene le chien de mon grand père. Des heures durant. Que ça passe vite et que je puisse prendre mon train.<br /><br />Ma mère se débat seule, essaye de récupérer le chat, vient le nourrir tous les jours, mais il a mis trois mois à  se laisser approcher par ma mère, puis le caïd du quartier est devenu un vrai pantouflard d&#039;appartement. On l&#039;a gardé jusqu&#039;au bout, quitte à  lui faire deux piqures d insuline par jour. Et c&#039;etait un molosse de 8kg, baptisé Moustique, habitué à  se bastonner, il fallait le piquer à  2 ou 3 personnes avec des gants de jardinage. Mais c&#039;était le chat de papy, et on aura un mal de chien à  s&#039;en séparer en 2014.<br /><br />Elle se tue à  astiquer, trier, ranger, la maison qui était déjà  un espace immaculé. Ordnung und Sauberkeit, c&#039;est sûrement sa manière de rendre un dernier hômmage à  son père. « Papa tes valeurs restent en moi, elles restent en moi ». <br />J&#039;ai mal pour elle, d&#039;être seule dans cette maison vide, dans ce quartier où tout le monde lui demande où est passé son père. Sn univers s&#039;est effondré, moi encore ils ne faisaient plus partie de mon quotidien.<br /><br />La glauquerie n&#039;est pas finie pour elle, mon oncle essaiera de s accaparer en justice une part de la maison de ma mère, ses bijoux tant qu&#039;à  faire, et les médailles de papy, qu&#039;il voulait que ma ère «&nbsp; en fasse ce qu&#039;elle veut, ou les jette, c&#039;est les vieilles reliques d&#039;un vieux débris», <br />Tonton a aussi volé les deux armes de service de mon grand père, de la maroquinerie, des tableaux, les clés. Et pourtant cela faisait 7ans qu&#039;on ne l&#039;avait pas vu.<br /><br />Et de mon côté, les vieilles habitudes reprennent. De devoir me piquer au réveil, donne envie à  mon compagnon de consommer. Mais seule la coke l&#039;intéresse, voire du speed ou des extas. Il a quand même de la volonté, il ne boit pas et ne touche plus à  l&#039;héroïne.<br /><br />Je le suis des yeux, je ne peux pas tourner la tête, ma fenêtre sur le monde se limite à  mon champs de vision : Une tv, une fenêtre qui s&#039;ouvre sur un balcon dont seul le chat a un gabarit qui lui permette d&#039;en profiter. La semaine prochaine je déciderais de vivre dans le noir. Ouvrir les volets? Pour quoi faire, me rappeler qu&#039;il y a une vie, dehors, Ma chambre me sort par les yeux, la grisaille et l&#039;éternel immeuble grisonnant d&#039;en face encore plus. La lumière m&#039;agresse. Seule la TV reste allumée... Jour et nuit.<br /><br />Il prépare des traces. Bien évidemment après 2 lignes, je veux qu&#039;il sorte les pompes. Il préférerait que je sniffe et garde un effet euphorisant un peu plus longtemps putôt qu&#039;un flash intense et un craving presqu&#039;immédiat. Il sait que demain je serais encore plus mal. Il a raison.<br /><br />« Là , non. Si tes convulsions te reprennent, ça va mal finir. »<br />« C&#039;est un anesthésiant.. Au pire, j&#039;aurais moins mal, non?»<br />« Arrête, on est bien là  à  parler.&nbsp; »<br />« Ouais » Après tout ce qu&#039;il fait pour moi, je me sens ingrate. J&#039;arrête d&#039;insister.<br />« J&#039;en peux plus de te faire mal, de savoir que maintenant je suis la cause directe de tes cicatrices. De te regarder crever un peu plus chaque jour. Je t&#039;envoie déjà  le subutex?&quot;<br /><br />C&#039;est lui qui m&#039;avait fait le shoot responsable de l&#039;abcès qui a failli me faire perdre un bras. Depuis, il ne veut plus toucher à  mes veines. Mais ma nouvelle condition végétale, voire minérale, m&#039;empêche de me débrouiller toute seule. Je ne peux atteindre quoi que ce soit qui ne soit pas à  la portée de ma main<br /><br />Il écrase à  nouveau de la poudre dans une enveloppe pliée en deux. On a pas mal de cailloux, comme ça il est sûr qu&#039;ils ne sauteront pas.&nbsp; Il me met le papier sous le nez, la paille dedans, et je renifle.<br /><br />Je n&#039;ai même pas pensé à  demander le remboursement de mon billet de train. Un mois passe. J&#039;aimerais être près de ma mère et de ma grand mère, alors que suis coincée dans mon corps. Il n&#039;y a pas d&#039;amélioration.<br /><br />Ma mère m&#039;appelle tous les jours pour me rassurer sur l&#039;état de ma grand mère.<br /><br />Jusqu&#039;au jour où elle n&#039;arrive plus à  me mentir. Ma grand-mère est décédée il y a trois semaines. En concertation avec R., ils ont décidé de ne pas me le dire. J&#039;étais assez mal comme ça.<br /><br />Je ne veux pas y croire. Je suis folle de rage. Comment ils ont pu me cacher ça? Je me convaincs qu&#039;avec une chaise roulante j&#039;aurais pu être déplacée. J&#039;ai déjà  raté l&#039;enterrement de mon grand père paternel, maintenant, mamie. Quelques années plus tard, je ne pourrais pas assister aux funérailles de Nana non plus. Quand je parle de malchance… ou d&#039;acharnement céleste.<br /><br />Qu&#039;est ce que je lui ai fait à  Dieu? Je n&#039;ai jamais fait de mal à  une mouche. Il n&#039;y a que moi que je détruis. Je n&#039;arrive même pas à  supporter l&#039;idée qu&#039;on tue un animal pour le manger. Si Dieu n&#039;existe pas alors, il n&#039;y a pas d&#039;au-delà  et ne reverrais jamais ceux qui m&#039;ont apporté le plus d&#039;amour et d&#039;affection. Je décide de croire.&nbsp; Je lis tout ce que je trouve sur les témoignages de Near Death Experience, les fantômes, les spirits, Il le faut, je n&#039;ai dit au revoir à  personne, que je les aimais non plus, il faut que tout cela soit temporaire. je veux bien supporter toutes les embuches sur ma route, si on m&#039;assure qu&#039;un jour j&#039;aurais une famille à  nouveau. <br /><br />Je hurle, je pleure, mes glandes lacrymales sont apparemment rechargées. Je m&#039;acharne à  leur dire qu&#039;ils n&#039;avaient pas le droit de mes mettre à  l&#039;écart. Ils n&#039;avaient pas le droit de e priver d&#039;elle, une dernière fois.<br />« Nanou, tu ne peux pas bouger. On a attendu que tu te remettes un peu du décès de papy. »<br /><br />J&#039;appuie sur la touche haut parleur du téléphone et les insulte tous les deux. Copieusement. Odieusement. Egoïstement.<br /><br />R. Finira par aller chercher de la coke. Réflexe conditionné.<br /><br />« Shoote moi bébé, je t&#039;en supplie shoote moi ».<br /><br />Ce coup ci et les suivants, il acceptera de shooter ce qu&#039;elle veut à  sa momie.<br /><br />Les volets sont restés fermés 6mois.<br /><br />Puis, telle Moïse, j&#039;ai pu emprunter la route devant moi, derrière la porte, pour atteindre les eaux de ma salle bains. Un peu plus abÎmée, un peu plus seule…Bientôt un peu plus défoncée.<br /><br /><br /> Blasphemous Rumours<br /><br />I don&#039;t want to start<br />Any blasphemous rumors<br />But I think that God&#039;s<br />Got a sick sense of humor<br />And when I die<br />I expect to find Him laughing<br /><br />Martin Gore<br /><br /><iframe width="550" height="413" src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/AZRGPg5laDU?&feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>]]></description>
<slash:comments>17</slash:comments><pubDate>Tue, 03 May 2016 16:41:50 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ wastedreamor2 ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[RIP xxx ... Ma disparition de PA / Le blog de wastedreamor2]]></title>
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<description><![CDATA[Et les discussions en mp laissées en plan. Je n&#039;ai oublié personne, ni le support trouvé parmi vous. J&#039;espere n&#039;avoir vexé personne.<br /><br />Un ami proche est décédé par OD de coke à  35ans.<br />Lui n&#039;avat jamais shooté, ni pris autre chose, ni cherché à  mourir. Moi&#039;aurais pu y passer cent fois..<br /><br />Je ne poste pas un texte sur lui malgré l&#039;envie, parce que ce mec était une perle et qu&#039;ill me manque énormément, à  moi et des dizaines de gosses et de gars du quartier. Je pense que la situation requiert un minimum de discrétion, on touche à  des eaux troubles pour de www.<br /><br />Officiellement crise cardiaque, pas d autopsie, mais il y avait 30 ou 40g de coke dans sa planque&nbsp; deux heures après le décès constaté. Le ménage a été fait et la famille ne s&#039;en doute pas.<br /><br />Je me suis retrouvée avec un héritage en nature inespéré...(c&#039;était pas qu&#039;un dealer, ce ue mes psys ont du mal à  saisir, c&#039;était vraiment mon ami pour connaitre jusqu&#039;à  sa planque).<br /><br />Et la folie est revenue faire un petit tour dans mon existence. J&#039;ai du mal à  vivre ma toxicomanie intensément et à  écrire (ou faire qqc d&#039;à  peu près constructif) simultanément.<br /><br />Les hallus, les HP, le mal aux proches, mon cerveau et les bras qui perdent leur fonction, j&#039;essaye de tirer un trait. Je le veux vraiment. Je n&#039;ai rien pris depuis un mois et demie où j&#039;ai surtout dormi. J&#039;espère tenir… <br /><br />Maintenant je vois chaque shoot de coke comme une insulte à  sa mémoire et à  sa famille. <br /><br />C&#039;est ce que beaucoup me disent, que c&#039;était ce qu&#039;il pouvait m&#039;arriver de mieux. J&#039;aurais préféré une fin différente. On a perdu quelqu&#039;un de bien, gommé de la surface terrestre. C&#039;est ce que je me rappelle en passant tous les jours devant le rideau fermé de son commerce, taggé, fleuri, et plein de mots d&#039;amours, dont certains au rouge à  lèvres. Les fleurs fanent, les mots s&#039;effacent, mais la famille ne peut encore les enlever.<br /><br />J&#039;ai perdu un ami qui offrait des carambars aux gosses du coin, pas un dealer.<br /><br />Les flics lui ont couru après toute sa vie, un gosse de cité sans père qui avait réussi à  avoir son commerce, il avait encore eu droit à  une perquiz qqs jours avant son décès. Mais faire un plus un, une recherche de toxiques et retrouver celui qui lui a vendu cette merde surcoupée aux amphètes et à  chépaquoi qui l&#039;a tué(et a failli me renvoyer en HP, mon mec avec) , ça c&#039;est pas de leur ressors.<br /><br />Et non, je n&#039;ai rien gardé à  analyser, en pleine psychose paranoïaque, j&#039;ai tiré la chasse(un massacre, j&#039;ai pas jeté que ça), croyant les flics en bas, et la concierge dans le complot. J&#039;ai même demandé à  deux inconnus en bas de chez moi s&#039;ils me laissaient le temps de remonter prendre un soutif avant de m&#039;embarquer. Hum.. Temps&nbsp; d&#039;arrêter les conneries...]]></description>
<slash:comments>16</slash:comments><pubDate>Fri, 29 Apr 2016 21:45:39 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ wastedreamor2 ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Saïef-el-Allah de Sarcelles / Le blog de wastedreamor2]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Saief-el-Allah-de-Sarcelles_1952_1.html</link>
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<description><![CDATA[La lance de l&#039;Islam me tomba dessus en remontant une avenue autour de la place de la République. Dégoulinante de sueur et de crasse,je devais être à  mon plus grand avantage!<br />« Vous êtes charmante mademoiselle! » déclare un grand black athlétique au large sourire contrastant avec des yeux presque éteints et sombres comme le fond d&#039;un puits. Mydriase sévère. Bienvenue au club. Une musculature ciselée se&nbsp; dessine à  travers son monolook Nike Air des chaussettes à  la casquette. Plus la sacoche Vuitton. Enfin, si Vuitton laissait des fils dépasser de sa maroquinerie… ce ne serait plus Vuitton.<br />Il m&#039;emboÎte le pas et s&#039;attend vraisemblablement à  ce que nous taillions le bout de gras. <br />Je me retourne pour lui répondre, je suis assez chargée pour ne pas me traÎner un boulet supplémentaire. Il m&#039;a regardée en plus? J&#039;ai sûrement 10 ans de plus que lui.<br />« T&#039;es sérieux là ?? »<br />« Ouais, on peut s&#039;arrêter prendre un café pour discuter. »<br />Il n&#039;a vraisemblablement même pas essayé d&#039;interpréter l&#039;évidence.<br /><br />Je traÎne une valise à  roulettes en tissu bleu gris, et dans la main gauche je porte mon chat, dans sa boÎte de transport, héritée du chat décédé de ma mère. En plastique gris et aubergine, c&#039;est la plus belle boÎte à  chat que je connaisse. Je n&#039;ai pas pu résister à  m&#039;en emparer vu que ma mère s&#039;occupe maintenant d&#039;un chien qui réclame une attention exclusive. Elle ne reprendra pas de chat de si tôt. <br /><br />Je n&#039;ai pas dormi plus de deux heures d&#039;affilée dans un lit depuis 3 jours, je n&#039;ai pas du prendre de douche depuis aussi longtemps. Nous sommes en mars 2011 et la saison est froide. Cette journée, le soleil me crève pourtant les yeux. Je me raccroche à  des raccords maquillages effectués dans le métro , quand j&#039;ai enfin les bras libérés de mon chat, ma valise et ma cafetière, lorsque la rame s&#039;immobilise, pour conserver une apparence humaine. L&#039;habit fait trop souvent le moÎne, c&#039;est une info intégrée depuis longtemps. Education oblige, tradition de famille du côté du père. Un déo Ushuaïa à  la vanille, et mon parfum Idylle de Guerlain, en 100ml, heureusement, merci le Duty Free. <br />Ca doit fonctionner un minimum puisqu&#039;en ma qualité de jeune fille en totale détresse, c&#039;est le troisième chevalier qui fait semblant de vouloir me secourir en lorgnant mes seins ou mon postérieur. Mon manteau militaire est long et cintré, couler noir puce,deux boutons ont sauté, je suis couverte de poils de chat et tâches de sang, mes baskets Buffalo compensées sont dégueulasses et je suis officiellement SDF. Je comprends franchement pas ce qu&#039;on me veut. Je suis en mode pauvre meuf sacrément dans la mouise. Tu parles qu&#039;ils veulent m&#039;aider, me sauter et … voilà  plutôt. C&#039;est le deuxième squat que je quitte pour cause d&#039;attouchements nocturnes en deux nuits. D&#039;abod des types de Stains qui ont essayé de comprendre pourquoi je détruisais un scout sur un parking, ça a fini au whisky calva au bar du coin, une proposition de colocation, y avait déjà  deux nanas dans leur appart, ça m&#039;avait rassurée. Sur place, evidemment pas d&#039;autre place que dans le lit d&#039;un des « sauveurs ».. Et moi qui finit par me barrer en courant à  l&#039;aube quand il a révélé ses intentions. Puis le grateux chintok, fils du traiteur de ma mère dans le sud, Qui me demandait 450 pr partager son appart, La nuit idem, il rentre de soirée et croit ses désirs réciproques sans même avoir demandé. Pour la énième fois j&#039;ai empaqueté mon chat ma cafetière et mes médocs. Là  je vois que mes boÎtes de méthadone étaient visibles, je sais les avoir cachées.. Il a du fouiller et conclure qu&#039;une toxico doit avoir renoncé à  son libre arbitre.<br />J&#039;ai franchement d&#039;autres chats à  battre qu&#039;envisager de faire grimper le premier mâle venu aux rideaux. Je me suis juré que plus un autre mec ne me toucherait, mon nouveau statut de célibataire n&#039;y change pas grand chose. Reste les meufs. Si encore j&#039;en avais envie.<br /><br />« Mec, ouvre les yeux, je sais même pas où je dors ce soir. Et j&#039;ai pas dormi depuis depuis des lustres. »<br />« Ca craint. T&#039;es à  la rue depuis longtemps? Tu viens d&#039;arriver à  Paris? »<br />« Mais non, j&#039;ai une maison, enfin, j&#039;avais, on m&#039;a foutue dehors. »<br />« Le seum »<br />« Ouais mec, donc te vexe pas mais j&#039;ai le temps pour rien. »<br />« T&#039;as besoin de rien sinon? »<br /><br />Et un éclair de joie parcourt enfin mes yeux dont on ne décele souvent la teinte verte qu&#039;au soleil, comme maintenant, même s&#039;il ne reste qu&#039;une mince couronne autour de mes 45tours mdma-cocaïno-amphéteux. Mes yeux ne sont pas marron ou noisette, ils sont kakis avec une couronne jaune au milieu de l&#039;iris. Combien de fois je me suis éblouie sous la lumière d&#039;une lampe, la tête contorsionnée sous un abat-jour, pour clore le débat. J&#039;ai les yeux de mon père, trois tons plus foncés. Mais ils restent verts. Je n&#039;ai pas eu de bol à  la loterie génétique, ma mère à  les yeux bleu acier et mon père vert clair, j&#039;ai forcément un allèle bleu dans mes gènes, mais il est récessif. Je suis née avec des yeux vert émeraude, les poings grands ouverts, et j&#039;étais rouquine jusqu&#039;à  mes 10ans. J&#039;avais retrouvé une amie de youpala que je n&#039;avais pas revu en 15ans, lors d&#039;un vernissage à  mon retour au bled, et qui était devenue la fiancée de mon cousin Sofiane (on est très originaux dans la famille). <br /><br />« Sofia, c&#039;est bien toi? Tu étais rousse aux yeux verts? »<br />« Oui, je suis bien ta voisine aux Barbies de la rue Kennedy, j&#039;ai grandi. »<br /><br />« Si j&#039;ai besoin de quelque chose? Je crois que ce ne serait pas du luxe. T&#039;as quoi? »<br />« Ce que tu veux.. »<br />« Sur toi? »<br />« Non, mais c&#039;est pas loin, 20 minutes. »<br />« 20 minutes t&#039;es sûr »<br />« Si je te le dis. Qu&#039;est ce que tu veux?»<br />« Déjà  j&#039;ai plus de teush, et je sais plus me poser ou dormir sans. Là  c&#039;est la panique absolue, je rêve d&#039;un bédo. Un douze c&#039;est bon? »<br />« Ouais je t&#039;ai dit, je te trouve ce que tu veux »<br />« Combien? »<br />« Pour toi 50 dols »<br />« Je te suis alors? »<br />« C&#039;est parti. Tu veux que je prenne la valise? »<br />«&nbsp; Le chat ça m&#039;arrangerait mieux, elle a tellement grossi que je sens plus mes bras depuis 3jours que je la traÎne partout ».<br />« Tu pouvais pas le laisser quelquepart? »<br />« La. C&#039;est une fille? Ca&nbsp; se voit non? Elle a un collier rose en plus. C&#039;est Babylone ». <br /><br />Mon nouveau compagnon de déroute s&#039;abaisse au niveau du chat que j&#039;ai posé au sol dès le plan suggéré. Il essaye d&#039;introduire deux doigts à  travers les barreaux de sa grille parme, elle recule, ses grand yeux jaunes tout effarés, et finit par lui présenter sa queue en allant se blottir au fond de sa cage, contre sa petite peluche-pingouin et le sweat shirt imprégné de mon odeur avec lequel j&#039;ai rembourré sa cage.<br /><br />Pauvre bête, j&#039;aurais du la laisser, au moins tant que j&#039;avais pas de plan sûr. Mais là  j&#039;y croyais, je devais pouvoir rester un mois.. Fait chier, fait chier, fait chier. Je vais aller où maintenant? Je suis sortie de l&#039;appart, je risque pas de pouvoir y rerentrer. Pour avoir droit à  un foyer à  ce que j&#039;en ai compris, n&#039;ayant pas d&#039;enfant, il me reste l&#039;option de porter plainte pour coups et blessures contre mon mec/ex. C&#039;est la drogue qui l&#039;a parfois rendu violent, et mes provocations, je ne lui en veux pas spécialement pour ça. Aucune envie de vengeance déloyale non pus. J&#039;ai toujours ma clé mais aussi un peu d&#039;amour-propre résiduel. Je suis en état de choc en fait. Je n&#039;ose toujours pas croire que tout cela est vrai. Je n&#039;ai même plus de maison… Et nulle part où me réfugier. Et je voudrais au moins qu&#039;il m&#039;explique avant que je ne parte. Parce que c&#039;est décidé, c&#039;est fini. Je ne me prostituerais plus. Je tiendrais cette promesse que j&#039;ai faite, à  lui et à  moi même. Je ne cèderai pas à  la relative facilité de m&#039;enfermer dans une chambre d&#039;hôtel, aussi confortable soit elle, et d&#039;enchaÎner les clients pour payer mon loyer et ma coke, et finir par une OD d solitude. il m&#039;a convaincue qu&#039;il serait là , qu&#039;on s&#039;avait nous et que c&#039;était déjà  énorme, qu&#039;on arrêterait la came et qu&#039;on boufferait des pâtes, il vient de me quitter,&nbsp; Et si j&#039;ai une chance de le récupérer, je dois tenir ma promesse. <br /><br />Je suis passée à  deux doigts d&#039;une mort par étranglement au Luxembourg durant mon dernier « booking ». Connard blindé qui croit disposer des gens parce que son argent lui a déjà  tout permis. Pourquoi ne pas pousser, toujours plus loin. Je me suis déjà  vu mourir en des circonstances délicates deux fois, mais là  j&#039;ai eu la peur de ma vie. Plus jamais, mon cerveau l&#039;avait intégré, on devait se démerder avec sa paye le temps que je me reconstruise une vie. Comment il a pu me désaimer, du jour au lendemain?<br />J&#039;ai un étranger indolent en face de moi quand il prend quelques minutes pour accepter de me croiser, et c&#039;est rare. Je ne connais pas ce type, je ne connais pas ce regard vide quand il lève les yeux sur moi. Et lui ne me reconnaÎt plus. C&#039;est moi, c&#039;est toujours moi. Qu&#039;est ce qui a changé bordel? Je n&#039;ai rien vu venir. Rien.&nbsp; Je nous croyais encore en osmose une semaine avant le drame, j&#039;ai toujours su dans ses bras, dans son regard, que ce serait lui et moi, pour le temps qu&#039;il me restera, je ne veux rien d&#039;autre que lui. Ou je vais mettre des années à  m&#039;en remettre, des années que je voudrais passer en avance rapide dès cette seconde. RenaÎtre avec le coeur recousu. Je suis dans le vide, je suis le néant, j&#039;ai atteint le degré zéro de la projection dans le futur. Un peu de calme dans mon crâne. Pécho.<br /><br />« Je te jure elle est adorable, elle n&#039;a jamais mordu personne. C&#039;est un nounous, je n&#039;ai jamais connu personne d&#039;aussi affectueux que ma Boubou ».<br />« Elle n&#039;a pas l&#039;air de m&#039;aimer »<br />« Mais, non. Mon père l&#039;a traumatisée en la jetant d&#039;un canapé à  un autre. Il appelait ça « chat vole », depuis elle a peur des hommes. Mais ça va s&#039;arranger. Quand elle verra que tu lui veux pas de mal. »<br />« On y va »<br />« Ouais, je suis quand même emmerdée de laisser ma télé à  ce pervers. J&#039;ai pas confiance, il a un regard trop sournois. »<br />« Ta télé »<br />« Ouais une Samsung LCD high ché pas quoi de 57 pouces. C&#039;est mon père qui me l&#039;avait expédiée. »<br />« Elle est où ta télé? » <br />« Chez le type qui a essayé de me sauter dessus cette nuit. Un noiche. Non, Laos. »<br />« Vas, y ja te la récupère ta télé moi ».<br />« Le chat, la télé, la cafetière, ça fait un peu beaucoup à  traÎner »<br />« Cafetière? »<br />« Oui ma Nespresso, elle est dans ma valise. Mon père les importe aussi ».<br />« Qu&#039;est ce que tu fous avec tout ce bordel? »<br />« Mon mec m&#039;a foutue dehors, c&#039;est ma télé, mon chat, ma cafetière. Et tous les meubles sont à  moi, mais le bail est à  son nom. Je vais devoir les lui laisser. Mais je voulais lui pourrir la vie un minimum. Il veut même pas me voir ou m&#039;expliquer, ou me répondre au téléphone. Ca faisait plus de six ans. <br />Alors ma chatte ( et puis les deux tant qu&#039;à  faire), la cafetière et la TV, il en profitera plus. Je lui ai aussi jeté son scout par terre, ce que j&#039;ai évoqué précédemment,&nbsp; j&#039;ai donné sa parka préférée au clodo d&#039;en bas. Je crois qu&#039;y avait son permis dedans. C&#039;est pas mon problème. »<br />« Ah ouais t&#039;es violente comme meuf toi »<br />« tu m&#039;as regardée. Une saucisse cocktail sur deux allumettes. Je vais perdre un os si c&#039;est pas déjà  le cas. « <br />« Non, vas y t&#039;assure le steack. »<br />« Il est con ton mec, moi je prends sa place tout de suite si tu veux »<br />« T as un appart »<br />« Je suis encore chez mes parents avec mes frères et ma soeur. C&#039;est la galère pour tout le monde en ce moment ».<br />« Comme tu dis »..<br />Il ouvre son blouson pour sortir de la poche intérieure de son haut à  zip une flasque de vodka. Il boit une gorgée, suivie d&#039;une grimace, puis m&#039;en propose.<br />« Je bois pas. »<br />« T&#039;es muslim? J&#039;aurais pas dit, elle t&#039;acceptera tout de suite ma mifa. Pour le mariage et tout, elle kifferait trop ma reum. Mon frère il vient de se marier avec une juive. Atteinte à  sa pudeur . ».<br />« Non, mais si à  moitié, tunisienne. Mais non, je crois juste en Dieu, je suis pratiquante de rien du tout. J&#039;ai juste le foie foutu. Drogue ou alcool fallait faire un choix »<br />« Je vois. Tas raison »<br />« Sinon je t&#039;explique, y a No Way avec moi. Je suis en dépression parce que j&#039;aime mon mec comme une dingue. J&#039;arrive toujours pas à  dire mon ex. Argghh. »<br />« T&#039;inquiète je suis pas mort de faim, je comprends, non, c&#039;est cool ».<br />« Au moins je suis cash, je te suis mais n&#039;attends rien de moi. J&#039;ai plus rien à  donner de toutes façons ». Je ne sais toujours pas si c&#039;est dû au soleil ou à  l&#039;évocation de mon état émotif, mes&nbsp; yeux s&#039;humidifient et une larme reste coincée entre mes paupières. Je cligne des yeux pour désembrouiller ma vue, et les essuie délicatement de la tranche de ma main pour éponger le noir de mascara avant qu&#039;il ne teinte mes cernes encore plus.<br /><br />« T&#039;es beau gosse en plus, ça doit aller de ce côté là . »<br />« Ouais, je t&#039;ai dit, je te respecte sister. Je vais pas te laisser dans la merde. »<br />« Sans, arrière pensée, t&#039;es sûr? »<br />« Mais ouais, tu peux pas avoir confiance deux seconde »<br />«&nbsp; J&#039;ai du mal en ce moment. Je veux bien te croire. Tu t&#039;appelles comment au fait? « <br />Je resterais quand même sur mes gardes ce coup-ci, et je me tiendrais toujours à  un mètre de lui minimum. Mais mon nouveau pote se comportera en gentleman des temps modernes, ou presque.<br />« Saïef-al-Islam, et toi? »<br />« Le bras droit de mon père s&#039;appelle Saïef-al-Allah. »<br />« Tu sais ce que ça veut dire alors? »<br />« L&#039;épée de Dieu pour al-Allah, Et l&#039;épée ou mieux, la Lance de l&#039;Islam pour toi. »<br />« Dans le mille. Y&#039;a pas grand monde qui sait. Et toi?&quot;<br />« Sofia en France, et Sihème au bled. T&#039;in Charfou » <br />« Quoi? »<br />« Enchantée en arabe »<br />« Je maÎtrise pas, désolé »<br />« Je suis née au bled moi, mais j&#039;y suis pas allée pendant 15ans, je suis partie à  9ans, je parle plus du tout couramment. Par contre j&#039;ai gardé l&#039;accent de mon quartier. Les gens captent pas que justement je comprends pas tout. Puisque j&#039;ai une tête de locale et que je parle sans accent, ils pensent que je parle comme eux, mais je comprends pas tout et j&#039;ai souvent l&#039;air d&#039;une bêcheuse, soit parce qu&#039;au bout d un moment je n arrive plus à  répondre ou que je parle en français, ça fait snob au supermarché ou à  la cageote à  fruits secs, ou a primeurs, comme la charrette du gosse qui s&#039;est immolé dans un bled de Tunisie et qui a schématiquement déclenché la Revolution de Jasmin par exemple ».<br />« Moi je capte pas, l&#039;arbia, on y va? » me demande-t&#039;il, une moue s&#039;étant dessinée sur ses lèvre à  l&#039;évocation de ses lacunes en capacité avouée d&#039;impossibilité de comprendre le coran dans le texte. C&#039;est ce que j&#039;en déduis.<br />«Nem Chi&#039;ou. C&#039;est sûr ton plan? On va pas galérer pour rien? » <br />« Non, je t&#039;assure. Faut juste que je passe un coup de fil. »<br />« Ca marche. »<br />« Et pour ta télé? Ca assure quand même 57pouces. »<br />« Justement, elle est énorme, j&#039;ai déjà  fait galérer le chinois à  la balader dans le métro jusque chez lui sur un diable ikéa qui a lâché au milieu du trajet. »<br />« Ouais, galère »<br />« Par contre si tu peux dire deux mots au gars pour lui foutre un peu les jetons et qu&#039;il n&#039;envisage pas de la garder, je suis pas trop dissuasive moi, pas face à  un mec. »<br />« Il est costaud le gars? Ca me fait pas peur, je suis un fighter moi. »<br />« Mais non, c&#039;est une crevette et il flippe de tout le gars. Genre geek scotché à  son ordi, qui appêlle maman deux fois par jour je le sais parce que c&#039;est le fils d&#039;une amie de ma mère), fume pas, ni clopes ni teush, des lunettes en cul de bouteille. Ca lui fait des yeux de grenouille avec les verres qui grossissent ses yeux. »<br />« S&#039;il te la met à  l&#039;envers je viendrais te la chercher moira tv quand tu voudras la récupérer. »<br />« C&#039;est cool Saïef, t&#039;es vraiment cool. »<br />« C&#039;est loin »<br />« Non, la rue à  l&#039;angle après l&#039;hôtel, au bout par contre ».<br />Saïef soulève le chat. Je reprends la poignée de la valise. Apeine cinq mètre parcourus Saïef stoppe et me dis, <br />« Vas y. C&#039;est la honte pour moi, passe la valise, elle est pas lourde ta … chatte ».<br />Il a compris, Boubou est une petite fille. Ma petite compagnonne depuis ses deux semaines où ma petite soeur l&#039;a rescapée dans une benne à  ordures avant de me demander<br />« Toi qui aime les chats ça t&#039;intéresse ».<br />Elle me tendait la petite chose qui chouignais en se débattant des 4membres. <br />« Donne »<br /><br />Je l&#039;ai calée dans mon cou, et elle s&#039;est calmée au bout d&#039;un court moment, la tête blottie dans ma masse de cheveux. C&#039;est resté son endroit préféré, même si elle a grandi elle vient finir toute ses nuits la tête blottie dans mon cou. Elle a survécu malgré le pronostic du vétérinaire, au vu de son trop jeune âge. Elle tenait debout, entière dans ma main. On aurait du mal à  distinguer s&#039;il s&#039;agit d&#039;un bébé chat, rat, chien, raton laveur ou panda. Elle était en piteux état, pleine de puces et champignons, toute maigre, pelée et déplumée. Elle est devenue un chat magnifique (c&#039;est objectif.. ma fille est le plus beau chat du monde).<br />Elle me suit partout depuis 7ans. <br /><br />En bas de chez Charles le Laotien, je compose le code que j&#039;avais enregistré dans mon téléphone.<br /><br />« S&#039;il te plait vas y tout seul. Je veux vraiment pas le revoir ce type. »<br />« Qu&#039;est ce qu&#039;il t&#039;a fait? »<br />&quot; Je t&#039;expliquerai. Il me fait pas peur, je ne veux juste plus revoir sa tronche. »<br />« Ca marche mais je lui dis quoi? »<br />« Que tu es un pote de Sofia, et que quand je voudrais reprendre ma télé il a intérêt à  répondre au téléphone, et me la rendre sans histoires et dans son état d&#039;origine. Je suis partie le plus vite possible. J&#039;ai même oublié deux trois trucs. Plus si on compte ce que j&#039;ai laissé dans le frigo, mais ça n&#039;aurait pas tenu ». <br />« C&#039;est à  quel étage? »<br />« Au quatrième. La porte avec une étiquette de station de métro noire. Vas-y je monte mais je reste derrière. Je te dirais si tu te plantes. »<br /><br />Saïef cherche à  croiser mon regard. Puis il le soutient d&#039;un air fort peu convaincu.<br /><br />&quot;Vas-y, c&#039;est une crevette. Mieux, une chevrette comme on appelle en Tunisie les mini crevettes. Il va se faire dessus. T&#039;auras pas d&#039;emmerdes il ne sait pas qui tu es et on n&#039;y va pas pour le toucher.» »Vas-y pour qui tu me prends j&#039;ai pas peur. Même si c&#039;est un molosse. Je me fais respecter, moi. »<br />« Te vexe pas »<br /><br />Saïef monte les marches et je lui emboÎte le pas. Je reste en retrait, de manière à  ne pas être vue, quelques marches au-dessous de son palier.<br /><br />La mission achevée, nous sous dirigeons vers le métro. <br />« On va où, cousin? »<br />«&nbsp; Gare du Nord »<br />« C&#039;est à  côté de chez moi. Sauf sue je n&#039;ai plus de chez moi. »<br />« Il t&#039;a jetée comme ça ton homme. Il t&#039;a jetée à  la rue du jour au lendemain? C&#039;est raide quand même »<br />« Ouais, j&#039;ai rien vu venir. Je n&#039;arrive toujours pas à  y croire. Ca fait pourtant deux mois qu&#039;il m&#039;a dit qu&#039;il voulait faire un « break » et qu&#039;il est parti. Je devais me trouver un autre endroit pour vivre mais je suis comme en état de choc. Au final je ne me suis occupée de rien. J&#039;ai pas de caution, pas de CDI. Qui va me louer un appart de toutes façons.Je croyais avoir trouvé une solution pour un mois au moins. Et je retrouvais un minimum de dignité de pouvoir dire à  mon mec qu&#039;y avait des gens prêts à  m&#039;aider. Finalement c‘était la catastrophe et là  je me retrouve dehors avec mon mec qui est retourné dans son appart avec son meilleur pote, ou c&#039;est juste le pote qui est dedans. Lui il a son appart, plus celui qu&#039;il partage avec sa meuf. Mon mec il a de la famille à  Paris. Moi j&#039;ai juste ma mère dans le sud. Je suis à  Paris surtout pour lui. Squatter chez les amis ça passe un temps, mais j&#039;ai trop honte d&#039;avouer à  quel point ma merde est internationale à  des potes avec qui je n&#039;ai pas eu de contacts suivis depuis des années. Et les meufs, une fois qu&#039;elles sont maquées, c&#039;est plus pareil. A croire qu&#039;elles ont toutes peur que je saute sur leur gars, alors que j&#039;ai jamais touché au mec d&#039;une copine, ce que j&#039;appelais les « mecs à  étiquette ». &quot;<br />« Ouais, c&#039;est chaud, quand même. »<br />« C&#039;est pour ça que je peux pas traÎner des heures, faut que je me trouve un hôtel pas cher, là  j&#039;allais dans un cyber pour me renseigner.Et franchement, quitte à  payer une nuit, où on me foutra la paix, j&#039;aimerais bien me poser le pus vite possible ».<br />« T&#039;inquiète, mon pote me retrouve à  gare du nord. »<br />« Je croyais que t&#039;avais une planque ou quelqu&#039;un chez qui pécho à  Gare du Nord.Jure moi que c&#039;est pas un plan galère ton affaire? ».<br />« Vas-y tu me prends pour un Bouffon? Je suis pas comme ça moi, je suis un bonhomme. J&#039;ai une parole. »<br />« Ok, ok. Ne te vexe pas. « <br /><br />Nous descendons à  Gare du Nord. Saïef n&#039;a pas de crédit et il utilise mon téléphone, au forfait illimité et dont la sonnerie retentit plus souvent que ne le voudrais. J&#039;ai pourtant désactivé mon site. J&#039;ai tué Sofia Black, définitivement. Enfin. <br /><br />« Avec tous les appels que tu reçois, t&#039;as pas un pote chez qui squatter? »<br />« C&#039;est compliqué ». <br /><br />Si je lui dis que je suis/etais escorte, il se fera sûrement des idées. La call-girl est un fantasme plus répandu que je ne l&#039;aurais cru, avant. J&#039;ai fait ça pour l&#039;argent, pour ne rien avoir à  demander à  personne, et parce que je n&#039;avais plus rien à  perdre. Je n&#039;avais encore nulle part où aller, la dernière fois où j&#039;ai repris, il y a des années maintenant. Je n&#039;ai pas été une escorte assidue. J&#039;ai fait beaucoup de pauses de plusieurs mois, espèrant l&#039;aboutissement d&#039;un projet pour enfin me créer une vie avouable.. Mais il est difficile de tourner le dos à  l&#039;argent facile, surtout même si c&#039;est souvent pas si facile que ça, pour moi du moins, j&#039;ai toujours eu la trouille au ventre avant, la nausée et l&#039;impression de vivre un viol consenti pendant, le dégoût et la honte après. Mais je suis accro à  la coke… et la cocaïne coûte cher. Elle est aux commandes de ma vie depuis 7 années.<br /><br />En raccrochant mon téléphone, après avoir esquissé une grimace, Saëf me déclare qu&#039;il faut qu&#039;on bouge<br />« Mais tu peux m&#039;attendre ici si tu veux. » <br />«&nbsp; Vas y ça devait être tranquille. »<br />« Trois stations, 20 minutes. Dans une heure je suis là  ».<br />« Une heure. T&#039;es sûr? »<br />« Ouais, je suis sûr. Tu peux venir avec moi si tu préfères. » <br />« Je préfère plutôt. »<br /><br />On s&#039;engage dans le métro, maintenant c&#039;est Saïef qui est chargé comme une mule. Ca a du bon d&#039;être une nana desfois. Pas si souvent que ça non plus. On passe à  deux avec ma carte, 2zones seulement, on sautera à  la sortie. Quelle destination, je n&#039;en sais encore rien.<br /><br />Je reprends mes esprits, sur mon enème trajet d&#039;approvisionnement, enfin un sentiment de sécurité, une vieille habitude qui rassure, un périple effectué mille fois et qui dans le fond est à  chaque fois le même. Et, non, je n&#039;en ai pas marre. <br /><br />« La C y a moyen aussi? »<br />« Tu me prends vraiment pour un boloss toi ».<br /><br />« Le tout c&#039;est que ça prenne pas trois jours, j&#039;ai un toÎt à  chercher ».<br /><br />On s&#039;arrête à  St Denis. Je commence à  avoir légèrement l&#039;impression de me faire balader quand après avoir passé et reçu X coups de fils sur mon telephone, il s&#039;approche, et m&#039;annonce ue moue aux lèvres qu&#039;il faut faire deux stations de plus.<br />J&#039;hésite entre la crise de nerfs, le demi tour, ou…<br /><br />Nous voilà  de retour dans le RER D. On s&#039;arrête franchement à  Sarcelles. Je suis muette et exaspérée. Relativement désagréable. Nous arrivons au pied des hauts bâtiments délabrés qui composent cette co-propropriété de banlieue.<br /><br />« Attends mais y a une pharmacie dans ta cambrousse? »<br />« Ouais à  l&#039;autre bout de la cité, là  bas, juste gauche. »<br />« Une seule? »<br />« Bah une pharmacie c&#039;est une pharmacie »<br />« Tu sais à  quelle heure elle ferme? »<br />« Sûrement 19h, y a le temps il est 16h »<br />« C&#039;est vite dit, ça devrait être emballé pesé depuis deux heures. »<br />« C&#039;est bon, calme toi, on y est. »<br /><br />Babylone, et moi sommes entraÎnéespar un Saïef tout revigoré qui volerait presque jusqu&#039;au dernier étage du building.<br />Les consignes :<br />« Tu restes là , tu peux fumer si tu veux, mais tu bouges pas j&#039;arrive »<br />« Grouille toi il va péter un plomb ce pauvre chat »<br />Je suis entourée de mégots épars, traces d&#039;urine, et bouteilles vides. Mes mégots ne changeront pas grand chose à  cette cage d&#039;escaliers.<br /><br />« J&#039;arrive »<br /><br />Une demie heure plus tard Saïef est de retour. Clairement « énervé ». Crack ou cocaïne c&#039;est ma seule interrogation.<br /><br />« C&#039;est bon lui », je lui demande?<br />« Eurggh MMrhgh »<br />« Ohnon tu fais chier sérieux. Tu peux même pas faire tourner une trace en plus alors que je te suis depuis Répu. »<br />« T&#039;hallucines, j&#039;ai rien pris.<br />T&#039;as le blé pour le teush? Et je le ramène ».<br />« Bien servi t es sûr »<br />« Mais ouais il croit que c&#039;est pour moi je gars, c est pour ça bouge pas, qu&#039;il te voit pas »<br />Je pencherais plutôt pour un code de discrétion vis à  vis de son innocente copine.<br />Je lui tends 100euros au final, plus si facile que ça de se founir, je chopais avec un ami de mon ex et ce dernier lui impose des restrictions quand à  la défonce que j&#039;ai le droit déacu-heter ( ie consommer). 2g par semaine. Il me largue et en plus ilveut contrôler l&#039;étendue de mes dommages cérébraux??<br />Ou bien parce que j&#039;ai tendance à  m&#039;exciter au niveau sms, coke aidant.. Avoir la paix, c&#039;est son aspiration première.<br /><br />« Je te ramène un 25 »<br />« Et le reste? »<br />&quot;Je reviens »<br />« Vas y je m&#039;emmerde dans ce trou noir moi et le chat miaule à  la mort, ramène une trace au moins ».<br /><br />Je n&#039;avais pas de montre mais je suis longtemps restée coincée dans ce cagibi. Il faisait noir à  la sortie, Il n&#039; m&#039;a jamais ramené de trace et a fini bien foncédé.<br /><br />Au dernier acte il m&#039;a présenté un blondinet de 16ans. J&#039;ai exigé de tester le matos avant de hurler.<br />« Ca cocaïne???? »<br /><br />J&#039;ai évidemment refusé d&#039;acheter cette merde surcoupée. Blondinet en veste de survet blanche, la jambe du jogging relevée à  gauche, redescend avec Saïef qui remonte avec le paquet.<br /><br />« T&#039;as réagi comme je l&#039;espérais, tu crois que j allais te faire dépendre un centime avec ce guignol? »<br />Franchement, oui..<br />« Je lui ai gratté gratis comme ça ».<br /><br />La pharma est fermée, mes espoirs de steris neufs s&#039;est évanoui.<br />« T&#039;es relou t&#039;as vu il fait nuit et faut encore que je me trouve un hôtel. Ca abuse, sérieux. »<br />« Je reviens »<br />« T&#039;en vas pas »<br />Trop tard.<br /><br />20 minutes plus tard Saïef revient me chercher.<br />« Je suis désolé, je peux pas te ramener chez moi, mes carrons c&#039;est pas possible.<br />Par contre y a un formule 1 à  20minutes et mon frère qui nous dépose en caisse. »<br /><br />Je descends enfin de ma tour d&#039;ivoire, après une courte attente une BM série 3 aux vitres fumées conduite par un molosse black à  l&#039;apparence élégante et soignée. <br /><br />&quot;Ca va le frangin. Il fait quoi dans la vie? »<br />« Business de coke »<br /><br />Après m&#039;avoir présentée à  son frère et à  son acolyte, Saïef m&#039;invite à  m&#039;assoir sur la banquette arrière en cuir noir.<br />J&#039;y trouve une écharpe noire 100% cachemire sous mes fesses.<br /><br />Saïef est tout fier de me l&#039;offrir.<br /><br />..]]></description>
<slash:comments>23</slash:comments><pubDate>Fri, 29 Apr 2016 20:57:18 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ wastedreamor2 ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[L'aiguille plantée dans le poignet ( I ) / Le blog de wastedreamor2]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/L-aiguille-plantee-dans-le-poignet-I_1778_1.html</link>
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<description><![CDATA[«Putain, Fait chier! J&#039;étais dedans..« <br />:(<br /><br />J&#039;essaye habituellement d&#039;être moins ordurière, mais là  c&#039;en est de trop. Je perds tout! Même une aiguille dans mon bras maintenant!<br /><br />J&#039;ai perdu ma carte d&#039;identité française en juin dernier. Le bureau des objets trouvés de la ville de Paris du 15eme, vers Convention l a retrouvée en septembre.&nbsp; A force de remettre au lendemain ma virée qui consistera à  descendre la 12 de haut en bas, 50 minutes * 2, marcher 10 minutes, passer sous le détecteur de métaux de l&#039;annexe mairie, enlever mes bottes, montrer mon piercing, mettre mon sac dans le tapis roulant à  rayons X (pas de meilleure définition à  exprimer)… C&#039;est là  où le bas blesse, j&#039;ai beau posséder beaucoup de sacs à  mains (50/60?), je tourne souvent avec le même, jamais le plus beau, jamais le plus cher, mais il y en a toujours un qui me donne envie de vivre 6mois en sa présence exclusive, en matière de maroquinerie j&#039;entends. <br />Comme beaucoup de nanas, je change peu de sac pour ne pas avoir son contenu à  transvaser, et être sûre d&#039;avoir tout ce dont j&#039;ai besoin sous la main. Dans mon cas ça consiste en un fouillis de kleenex, tampons, médocs, pailles, papiers aux résidus stupéfiants, pince à  épiler, ciseaux, feuilles OCB, bouts de joints, ou micro boulettes, maquillage, palettes extra plates Lorac, anti cernes, fond de teint, gants ou mitaines selon la saison et l&#039;état de mes membres, et .. le contenu de stéris déversés. J&#039;ai toujours peur de jeter une petit bouteille d eau ou un tampon d alcool, peur de manquer : 6 gouttes d&#039;eau stérile, ça peut faire une grosse différente dans la vie d un tox,&nbsp; sans compter les seringues que je dois déposer au distribox pour avoir des neuves, ou celles que justement j&#039;ai oublié. Et les emballages de cup, que j&#039;oublie également de jeter. <br /><br />Le ménage ce n&#039;est définitivement pas mon truc. J&#039;ai été élevée avec du personnel après tout, même si ce n&#039;a pas duré longtemps. En gros j&#039;ai entendu « Range ta chambre » pour la prmière fois à  l&#039;âge de 10ans, le mal était déjà  ancré. Je suis bordélique. Je peux ranger, mais je dérange aussi vite. Je n&#039;attends pas que quelqu&#039;un le fasse à  ma place, j&#039;ai une capacité à  ignorer l&#039;existence d&#039;un bordel indiscutable. <br />Et puis je suis opiomane, pas ministre. Je procrastine énormément. Mon sac est donc un champ de mines, à  tel point que je n&#039;ai pas fait les boutiques depuis les attentats du 13novembre, pour éviter de l&#039;ouvrir trop régulièrement. Hors de question d&#039;autant plus de montrer ça à  un flic devant une préfecture ou je ne sais quoi. Ce serait suicidaire.<br /><br />Pour récupérer ma carte il aurait donc fallu que j&#039;y consacre une journée exclusive, avec un sac vide et où je n&#039;aurais rien d&#039;autre de prévu donc, puisque ma trousse de survie serait à  la maison. Je ne me suis jamais décidée à  y aller. Et ils ont détruit ma carte, comme mentionné dans la lettre au bout de 3mois.<br /><br />Mon passeport tunisien est périmé depuis le mois d&#039;aôut. Mon permis tunisien contient TROIS erreurs de retranscription de l arabe vers le français. Dur de prouver votre identité avec un papier officiel qui n&#039;est pas à  votre nom mais est bien à  vous. Je l avais d&#039;ailleurs fait refaire pour corriger l orthographe. Ils ont conservé les mêmes erreurs. J&#039;ai donc deux&nbsp; passeports écrits en arabe et français avec mes deux prénoms et mon parynome écorchés tous les trois. Presque une nouvelle identité. <br />Par contre la carte d identité tunisienne est plastifiée aussi mais, elle, entièrement en arabe, avec l empreinte du pouce au dos. Très pratique à  présenter aux contrôleurs du métro. « Mon passeport, il reste au coffre, j&#039;en ai besoin pour reprendre l avion, trop de vols dans la capitale ». Je n&#039;ai pas payé une amende depuis 12ans. Ni de carte orange d&#039;ailleurs.<br /><br />Tout cela pour en venir au fait que j&#039;ai perdu ma carte bleue fin décembre. Depuis le jour où j&#039;ai déjeuné dans le 8eme avec une psycho qui se reconnaÎtra.. En rentrant j&#039;ai retiré 70€ pour un g payé au comptoir du bar (la classe, à  côté, ouvert de 8 à  23h, et je peux même régler en cb ou par chèque). Et je n&#039;ai jamais revu ma carte. Le jour où on a compris qu&#039;elle était perdue, j&#039;avais aussi invité une autre psycho, qui se reconnaÎtra aussi. C&#039;était ma semaine « rencontres ». <br />On aurait du prendre un café, mais pour une première rencontre je me voyais mal la forcer à  m&#039;inviter, alors je lui ai proposé de passer chez moi. On s&#039;est très bien entendues, j&#039;ai eu peur car à  la sortie du bus où elle devait être se trouvait une petite boulotte à  lunettes au visage renfrogné en tailleur blanc, et au visage peu avenant, genre coincée, là  je me suis dit, on est mal barrés, vu le bordel de l appart déjà .. Et son mec franchement, je pense pas qu&#039;il revienne, s&#039;il a ouvert les yeux. Finalement ce n&#039;était pas elle. <br />Elle m&#039;a fait rire en me disant arrivées chez moi que c&#039;était particulier d&#039;organiser un scénario « je porte une écharpe Burberry&#039;s et une rose rouge à  la main » si ce n&#039;est pas pour se brouter le minou. Je suis contente de la connaÎtre, on s&#039;est revues, et notre lien virtuel s est confirmé IRL. On a même passé Noël ensemble. Ce soir de dèche improvisée elle a passé une bonne partie de la soirée avec nous et j&#039;ai discrêtement fait le fond du frigo pour pouvoir nourrir 3personnes. Dieu merci on venait de pecho 200€ de shit et on avait des clopes.<br /><br />Maintenant, nous sommes en février, je n&#039;ai toujours pas pu récupérer ma cb qui est prise en otage par l agence du LCL en bas de chez moi, où la guichetière a clairement refusé de contacter mon directeur d agence dans le sud car « personne ne lui donne d ordre, et non elle n a pas de responsable, et si je veux un retrait de dépannage je n ai qu&#039;à  aller à  Clignancourt. Bah oui, j ai perdu les deux ensemble, ma cb et ma carte d identité, on fait quoi? J&#039;avais même mon livret de famille, mon extrait de naissance intégral, mes papiers arabes (sauf le passeport momentanément égaré) ma carte vitale, mon cv, mes ordos, ma déclaration d&#039;impôts, mes relevés bancaires.&nbsp; Je croyais que cette demoiselle s&#039;occupait de l&#039;accueil, là  c&#039;est pire qu&#039;un pit bull. Le chien a pour lui de ne pas percevoir de salaire pour ses compétences en matière d&#039;accueil et sa privation de parole l&#039;empêche d&#039;hausser le ton et ainsi de devenir ordurier.<br /> <br />J&#039;ai retrouvé mon passeport (même si périmé, il fait partie des deux documents acceptés : passeport et carte d&#039;identité) mais je refuse d&#039;y retourner. Pour le coup, j&#039;ai ressenti un sentiment d&#039;exclusion raciale. Une carte d&#039;identité polonaise ou péruvienne aurait été acceptée. Mais ma carte Tunisienne, non? En quoi le tampon des autorités tunisiennes serait inférieur à  celui des institutions de … Quels autres pays sont « bannis » et par qui? En tous cas ce n&#039;est pas précisé dans les conditions d&#039;utilisation de la banque à  laquelle je souscris depuis 1989. <br />Et les grecs? Et les russes? Et les chinois? Et les juifs? C&#039;est du nombrilisme premier de refuser la même valeur à  un alphabet différent du sien. Je paye, et cher, à  eux de se payer un interprète. Sans mon compagnon je serais littéralement hospitalisée pour dénutrition ou dépression aigue pour sevrage brutale de consommation de substances psychoactives à  accès monnayable.<br /><br />J&#039;ai demandé à  mon directeur d agence (qui refuse de me domicilier à  Paris pour un prétexte dérisoire) de me trouver une autre solution. Sinon je clôturerai mon compte. Je ne paye pas pour me faire insulter ou nier un service, et la déclaration des droits de l homme me permet de conserver un semblant de dignité en exerçant mon libre arbitre sur la décision de refuser de remettre les pieds dans cette agence de sauvages. <br /><br />En attendant j&#039;ai bouclé deux mois d&#039;affilée sans découvert pour la première fois depuis … Oui, si longtemps que ça que je ne bosse plus.. Aussi longtemps que j&#039;ai sérieusement repris la came en fait, ceci explique un peu cela, les découverts et le manque de motivation, et le temps qui file..<br /><br />Et le câble qui vient de sauter. <br /><br />Au moins j&#039;ai mon chéquier s&#039;ils veulent encore nous couper l&#039;électricité, et eux ils savent bien, que moi, c&#039;est moi, puisque je suis sur le contrat. Ils s&#039;acharnent à  faire un prélèvement automatique sur le compte de mon copain à  la fin du mois, juste quelques jours avant sa paye. Il vit à  découvert, depuis qu&#039;il à  un compte en banque au moins..&nbsp; les joyeusetés de nos vies camées.. On s&#039;enfume à  mesure qu&#039;on avance et que se développent des raisons de vouloir s&#039;évader, en conséquence de nos inactions passées. Pas très vertueux comme cercle.<br /><br />On leur a souvent expliqué, non, nous n&#039;&#039;ouvrons jamais le courrier, nous n&#039;écoutons pas nos messages, et l&#039;administratif nous dépasse totalement.<br /><br />&quot;Pouvez vous nous prélever le premier? » <br /><br />On ne s&#039;est jamais fait entendre, de coup de fil en disque et qcm à  réponse en chiffre à  taper.. Et ** minutes d&#039;attente pour un conseiller, eut souvent pour pas grand chose, les seuls contacts physiques que j&#039;ai eu avec EDF c&#039;est avec les grosses masses de 200kg qu&#039;ils m&#039;envoient pour me couper l&#039;électricité, sans me prévenir, puisque mon copain n ouvre pas le courrier, et qu&#039;on n&#039;écoute pas les messages ni ne répondons aux numéros de fixe ou inconnus, et encore souvent un seul des deux a un téléphone en état de marche. <br /><br />Le grand monsieur en général me laisse tranquille contre un chèque, la fois où je n&#039;ai pas retrouvé mon chéquier à  7h30 du matin, ils m&#039;ont coupé le jus si vite que je n ai pas pu me faire un café. On a payé le soir même, cela a pris 4jours et une amende pour nous rendre la lumière, la télé et le chauffage.<br /><br />J&#039;ai aussi perdu un demi gramme de brown. Qui me manque très fort.. Dans un papier huilé plié en enveloppe, lui même scellé dans du plastique ( discrétion ou « stealth » du deep web). Impossible à  déverser donc. Dans l&#039;état actuel des choses, en ne pouvant payer que par virement ou avec de vieux chèques froissés tâchés de café (que je présente avec un passeport tunisien périmé.. ) quand on veut bien me les prendre, je peux acheter ma came sur le dark net en faisant des virements pour acheter des BTC (la monnaie économique prônée des ses débuts par Ashton Kutcher qui a du depuis son Krash rentrer largement dans ses fonds) sur le WWW. Il me faut donc le temps d&#039;un virement bancaire (2/3j) pour acheter des bitcoins en ligne par virement SEPA, que je ne peux encore réaliser que vers des comptes français (ma banque, tjs elle le problème), et les vendeurs de BTC français sont chers, et ce sur un seul site auquel j&#039;avais présenté mes papiers encore valides. Maintenant, je sais où trouver meilleur marché mais cela implique une inscription avec scan de la carte d identité, selfie en la tenant, et preuve de domiciliation. Tant d&#039;informations visées à  restreindre l&#039;extension du réseau Bitcoin par les banques/gouvernements. En Suisse par exemple, l&#039;achat de BTC est bien plus déréglementé et facilité. <br /><br />Donc, oui, on vous demande toutes ces infos, alors que vous les présentez sciemment avec l&#039;intention de commettre un « délit », à  savoir acheter des « drogues » et alimenter l&#039;économie souterraine. Je ne suis pas Pablo Escobar, mais je tiens quand même à  exprimer mon désaccord si cette politique a pour seule finalité de multiplier les intermédiaires et y laisser un pourcentage de liquidités au passage. <br />Je brasse pas des millions sur le net, mais beaucoup doivent grâce aux taux de commissions gargantuesque. Ca revient cher le DW au final, lorsqu&#039;il faut ajouter des commissions bancaires, au market place choisi (le vendeur les paye;, mais c&#039;est compris dans le prix, c&#039;est vous le client, vous qui payez les frais du tiers de confiance) au prix de la drogue. Et qu&#039;en plus il faut tester plusieurs vendeurs pour trouver celui qui correspondra à  vos attentes, ou énormément se renseigner sur les forums. C&#039;est une jungle. Plus les exit scams, les phishing sites (j&#039;ai récemment perdu 100€ en me faisant hacher un compte), j&#039;ai perdu 4/500€ en un an en embrouilles diverses sur le deep web.<br /><br />Pour situer le tableau du jour maudit où j&#039;ai cherché mon brown, je tournais à  la dope les jours précédents. J&#039;ai vécu un énième clash familial, et j&#039;ai réagi en me fourguant le plus de came possible dans le corps, c&#039;est comme ça que je venais de finir 2g. Alors que normalement j&#039;arrive à  ne plus tourner qu à  un shoot ou deux. Quand j&#039;ai découvert que mon paquet n&#039;était pas là  où je croyais l&#039;avoir planqué, c&#039;était au réveil en voulant commencer la journée du bon pied…&nbsp; On n&#039;a pas d&#039;enfant mais je pense que mon compagnon a du me regarder en se disant que je ressemblais à  une gamine qui aurait perdu son doudou. J&#039;ai couiné un bon moment. Plusieurs jours au final. C&#039;était il y&#039;a dix jours. J&#039;ai entrepris une opération de rangement sans précédent. J&#039;ai retrouvé des trucs (mon fameux passeport par exemple et ma carte vitale en cours de validité, un diplôme, mon permis international périmé, des boulettes de teush, des gélules de métha), ou des morceaux de trucs, de téléphones surtout, de casques et câbles en tout genre. Mais pas ma came, ni ma cb, ni le gramme de MD perdu après Noël.<br /><br />Les sacs poubelles se sont empilés devant la porte à  mesure du rangement. J&#039;ai chargé mon copain de les descendre. Dans la confusion on a manifestement jeté le sac plastique de pharmacie ventru qui contient ma prescription mensuelle.. de tout. Mon doc est en vacances, je le vois lundi mais je passe le week end grâce à  du Skenan acheté gare du nord. Anti D, lexos, régulateur, somnifères, je n&#039;ai plus rien. Un peu de métha quand même, qui était rangée ailleurs et qui m a fait tenir le début de semaine.<br /><br />J&#039;ai toujours été lunaire, mais ce n&#039;en était jamais arrivé au point où je perde de la drogue. Du shit, ça m&#039;est arrivé souvent, des acides y&#039;a trois mois. Mais hero coke md, non, c&#039;est une première. D&#039;ailleurs c&#039;est sûrement une partie du problème, je ne considère plus le cannabis comme une drogue depuis longtemps. Ca a pris du temps, à  enchaÎner joint sur joint, que mon copain me roule alors que j ai encore l&#039;avant dernier dans la main, comme maintenant, mais je n&#039;ai plus de mémoire immédiate. Faut se faire une raison.<br /><br />Je perds TOUT. Et je ne prends pas le temps de vous parler de mes clés, mes fringues, mes épices, même des pots de confiture.<br /><br />Mon copain me dit souvent qu&#039;y a rien de mieux que la cocaïne pour soulager un manque de came. Il tâte de l&#039;opiacé depuis 24ans, c&#039;est le vécu qui parle. <br /><br />C&#039;est ce qu&#039;il m&#039;a répété cette fin d&#039;après midi en déballant un gramme de coke. Pochon de plastique noir, de plus en plus en forme de poireau, notre pusher doit vraisemblablement prendre des bouts de plastique de plus en plus grand pour emballer sa cuisine, des petits cailloux brillants et un peu gras. L&#039;odeur, dès le plastique crevé aux ciseaux,&nbsp; qui monte des narines vers le cerveau où tout un film d&#039;apaisement se déroule avant même que l&#039;on ne saisisse sa carte pour la travailler, et qui exclut toute autre perturbation cérébrale, jusqu&#039;à  ce que la paille saisie, on ne la « teste » . L&#039;anticipation d&#039;un soulagement, si ce n&#039;est malheureusement plus l&#039;assurance d&#039;un puissant « kick ». Un mieux être certain, chimique, dynamisant et délicieux., puis passent quelques secondes et s&#039;écoule cette traÎnée au fort parfum de kérosène des sinus au fond de la gorge pour pénètrer les capillaires et charger notre reseau sanguin d&#039;une molécule que notre complexe cérébral implore et réclame plus que de raison. J&#039;allume une clope, et c&#039;est cool, je vais être heureuse au moins pour les dix prochaines minutes. Notre éloquence s&#039;accroÎt, la conviction de nos dires également, on se raconte les détails secrets entendus mille fois d&#039;anecdotes tout autant ressassées. On évite de le faire remarquer à  l&#039;autre, une forme de tendresse junkie. <br /><br />On commence à  être défoncés, à  redevenir le nous même dont on rêverait la persévérance constante, mais qui durera seulement le temps de vider un kepa. Puis la descente, plus ou moins agréable selon la coupe du matos, une bonne coke occasionne une descente gérable, une merde coupée aux amphetes, c&#039;est une autre histoire. On amortit aux lexos, imovanes, joints. Et je préfère de mille fois le lendemain de coke au lendemain de cuite, où on a honnêtement l&#039;angoisse d&#039;en mourir de mal être. Même si un lendemain de shoots est plus difficile qu&#039;un lendemain de sniff, je suis encore capable de fonctionner, alors que l&#039;alcool m&#039;empêcherait de l&#039;envisager. Le réveil sera plus dur ce coup-ci, ce n&#039;était pas prévu.<br /> <br />J&#039;essaye de réduire l&#039;injection de coke. J&#039;en suis encore au stade où je regarde mon copain avec des yeux de cocker abattu au bout de la troisième trace.<br />« Je m&#039;en fais juste un ». <br />Implacablement je finis immanquablement ma part en IV.<br /><br />Je suis dans le salon, mon copain dans la chambre, je n&#039;aime pas avoir de compagnie lors de l&#039;épique et quelque peu dégradante recherche d&#039;une veine fonctionnelle et accessible.<br /><br />Elle est pas mal. Je ne regrette pas d&#039;avoir sorti la shooteuse. <br />Il me restait une pompe dans un steri, laquelle aurait du me servir en adjuvant à  mon paquet perdu. Quand c&#039;est comme ça, que je n&#039;ai pas beaucoup de matos à  disposition, et du fait que les 4distribox aux alentours de mon domicile ont été un à  un victimes de « sabotage », j&#039;entends parlà  que lorsque dans l&#039;orifice du contenair attenant au distribox prévu à  cet effet vous déposez une seringue sale, et la faites rentrer dans le container en abaissant une sore de tirette, on ne vous délivre plus de jeton donnant accès à  un steri neuff dans la machine d&#039;à  côté. Pour les kits à  crack, l&#039;idée est plus astucieuse, puisqu&#039;un jeton est inclus directement dans le kit. Ca évite de se promener avec ses vieilles pompes ailleurs que dans un contenant hermétique, puisque pour les distribox il faut les insérer une à  une.<br />J&#039;ai donc une pompe neuve et une sorte de boÎte à  chaussures où je conserve de vieilles pompes pas trop foutues (pas génial l&#039;idée, j&#039;avoue, mais j&#039;ai la peur du manque profondément ancrée).<br /><br />J&#039;ai eu du mal à  trouver des veines exploitables pour les deux premiers fix. L&#039;aiguille est émoussée, j&#039;essaye de trouver autre chose.<br /><br />Je désinfecte une «vieille » seringue à  peu près correcte dont l&#039;apparence ne trahit pas l&#039;âge. Elle n&#039;a dû servir que pour un unique taquet d&#039;hero (quand je peux je fais une pompe, un trou, quand je peux hélas, au lieu de le faire à  chaque fois..) J&#039;essaye plusieurs fois de m&#039;envoyer mon mix, avant de me rappeler de l&#039;existence d&#039;une bonne vieille voie dont je ne me suis pas servie depuis des années, tellement qu&#039;il ,n y a plus aucune trace dessus. Sur la partie latérale de la base du pouce du poigne gauche, précisément.<br /> <br />«Putain, Fait chier! J&#039;étais dedans..« <br /><br />Dedans, où? Une veine, forcément, ENFIN.<br /><br />Je ne peux techniquement pas envoyer : l&#039;aiguille est restée entière d&#039;un côté DANS ma veine, et la pompe est de l&#039;autre. J&#039;essaye vainement (c&#039;est bien le mot) d accorder un bout de la seringue extorpiée à  un trou invisible par laquelle l&#039;aiguille s&#039;est infiltrée. Je vérifie quand même que le mix ne risque pas de se renverser et je le transvase dans une cup.<br /><br />Cela parait à  la fois dérisoire et à  fortiori pathétique, mais j&#039;étais plus affectée à  l&#039;idée de ne pas pouvoir envoyer mon truc que de m&#039;être pété un bout de métal de quelques semaines d&#039;âge dans le corps. Je suis loin d&#039;être ravie, franchement emmerdée. Le début des emmerdes vraisemblablement. Un répit, juste faire super gaffe, t&#039;envoyer ton truc, et après tu pourras réfléchir. Dix minutes, peut être, mais c&#039;est mieux que rien. Là , le craving et l&#039;aiguille, ça fait trop de stress en même temps. Je n&#039;ai pas encore décidé de la gravité de la situation. J&#039;arrive à  me faire mon truc, un bon en plus. Je décide que tant qu&#039;y a de la coke, je shooterais de la coke. Quand y aura plus rien j&#039;expliquerais à  « Houston »&nbsp; qu&#039;on a un problème.<br /><br />Dans un élan de n&#039;importe quoi, je persiste. Je trouve des vieux ciseaux de manucure, une pince à  épiler vaguement fonctionnelle, un rasoir rose dont j arrive à  extraire une lame non sans m&#039;entailler un doigt au passage. Quand à  l&#039;autre lame, j&#039;ai réussi à  en perdre un morceau, pour ne pas changer de registre. Je mets le tout dans le lavabo, et j&#039;asperge d&#039;alcool à  90 ° ou pas loin. Je sens l aiguille, elle oscille, elle doit toucher un nerf ou deux puisque selon comment je tourne le poignet ou bouge la main j&#039;ai mal. Malgré l&#039;anesthésie de la coke, j&#039;ai mal. J&#039;aurais pas pu déverser 2ml histoire que ça m&#039;ankylose vraiment avant que l&#039;impensable ne se produise. Bah va falloir faire avec,ou plutôt sans. J&#039;essaye de localiser l&#039;aiguille sous la peau, au moins elle est toujours à  peu près au même endroit, dans la même inclinaison de bas en haut. Pourtant j&#039;en sens plus le bas, que le bout biseauté. <br /><br />Dans mon délire cocaïnomane j&#039;imagine que tout va rentrer dans l&#039;ordre si j arrive à  enlever ce mini truc toute seule. Je ne suis plus à  un abcès entaillé près ou une scarification sur ce bras gauche justement. Il est zébré de cicatrices verticales et bombées. Sans compter celles que je me suis faites en garde à  vue en espérant être amenée VITE voir un toubib, voire être relâchée. Autant vous dire que j&#039;ai sacrifié mon bras à  coups de dents et d&#039;ongles pour rien. Face à  une caméra en plus. Ce bras en a vu d&#039;autres. En plus je suis droitière. La situation pourrait être plus désespérée.<br /><br />J&#039;abandonne l&#039;idée de faire sortir l aiguille par là  où elle était entrée, et celle de percer la peau (vu qu&#039;elle est en surface) pour la sortir. Chaque mouvement me fait trop mal et ça me semble impossible. J&#039;essaye de m&#039;entailler le poignet à  l&#039;horizontale avec la demi lame sectionnée, mais je n&#039;y arrive franchement qu&#039;au 3eme essai et avec la lame entière. J&#039;ai entaillé tout l&#039;épiderme sur 12mm. Et merde, ça fout du sang partout, et l&#039;alcool que je déverse sur mon poignet sanglant brûle plus qu&#039;escompté. Je le troque contre de la bétadine. Je n&#039;ai même pas d&#039;autre cotons que ceux des stéris ou des coton-tiges. J&#039;ai des compresses de mon dernier abcès,&nbsp; mais où?<br /><br />Je fais rentrer directement la bétadine dans la plaie. Quand ça saigne un peu moins, j&#039;essaye de trifouiller la plaie aves le bout de la pince à  épiler qui refuse de s&#039;ouvrir pour trouver l&#039;aiguille, j&#039;ai même essayé avec un aimant. Mais j&#039;ai googlisé et pour des soucis sanitaires les matériaux ferreux ont été retirés de l&#039;alliage qui constitue les aiguilles. J&#039;ai également lu que si une aiguille s&#039;avérait impossible à  extraire sur un porc par le vétérinaire ou son propriétaire, porc devait être abattu aux frais de ce dernier, et sa carcasse détruite. <br /><br />Je suis contente de ne pas être une truie, parce que je n&#039;ai pas réussi à  enlever mon aiguille.<br /><br />J&#039;ai emballé le tout et scotché, évité de bouger la main, tenu la pompe de la main droite exclusivement, et fini ce qu&#039;il y avait à  finir.<br />Le dernier pet envoyé, mon stress s&#039;intensifie, ou commence à  se manifester. <br />Je n&#039;ai pas envie d&#039;aller à  l&#039;hôpital, ni d&#039;accueillir le samu au milieu de mes seringues, ni de les ranger avant qu&#039;ils arrivent, ni.. je suis passée devant le miroir.. qu&#039;on me voit dans cet état, la bouche desséchée, déshydratée, le maquillage en mode panda ou Courtney Love … en mode glam, et puis.. l&#039;épuisement par avance de devoir subir les regards réprobateurs de tout le personnel hospitalier (il y a bien des exceptions..), de devoir m&#039;excuser 50 fois auprès de l&#039;infirmière qui sera chargée de me trouver une voie, une fois une infirmière grosse mama black m&#039;avait houspillé dessus à  me faire la morale à  St Antoine pendant la demie heure durant laquelle elle cherchait à  poser sa perf. Depuis je me sens coupable dès que je demande à  quelqu&#039;un, moi ou indirectement, de me planter. J&#039;évite les prises de sang, les prises de tension, et je demande juste à  ce qu&#039;on me laisse tranquille avec ma morale de camée. Oui, je me shoote, mais je ne veux pas mourir tout de suite pour autant. Je vous demande de bien vouloir réparer ce corps que je m&#039;acharne à  négliger et dévaster pour le temps durant lequel il aura décidé de ne pas me faire fausse route. Amen.<br /><br />Je rentre piteusement dans la chambre, ça me rappelle des souvenirs… Et pas des meilleurs (cf entrée blog #2).<br /><br />« Bébé, y a un problème… »<br />Il détourne son regard du plateau en bois foncé qui nous sert à  rouler nos joints à  la chaÎne, et pose un regard soucieux sur ma mine défaite.<br />« Tu fais une poussière? Tu t&#039;es loupée? »<br />« Non une aiguille s&#039;est pétée dans mon poignet. Ca t&#039;es déjà  arrivé? »<br />« Non. Mais tu te rappelles mon pote du réseau syrien, à  cause de qui j&#039;ai une trace noire tatouée sur le bras, la fois où il m&#039;avait conseillé de chauffer l&#039;aiguille au briquet parce que le matos était tellement pourri que ça faisait du café au lait qui bouchait la pompe directe. Je m&#039;étais injecté comme il m&#039;avait dit, après j&#039;ai vu ma trace due au noir de fumée, puis il m&#039;avait demandé de regarder ses bras, lui en avait une 40 aine et c&#039;est indélébile. Mais il ne m&#039;avait pas prévenu, enfin, j&#039;ai pu m&#039;envoyer mon truc c&#039;était déjà  ça. Le même mec quand il me montre ses bras m&#039;explique qu&#039;il a une aiguille cassée dans chaque bras et qu&#039;il vit avec depuis des années. Il peut en sentir une, l&#039;autre il l&#039;a perdue de vue. Sur lui ça a bien vieilli. Après pour les IRM y a sûrement une contre-indication. »<br />« Et je me suis ouverte par dessus pour essayer d&#039;enlever l&#039;aiguille »<br />Un éclair illumine alors ses pupilles dilatées<br />« Alors, c&#039;était ça : j&#039;ai vu une lame dans le lavabo avec des ciseaux, je croyais que tu avais recommencé à  te taillader. Putain, je suis rassuré. »<br />« Ca va pas? Ca date, et la dernière fois j&#039;avais pas le choix, j&#039;étais malade à  crever ».<br /><br />Il baisse ses yeux sur mes bras, comme si on avait un mort au combat à  déclarer.<br /><br />Et ce geste qu&#039;il a sûrement du répéter cent fois. Moi qui ne veux plus voir, plus savoir, qui détourne la tête de ma carcasse et qui m&#039;en remets à  lui. Comme pour lui dire s&#039;il te plait, gère à  ma place, je ne veux pas réaliser ce que je me suis encore fait, si demain il faudra que je renonce à  une partie de moi. De mon anatomie j&#039;entends, mon arrière grand mère ‘a été amputée des deux jambes et je crains l amputation d‘un membre plus que tout. Déjà  qu&#039;avec les 4 j&#039;ai du mal, sans je renonce d&#039;avance. Autant pour shooter que pour vivre. Après, je n&#039;ai jamais réellement été confrontée à  ce dilemme. Je changerais peut être d&#039;avis, mais je pense que mon idée sur la question est faite. J&#039;ai déjà  perdu des bouts de chair par contre, et cela a toujours été douloureux, même une dent, surtout une dent en fait. Je trouve une grande similitude entre l&#039;esprit de la « douleur osseuse&quot; de la rage de dents carabinée et celle tout aussi rampante et diffuse d&#039;un manque opiacé bien entamé.<br /><br />« Ca mérite un point ou deux ».<br />&quot;Ca ca attendra, j&#039;en crèverai pas, mais cette aiguille elle me fait mal »<br />« Elle n&#039;a pas bougé? tu la sens toujours? »<br />« Pour la sentir, je la sens, je sais pas où exactement mais à  un cm près je sens où elle est. ». Je pousse occasionnellement un cri quand j ai bougé mon poignet dans une direction que l&#039;aiguille ou plutôt les nerfs et la chair alentours réprouvent.<br />Il me dirige vers le salon où la lumière est de bien meilleure qualité. <br />« Comment tu as fait? Quand je vois la force qu&#039;il me faut parfois pour arracher une aiguille. »<br />« Moi non plus, j&#039;ai pas compris. J&#039;étais dedans en plus ».<br />« Dedans? »<br />« En plein dans le mille ».<br /><br />Il semble s&#039;affoler et retourne ce qu&#039;il peut pour trouver mon portable. En ce moment c&#039;est lui qui n&#039;en a pas car on lui a volé le sien alors qu&#039;il m&#039;achetait des skens. Il passe un coup de fil, je saurais plus tard que c&#039;est au SAMU, non aux pompiers.<br /><br />En effet, tout ce que peuvent faire les pompiers c&#039;est de vous conduire aux urgences. Un médecin fait le triage au SAMU, lequel décide de vous passer un autre médecin, vous faire venir par vos propres moyens, vous envoyer une ambulance civile, ou de réa, ou même un taxi. Pour des renseignements médicaux, il vaut donc mieux le SAMU. Pour SOS médecins, je n&#039;ai pas de moyens de paiement à  présenter dans l&#039;immédiat, mon copain non plus. Par contre j&#039;ai retrouvé ma carte vitale, petite victoire.. <br /><br />« Bonsoir, je vous appelle car mon amie, bon, euh, elle est toxicomane injectrice.. »<br />« quoi? oui, de la cocaïne et de l&#039;héroïne »<br />« Mais, ce n&#039;est pas le problème, enfin si, mais elle est déjà  suivie en addictologie »<br />« Je vous assure qu&#039;il sagit de ma copine, je l&#039;avouerais s&#039;il s&#039;agissait de moi, j&#039;essaye de savoir quoi faire, de la soigner ».<br />« Merci. Donc en tentant une injection elle a cassé l&#039;aiguille de sa seringue dans son poignet et on&nbsp; se demande quoi faire. »<br />...<br />« On va venir, si c&#039;est ce qu&#039;il y a de mieux à  faire.. »<br /><br />J&#039;essaye laborieusement de me résoudre à  finir la nuit aux urgences, et je n&#039;ai vraiment pas l&#039;énergie de m&#039;excuser toutes les trois scindes d&#039;être c que je suis.<br /><br />« Concrêtement, c&#039;est quoi le risque? »<br />« l&#039;aiguille peut remonter jusqu&#039;au coeur et c&#039;est la mort. C&#039;est pour ça que ça m&#039;a inquiétée de savoir que « tu étais dedans », mais il y a quand même peu de chances. Avec toutes les valvules anti reflux, le sens de la circulation sanguine, tu la sentirais au moins passer »<br />« Ok, donc je ne vais pas mourir ce soir. On y va demain matin, ça changera pas grand chose ». Je suis réellement soulagée, j&#039;ai vaguement envisagé que cette nuit pouvait vraiment être la fin de tout. Mais finir mon truc restait plus important, pour le reste aléa jacta est.. Comme l auraient dit mes ancêtres carthaginois. La coke aidant, j&#039;ai vraiment flippé. <br />« Ok, si tu veux, moi ça me dérange pas de t&#039;amener, c&#039;est comme tu veux »<br />Je ne m&#039;en sens vraiment pas capable tout de&nbsp; suite. Je pense vraiment y aller demain.<br /><br />Et il y a la douleur.. Je risque certainement d&#039;être malmenée en terme de traitement contre la douleur aux urgences. C&#039;est du vécu. J&#039;ai de la came en route qui aurait dû être là  aujourd&#039;hui, demain, vendredi elle sera obligatoirement sous la porte. Le type m&#039;a toujours livrée en 3jours des Pays bas, j&#039;ai passé commande dimanche dernier, dès réception des BTC. Demain je supporterais mieux les urgences. Le facteur passe entre 10h40 et 11h20.<br /><br />Mon copain s&#039;est chargé de mon bras pour la énième fois. On a rien trouve de mieux que désinfecter, bander, et faire un garrot pour éviter que l&#039;aiguille ne remonte. J&#039;ai dormi avec le bras pendant dans le vide, au cas où mon sang stagne en position allongée, permettant à  l&#039;aiguille de sournoisement venir me crever l&#039;organe le plus vital.<br /><br />Je me suis réveillée entière. Mais avec une difficulté à  effectuer le moindre- mouvement impliquant mon bras gauche. Le tenant dans une position anti douleur particulière, j&#039;ai perdu mon balancier naturel formé par les deux bras et enchaÎné les chutes. L&#039;aiguille touche sûrement des nerfs, certaines fois la douleur remonte jusqu&#039;au coude ou au bout des doigts.<br /><br />(To be continued...)]]></description>
<slash:comments>10</slash:comments><pubDate>Sun, 31 Jan 2016 20:16:35 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ wastedreamor2 ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Quand une junkie aime un junky / Le blog de wastedreamor2]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Quand-une-junkie-aime-un-junky_1717_1.html</link>
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<description><![CDATA[J&#039;ai vu plusieurs sujets sur des hommes qui s&#039;étonnaient de ne plus fonctionner comme avant à  cause de &quot;la drogue&quot;. Ce texte était un email, un cri de désespoir à  un ex que je viens de retrouver sur un disque externe. J&#039;ai coupé qqs passages trop persos ou cash. Rassurez vous, ça n&#039;arrive pas qu&#039;à  vous...On s&#039;aimait, la came nous a divisé au final. <br /><br />&quot;Je finis par trouver le courage ou le désespoir de t&#039;écrire ce que je ne peux te dire, par dépit optimal et parce qu&#039;il n&#039;y a plus de mystère à  entretenir. Si je pensais pouvoir encore t&#039;émouvoir je ne serais pas en train d&#039;écrire cet épitaphe. Il n&#039;y a plus rien. <br />Amer constat.<br />Plus rien qui vibre en moi, je suis anesthésiée de mes besoins les plus primaires, privée du moindre désir qui reste encore suspendu à  tes lèvres, et je me sens minable d&#039;avouer t&#039;attendre encore&nbsp; alors que la messe est dite. Je t&#039;aime, et j&#039;en ai honte, j&#039;ai envie de toi, et ça me ronge. Tu m&#039;es devenu inaccessible.<br />Moi qui ait toujours eu qui je voulais, je me sens bien placée pour le savoir, je ne t&#039;aurais plus.<br /><br />Plus rien ne changera, tu n feras aucun effort pour moi, pour m&#039;apporter la légèreté ou les plaisirs que je m&#039;attendais à  trouver auprès de celui à  qui j&#039;ai donné le peu qui me reste, un coeur encore capable d&#039;aimer exclusivement. Mais tu me rejettes, jour après nuit, parcelle par lambeau.<br />Des lambeaux de chair qui tiennent entre eux sans aucune force pour les relier. Mon désir pour toi est à  sens unique, tu aurais du mal à  le nier.<br /><br /><br />Ma force c&#039;était toi, croire qu&#039;un jour tu t&#039;inquièterais enfin de ce que je te demande, mais je n&#039;attends plus. Tu m&#039;as appris à  être raisonnable. Je sais qu&#039;on ne change personne maintenant. T&#039;es déjà  mort et tu m&#039;entraÎnes dans ton déni de ressenti depuis des années.<br /><br />Je ne sais pas vivre sans passion, sans espoir.<br /><br />Tu connais notre histoire aussi bien que moi. <br />Rappelle toi de nous y a ** ans, on pouvait baiser pendant 4jours d&#039;affilée, tu es le seul mec/nana confondus qui ait gagné ma confiance, à  force de ***<br />Même des mochetés absolues se font foutre en cloque, violer, désirer, baiser, moi NIET.<br /><br />Tu veux savoir pourquoi je me défonce encore à  la dope?<br />Parce que les première rêveries que j&#039;ai eu, j&#039;ai cru que c&#039;était réel, ou presque, ce que je fantasmais,juste toi et moi, le mec couché à  dix centimètres qui me tourne le dos et sait plus que j existe devant l importance de ses reportages en noir et blanc sur une guerre qui le concerne pas, ou des animaux qu il n ira jamais sauver ni regarder de près.<br /><br />J&#039;existe,je crève de ne plus rien vivre, de n&#039;avoir droit à  aucun répis, aucun ,confort, et l&#039;expression d&#039;aucun amour non plus, même plus deux grammes de tendresse. Je crève de ton indifférence, parce que que tu l admettes ou pas je t ai tout sacrifié. Il ne reste que toi dans ma vie et tout ce vide me donne le vertige.<br /><br />Tu m as déjà  quittée.<br />J&#039;ai pas de famille.<br />Plus de famille.<br />Et je ne vais nulle part, juste le trottoir d&#039;en face si tu le décides. <br /><br />Dur d&#039;être glamour quand on s est réduit à  si peu de choses, mais, c&#039;est ce bouquin, je me rends compte que mes pensées sont pas interdites, qu&#039;il y a des gens qui se sentent vivants ***<br />J en ai marre de me sentir un demi être humain et avoir honte de tout ce que je suis et que moi maintenant il me faut une pompe. Je peux essayer d&#039;inverser la tendance mais ça veut dire quoi? Parce que quand on résume la survenue exceptionnelle d&#039;un acte sexuel à  sa propre jouissance, l&#039;autre il faut bien qu&#039;il se réveille, ou qu&#039;il crève dans un monde plein d épines. Mais c est plus le problème de celui qui se refuse.<br /><br />Me vendre au plus offrant?<br />TraÎner en boÎte les seins à  l&#039;air?<br />M&#039;inscrire sur meetic?<br />Draguer sur FB.?<br />Demander à  tes potes de venir s&#039;occuper de ta meuf parce que ça te gonfle et qu&#039;en réponse elle te gonfle?<br /><br />J&#039;en sais rien, J&#039;aurais préféré qu&#039;un jour tu comprennes, avant que je me finisse pour de bon, comme tu me l as rappelé ce soir, il me reste un mec pour qui je suis un fantôme et ma pompe. Et le mec ne veut plus sauver sa princesse..<br /><br /><br /><iframe width="550" height="413" src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/Bag1gUxuU0g?&feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br /><br />Don&#039;t make me sad, don&#039;t make me cry<br /><em>Sometimes love is not enough and the road gets tough</em><br />I don&#039;t know why<br />Keep making me laugh<br /><em>Let&#039;s go get high</em><br />The road is long, we carry on<br />Try to have fun in the meantime]]></description>
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<dc:creator><![CDATA[ wastedreamor2 ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Sofia Black, la photo... / Le blog de wastedreamor2]]></title>
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#5 /home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php(177): putPost(Array)
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