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<title>Le blog de Ygrek / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[Amour et cocaïne : qui suis-je aujourd'hui? / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Amour-et-cocaine-qui-suis-je-aujourd-hui_5397_1.html</link>
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<description><![CDATA[</p><p style="text-align: justify">Il y a près d&#039;un an, je rencontrais l&#039;amour pour la première fois de ma vie. Une fille que j&#039;aimais et que j&#039;aime toujours du plus profond de mon être. J&#039;ai rencontré l&#039;amour, oui. Enfin, plutôt <em>un</em> amour. Car je ne saurai jamais combien de temps cela peut durer et quelles formes cette relation prendra. Toujours est-il que j&#039;ai connu et que je connais le bonheur, un bonheur fait d&#039;une vie tout ce qu&#039;il y a de plus banale : un bon sommeil, une confiance en soi, moins d&#039;anxiété, des quotidiens, des hobbys et des voyages à partager. <br /><br />Il y a près d&#039;un an, je me suis dit que la cocaïne ne serait bientôt plus qu&#039;un lointain souvenir. Pendant plusieurs années je méditais seul dans mes différentes piaules, faisant des va-et-vients constants entre mes pensées, et j&#039;en avais conclu assez naïvement que seul l&#039;amour m&#039;empêcherait de retomber dans la poudre.<br /><br />Il y a près d&#039;un an, je me voyais déjà faire le tour du monde avec elle, découvrir des peuples et des cultures, partager notre cuisine et notre vaisselle, notre gourbi, notre p&#039;tite vie loin de tous les regards mais pourtant près de tous les hommes. Une vie de citadin ordinaire, tu vois. <br /><br />Il y a près d&#039;un an, j&#039;ai aussi appris à aimer les gens pour la première fois de ma vie. Ma misanthropie et ma phobie sociale s&#039;étaient comme envolées. Je parlais avec tout le monde, je rentrais dans toutes les discussions avec un plaisir à peine caché, je faisais preuve d&#039;empathie et de bienveillance envers mon prochain.<br /><br />Il y a près d&#039;un an, je me suis vu grandir. J&#039;étais tel Zarathoustra qui transportait son cadavre le long de son chemin. J&#039;observais avec mépris l&#039;homme que j&#039;étais et avec respect l&#039;homme que je devenais. Mon ancienne vie, faite de dépression et d&#039;hubris, d&#039;excès en tout genre et d&#039;une tristesse permanente, semblait déjà enfouie dans les abysses de mon existence. <br /><br />Quelle erreur je n&#039;ai pas faite de dissocier le moi d&#039;aujourd&#039;hui du moi d&#039;avant. Car une personne n&#039;est rien sans son passé ni son futur. Le présent ne suffit pas à éliminer le vécu et le à-vivre. Je pensais que je pourrais être quelqu&#039;un de radicalement nouveau mais finalement l&#039;encre avec laquelle j&#039;écris ma vie a toujours été la même. La page d&#039;aujourd&#039;hui est publiée toujours dans le même journal, toujours avec cette plume que je trempe allègrement dans mon sang et dans ma poudre. Et ce sera sans nul doute la même chose pour les prochaines pages. <br /><br />Quelle erreur je n&#039;ai pas faite de croire que l&#039;amour me transcenderait au point d&#039;anéantir mes vieux démons. Car ces derniers sont bel et bien là ; quand bien même ils sont enfouis, ils restent présent et n&#039;attendent pas grand-chose pour revenir. En fait, ils n&#039;ont pas besoin de mon accord mais de celui de la vie. Si rien ne va, ils reviendront. Et même quand tout va bien, ils reviennent parfois. En fait, les vieux démons c&#039;est comme les champignons : le mycélium se cache pendant plusieurs saisons, il dort je ne sais où. Il n&#039;attend que l&#039;automne pour déployer toute sa force et sa vigueur. Eh bien, précisément moi je me demande : quand est-ce que l&#039;automne de mes vieux démons adviendra?<br /><br />Quelle erreur je n&#039;ai pas faite de penser que le temps était contrôlable, que je pouvais m&#039;ancrer dans un vécu routinier, fût-il nourri d&#039;amour, sans n&#039;en ressentir aucune frustration, sans finir par m&#039;en lasser. De même, quelle erreur je n&#039;ai pas faite en pensant dompter l&#039;espace, en me concevant comme un fluide qui pourrait aller où bon lui semble et quand bon lui semble alors qu&#039;au final je suis bel et bien enfermé dans mon corps. Je ne suis ni l&#039;être au monde, ni la chair. Je suis un corps, pas plus ni moins. <br /><br />Quelle erreur je n&#039;ai pas faite en pensant me débarrasser de dame cocaïne. J&#039;avais pourtant tout envisager : les anxiolytiques, le kratom, l&#039;écriture, les voyages, le dialogue, le changement de lieu, le changement de routine, le changement d&#039;entourage et même l&#039;amour... En bref, le changement de <em>MOI</em> ! <br /><br />Aujourd&#039;hui, j&#039;ai le nez dans la poudre. En un an, seulement cinq fois. Mais cinq fois de trop où je me suis vu mourir cinq fois d&#039;affilée. La honte emplit mon esprit, de même que la culpabilité et la peur. Que penserait-elle de moi si elle savait? &quot;<em>Elle</em>? Mais qui c&#039;est <em>elle</em>?&quot; me direz-vous. Elle, c &#039;est ma chérie ; mais elle, c&#039;est aussi la société.<br /><br />Je ne peux pas être moi-même. Mon moi a été enfoui par une nécessité conformiste de pouvoir et de vouloir vivre en société, vivre au travail, vivre en couple, vive entre amis... Le tout en m&#039;autorisant quelques petits excès de temps à autre. En fait, ce n&#039;est pas une nécessité mais plutôt une norme contingente : j&#039;aurais très bien pu faire autrement et refuser cette vie. Mais je persiste à croire que cette vie est meilleure que n&#039;importe quelle autre et que l&#039;acceptation de cette norme contingente est devenue une nécessité pour me sauver de la noyade. <br /><br />Je voudrais être père, avoir un chat, une femme aimante et aimée. J&#039;aimerais avoir cette vie, fût-elle banale et simple au possible. J&#039;aimerais être une fourmi parmi des milliers dans la fourmilière et non pas la reine. J&#039;aimerais être un termite parmi des millions dans une termitière et non la mère. j&#039;aimerais vivre sur terre et non pas chercher la terre-mère. J&#039;aimerais être un homme comme un autre : mon ontologie n&#039;a pas à être différente de mon prochain, le contraire serait prétentieux et dépourvu de sens. L&#039;ontologie de la banalité me plaît. <br /><br />La question n&#039;est plus là. La question est : comment puis-je avoir une vie banale tout en étant bigrement <em>fada</em> ? J&#039;aime sauter des falaises en parapentes, j&#039;aime sauter des avions en parachutes, j&#039;aime prendre des taz et explorer les tréfonds de mon être, j&#039;aime faire 70h par semaine et trimer comme un dingue, j&#039;aime me poudre le pif pour arrêter de penser et écrire plus. J&#039;aime la vie, je veux la dévorer à pleine dent ; mais cette adoration ne m&#039;orienterait-elle pas vers une forme de contradiction existentielle ?<br /><br />Peut-on à la fois être père en se poudrant le pif? Peut-on à la fois aimer sa femme et se jeter des falaises? Peut-on être à la fois parfaitement normal et complètement fou? Hermès Trismégiste le trois fois très grand me dirait que tout est dedans mais que dehors, il y a tout aussi. Mais moi je ne suis pas alchimiste, les paradoxes m&#039;épuisent et j&#039;en ai marre de la métaphysique.<br /><br />Qui suis-je? Voilà la seule question qui persiste et je dois reconnaître que la poudre blanche m&#039;aide à y répondre. En ce moment, je jouis du nez ou de la tête ; j&#039;en sais rien. Je m&#039;imagine au Brésil en train de pécher sur un bateau de fortune. Je vois toutes les couleurs avec une intensité sans précédent, les oiseaux chantent et composent une symphonie sylvestre. Je croise des Indiens sur une pirogue et je me prends pour Aguirre.<br /><br />Je ne crois pas en Dieu. Je vois les Indiens et pas lui. Je ne suis donc pas la colère de Dieu comme Klaus Kinki. Mais bordel, ne suis-je pourtant pas comme lui, perdu au milieu d&#039;un univers qui n&#039;est pas le mien à la recherche d&#039;un Eldorado qui n&#039;existe pas? Ne suis-je pas là, seul face à mes propres contradictions, en train d&#039;affronter l&#039;invisible, d&#039;essayer de répondre à des questions auxquelles il n&#039;y a certainement pas de réponses?<br /><br />J&#039;essaie de dire l’indicible et Wittgenstein se moque de moi. Il m&#039;aurait frappé avec sa règle s&#039;il savait que j’abîmais mon corps avec la drogue pour tenter de répondre à des questions métaphysiques. Il me hurlerait dessus en disant que tout ce que j&#039;écris c&#039;est du blabla ordinaire qui ne sert strictement à rien, et que de ce fait, je perds ma vie puisque je ne la mets pas au service de la connaissance mais plutôt au service de l&#039;absurde. Il n&#039;a pas tort. Mais moi je ne veux rien dire, je veux juste montrer ce que je suis ou ce que je pense être. <br /><br />En parlant d&#039;absurde, bordel de cul, ma vie n&#039;est-elle pas celle que Camus décrit avec des mots qui parlent d&#039;eux-mêmes ?&nbsp; La banalité du quotidien me plaît mais elle me dessert : elle laisse couler le temps et m&#039;incite à me poudrer le pif pour rendre ce temps plus agréable. Ne suis-je pas pareil à Sisyphe qui refait sans cesse le même chemin?<br /><br />Chaque année, je reviens là en tenant le même discours à peu de choses près. La vie n&#039;est qu&#039;un <em>fucking</em> éternel retour et il n&#039;y a rien pour en réchapper. Moi aussi je suis condamné à porter ce rocher jusqu&#039;au bout d&#039;une montagne puis à retomber à l&#039;arrivée de chaque sommet. Moi aussi je suis victime d&#039;un procès dont personne ne connaît l&#039;accusé sauf que je n&#039;arrive pas non plus à voir les juges. Peut-être que je suis à la fois le juge et l&#039;accusé, auquel cas tous ces problèmes n&#039;existeraient pas. Mais je n&#039;y crois pas une seule seconde.<br /><br />Ma vie n&#039;est qu&#039;une <em>joke</em>, on passe notre vie à vouloir savoir qui on est, tantôt à fuir notre être, tantôt à se réconcilier avec. En fait je ne vis pas, je joue des rôles. Des rôles que je fais vivre puis que je tue pour en faire vivre d&#039;autres. Je suis dans une pièce de théâtre. Bordel, alors dites moi qui est le metteur en scène que je lui donne quelques conseils...</p><p>]]></description>
<slash:comments>7</slash:comments><pubDate>Sat, 01 Feb 2020 17:11:58 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Journal de cocaïné - La cocaïne et mon travail : bilan hebdomadaire n1 / Le blog de Ygrek]]></title>
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<description><![CDATA[Mésaventures de mes promesses non tenues sur deux semaines (même pas). Les voici :<br /><br /><u><strong>I. Historique</strong></u><br /><br /><strong>Arrêt</strong><br />-4 jours d&#039;abstinence <br />=&gt; vendredi et samedi sous crack et dimanche sous cc en plugg. <br />Total consommé : 1,5gr<br /><br />Suivi de <br /><br /><strong>Arrêt</strong><br />-5 jours d&#039;abstinence<br />=&gt; 1 samedi soir sous cc sniff (aujourd&#039;hui).<br />Total consommé :&nbsp; 500 mg<br /><br />Somme dépensée en deux semaines pour la cocaïne : 160 euros.<br /><br />----------------------------------------------------------------------------------<br /><br /><u><strong> II. Analyse</strong></u><br /><br /><em><strong>Première phase (après les quatre premiers jours d&#039;abstinence) </strong></em><br /><br /><strong>Motivations</strong><br /><u>-premier excès (vendredi aprem et samedi) :</u> le crack m&#039;apporte + d&#039;effets récréatifs. Je m&#039;en suis servi de prétexte pour me féliciter. Mais ça m&#039;a gâche deux jours et 80 balles alors que j&#039;étais parti pour une session de trois heures à la base. Première, deuxième, troisième pipe : OK ; ensuite : que des effets négatifs. Vague effet de détente en faisant de l&#039;apnée pour récupérer les restes collés à la paroi.<br /><br /><em>Culpabilité +:</em> l&#039;extra a duré trop longtemps + danger pour le cœur&nbsp; et les poumons + frôle l&#039;OD + <br /><br /><u>-deuxième conso du premier excès (dimanche dernier) :</u> re-tester le plugg pour voir si ça concilie bien récréatif et plateau pour travailler. Tentative réussie. 40 balles. Descente horrible. <br /><br /><em>Culpabilité ++ :</em> je me trouve de nouvelles excuses pour consommer,&nbsp; danger pour le corps, peur de crever, peur de ne pas me contrôler<br /><br /><em><strong>Deuxième phase (arrêt de cinq jours)</strong></em><br /><br /><u>Premier jour :</u> Déprime tout le lundi <em>MALGRE</em> anxios (clorazépate, alprazolam, bromazépam), théralène et kratom dans des doses peu recommandables.<br /><u>Période inexplicable pour moi : le retour à la normal momentané - Mardi, mercredi, jeudi, vendredi</u> : journées bien occupées, toujours entouré jusqu&#039;au moment de dormir =&gt; sport, boulot, étude, travail perso, sorties culturelles, rencontres... <br />=&gt; 0 craving, 0 culpabilité, 0 angoisse.<br /><u>Vendredi soir avant de dormir :</u> vague envie de faire un extra<br /><br /><u>-Samedi&nbsp; matin (aujourd&#039;hui) :</u> grosse envie de me faire extra, goût du crack qui revient, j&#039;ai pas le matos de toute façon et je pourrai pas travailler. Or je dois travailler. Sport, révision tout l&#039;aprem.<br /><u>17h :</u> Je dois partir a 18h. je rentre chez moi à 19H. Personne à qui taper la discut. Je cède<br /><br /><strong>Motivations</strong> : retenter le sniff pour travailler comme ça l&#039;extra est rentable (j&#039;ai du mal à travailler chez moi sans aide de coc). Impression que ça ne pourra pas me faire de mal. Impression d&#039;être abstinent depuis vingt ans alors que ça fait cinq jours.&nbsp; Analogie dans mon esprit entre tabac/alcool et cc =&gt; j&#039;ai la même espérance de vie que ces personnes - la question de l&#039;espérance de vie m&#039;obsède alors que je ne devrais même pas y penser.<br /><u>En ce moment même :</u> assomé de red thai, 10 mg de tranxène (ça va). Troisième ligne passée : l&#039;angoisse prend le pas sur le plaisir et la motivation. peur de mourir maintenant ou/et peur de flinguer mon cœur a petit feu. <br />Le stress monte : je vais devoir recharger : 10 mg tranxène et 3gr de red thai. <br />MAJ : 00:20 dernière trace (une grosse poutre) : montée stressante mais euphorique. j&#039;ai anticipé la descente : 3gr de red thai en plus. Je suis sur 20 mg tranxène et 9gr de red thaï en downers. Moins que d&#039;habitude, le red thai fait la différence sur la qualité de l&#039;analgésie par rapport aux autres variétés. Bon, j&#039;espère que ça va aller!<br /><br /><br /><u><strong>Conclusion autopsychologique :</strong></u><br />J&#039;aime la vie, la vie m&#039;aimait. J&#039;aime la coc, la coc m&#039;aimait.<br />La vie m&#039;aime toujours, j&#039;aime toujours la vie ; la coc m&#039;aime toujours, je n&#039;aime plus la coc. Pas nouveau : je l&#039;ai compris. Ou je <em>crois</em> l&#039;avoir compris...<br />Suis-je lucide ou dépendant? Suis-je les deux ou bien aucun des deux?<br /><br /><br /><strong><u> Leçons :</u></strong><br />- Je ne vais pas pouvoir m&#039;en sortir seul. Besoin d&#039;en parler. Nécessité d&#039;une personne pour me faire oublier le craving quand il vient. <br /><u>Sociologiquement</u> : Pas nécessairement une consultation mais une personne de confiance.&nbsp; <em>problème</em> : introuvable.<br /><u>Psychologiquement :</u> consultation et écoute par un professionnel. <em>problème:</em> peur.<br /><u>Physiologiquement :</u> prescriptions de médicaments nécessaires. <em>problème :</em> peur.<br />- Augmenter le temps de méditation journalier<br />- Essayer de comprendre les deux phénomènes : les soudaines envies qui apparaissent après des périodes totalement normales pour mieux les appréhender et les rationaliser au moment où le craving arrive.<br />- Continuer les bilans hebdomadaires (ou mensuel) et tenter d&#039;approfondir l&#039;analyse. <br />NB : <em>point positif</em> : un jour d&#039;abstinence supplémentaire par rapport à la semaine d&#039;avant. C&#039;est toujours ça de pris.<br /><br />A la prochaine,<br />Y.]]></description>
<slash:comments>6</slash:comments><pubDate>Sat, 26 Jan 2019 23:01:32 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Journal de cocaïné - La cocaïne et mon travail / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Journal-de-cocaine-La-cocaine-et-mon-travail_4407_1.html</link>
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<description><![CDATA[Pendant deux semaines, j&#039;étais préservé de tout contact avec la drogue, de tout consommateur, de tout fournisseur. Exception faite du réveillon de la nouvelle année, j&#039;étais toujours bien entouré, toujours très actif. J&#039;étais à la campagne, dans la famille, toussa toussa. Vous connaissez la chanson, pour la plupart on la récite tous les ans voire plus souvent.<br />Pendant deux semaines, pas un seul craving. Pas un seul put*in de craving ne m&#039;a pris les tripes. J&#039;y ai même pas pensé une seule seconde. C&#039;est comme si j&#039;en avais jamais pris. Disparu de ma conscience, le truc. Un soir, juste avant de me coucher, je me suis juste dis : &quot;c&#039;est bon, débarrassé. Facile&quot;.<br /><br />Tu parles Charles!<br />Dimanche, dès que je suis rentré, je me suis retrouvé à nouveau seul comme je l&#039;étais avant de partir, il y a deux semaines. Situation identique.<br />Et rebelote. Une masse de boulot à abattre. Et je sais où me fournir. Deux prétextes. Ca y est l&#039;envie vient. Elle monte au cerveau. La carotte à portée de mains, presque. Je prends mon sac, je m&#039;habille. Je tergiverse pendant dix minutes. Je fais les quatre-cents pas dans ma chambre. Je pèse le pour et le contre. Tiens, bizarrement toutes mes bonnes résolutions n&#039;ont plus d&#039;importance. Oui, il aura fallu de dix minutes pour tout gâcher. Et j&#039;y vais. Je culpabilise pendant tout le trajet, aller et retour. <br /><br />C&#039;est ça le craving de CC chez moi. il arrive toujours au bon moment. S&#039;il en a envie, il peut ne pas pointer le bout de son nez pendant des heures, il peut même rester terré dans l&#039;esprit pendant des jours voire des semaines... Mais il sait quand venir et il sait où frapper. Et quand il frappe, il frappe fort l&#039;enfoiré. C&#039;est vraiment très vicieux. J&#039;ai jamais connu ça avec d&#039;autres substances.<br /><br />J&#039;essaie de faire durer le demi. Mais ça ne suffit pas. Pas du tout. J&#039;y retourne. Une deuxième fois. Puis une troisième. Le pelo se fout presque de ma gueule. J&#039;en suis à un gramme et demi sur quatre jours. J&#039;ai possibilité de me fournir, je le fais, je tape, je descends et je veux remonter. Rebelote. Cercle vicieux de merde. <br />Économique : elle est top, pas besoin d&#039;en mettre trop. Avec 75-80 mg je pars comme un dingue. Mais déjà 120 euros en fumée. En quatre jours. Ca fait très mal au porte-feuille. Surtout quand on roule pas sur l&#039;or.<br /><br />Consommer? Pas (plus) pour le plaisir de me défoncer ni pour faire la fête, non juste pour travailler.<br />J&#039;ai plus de quarante heures de cours et huit heures de temps partiel (qui risquent de ne plus suffire pour vivre si je continue). Sans compter les conférences et les séminaires, le travail personnel, qui rajoutent vingt-heures grand minimum. La moindre dizaine de minutes doit être rentabilisée.<br />Je n&#039;ai aucune raison de me plaindre, pour d&#039;autres c&#039;est pire encore. Et j&#039;ai eu le choix. Certes, comme beaucoup d&#039;autres bûcheurs, je pourrais avancer et accomplir mes tâches sans l&#039;aide de substance. La coc n&#039;est pas un exutoire, je n&#039;en prends pas pour fuir mon quotidien ou mon &quot;destin&quot;. Au contraire, j&#039;en prends pour accomplir mon quotidien ou mon &quot;destin&quot;. Depuis que je sais doser les substances pour améliorer mes capacités, je n&#039;arrive plus à m&#039;en passer... Je veux toujours faire mieux. Pire, je me sens nul sans substance.<br /><br />J&#039;utilise le kratom à petite dose pour l&#039;effet nootropique. Heureusement, ma tolérance de plus en plus élevée est revenue a zéro grâce à ces deux semaines d&#039;abstinence. J&#039;utilise des benzos à longue durée de vie (tranxène) pour l&#039;effet détente et confiance en soi. A courte ou moyenne durée de vie (xanax, bromazépam) pour le sommeil et les descentes. Je prends de la valériane, de la passiflore et de la verveine à longueur de journée pour maximiser la détente. Je médite, je fais du sport, je mange bien. Je fais tout pour réussir. Je me sens plutôt bien dans ma peau, peut-être mieux que je ne l&#039;ai jamais été. Mais il m&#039;en faut toujours plus. Toujours plus. Une soif insatiable d&#039;amélioration quitte à se foutre en l&#039;air. Une quête vaine vers la perfectibilité au détriment de ma vie. <br /><br />Et la cocaïne, pour abattre du travail, pour réussir, pour s&#039;affirmer,&nbsp; pour se concentrer, pour mémoriser, pour analyser,&nbsp; pour synthétiser, pour organiser ses textes, structurer sa pensée, pour être prolifique a l&#039;écrit aussi bien qu&#039;à l&#039;oral tout en étant lucide et construit et j&#039;en passe et des meilleurs, c&#039;est le top du top pour moi, le caviar des nootropiques.<br /><br />En plus, y&#039;a toujours cette vague de dopamine qui dans les premières minutes me rendent euphoriques puis qui juste après, me rendent surpuissant. Quel plaisir de travailler. J&#039;ai l&#039;impression que j&#039;aime tout et que je peux tout faire, vite et bien. Et ça a déjà porté ses fruits.<br /><br />Et personne capte autour de moi. Les gens notent juste ma motivation accrue, mais rien d&#039;autre. La descente, personne capte. Je la repousse jusqu&#039;au soir puis je m&#039;assomme avec des benzos (bromazépam et chlorazépate, mélange dangereux je sais) et du kratom puis j&#039;effectue des petites tâches de finition et je vais pioncer complètement déboité.<br /><br />La C, c&#039;est pas comme avec la weed où j&#039;avais l&#039;impression d&#039;être un génie alors que je faisais de la grosse merde. Rien à voir, c&#039;est même tout l&#039;inverse.<br />Avec la C je suis tellement meilleur dans mon travail. Ce n&#039;est pas que subjectif :&nbsp; Les autres notent l&#039;amélioration. C&#039;est devenu un outil indispensable. Et je ne sais pas comment m&#039;en débarrasser. Je vais perdre en efficacité si j&#039;arrête. J&#039;attends une période avec moins de boulot pour ça. Mais d&#039;une part ce n&#039;est pas dit que cette période arrive, d&#039;autre part ce n&#039;est pas dit que je résiste au craving lors de cette période.<br /><br />Des gens se trouvent dans une situation similaire. C&#039;est évident, il y en a. Je suis loin d&#039;être le seul. Rien que là où je vais me fournir, j&#039;en vois passer des personnes qui consomment pour travailler. A les voir j&#039;en mettrais ma main à couper. <br />Si vous en faites partie, n&#039;hésitez pas à partager votre ressenti. N&#039;hésitez pas à témoigner et partager vos expériences, vos problèmes, vos solutions. Je suis preneur. Nous sommes preneurs.<br /><br />J&#039;avais pensé à une solution&nbsp; : je sais pas si un médecin, si je lui expose mon problème, pourrait me prescrire une aide pour étudier et travailler. Je ne sais pas quel substitut équivalent je pourrais trouver légalement et médicalement.<br />Autre solution, radicale. Tout quitter et vivre à la campagne ou voyager. Mais je n&#039;ai pas envie de tout gâcher.<br /><br /><br /><br />A la prochaine.]]></description>
<slash:comments>12</slash:comments><pubDate>Wed, 09 Jan 2019 19:31:36 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Tragicomédie, Gainsbourg & Dextrométhorphane / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Tragicomedie-Gainsbourg-Dextromethorphane_4374_1.html</link>
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<description><![CDATA[Bonne année à tous!<br /><br />Comment s&#039;est passé votre réveillon? Bien, j&#039;espère.<br />Le mien a été incroyable. Je suis allé au théâtre. Puis au restaurant. Et enfin, à l&#039;Opéra. Eh oui. La même soirée. Totalement imprévu. Je pensais que nous serions deux. Au final j&#039;étais seul. Parfaitement seul.<br />Le plus étonnant? Tout c&#039;est passé chez moi. Dans mon taudis et dans ma tête. Si c&#039;est pas beau la vie...<br /><br /><br /><br /><br /><br /><strong>31 Décembre 2018<br />Vingt-et-une heures.</strong><br /><br />Des voix se perdent. Des gens se trouvent. L&#039;homme, animal grégaire, m&#039;a-t-on dit. Et pourtant, la solitude n&#039;est-elle pas une nécessité de ma vie?&nbsp; <br />Moi, l&#039;archétype du citadin au vingt-et-unième siècle. Toujours en contact avec les autres. Toujours quelque part. Je suis à droite ou à gauche. Parfois, à droite et à gauche. Mais aujourd&#039;hui est un jour tout particulier. Aujourd&#039;hui je suis nulle part.<br /><br />Pourquoi? Mieux vaut ne pas savoir. Oui. Si seulement on savait ce qu&#039;il se passe à l&#039;intérieur de soi. On filerait. On fuirait. Mon fardeau, invisible et indicible pour quiconque autre que moi.<br />De toute façon chacun porte son propre fardeau. Le fardeau que je porte vaut bien celui de mon voisin, fût-il le plus heureux sur terre. Et quand bien même son fardeau serait plus léger que le mien, pourrais-je réellement le troquer? Non. Je ne pense pas.<br /><br />On ne troque pas son fardeau comme l&#039;on troquerait un vulgaire légume d&#039;avec une poignée de fruits secs. Et ce pour une bonne et simple raison : le fardeau est en moi. <br />Pire, il <em>est</em> moi. Oui. Au même titre que n&#039;importe quel autre sentiment. Il constitue mon existence à part entière. Et il vaut bien son pesant d&#039;or. Autrement pourquoi mon esprit le laisserait-il reclus dans les tréfonds de ma conscience?<br /><br />Mon fardeau? La solitude. Ce soir je vais la dénuder. La dompter. La diviniser. <br />Oui. transfigurer ce diable qu&#039;est la solitude en un ange. Voici ma mission. Je visualise mon esprit comme un édifice religieux dont la clé de voûte serait l&#039;enfer, et la porte de sortie un paradis en devenir.<br />Une quête presque métaphysique que les psychologues mépriseraient au plus haut point. Un psychologisme, diraient-ils. M&#039;en fouts. Cette quête me tient à cœur.<br /><br /><strong>Vingt-et-une heures quinze</strong><br /><br />Je les vois d&#039;ici. Du haut de mon balcon. Les guirlandes de Noël prennent une toute autre allure. Elles brillent différemment. Elles annoncent les festivités. Les fêtards s&#039;embrasent dans la ville vieille. Les fumées s&#039;embrassent dans la ruelle. Suis-je chez moi où à la sortie d&#039;une usine? En fait, je crois bien que je suis nulle part.<br /><br />Une troupe en folie débarque. Les troubadours brisent une guirlande. Ca dégénère.<br />Le cap de l&#039;invective est passé. Toujours, ils hurlent. Ils se déchainent. Leurs voies lancinantes donnent à la ville une saveur acide. Les rues se noient dans la mer humaine. Les mers humaines se noient dans l&#039;éthanol. L&#039;exubérance des fêtards ne me dégoute plus, elle me fascine. <br /><br />Une autre bande de jeunes, saouls, se faufilent à vive allure dans la ruelle adjacente. Ils chantent. On dirait des oiseaux qui battent de l&#039;aile. Ils passent d&#039;une branche à une autre. Ou ils passent d&#039;une rue à l&#039;autre. Peu importe, les cris s&#039;estompent. La beuverie rend les citadins plus proches de la nature. Les rues redeviennent les forêts d&#039;antan. En tout cas, dans mon imagination.<br /><br />Les hommes aboient, aussi. Et ils déversent leurs tripes non loin de chez moi. Des vapeurs de houblon filent dans les vents. Le balcon prend vite des airs de cave à vins. La suave odeur de l&#039;herbe, plus proche. Elle transforme finalement mon balcon en jardin d&#039;Éden. <br /><br />Jardin d&#039;Éden ou jardin déchu? Voyez ce persil presque mort. Celui de ma voisine. Je le fixe. Là, en face.<br />Ce salopiaud de persil. Oui. Désolé mais comprenez-moi : au printemps dernier, il me filait des allergies. Maudit sois-tu, persil. Sans blague. Tu es là, le 31 Décembre de la même année. Tu es là, en vie. Tu pointes vers le ciel. Certes, tu jaunis. Certes, tu perds de ta carrure. Mais tu résistes. Dans ton pot maléfique, tu es toujours en vie. C&#039;est de la magie noire.<br />Tu m&#039;en veux. Je le sais. Mais qu&#039;ai-je fait pour que tu m&#039;en veuilles autant? Un jour, je saurai. Sois en certain.<br /><br /><strong>Vingt-deux heures&nbsp; </strong> <br /><br />La ruelle est devenue un théâtre éphémère. Les cris de l&#039;ivresse traduisent le bonheur d&#039;une &quot;bonne soirée sa mère&quot;, comme ils s&#039;amusent à le répéter. Ils m&#039;inspirent pourtant de la tristesse. Oui. De la tristesse. Mais en même temps, je les trouve drôle. Car l&#039;animalité de l&#039;homme prend le dessus sur l&#039;humanité. La nature naît dans la culture. La forêt naît dans la ville. C&#039;est marrant. Triste. Et beau. Une tragicomédie, je crois. Voilà ce à quoi j&#039;assiste.<br /><br />Dans cette tragicomédie, je vois des ingénus. Conscients ou inconscients, qu&#039;en sais-je? <br />Je ne suis personne pour eux. Mais ils sont quelqu&#039;un pour moi. Hommes, animaux, acteurs. Qui sont-ils? Je ne sais plus. Ils fusent dans tous les sens et l&#039;alcool fusèlent leurs corps. Jouissif.<br /><br />Leurs vies semblent simples. Leurs esprits, frivoles. Leurs âmes, apaisées. <br />Ils sont là. Ils sont présents. En toute honnêteté. En toute franchise. Dans l&#039;immédiateté. Dans la force de l&#039;instant présent. Ils sont là. Ils festoient en bonne et due forme. Ils oublient leurs problèmes. Ils se laissent aller. Pour une soirée. Une soirée que l&#039;on voudrait éternelle. Que <em>l&#039;on</em> voudrait éternelle? Non! Qu&#039;<em>ils</em> voudraient éternelle. Nuance.<br /><br />Pourquoi suis-je l&#039;un des seuls à refuser de me déguiser pour ce carnaval d&#039;avant l&#039;heure? Pourquoi faut-il que je me torture ainsi? <br />Je ne sais pas. Je ne saurais jamais, certainement. Toujours est-il que je cherche des réponses.<br /><strong><br />Vingt-trois heures</strong><br /><br />Oui. Ils fêtent le premier de l&#039;an. On fête le premier de l&#039;an. Moi, je le fête seul.<br />Oui. Je me retrouve seul en ce jour si important. Cette fille géniale et magnifique. Elle n&#039;a pas daigné me rejoindre. Alors que c&#039;est elle et personne d&#039;autre que je voulais voir. Entendre. Écouter. J&#039;aurais aimé qu&#039;elle parle. Qu&#039;elle parle pendant des heures. L&#039;écouter, c&#039;aurait été le plus cadeau que le destin m&#039;eût offert.&nbsp; <br />Mais elle a refusé. Et tous mes plans sont tombés à l&#039;eau. Dois-je lui en vouloir? Non. Au contraire. Elle a raison. Je suis tout sauf raison. Je suis passion. Il faut dire que l&#039;on se connait à peine. Et je l&#039;aime déjà. Ou plutôt je crois l&#039;aimer. En réalité je l&#039;idéalise. Et j&#039;aime l&#039;idée que je me fais d&#039;elle. Elle? Déjà elle ne me calcule plus. Pauvre fleur. Tu as raté l&#039;abeille. Il y en aura d&#039;autres, comme on dit. Plus vaillantes et gaillardes, s&#039;il le faut.<br /><br />Ma vie est bel et bien une tragicomédie. En fait, je n&#039;ai pas besoin de chercher plus loin. Naïf, j&#039;ai cru passer le réveillon avec une personne que je venais tout juste de rencontrer. D&#039;apparence, cela me fait sourire. Mais au fond, cela m&#039;affecte terriblement. Je suis terriblement triste. Terriblement triste de ne pas vivre un réveillon rocambolesque à ses côtés. Ma vision romantique et romanesque de l&#039;amour est souvent considérée comme un aveu de faiblesse, comme une pauvreté de caractère. Ou bien comme un sentiment incommodé et incommodant, déplacé et dépassé. Dépassé par notre temps. D&#039;ailleurs, notre temps je le hais. Je suis né ni dans le bon lieu. Ni dans le bon siècle, il faut croire...<br /><br />Seul pour le réveillon. Et pourtant rien n&#039;est joué. Il suffirait de descendre les escaliers. De franchir le pas de l&#039;immeuble. D&#039;aborder. De parler. De déconner. De fêter le premier de l&#039;an avec des inconnus. <br />Il suffirait d&#039;une impulsion. Une impulsion à portée de mains. Une baguette magique sous le coude. Et hop! comme dirait l&#039;autre. Je m&#039;embarquerais dans une formidable soirée. Imprévisible et improbable. Cette soirée serait magique. A n&#039;en pas douter. <br /><br />Et pourtant je ne veux pas saisir cette baguette magique qui me pend au nez. Elle est tordue. Pas besoin de baguette. Cette fille était magique. Et elle semblait droite dans ses bottes. Mais elle n&#039;est pas là. Tant pis. <br />Mon univers est magique lui aussi. Il fera l&#039;affaire. Pas besoin d&#039;être à Poudlard quand on est déjà dans le Royaume Sylvestre.&nbsp; Je suis là. Et je veux être là. Seul sur mon balcon. Je n&#039;ai pas envie de bouger. Alors je profite encore un peu du spectacle de la ruelle. Un verre de blanc à la main. Un pur de weed dans l&#039;autre.<br /><br />Je passe donc le premier de l&#039;an dans la plus grande des solitudes. Pour changer. Maintenant, je vais essayer de discuter avec cette solitude. Pour la comprendre. Pour me comprendre. J&#039;avais ce besoin. Un besoin que personne ne comprend autour de moi. Est-ce étonnant?<br /><br />Je ne vais pas tarder à manger. Après le théâtre, place au restaurant. Toujours chez moi. Seul.<br />Un humble morceau foie gras. Une petite compotée d&#039;oignon. Un verre d&#039;un excellent Sancerre. Une moitié de langouste, marinée par mes soins. Un chocolat issu d&#039;une fabuleuse enseigne suisse dont je tairai le nom. Des bougies. Fraiches. Neuves. Ce soir ce sera raffiné, goûtu. Il faut savoir savourer.<br /><br />J&#039;idéalise la nourriture. Je l&#039;observe. Elle est laide. Horrible, ignoble même. Elle se donne des airs hautains. Oui, la nourriture me méprise. Elle pense que je suis incapable d&#039;en venir à bout. C&#039;est bien mal me connaître.<br />Et ses formes sont discontinues. Ses traits, peu naturels. Ses odeurs sont inexistantes, anéanties par l&#039;hiver du frigidaire. Gastronomie. Œnologie. Ces mots sonnent faux, comme Le Figaro. Trop sophistiqués. Où sont les poulardes farcies et la gourdasse d&#039;eau fraiche? Moi, petit amateur de bonne boustifaille et de grands crus. J&#039;aime pourtant manger d&#039;ordinaire. Me voila dégouté.<br /> <br />J&#039;ai tout prévu. Eh bien, je n&#039;aurais pas du. La prévoyance et la planification, soporifiques au possible. Des défauts que les temps modernes appellent qualités. Pour rentabiliser, qu&#039;ils disent. Rentabiliser quoi? Le temps. Oui, rentabiliser le temps pour faire de l&#039;argent. Et l&#039;art de vivre dans tout ça?<br />Ah, Ils me font bien rire! Des morts-vivants, voilà ce qu&#039;ils sont. Si seulement ils savaient... Que pour apprécier la vie, mieux vaut ne pas gouverner le temps. Car la gouvernance anesthésie tous les plaisirs. Quand tout est spontané, quand tout est imprévu alors on peut dire que la vie devient art et que l&#039;art devient vie.<br /><br />Bon appétit.<br /><br /><strong>Mardi 1er Janvier 2018</strong><br /><strong>Minuit trente</strong><br /><br />Trêve de conneries. C&#039;est là que tout commence. <br />Rompre la solitude n&#039;est pas le juste mot. Accompagner la solitude? Voilà qui est mieux.<br /><br />Des enceintes. Un ordinateur. Allons-y. Je vais sur YouTube. Par le plus grand des hasards on me propose Gainsbourg et Birkin. Des mois. Que dis-je, des siècles que je ne les ai pas écoutés. On va pouvoir discuter. On en a des choses à se dire. <br /><br /><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1546/serge-gainsbourg-actor-with-actress-jane-birkin.jpg" alt="/forum/uploads/images/1546/serge-gainsbourg-actor-with-actress-jane-birkin.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:326px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div><br /><br />– Je t&#039;aime, je t&#039;aime... Oh je t&#039;aime!<br />– Moi non plus<br /><br />Simplicité, banalité. Mais d&#039;un autre côté, pureté et beauté. La voix envoutante de Birkin charme mes oreilles. Celle de Gainsbourg, je ne trouve pas les mots pour la décrire. Je ne saurais en parler tant elle m&#039;éblouit. Je la sens, c&#039;est tout. Elle se suffit à elle-même. Elle dit l&#039;ineffable. Elle révèle la vie.<br />Pas besoin de fioritures. La simplicité fait œuvre de maître mot. Laisser la voix s&#039;exprimer. Voilà ce qui compte. Sans esbroufe. Sans artifice. La forme suffit. Pas besoin de fond. Ils l&#039;ont compris. <br /><br />Je l&#039;ai compris. La solitude m&#039;aime. Moi non plus. Merci Serge. Merci Jane.<br />Que faire? Ainsi va ma vie. Si elle m&#039;aime, peut-être dois-je l&#039;aimer en retour? Et si je l&#039;aime, peut-être m&#039;abandonnera-t-elle? Contre-intuitif. Je sais. C&#039;est con, hein.<br />Pourtant j&#039;ai déjà connu ce scénario. Avec une fille. La fille. La seule et l&#039;unique. Je l&#039;aimais à sa juste valeur. Elle m&#039;aimait à ma juste valeur. Elle est partie. Je suis parti. Ainsi va ma vie, vous dis-je.<br /><br /><strong>Deux heures</strong> <br /><br />Mon apprentissage est un échec. Je n&#039;arrive pas à comprendre la solitude. Ses attentes. Ses envies. Tout est indicible. La solitude n&#039;est pas expressive. La solitude n&#039;est pas charmante ni bonne amante. La solitude n&#039;est pas romantique ni érotique. Pourtant elle me tient compagnie. Et elle veut rester. C&#039;est bien la seule. Tant pis.<br /><br />Il est temps de changer de registre. Les effets de la weed s&#039;envolent. Ceux de l&#039;alcool ne se font même pas connaître. Je n&#039;ai pas l&#039;intention de boire à nouveau. Un plaisir des papilles reste un plaisir des papilles, m&#039;voyez.<br />La solitude m&#039;emmerde. Tiens. Et si on invitait des potes? Fini le théâtre. Fini le restaurant. Bienvenue à l&#039;Opéra.<br /><br />Rimsky-Korsavov, <em>Scheherazade</em> par l&#039;Opéra philharmonique de Vienne. Chef d&#039;orchestre : Valery Gergiev.<br /><br /><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1546/95eccba52d4d3c6740ea515ae8ff084a--anime-guys-an.jpg" alt="/forum/uploads/images/1546/95eccba52d4d3c6740ea515ae8ff084a--anime-guys-an.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:196px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div><br />Source: Tumblr<br /><br />J&#039;ai menti. Je ne suis pas seul. Le DXM est présent. 4mg/kg. Un léger plateau 2, je pense. <br />Je ris de ma connerie. Ca commence à monter. Au bordel, je vis ou je meurs? Le temps s&#039;efface. Plus besoin de le&nbsp; planifier. Je vole. Je nage. Je marche? Non, je suis assis. Je tente une dissociation corporel d&#039;entrée de jeu. Échec total. Plouf. Je coule.<br /><br />Les flutistes s&#039;excitent. Mon corps devient comme une marée vivante. Il se tend et se distend abusivement. C&#039;est étrange. Pendant quelques secondes tout redevient normal. Puis tout repart. C&#039;est la folie. <br />Ma tête est enfermée dans un placard. La musique devient insupportable. Tout se mélange. Puis tout se stabilise. Et je commence à prendre mon pied.<br /><br />Une remontée de Sancerre dans la gorge.<br />Plus tard. Je me sens pénard. La fête bat son plein dans mon crâne. J&#039;éteins les quelques bougies restantes. Je ferme les yeux.&nbsp; Ma capacité a créer de faux rêves éveillés est accrue. Je visualise des souvenirs banals auxquels se mélangent d&#039;anciens rêves. Tout un pan de ma mémoire refait surface miraculeusement et compose par la même un nouveau rêve. Authentique. <br />Incroyable. Tout va a une allure phénoménale. Pourtant le temps n&#039;avance pas. Les couleurs changent aussi vite que la lumière. Mes rêves sont des films d&#039;animation en perpétuel devenir.<br /><br /><strong>Trois heures </strong> <br /><br />J&#039;arrive à me concentrer sur ma respiration. A tel point que j&#039;ignore la musique. Pourtant l&#039;Opéra est à son apogée.<br /> J&#039;arrive à recréer des conditions d&#039;existence idylliques. Je suis dans l&#039;Altai. Je suis proche d&#039;une rivière. La terre est plate. L&#039;herbe est verte foncée, presque brune. La brume habite ces lieux. Le froid me pénètre. Des frissons me viennent.<br />Je suis proche d&#039;un monastère bouddhiste. J&#039;arrive à imaginer les chants dysphoniques des Mongols par dessus la musique qui se diffuse dans mon appartement. C&#039;est incroyable. Je vis dans deux mondes. Le premier dans ma tête. Le second, ailleurs. Loin. Très loin. Je ne sais plus où, d&#039;ailleurs.<br /><br />Les images meurent, les phrases naissent. Des discours apparaissent dans mon esprit. J&#039;ai noté énormément de choses. Mais tout est brouillon. J&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir découvert la vérité. Mais elle s&#039;est effacée aussi vite qu&#039;elle est apparue. Impossible de relire ce que j&#039;écris. Dommage. <br /><br /><br />Aujourd&#039;hui je dois décrypter ces messages subliminaux de mon inconscient. Ces énigmes dissociatives. Peut-être que je vais enfin avoir une réponse à la solitude. Peut-être que non. Mais dans tous les cas j&#039;aurais essayé.<br /><br />Au plaisir.]]></description>
<slash:comments>2</slash:comments><pubDate>Tue, 01 Jan 2019 15:02:33 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Du rêve au cauchemar, l'éternel retour / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Du-reve-au-cauchemar-l-eternel-retour_4325_1.html</link>
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<description><![CDATA[Texte écris à chaud, entre rêve (décharge de dopamine) et cauchemar (descente). <br /><br /><br />J&#039;ai été jongleur d&#039;opiacés, d&#039;opioïdes. J&#039;ai kiffé, surkiffé. En retour, ils m&#039;ont aimé, suraimé. Plus que n&#039;importe quel être ne m&#039;a aimé jusqu&#039;alors. Oui, c&#039;est une triste vérité.&nbsp; <br />Notre histoire d&#039; amour a connu des hauts et des bas. Parfois, c&#039;était un rêve réel ; parfois, c&#039;était un cauchemar réel. Parfois, j&#039;étais le charmeur de serpents ; parfois, ils étaient charmeurs du serpent. Mais... à force de jouer au dominant et au dominé, on en vient à oublier qui est le dominant et qui est le dominé. A vrai dire, on ne sait même plus ce que signifie la domination, si tant est qu&#039;on l&#039;ait su un jour...<br /><br />Leur abandon a été une nécessité. D&#039;abord voulu par l&#039;État avec l&#039;interdiction de la vente libre de la codéine. Ensuite voulu par la société avec l&#039;impossibilité de me fournir en rabla. Enfin voulu par moi-même, dans un élan vitaliste si j&#039;ose dire. Dans un effort de changer de vie, un effort qui a payé. Je crois. Je pense.<br /><br />Oui. Moi, le charmeur de serpent devenu serpent charmé. Je me suis défait de leur charme, de leur emprise. Et j&#039;en suis très fier. Aujourd&#039;hui, seul le kratom perdure dans ma vie. D&#039;un côté, il est jovial et coloré. De l&#039;autre, il est âcre et aigri. On a tous nos défauts, m&#039;a-t-on dit. Rouge, blanc, vert et or, pourtant tous sont verts. C&#039;est leur commun uniforme de guerre. ils obéissent tous au même empire. Ce sont les soldats qui s&#039;affrontent à mes côtés dans certains combats dans la vie. Car oui, maintenant je mène des combats dans la vie, et non plus des combats contre la vie. Enfin, c&#039;est ce que je croyais il n&#039;y a pas si longtemps. Aujourd&#039;hui, je crois surtout que le rêve et le cauchemar sont des cycles de la vie humaine. Je crois qu&#039;ils constituent une forme d&#039;éternel retour propre à chaque être en ce bas monde. Chacun a le sien. Je commence à connaître le mien.<br /><br />Retour à la case départ. J&#039;ai trouvé pire que mes précédents dompteurs opiacés. Oui, j&#039;ai trouvé pire. Ou peut-être que j&#039;ai trouvé mieux. Ou peut-être que j&#039;ai trouvé pire et mieux. Parfois il m&#039;arrive de mener des combats non plus dans la vie ni contre la vie, mais contre la mort. <br />Mort imaginaire, fantasque, onirique, cauchemardesque, va-t-en savoir! Toujours est-il qu&#039;il s&#039;agit bien d&#039;un combat contre la mort, contre une mort. Certains le savent aussi bien que moi, peut-être même le savent-ils mieux que moi, les descentes de cocaïne sont tellement hypnotisantes que l&#039;imagination prend parfois le dessus sur la réalité, et le cauchemar d&#039;une mort lente se transforme vite en réalité d&#039;une mort subite.<br /><br />Oui, j&#039;ai trouvé pire et mieux que mes précédents dompteurs. Aujourd&#039;hui, c&#039;est à toi que je m&#039;adresse, chère cocaïne. Excellente charmeuse de serpents, s&#039;il en est. Tu me fais &quot;prendre mes rêves pour des réalités&quot;, comme disent les indolents. L&#039;afflux massif de dopamine, mama mia, ô ça non maman tu ne connaîtras pas, mais moi, oui, je&nbsp; connais. Le rêve devenu réalité, quoi.<br /><br />Mais... Ne parlons pas trop vite. Car le cauchemar n&#039;est autre que la face cachée du rêve. C&#039;en est même parfois la clé de voûte. Ce marionnettiste de la conscience nous fait croire de belles choses... pour rendre celles qui suivront plus horribles qu&#039;elles ne l&#039;auraient été autrement. Marionnettiste, vicelard que tu es! <br /><br />Oui, allons-y. Parlons maintenant du revers de la médaille, dame cocaïne. Celui dont tu ne m&#039;as jamais osé me parler. Et qui pourtant me ronge terriblement.<br />Eh bien, chère paranoïa, c&#039;est à toi que je m&#039;adresse maintenant. Là, au moment où j&#039;écris ce texte, tu me tiens fermement dans tes serres acérées, tel un aigle affamé. Tu me fais survoler le vaste empire de ma conscience. De là-haut, je prends mes cauchemars pour des réalités. <br /><br />Ah! Bordel. Mon cœur bat dans ma poitrine. Mais non, il hurle, il fulmine même. Je l&#039;entends, je le vois. Ne l&#039;entendez-vous donc pas? Ne le voyez-vous donc pas? Eh bien, je vous encourage à prêter davantage attention à ce qu&#039;il se passe. Observez avec moi, tendez l&#039;oreille avec moi. Et croyez-moi ou non, mais mon cœur compose une symphonie des enfers.<br />Il se consume à pe... grand feu, je crois. Il se contorsionne dans tous les sens. On dirait un danseur étoile. Il est dans mes abdominaux, dans mon estomac, dans mes jambes, dans mes poignets, dans ma tête. Le corps tout entier devient l&#039;Opéra de mon cœur. Les organes deviennent le chœur de ce cœur. Le cœur, c&#039;est le maestro et le maelström à la fois.&nbsp; <br /><br />Il raisonne tellement fort. Plus puissant qu&#039;un écho dans la montagne. Je l&#039;entends partout et nulle part.<br />Ô chère paranoïa, tu me rends hypocondriaque. Je le sais. Tu le sais. Alors avoue le moi. Avoue le moi, bordel! <br />Regarde, c&#039;est évident. Mes abdominaux deviennent nerveux et tendus sans raison. Mes poumons succombent sans succomber. Ma main, simplement posée à la surface de ces derniers, fait œuvre de remède miracle. Oui, je ne ressens plus la douleur... Mais l&#039;ai-je déjà seulement ressenti ou bien me le fais-tu croire, chère paranoïa?<br /><br />Ahah! Vous riez, et vous avez parfaitement raison. Moi aussi, je rie. Je rie de ma mort, à petit feu. Et pourtant je crois mourir, à grand feu. Mais au fond, tout cela n&#039;est qu&#039;une immense mascarade! C&#039;est d&#039;une naïveté sans nom! Et pourtant cette naïveté n&#039;est-elle pas ma réalité au moment où j&#039;écris ces lignes?<br />Demain, tu es loin. Demain, dame paranoïa sera transfigurée en une autre dame de malheur, la très chère culpabilité que je connais très bien aussi, un peu trop même. Oui, moi, l&#039;autodestructeur à temps partiel, comme elle se complaît à me surnommer.<br /><br />Mais ne parlons pas de demain, parlons d&#039;aujourd&#039;hui. <br />Ca y est. Il arrive. Je le ressens. Ne le sentez-vous pas pointer le bout de son nez? Si. Si! Cet ultime sentiment de déception, tout le monde le connait. Usager ou non. Souvenez-vous, lorsque vous étiez gosse. Lorsque vous portiez une foi naïve mais impérieuse en une chose d&#039;une valeur toute particulière à vos yeux... Une glace, un chocolat, la venue d&#039;un camarade, une partie de football etc. Eh bien, maintenant souvenez-vous de la peine ressentie lorsque vous réalisiez que cette chose tant chérie n&#039;adviendrait finalement jamais. Précisément, c&#039;est tout juste ce que je viens de ressentir. Moi, ou ma conscience, ou mon cerveau peut-être, qu&#039;importe. Je pensais que la charge de dopamine provoquée par dame cocaïne allait durer pour l&#039;éternité... Non, non. Pas du tout. Ridicule et enfantin, n&#039;est-ce pas? Et là, c&#039;est l&#039;annonce qui vient sonner le glas du coup de massue tant redouté.<br /><br />Ce coup de massue, c&#039;est un <em>casus belli</em> contre moi-même. Formule débile, en toute objectivité. Mais riche de sens, pour l&#039;autodestructeur que je suis. <br />Quand l&#039;inspiration meurt aussi vite qu&#039;elle est née dans mon âme seulement quelques minutes auparavant, et que par là-même, la paranoïa prend le pas sur tout le reste, alors la guerre est déclarée.<br /><br />L&#039;adversaire porte un nom simple et bien connu de tous. C&#039;est la descente. Au moment où je vous écris, plusieurs choix s&#039;offrent à moi. Succomber à l&#039;adversaire en m&#039;enfilant une énième ligne? Envoyer mes troupes de benzodiazépines et de kratom? Laisser couler? Mais laisser couler, cela reviendrait à me noyer. La descente, si je ne la combats pas, me flingue le cerveau. Elle fait danser&nbsp; le stress, les angoisses, la paranoïa et l&#039;anxiété dans ma conscience pendant des dizaines de minutes qui semblent être une éternité...<br />Je vous laisse deviner quelle solution je vais choisir.<br /><br />Me voici détendu. <br />Plateau agréable? Descente amortie par mes soldats? Je ne sais pas. Je ne sais plus rien, ou presque. Je suis détendu, et ça j&#039;en suis certain. J&#039;ai chaud et soif, terriblement chaud et soif. Pourtant, j&#039;ai la crève et j&#039;avais froid. J&#039;avais trois pulls tout à l&#039;heure. Maintenant, j&#039;ai un T-shirt effiloché. La fenêtre est ouverte. La pluie bat son plein, fût-elle une mer. La fièvre me torture elle aussi.<br />Vie de merde, quand j&#039;y pense. Prendre de la cocaïne, en étant malade de surcroît. Juste avant Noël. Quel bouffon je fais. Et si je faisais une OD juste avant les fêtes, les pauvres... Pense à eux, un peu! T&#039;es un putain d&#039;égoïste, bordel. Et oui, j&#039;en tire un sourire. Car au pire, ils retrouveront leurs cadeaux de Noël chez moi. Et ce seront les plus beaux car les derniers. Non, non arrête tes conneries. Arrête ce mélodrame. Ca devrait aller, en tout cas pour aujourd&#039;hui.<br /><br />Pour aujourd&#039;hui, oui. Mais pour demain, non. Et pour la suite, je n&#039;ose imaginer. Car le cycle du rêve au cauchemar est pour moi un éternel retour. Un tour dans un four, et le tour est joué. Très mauvais jeu de mot. C&#039;est le temps de vous quitter.<br /><br /><br />Ici s&#039;achèvent mes billevesées cocaïnées,<br />Au plaisir.]]></description>
<slash:comments>19</slash:comments><pubDate>Fri, 21 Dec 2018 21:01:11 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Solitude, mienne à jamais / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Solitude-mienne-a-jamais_4273_1.html</link>
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<description><![CDATA[Il fut un temps où je passais mes journées seul, chez moi. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde, je les passais seul. Certes, je travaillais. Mais j&#039;avais énormément de temps. Énormément de temps. Et je n&#039;ai rien fait. Je n&#039;ai pas bougé. Loque en stock, bibi dans son gourbi. Aucune rencontre, sinon celle des dramaturges, des philosophes, des romanciers, des poètes, des cinéastes, des musiciens, des peintres... au travers de leurs œuvres. <br /><br />Aujourd&#039;hui, ma vie est remplie de rencontres. Peut-être même trop. La quantité, mais pas la qualité. Tant de rencontres, et pourtant... Je n&#039;ai pas rencontré l&#039;amour. Oui, l&#039;amour. Je n&#039;ai rien à envier à qui que ce soit, sinon l&#039;amour.<br />Personne ne m&#039;aime. Oui, c&#039;est ce que je crois. Mais cette croyance est plus forte que la réalité, elle est ma vérité. Et peut-être que j&#039;ai tort, et peut-être que j&#039;ai raison. En tout cas, l&#039;amour fusionnel qui anime deux personnes, celui qui virevolte entre deux âmes sœurs mutuellement élues par le biais de je-ne-sais-quelle mystique, oui, cet amour mystique et mythique qui distingue une vie malheureuse d&#039;une vie heureuse, celui-là, bordel, reste pour moi un grand mystère.<br />Je ne le connais pas. Je ne la connais pas. C&#039;est un fait. Un terrible fait qui me hante, nuit et jour.<br /><br />Je me vois marcher sur les trottoirs humides. Je me vois, là, avancer d&#039;un pas pathétique. Comme dans les séries B peu inventives, une voiture manque de m&#039;éclabousser. Sauf que là, c&#039;est la réalité. <br />Je suis seul à faire mon linge, seul à cuisiner, seul à écouter de la musique, seul à dessiner, seul à faire du sport. Seul à dormir, seul à manger, seul à boire, seul à vivre, bordel. En cette soirée difficile, je suis seul, là, à écrire ce texte pitoyable. Et la pluie raisonne sous les toits tandis que les araignées tissent leur toile bruyamment. <br /><br />Et pourtant, il y a tant de personnes autour de moi. Des personnes? Oui. Une copine? Non. Le soir, plus personne. Les week-ends, plus personne. Et alors? Pourquoi me plaindre? Avant, j&#039;étais seul tous les jours de la semaine, toutes les semaines du mois, tous les mois de l&#039;année.<br />Eh oui! Je n&#039;ai jamais été moins seul et pourtant je ne me suis jamais senti aussi seul. L&#039;ironie de ma vie. <br /><br />Je me sens terriblement, atrocement mal aimé. J&#039;aimerais &#039;partager&#039;. Partager, les choses les plus simples. Ne serait-ce qu&#039;entendre la respiration de l&#039;élue lorsque je me lève. Lui témoigner ma présence d&#039;une simple et tendre caresse, aussi douce que la brise d&#039;un vent d&#039;automne. Rien que cette mélodie humaine qu&#039;est le souffle de l&#039;être aimé, rien qu&#039;elle m&#039;apporterait le plus grand bien.<br /><br />Le dimanche, je me lève... Comme tout le monde. Non, pas comme tout le monde. Je me lève seul. Jamais, ô grand jamais je me suis levé avec quelqu&#039;un à mes côtés. Ah! Avant je fantasmais, m&#039;imaginant baiser une fée, et je me réveillais en sursaut comme un abruti, seul à forniquer mon lit. Maintenant, je fantasme d&#039;entendre la respiration d&#039;une fille à l&#039;aube, à mes côtés. Et ça ne m&#039;est jamais arrivé. J&#039;ai 22 ans. L&#039;ironie de ma vie. N&#039;est-elle finalement qu&#039;une vaste farce?<br /><br />Une fois, je me suis senti aimé. Elle était belle, trop belle. Un mannequin. Je n&#039;oserai la décrire tant j&#039;ai peur que mon écriture maladroite la salisse. Et puis... il y avait ce sentiment mythique de mystique. Quand son regard croisait le bien, je savais, elle savait. Nous étions &quot;sur la même longueur d&#039;onde&quot;, comme ils disent.<br />Mais ça n&#039;a jamais été qu&#039;une amourette. Je n&#039;ai fait que frôler ce qui aurait pu être un grand amour. Puis elle m&#039;a laissé, et je l&#039;ai laissée. Nous nous sommes séparés. Ou plutôt la vie nous a séparés. Ou plutôt les circonstances de la vie nous ont séparés. Pourtant, j&#039;aurais pu influencer ces circonstances. J&#039;aurais pu, même si cela relevait du fantasme plutôt que de la réalité. J&#039;aurais pu, et même si j&#039;avais tout perdu, elle serait peut-être encore à mes côtés. Qui sait? <br /><br />Mais je n&#039;ai rien fait. Lâche que j&#039;étais. Et depuis, plus rien. <br />Plus rien. J&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir gâché ma vie, car depuis ce jour, plus une once d&#039;amour ne s&#039;est éprise de moi. Oui, j&#039;ai fait mon deuil. Mais rien n&#039;y fait. Plus le temps passe, plus je sais que je vais mourir seul. Seul, parmi la jungle urbaine, la jungle sociale. Avec une seringue dans le fion, probablement. D&#039;une overdose, assurément.<br /><br />Toutes ces personnes qui me tournent autour mais qui ne sont pas l&#039;élue, et pour lesquelles je ne suis pas l&#039;élu.<br />De leur cœur. De mon cœur. Banalité des mots, et pourtant morne réalité. <br /><br />Solitude, seule, tu es mienne à jamais.<br />A vous,<br />A toi,]]></description>
<slash:comments>4</slash:comments><pubDate>Tue, 04 Dec 2018 20:15:04 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Méthode personnelle pour atténuer une descente de crack / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Methode-personnelle-pour-attenuer-une-descente-de-crack_4202_1.html</link>
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<description><![CDATA[<strong>ATTENTION, LES POSSIBLES INTERACTIONS ENTRE LES PRODUITS POURRAIENT ENTRAINER DE PLUS GROS PROBLÈME QU&#039;UNE DESCENTE. JE NE RECOMMANDE PAS CE &quot;MÉLANGE&quot; C&#039;EST UNIQUEMENT MON EXPÉRIENCE</strong>.<br /><br /><br />J&#039;écris à chaud. Deuxième essai de la méthode.<br /><br />Cette méthode fonctionne bien sur moi, là je suis en descente de crack et je me sens plutôt bien, même sacrément bien bordel!<br /><br /><strong>Méthode :</strong> -premier stade: Avant de baser, je prends 3 mg de bromazepam que je broie dans ma bouche et que j&#039;avale avec de l&#039;eau. <br />-second stade : vers la fin de mes cailloux, je prends a nouveau 3mg de bromazepam et une grosse cuillère à soupe de kratom Red Thai (celui-ci est hyper fort par rapport aux autres variétés testées (10) je trouve).<br /><br />* J&#039;ai expérimenté cette méthode deux fois dans la semaine (mes deux extras les derniers avant l&#039;an prochain, ou plus longtemps si possible)<br /><br />*Je précise être PEU voire PAS tolérant à ces trois produits (cc, bromazépam, kratom) en raison d&#039;une longue absence de consommation.<br /><br /><strong>Effets concrets</strong> <br /><br /><u>I. Les problèmes PENDANT la session ne sont pas annulés</u><br /><br />Le sentiment de &quot;j&#039;en veux plus&quot; après une latte n&#039;est pas du tout supprimé. Seules les premières lattes ont un rush intense. Après quelques lattes, je sens que j&#039;ai une grosse montée, mais j&#039;ai pas encore la montée maximale que j&#039;ai connue (euphorie, tremblements, coupure du monde, orgasme de plusieurs secondes).<br /> Donc j&#039;en reprends. Mais c&#039;est perpétuel, toujours ce sentiment de déception de &quot;j&#039;en veux plus&quot;. Plus les tafs passent, plus les cailloux diminuent, plus la frustration est grande. Quelques angoisses sur mon corps aussi qui ne disparaissent pas. Les effets physiques négatifs ne sont pas du tout annulés non plus. (soif, tremblements, suées)<br /><u><br />I. Les problèmes APRES la session sont en partie annulés</u><br /><br />Après le dernier caillou, l&#039;énorme frustration de ne plus en avoir est là. L&#039;envie d&#039;appeler pour en avoir d&#039;autres est là&nbsp; Alors j&#039;essaie de récupérer ce que je peux (alu, par terre, sur la cuillère etc), mais ça ne sert à rien. Passez ce stade, je balance tout à la poubelle, je nettoie et je me pose.<br /> Je me sens au bout de 10 minutes beaucoup moins stressé et je commence à retrouver mes esprits. Cela dit le stress est encore présent, mais en moindre mesure. Je finis pas être très somnolent et détendu&nbsp; au bout de 30 minutes, puis la soirée se termine bien (musique, film, dodo, habituel quoi)<br /><br />Je précise mes expériences :<br />1ere fois: 1g de cc basée moi même (bonne qualité) et consommée en 3h. Descente atténuée au bout de trente minutes. Endormi 2 heures plus tard.<br />2eme fois : 500mg de cc basée moi même (moins bonne qualité) consommée en 1H10. Descente toute aussi atténuée. Somnolent et détendu. Esprit moins embrouillé. Vagues de stress (faible angoisse) quand même.]]></description>
<slash:comments>7</slash:comments><pubDate>Thu, 15 Nov 2018 18:44:34 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Codéine - Trip report d'un ex-habitué déshabitué / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Codeine-Trip-report-d-un-ex-habitue-deshabitue_4157_1.html</link>
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<description><![CDATA[J&#039;ai été&nbsp; accro à la codéine pendant plus de deux bonnes années. Pourtant, le rapport que j&#039;entretiens avec les opiacés date de cinq ans et demi. Pendant toutes ces années, pas mal de choses se sont passées. J&#039;ai effectué de longues pauses, de petites pauses J&#039;ai découvert pas mal d&#039;opiacés. J&#039;ai fait de gros excès, de petits excès. J&#039;ai découvert pas mal de souffrances. Je me suis plongé brièvement dans les psychédéliques. Je me suis surtout aventuré du côté des benzodiazépines et des stimulants en tout genre. <br />Aujourd&#039;hui, tout cela est en partie derrière moi. Je suis à fond dans le sport et dans mon travail. Je suis vierge de tout opiacé depuis presque un an, vierge de toute autre substance depuis deux mois. Mais il est temps, en ces temps particulièrement froids et inopinés, de se réchauffer un peu – et je n&#039;ai plus d&#039;électricité, donc plus de boissons chaudes, voici un bon prétexte pour se réchauffer autrement... Environ cinq ans après ma toute première fois avec la codéine, je décide donc de retenter l&#039;expérience, en espérant retrouver l&#039;effet des premières prises.<br /><br />Hey! Je vous vois venir. Vous êtes sûrement en train de vous dire que je suis sur le point de commettre une grossière erreur, et vous avez peut-être raison. A titre personnel, je considère cette prise comme un « extra ». Et puis si cela me détend de consommer, si cela&nbsp; m&#039;apporte un bien être psychique que je ne trouve pas ailleurs, pourquoi m&#039;obligerai-je à arrêter  définitivement ? J&#039;espère juste&nbsp; que mon manque de mesure en matière de... « tout ce qui est bon » ne me fera pas replonger dans la codéine aussi bêtement. <em>A ce stade</em> – je dis bien<em> à ce stade</em> –, tout est une histoire de maîtrise de soi.<br /><br /><strong>Mardi 30 Octobre 2018</strong>. Pour des raisons quelconques, depuis une semaine je&nbsp; suis au beau milieu des montagnes, à plus de mille mètres d&#039;altitude, dans le Cantal. Il n&#039;y a rien, si ce n&#039;est trois ou quatre maisons dont les propriétaires sont manifestement&nbsp; absents, des forêts rendues magnifiques par l&#039;automne, des tapis de feuilles oranges, quelques insectes, de la boue, des pierres... Hier, ils annonçaient de la neige à la télé, la région était placée sous vigilance orange. Bien vu ! Aujourd&#039;hui nous nous retrouvons sous un bon mètre de neige, ce qui a eut pour conséquence de couper l&#039;électricité, entre autres.<br /><br />Je me fais terriblement chier. Le brusque changement de temps et la coupure d&#039;électricité me démotivent totalement.&nbsp; Impossible de regarder la télé, pas d&#039;internet, rien à cuisiner, trop de courbatures pour faire du sport... En plus, j&#039;ai pas mal lu et mon cerveau commence a surchauffer ; il est temps de changer d&#039;occupation. Tiens, si mes souvenirs sont exacts il reste quelques boites de C***lipranes que j&#039;avais planquées quelque part dans cette baraque il y a quelques mois. Quelques placards plus tard, je débusque les fameux médocs. Hmm, cette sensation d&#039;être en possession d&#039;une boite de C***lipranes... Cela me rappelle de sacrés souvenirs : toutes ces&nbsp; heures passées dans les transports en commun et dans les rues pour faire le tour des pharmacies...<br /><br /><strong>TRIP REPORT</strong></p><p style="text-align: center"></p><p> <br /><br /><strong>13h :</strong> Pas de temps à perdre : je vais chercher deux verres dont un rempli d&#039;eau, un bol à tamis, un filtre à café. Je broie la moitié des cachets de la boite (environ 160mg de codéine phosphate), je mélange ça au verre d&#039;eau et je verse toute le bordel dans un filtre au-dessus du second verre puis j&#039;attends patiemment que l&#039;extraction se fasse. Pour ceux qui se demandent pourquoi je fais ça, c&#039;est pour isoler la codéine hydrosoluble et éviter d&#039;avaler une trop grosse dose de paracétamol, se dernier étant supposé être piégé dans le filtre. Je m&#039;enfile 0,5 mg d&#039;alprazolam, une cuillère à café de poivre et de curcuma à défaut d&#039;avoir du jus pamplemousse blanc, puis je reprends mon bouquin. <br /><br /><strong>14H :</strong>Une heure plus tard, je pose mon roman, je vais voir là où ça en est : la décoction semble pas mal, l&#039;eau est presque limpide.<br /><br /><u>Set and setting :</u> Parfaitement seul. Peu mangé. Bien hydraté. Assez reposé. Un peu déprimé mais pas trop. Bien disposé à me défoncer. Une chambre en bordel mais pourtant très accueillante, deux bonnes couvertures de laine, quelques coussins bien mous, un matelas tout aussi tendre, un chien du village qui passe par la fenêtre, des enceintes chargées et un walkman chargé. Belle vue sur l&#039;extérieur : le paysage est totalement blanc, on voit juste dépasser quelques branches de sapin dénudées et des rebords bruns de maison. Je n&#039;ai pas grand-chose à écouter ici, par chance je retrouve un CD de Bonobo. Je n&#039;en ai pas écouté depuis plusieurs mois, on va voir ce que ça donne. <br />Pour le TR, je vais essayer de porter un regard presque neuf et naïf sur le produit tout en décrivant mes impressions sur papier, en direct, que je vais retranscrire ici quand l&#039;électricité sera revenue<br /><br /><strong>14h10 :</strong> J&#039;avale cul-sec la solution. C&#039;est tellement amer que j&#039;en viendrais presque à gerber. Ajoutons à ça un goût boisé assez atypique et dégueulasse, qui provient très certainement du filtre à café brun dont je me suis servi pour l&#039;extraction. <br /><br />Je me pose sur le lit puis je m&#039;allonge en étoile de mer tout en redécouvrant le formidable album <em>Migration</em> de Bonobo. Les sons sont géniaux, très prenants. L&#039;ambiance restituée est immergente, énorme, fantastique. Je ferme les yeux. Je crois que je suis parti pour un voyage intérieur d&#039;ordre musical. Paradoxalement, certains morceaux me rappellent les mauvaises passes d&#039;une époque de forte déprime... Moment mitigé, donc. Pas d&#039;effet opiacé en vue, encore.<br /><br /><strong>14H50 </strong>: Quarante minutes plus tard, je commence à perdre espoir. En dehors des sentiments que m&#039;inspire la musique, je ne ressens rien. Aucun effet opiacé. Aucun ! Jamais la codéine n&#039;a mis si longtemps à monter dans mon cas, exceptions faites des rares prises réalisées tout juste après avoir terminé un gros repas. Mais en l&#039;occurrence, je n&#039;ai presque rien mangé, donc cela ne peut pas provenir de là ! L&#039;extraction ? Je maîtrise ! Enfin, je crois. Je me résigne donc à ne pas avoir d&#039;effet. Je décide d&#039;aller me balader dehors pour profiter des quelques rayons de soleil naissants.<br /><br /><strong>15H05</strong> : J&#039;ai parlé trop vite ! Ca y est, je plane ! Après avoir attaché les lacets de mes chaussures de marche, en relevant le dos puis la tête, je ressens une douce chaleur qui commence par envahir mes articulations et le bout des membres, puis mon corps tout entier, et ma tête se fait lourde tout d&#039;un coup ! Il est temps d&#039;aller marcher un peu. <br /><br />A peine sorti de la maison que je suis déjà ébloui par le soleil et par ses reflets sur la neige ! <br />*Au niveau physique, je ressens une légère exacerbation des sens : tous mes sens sont accrus. Je sens la brise froide se frotter à mes joues, ce qui est très agréable. Je porte une attention particulière&nbsp; aux couleurs des sapinettes ainsi qu&#039;aux bruits du vent et des oiseaux qui semblent beaucoup plus distincts que d&#039;habitude – les sens ne sont pas aussi exacerbés&nbsp; qu&#039;avec la MDMA par exemple, mais bien plus qu&#039;après une séance de méditation.&nbsp; En plus, je ressens une formidable chaleur corporelle – là aussi, pas aussi forte qu&#039;avec la MDMA, mais bien plus agréable, bien moins hostile, d&#039;autant plus que j&#039;y porte bien plus d&#039;attention, alors que sous MDMA le côté extériorisant, social et empathogène prend rapidement le pas sur le reste. Les oreilles et la bouche sont emmitouflées dans un coton imaginaire, tout comme les jambes qui semblent lourdes : elles avancent toutes seules, et le craquellement de la neige compacte sous les pieds a presque quelque chose de jouissif.<br />*Au niveau psychique, au niveau des pensées, cela n&#039;a pour moi plus rien à voir avec n&#039;importe quel autre produit (hors opiacés) : je suis juste en train de savourer mon état, je me contemple tout en contemplant la nature autour de moi. Mes pensées sont lointaines, c&#039;est comme si la petite voix qui raisonne dans la tête avait un débit bien plus faible qu&#039;à l&#039;ordinaire. J&#039;ai l&#039;impression de penser au ralenti, mais aussi de marcher, de vivre au ralenti.&nbsp; Toutes les pensées sont positives et détachées de toute réalité sociale, certains&nbsp; mots d&#039;ordre comme « important » n&#039;existent plus. Je suis redevenu naïf et bienheureux, comme un gosse. Dans cet état, rien ne pourrait me perturber. C&#039;est une sorte d&#039;anesthésie partielle de l&#039;esprit couplée à une forme de diététique  : je pense moins, mais mieux. <br /><br /><strong>16H</strong> : Me voici de retour au bercail. La différence de température entre l&#039;intérieur et l&#039;extérieur est brutale et accentue d&#039;autant plus l&#039;effet de chaleur corporel issu de la codéine. J&#039;ai brièvement la tête qui tourne, et j&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir le visage boursoufflé : ça gratte ! Mais ça reste supportable, j&#039;essaie de me gratter le moins possible en espérant que ça passe le plus rapidement possible, j&#039;ai connu bien pire de toute façon. <br />Je repars dans ma chambre, je rallume le walkman et je décide de changer d&#039;ambiance. Ce sera donc du Bob Marley. Totalement défoncé, je suis avachi sur mon lit, les yeux à demi-fermés. Mon corps est un lit humain qui repose lui-même sur un lit. Je suis totalement flasque et mou, parfaitement détendu. J&#039;essaie de réciter les paroles de la musique, ce qui me procure un certain plaisir. Ma voix est devenue lente et grave, pataude. Certains passages d&#039;instru me font entrer dans un état d&#039;euphorie qui reste éphémère : des frissons traversent mon corps en quelques secondes, et je me sens extrêmement bien pendant ce laps de temps.<br /><br /><strong>18H30</strong> : Les effets commencent à s&#039;estomper. Mon corps reste un peu chaud et mon esprit reste un peu embrouillé mais les effets euphoriques finissent par totalement disparaître. J&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir une tête dans le cul, mais une tête dans le cul agréable. La descente n&#039;est pas frustrante comme elle l&#039;est avec certains produits&nbsp; – la descente de CC est pour moi une sainte horreur, j&#039;en stresse rien qu&#039;à y repenser, m&#039;voyez. Au contraire, ici la descente se fait tout en douceur et n&#039;a rien de désagréable.&nbsp; Je passe la soirée à terminer un livre, pépouse. J&#039;ai la voix grave, un mal de crâne passager, des difficultés à finir mon assiette, mais pas de nausée. Je m&#039;endors&nbsp; vers 22h, pénard.<br /><br /><strong>Bilan</strong> : Super expérience, proche des premières prises en terme d&#039;intensité mais pas en terme de durée. Je ne sais pas pourquoi ça a mis si longtemps pour monter. Note personnelle : Loin de coller une claque comme certaines substances, ce produit est à la fois discret et puissant, de par l&#039;équilibre de bien-être parfait qu&#039;il génère. A prendre avec des pincettes, donc.<br /><br /><em><strong>NB</strong> </em>: la comparaison avec les stims est peut-être stupide d&#039;un point de vue objectif, mais il s&#039;agit là uniquement d&#039;une comparaison subjective basée sur mon ressenti, et qui de ce fait n&#039;engage que moi. Si je compare les deux produits, c&#039;est que je les affectionne tous deux, et que j&#039;hésite souvent entre « extra » de MD ou « extra » d&#039;opiacé.]]></description>
<slash:comments>2</slash:comments><pubDate>Wed, 31 Oct 2018 09:17:12 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Pourquoi j'ai consommé ? Bilan provisoire / Le blog de Ygrek]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Pourquoi-j-ai-consomme-Bilan-provisoire_3046_1.html</link>
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<description><![CDATA[Pourquoi j&#039;ai consommé? Question difficile s&#039;il en est, mais question que chaque UD devrait se poser. En y réfléchissant bien, cela permet d&#039;en apprendre un peu plus sur soi. Je me suis retrouvé dans pas mal de vos histoires et j&#039;ai beaucoup aimé lire le topic qui traite de la question. J&#039;ai vu que certains ont à juste titre déballé leur sac, alors je me permets de faire de même, en espérant rester le plus clair et circonscrit possible. <br /><br />Depuis gamin je suis attiré par les modifications de la perception et les phénomènes hallucinatoires. Les pokémons psys et leurs capacités de télékinésie m&#039;ont très tôt fasciné. J&#039;ai toujours été un grand fan des histoires farfelues qui traitent de l&#039;absurde et de l&#039;onirisme. Encore aujourd&#039;hui j&#039;éprouve de la nostalgie lorsque je repense à ces moments naïfs de mon enfance où je passais des journées devant la télé à regarder Alice aux pays des merveilles, les aventures de Gulliver, le voyage de Chihiro, Kirikou et j&#039;en passe. Pas besoin de produit pour proder, pas besoin de voyage pour voyager. Ah, la bonne époque !<br /><br />Une fugue puis deux, et j&#039;ai vite appris à contenir mes besoins d&#039;évasion dans l&#039;audiovisuel. Ma première &quot;addiction&quot; fut celle des jeux video. D&#039;abord avec la GameCube, où je m&#039;amusais à partager les aventures de Mario, qu&#039;il s&#039;agisse des mondes de papier ou des îles de soleils. De même pour les Zelda ; je rêvais d&#039;être ce Link qui parcourt les mers ou celui qui s&#039;enfonce dans les bois perdus en quête de quelque princesse. Plus tard, à l&#039;adolescence, j&#039;ai pris la décision d&#039;envoyer valdinguer mes  consoles Nintendo afin de me convertir à la foi ultime : celle du  Dieu-ordinateur, notamment à travers une pratique pour le moins assidue à des MMO en tout genre. C&#039;est ainsi que WoW &amp; LoL furent mes meilleurs amis, au collège puis au lycée.<br /><br />En parallèle j&#039;ai développé une puissante envie de m&#039;ouvrir aux autres, ce qui peut sembler paradoxal. En dépit de mes problèmes psychologiques , j&#039;ai tenté de nouer des liens avec les gens, de sortir la tête des livres et des écrans. Mais je n&#039;y arrivais pas. Trop timide, trop peu assuré de qui j&#039;étais. J&#039;en souffrais terriblement. La solution?  L&#039; alcool, évidemment. Profiter des moments festifs du lycée pour se murger la gueule, et utiliser  cet effet illusoire pour se désinhiber afin de faire rire la galerie. Ça n&#039;a pas manqué, si bien que je me suis payé une réputation de pochtron-avant-l&#039;heure jusqu&#039;à la fin du secondaire.<br /><br />Suite à cela j&#039;étais encore moins fier de qui j&#039;étais, et je me suis mis à haïr davantage les autres et la société. Je me suis encore plus enfoncé dans l&#039;alcool, les jeux vidéo et les livres. J&#039;ai aussi commencé la bédave grâce aux quelques teufeurs que j&#039;avais rencontrés en soirée et qui m&#039;avait initié à ce rituel de la jeunesse. À cette époque, je n&#039;hésitais pas a me coller une mine seul devant mon ordinateur pendant un raid de Wotlk ou à fumer des spliffs en lisant les paradis artificiels de Baudelaire. <br /><br />Arrivèrent les études et avec elles l&#039;impossibilité de glandouiller. Pourtant, à mes heures perdues il m&#039;arrivait de faire des recherches sur les délirogenes. Un soir d&#039;automne j&#039;ai même tenté la fameuse amanite. Mais ce ne fut pas un franc succès : après m&#039;être endormi comme une merde, je me réveillai seul, pommé dans la forêt, au  beau milieu de plusieurs flaques de vomis. <br />Du reste, quelques joints les soirs d&#039;hiver, à potasser des bouquins de méthode qui ne m&#039;ont finalement jamais bien servi. Quelques verres de blancs au bord de la Seine, pour me donner cet air de lettreux que la campagne ne m&#039;avait jamais suggéré. Quelques clopes à la sortie des cours, histoire de passer le temps et de faire comme tout le monde.<br /><br />Mais toujours m&#039;habitaient cette phobie sociale, cette anxiété générale, cette incapacité a bien dormir, cette hypersensibilité. Si fortes d&#039;ailleurs qu&#039;il fallait agir au plus vite<br />. Moult psychologues et médecins inutiles, médicaments et antipsychotiques futiles : je devais trouver un autre moyen de lutte. Pas très loin de chez moi se trouvait une immense pharmacie. Un jour je me suis dit : &quot;tiens, pourquoi pas y faire un tour?&quot; Après m&#039;être fait allègrement envoyé chier, j&#039;ai compris que ce ne serait pas aussi simple. Mais une fois la technique maîtrisée, je me suis retrouvé avec un bon stock de codéine. <br /><br />S&#039;en est suivie une consommation plus ou moins raisonnable, avec la traditionnelle CWE puis différentes méthodes de potentialisation  : DXM, benzodiazépines, antihistaminiques ainsi que le tres célèbre jus de pamplemousse blanc qu&#039;on ne présente plus. Quelques excès par-ci par-là : héroïne de rue ou traitements opiacés obtenus par le biais de méthodes plus ou moins honnêtes. Le tout servant à masquer un mal-être constant. Mais tout fonctionnait relativement bien... Jusqu&#039;à l&#039;inévitable dérapage. Une consommation quotidienne, puis je suis devenu véritablement accro. Pire, j&#039;étais accro à un prod qui ne me faisait presque plus d&#039;effet, et ce même à des doses faramineuses - trois à quatre boîtes d&#039;un coup. J&#039;ai donc tenté pas mal de méthodes pour arrêter : cold turkey, DXM, méthode chinoise... Échecs sur échecs, situation psychologique de plus en plus instable. En plus, je perpétrais mes expériences divinatoires avec les graines de LSA et la kétamine, et ayant rencontré par chance un illustre cultivateur de weed et de cubensis, il m&#039;arrivait de faire quelques soirées dégustations d&#039;herbes. Du cannabis à la salvia en passant par l&#039;iboga et d&#039;autres joyeusetés exotiques, elles m&#039;ont toutes beaucoup appris.<br /><br />Puis vint 2017 et l&#039;envie de me reprendre en main. Une fois de plus, je tentai la méthode chinoise, mais cette fois-ci de manière très progressive. Un cachet de moins par jour, tout en mangeant sainement et en pratiquant des activités sportives. Arrêt total des autres produits - sauf le cannabis et les benzodiazépines. J&#039;ai ainsi repris près de 10kg en quelques mois et j&#039;ai réussi à arrêter totalement la codéine peu après l&#039;arrêté ministériel, qui ne m&#039;a donc pas trop affecté. La sécrétion d&#039;endomorphines m&#039;était plus profitable que les effets pitoyables de la codéine, ou les effets trop forts des autres opiacés que de toute façon je ne pouvais plus me procurer. Mais l&#039;anxiété et la peur des autres étaient encore là.<br /><br />Premier craving. J&#039;ai pris la décision d&#039;acheter un ticket de train. Puis un second. Je me suis éloigné de toute tentation. J&#039;ai beaucoup voyagé. Ce fut d&#039;ailleurs l&#039;ultime remède. J&#039;ai repris foi en l&#039;humanité en rencontrant des gens fabuleux dont la pauvreté n&#039;avait d&#039;égale que la générosité. J&#039;ai repris confiance en moi en m&#039;apercevant que j&#039;étais capable de sociabilité. Admirer notre monde tel qu&#039;il est vraiment et non pas tel qu&#039;il devrait être selon mon idéal illusoire m&#039;a remis les pieds sur terre. Constater la précarité physique et psychique dans laquelle certains individus se trouvent m&#039;a permis de relativiser et de comprendre que ma situation n&#039;avait rien d&#039;insurmontable.<br /><br />J&#039;ai donc pu démarer cette nouvelle année scolaire avec confiance, assurance et sérénité. J&#039;étais plein de bonne volonté pour l&#039;avenir, mais je fus bien vite rattrapé par la réalité. La sphère étudiante m&#039;est apparue tout aussi nauséabonde qu&#039;auparavant. Heureusement, j&#039;ai rapidement trouvé des gens qui partageaient ma vision des choses. Mais ça n&#039;a pas été facile tous les jours. Et ça ne l&#039;est toujours pas.<br /><br />Dans les quelques aventures que j&#039;ai pu vivre, j&#039;ai découvert la cocaïne, qui m&#039;a apporté un soutien formidable dans l&#039;affrontement des devoirs du quotidien : les soirées débiles, entre autres. Puis un jour j&#039;ai eu la bonne idée de baser la poudre, ce qui ne m&#039;a pas aidé, sans surprise. S&#039;en suivirent plusieurs nuits blanches consacrées à rechercher l&#039;effet de la première pipe, puis une anxiété générale, des crises d&#039;angoisse et une énorme fatigue. Sans compter les multiples dommages physiques : sensations de poumons brûlés, douleurs abdominales, paranoïa vis-à-vis de mon corps etc. Étant donné que j&#039;avais conservé une pratique sportive régulière, je ne pouvais pas me permettre d&#039;infliger ça a mon corps et à mon esprit. J&#039;ai donc décidé de tout arrêter avant qu&#039;il ne soit trop tard. J&#039;ai fait un bilan auprès de mon généraliste, à mon grand étonnement tout allait pour le mieux.<br /><br />Aujourd&#039;hui, je suis déprimé. La seule et unique fille qui avait voulu de moi m&#039;a finalement largué. En ces temps de fêtes, je culpabilise beaucoup de mes consos, cachées de tout mon entourage... Je creuse les derniers minerais de mon gisement d&#039;étizolam pour masquer les angoisses passagères et éviter de trop lourdes insomnies.<br /><br />Cela fait plus d&#039;un an que je n&#039;ai pas touché à l&#039;alcool, sept mois que j&#039;ai délaissé la codéine, deux mois que je n&#039;ai plus fumé de beuh, un mois que je n&#039;ai pas pris de cocaine... Les autres remontent à plus loin. Seuls restent les benzodiazépines. Je n&#039;en suis pas dépendant, mais il faut dire que ce sont de bons jokers. Pour l&#039;instant, je n&#039;ai pas envie de m&#039;en débarrasser. Je redoute simplement l&#039;usage compulsif que je pourrais en faire, comme c&#039;était le cas avant, avec tout le reste. <br /><br />Je ne vous cache pas que le  craving me prend parfois les tripes. Et dans ces moments-là, ce n&#039;est pas sans peine que je lutte contre l&#039;envie de consommer, surtout la cocaïne qui ne sort pas de ma tête. Je ne rêve que d&#039;une seule chose, partir loin. Très loin. Mais ce n&#039;est pas aussi simple, malheureusement.<br />En tout cas, merci à ceux qui auront pris le temps de me lire. J&#039;espère que de votre côté, tout va pour le mieux.<br /><br />Y.]]></description>
<slash:comments>16</slash:comments><pubDate>Sat, 06 Jan 2018 11:34:32 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Une soirée / Le blog de Ygrek]]></title>
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<description><![CDATA[Renversé. Je ne voyais plus rien. Plus rien, si ce n&#039;est cette large ceinture marron qui semblait écraser le monde. Formée à partir d&#039;un tissu qui jusqu&#039;alors m&#039;était inconnu, elle fulminait de rage et dansait telle une diablesse. Ses carreaux filés à l&#039;allure peu commune nageaient avec son bassin, et au rythme du mouvement de ses hanches, ses extrémités virevoltaient dans les airs salés et venaient fouetter impunément l&#039;espace dans lequel nous nous trouvions.<br /><br />— Contrôle ta force! On tourne. Plus vite!<br /><br />Roses et angéliques, ses traits fugaces formaient un tout très harmonieux, au demeurant bien différent du visage âcre et sombre propre au maître azur. Ces êtres qui semblaient si éloignés l&#039;un de l&#039;autre étaient pourtant capables d&#039;allier leurs pouvoirs afin de dégager une seule et même énergie, une force transcendante qui donnait envie de frapper toujours plus vite, toujours plus loin et toujours plus fort.<br /><br />— Tu fais quoi, là?<br />— Je t&#039;écoute!<br />— Non, tu t&#039;écoutes!<br /><br />Ils étaient d&#039;une profondeur déconcertante. Les ors bleus ne cessaient de me fixer. Je savais qu&#039;il ne fallait pas trop y prêter attention. Pourtant je préférais me laisser aller à ce petit jeu de l&#039;interdit. En réalité, je pensais être plus malin que les baïnes de cet océan. Quelle erreur! C&#039;était bien me méprendre sur le potentiel de Charybde et Scylla. <br /><br />— Tiens, mais qu&#039;est-ce que tu fais là?<br />— Eh bien figure-toi que j&#039;habite ici.<br />— Ah oui, effectivement, je me souviens maintenant. C&#039;est toi que j&#039;ai vu dans le reflet de mon miroir...<br /><br />Nous étions fin prêts pour la traversée. La légendaire chenille d&#039;acier démarrait avec légèreté. Elle laissait derrière elle une formidable traînée de couleurs qu&#039;on ne reverrait probablement pas avant la prochaine soirée. Aveuglé par tant de lumières, je la perdis des yeux pendant quelques instants, et elle en profita pour s&#039;enfoncer davantage dans la jungle urbaine. <br /><br />— Tu es où?<br />— Là-haut, chez les Dieux!<br /><br />Une boule de chair sortit de la cabine. On en discernait à peine les contours tant la nuit était noire. L&#039;ogre&nbsp; lança hasardeusement les clés par-dessus bord. Il grommela et prononça quelques paroles mystiques avant de rentrer dans sa vaste caverne. Une étrange odeur se dégageait du taudis, et nous comprîmes rapidement à qui nous avions à faire.<br /><br />— Combien?<br />— Cinqu...<br />— Ce qu&#039;il te reste.<br /><br />Élans blancs dans une forêt de sang. Les laquais de Cerbère broutaient l&#039;herbe ardente qui fumait sous leurs pieds. Ils attendaient le passeur, là, au bord du Styx. Tel fut le tableau qui choqua les trois Muses lorsqu&#039;elles aperçurent ce simple cardigan d&#039;hiver. Condamnés par notre propre négligence, nous n&#039;avions d&#039;autre choix que d&#039;aller quémander ces quelques outils que nous n&#039;avions plus. D&#039;une hospitalité et d&#039;une générosité sans pareilles, elles nous invitèrent à siéger avec elles autour de la flamme de Prométhée. Elles brisèrent la narcissique loi du silence, et nous firent découvrir d&#039;incroyables sensations auxquels nous n&#039;étions, pour tout vous dire, pas très familiers.<br /><br />— Bon, on fait quoi maintenant?<br />— On va sur le champs de Mars, on consomme, on déplace nos corps et on sacrifie notre esprit!]]></description>
<slash:comments>3</slash:comments><pubDate>Mon, 25 Sep 2017 23:53:30 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Ygrek ]]></dc:creator></item>
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