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<title>Le blog de IsadoraD / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[Sub - stan - ce - La triche avec le temps / Le blog de IsadoraD]]></title>
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<description><![CDATA[On prend, on triche avec le temps. <br />On joue. <br />On arrête le temps. <br />On accélère. <br />On court. <br />On triche avec le temps. <br /><br /><br />Et toi, après quoi tu cours ? <br />C&#039;est quoi, le temps que ça te permet d&#039;avoir en plus ? <br />D&#039;avoir le temps de faire de plus ? <br />De mieux ? <br /><br />Et toi, c&#039;est quoi que tu veux arrêter ? <br />Pourquoi tu veux tout mettre sur pause ? <br />Pourquoi là, maintenant ? <br />Pourquoi ça te fait du bien, ce moment d&#039;arrêt ? <br />Tu le sais, tu le sais, que le monde il continue, que la terre elle continue de tourner sans toi, même quand tu crois que tout s&#039;est arrêté ? <br />En fait, y a que toi qui est sur pause. <br /><br />Et quand tu cours, tu cours tout seul. <br />Quand je cours, je cours toute seule. <br /><br />Et je m&#039;essouffle trop tôt. <br />Et je m&#039;arrête. <br /><br />Et toi, après quoi tu cours ? <br />Après quoi tu te pauses ? <br />Pourquoi t&#039;aimes cette triche avec le temps ? <br /><br />Bien sur, que y a toutes les bonnes raisons du monde de vouloir tricher. <br />Et j&#039;ai jamais compris ceux qui respectent les règles. <br />Surtout quand c&#039;est pas juste. <br />Car le temps qui passe, c&#039;est pas juste. <br /><br />Alors ouais, c&#039;est pour ça aussi, toi, que tu lui cours après parfois, et que parfois aussi tu le mets sur pause, le temps, même si c&#039;est pour de faux, et que c&#039;est de la triche ? <br />J&#039;espère que je suis pas toute seule.]]></description>
<slash:comments>3</slash:comments><pubDate>Wed, 22 Sep 2021 04:09:27 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Le droit à la dignité - Dé-stigmatisation / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Le-droit-a-la-dignite-De-stigmatisation_6204_1.html</link>
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<description><![CDATA[Après une hospitalisation en décembre, j&#039;ai de nouveau entendu le mot <br />&quot;borderline&quot; , <br />qui faisait écho à mon hospitalisation de 2017. <br />un mot finalement lancé un peu dans le vent, dont je n&#039;avais pas trop su quoi faire jusqu&#039;à présent. <br /><br />Un mot dit comme ça, <br />à la volée, <br />une ou deux fois, <br />mais pas vraiment assumé, <br />comme si c&#039;était un mot, <br />un diagnostique, <br />un trouble, <br />qu&#039;eux même, les psys, les médecins, <br />osaient à peine prononcer. <br />un mot dont il ne savait pas vraiment quoi faire, <br />au fond<br />un maux<br />qu&#039;ils savaient ne pas vraiment connaitre, finalement <br />Borderline <br />c&#039;est un trouble qui vient d&#039;autre part, <br />étudiés par les américains, les canadiens, <br />en France, c&#039;est juste un mot fourre-tout <br />qui ne veut finalement pas dire grand chose <br />ou peut être dire trop de chose <br />en tout cas, on ne sait pas trop quoi <br /><br />... <br /><br />finalement, je suis tombée sur ce site, <br />AAPEL, <br />et ca m&#039;a franchement changé la vie. <br />franchement. <br />j&#039;ai eu la sensation, pour la première fois de ma vie, que tout ce que je vivais, <br />toutes ces &quot;anormalités&quot;, ces souffrances et douleurs, ces comportements que je n&#039;arrivais pas à expliquer, ces émotions disproportionnées, <br /><br />tout à coup, <br /><br />tout cela, <br /><br />ça faisait partie de quelque chose d&#039;autre, <br /><br />quelque chose de plus grand. <br /><br />toutes ces pages, <br />tous ces textes, <br />ils m&#039;ont dit ce que j&#039;avais besoin<br />enfin, j&#039;ai lu <br /><br />que je n&#039;étais pas toute seule, <br />que toute cette souffrance avait un nom, <br />et que j&#039;avais le droit d&#039;en parler, <br />que tout cela ce n&#039;était pas que des faiblesses, <br />mais une vraie maladie, <br />que tout ce qui me faisait du mal depuis 15 ans, <br />c&#039;était possible de le dire, d&#039;en parler, et surtout, d&#039;y mettre un terme et soigner tous ces comportements, ces émotions, ces pensées, ces souffrances, ces solitudes bizzares <br /><br />... <br /><br />Pourtant je l&#039;avais déjà depuis 3 ans, ce mot là, <br />Borderline <br />mais je ne m&#039;étais jamais vraiment reconnue dans les descriptions <br /><br />enfin, pour la première fois, <br />ce site a exprimé tout ce que je ressens, <br />je me suis reconnue, <br />j&#039;ai trouvé une certaine légitimité <br /><br />... <br /><br />Mais je fais quoi, de tout cela ? <br /><br />Je ne suis pas dans le déni, et je me prends en charge, j&#039;essaie de prendre soin de moi, de bouger, de comprendre. <br />Parfois, je me dis que tout ce que j&#039;entame, tous ces suivis, ça me permet juste d&#039;avoir la conscience tranquille, de brandir aux yeux des autres le fait que &quot;je me soigne&quot;, et que donc &quot;laissez moi tranquille, le travail est en court&quot;. <br /><br />Mais ces derniers temps, je me rends compte que non, <br />ces suivis ne sont pas une banderole que je peux brandir, <br />pour rassurer mes proches. <br /><br />car finalement, <br />la plupart des gens ne veulent pas les lire, ces pancartes<br />ca les dérange <br /><br /><br />ca veut dire quoi , &quot;la plupart des gens&quot; ? <br />je ne sais pas <br />mes parents, mes amies les plus proches, <br />finissent par être habitués de mes troubles, mes sautes d&#039;humeurs, mes excès <br />j&#039;ai toujours été comme ça<br /><br />mais les gens en général <br />ça les dérange <br />ca dérange leur petit bureau intérieur <br />celui qu&#039;ils ont aménagé comme ils le veulent <br />en laissant visible ce qu&#039;ils veulent bien voir <br />et en cachant le reste au fond des tiroirs <br />ces vieux dossiers à peine feuilletés, <br />qu&#039;ils ne veulent pas lire, qui sont sans intérêt <br /><br /><br />...<br /><br />Aujourd&#039;hui, <br />et depuis plusieurs années, <br />j&#039;ai entamé plusieurs suivis <br />j&#039;essaie de prendre soin de moi, <br />au milieu des soirées alcoolisées, nuits blanches cocainés, <br /><br />J&#039;essaie de trouver des solutions. <br /><br />j&#039;ai une psychiatre depuis plusieurs années, <br />après&nbsp; plus d&#039;un an sans traitement, <br />j&#039;ai recommencé en juin à chercher, <br />ce qui allait me faire du bien. <br /><br />en 6 mois, on a cherché, taté, raté, <br />ca a pas marché <br />et finalement, depuis quelques semaines, je crois que jai enfin trouvé le bon traitement, <br />je me sens enfin mieux, <br />après plusieurs mois très sombres<br /><br />je suis suivie en CSAPA avec une psychologue depuis 2 ans <br /><br />et aujourd&#039;hui, j&#039;ai eu mon premier rendez vous avec une nouvelle psy, <br />que j&#039;ai contacté pour entamer une Thérapie Comportementale et Cognitive, <br />car c&#039;est ce qui semble conseiller pour les troubles borderline. <br /><br /><br />...<br /><br />Pourtant, hier, lors d&#039;une soirée avec les voisins, <br /><br />j&#039;entend mon mec faire ce genre de réflexion : <br /><br />&quot;les médicaments, ça sert à rien. moi quand je vais mal, j&#039;accepte d&#039;être triste et je préfère gérer la tristesse que prendre des antidépresseurs&quot; <br /><br />on entame un débat et il sort <br /><br />&quot;non mais quand j&#039;ai la gueule de bois parce que j&#039;ai trop bu, le lendemain je préfère assumer et je prends pas de doliprane, même si j&#039;ai mal à la tête&quot; <br /><br />et puis <br /><br />&quot;quand tu vas mieux comme en ce moment, je sais plus si je parle à la vraie toi ou aux médicaments&quot;<br /><br />et puis le voisin qui sort <br /><br />&quot;moi je suis mal souvent mais j&#039;arrive à me ressaisir et à trouver la force en moi, j&#039;aime pas parler donc je vois pas pourquoi j&#039;irai voir un psy, de toute façon en général c&#039;est des gens encore pires que les autres&quot;. <br /><br />... <br /><br />Pardon ? <br /><br />je cite pas toutes ces phrases pour entendre dire que mon mec ou le voisin sont des cons, <br /><br />je cite ces phrases car ce sont des réflexions qu&#039;on entend partout, tout le temps, <br />que la plupart des gens ont, <br />y compris quand ils vivent avec des personnes en souffrance comme moi !!<br /><br />...<br /><br />Alors, je suis en réelle interrogation. <br /><br />Est ce que je dois vivre mes soins toute seule ? <br />est ce que je dois garder tout cela pour moi ? <br />ne pas m&#039;épuiser à les faire entendre / à les justifier ? <br />est ce que je dois accepter le fait que tout ce cheminement / cette guérison n&#039;appartient qu&#039;à moi ? <br /><br />pardon mais ca me fait vraiment souffrir de ne pas me sentir légitime à me faire soigner <br />et je ne sais pas si cela à un réel sens, <br />si je dois prendre de l&#039;énergie à expliquer l&#039;intérêt / le sens pour moi d&#039;avoir recours à des soins / des thérapies / des médicaments, <br />pour apaiser mes souffrances intérieures, <br />comment expliquer le fait que tout cela, <br />ce n&#039;est pas une histoire de volonté, <br />que les souffrances mentales, <br />ce n&#039;est pas un truc qu&#039;on décide et qu&#039;on apaise en un claquement de doigt. <br /><br />...<br /><br />pour conclure, je partage le lien de ce site qui m&#039;a permit de me sentir moins seule <br />le droit à la dignité <br /><a href="https://aapel.org/bdp/BLdroitdignite.html" target="_blank">https://aapel.org/bdp/BLdroitdignite.html</a>]]></description>
<slash:comments>2</slash:comments><pubDate>Fri, 26 Feb 2021 04:58:04 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Le Covid, la Coke et moi / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Le-Covid-la-Coke-et-moi_6142_1.html</link>
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<description><![CDATA[Il y a un an, j’étais dans mon petit studio en centre ville, 30m2, colombages et joyeux bordel fleuri. <br />J’écoutais un vinyle de Petula Clark et je chantonnais avec elle quelques paroles<br /><em>L&#039;hiver, le vent, la pluie / Chantent leur mélodie / La brume ou le soleil /&nbsp; A mes yeux, c&#039;est pareil<br />Ne cherchez pas pourquoi / Tout est si beau pour moi / Pourquoi ce gris pays /&nbsp; Prend des airs d’Italie </em><br />J’étais amoureuse, mais je ne savais pas à quel point j’étais heureuse. <br /><br />Quand j’allume ma vieille radio en faisant à manger avant de sortir boire un verre au bistrot en bas de ma rue, j’entends parler depuis quelques jours d’un virus en Chine. <br />J’écoute d’une oreille. C’est loin, ça me semble être une actu qui ne me concerne pas. <br /><br />Je rejoins mes copines au bar. <br />C’est notre bistrot fétiche, un petit bar de quartier qui paye pas de mine. Mais on l’aime bien. <br />C’est petit, on se marche les uns sur les autres. Il est principalement fréquenté par des habitués, les jeunes filles se mélangent aux vieux cinquantenaires barbus, aux femmes à la peau rougie, aux intermittents qui improvisent souvent quelques notes de guitare au fond du bar. <br />On joue aux fléchettes, on s’entasse sur la terrasse en grelottant. <br />On se fait le débrief des derniers jours, le boulot, les séries qu’on a regardé, le livre qu’on a lu, on commente les dernières actus, on partage nos indignations sur les propos de tel ou tel politicien,&nbsp; nos réflexions et questionnements sur telle ou telle injustice sociale qu’on aimerait pouvoir changer, nos doutes existentiels, nos envies et projets pour les mois à venir. Les célibataires racontent leur derniers rendez vous tinder catastrophiques, les meufs en couples se plaignent de leur mec et de leurs broutilles du quotidien. <br />On rigole beaucoup, on pleure parfois, en tout cas on parle à cœur ouvert. <br />Enfin , presque, on ne dit jamais vraiment tout... <br /><br />Je bois une pinte et puis une fois qu&#039;elle est terminée, j’ai envie d&#039;en commander une deuxième. <br />On continue la soirée, même si c’est mercredi et qu’on travaille le lendemain. <br />Je me sens saoule, euphorique et envahie d’une savoureuse insouciance et désinvolture. <br />J’ai pas envie que ce sentiment se termine alors que je sens que cette soirée de milieu de semaine touche à sa fin, que bientôt il va falloir payer et partir. <br />J’envoie un message à mon dealer et en rentrant chez moi, on se retrouve, je lui prends un demi. <br />Je finis la soirée chez moi avec ma poudre blanche. J’écoute de la musique, j’écris. <br />Il est vite terminé. <br />Et avec lui commence le sentiment de culpabilité, de honte, d’angoisse.<br />Je me dis que je suis trop nulle, que la soirée avait été bonne et que je n’avais pas besoin de ça. <br />Je bade un peu en me disant que j’ai décidément pas réglé ce problème...<br />Mais j’essaye de laisser cette pensée de côté, car je sais que ce n’est pas le moment de cogiter là dessus. Que c&#039;est trop tard maintenant, que je dois juste attendre que cette angoisse parte, car elle finit toujours par partir. <br />Et que tomorrow is an other day, comme dit Scarlett dans Autant en emporte le vent. <br />Le sommeil emporte avec lui l&#039;amertume et les regrets qui accompagnent la fin de la poudre lunaire, je le sais et ça m’aide à me calmer. <br /><br />Je finis par m’endormir vers 4h du matin, et le réveil à 8h est difficile. <br />Mais je me lève quand même, parce que j’ai envie d’aller au boulot, et qu’il y a une soirée ce soir, un événement avec du public. Je sais que ça va être bien, que ça va être un joyeux moment. <br /><br />La journée est un peu difficile mais elle se passe quand même. <br />On prépare l’événement du soir, et la fatigue s’estompe progressivement dans l&#039;après-midi. <br />Le soir, les spectateurs arrivent, on s’entasse dans les petites salles de spectacles du lieu, et puis quand c’est fini tout le monde boit des coups. On félicite un tel ou un tel, on commente la soirée, ce que ça nous a évoqué, provoqué. On parle de nos émotions , de créations, on se raconte sans jamais trop en dire, on est transparent tout en restant pudiques. <br /><br />Comme d’habitude, je bois des verres de rouge tout le long de la soirée, même si je suis au boulot. <br />Mais je fais mon taff et mon ivresse ne me porte pas préjudice. Je sais que je suis un peu trop dans l’excès, mais je suis comme ça, et on m’aime comme ça. <br />D&#039;ailleurs, sur les murs du lieu, on peut lire &quot;Enivrez vous, enivrez vous sans cesse, de vin, de poésie ou de vertu&quot;. <br />Alors, tout le monde s&#039;enivre, et tout le monde est un peu dans le même&nbsp; état que moi, finalement. Même si eux, ils contrôlent, contrairement à moi, et que pour eux, ces ivresses festives n&#039;ont jamais posé problème, contrairement à moi.&nbsp; &nbsp;<br /><br />Car oui, même quand je profite et que je suis heureuse, il y a cette petite voix qui me dit que tout cela , ce n&#039;est pas bon pour moi, que je ne devrai pas faire ça. <br />Que je me voile la face à travers tout cela. <br /><br />Mais pourtant, il me semble à ce moment là que la réalité, elle est là sous mes yeux,&nbsp; je la perçois à travers les sourires et les regards des gens. <br /> On rigole, on se touche, on postillone, on se prend dans les bras et on s’embrasse. On est ensemble et on est vivant, avec nos forces, nos douleurs, nos névroses oui mais surtout notre désir et notre curiosité de l’Autre, de vivre des moments de plaisirs, notre envie d’écouter, de parler, de toucher, de sentir les présences et les chaleurs humaines. <br />Car elles nous font du bien toutes ces petites choses là. <br />Elles nous tiennent chaud, elles nous font grandir. <br />Nous nous guérissent de nos petits maux, elles adoucissent toutes ces petites solitudes invisibles qui picotent à l&#039;intérieur de chacun de nous. <br /><br />A l’époque, on n’imagine pas un instant que l’autre puisse être un danger, qu’on puisse être un danger pour l’autre. <br />Que s’embrasser et s’enlacer, c’est mal. <br />Et que pour aider et faire les choses bien, il faut se tenir à distance, ne plus toucher , ne plus goûter, ne pas rire trop fort. <br />On se contente de mettre un préservatif quand on a un rapport sexuel. On n&#039;imagine pas un seul instant que dans quelques mois, on devra se protéger lors de toutes nos moindre petites interactions sociales. <br /><br /><br />C’était il y a un an … <br />J’avais conscience de n&#039;avoir pas réglé mes problèmes d’addiction. <br />Mais je vivais avec comme je le pouvais. <br />Oui, je buvais trop, je fumais trop, j’allais trop souvent dans les bars, et je continuais parfois, à prendre de la coke toute seule chez moi, en secret, sans en parler à mes proches.&nbsp; Il me semblait que les cravings étaient ingérables, et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je continuais de consommer, pourquoi je n&#039;arrivais toujours pas à me maîtriser et à me dire &quot;non&quot;. <br />Je ne le vivais pas bien, c&#039;est indéniable. <br />Mais j&#039;arrivais à vivre quand même. <br />A avoir envie de vivre, surtout. <br /><br />Et à continuer de caresser l&#039;espoir qu&#039;un jour, je finirai par y arriver. <br />Quand j&#039;essayais de prendre de la distance et de faire le bilan, je me disais que ça n&#039;allait finalement pas si mal. <br />J&#039;essayais de me rassurer en me disant que certes, je n&#039;avais pas complètement arrêté, mais que ça ne prenait pas trop de place dans ma vie. <br />Quand je regardais en arrière, que je me souvenais de ma vie en 2016 et 2017, j&#039;étais même un peu fière du chemin parcouru. <br />Certes, je n&#039;avais pas encore gagné la guerre, mais j&#039;avais gagné plusieurs batailles. <br /><br />En me retournant sur ma vie, je voyais plusieurs années de souffrance, de mal être, mais aussi de victoires et de réussites. Je voyais une belle avancée. Je n&#039;avais plus rien à voir avec cette fille d&#039;il y a 3 ans, au chômage, à 700 euros de découvert, le coeur brisé après une histoire de 3 ans qui m&#039;avait fait perdre toute l&#039;estime de moi même, vivant chez sa mère. <br />A l&#039;époque, tout ce qu&#039;il me restait, c&#039;était mes amies. Et j&#039;étais fière d&#039;avoir toujours réussie à prendre soin de mes relations amicales, d&#039;être capable de bien m&#039;entourer, savoir ce qui était bon pour moi, me ramenait à la surface, même quand j&#039;étais attirée par le fond. <br /><br />En me retournant sur ma vie, je réalisais le parcours que j&#039;avais fait. Aujourd&#039;hui, j&#039;avais mon appartement, j&#039;étais indépendante, en CDI avec un boulot qui me plaisait, et même qui réunissait toutes mes passions. Un boulot dans un cadre idyllique, des relations avec des collègues bienveillants et complices. <br />Et puis, une histoire d&#039;amour qui durait depuis plusieurs mois, et en laquelle je croyais. J&#039;avais envie de construire des choses, et je trouvais un homme qui avait les mêmes envies que moi. Souvent, je m&#039;étais fait la remarque que les échecs dans les histoires d&#039;amour étaient principalement dus à des décalages de temporalités. Des moments dans lesquels on ne se trouve pas, des rencontres qu&#039;on fait A un moment qui n’est pas le même, à un moment où les aiguilles ne se rejoignent pas, comme si on était pas réglé sur la même heure. Des petits décalages auxquels on ne peut rien changer, mais qui sont responsables de la plupart des échecs amoureux. <br /> Avec lui, je me sentais sereine, portée, motivée par cette énergie et cette envie partagée. <br />JE savais que rien n’était gagné , que mes addictions prenaient encore beaucoup de place. Mais avec lui, malgré tout, j’avais la sensation d.etre sur le même fuseau horaire. <br /><br />Il y a un an, voilà, <br />quand je me retournais sur ma vie, <br />même si tout n&#039;était pas résolu et que j&#039;avais encore du chemin à faire, que certains de mes comportements continuaient de m&#039;échapper, <br />finalement, <br />je me sentais apaisée. <br /><br />Je me rassurais en me reposant sur cette idée à laquelle je continue aujourd?hui de croire : <br />Le problème, ce n’est pas de consommer. <br />Et on peut consommer sans que cela prenne toute la place et que ce soit quelque chose dont on doit absolument se débarrasser. <br />Le problème , c’est quand le fait de consommer a des conséquences négatives sur la vie sociale, financière, familiale, professionnelle, les loisirs et l’hygiene de vie. <br /><br />A cette époque la, ma consommation de cocaine n’avait pas réellement de répercussions,<br />Je vivais finalement presque normalement , comme quelqu un qui n’en consomme pas. Enfin je crois. La seule chose qui me pesait , c’était le fait de me dire que c’etair mal et que je ne disais pas tout à mes proches. <br />Ce qui me posait beaucoup questions , c’était cette culpabilité et cette idée que la drogue, c’est mal. Je me questionnais beaucoup , et je me disais qu’au fond c’était surtout cette croyance qui me gâchait la vie. Et que peut être, il suffisait d’accepter le fait de consommer de temps en temps, à partir du moment où ça ne posait pas problème dans ma vie et mon état psychique et physique. <br /><br />Il n&#039;y avait aucune urgence, aucun drame, <br />tout ça, c&#039;était la suite du chemin, <br />la continuité logique des choses et du travail entrepris sur moi, pour devenir ce que je suis et ce que je veux.&nbsp; <br /><br />Le week end, je sortais en boite avec J. Une boite ringarde, en décalage avec les boites un peu hype de la ville. Mais nous c’était celle ci qu’on aimait, avec sa playlist éclectique, passant d’Ayana Kamoura à France Gall, Jean-Jacques Goldman, Larousso, Indochine, Claude François, Diam&#039;s, Lartiste et Angèle. <br />On se déchainait sur la piste sans peur du ridicule, au milieu des vieux libidineux, beaux gosses et cougars en bas résilles. <br /><br />En boite, je ne prenais pas de coke, et je n’en avais pas envie. Deux ou trois vodka redbull me suffisait. De toute façon, on avait pas les moyens de consommer davantage, au prix de la conso. <br />On sortait fumer des clopes et on se les caillait sévère, on faisait la queue à la fermeture, entassés au milieu des autres, suantes, les cheveux gras, les fringues puantes à cause de toutes les boissons qu&#039;on nous avait renversé dessus. Je rentrais chez moi, j&#039;avais mal aux pieds d&#039;avoir trop dansé et aux maxillaires d&#039;avoir trop rigolé. <br />Le lendemain, j’avais mal à la tête, je me levais tard, et je passais la journée à textoter avec ma pote pour faire le débrief de la soirée. <br /><br /><br />Trois mois plus tard, lors d’une nouvelle soirée au boulot, on apprend la fermeture des écoles. <br />Ca semble encore surréaliste, on ne réalise pas vraiment. <br /><br />Et puis, la fermeture des bars. <br />Avec ma complice de cuites et de boites, on décide de faire la tournée de nos bars fétiches. <br />Certains font happy hours toute la soirée. <br />A minuit, dans le dernier bar, ils passent « Ne me quitte pas »&nbsp; et « Good Bye my lover ». <br />On chante à tue tête avec les quelques clients qui restent. <br />On se filme et on poste des stories sur les réseaux de nous chantant dans les bars, avec un #findumonde. <br /><br />On sait que la situation sanitaire est grave, et on profite pleinement de cette soirée. On refait le monde. On imagine tout et n&#039;importe quoi. On rit trop fort, on postillonne, on se raconte nos malheurs, nos joies, on critique les gens qu&#039;on n&#039;aime pas, et on critique aussi les gens qu&#039;on aime. <br />Bref, on est nous, on s&#039;aime, on est vivantes. <br /><br />On ne réalise pas du tout ce qui nous attend ces prochains mois. <br />A minuit, la cloche sonne et les bars ferment. <br />On s’incruste dans une soirée d’anniversaire pour rejoindre mon mec et on arrive complètement torchées. Les gens sont plutôt calmes la bas, mais on est fières d’avoir vécu la fermeture des bars. On est complètement déchainé et on fout le bordel dans les 30m2 rempli d’une vingtaine de personnes. <br />Totalement impolies et sans aucun scrupules, on dégomme un bol de guacamole, on prend le controle de la playlist et on critique l&#039;ambiance de la soirée. <br />Alors que les gens sont juste posés, tranquille. <br />Ma pote discute à la fenêtre en fumant une clope avec un beau métisse pendant que je titube dans les bras de mon mec. <br />Finalement, le propriétaire des lieux qui fête son anniversaire dit poliment à ma pote qui continue de se plaindre de la musique et de l&#039;ambiance de la soirée, que si elle est pas contente, il l&#039;invite à aller ailleurs. <br />Révoltée et vexée par sa remarque, elle m&#039;embarque pour me dire qu&#039;on quitte les lieux sur le champ, qu&#039;on n&#039;a rien à faire dans cette soirée de cul serré dans laquelle on ne peut même pas mettre un petit &quot;Envole moi&quot; ou &quot;Résiste&quot; des familles. <br /><br />On quitte la soirée, avec mon mec gêné et honteux de nous avoir invité à la soirée. <br />Sur le chemin du retour, à 3h du matin, on titube, on rigole, j&#039;enlève mes talons qui me font mal aux pieds et je marche pieds nus dans la rue. <br /><br /><br />Et puis arrive le confinement. <br />Deux semaines plus tot, j’ai emménagé avec mon copain. <br />Cette nouvelle vie à deux, dans ces conditions là, est assez compliquée. C’est pas ce qu’on avait imaginé comme début. <br />Je télétravaille, lui en tant qu’intérimaire dans l’événementiel perd son boulot. <br />On fait souvent des visios avec des amis. <br />Je me prends ma première cuite à l’appartement en visio, et je vomis pour la première fois après cette soirée virtuelle. <br />J’étais stressée sur comment j’allais gérer ma conso de cocaïne en habitant avec quelqu’un. <br />Et le début du confinement m’angoisse. <br />Finalement, pendant 2 mois, je continue calmement en commandant en moyenne un demi par semaine. <br />Je culpabilise de continuer cette conso en cachette … mais je le fais quand même, et ça passe inapercu. <br />En y repensant, ca me semble tellement peu, au milieu de ces semaines chez soi invraissemblables ... <br />Mais je n&#039;ai pas de sentiment de vide. <br />Je me sens remplie et ce confinement, malgré la vie à deux compliquée, m&#039;apporte finalement une certaine jouissance. Et un absurde sentiment de liberté. <br />Je peux faire ce que je veux chez moi, quand je veux, gérer mon temps comme je l&#039;entends. <br />Je m&#039;impose un rythme de vie, car je sens que j&#039;en ai besoin pour surmonter cette période étrange. <br />Je me lève à la même heure que d&#039;habitude, je me mets devant mon ordi, je mange à heures fixes, je m&#039;occupe de l&#039;appartement. <br />Je me sens finalement plutôt bien. <br /><br />Et puis, j&#039;ai envie de faire plein de choses. J&#039;ai plein de nouveaux projets pour le boulot, pour continuer malgré le confinement. <br />Deux fois, je retourne au travail pour un projet, qui part un peu en vrille. <br />Je dors chez un inconnu avec une camarade de travail, je couche avec un mec que je connais à peine, et la deuxième fois on partage un gramme de coke, je roule des pelles à ma collègue alors qu&#039;elle est totalement ivre, mais qu&#039;elle m&#039;attire depuis des heures. <br />Le lendemain je rentre chez moi un peu sonnée, un peu coupable de ne pas être honnête envers mon copain, mais je me sens grisee d avoir vécu ces moments un peu fous en plein confinement. <br /><br />J’ai envie de faire des choses, de voir des gens, d’etre utile. <br />Je fais quelques maraudes dans la ville. Il fait beau, je parle aux sdf, les rues sont vides et c’est bizarre, mais ça me fait du bien de marcher et transpirer sous le soleil, des sacs plein de bouffe dans les mains. <br /><br />Et puis le confinement touche à sa fin, et la vie reprend plus ou moins normalement, en béquillant. <br />Et pourtant ... <br /><br />C&#039;est à ce moment là que ça commence à se compliquer. <br />J&#039;ai toujours été lente à réagir. <br />Mais le même schéma se répète, encore et encore, tout au long de ma vie. <br />Quand il y a un changement, je continue, imperturbable, le coeur vaillant. J&#039;écoute les malheurs des autres, je soutiens, je divertis. <br />Ca a toujours été comme ça. <br />Je me sens forte, comme si rien ne pouvait m&#039;atteindre. <br />Je fais des blagues, je suis joyeuse, je fais tout pour que la vie continue et faire en sorte d&#039;adoucir les morosités. <br /><br />Et puis, toujours, c&#039;est le même schéma qui se répète, encore et encore. <br />Quand la tempête s&#039;apaise, moi je coule. <br />Sans un bruit, sans un plouf. <br />Doucement, je me noie, sans que personne, pas même moi, ne s&#039;en rende compte. <br /><br /><br />En juin, ça commence à se dégrader. <br />Chaque prise de cocaïne est suivie de grosses crises d’angoisses et de pleurs. Pourtant, je ne consomme pas plus que d’habitude. A en croire mon journal de consos, même moins que d’habitude. <br />Mes nuits blanches m’épuisent et je loupe quelques journées de boulot, de temps en temps. <br />J’explique mes crises d’angoisses à mes collègues, sans rentrer dans les détails. Ils savent que je suis fragile… <br />Tous nos événements sont annulés. <br /><br />Même si je ne prends plus de traitement, je suis toujours suivie par une psychiatre. Nos rendez vous sont espacés mais j’ai toujours tenu à garder un suivi, même si je vais bien depuis deux ans. <br />J’ai aussi une psychologue dans un CSAPA que je vois environ une fois par mois, et mon médecin généraliste est addictologue. <br />Je recommence un nouveau traitement, avec l’antidépresseur Effexor en Juillet. <br /><br />Pour la troisième année, j’ai un autre boulot pendant l’été, sur mes congés. <br />je rentre peu chez moi pendant 6 semaines, dormant dans la ville où je travaille. <br />Je fais beaucoup de soirées avec mes collègues. <br />Je bois beaucoup, comme chaque année pendant ce boulot là. Ca fait partie du trucs. Le soir, on bosse ensemble et on picole. <br />Je n’ai aucun plan coke à cet endroit là, et je n’ai presque pas de craving pendant ces soirées travail et picole. <br />Je continue un demi gramme le week end en rentrant, et ça va. <br /><br />J’ai un rythme intense, je vois beaucoup de gens, mais j’adore. <br />Je ne me rends pas bien compte que l’état euphorique permanent dans lequel je me trouve est du au nouvel antidépresseur. <br />Je couche avec mon collègue de l&#039;été, pour la deuxième année. Au fil des semaines, je me sens un peu amoureuse de lui. Je me sens un peu perdue dans mon couple. <br />Un jour, je rentre chez moi avec la voiture, complètement ivre, pour chercher de la coke. Je raye complètement la voiture, qui est à mon copain, parti en vacances. <br />Le lendemain est difficile. je n&#039;arrive pas à aller au boulot. Je passe une soirée avec mon collègue du boulot que je fais pendant l&#039;année. <br />Il me donne de la coke et de la DMT. La nuit, je dors avec lui, on se touche un peu mais sans aller trop loin. <br /><br />Je finis le taff de l&#039;été, j&#039;ai deux semaines de vacances. Je retrouve ma vie quotidienne, mon appartement, mon copain. Et finalement, alors que j&#039;avais peur que le retour à une vie plus simple soit difficile après l&#039;intensité de ce boulot estival, ça me fait du bien. On part quelques jours en vacances, et tout semble simple. Je me repose, je prends du temps pour moi, pour nous. Et je me sens bien. <br />Je réalise que je suis bien avec lui et que je l’aime vraiment malgré les dérives de l’été. J’avais perdu un peu d’estime pour lui a cause des derniers mois et de son inertie , son manque d l’activité , son manque d’écoute, de soutien , de clairvoyance vis à vis de moi. <br />Mais il m’apparaît clairement que c’est lui que je veux, une vie normale et vraie avec lui. <br />Car quand j ai tant de mal à savoir quand je suis bien , entre ses bras je me sens complète, entière, sans avoir besoin d’autre chose ni d’etre quelqu’un d’autre ou dans un autre état. Et je n’ai jamais eu de sentiment , avec personne, avec aucun autre homme. <br /><br /><br />A la fin de l’été, j’ai presque retrouvé une vie normale. <br />Je vois mes amies, on boit des bières en terrasse. Je fume beaucoup, je tousse et les gens me regardent de travers. <br />Je vais au cinéma, je me promène. Je me sens ragaillardie par cette liberté retrouvée. <br /><br />La rentrée de septembre arrive. <br />On doit porter des masques. <br />Mais tout est encore à peu près normal. Au boulot, on reprend nos événements comme avant, comme avant mars. On entame une nouvelle saison, heureux, enivrés par tous ces projets et promesses qu&#039;annonce cette nouvelle année. <br /><br />Notre lieu est un peu alternatif et on en profite. quand il n’y a pas de public, personne n’a de masques, on picole et on continue de vivre en essayant d’oublier le monde autour de nous. <br />Fin septembre, pendant l&#039;ouverture de saison, j&#039;ai de nouveau mes envies et folies qui prennent le dessus. J&#039;essaye d&#039;embrasser une artiste qu&#039;on accueille et je finis la soirée avec mes collègues à prendre de la coke, qu&#039;un livreur m&#039;a offert en échange de quelques plaisirs pendant 10minutes dans la voiture. <br />Je rentre chez moi, un peu coupable, mais laissant derrière moi ces dérives et débordements. <br />C&#039;était un moment d&#039;égarement, dû à l&#039;éuphorie de la rentrée et de la reprise des événements après des mois d&#039;annulation. Il ne s&#039;était rien passé au boulot depuis le mois de mars, on a un peu, j&#039;ai un peu, beaucoup, déconné, mais c&#039;était la joie et le plaisir de retrouver ce qu&#039;on avait perdu. <br />Maintenant, on va se reprendre, et je vais me reprendre, gérer les choses comme avant. <br />Continuer mes folies et dérives avec raison, conscience et lucidité. <br /><br /><br />Et puis de nouveau, les bars ferment. <br />Cette fois, on ne fait pas la fermeture des bars. <br />Une certaine lassitude m’envahit. <br />Au boulot, on doit de nouveau annuler nos événements. <br />Et paradoxalement, j’ai de plus en plus de taches, de choses à gérer et de responsabilités. <br /><br />Le nouveau confinement arrive. <br />Rien à voir avec le premier. <br />Fini le yoga, le rangement à la maison, la lecture et les séries. <br />Je vais au boulot, mais peu à peu je m&#039;éteins, l’air de rien. <br />J&#039;essaye de continuer et lors de mes soirées cocaines, je note toutes mes idées et projets pour le boulot. <br />En réunion, je les expose et enthousiasmée par l&#039;approbation de l&#039;équipe, je commence à mettre plein de nouvelles choses en place pour continuer malgré le nouveau confinement. <br /><br />Toute la vie commence peu à peu à n&#039;être que le travail. <br />Autour du boulot gravite une joyeuse bande, avec laquelle je me suis toujours bien entendue. <br />Mais progressivement, ce mélange de vie professionnelle et vie privée s&#039;étend et prend de plus en plus de place. <br />Je reste tard au travail pour boire des coups et papoter avec les collègues. <br />Un collègue me donne de la coke régulièrement et 2 ou 3 fois, on fume de la DMT ensemble. <br /><br />Le soir, je retrouve mon copain. <br />Il va dans le bureau et geek sur l&#039;ordi. <br />Je me retrouve devant la télé. <br />J&#039;arrive à me faire livrer de la coke discrètement, sans sortir de chez moi. Les dealers me laissent un pochon dans un pot que je laisse à la fenêtre, que je récupère ni vu ni connu. <br /><br /><br />Avant, je pensais que mes sorties dans les bars étaient responsables des cravings. Que les pintes dans les bars et mes ivresses généraient ces envies irrépressibles de cocaine. Souvent , je me disais que la solution pour arrêter la drogues, ce serait d’arreter les sorties et les enivrements dans les bars. Que si seulement j’arrivais à rester chez moi, le problème serait résolu. Je me disais que le problème, ce sur quoi je devais travailler, c était mon incapacité à rester seule chez moi, a trouver des occupations&nbsp; et des plénitudes dans ma solitude et entre les murs de mon appartement. <br /><br />Je me trompais en fait. <br />Les cravings ont continué chez moi, parfois sans alcool. <br />Et les frustrations, plus elles étaient grandes, plus mes conso étaient longues et démesurées. <br />En fait, je n’avais plus de limites, plus de raison de me restreindre. <br />De toute façon , il ne restait plus que cela pour m’echapper et m’evader un peu de moi même. <br /><br /><br />En 2017, j’avais été diagnostiquée borderline. <br />Et puis, quand j’ai commencé à aller mieux, ma psychiatre était revenue sur le diagnostique. <br />Pourtant aujourd’hui, j’ai retrouvé tous mes symptômes : sensation de vide, émotions exacerbées et fluctuantes, mises en danger, relations sociales en dents de scie, culpabilité, honte, alternance entre idéalisation et colère envers mon amoureux, impulsions incontrôlables, besoin de sexe pour me sentir valorisée et remplie, angoisse permanente d’etre abandonnée alors que paradoxalement tout mes comportements excessifs testent en permanence les gens que j’aime sur leur capacité à me supporter et mettent en danger mes relations les plus chères ... <br /><br />J’avais arrêté d’acheter des bouteilles de vodka depuis 3 ans, et me voila de nouveau à boire une bouteille pure, sans vomir, juste pour m’anesthésier. <br />Il y a encore pas si longtemps, un demi gramme me suffisait et durait plusieurs heures. Une fois fini, je n&#039;avais plus de craving, je m&#039;en contentais, j&#039;acceptais le fait que ce soit la fin. <br />Progressivement, je n&#039;ai plus réussi. De nouveau. Comme ça n&#039;était pas arrivé depuis 3 ans. <br />Une fois le demi fini, j&#039;en voulais encore. <br />J&#039;en recommandais, mais c&#039;était compliqué. Avec le confinement et le couvre feu, c’est devenu de plus en plus difficile. <br />Alors, finalement, comme je savais que ça n&#039;allait pas me suffire, j&#039;ai commencé à recommander un gramme. <br />Et parfois, après le gramme c’est devenu 2. Et puis en deux jours j&#039;allais jusque 3g, sans m’en rendre vraiment compte. <br />Il y a encore quelques mois, en repensant à ma consommation de 3g journalière de 2016, ça me semblait inconcevable. J&#039;en étais arrivée à me dire que je l&#039;avais inventé, que j&#039;avais exagéré cette consommation. <br /><br />Et puis début décembre, il m&#039;est apparu que j&#039;étais en train de dégringoler de nouveau, que je n&#039;y arrivais plus toute seule, qu&#039;il fallait stopper tout ca, que j&#039;avais besoin qu&#039;on prenne soin de moi. Que j&#039;avais besoin d&#039;interrompre cette charge mentale et me reposer. <br /><br />J’ai été hospitalisée une semaine. <br />Nouveau traitement. Nouvel antidépresseur, Cymbalta. <br />Mon copain ne comprend pas trop cette hospitalisation et me fait sentir qu&#039;il en souffre. <br />Quand on s&#039;envoie des messages cette semaine la et que je lui demande s&#039;il a bien dormi, il me dit que non, que c&#039;est difficile. Mais jamais il ne me demande comment je vais. <br />Autour de moi, mes amies, mes psys, ma famile, me félicitent. Me disent bravo d&#039;avoir eu le courage et la démarche de cette hospitalisation, d&#039;avoir réussi à écouter mes besoins et d&#039;avoir la capacité de demander de l&#039;aide. <br />J&#039;ai honte d&#039;être de retour dans cette incapacité à me gérer mais oui, quelque part, je sais que je ne suis pas dans le même état qu&#039;avant, que je suis plus lucide et mature qu&#039;il y a 4 ans. <br />Que je sais ce qui est bon pour moi et ce dont j&#039;ai besoin, même si je n&#039;arrive plus à le faire toute seule, à subvenir à mes besoins vitaux, à m&#039;éloigner de ce qui me met en danger et me ronge. <br />Pourquoi, pourquoi ? <br />Je continue à cogiter des nuits entières, je m&#039;en veux, je perds espoir, je ne comprends pas pourquoi les gens y arrivent et pas moi. <br /><br />Mais, au fond, j&#039;ai envie. Je continue de croire que je vais y arriver, qu&#039;il y a pas de raison. <br />J&#039;ai envie de me battre, de faire en sorte que les choses bougent, que les choses changent. <br />Que moi, je change, que je bouge, que j&#039;aille enfin vers ce qui est bon pour moi, pour ceux que j&#039;aime. Arrêter d&#039;être un problème, de me détruire toute seule, alors que je n&#039;ai pas de raison réelle de me faire du mal, à moi et à ceux qui m&#039;entourent. <br />Car au fond, ma vie, elle est belle, et tout pourrait aller tellement bien si je n&#039;étais pas comme je suis, si je ne gachais pas tout toute seule , sans raison ... <br />A ce moment là, l’hospitalisation m’apparaît comme la fin de cette déchéance, que cette décision va mettre un terme à cette perte de contrôle sur la vie et mes pulsions addictives et destructrices. J’ai un certain sentiment de soulagement. <br /><br /><br />Le mois de décembre a filé, mes jours de convalescence avec. <br />Après l&#039;hospitalisation, je m&#039;étais imposé un certain rythme. <br />Et puis peu à peu, ça a repris le dessus. j&#039;ai continué à appeler mes dealers, à consommer, de plus en plus tot, de plus en plus souvent, de plus en plus de g. <br />Les fêtes sont arrivées et avec elles, des perspectives, des gens à voir, des envies d&#039;être bien, d&#039;être belle, avoir bonne mine, le nez en bon état, les idées claires, d&#039;être totalement présente sans substance. <br />PEndant quelques jours, je n&#039;ai pas consommé, j&#039;étais avec des gens que j&#039;aimais, j&#039;ai passé de bons moments. <br />Et surtout, je me suis donné les moyens pour, <br />Les vivre, ces bons moments. <br /><br /><br />C&#039;était une douce escale avant de reprendre les vagues et les intempéries de mes dérives autocréees.<br /><br />Je devais reprendre le boulot début Janvier et puis non, je n&#039;ai pas réussi. <br />Même les jours de non consommation, je dors très mal. <br />Je me réveille toutes les demi heures, tous les quarts d&#039;heures parfois. Je fais des cauchemards, je sursaute. <br />J&#039;ai commencé par un demi atarax et puis un, deux, trois, quatre. <br />Même avec quatre, je continue de me réveiller, mon sommeil est sans cesse entrecoupé. <br />Et quand enfin j&#039;arrive à m&#039;endormir profondément au petit matin, impossible d&#039;émerger avant midi/13h ... <br /><br /> J&#039;ai continué à prendre de la coke, souvent. <br />Enfin, mon copain a finit par prendre conscience de l&#039;ampleur de mon addiction, et on a enfin réussi à avoir un vrai dialogue ensemble. <br />Je pense qu&#039;il a enfin, après des mois de déni, pris conscience des choses; <br />Nos relations se sont apaisées, j&#039;ai la sensation d&#039;être mieux comprise. <br /><br />Mais toujours. <br />Encore. <br />J&#039;ai continué. <br />Jusqu&#039;à ce qu&#039;il me prenne ma carte bleue, à ma demande, et enfermé les bouteilles d&#039;alcool chaque soir dans le bureau. <br />Toute la journée, enfermées à clef. <br /><br />Mais alors, sans argent et sans alcool, <br />Je me dégoûte à manigancer des stratagèmes, à contacter tel ou tel mec qui consomme et serait enchanté de m’offrir quelques traces en échange de quelques caresses. <br />Et quand cela ne me suffit pas et que je me sens perdante dans l’échange alors il me suffit de répondre aux sollicitations des hommes qui continuent de me harceler pour passer un moment ensemble, et ils sont tellement contents d’avoir une réponse après tous leurs messages ignorés. <br />Alors il suffit d’une demie heure ou j’oublie mon corps, une demie heure pendant laquellen on me désire et m’idolatre, parfois une petite heure pendant laquelle il me suffit de sourire et exagérer ma naïveté et mon énergie pétillante... <br />pour pouvoir ensuite m’acheter plusieurs heures dE petite bulle et de torpeur à la fois floue et qui me donne pourtant tellement envie , et me permet de façon si intense d être entièrement à ce que je fais, sans cette sensation de vide, ce malaise , ces pensées parasites et cette anxiété qui m’accompagnent et me pèsent en permanence... <br /><br />Alors, je suis amoureuse , et j’ai envie d être avec lui. <br />Mais là l il a beau m’aider, <br />Je m’enfonce de plus en plus , <br />Malgré lui et malgré moi <br />Et je suis triste de le trahir <br /><br />Au fond c est ça le plus douloureux <br />J’en viens presque à regretter ces moments où j étais seule et ce temps où il était si simple de me donner, si simplement, sans trahir personne d’autre que moi même ... <br /><br />Certaines fois, il me semble que tellement rien n’a plus de sens aujourd’hui dans ma vie , <br />Qu’il Serair plus simple de ne plus lutter du tout , <br />Ne plus mentir , ne plus cacher , ne plus rester chez moi la nuit emprisonnée par le couvre feu, <br />Que tout serait plus simple de tout arrêter là et aller chez tel ou tel mec sans explication pour me defoncer toute la nuit. <br /><br /><br />Mais pour le moment , j’arrive à m’en empêcher. <br />Au lieu de ça, je crois bien que je fais tout pour qu’il me quitte et pouvoir être seule sans faire souffrir personne, pour pouvoir continuer ce délire solitaire. <br />JE l’aime pourtant , vraiment. <br />Mais l’amour, ça ne me suffit pas pour vivre et me sentir remplie. De quoi sommes nous remplies ? <br /><br /><br />Je n’ai toujours pas repris le boulot. <br />Mon arrêt se termine demain et je devrai reprendre vendredi. <br />Avec l’antidépresseur, le lamictal et l’atarax, je vais un peu « mieux ». <br /><br />Pourtant, je sais que je ne vais pas bien. <br />Je n’ai pas le courage de reprendre le travail. <br /><br />Pour la première fois depuis 4 ans, je n’ai même plus envie d’arrêter la cocaine. <br />Je ne trouve de sens dans rien. <br />Je ne vois plus aucune de mes amies. <br />Je me sens bien que sous cocaine. <br />Ou avec des mecs avec qui je consomme, bois et baise toute la nuit pendant des soirées secrètes. <br /><br />Les gens autour de moi ne comprennent pas vraiment. <br /><br />Pourtant, moi je comprends. <br />Je comprends enfin que ces dernières années, j’avais beau boire et continuer à consommer de temps en temps, à culpabiliser etc … <br />En fait, j’étais heureuse. <br />J’avais trouvé un équilibre. <br /><br />Et j’ai perdu tout ça . <br />Ces soirées dans les bars, ces sorties en boite … j’y retrouvais mes amies, on parlait, on se confiait, on était heureuses. <br />Je pouvais sortir à tout moment pour chercher de l’alcool à l’épicerie du coin. Appeler un dealer facilement, jusque minuit. <br />Me déplacer librement. <br /><br />Maintenant, sans toute cette vie, ces sorties au cinéma, ces apéros, ces moments de folies, de postillons, de peau contre peau. <br />Je me sens en prison et j’ai encore plus envie de m’échapper à travers la cocaine. <br />Il ne reste plus que ça. <br />Et je n’ai pas envie de retourner au travail, de sortir dans ce monde dans lequel je ne trouve plus aucun sens. <br /><br />Je préfère rester chez moi, ne voir personne, me lever à 14h, m’occuper de l’appartement, jouer du piano, commander de la drogue, écrire, faire ce que je veux. Là ou je peux. <br />Puisque plus rien d’autre n’est possible. <br /><br />Finalement, tout cela m’aura permis de me rendre compte que pendant 3 ans. <br />J’avais beau penser avoir encore des problèmes. <br />Je les gérais bien. <br />Et j’étais heureuse, avec ces petits problèmes. <br /><br />Je pensais que les bars, les sorties, exacerbaient mes addictions. <br />JE me trompais sur toute la ligne, en fait. … <br /><br />A cette époque, j&#039;avais envie de voir des gens , de partager, <br />j&#039;étais entière, vraie, <br />aujourd&#039;hui, je n&#039;ai plus envie de me morfondre sur mon sort auprès de mes amies, j&#039;ai envie de rester toute seule, <br />car la vérité est trop dure à dire, <br />et je n&#039;ai pas envie de mentir. <br /><br />Alors je préfère continuer, <br />rester là où je me sens bien, même si tout est faux et que ce n&#039;est pas la vraie vie, que ce n&#039;est pas la réalité, <br /><br />mais quelle est elle, la réalité, en ce moment ? <br />que m&#039;offre la vie, de mieux que celle ci ? <br />est ce que je serai mieux à aller bosser, alors que plus rien n&#039;a de sens dans ce lieu dans lequel je travaille, à rentrer chez moi sans voir personne, me coucher à 22H , pour recommencer le lendemain ? <br />c&#039;est dans cette vie là, dans ce monde là, que je me sentirais bien ? <br />est ce que je serai plus heureuse, est ce que la vie aura plus de sens, <br />si j&#039;achète des cadres, des chaises et des plantes pour mon appartement, <br />est ce que je vais me sentir mieux, <br />en achetant des vêtements, un nouveau téléphone ou en mettant de l&#039;argent de côté en prévision d&#039;un avenir que je ne connais pas et qui ne me promet rien ? <br /><br /><br />Alors oui , j&#039;aimerai bien espérer autre chose, <br />retrouver cette envie, de continuer, d&#039;aller mieux, de construire, d&#039;aller vers quelque chose de sain, d&#039;équilibré, d&#039;essayer de trouver ma place dans le monde réel, de travailler pour me sentir bien dans le présent, au milieu des gens, sans mentir, sans penser à autre chose, en étant juste bien maintenant, tout de suite, entière, en étant moi et seulement moi, pas un artifice de moi flouté par quelconques substances, <br /><br />mais aujourd&#039;hui en fait, <br />malheureusement, <br />je n&#039;en vois même plus l&#039;intérêt. <br />J&#039;aimerai voir les choses autrement, <br />mais malheureusement je pense que personne ne sera en capacité de me faire voir les choses autrement, <br />puisque <br />finalement, <br />tout le monde est comme moi, je crois <br /><br />et s&#039;ils sont remplis d&#039;autre chose, <br />et qu&#039;ils savent se remplir sans substance, <br />tant mieux pour eux <br />mais ce n&#039;est pas mon cas, <br />et en ce moment, <br />je me sens tellement vide <br />que c&#039;est la seule chose qui me permet de tenir <br />de me sauver <br />de poursuivre <br />oui, peut etre que ce qui m&#039;anime c&#039;est de trouver de la coke tout à l&#039;heure, <br />mais au fond, <br />finalement c&#039;est grâce à cela que quelque chose m&#039;anime, <br />me donne envie, me fait attendre, me fait espérer, <br /><br />et je ne vois même plus pourquoi j&#039;arrêterai quelque chose qui me remplit <br />même si elle me détruit, <br />au moins <br />c&#039;est à petit feu <br />et pendant quelques heures <br />même illusoires<br />au moins, <br />je me suis sentie vivante <br /><br /><br /><br />Je me demande si la situation actuelle a permis à certains de gérer, calmer, leurs consommations. <br />Je pense qu’on ne parle pas assez de la situation sanitaire et de ses conséquences sur les addictions. <br />On en parlait en mars, et puis ça s’est terminé. <br /> Pourtant, le couvre feu et tous ces mois qui se prolongent sont beaucoup plus compliqués pour moi que ce doux mois de confinement printannier.]]></description>
<slash:comments>7</slash:comments><pubDate>Wed, 27 Jan 2021 23:57:55 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Se trouver / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Se-trouver_6008_1.html</link>
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<description><![CDATA[Je ne sais plus où je me trouve <br />Ni où je me perds<br /><br />Je ne sais plus trop <br />Où est stockée ma tete<br />Et où mon corps <br />Sûrement pas au même endroit en tout cas <br /><br />Mes crises reviennent de plus en plus régulièrement <br />Mes crises, je les appelle comme ça <br />Je les entoure d’un certain mystère Volontairement <br />C’est une façon pour moi de me confier à mon entourage sans trop en dire <br />Sans dire ce qui risque de déranger <br />Sans dire ce qui est de trop <br /><br />Pourtant la définition même de ces crises, <br />C’est le trop <br />En les nommant ainsi Je dis à la fois tout et rien <br /><br />Mais je dis tout de même <br /><br />Ici, je peux le dire plus précisément <br />Sans peur du jugement <br />Les crises c’est <br />Le dépassement des limites <br />Le trop plein <br />La perte de contrôle <br />Le lâcher prise <br />Les crises c’est d’abord un moment où je ne veux <br />Où je ne peux plus <br />Contenir tout ce <br />Trop plein à l’interieur <br />Ce moment où plus rien ne compte <br />Si ce n’est lâcher les bêtes <br />Qui trépignent à l’interieur <br />Ce moment où <br />Je ne pense plus <br />Je n’ai plus rien à faire <br />Des dégâts et des violences <br />Que feront les bêtes une fois lâchée à l’exterieur <br /><br /><br />Se trouver <br />J’alterne entre deux moments de moi <br />Deux moi <br />Et je ne sais plus où me trouver ou me chercher <br /><br />Je me sens parfois équilibrée , <br />Tout est simple <br />Calme <br />Serein <br />La vie me paraît facile <br />Je me sens joyeuse <br />Apaisée dans mes relations et mes émotions <br />Je me sens forte, entière, confiante <br />Dans ces moments là , je n’ai pas la sensation de me mentir <br />Je suis fière de réussir à être comme tous les autres, ceux qui maîtrisent leur vie, leurs émotions , leurs actions , leurs consommations <br /><br />Du coup, je n’ai pas tellement envie ni besoin de parler de moi <br />Je ne ressens pas le besoin de me confier à ma psy <br />Ça me fair même un peu peur de ne plus savoir ce que je dirai au prochain rendez vous <br />Je me sens même un peu déstabilisée en constatant que je ne me souviens plus ce qui le rendait si mal il y a encore si peu de temps <br /><br /><br />Et puis , il y a des autres moments <br />Qui reviennent de plus en plus régulièrement depuis quelques mois <br />Que je peine à comprendre et à maîtriser <br />Ces crises , comme je les appelle , car je ne trouve pas d’autres termes <br />Je perds le contrôle <br />Auprès des personnes les plus proches , je dis que je ne maîtrise plus mes émotions , soit en colère soir en pleurs <br />Pas tellement de la tristesse mais plutôt des pleurs de décharge <br />Comme si je me libérais d’un poids trop lourd pour moi <br /><br />En vérité , ces crises interviennent presque toujours après consommation de coke ou d’alcool excessif <br />Ça , je l’avouz rarement <br />Parce que j’ai honte <br />Et aussi parce que j’essaie de me persuader que les consommations sont finalement secondaires , car j’ai déjà consommé sans que cela me provoque ce genre de crise émotionnelle <br /><br />La , il y a un problème <br />Je ne sais plus comment gérer <br /><br />Dans ces moments de crise , <br />Avant la souffrance , il y a ce moment agréable . <br />Et puis ce moment désagréable , surtout physiquement . <br />Où je me sens mal , <br />Et pendant lequel je m’en veux de me détruire toute seule <br /><br />Pourtant , pendant ce moment là j’ai la sensation de me retrouver <br />De mieux voir et comprendre qui je suis , mes addictions , mes relations , mon histoire <br />Tout à coup je vois très bien tous les sujets que je devrai aborder en thérapie <br /><br />Cette recherche de sensation , ce besoin de liberté <br />Et quand on me dit de me remplir d’autees passions chaque fois ces passions et ces investissements physiques et psychologiques me demandent tant que j’ai d’autanr plus besoin des consommations pour me libérer et me retrouver d’une autre façon <br /><br />Et quand cela est fini , j’ouvlie , je ne comprends plus et je ne sais plus pourquoi j?y reviens toujours et pourquoi c’est si difficile <br />J’oublie vraiment <br /><br />Alors j’essaye d’ecrire cela ce soir en espérant que , peut être cela me permettra de me souvenir <br />Que dans ces moments de folie j’ai l’impression de me trouver , même si ce n’esr qu’une impression c’est bien réel a ce moment là]]></description>
<slash:comments>1</slash:comments><pubDate>Thu, 26 Nov 2020 02:34:12 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Je suis en colère / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Je-suis-en-colere_5973_1.html</link>
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<description><![CDATA[Je me sens en colère <br /><br />Je suis en colère contre le monde d’aujourd’hui <br />En colère contre tous nos idéaux et tout ce qui nous fait du bien et auquel on n’a plus le droit <br />La liberté de se déplacer ou on veut, d’embrasser et d’enlacer qui on veut, de sortir quand on veut <br /><br />Je suis en colère contre ce virus mais surtout cet état qui fait tant de dégâts <br />Des morts bien sûr <br />Mais surtout toute cette fatigue et cet épuisement que ça provoque <br />Dans les hôpitaux surchargés <br />Et dans les lieux culturels désertés <br />Cette incohérence <br />Cette privation de libertés <br /><br />Je suis en colère aujourd’hui <br />Et épuisée <br />Par cette bienveillance et cette attention que je donne autour de moi <br />Car je pense que c’est tout ce que je peux faire aujourd’hui <br />Et que c’est ce dont tout le monde a besoin <br /><br />Mais pourtant je suis en colère car toute cette joie et cette légèreté <br />Que je sème tout autour de moi <br />Je sens que je la perds <br />Et qu’en l’offrant aux autres <br />Je me vide chaque jour un peu plus de ce qui fait ma force <br />Et même si je sais que ce n’est pas juste, <br />Je suis en colère contre ceux qui n’y peuvent rien et à qui je donne mon temps mon énergie mon ecoute mon masque d’actrice <br /><br />Je suis en colère car <br />J’ai Tant de lumières que j.aimerai donner <br />Mais qui s’épuisent si vite <br />Et dès que j’eclaire un peu autour de moi <br />Ceux que j’aime <br />Il ne reste de moi qu’une timide loupiotte <br /><br />Je suis en colère car j’ai tant a donner <br />Mais si peu de batterie <br />J’epuise mes forces trop vite <br />Je ne suis pas économique <br /><br />Je suis en colère car <br />J’ai envie de prouver aux autres que je vais bien<br />Que j’en n’ai vraiment assez <br />De ces émotions qui m’envahissent <br />Et dont je me suis parfois déchargée <br />Sur ceux qui m’aiment dont j’ai confiance que j’aime <br />A qui j’ai confié un peu de ma douleur <br />Ça me soulage sur le moment <br />Sur ce moment là où j’en peux plus de ce poids sur les épaules <br />Mais aujourdHui je regrette<br />Car ce moment là d’avalanche <br />Ce moment où mes émotions leur sont tombées dessus <br />On ne peut pas l’oublier <br />Il supprime les moments de légèreté <br /><br />Je suis en colère car <br />J.ai besoin qu’on prenne soin de moi <br />Qu’on m’ecoute <br />Sans me juger <br /><br />Et pourtant <br />Je fuis ceux qui prennent soin de moi <br />Qui M.ont écouté sans me juger <br />Car je ne veux pas qu’on m’interdise <br />Qu’on décide pour moi ce qui est bon ou pas <br /><br />Alors <br />Je suis en colère <br />Que ceux qui m’aiment <br />N’aient même plus la force de me demander <br />Comment je vais <br />Car ils savent bien <br />Que je ne sais plus <br /><br />Je suis en colère contre celui que j’aime <br />Agacée du quotidien <br />Des verres dans l’evier des casseroles des chaussettes des slips des bières des mouchoirs des miettes de tabac des « oublie pas de rappeler ta mère », des « oublie pas tes clefs » des « éteints la lumière quand tu quittes le bureau c’est pas Versailles ici » <br />Je suis en colère d’envoyer des messages et m’interesser a sa journée <br />Quand ce n’est pas le cas de l’autre côté <br />Et je suis en colère de remarquer cela alors que les attentions doivent être données sans retour <br />Je suis en colère D’être en colère contre lui <br /><br />Je suis en colère que ce soir il ne remarque pas que je suis tendue <br />Je suis en colère alors j’ai envie de fumer des cigarettes et de boire <br />Je suis en colère car j’ai fumé un paquet de cigarettes aujourdHui <br />Et que je n’en ai plus <br />Je suis en colère car nous finissons la bouteille de vin et que j’ai encore envie de boire <br /><br />Je suis en colère et j’ai mal au dos tellement je suis crispée <br />A la mâchoire tant mes mes dents sont serrées <br />Je suis en colère et j’ai envie de crier, de pleurer <br />De lui parler <br />De lui dire que j’ai envie de me laisser aller, que j’ai envie de boire encore, aller chercher des blondes , commander de la c<br />Lui dire que je suis épuisée par tout ce que je dois gérer ici, à sa place, penser pour lui <br /><br />Je suis en colère car ces derniers jours je lui sautais dessus et je sentais que j’avais une plus forte libido que lui <br />Je suis en colère car j’aimerai qu’il me dise plus souvent que je suis belle <br />Je suis en colère car je l’aime mais je sens qu’il y en a d’autres qui me désirent et qui me font plus de bien <br />Je suis en colère qu’il ne sente pas tout cela et que j’ai besoin de plus <br /><br />Au lieu de ça je me ferme , je me fais fuyante, je garde le silence <br />J’imagine que j’ai la bouche à l&#039;envers que j’ai sans pouvoir le cacher quand je suis contrariée <br />Je suis en colère car quand il finit par le remarquer et qu’il me demande ce qui ne va pas, je n’arrive pas à parler et je lui dis que ça va <br />Je suis en colère car je ne pense qu’aux cigarettes que je n’ai plus, à la bouteille qui se termine et à la coke que je voudrai commander <br /><br />Je suis en colère car je sens que j’ai besoin de me laisser aller et faire des folies <br />Et je ne peux pas <br />Car je ne peux pas sortir et faire ce que je veux <br />Que je ne peux pas mentir <br /><br />Je suis en colère contre moi car je sais qu’il est pourtant si gentil et qu’il n’y peux pas à tout ça <br />Que c’est à moi d’apprendre à gérer mes émotions <br />Alors j’ao envie de lui épargner mes colères et mes pleurs ce soir <br />J’aimerai réussir à me contrôler me calmer attendre que la soirée passe et aller me coucher <br /><br />Je suis en colère contre moi qui suis incapable de me sentir entière <br />Qui ne parvient pas à contrôler les envies et les pulsions <br />Qui n’arrive pas à me raisonner alors que ça parait si simple <br />Face à mes folies <br />Il me dit souvent <br />« Il faut juste que tu arrives à te dire stop « <br />« Il faut juste que tu te dises que ça ne sert à rien « <br />« Il faut juste que tu apprennes à te limiter « <br /><br />Bah oui, il faut juste . <br />Apparemment c’est pas si compliqué. <br />Alors je suis en colère de ne pas réussir à ça. <br /><br />Je suis en colère <br />Et jalouse<br />Dans la vie, il n’y a pas deux catégories de personnes<br />Il n’y a pas que ceux qui ont un fusil et ceux qui creusent <br />Dans la vie, <br />Je ne peux m’empêcher de distinguer ceux qui vivent et s’épanouissent dans la réalité, ceux qui oscillent avec agilité entre réalité et rêveries conscientes et ceux qui comme moi passent sans transition d’un état d’eveil totaement lucide a un sommeil profond totalement déconnecté. Le réveil est brutal. <br /><br />J’envie ceux qui se satisfont du réel et n’ont besoin de rien. Ces gens là qui ne comprennent pas ces gens comme moi. <br />Qui ont décidé de refuser ces états hors de soi. Ceux qui ne veulent pas perdre le contrôle, risquer de se mettre en danger. Ceux qui sont responsables et qui se sentent grandis par cette lucidité et présence totale dans le monde. <br /><br />J’envie ceux qui ne savent pas ce qu’ilS ratent. <br />Cultivons notre jardin, oui. <br />Le meilleur monde est toujours celui qu’on connaît, quand on n’a jamais voyagé. <br />Oui je les envie, je ne voudrai pas donner l’impression de juger ceux qui sont sages. <br />J’admire ceux qui se satisfont de ceux qu’ils ont, qui ne sont pas dans la surconsommation. <br /><br />j’aurai aimé pouvoir être comme ca. <br />Mais il me semble que pour eux, c’esf simple, ils sont bien, il n’y a pas d’effort <br />Ils sont juste bien de l’endeoit ou ils sont <br /><br />Il y a ceux qui veulent aller voir ailleurs <br />parmi ceux là , qui franchissent la barrière interdite, il y a ceux qui savent le faire sans laisser de plumes <br />Qui vont d’un monde à l’autre, quand ils le veulent <br />Parfois, ils se laissent aller plus qu’ils ne le devraient <br />Mais ils reviennent toujours <br />Sans trop d’effort <br /><br />Et il y a les autres, comme moi <br />Les gourmands, les ogres <br />Qui demande l’absolu renonce par là au bonheur <br />C’est icare qui se brûle les ailes En voulant atteindre le soleil <br />Orphee qui perd Eurydice en voulant la regarder <br />antigone qui meurt en voulant enterrer son frère<br />C’est reposant la tragédie , on sait que ça finit toujours mal <br />Mais dans la tragédie , on lutte toujours<br />Je ne veux pas ressembler à ces héros non non non <br />J’aimerai pouvoir aller d&#039;un monde a l’autre&nbsp; <br />Comme ceux qui en sont capables<br />Comme tous les autres <br />Je n’ai ni envie de brûler mes ailes ni envie de perdre ceux que j’aime<br /><br />Ce soir<br /><br />Je suis en colère car quand je suis si heureuse de le retrouver je sens qu’il est content normalement <br />Et quand je l’aime à la folie lui il m’aime juste sereinement <br />Quand je lui parle il ne me répond pas toujours <br />Il semble ailleurs souvent <br />Après une journée sur l’ecran a jouer en réseau à parler au casque <br />Il est dans une autre réalité il s’evade <br />À côté de moi son esprit s’evapore <br />Mais ce n’est pas si grave on L.admet <br /><br />Moi je ne sais pas faire ça <br />Je suis en colère car chez moi <br />J’ai besoin de toute son attention <br />Sa peau ses bras son corps et plus encore <br />J’ai besoin de sexe et d’attention <br />Et si ce n’est pas ça <br />J’ai besoin de substance <br />Quand ma tête bat trop fort <br />Que mes questions s’emballent <br />Mon existence se perd <br />J’ai besoin qu?on la fasse taire <br />Et si ce n’est de caresses <br />Donner moi du tabac <br />Du vin des paradis artificiels <br /><br />Je suis en colère d’etre si bouleversée <br />Dans ma tête et dans mon corps <br />Me sentir perdue <br />Dévastée <br />Me poser toutes ces questions <br />Je suis en colère<br />De ne pas savoir quoi faire de moi<br />Car ça me semble si difficile <br />J’ai toujours été la meilleure de la classe <br />Mais ça, j’avoue<br />Tout le monde y arrive sauf moi <br />Je suis le cancre<br />Du savoir vivre avec soi même <br /><br />Je suis en colère d’etre presque à découvert alors que j.ai été payé il y a 5 jours <br />En colère de ne rien m’acheter une fois le loyer l’electricite l’assurance et l’essence payées <br />Rien acheter si ce n’est des cigarettes et de la c, et être quand même dans le rouge à la fin du mois <br />Je suis en colère de lui reprocher de ne pas assez participer à nos dépenses de couple alors que j’envoie mon argent dans mes nuits blanches plutôt qu’acheter des étagères des tables basses des plantes des perceuses un nouveau téléphone <br /><br />J.essaie de résister <br />Mais non <br /><br />Quand il s’en va jouer dans le bureau <br />j’envoie un message à mon livreur <br />Il devrait passer dans une heure <br />Je me sers un verre de rhum <br />Je fume des roulées avec le tabac qu’il m’a laissé <br /><br />J’ai envie qu’il aille se coucher pour pouvoir sortir tranquillement quand le livreur viendra <br />Je cherche ce que je pourrai dire pour justifier le fait de sortir 5min en plein confinement <br />Aller chercher des cigarettes qu’on me livre <br />Il saura <br />Il sait que les longues malboro sans s ne sont jamais seules <br />Je suis en colère de chercher des histoires à inventer pour pouvoir prendre ce que je veux <br />Je suis en colère de ne vouloir que ça à ce moment là <br />Je suis en colère de lui avoir confié et ouvert mon cœur, d’avoir été sincère, sans ça je pourrai continuer à mentir sans tant d’efforts, il ne remarquait pas grand chose avant <br /><br />Je suis en colère car il fait de son mieux pourtant <br />Et tout ce que je lui reproche c&#039;est cette innoncence et cette ignorence<br />Celle que les gens comme moi n&#039;ont plus <br />Celle que seuls les gens comme lui ont encore<br />Qui donnent leur confiance <br />Entièrement<br />Qui croient en moi <br />Qui ne connaissent pas le mensonge <br />Les stratagèmes que ceux comme moi emploient pour apaiser cette souffrance<br />qu&#039;on est incapable de faire taire sans substance <br /><br />Je suis en colère de l&#039;entendre jouer avec ses amis en réseau <br />de me laisser toute seule <br />et pourtant s&#039;il restait avec moi <br />je serai en colère qu&#039;il reste là <br />Je suis en colère de me sentir soulagée de rester toute seule dans le salon <br />pour pouvoir écrire tout ça <br />alors qu&#039;il y a quelques heures encore<br />j&#039;attendais qu&#039;il rentre pour sentir sa présence<br /><br />je suis en colère car en écrivant tout ça, <br />je me dis que ce serait bien de le partager avec lui <br />qu&#039;il sache ce qui se passe à l&#039;intérieur <br />tout ce que je n&#039;ai pas su dire tout à l&#039;heure<br /><br />je suis en colère car j&#039;aimerai enregistrer ma voix <br />en train de lire ses mots <br />mais je sais qu&#039;il n&#039;a pas besoin de ça <br />que ça risquerait de lui faire peur <br />ou de la peine <br />car je suis trop lourde à porter<br />et je suis en colère de ne pas pouvoir partager mes mots<br />de peur de perdre ceux <br />celui <br />que j&#039;aime <br /><br /><br />je suis en colère de penser qu&#039;il n&#039;est pas capable de m&#039;entendre<br />car si, je pense bien qu&#039;il le peut <br />juste que cette semaine ce n&#039;est pas le bon moment pour lui <br />j&#039;ai toujours choisi des moments moments dans ma vie <br />pour dire des choses de mon coeur <br />à ceux que j&#039;aime <br /><br />je suis en colère <br />de ne pas savoir gérer mes émotions <br />comme quelqu&#039;un de normal <br />que tout s&#039;exprime dans les cris ou les pleurs <br />ce soir je n&#039;ai rien dit<br />j&#039;a ravalé mes cris mes larmes <br />je me suis tu <br />j&#039;ai écrit <br />j&#039;ai essayé d&#039;éviter les drames<br /><br /> Bref, je suis en colère<br />Contre le monde, les autres , <br />Mais surtout contre moi <br /><br />Car les autres n&#039;y peuvent finalement pas grand chose à tout ça<br /><br />Antigone , Jean Anouilh<br /><br />Créon<br />[...] Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n&#039;est pas ce que tu crois. C&#039;est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu&#039;on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu&#039;ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m&#039;écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d&#039;Etéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n&#039;est vrai que ce qu&#039;on ne dit pas... Tu l&#039;apprendras toi aussi, trop tard, la vie c&#039;est un livre qu&#039;on aime, c&#039;est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu&#039;on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c&#039;est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n&#039;est peut-être tout de même que le bonheur.<br /><br />Antigone, murmure, le regard perdu.<br />Le bonheur...<br /><br />Créon a un peu honte soudain.<br />Un pauvre mot, hein ?<br /><br />Antigone, doucement.<br />Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu&#039;elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?<br /><br />Créon, hausse les épaules.<br />Tu es folle, tais-toi.<br /><br />Antigone.<br />Non, je ne me tairais pas ! Je veux savoir comment je m&#039;y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c&#039;est tout de suite qu&#039;il faut choisir. Vous dites que c&#039;est si beau la vie. Je veux savoir comment je m&#039;y prendrai pour vivre<br /><br />Créon<br />Tu aimes Hémon ?<br /><br />Antigone<br />Oui, j’aime Hémon. J’aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s’il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s’il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu’il sache pourquoi, s’il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s’il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, alors je n’aime plus Hémon !<br /><br />Créon<br />Tu ne sais plus ce que tu dis. Tais-toi.<br /><br />Antigone<br />Si, je sais ce que je dis, mais c’est vous qui ne m’entendez plus. Je vous parle de trop loin maintenant, d’un royaume où vous ne pouvez plus entrer, avec vos rides, votre sagesse, votre ventre. (Elle rit). Ah ! je ris, Créon, je ris parce que je te vois à quinze ans, tout d’un coup ! C’est le même air d’impuissance et de croire qu’on peut tout. La vie t’a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi.<br /><br />Créon, la secoue<br />Te tairas-tu, enfin ?<br /><br />Antigone<br />Pourquoi veux-tu me faire taire ? Parce que tu sais que j’ai raison ? Tu crois que je ne lis pas dans les yeux que tu le sais ? Tu sais que j’ai raison, mais tu ne l’avoueras jamais parce que tu es en train de défendre ton bonheur en ce moment comme un os.<br /><br />Créon<br />Le tien et le mien, oui, imbécile !<br /><br />Antigone<br />Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu’il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu’ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n’est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite – ou mourir.]]></description>
<slash:comments>2</slash:comments><pubDate>Tue, 03 Nov 2020 23:50:57 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Ce que disent les arbres 2 - DMT & Paix / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Ce-que-disent-les-arbres-2-DMT-Paix_5968_1.html</link>
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<description><![CDATA[Aout 2020<br />(suite Refuge &amp; Sanglots) <br /><br />Il me parle doucement. <br />Peu à peu, il me rassure. <br />Comme une enfant, <br />mes sanglots s&#039;estompent progressivement <br />dans ce chagrin et ces pleurs, <br />il y a comme un petit plaisir dont je ne veux pas vraiment sortir <br />peu à peu, <br />j&#039;en sors <br />j&#039;ai envie de passer à autre chose <br />de quitter ma douleur <br /><br />il parvient à me réaproprier <br />je me pensais quelques minutes plus tôt incapable de me lever, de marcher<br />mais j&#039;y arrive <br />et finalement, <br />ce n&#039;est pas si difficile<br /><br />On sort fumer une cigarette<br />on discute<br />il m&#039;écoute <br />et alors que nous n&#039;étions avant pas si proches <br />je me sens bien <br />une nouvelle complicité fait son apparition <br />je me sens écoutée<br />et j&#039;ai besoin de sortir des choses <br />et ça me fait du bien <br />qu&#039;il crée cet instant <br />je sens une bienveillance <br />sans jugement <br />qui m&#039;accepte comme je suis <br />et qui me dit <br /><br />malgré tout ça, <br />tu n&#039;es pas toute seule <br />tu es entourée <br />de tous ces gens qui t&#039;aiment <br /><br /><br />je veux rester dans cet état <br />et il accepte<br />il ne m&#039;empêche pas <br />et ça me fait du bien <br /><br />même si, au fond <br />je suis un peu étonnée <br />et que quand il me propose de m&#039;emmener à une soirée<br />je me dis que ce n&#039;est pas la bonne solution <br />qu&#039;il me ramène à mes démons <br />qu&#039;il me faut des gens qui m&#039;équilibre et m&#039;écarte de tous ces paradis artificiels <br /><br />finalement <br />je juge un peu sa main tendue<br />en me disant qu&#039;elle n&#039;est pas la bonne <br />mais je suis bien contente<br />sur le moment <br />que ce soit cela qu&#039;on me propose <br />car je n&#039;ai pas envie<br />pas la force<br />d&#039;arreter<br />de me reposer<br />de me raisonner <br /><br />alors avec lui <br />je continue dans ma lancée <br />mais en quittant ma solitude <br />tout change <br />et je n&#039;ai plus envie de pleurer <br /><br />On arrive chez son ami<br />une nouvelle soirée commence <br />je bois du whisky <br />et je prends quelques traces de coke <br />je parle <br />je me sens un peu euphorique <br />sociable<br />je reprends mes numéros <br />je me sens séduisante <br />je mets de la musique <br />je danse et je chante <br />je me sens de nouveau vivante<br />et j&#039;ai envie que ça continue <br />ne pas revenir à la réalité <br />aux conséquences de mes folies <br /><br />entourée de personnes que je connais à peine <br />qui ne connaissent pas mes peines <br />tout est plus facile au fond <br />même si je me dis que ce n&#039;est pas totalement vrai <br />et qu&#039;on fait tous semblants <br />maintenant <br />avec nos poids<br /><br />mais là<br />je crois bien que ça me fait du bien <br />que je me sens <br />plus légère <br />allégée du regard et des inquiétudes de ceux qui m&#039;aiment trop mais ne me comprennent pas <br /><br /><br />A minuit, mon collègue veut partir<br />le temps est passé vite, <br />je suis presque déçue <br />mais je sais qu&#039;il faudra bien que je dorme <br />pour que Demain soit un autre jour <br />et peu à peu le temps <br />me fait accepter la fin de cette si longue journée <br /><br /><br />Mais Il ne voulait pas aller se coucher <br />Il veut me proposer quelque chose <br />que je ne connais pas <br />et il me dit <br />qu&#039;il pense que ca pourrait me faire du bien <br /><br />je me laisse guider sans trop poser de questions <br />je sais juste que ca s&#039;appelle DMT <br />mais je n&#039;en ai jamais entendu parler<br /><br />il me dit que nous ferons ça sous les arbres, là bas <br />pas en intérieur<br /><br />quand je demande pourquoi <br />il me dit <br />parce que les arbres ont des choses à nous dire <br /><br />on s&#039;assoit dans l&#039;herbe, sous le merisier <br />il m&#039;explique le rituel <br />ces expériences <br />les chaman <br />les cérémonies <br />le coté sacré <br /><br />il m&#039;explique ce qu&#039;il faut savoir <br />avant<br />me dit de poser une question à la plante <br />de me concentrer <br />sur ce que je veux qu&#039;elle me dise <br /><br />il me dit que selon les personnes <br />on peut avoir envie de parler, décrire, partager<br />ou bien vivre l&#039;expérience tout seul, s&#039;isoler, se concentrer sur ces perceptions<br /><br />on commence par respirer<br />je ferme les yeux <br />je respire <br />je me concentre sur mon souffle <br />il a mit une douce musique un peu zen qui me détend<br />comme une séance de méditation <br /><br />il m&#039;explique qu&#039;il faudra fumer 3 taff et passer ensuite, toujours<br />je ne m&#039;attends à rien <br />je lui dis que je doute de ce que ca me fera<br />que surement, je ne ressentirai rien <br />je n&#039;y crois pas vraiment <br />et je n&#039;imagine rien <br />je ne sais pas et je ne me pose pas vraiment de questions <br />je me sens bien et plus sereine que l&#039;après midi <br />mais<br />fatiguée, alcoolisée, le nez qui pique <br /><br />il allume <br />il fume et me passe le joint <br />je fume les trois taff<br /><br />immédiatement, je sens les effets<br />tout devient plus lumineux, plus graphique<br />les formes sont géométriques<br />les arbres et les feuilles dansent <br />le sol est cotonneux, rassurant, enveloppant<br />sa tête a lui est très drole <br />je me marre<br />je ris, beaucoup <br />je lui raconte comme c&#039;est drole<br />je me sens bien <br /><br />tout est là et tout est pourtant autre<br />et tout est beau <br />différent <br />et je trouve ça incroyable de voir tout ça <br /><br />20 minutes plus tard <br />ca commence à s&#039;estomper <br />doucement <br />sans violence <br />et je me sens tellement bien <br />et tout est tellement drôle<br /><br />on discute de l&#039;expérience <br />et puis un peu plus tard<br />on recommence <br /><br />la deuxième fois <br />je n&#039;ai plus envie de rire <br />je vomis <br />sans me sentir vraiment mal, mais il faut que ça sorte<br />et puis je m&#039;allonge<br />je touche l&#039;herbe<br />et je me sens bien <br />détendue <br />l&#039;herbe est tellement bonne<br />je la touche <br />ca me fait du bien <br />je regarde les feuillages de l&#039;arbre <br />ca bouge <br />ça avance vers moi, ça se multiplie <br />et c&#039;est tellement beau <br /><br />ca diminue progressivement comme la première fois<br />et je me sens apaisée<br /><br />on rentre chez lui <br />et je m&#039;endors<br />bien <br /><br />(A suivre...)]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Sun, 01 Nov 2020 05:44:00 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Ce que disent les arbres 1 - Refuge & Sanglots / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Ce-que-disent-les-arbres-1-Refuge-Sanglots_5967_1.html</link>
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<description><![CDATA[Aout 2020 <br /><br />Je me réfugie dans une des chambres de mon lieu de travail. <br />Tout le monde est en vacances, je sais que le lieu est désert et que je pourrais y être tranquille. <br /><br />J&#039;ai le coeur qui bat plus vite qu&#039;une voiture sur l&#039;autoroute, je tremble comme si j&#039;avais froid, et pourtant je transpire comme si j&#039;étais dans un sauna. <br />Je m&#039;allonge sur le lit, dans cette chambre à la décoration froide qui n&#039;est habituellement pas pour moi. <br />Pendant un instant, je perçois tout ce qu&#039;ont perçu nos invités de la saison passéé. <br /><br />Cet été, je ne travaille pas ici. <br />J&#039;ai un autre travail, dans la même ville. <br />Mais là, maintenant, je n&#039;ai pas la force d&#039;y aller. <br />J&#039;y suis allée deux heures ce matin et je me suis éclipsée sur la pause déjeuner. en disant que j&#039;allais me reposer deux heures et que je reviendrai cet après midi. <br /><br />Mais non <br />je n&#039;irai pas<br />je le sais en arrivant dans la chambre&nbsp; <br />Je ne suis pas en état physique. <br />Je ne veux pas qu&#039;on me voit comme ça. <br />Je ne peux pas me présenter comme ça. <br />tremblante, vacillante, déboussolée <br /><br />Alors, je me réfugie dans ce lieu, pour me reposer. <br />Car je n&#039;ai même pas la force de prendre la voiture et conduire une demie heure pour rentrer chez moi. <br />Je sais que je ne suis pas en état, que ce serait dangereux. <br /><br />Pourtant, la nuit dernière, je l&#039;ai fait. <br />J&#039;ai pris le volant à 2h du matin pour rentrer après une soirée avec mes collègues. <br />Je me foutais de tout, je n&#039;avais plus conscience de rien. <br />Tout ce dont j&#039;avais envie, c&#039;était choper 1g. <br />Alors j&#039;ai conduit, sans aucune peur, sans notion du danger. Inconsciente, irresponsable. <br />J&#039;ai consulté mon téléphone, et tout à coup j&#039;ai senti une secousse et un bruit. La voiture frottait une rambarde sur le côté droit. J&#039;ai tourné le volant d&#039;un coup sec, et je suis revenue sur la route. J&#039;étais seule, sans voiture autour de moi. <br />Ca ne m&#039;a pas semblé si grave. <br />C&#039;est le lendemain matin seulement, après une nuit blanche, que j&#039;ai constaté les dégats sur la voiture. <br />Mais je n&#039;ai pas tout de suite réalisé que j&#039;avais fait quelque chose de grave, que j&#039;étais allée trop loin. <br />Que cette rayure, tout le long de la voiture de mon copain, c&#039;était un détail par rapport à ce qui aurait pu m&#039;arriver. <br />A ce que j&#039;aurai pu m&#039;arriver toute seule. <br />Que c&#039;était plus que mon comportement &quot;Borderline&quot;. <br />La ligne, je ne la frôlais pas cette nuit là, je l&#039;avais bel et bien franchie. <br /><br />A ce moment là , dans cette chambre, j&#039;y pense un peu. <br />Mais j&#039;essaye de repousser cette prise de conscience. <br />Je suis trop accaparée par mon corps, par ces souffrances physiques qui prennent toute la place. <br /><br />J&#039;envoie des messages à mes collègues à qui je fais faux bond, et je ne reçois pas de réponses. <br />Ca me rend folle. <br />Je perds complètement pieds. <br /><br />Mes pensées partent dans tous les sens <br />et à la fois, <br />tout ce à quoi je pense c&#039;est, <br />faire taire cette douleur <br />arrêter tout ça <br />et pour que tout cela se calme <br />il me semble trop douloureux d&#039;attendre<br />de patienter<br />de me dire que cela va finir par passer<br /><br />non, je veux me soulager maintenant <br />alors tout ce que je trouve c&#039;est<br />finir le sachet<br />et puis <br />fumer clopes sur clopes <br />et puis <br />ouvrir une bouteille de rosé trouvée derrière une porte fermée à clé du bureau, une bouteille parmi toutes les autres, achetées pour ces soirées du printemps qui n&#039;ont pas pu avoir lieu <br />toutes, annulées<br />la saison, rayée <br /><br />je fume accroupie sous la fenêtre de la chambre, <br />j&#039;écoute les bruits du bâtiment, <br />j&#039;entends parfois des voitures, des gens qui viennent et qui parlent quelques mètres plus loin <br />je sursaute, <br />j&#039;ai peur qu&#039;on découvre ma présence <br />je me fais toute discrète, je marche sur la pointe des pieds, j&#039;ose à peine tousser ou me moucher, <br />comme si on allait découvrir que je suis là, <br />dans quel état je suis là<br />et j&#039;en ai tellement honte <br />que ces pensées ne font qu&#039;amplifier plus encore les battements de mon coeur, les frissons, les sueurs <br /><br />derrière les rideaux de la chambre que j&#039;ai tiré, la lumière de l&#039;été passe <br />j&#039;entrouvre le plus doucement possible la fenêtre, pour que la fumée de mes cigarettes puisse sortir <br />quand tout devient calme et que je sens que personne n&#039;est là <br />que je suis bien toute seule dans ce lieu <br />j&#039;entrouvre les rideaux et je regarde les arbres par la fenêtre<br />il y en a beaucoup autour du bâtiment <br />et je me dis qu&#039;ils sont beau, ces arbres<br />et que ce refuge<br />heureusement qu&#039;il est là <br />heureusement que je peux écouler ma peine, à cet endroit là <br />trouver une place à ma solitude <br />souffrir librement <br />dans cet espace <br /><br /><br />La journée passe, finalement <br />si lentement, mais elle finit par passer <br />et peu à peu, je reprends mes esprits<br />le brouillard s&#039;estompe un peu <br />et quand je commence à voir plus net, je regrette déjà cette torpeur sécurisante <br /><br />je retrouve un peu de force et d&#039;énergie <br />j&#039;ai envie de bouger, je me lève, je descends dans la cuisine <br />je me ressers un verre de rosé <br />j&#039;attends <br />mais je ne sais pas vraiment quoi <br />ce que je vais pouvoir faire après tout ca <br />finalement, <br />je commence à accepter<br />à me dire que cela va s&#039;arreter <br />et que demain est un autre jour <br /><br />mais malgré ça, une tristesse s&#039;empare de moi <br />je pleure, je larme, je ruissèle <br />je commence à suffoquer <br />je respire à peine, j&#039;ai la sensation d&#039;être envahie par une tristesse plus forte que moi, par un chagrin qui ne m&#039;appartient plus <br />je n&#039;ai plus la force de retenir <br />je me sens désespérée, tout m&#039;abandonne <br /><br />accroupie sur le carrelage froid de la cuisine <br />tout s&#039;en va <br />les sanglots me tordent le souffle <br /><br />Il arrive alors, <br />mon collègue <br />pas celui du travail de l&#039;été, celui de toute l&#039;année<br />celle passée et celle qui viendra<br /><br />on devait faire une soirée ce soir là <br />on a échangé quelques messages plus tot <br />il voulait savoir s&#039;il pouvait venir boire un verre avec tout le monde, je lui ai dit qu&#039;il n&#039;y avait que moi et que j&#039;étais dans un sale état <br /><br />il me retrouve là, <br />blottie contre le carrelage froid <br />sanglotant <br />ca devait être un triste tableau <br />il me dira plus tard qu&#039;il a cru un instant que j&#039;étais morte en voyant mes pieds sur le sol <br />mais non, <br />je suis bien <br />vivante <br /><br />et c&#039;est cette vie qui me fait tout ça <br />cette vie que j&#039;aime et que j&#039;embrase plus que je ne le dois<br /><br />quand tout s&#039;en va, <br />j&#039;ai toujours envie <br />de poursuivre le chemin <br /><br />(à suivre)]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Sun, 01 Nov 2020 05:08:17 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Ces nuits blanches qui éclairent ce qu'on cache dans le noir / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Ces-nuits-blanches-qui-eclairent-ce-qu-on-cache-dans-le-noir_5928_1.html</link>
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<description><![CDATA[Réflexions après mon rendez vous d&#039;hier après midi avec ma psychologue du CSAPA<br /><br />Souvent, on parle de l&#039;écriture <br />car elle est centrale dans ma consommation<br />et oui je suis persuadée depuis longtemps que ce qui me fait revenir à ca, <br />c&#039;est pour l&#039;écriture <br />c&#039;est pour retrouver cette facilité <br />me permettre de créer un espace temporel consacré à ça<br />retrouver une motivation pour créer <br />dire des choses <br />avoir envie de raconter ces petites histoires <br />les miennes <br />et celles des autres que je croise <br /><br />souvent, on parle de l&#039;écriture <br />car oui, je consomme pour écrire<br />et je n&#039;y arrive plus <br />ou presque<br />sans ces nuits blanches <br />souvent <br />je pense que tout commence avec ce mouvement <br />cette danse de la carte sur des petits morceaux blancs <br />que j&#039;écrase et que je transforme <br />en poussière <br />et que sans ça non <br />c&#039;est tellement plus difficile d&#039;écrire<br /><br /><br />mais si&nbsp; <br />finalement ... <br /><br />Peut etre que ce n&#039;est pas que pour <br />retrouver l&#039;écriture <br /><br />Peut être <br />que l&#039;écriture <br />elle arrive <br />après <br /><br />quand c&#039;est rendre ce trop plein <br /><br />ce moment où on ne peut plus garder <br />à l&#039;intérieur <br />elle est peut etre là pour faire sortir <br />tout ça <br />ce trop <br />qui bouillonne <br />qui déborde <br />qui veut s&#039;enfuir<br /><br />peut être que l&#039;écriture <br />elle arrive après <br />ce que je recherche vraiment <br />et que quand elle arrive <br />j&#039;ai déjà trouvé <br />ce que la poussière de lune <br />me donne<br /><br />peut être <br />que je me suis trompée<br /><br />tout à coup ce matin <br />dans cette torpeur <br />cet essoufflement <br />ce doux nuage enbrumée <br />les doigts glacés<br />le nez qui picote<br />et les narines qui sifflotent<br />j&#039;entrevois ce matin <br />autre chose<br />qui m&#039;avait échappé<br /><br />ca ne change surement <br />pas grand chose<br /><br />mais peut être <br />un peu <br />quand même<br /><br />Et si finalement<br />ce que je poursuis à travers<br />tout cela <br />c&#039;est simplement me reconnecter <br />pendant quelques instants<br />le temps de quelques heures volées <br />à la nuit<br />me reconnecter au Pays de Nulle part<br />aux petits tiroirs plein de poussières<br />qu eje garde discrètement<br />dans une petite pièce secrète<br />au fond de ma maison <br />une petite pièce <br />que personne ne connait <br />derrière une porte fermée à clé <br />derrière cette vieille porte qu&#039;on croit condamnée <br /><br />si finalement<br />les écrans noirs de mes nuits blanches<br />était le seul chemin <br />que je connais <br />pour prendre le petit passage secret <br /><br />celui qui mène aux cauchemars enterrés<br />aux hontes qu&#039;on tait <br />aux moments <br />si flous <br />qu&#039;on ne sait plus vraiment s&#039;ils ont un jour existé<br />aux petits instants<br />et aux dérives <br />et aux folies<br />qu&#039;on se persuade d&#039;avoir oublié<br /><br />et pourtant <br />ils sont là <br />malgré tout <br />et je crois que j&#039;aime bien les retrouver<br />ces vieilleries du greniers<br />y revenir <br />retourner dans les petits coins secrets <br />qu&#039;on laisse de coté qu&#039;on pensait <br />pouvoir garder derrière <br />des portes fermées à double tour <br />sans que ça fasse aucun bruit <br />en espérant <br />qu&#039;avec le temps<br />ca finisse par disparaitre<br />s&#039;évaporer<br />comme les pousssières qu&#039;on balaie<br />et qui s&#039;envolent sans qu&#039;on s&#039;en apperçoive<br /><br />c&#039;est vrai <br />je les mets de coté tous ces moments là <br />je les garde dans le noir en me disant que ça n&#039;existe pas vraiment<br />et pourtant quand je les retrouve<br />quand je les libère<br />quand je les laisse sortir de la cage <br />à chaque fois <br />il me semble bien que je respire un peu mieux <br />dans ces heures volées pendant lesquelles<br />j&#039;ai un peu de poussière de lune <br />celle qui emporte <br />les battements de mon coeur <br /><br />quand je retourne dans ces petits recoins <br />que je me souviens <br />de ces petites bulles <br />dont j&#039;ai honte <br />mais pendant lesquelles <br />pourtant<br />je me suis sentie tellement <br />vivante<br />tellement <br />vibrante <br />pendant quelques heures <br />qui semblent être trop folles <br />pour être vraiment réelles<br />quelques heures <br />pendant lesquelles ma vie fictionne <br /><br />je reviens toujours <br />à cette petite fille <br />qui cherche son souffle<br />à cette jeune femme <br />qui manque d&#039;air <br />à cet héritage qui <br />m&#039;oppresse<br />et pourtant m&#039;inspire<br />et que j&#039;aime tant <br />encore <br />exprimer<br /><br />j&#039;aimerai bien passer<br />à autre chose<br />raconter d&#039;autres histoires<br />mais c&#039;est toujours celle ci <br />que j&#039;ai envie de raconter<br />que j&#039;ai besoin de raconter <br /><br />j&#039;y reviens <br />encore <br /><br />et ce soir ça me donne la nausée <br />me retourne le coeur <br />et après ces lignes blanches<br />c&#039;est du jaune qui sort de mon corps]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Sat, 26 Sep 2020 09:47:39 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[j'enregistre. / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/j-enregistre_5893_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">5893@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
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<description><![CDATA[J&#039;ai toujours ce truc là <br />toujours là, encore<br />blotti au creux de mon ventre<br />qui me charge de quelque chose <br />de plus grand que moi <br />me répète que non <br />je n&#039;ai pas le droit je ne peux pas<br />ne rien faire <br />me reposer<br />ce n&#039;est pas <br />pour moi <br />car j&#039;ai cettre chose <br />à dire <br />au monde à <br />sortir <br />et ce serait trop dommage <br />de ne pas avoir le courage d&#039;aller<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /></p><p style="text-align: right">jusqu&#039;au bout.</p><p> <br /><br /><br />je recommence à enregistrer<br />ca faisait longtemps <br />je ne sais pas trop pourquoi mais <br />je recommence <br />j&#039;appuie sur le bouton rouge<br />et le temps se met à défiler<br />je l&#039;oublie quelques instant<br />et quand je m&#039;en souviens et que <br />je regarde oui <br />je vois que le temps s&#039;écoute <br />et que ces minutes et ces secondes qui sont là <br />ce sont les minutes et les secondes<br />que j&#039;ai capturé <br />les voix et instants que j&#039;éternise le temps que <br />j&#039;ai volé<br />sans demander la permission<br /><br />je recommence à enregistrer<br />ca faisait longtemps <br />je ne sais pas vraiment <br />pourquoi <br />j&#039;avais arrêté et <br />pourquoi <br />je recommence<br /><br />peut être qu&#039;il n&#039;y avait<br />plus rien <br />à enregistrer<br /><br />peut etre que je n&#039;avais plus <br />ce sentiment<br />là <br />qu&#039;il faut retenir <br />garder ces petits morceaux là <br />ces petits bouts<br />cette matière terrestre remplie de cailloux de graines et de vers<br />car peut être<br />un jour <br />plus tard<br />ce sentiment conviction espoir que ces petits instants volés au temps et aux gens<br />je pourrai les recycler<br />les rafistoler entre eux <br />avec un bout de ficelle<br />réparer les enfants perdus <br />donner une forme aux mauvais rêves<br />dépoussiérer les vieux objets un peu dégouttants <br /><br />je ne me souviens même plus pourquoi j&#039;ai eu <br />envie de les capturer<br />ce jour là mais <br />je fais confiance et je continue <br />j&#039;attends et j&#039;ai foi en ces moments <br />j&#039;attends que ça morde <br />que la ligne s&#039;agite <br />au bout de ma canne <br />je continue d&#039;y croire <br />qu&#039;il y aura quelque chose au bout <br />à tirer<br /><br /><br />alors en attendant <br />je garde<br />ce que j&#039;ai peur d&#039;oublier <br />je garde<br />quand j&#039;ai peur de m&#039;oublier <br />ou bien de me perdre<br />j&#039;enregistre<br />pour me retrouver <br />entendre ma voix <br />ce que je suis quand je m&#039;égarde<br />quand je m&#039;égare<br />quand je m&#039;échappe de moi même <br /><br />je vole <br />les disputes<br />les colères <br />les débats<br />les coeurs qui bas<br />tout bas<br />s&#039;effritent sans un bruit<br />je vole <br />les moments de folies<br />les rencontres d&#039;une nuit <br />les disparitions invisibles<br />cet autre monde<br />cette ligne après <br />la bordure<br />cet instant en suspens <br />qui ne veut plus rien dire<br />pendant lequel <br />je fais n&#039;importe quoi <br />pendant lequel <br />je peux être n&#039;importe qui <br />et aller n&#039;importe où <br />n&#039;importe quand <br />et peu m&#039;importe <br />si ce n&#039;est enregistrer car oui ça <br />c&#039;est important <br />pour retrouver le son <br />de la porte<br />celle qui mène<br />à ma chambre]]></description>
<slash:comments>1</slash:comments><pubDate>Fri, 11 Sep 2020 02:39:07 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Demain j’aurai / Le blog de IsadoraD]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Demain-j-aurai_5800_1.html</link>
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<description><![CDATA[Cette douleur <br />Ce truc qui me brûle à l’intérieur<br />Demain je l’aurai oublié <br /><br />Cette douleur <br />Ce poids<br />Ce souffle coupé<br />Demain <br />Vivement <br /><br />Cette nausée <br />Cette douleur <br />Comme si on me coupait en deux <br />Transpercée <br />Demain <br />Oublié<br /><br />J’ai tellement mal <br />Tellement tellement <br />C’est la <br />C’est bien la <br />Tellement <br />Mais demain je l’aurai oublié <br /><br />Maintenant <br />C’est si fort <br />Cette fureur <br />Qui me transperce <br />Je me demande qui appeler <br /> À qui demander <br />A qui <br />De l’aide <br />Qui peut <br />Me supporter <br />Car je ne peux pas <br />Supporter ça <br />Toute <br />Seule <br />Ce n ‘est pas <br />Possible <br />J’ai tellement <br />Mal <br /><br />Mais je sais que <br />Demain <br />J’aurai oublié <br />Que <br />Demain <br />Je ne me souviendrai plus <br />De cette douleur <br />Que j’aurai oublié <br />Cette intensité <br />Ce sera loin <br />Comme un mauvais cauchemar <br />Comme un truc qui n’a pas vraiment <br />Existe <br /><br />Mais pourtant la <br />C’est la <br />Et j’ai tellement <br />Tellement mal <br /><br />Et je ne sais pas <br />A qui <br />Demander <br />A qui <br />Dire <br />Qui appeler <br />Ça me semble tellement fort <br />Tellement au dessus de mes forces<br />Je ne peux pas <br />Vivre ça <br />Toute seule <br /><br />Et pourtant si<br /><br />Je vais attendre <br /><br />Et demain <br />Oublié <br />Même si <br />Ma peau <br />Frémira <br />Elle s’en <br />Souvient <br />Elle <br />Le corps <br />Il n’ouvlie pas]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Thu, 09 Jul 2020 05:55:29 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ IsadoraD ]]></dc:creator></item>
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