<br />
<b>Warning</b>:  Undefined array key "HTTP_IF_NONE_MATCH" in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>190</b><br />
<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0"  xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">
<channel>
		<atom:link href="https://www.psychoactif.org/forum/blog_rss.php?bid=140790" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Le blog de Gentle Iron / Psychoactif</title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Gentle-Iron_140790_1/</link>
<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
<item>
<title><![CDATA[Marée Méthadone / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Maree-Methadone_2815_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2815@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[D&#039;abord le goût amer et sucré du sirop. <br /><br /><br />Au début, un vent chaud annonce la marée.<br />Mais très vite la première vague, forte et sirupeuse, elle englue tout mon corps, me ralentie,la vague se retire un peu, mon corps est léger mais mes jambes restent de plombs. La deuxième vague alors arrive tout aussi collante, le goût amer englue mon palais, mes ailes enduites de sucre sont lourdes. Collants les gens, collantes les barres de métro et j&#039;aimerai bien m&#039;asseoir. La vague se retire, dans ma tête ça secoue, comme les rouleaux qui percutent le récif. La troisième vague arrive, elle est déjà moins collante, le sirop se dilue, le goût passe un peu, je suis un peu moins perdue. Puis les vagues se font de plus en plus vagues, leur amplitude se dissipe.<br /><br /><br />Le matin, le lagon est à sec. J&#039;attends patiemment, la vessie pleine, assise sur une nouvelle chaise froide, celle à côté du bureau de l&#039;infirmière. <br /><br /><br />Mes journées sont géniales. Mes nuits pourries. Vers 20h00 la marée se retire, il ne reste pas plus qu&#039;un petit clapotis. Et vers 3h00, un peu avant, un peu après, c&#039;est l&#039;impression de désert. <br /><br /><br />On maintient encore une journée à 5mg. Pour le moment c&#039;est gérable mais il va falloir que je dorme. <br /><br /><br />Aujourd&#039;hui je reçois le rouleau dans le bureau de l&#039;infirmière. J&#039;suis assise et prolixe, même enduite de sirop, l&#039;infirmière me trouve plutôt vive. Ça n&#039;est pas mon infirmière habituelle mais elle est fort aimable également. Je commence à trouver mes marques. Je quitte le centre à la troisième vague. <br /><br /><br />Vers 20h00, à nouveau, la marée se retire. Ça n&#039;est pas insupportable mais c&#039;est désagréable. Le sommeil tarde à venir, quand je le trouve enfin, l&#039;alarme me réveille. J&#039;ai froid, j&#039;ai mal partout et c&#039;est frisonnante, emmitouflée dans une grosse écharpe, que je me rends à Saint Anne. <br /><br /><br />On passe à 10mg. J&#039;ai peur que la première vague ne soit trop forte. Finalement ça me rend un peu plus ensuquée mais je me sens plutôt bien jusqu&#039;à 13h00. J&#039;ai un coup de barre, que je tente de contrer par une gélule de guarana. Je me mets à trembler, j&#039;ai la nausée, j&#039;ai des palpitation, ça ne va pas et dans une heure je vais bosser. Je décide de m&#039;allonger un peu, je somnole mais ne dors pas. Le réveil sonne, je dois aller au travail, ça va un peu mieux.J&#039;ai la nausée. <br /><br /><br />Je suis surdosée mais j&#039;ai plus mal aux jambes. <br /><br /><br />Le soir les vagues sont encore bien présentes, elles me berceront durant 7h00. 7 putain d&#039;heures. C&#039;est mon réveil qui me tire du lit, je veux encore dormir, ça fait si longtemps. Le percale me fait du chantage, aller encore dix petites minutes. Je cède une première fois. Pour une fois c&#039;est le snoozer de mon téléphone qui me tire de mon sommeil et pas le snoozer à codéine. <br /><br /><br />Je vais oublier les réveils à 6h30 ce week-end. Pas de bol, je bosse. Je bosse tôt. Je me lève à 7h15. On continue à 10mg, même si nous convenons que 7,5mg serait plus approprié pour éviter les nausée. <br /><br /><br />J&#039;ai l&#039;impression d&#039;enfin reconnaître la fatigue. D&#039;habitude quand je suis fatiguée, mon corps lutte, mes jambes tressautent, j&#039;ai des tremblements, mes membres semblent ne pas vouloir écouter mon cerveau qui leur somme pourtant de se reposer. Là, ils ont rendus les armes. Ils sont prêts à dormir . Si ça n&#039;est la céphalée induite par la baisse de caféine, je me sens plutôt bien. Fatiguée mais bien. <br /><br /><br />La marée est moins forte qu&#039;hier. C&#039;est peut-être lié au fait que pour une fois mon corps n&#039;est pas à sec. <br /><br /><br />Je marche avenue René Cotty. J&#039;aime cette avenue bordée de grands immeubles haussmaniens aux corniches délicates, aux&nbsp; rotondes élégantes et aux motifs classiques. De temps en temps quelques immeubles contemporains aux balcons de verre viennent rythmer le parcours. Et il y a cette allée que je suis pour fumer mon spleef à l&#039;abrit des buissons qui longent les voies. <br /><br /><br />La vague glue arrive, mon pas se ralenti, le monde se ralenti, je monte dans le RER, j&#039;ai besoin d&#039;espace. La vague se retire, il reste l&#039;écume, je change de ligne, je m&#039;assoie. La deuxième vague arrive, j&#039;ai sommeil, je ferme un peu les yeux, le train me balotte, mon corps est léger et mes jambes aussi. <br /><br /><br />J&#039;ai sommeil parce que c&#039;est normal d&#039;être fatiguée quand on a peu dormi. <br /><br /><br />J&#039;ai sommeil et je chéri cette sensation. <br /><br />Dans mon sac je transporte deux flacons, soigneusement rangés avec leur ordonnance, le seul moyen légal de transporter de la méthadone. Je réfléchis, je pourrais ne consommer que 75% de mon traitement mais puisque je devrais avaler les 10mg au csapa dès lundi, ça ne me semble présenter qu&#039;un intérêt limité dans une phase de stabilisation. De toute façon on verra ça demain matin. <br /><br />Il est 8h15, c&#039;est la première fois que j&#039;avale la méthadone chez moi, j&#039;avale les 7,5 cl entièrement. Le week-end se passe. Bien. <br />Il n&#039;y a plus de marrée basse et beaucoup moins de rouleaux. Les vagues me ballottent, c&#039;est un peu grisant. De tant à autre j&#039;ai le mal de mer, un fond de nausée me perturbe. Je mange un morceau et ça va mieux. <br /><br />J&#039;ai encore quelques boîtes de prontalgine et de dafalgan codéine, elles sont posées prêt de mon lit, à côté du réveil codéine, je crois que ça me rassure de les savoir à leur place. Je rempli toujours mon pilulier, guarana, fer, melatonine, vitamine B12... Les prises rassurent mon esprit coutumier. Dehors, un brouhaha mêlé d&#039;éclats de rire s&#039;échappent des bars alentours, quelques uns tournent à la recherche d&#039;un endroit où garer leurs&nbsp; véhicules, l&#039;écho de la vie nocturne. <br /><br /><br />La marée méthadone me porte sur ces flots doucereux, sucrés et collants. Le ressac me berce des nuits entières, miracle jaillissant des eaux sirupeuses. Je rêve de Poséidon et de son trident, il agite la marée, l&#039;apaise, il souffle un vent chaud, je transpire, il souffle un vent froid, je grelotte, il frappe le fond marin, je tremble. <br /><br /><br />La marée méthadone englouti l&#039;univers, l&#039;espace-temps est tordu. Je me promène dans un monde nouveau ou tout est à peu près comme avant mais pas exactement. Les journées sont plus courtes, les heures plus longue et mes paupières sont lourdes.]]></description>
<slash:comments>11</slash:comments><pubDate>Fri, 29 Sep 2017 09:37:59 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Monde Métal. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Monde-Metal_2795_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2795@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[<strong>20h30</strong>. Voilà bientôt 12h00 que j&#039;ai pris mes 45 derniers milligrammes de codéine base. Les premiers effets du manque se font sentir, le froid. Je tremble et je grelotte mais c&#039;est tout. <br /><br /><br /><strong>22h00</strong>. Je prends un bain chaud. En sortant 40 minutes plus tard, je prends la melatonine et un quart de lexomil. Je glisse dans mon lit. <br /><br /><br /><strong>23h30</strong>. Je m&#039;ecroule et l&#039;effet combiné à la melatonine me fait m&#039;endormir comme une souche. <br /><br /><br /><strong>5h00</strong>. Je me réveille. Je lis les messages de soutien et d&#039;encouragement sur PA. Je m&#039;dis, bah ça va le manque en fait. <br />Je reviendrai là dessus 10 minutes plus tard, quand mes jambes commenceront à faire des leurs. Mon corps réclame sa dose. Ça fait 17h00 et sans être malade, j&#039;suis pas bien. Je crois que je vais me branler un peu, ça génère des endorphines, c&#039;est toujours ça de pris. <br /><br />Mon esprit me souffle qu&#039;il faut que je me soigne. J&#039;ai mal au ventre. Mais ça va.<br /><br /><br /><strong>7h00</strong>. Je prends la caféine, l&#039;ibuprofen et le smecta, je m&#039;habille chaudement, j&#039;ai froid. Je fume un pet. Je traîne un peu. <br /><br /><br /><strong>8h30</strong>. Je pars au boulot. J&#039;suis en avance. <br />La matinée s&#039;écoule sans trop de speed. Et ça va, ça gère. Mais régulièrement, comme un snoozer qui fait son petit bordel toutes les trente minutes, une petite alarme dans ma tête me souffle: codéine.&nbsp; <br /><br /><br /><strong>13h00</strong>. C&#039;est l&#039;heure de la pause déjeuner. Cela fait un peu plus de 24h00 après ma dernière prise. Tout est trop bruyant, trop lumineux. J&#039;ai l&#039;impression que le monde est fait de métal. Tout paraît froid, l&#039;écho des voix est métallique, la luminosité quasi bleuté et j&#039;ai un goût de sang dans la bouche. Le monde est métal, si d&#039;ailleurs la bouffe pouvait être en fer ça m&#039;arrangerait. J&#039;ai mal à la gorge. <br /><br /><br /><strong>14h30</strong>. 26h00 après, je commence à bien sentir le manque. J&#039;ai la chiasse, j&#039;ai froid aux os et j&#039;ai encore l&#039;après-midi à tenir. J&#039;suis pas en forme mais je m&#039;attendais à pire. Du coup je me mets à flipper. Et si j&#039;avais arrêté trop tard et si demain j&#039;ai pas le droit au tso? Cette angoisses ne s&#039;en ira plus. Jusqu&#039;à ce que le flacon de méthadone soit sous mes yeux. <br /><br /><br /><strong>20h00</strong>. Ma journée de boulot est terminée. J&#039;suis presque à la maison. Par moment ça va mieux. Je me force à boire pour diluer mes urines, je me force à manger, mes jambes peinent à me traîner à la cuisine. J&#039;ai faim mais je n&#039;ai pas d&#039;appétit. J&#039;essaie de manger un truc que j&#039;aime bien. Ça va sans doute se transformer en carnage pour les chiottes mais j&#039;ai besoin de manger. J&#039;opte en plat préparé néanmoins satisfaisant, qui aura essentiellement son mode de préparation à son avantage: 3 minutes au micro-ondes. À peine terminé que j&#039;ai la gerbe. Tant pis. Je crois même qu&#039;il n&#039;aura pas le temps de visiter mes magnifiques intestins. J&#039;essaie de ne pas vomir. J&#039;vais m&#039;fumer un pétard ! <br />Le troisième de la soirée, bon, faut ce qu&#039;il faut ! <br /><br /><br /><strong>21h45</strong>. Je vais me démaquiller. A traîner mine de rien j&#039;ai presque fais passer 2h00. H-10. Faut que je boive plus. J&#039;vais pisser un coup. Je me démaquille enfin. J&#039;ai les pupilles dilatées. Ça me fait des yeux bleus marine, j&#039;ai même pas une sale gueule et j&#039;ai pas vomi mon dîner, je loue les effets anti-émétiques de la weed. Mes jambes me font souffrir. Un enfer. Je me fais un pu er et je m&#039;y brûle les doigts. J&#039;installe mon lit. J&#039;attends scrupuleusement 22h30 pour prendre la melatonine. Alors que ma tête s&#039;endort, mes jambes se réveillent. Mon dos couine. On dirait que toutes les parties de mon corps qui ont souffert un jour se manifestent. Je sais appréhender la douleur avec philosophie, mais aussi avec de la codeine. Mon snoozer sonne, ça faisait longtemps. <br />Mais pourquoi ne pas prendre un ou deux comprimés, ça ira mieux, me chuchote mon cerveau, mon corps est de mèche, il me souffle des douleurs fantomatiques pour m&#039;inciter. Si il n&#039;y avait pas le Grââl au bout du chemin, j&#039;aurais déjà cédé. <br /><br /><br /><strong>23h00</strong>.Des voix dehors raisonnent dans le monde métallique. La chaleur de mon lit est froide comme l&#039;acier. Mon dos est parcouru de fils barbelés et ma tête est faite de plomb. Tout est lourd, ma demeure mentale est toute petite, il y fait poussiéreux et froid. Mon rocking-chair n&#039;est plus, remplacé par une chaise froide en résine. Je m&#039;endors.<br /><br /><br /><strong>3h00</strong>. Et me réveille brutalement. J&#039;ai mal. Je m&#039;lève pour pisser, je fume un pétard. <br /><br /><br /><strong>4h00</strong>. Je me rendors. <br /><br /><br /><strong>6h30</strong>. Je me lève. Ça fait 42h00 que j&#039;suis à sec. Ça va. Je me dis même que c&#039;est pas si terrible. Je m&#039;habille. Pas de douche, j&#039;ai trop froid, même si mon lit dit que j&#039;ai eu chaud. J&#039;ai mes règles. Pas de bol. Je me roule un spleef. <br /><br /><br /><strong>7h00</strong>.Je me maquille vaguement, juste un peu de poudre, du Rimmel et le truc infaillible quand on a une sale tête, le rouge à lèvre rouge. J&#039;suis toute de noir vêtue, c&#039;est le deuil. <br /><br /><br /><strong>7h40</strong>. C&#039;est en descendant que... Ah j&#039;ai oublié mon téléphone. C&#039;est en remontant les escaliers que je me rend compte qu&#039;en fait ça va pas tant que ça. J&#039;suis essoufflée. Je halette. Je me traîne. <br /><br /><br /><strong>7h45</strong>. Le métro est blindé. Ça pue les parfums. J&#039;ai la gerbe. Ma tête en plombs pèse lourd. J&#039;ai mal aux cervicales. <br /><br /><br /><strong>8h10</strong>. Je&nbsp; sors à Glacière. L&#039;air frais me fait du bien. Ça va mieux. Je découvre la vie de la rue Broussais. C&#039;est une rue habitée, de beaux immeubles, aux barres de HLM, des enfants qui vont à l&#039;école, des parents qui les accompagnent. J&#039;suis en avance. Pour une fois. Comme quoi suffit de m&#039;appater avec une grosse récompense. <br /><br /><br /><strong>8h20</strong>. Mon corps maudits ces dix minutes d&#039;attente. Je reste un peu à l&#039;écart du groupe qui se tient devant le portail du csapa. Mon corps est en guerre mais mon esprit ne va pas mal. Un mec qui a l&#039;air d&#039;un flic passe à côté de moi, il me dévisage de la tête au pied, l&#039;air méprisant. Il a vraiment l&#039;air d&#039;un flic avec son trench Colombo et sa calvitie. Il disparaît dans le décors. <br /><br /><br /><strong>8h30</strong>. Je hais le temps suspendu. J&#039;ai bu plus d&#039;un demi litre de thé. J&#039;ai envie de pisser. J&#039;ai envie de pisser négatif. <br /><br /><br /><strong>8h30</strong>. Ils sont en retard. C&#039;est quoi ce bordel ! Je les maudits. Je hais le monde. Mon corps me hais. Les gens rentrent. C&#039;est la file d&#039;attente. Mais ma Doc me reçoit en priorité avec un autre médecin Docteur Psychiatre addictologue. Il à l&#039;air encore plus sûr de lui que la Docteure jeudi dernier. <br />Le Docteur essait à son tour de m&#039;orienter vers le suboxone. A un moment je coupe le confrère de ma Doc, j&#039;ai bien réfléchi, j&#039;ai vraiment bien réfléchi et je connais tous les avantages du suboxone. C&#039;est que ça n&#039;est pas raisonnable, j&#039;ai un dégoût. <br />Il s&#039;avoue vaincu. <br />Il m&#039;explique qu&#039;en parallèle ils s&#039;occupe du suivi psy, des comorbidités, c&#039;est pour ça que j&#039;ai choisi Saint Anne, je crois que ça le flatte un peu. Il se détend un peu. Oui, mes décisions sont réfléchies. <br /><br />Finalement on commence à 5mg. <br /><br /><br /><strong>9h00</strong>. Je fais pipi dans un gobelet, je tremble mais ça va j&#039;arrive à maintenir le truc et je vise juste. Mes urines sont prélevées, on me donne la méthadone. C&#039;est sucré et amer mais ça va. L&#039;infirmière est vraiment très gentille, c&#039;est la première du centre à prononcer mon nom correctement, elle vient de la même région que moi. Je l&#039;aime bien, elle a un regard bienveillant. <br /><br />Je m&#039;étais fait la réflexion plusieurs fois et si leur truc des urines négative c&#039;était de l&#039;arnaque? Un truc incitatif ? Parce-que là je n&#039;ai pas l&#039;impression qu&#039;ils aient eu le temps d&#039;analyser quoi que ce soit. C&#039;est possible. <br /><br />Je dilue le fond du flacon. Je bois un verre d&#039;eau. J&#039;enlève mon écharpe, au bout de quelques minutes je sens les effets de la méthadone. Mon corps est à sec depuis 44h00, c&#039;est comme une éponge déshydratée qui se gorge d&#039;eau. Y a une montée. Non euphorique. Je lis le dépliant sur la méthadone et signe un papier. <br /><br /><br /><strong>9h15</strong>. Va pour l&#039;ECG. Un interne ? J&#039;ai pas de soutient gorge, je blague avec l&#039;interne, il en verra bien d&#039;autres des pairs de loche. <br /><br /><br /><strong>9h25</strong>. Le monde a perdu son filtre de métal, tout est plus chaud, plus doux. Je vais mieux. Mes douleurs se sont envolée. J&#039;ai faim mais je n&#039;ai pas vraiment d&#039;appétit. J&#039;ai un peu la nausée. J&#039;ai un peu la migraine mais j&#039;ai oublié ma caféine au boulot. Faut que je me sèvre de la caféine, en douceur, j&#039;vais acheté du guarana. <br /><br /><br /><strong>10h00</strong>. Tout va mieux. Je n&#039;ai plus mal nulle part. Mes jambes fourmillent encore mais elles ne sont plus aussi douloureuses. Je ne vois même pas le trajet filer. J&#039;arrive à la maison. Mes pupilles sont petites, mes yeux on retrouvé leur couleur d&#039;huître. Je vais devoir dire que je prends un opioïde à mes proches ça expliquera les yeux clairs. J&#039;ai bricolé un mensonge. J&#039;suis pas fière de moi. J&#039;ai toujours voulu tenir mes proches à l&#039;écart et m&#039;y suis globalement tenue. <br /><br /><br /><strong>11h00</strong>. La méthadone agit sur moi par vague, des vagues douces, j&#039;suis détendue et pas du tout excitée comme avec la codéine. J&#039;ai encore rien mangé. J&#039;ai l&#039;impression que le diable c&#039;est installé une petite bicoque dans mon oesophage, ça brûle. <br /><br /><br /><strong>12h00</strong> J&#039;ai faim. <br /><br /><br /><strong>12h30</strong>. Je mange bien. C&#039;est l&#039;avantage du cannabis, ça ouvre l&#039;appétit. <br /><br /><br /><strong>14h00</strong>. J&#039;ai un coup de barre monumental. Ces derniers temps j&#039;ai pas tellement dormi. J&#039;suis épuisée. Je dors 2h00 d&#039;un sommeil léger, sémi conscient et plein d&#039;images qui défilent vite dans mon cerveau, des saynètes sans trop de queue, sans trop de tête. <br /><br /><br /><strong>16h00</strong>. Puis je sors du lit. Me roule un pétard et me fait couler un bain. J&#039;suis maintenant entre deux. Ça fait moins de dix heures que j&#039;ai pris les 5mg de méthadone. Je ne sens plus les vagues mais je ne suis pas mal. L&#039;effet antalgique s&#039;est estompé. Il est possible que 5mg soit un peu juste. Mes jambes sont un peu instables. Mais c&#039;est pas encore le marathon. <br /><br /><br />J&#039;entame un nouveau cycle, rythmé par la prise quotidienne de méthadone, plus d&#039;alcool, plus de sucre à foison, plus de caféine, plusse de ferraille. <br /><br />J&#039;aurai compris durant cette aventure que je n&#039;étais pas prête pour le monde métal et ses échos au protoxyde d&#039;azote. Tout y est trop froid, trop anguleux, trop lumineux, le monde métal éclairé au néon, serai-je un jour capable de l&#039;affronter ? <br /><br />Monde Métal, je te quitte, ta réalité crue m&#039;effraie et m&#039;abime, je repars dans l&#039;espace doux et chaud de mon vaisseaux mental, ça faisait longtemps que je n&#039;avais pas tâté de tes angles, dix ans.<br /><br />Adieu.]]></description>
<slash:comments>9</slash:comments><pubDate>Mon, 18 Sep 2017 21:55:46 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Human Park / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Human-Park_2785_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2785@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[Dimanche j&#039;ai rempli mon pilulier. Jusqu&#039;à samedi donc... Jusqu&#039;au dernier jour.<br /><br />En début de semaine j&#039;ai fait comme si tout ceci n&#039;arrivait pas. J&#039;ai oublié les rendez-vous, oublié les Docteur.e.s Médecins Psychiatres Addictologues, la méthadone, les allers, les retours, les aller-retours, les salles d&#039;attente et les chaises froides, les murs interminables, les peurs, les angoisses, les mots et les larmes qui restent au bord. Non, tout ceci était oublié, dans un passé, un présent, un futur qui n&#039;existe pas vraiment. <br /><br />Tout à l&#039;heure mon amie la chaise froide me rappellera sa concrète existence. <br /><br />Pour le moment je suis encore à la maison, dans le confort brumeux de ma chambre. J&#039;suis un peu barbouillée. <br /><br />Reflux du matin. Chagrin. <br /><br />Les mots de l&#039;addicto se répètent, ils résonnent, depuis hier soir. Vous me semblez sensible au contexte. <em>Great Job Sherlock !</em> <br />Alors j&#039;imagine un Human Park, utopie synthétique, je nous imagine en cobayes, dans des prisons dorées. À ce moment là je suis toute habillée sur mon lit. J&#039;ai les mains gelées et il est 00h31. Je défais mes vêtements. Je m&#039;engouffre sous la couette. Les voix dehors ne sont plus que des échos fantomatiques. Elles m&#039;aident à distraire mes funestes pensées. J&#039;ai un mot coincé dans la gorge et je m&#039;endors en grelottant. <br /><br />Maintenant, c&#039;est le matin, le lit est chaud, j&#039;ai du mal à sortir de la couette. Je vais m&#039;enrouler dans le plaid et me vêtir. Les étourneaux gazouillent dans les marronniers, on est à Human Park, les arbres synthétiques diffusent le chant des piafs, il paraît que ça détend. <br /><br />J&#039;suis peut-être sensible au contexte mais la tout de suite j&#039;suis sensible à la chaleur de mon lit et à l&#039;incroyable douceur du percale. <br /><br />Aller hop !<br />Je me débarbouille. Je me douche rapidement. J&#039;ai allumé le chauffage tout à l&#039;heure il fait bon. Je dessine un visage sur la surface trouble de ma face. Je coiffe mes cheveux. <br />D&#039;épouvantail je passe à être humain. <br /><br />Je me prépare et bois un lait de riz au macha. Mal m&#039;en a pris. J&#039;ai la nausée. J&#039;suis à la bourre. Je pars plus tard que prévu. Le métro bug à Avron, l&#039;attente est un peu trop longue, l&#039;angoisse des usagers devient palpable. Les gens s&#039;agitent. L&#039;alarme retenti trop fort et trop longtemps. On est pas à Human Park. Le métro redémarre.<br /><br />J&#039;ai les résultats du bilan sanguin, comme tout le monde je lis les noms étranges et les chiffres inscrits à côté, sans trop rien y comprendre. À Human Park ils rajouteraient&nbsp; une petite icône à côté de chaque résultat. Vous voyez là le petit bonhomme blanc avec des croix à la place des yeux ? C&#039;est pas bon signe... Je vérifie mon taux de ferritine. Il est bas. Pas critique mais bas, alors qu&#039;il y a deux semaines encore je renforçais ma ferrraille. Je suis une anémiée chronique, j&#039;ai l&#039;habitude. Je suppose que je vais devoir sortir le marteau et l&#039;enclume et retaper un peu ma vieille carlingue. <br /><br /><br />La chaise tient ses promesses. Dans la salle d&#039;attente il y a du monde aujourd&#039;hui. Il y a le va-et-vien habituel. Bonjour, bonjour. Au revoir, au revoir. D&#039;un coup des éclats de voix, mais de bonne humeur, des rires, un couple s&#039;anime et anime le reste de la salle d&#039;attente par la même occasion. Ça braille, ça rigole, ça interpelle. Ça vit fort. <br /><br />L&#039;addicto interrompt le fil de ma pensée, m&#039;extirpe de ma concentration et m&#039;indique qu&#039;elle va me consulter avec une collègue, que dès que cette dernière sera disponible, elles me recevront, elle s&#039;excuse pour l&#039;attente. Ça fait scrouik dans mon ventre. Un certain calme s&#039;installe à nouveau dans la salle d&#039;attente. Le temps est suspendu, putain la meuf de Lamartine avait tellement raison, le temps ne pourrait il pas s&#039;acharner à filer plus vite sur les êtres qui souffrent? <br /><br />Pendant un moment mon attention se perd dans la briquette rouge des bâtiments en face, mes pensées s&#039;arrêtent toutes en même temps, les feuilles frisonnantes des haies occupent tout mon esprit. Le temps s&#039;étire un peu plus, j&#039;ai l&#039;impression que cette minute en dure dix. Il paraît que c&#039;est ça une vraie minute. <br /><br />La Docteure m&#039;appelle. J&#039;aime bien l&#039;expression de son visage, globalement neutre, avec juste un léger sourire. Nous nous dirigeons vers le bureau de sa collègue. Elle aussi est jeune, ou alors c&#039;est peut-être moi qui prend de la bouteille, elle a le regard franc, les cheveux courts et sous son look masculin-feminin, des traits parfaits. Elle est directe et m&#039;expose simplement les avantages de la buprénorphine par rapport à la méthadone. Ma consommation d&#039;alcool l&#039;inquiète un peu. Je sais que le deux ne font pas bon ménage. Je sais que je vais devoir éviter l&#039;alcool. Ça me fait bizarre, dit comme ça, j&#039;suis mise face à mes consommations impulsives. Mais, si j&#039;suis full opi, je n&#039;y pense pas beaucoup. En plus, j&#039;ai vu, j&#039;ai trop de triglycérides dans le sang. Faut que j&#039;arrête la bière et les chips. <br /><br />Elle revient sur le suboxone. C&#039;est beaucoup moins contraignant, plus évident à ajuster, pas de risque d&#039;overdose et des prescriptions possibles sur 28 jours. <br /><br />Les arguments qu&#039;elle avance sont valables. Je le sais, j&#039;ai préalablement réfléchi à la question. Néanmoins je crains réellement que mon a priori négatif de la buprénorphine ne mette à mal le traitement. Je sais pertinemment qu&#039;à chaque difficulté rencontrée, j&#039;accuserai la molécule, même en ayant conscience que c&#039;est injuste. <br />Je ne sais pas expliquer pourquoi j&#039;étais mal à l&#039;époque et j&#039;ai conscience qu&#039;il s&#039;agissait d&#039;un contexte général. Et loin de moi l&#039;idée de cracher dans la soupe. Le subutex m&#039;a permis de me ranger des bagnoles et je n&#039;en serais sans doute pas là sans cette opportunité. Néanmoins mon corps entier se crispe à l&#039;idée du sub. J&#039;y peux rien. <br /><br />Elle joue son dernier va-tout, parce-qu&#039;à l&#039;époque j&#039;étais mal encadrée, c&#039;était avec un généraliste, il n&#039;y avait pas de suivi et, suppose-t-elle, il est possible que j&#039;ai été sous dosée. J&#039;adhère globalement à son constat. Mais quand bien même. Je veux qu&#039;elle puisse se mettre à ma place, il me faut un exemple. C&#039;est comme un plat qu&#039;on déteste parce-que maman nous forçait à finir. On a beau savoir exactement pourquoi ce truc nous écoeure, nous n&#039;en sommes moins dégoûté. Le dégoût, ça n&#039;est pas raisonnable. <br /><br />Ma Docteure en titre sait déjà que je ne veux pas traîner. Je lui expliquerais, le lendemain au téléphone que c&#039;est maintenant que j&#039;ai la motivation, que je ne veux pas me laisser de chance de me défiler. Je réfléchis jusqu&#039;à demain et je rappelle pendant ma pause déjeuner. <br /><br />Ok. Ok. <br /><br />Je dois faire pipi dans un pot pour vérifier que je ne consomme bien des opiacés. On discutera de mon bilan sanguin à la prochaine visite. L&#039;infirmière qui va s&#039;occuper de moi m&#039;est présentée. C&#039;est une dame charmante. On discute un peu. C&#039;est la première à me parler du paracetamol. Au bout de trois verres d&#039;eau, je commence à vouloir aller aux toilettes. Je fais pipi dans un pot mais j&#039;suis réveillée et je n&#039;en mets pas une goutte sur mes doigts. Elle&nbsp; me montre comment fonctionne leur tube de prélèvement. C&#039;est les patients qui le font eux même ensuite. Je commence à me faire une idée positive du csapa de Saint Anne. Jusque là ils ont accompagné ce qui était ma décision. Ils me font part de leurs arguments en faveur des choix les moins contraignants et risqués. Je le comprends. Même si je me sens parfois un peu poussée dans certaines directions,&nbsp; je ne me sens pas contrainte pour autant. <br /><br />Je sors du centre, les murs noircis de la rue Broussais sont un peu lugubres, il fait un peu froid et oui, chérie, on est pas à Human Park. J&#039;ai trouvé un itinéraire plus rapide pour rejoindre le métro et je file, vite, je veux rejoindre le confort brumeux de ma maison. C&#039;est l&#039;agonie qui approche, la fin d&#039;une histoire longue de dix ans. C&#039;est long dix ans. J&#039;ai des mots nouveaux coincés dans ma gorge. Mon coeur bat un peu plus vite, un peu plus fort. J&#039;ai un peu la trouille. Je resterai, assise un moment, à observer le tambour de la machine. Les fesses collées au carrelage, les yeux hypnotisés par la chute perpétuelle des vêtements. <br /><br />Dans mes méninges ça s&#039;agite, ça questionne, ça pèse, ça contre pèse, ça balance, ça rince et ça essore. <br /><br />Je cogite <br /><br />Je suis.]]></description>
<slash:comments>14</slash:comments><pubDate>Sat, 16 Sep 2017 07:03:30 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Plein les mains. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Plein-les-mains_2769_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2769@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[Va-t-il falloir que je m&#039;y habitue ?<br /><br />J&#039;veux dire, les salles d&#039;attente carrelées, les secrétaires qui parlent trop bas quand elles lisent <em>Service Addictologie Saint Anne</em> sur l&#039;ordonnance, les réveils tôt parce-qu&#039;il faut aller turbiner, l&#039;incompréhension d&#039;un patron parce-que non je ne peux pas reporter mon rendez-vous, les infirmiers, les infirmières, les Docteur.e.s Médecins Psychiatres Addictologues, les transports en métros, aller-retour, aller-retour, faire pipi dans un pot le matin (et s&#039;en foutre plein les mains). <br /><br /><br />Là, j&#039;suis toute seule, face au petit écran de mon smartphone. C&#039;est marrant quand même comme la vie tient dans un presque mouchoir de poche. Qui serais-je sans cette interface ? À 18 ans je zonais dans la rue, aujourd&#039;hui je zone sur internet. Tout est là et les gens s&#039;effacent comme des 1 et des 0.<br />Ils ont été les miens, mes potos, mes &#039;soces, certains ont disparus pour de vrai et d&#039;autres on disparus avec la vieille rame d&#039;un téléphone perdu. <br /><br />J&#039;ai effacé, j&#039;ai perdu et, parfois avec bonheur, parfois avec émotion, parfois avec douleur, j&#039;ai retrouvé. <br /><br />Je suis seule devant mon petit écran, je lui en fout plein mes mains à me raconter, à réfléchir à doigts hauts. <br />Mon petit écran tout pété. <br />Où commence la réalité ? <br />Où est l&#039;ecran ? <br />Où sont mes doigts?<br /><br /><br />Mon esprit valse, il a la gorge nouée, j&#039;ai la gorge nouée.<br />Je veux pas pleurer. <br />Je lutte. <br />Je pleure pas. <br />C&#039;est le regard des autres qui me fait chialer. Leur amour, leur douleurs, leurs peines, ce sont elles qui m&#039;arrachent. <br />J&#039;suis toute seule et mon écran, c&#039;est pas mon pote, on est pas dans un film de Spike Jonze. <br /><br /><br />C&#039;est l&#039;brun dans ma vielle tête de mûle. J&#039;suis dans le métro. <br />J&#039;ai peur d&#039;être trop à la bourre,&nbsp; je vais&nbsp; d&#039;abord déposer mes urines. J&#039;attends aimablement dans une salle carrelée. La secrétaire s&#039;adresse à moi comme une personne normale. J&#039;aime pas trop le carrelage mais j&#039;aime bien la secrétaire. On plaisante quand je passe à la caisse. C&#039;est peut-être pour faire passer la grosse pillule de 71,60€. <br /><br /><br />Je repasse par Nation. L&#039;avenue du Trône me toise du haut de ses barrières, la Nation, entité crispée devenue quasi divine, se dresse devant moi depuis sa sphère. Je regarde le bronze et m&#039;interroge sur le triomphe de la République. La République peut-être, le peuple par contre... <br /><br /><br />Je me précipite dans la 6 avant que la fermeture des portes qui se manifestent d&#039;une alarme braillarde. La 6 et ses vielles rames qui puent du cul. <br />J&#039;approche.Je devrais être contente, j&#039;vais retrouver mon ami la chaise froide. De toute façon les chaises c&#039;est comme les chiottes, je les aime froides. <br />Mais je me ferme comme une huître à marrée descendante. Là, c&#039;est à mon écran que j&#039;cause. C&#039;est à lui que j&#039;adresse mes considérations mais dans une trentaine de minutes je ferais face à quelqu&#039;un. <br /><br /><br />Le grand mur de la façade est de Saint Anne me scrute. <br />Putain c&#039;est loin la rédemption. <br /><br /><br />Me voilà devant la grille. Je sonne. Il y a du monde mais je n&#039;attends presque pas, la Docteure me reçoit. Elle est jeune mais a beaucoup de charisme. Cette fois une jeune étudiante l&#039;accompagne. <br /><br /><br />On discute, de la semaine, de mes consommations, des détails que j&#039;ai rédigé soigneusement. Elle regarde mes petites fiches, c&#039;est bien organisé et elle est plutôt contente. Je suis venue et j&#039;ai même fait mes devoirs. <br /><br />Quel avantage je retire de ma consommation de codéine? C&#039;est comme un vêtement de plus. Un vêtement confortable. Ça protège et ça tient chaud. <br />Quel inconvénient je trouve au sevrage? Le sevrage. <br />À l&#039;hôpital ? Bah on souffre quand même, le personnel médical, ça n&#039;occupent pas les récepteurs morphiniques. <br /><br />On aborde le tso. Sans fermer la porte j&#039;évoque mes réticences pour la buprénorphine. J&#039;ai peur que ma mauvaise expérience nuise à mon rapport au traitement. <br />C&#039;est elle qui amène le sujet de la méthadone. Combien de temps pour la prise quotidienne ? Elle me prédit quinze jours. Quinze jours, à être jaugée, examinée, rééquilibrée. Quinze putains de jours, c&#039;est court mais sur le moment ça va être horriblement pénible. Quinze jours à me lever à 6h30, faire pipi dans des pots. <br />Il faut être sobre depuis quelques jours avant d&#039;initier le traitement. Plusieurs jours?&nbsp; Mais la demi vie de la codeine c&#039;est 4h00, c&#039;est pas comme l&#039;héroïne. <br />Je négocie 24h00. <br />24h00 a être en chien. <br />Une fois passé cette grosse galère,&nbsp; les prescriptions se feront au rythme hebdomadaire des rendez-vous et sur quatorze jours maximum en cas de besoin. Il faudra que j&#039;attende un an pour avoir des gélules et donc des prescriptions sur 28 jours. <br />Un an. C&#039;est rien, hein?<br /><br />Elle revient sur le sevrage hospitalier, j&#039;ai bien envie de lui demander si elle a une prime à chaque sevrage hospitalier vendu parce-que j&#039;ai été assez clair sur le sujet. Je lui épargnerai mon sarcasme. Je lui explique que, quand bien même, si je sortais d&#039;un sevrage réussi, sans prescription à venir chercher, à la première occasion je laisserais tomber le suivi. Ça fait 8 ans que le dentiste attend que je le rappelle. <br />Je suis là pour comprendre ce qu&#039;il y a derrière l&#039;addiction. Je n&#039;entamerai pas de sevrage avant. Ce coup ci je crois qu&#039;elle a compris. <br />Il y a aussi des personnes qui sont sous méthadone depuis vingt ans et qui trouve ainsi leur équilibre. Il n&#039;y a pas d&#039;obligation (pas de prime au sevrage alors ?).<br /><br /><br />Elle me propose de réfléchir encore.<br />Non. Je veux entamer le protocole. <br />Elle doit en parler avec tout le staff. <br />Elle s&#039;excuse presque de l&#039;aspect flicage du protocole mais la méthadone est un produit à risque d&#039;overdose, ils ont une putain de responsabilité. <br />Je comprends et me montre raisonnable, c&#039;est aussi parce-qu&#039;ils évitent les accidents au moyen de protocoles rigide que les csapa peuvent continuer d&#039;exister. <br /><br /><br />On se revoit jeudi. J&#039;ai l&#039;impression que mon cas est suspendu à la décision d&#039;un staff. <em><span style="font-size: smaller;">(1)</span></em><br /><br /><br />Je ne sais pas comment je me sens. J&#039;ai des cartes plein les mains mais aucune d&#039;elle n&#039;est tout à fait satisfaisante. J&#039;ai choisi l&#039;ordonnance, au pas d&#039;une République supposée en marche. Au sein de la grande Nation, les petits coeurs palpitent au rythme des 1 et des 0. Sur le miroir bleuté de nos petits écrans, nos avatars numériques nous survivront, informations stockées dans de lointains serveurs. L&#039;humanité est dans ma poche. Je me sens pourtant seule quand je sors du centre. <br /><br /><br />Je vais devoir m&#039;y habituer, le trajet, le carrelage, la chaise, les infirmières et infirmiers, les Docteur.e.s Médecins Psychiatres Addictologues et faire pipi dans un pot. <br /><br /><br />Putain c&#039;est chiant la rédemption.]]></description>
<slash:comments>11</slash:comments><pubDate>Fri, 08 Sep 2017 14:55:04 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[La souffrance ou l'ordonnance. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/La-souffrance-ou-l-ordonnance_2756_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2756@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[J&#039;suis dans l&#039;métro. <br />J&#039;aimerais m&#039;asseoir tellement j&#039;ai l&#039;estomac noué et les jambes qui flageollent mais la rame est pleine. <br />Il y a des gens autour de moi, les visages inconnus du matin. Ils sont habillés de tissus de diverses couleurs, formes, styles et textures, des chaussures vert d&#039;eau aux criantes rouges, mêlées aux tons ternes, prédictions de l&#039;automne. <br /><br /><em>Nation</em>.<br /><br />Changement. Je déambule dans les couloirs, portée par une vague de femmes et d&#039;hommes qui, pour la plupart s&#039;en vont travailler. Eux aussi semblent porter un bagage trop lourd pour leur corps fatigués. <br /><br />La 6 pue bien plus que la 2. <br />À ces parfums trop forts, mélangés d&#039;eau de toilette bon marché et fragrances capiteuses de grandes marques à mémère, je leur préfére presque les odeurs de transpirations. <br /><br />J&#039;ai opté pour Saint Anne. Mon choix a été motivé par leur capacité à prendre en charge des troubles psychiatriques associés aux addictions et de bons neurologues. Une structure hospitalière. C&#039;est peut-être con mais la science, ça m&#039;rassure. <br /><br />Bien sûr je flippe. Je me rends compte que je crains de paraître ridicule avec mes petits problèmes. Ah mais c&#039;est rien ça ma bonne dame, un suppo et au lit. Allez, prenez donc une tisane à la camomille, ça vous fera du bien. Hop!<br /><br />C&#039;est que mon médecin de famille m&#039;a habituée. Les douleurs c&#039;est dans la tête. <br /><br /><em>Place d&#039;Italie</em>. <br /><br />Est-ce que Glacière a réouvert?<br /><br /><em>Corvisart</em>. <br /><br />C&#039;est une vielle rame. Les stations ne sont pas annoncées. Je me le fais dans ma tête: <br /><br /><em>Glacière</em>.<br />Première annonce joyeuse.<br /><br /><em>Glacière</em>. <br />La deuxième pour les dépressifs. <br /><br />De nombreux véhicules circulent sur le boulevard Auguste Blanqui. <br />J&#039;ai envie de vomir. Je fais la feuille. <br /><br />Je longe Saint Anne. Le csapa est de l&#039;autre côté du bâtiment. <br /><br />Le chemin ressemble à une longue marche penitente. Enfin, c&#039;est moi qui m&#039;en fais tout un cinoche, s&#039;qu&#039;on est capable de d&#039;infliger parfois. <br /><br />Je tremble. J&#039;ai rien mangé. <br /><br />J&#039;arrive au bout de la rue. Ça ne ressemble plus à l&#039;hôpital. Ça ressemble à un quartier résidentiel. Si je me suis perdue je vais me mettre à pleurer. <br /><br />Le panneau!&nbsp; J&#039;attends un peu devant la grille, je sonne. Je rentre. On m&#039;accueille. <br /><br />L&#039;infirmière est aimable et chaleureuse. Je feins d&#039;être détendue. Je suppose qu&#039;elle a l&#039;habitude et doit comprendre que j&#039;ai la touille. <br />Ça&nbsp; sonne, ça appelle, ça rentre.&nbsp; Ça prend quelques minutes avant que le calme s&#039;installe dans le bureau et que je tente de répondre sagement aux questions. Je ne sais pas ce qui est important. Je fais la moue, je souris, je fronce des sourcils (ça veut dire que j&#039;essaie fort de me rappeler quelque chose ou, dans un autre contexte, que je fais caca) mais je fais de mon mieux pour coopérer. <br /><br />Le médecin va me recevoir. C&#039;est une psychiatre addictologue.<br /><br />Je voudrais avoir une main à tenir. Un coeur chaud à serrer. Mais c&#039;est avec le froid de la chaise que je partage le bonheur d&#039;avoir bougé mes fesses. J&#039;me suis pas lavée, j&#039;ai pas mis de déo mais j&#039;m&#039;en fous, je suis là. J&#039;ai le forum dans ma poche mais je veux garder mes mots pour la docteure médecin psychiatre addictologue. <br /><br />L&#039;attente est courte. Même pas le temps de mettre mes idées en place. <br /><br />L&#039;addicto me reçoit. Elle est accompagnée d&#039;un étudiant, discret, dont j&#039;oublierai presque la présence. <br /><br />On commence. <br /><br />Je vois s&#039;écrire, sur la feuille A4,&nbsp; vierge il y a encore quelques secondes, la liste de mes consommations actuelles et passées. Alcool, codeine, héroïne, mdma, amphétamines, lsd, cannabis, champignons, benzodiazepines, ketamine, subutex, tabac. J&#039;en ai oublié mais je crois que c&#039;est pas très grave. <br />Puis les événements marquants, tout est là, griffonné en désordre sur le papier.<br />Les insomnies. <br />Les violences morales, à l&#039;école, le harcèlement. <br />Les insomnies. <br />Les violences sexuelles.<br />Les insomnies. <br />Les violences physiques. <br /><br />Je retiens la déferlante d&#039;émotion. C&#039;est&nbsp; pour ça que j&#039;ai fumé un spleef. Je ne veux pas pleurer. Je n&#039;ai pas pleuré. <br /><br />On parle de mes consommations, quand, comment, pourquoi? Je ne sais pas pourquoi. <br /><br />Une fois dans le métro, au retour je saurai pourquoi. Fuir les enjeux d&#039;un monde que je ne comprends pas. Mourir mais juste un peu. <br /><br />Et pourquoi le subutex n&#039;allait pas? Parce que... Je ne sais pas... Je suis très reconnaissante au traitement de m&#039;avoir sorti du milieu. Mais... j&#039;avais l&#039;impression d&#039;être punie. <br /><br />On parle du cannabis, je ne refuse pas d&#039;arrêter,dans l&#039;absolu mais pas sans pouvoir gérer l&#039;impulsivité. Je lui parle du tabac forcément associé et des vaporisateurs, qu&#039;elle n&#039;a d&#039;ailleurs pas l&#039;air de connaître. L&#039;étudiant, qui l&#039;accompagnait invisiblement depuis tout ce temps, se met à hocher de la tête, lui sait de quoi je parle.<br /><br />Je devine qu&#039;elle déroule les choses dans son esprit, qu&#039;elle tente de faire de ce brique et ce braque de mot, un canevas cohérent. <br /><br />Elle annonce les solutions, toujours de son ton calme et courtois.<br />Le sevrage ambulatoire, mais ça ne me semble pas approprié puisque, dans mon cas, ça a déjà foiré.<br />Le sevrage hospitalier, la même mais à l&#039;hôpital, entourée de soignant dans un contexte surveillé et sans la possibilité de compenser avec d&#039;autres toxiques. Le plus dur étant de ne pas replonger. Elle parle du revia, j&#039;ai le coeur qui se serre en pensant à Anonyme, elle insiste un peu, voit ma moue, elle n&#039;insiste pas plus.<br />La substitution, ils ne prescrivent pas d&#039;autres formes de buprénorphine que du suboxone, je n&#039;écoute plus tout à fait ce qu&#039;elle dit, je pense au Chat et au foutu goût de citron, j&#039;ai du faire la moue, encore, elle ne termine pas sa phrase. Elle me détaille la procédure méthadone, la prise contraignante au début car délivrée quotidiennement au centre, ils ont des infirmières pour ça, très compétentes, juste la bas, au fond du couloir. <br /><br />A moi de réfléchir.<br />Elle me rassure, elle me montre les mots que je ne cesse de regarder frénétiquement, la liste des toxiques que j&#039;ai consommé et me rappelle qu&#039;il n&#039;y en a plus que quatre aujourd&#039;hui, ceux qu&#039;elle a surligné. Elle me fait deux ordonnances, une prise de sang et une échographie du foie. <br /><br />Nous avons une semaine. Elle pour discuter de mon cas avec ses confrères. Moi pour savoir ce que je veux. Avec des devoirs en prime, mes habitudes de sommeil et mes prises de codéine, d&#039;alcool et tout ce qu&#039;on peut épingler sur le tableau de mon âme. Elle sait que je ne fais pas souvent mes devoirs mais je vais quand même essayer. <br /><br />Je ne veux pas de sevrage brutal, ni à la maison, ni dans un endroit avec des médecins pour me dire que c&#039;est normal si j&#039;ai mal. J&#039;ai déjà assez morflé. Laissez moi tranquille. <br /><br />Je n&#039;ai pourtant pas envie de rester enchaînée à un ordonnancier pour toujours. <br /><br />La souffrance ou l&#039;ordonnance. <br /><br /><br />Nous avons une semaine !]]></description>
<slash:comments>15</slash:comments><pubDate>Thu, 31 Aug 2017 23:58:49 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Terrification. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Terrification_2747_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2747@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[Pas de rendez-vous pour la première visite. <br />Je suis terrifiée. Voilà la réalité.<br />J&#039;suis fâchée aussi. <br /><br />J&#039;ai l&#039;impression de devoir me rendre à confesse. Vous ferez la queue <em>mademoiselle</em>, vous croiserez les regards honteux des autres âmes penitentes,&nbsp; elles aussi, <em>mademoiselle</em>, sont venues avouer leur infractions. J&#039;ai fauté m&#039;dame, m&#039;sieur. Combien de pater combien d&#039;ave ? <br /><br />Je me raconte des histoires, pour justifier la terreur et le doute, l&#039;inaction. <br /><br />Solitaire. Je n&#039;arrive pas à partager. Les mots refusent, ils restent, brûlants, coincée dans le creux de ma glotte. <br />Les inhibiteurs de pompe à protons n&#039;y peuvent rien. C&#039;est les mots qui m&#039;abiment. <br /><br />Mes jambes tremblent. <br /><br />Une fois arrivée au travail je reprendrai mon sourire de façade. Aux compassions des gens parce-qu&#039;il fait chaud je&nbsp; répondrai que ça pourrait être pire. Faut toujours avoir l&#039;air d&#039;être de bonne humeur. <br /><br />Mais moi j&#039;suis pas de bonne humeur. <br />Moi je tremble et j&#039;suis terrifiée. <br />J&#039;ai mal aux jambes. <br />J&#039;suis fatiguée d&#039;être fatiguée. <br /><br />J&#039;veux pas qu&#039;on m&#039;regarde comme une petite fille. <br />J&#039;ai pas besoin de papamaman. <br />J&#039;avais besoin de personne. <br /><br />Maintenant faut que j&#039;me soigne. <br />Je ne sais pas parler. J&#039;ai désappris. J&#039;ai refusé. <br />J&#039;veux pas qu&#039;on me tape sur les doigts ou sur l&#039;épaule ou sur le haut de la tête. <br /><br />Mon âme au bûcher. <br />Mon corps au boucher. <br />Et mes dents en collier. <br /><br />Je rentre dans la bulle, je cherche des mots savants parce-que ça claque. Je joue la comédie. Je vacille. Tout va bien. <br />Rien ne va plus.<br /><br />Je suis au bord, à l&#039;horizon des événements, je me sens happée mais je reste juste au bord, à jamais. Les mots n&#039;ont plus de sens. Ils font la teuf sur les papiers. Les numéros, la vie, rien n&#039;a plus de signification. <br /><br />Je suis terrifiée et mes problèmes c&#039;est de la merde. <br />Je ferme ma gueule parce que malgré tout j&#039;suis une putain de privilégiée. <br />Je suis terrifiée et mes problèmes c&#039;est de la merde. <br /><br />Je veux pas passer sous un train, je veux être le train, mieux, je veux être l&#039;air qui ralenti le train, qui fait voler les feuilles, qui glisse sur son cou. <br />Je ne veux pas embrasser, je veux être le baiser, mieux, je veux être la salive qui va de bouche en bouche, qui coule dans sa gorge. <br /><br />Je refuse de rester un être humain puisqu&#039;il faut être sobre. <br />Immaculée.<br />Abstinente.<br />Responsable. <br />Puisque pour être humaine faut arrêter d&#039;être humaine. <br />Qu&#039;il faut, coûte que coûte que coûte, utiliser des mots pour fabriquer des phrases. <br />Je dénie. <br /><br />Moi. <br />Le monde. <br />Et ces mots qui refusent d&#039;exprimer. <br /><br /><br /><br /><br />« <em>Par la violence du dépassement, je saisis, dans le désordre de mes rires et de&nbsp; mes sanglots, dans l&#039;excès des transports qui me brisent, la similitude de l&#039;horreur et d&#039;une volupté qui m&#039;excède, de la douleur finale et d&#039;une insupportable joie.</em> »<br /><br /><br />Georges Bataille. <em>Les Larmes d&#039;Eros</em> <span style="font-size: smaller;"><em>(extrait)</em></span>]]></description>
<slash:comments>7</slash:comments><pubDate>Sun, 27 Aug 2017 13:22:33 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Rentrée. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Rentree_2741_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2741@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[Je tourne un peu en rond. <br />J&#039;écris des mots, je les efface, je les réorganise puis les efface encore. <br />J&#039;ouvre de nouveaux fichiers texte, les idées sont bonnes mais elles défilent trop vite, trop vite pour qu&#039;aucune n&#039;ai le temps d&#039;imprimer le papier. <br /><br /><br />Paris pue. J&#039;avais presque oublié. Paris pue la pisse, les égouts, les poubelles et la transpiration. Paris pue mais j&#039;suis à la maison. <br />C&#039;est ici, perdue dans l&#039;anonyme masse protéiforme, que je suis chez moi. <br />Paris pue mais je n&#039;ai pas besoin d&#039;y marcher sur la pointe des pieds. Ici, c&#039;est ma maison. <br /><br /><br />Je manipule des concepts, ça m&#039;amuse, c&#039;est grand et c&#039;est loin, il ne s&#039;agit ni de moi ni de lui ni de elle ni de l&#039;araignée qui glisse sur le bord de l&#039;évier et que j&#039;aide à sortir. <br /><br /><br />Je cherche dans le tiroir de la cuisine, je ne sais plus pourquoi je fouille, je retourne au salon, je m&#039;assoie quand je me rappelle que j&#039;ai faim, une fourchette... <br /><br /><br />C&#039;est la rentrée et les abeilles buttent sur la grande vitrine. <br /><br /><br />Il fait chaud dans le métro, toutes les odeurs se mélangent, se battent pour savoir laquelle fouettera le plus. Nous avons un gagnant, un pet, dont l&#039;auteur restera anonyme, feignant de ne pas savoir de quoi on renifle. <br /><br /><br />Paris pue, Paris est moite mais c&#039;est là qu&#039;est ma maison. Quand je pousse la porte de l&#039;immeuble, l&#039;air frais qui remonte de la cave m&#039;accueille agréablement. <br /><em>Maison, sucrée maison.</em><br /><br /><br />Ici le bruit des véhicules de travaux publics sonnent, bipent, cognent, les ouvriers communiquent en criant pour passer par dessus le bruit ambiant, le marteau piqueur retenti. <br />Paris ça pue, c&#039;est bruyant mais c&#039;est ici que je vis, c&#039;est ici que j&#039;suis bien. <br /><br /><br />J&#039;attrape un pigeon qu&#039;est rentré, lui aussi se cogne dans la vitre, foutue vitre, je sens son coeur paniqué, je le mets dehors. <br />J&#039;aime bien les animaux, même les pigeons dégueu. <br /><br /><br />J&#039;aime les idées générales, du moment que ça ne parle ni de moi ni de elle ni de lui ni de la chenille que je suis allée déposer dans le parc. <br /><br /><br />Je veux être une pensée. Une idée. Immatérielle. Une de celle qui défile trop vite pour que je ne la saisisse. <br /><br /><br />Je veux être une onde ou bien une particule, à l&#039;humeur, au besoin. <br /><br /><br />Où ai-je rangé mon pass ? Ou j&#039;ai planqué ma Weed? Est-ce que j&#039;ai mis du déo? Les plaques sont-elles éteintes? J&#039;ai bien fermé la porte? Je remonte, je vérifie, j&#039;ai bien fermé la porte. <br /><br /><br />Paris,&nbsp; sa mine grise, qui pue de la gueule et qui pue des dessous de bras, Paris et ses vieux monuments démodés, Paris c&#039;est ma maison. <br /><br /><br />C&#039;est la rentrée et je rentre. <br /><br /><br />C&#039;est la rentrée,&nbsp; je me suis cognée dans la vitre. <br /><br /><br /><br /><br />C&#039;est la rentrée et Jacques Prevert récite sa &quot;<em>Page d&#039;Écriture&quot;</em> :<br /><em><br />«Deux et deux quatre<br />quatre et quarte huit<br />huit et huit font seize…<br />Répétez ! dit le maître<br />Deux et deux quatre<br />quatre et quatre huit<br />huit et huit font seize.<br />Mais voilà l’oiseau lyre<br />qui passe dans le ciel<br />l’enfant le voit<br />l’enfant l’entend<br /> <br />l’enfant l’appelle<br />Sauve-moi<br />joue avec moi<br />oiseau !<br />Alors l’oiseau descend<br />et joue avec l’enfant<br /> <br />Deux et deux quatre…<br />Répétez ! dit le maître<br />et l’enfant joue<br />l’oiseau joue avec lui…<br />Quatre et quatre huit<br />huit et huit font seize<br />et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?<br />Ils ne font rien seize et seize<br />et surtout pas trente-deux<br />de toute façon<br />ils s’en vont.<br />Et l’enfant a caché l’oiseau<br />dans son pupitre<br />et tous les enfants<br />entendent sa chanson<br />et tous les enfants<br />entendent la musique<br />et huit et huit à leur tour s’en vont<br />et quatre et quatre et deux et deux<br />à leur tour fichent le camp<br />et un et un ne font ni une ni deux<br />un à un s’en vont également.<br />Et l’oiseau lyre joue<br />et l’enfant chante<br />et le professeur crie :<br />Quand vous aurez fini de faire le pitre<br />Mais tous les autres enfants<br />écoutent la musique<br />et les murs de la classe<br />s’écroulent tranquillement<br />Et les vitres redeviennent sable<br />l’encre redevient eau<br />les pupitres redeviennent arbres<br />la craie redevient falaise<br />le port-plume redevient oiseau.»</em>]]></description>
<slash:comments>8</slash:comments><pubDate>Thu, 24 Aug 2017 11:13:09 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Carte postale. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Carte-postale_2734_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2734@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[J&#039;ai beaucoup partagé mes tristesses et peu mes joies. <br /><br />Alors je vais me rattraper. <br /><br />Là où je suis maintenant, mon smartphone à la main, les jambes dans l&#039;eau salée et tiède, j&#039;entends le clapotis des vagues sur les rochers. <br /><br />Des mouettes et des goélands se manifestent bruyamment parfois. <br /><br />Les bâtisses blanc et ocre rythment une côte encore un peu sauvage, montagneuse et aride. <br /><br />J&#039;aime cet endroit, notre endroit, parsemé d&#039;oursins qui rendent les baignades périlleuses, le fond vert de la mer, le fond bleuté de l&#039;horizon. Et j&#039;aime même le bruit des moteurs de bateaux au loin qui bourdonnent régulièrement. <br /><br />La vie pourrait ressembler à ça, paisible, un peu sauvage mais pas totalement. <br />Ici c&#039;est un peu comme si la liberté existait, que les mauvaises nouvelles, les contraintes et les autres ne pouvaient pas m&#039;atteindre. <br /><br />Ici, c&#039;est maintenant, c&#039;est l&#039;instant présent, c&#039;est les poissons qui nagent, les crabes qui se bastonnent pour un morceau de moule et les oursins immobiles et piquants. <br /><br />Et même si les aspérités des rochers me gratouillent les fesses, c&#039;est pas très grave, c&#039;est pas très grave. <br /><br />J&#039;emballe précieusement, chaque année, ces moments et je les range dans mon coffre à souvenirs, c&#039;est le seul endroit qui soit en ordre et quand je vais très mal je m&#039;enferme dedans, je me baigne à nouveau. <br /><br />J&#039;emporterai cette année, encore, un morceau d&#039;ici, j&#039;oublierai mes angoisses, mes craintes, mes peines, du moment que j&#039;ai encore cet endroit où s&#039;allongent mes jambes.<br /><br /><br /><iframe width="550" height="413" src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/lnOte-Bu8W4?&feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>]]></description>
<slash:comments>2</slash:comments><pubDate>Thu, 17 Aug 2017 17:42:22 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Une Époque. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Une-Epoque_2725_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2725@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[<span style="font-size: smaller;"><em>tous les noms/surnoms ont été modifiés. <br /></em></span><br /><br /><br />&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<strong>II</strong><br />&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Corps. <br /><br /><br /><em>J&#039;avais dit non.</em> <br /><br /><br /><br />Il est 19h00 et je passe chercher, chez Rico, le double de clef que j&#039;ai confié à Will. <br />Nenette m&#039;a présenté Will il y a quelques temps déjà. Un soir de défonce au speedball alors qu&#039;il revenait de Rotterdam les poches pleines, on a baisé toute la nuit. C&#039;était particulièrement kinky et crapuleux mais j&#039;y avais pris beaucoup de plaisir. Il squattait chez Jihem qui n&#039;était pas là. Au petit matin le père de Jihem était passé déposer des affaires. Il avait trouvé la situation peu à son goût. Ça devait puer le sexe et la weed. Une fois qu&#039;il est parti, on s&#039;est tellement marré à imiter sa tête de médecin outré, même si on savait que Jihem allait un peu nous faire la gueule. <br />Beaucoup de mecs m&#039;auraient méprisés, aimer le cul c&#039;est un truc qui vous vaut d&#039;être stigmatisée, j&#039;en sais quelque chose. Les mecs ils aiment coucher avec des salopes mais faudrait quand même pas qu&#039;ils les respectent ensuite. Will n&#039;est pas comme ça. Il n&#039;a pas cessé d&#039;être sympa et de me respecter, il a même tendance à me protéger plus qu&#039;avant. Will c&#039;est un mec qui ne s&#039;encombre pas, il est pragmatique et il m&#039;apprend à l&#039;être. <br /><br />Je passe le canal et arrive en bas des escaliers, l&#039;appartement est au dernier étage, je grimpe les vieilles marches en bois. L&#039;immeuble est plutôt vétuste, ça grince et la rambarde donne l&#039;impression qu&#039;elle va céder en permanence. <br /><br />Personne. <br />Un dimanche soir ?<br />Je sonne une seconde fois. <br />Personne. <br /><br />Je me roule un spleef dans les escaliers avant de repartir chez moi. <br /><br /><br /><br /><em>Je suis coincée sous lui, il me maintient à l&#039;aide d&#039;un seul bras. <br />Bouge pas sinon je vais devoir te faire mal.</em> <br /><br /><br /><br />Lundi matin, je vais préparer une toile à l&#039;école. Je vérifie dans l&#039;atelier à côté si je n&#039;y croise pas Jihem, peut-être aura-t-il des nouvelles. Il n&#039;est pas là et Jean ne l&#039;a pas vu non plus. Je passe la journée à bosser sur mon châssis, putain ce que ça pue la colle de lapin. Je montre mon boulot à mon prof de peinture, il m&#039;aiguille, m&#039;engeule et me félicite en une seule phrase et passe faire la même chose avec les élèves qui sont là. <br /><br />La journée se termine et je décide d&#039;aller chercher mes clefs un peu inquiète. Je me roule un spleef, me tape un reste de coke dans les chiottes et je file. <br /><br /><br /><br /><em>Puis il y a son souffle dans mon cou , son odeur âcre, sa peau moite.</em> <br /><br /><br /><br />Je passe par le centre-ville, il y a ce coin ou l&#039;on se retrouve tous, le centre névralgique, sur une place très fréquentée, j&#039;espère y croiser quelqu&#039;un pour avoir des nouvelles mais l&#039;endroit est calme. La rue semble encore endormie, elle ne va pas tarder à entamer son cycle nocturne infernal et se remplir de plus ou moins jeunes gens en quête d&#039;ivresse. Pour l&#039;heure seules quelques terrasses se déplient mollement.<br /> <br />Je longe les halles du marché bordées de ses restaurants du marché, là où les immeubles plus larges ont d&#039;élégants balcons. Je déboule sur les quais. Après quelques minutes à trotter face au vent j&#039;arrive en bas de l&#039;immeuble. <br /><br />Personne. <br /><br />J&#039;ai encore ma poutre de coke dans la gueule, je décide de filer chez Nathan, s&#039;il n&#039;y a personne ici, il devrait y avoir quelque un là bas. C&#039;est à l&#039;autre bout de la ville mais j&#039;suis plutôt en forme. <br /><br />J&#039;aime bien marcher. <br />Le soleil est en train de se coucher; il fait&nbsp; plutôt doux pour un mois de mars. Je longe la prison dont je ne vois quasiment que les grands murs en pierre grise, sinistre. Ces murs semblent s&#039;étendre à l&#039;infini, et on aperçoit à peine le mirador depuis l&#039;extérieur. Ce bâtiment est vivant et il est en train de me promettre l&#039;enfer si jamais... JAMAIS! <br />Je me fais cette promesse, ne te fais jamais serrer.<br /><br />J&#039;arrive devant l&#039;épicerie, au pied de chez Nat. Il y a quelqu&#039;un. Will m&#039;ouvre la porte. Je commence à le connaître, il a une sale tête. Jihem est là aussi, la copine de Nathan, Fati est en train d&#039;étaler des traces, ça tombe bien, je commence à redescendre. <br /><br /><br /><br /><em>Ça fait mal, il me répète sans cesse que mon cul est magnifique, ça fait mal.</em> <br /><br /><br /><br />Fati me raconte, Dimitri et toute l&#039;équipe qui arrose la région depuis un moment, se sont fait serrer. Dimitri c&#039;est plus ou moins le mec de Nenette. Disons que pour Nenette c&#039;est plus et pour Dim c&#039;est moins. <br /><br />Personne n&#039;en sait plus pour le moment et la disparition de Rico, Masse et Nenette inquiète aussi Will, ils ont dû se faire crâmer. Nathan sort de la cuisine et me salue. Tout les produits qu&#039;il garde ici auront déménagé d&#039;ici une heure, à part la coke qui aura déménagé dans notre pif. <br /><br />Will me rend mes clefs, il me sourit et m&#039;invite à faire gaffe à qui je les confie. Il m&#039;embrasse sur la joue et sourit. <br /><br /><br /><br /><em>Je veux qu&#039;il en finisse, j&#039;oublie que je suis là, mon cerveau s&#039;arrête, je veux qu&#039;il en finisse.</em> <br /><br /><br /><br />Mardi matin, jai un putain de cours magistral, j&#039;suis obligée d&#039;y aller, je vais encore m&#039;endormir sur les marche de l&#039;amphi, je me suis couchée tard, on a tapé des bières et de la coke jusqu&#039;à 5h00. J&#039;ai vraiment la gueule dans le cul. <br /><br />Il est midi, le cours se termine et je vais choper un grec, j&#039;ai faim. Jihem m&#039;accompagne, lui aussi a la gueule dans le cul et lui aussi veut manger un morceau. On a chacun notre job aujourd&#039;hui. Lui aller chez Nathan voir si tout est OK et moi chez Rico. Les mômes de dix-huit ans ça remplace bien les pigeons voyageurs. <br /><br />Après avoir mangé sans s&#039;être dit un mot, on est pas très bavards, ni l&#039;un, ni l&#039;autre, on quitte les marches qui nous ont servi de salle à manger et en bas de la rue on se sépare, lui a gauche, moi tout droit. <br /><br />Les rideaux ont bougés. <br />Je grimpe. <br />Il y a du bruit. <br />Je frappe. <br /><br />Nenette m&#039;ouvre et son visage s&#039;éclaire un peu. Je crois qu&#039;elle est contente de me voir. <br /><br />Ils viennent de se taper une garde à vue de 48h00. Rico n&#039;est d&#039;ailleurs pas sorti. Dans l&#039;appartement il y a aussi Dan, Nico,&nbsp; Ben et Masse. Tous se sont fait cueillir à 6h00 du mat le dimanche matin, les mains en plein dans le pot de confiture. Nenette me fait remarquer que j&#039;ai vraiment eu une bonne idée de rentrer chez mes parents ce week-end. Elle est triste, elle a appris que Dim risquait gros et qu&#039;il n&#039;était pas prêt de sortir. <br /><br />Personne n&#039;a bavé.<br />Masse est sorti le premier, ce qui lui vaut quelques interrogations appuyées de la part de Nenette, dont il se défend avec vigueur. Dan va se doucher et se coucher, il est gavé. Nico ramasse les objets jonchés sur le sol. Masse passe son temps à mater par la fenêtre, soupçonnant chaque fourgonnette garée en bas d&#039;être un véhicule de surveillance. Nenette a faim et prépare un truc à manger. <br /><br />Je comprends que le vent a tourné et que c&#039;est la fin d&#039;un truc, j&#039;suis un peu triste. <br /><br />L&#039;appartement est en ordre, la nuit tombe et Rico n&#039;a toujours pas été relâché. Nenette doit aller chercher le chien de Dim, gardé pour le moment par un gars.<br />Elle s&#039;en va. <br />Masse s&#039;approche de moi. Il me montre alors la fourgonnette de fleuriste garée en face. Ils nous surveillent encore, je ne veux pas dormir ici, ça craint. Masse me demande s&#039;il peut, juste pour la nuit, dormir chez moi. <br />J&#039;suis mal à l&#039;aise mais à la fois, il présente les choses d&#039;une telle manière que je n&#039;arrive pas à lui dire non. Il sourit. Merci. Il enfile son blouson. On s&#039;en va. <br /><br /><br /><br /><em>Après un interminable moment, il s&#039;écroule sur moi. Mon cerveau c&#039;est arrêté de fonctionner. Il se retire. J&#039;ai terriblement mal au cul.</em> <br /><br /><br /><br />Masse ne veut pas emprunter le chemin habituel, au cas où il serait suivi. J&#039;ai du mal à y croire mais dans le doute je ne proteste pas. On rentre dans une cours d&#039;immeuble, il retourne son blouson, me fait enlever le mien me met son bonnet sur la tête. <br />Il essaie de me faire sourire, m&#039;explique que c&#039;est les risques du métier et que de toute façon Dimitri et Rico n&#039;étaient pas assez discrets, que ça leur pendait au bout du nez. <br />Ouais. <br />Quand même. <br /><br />On arrive près de la cité U. Le boulevard est bordé de grandes demeures en pierre, aux portails en ferronneries joliment travaillées mais abîmées par le temps et des grands arbres secoué par le vent. J&#039;ai froid sans mon blouson. Masse me rassure, on est bientôt chez moi. <br /><br />La cité U s&#039;impose à nous, dans son parc la nuit agite les pins, on évite le grand hall et faisons le tour pour accéder à l&#039;annexe. <br /><br />Le voilà rassuré.<br />Je comprends à l&#039;instant où il sort un keps de sa poche pourquoi il tenait tant à venir ici. Il s&#039;explique, il est passé chez un pote, après la garde à vue, avant de retourner chez Rico, il est prudent pas d&#039;inquiétude. Il étale deux traces, une grosse pour lui, une plus petite pour moi. On discute. <br /><br /><br /><br /><em>Je suis désolé. <br />C&#039;est pas grave. <br />Si.</em> <br /><br /><br /><br />Je sors le matelas de secours que je range sous mon lit et la couverture, fournie par l&#039;administration, que j&#039;ai avantageusement remplacée par ma couette sous laquelle je m&#039;apprête à m&#039;engouffrer. Je porte un T-shirt trop grand pour moi, comme la plupart de mes vêtements. <br />Mais ce corps que je trouve diforme et gros, lui le trouve parfait et il me le dit en se glissant contre moi. Il s&#039;invite dans mon petit lit, il s&#039;invite dans ma bouche, je le repousse. Ça ne va pas ? C&#039;est pas le bon soir. Je n&#039;ai pas envie de le vexer, lui dire qu&#039;il ne m&#039;attire pas. Il insiste. Je pleure. J&#039;suis inquiète pour Rico. Même si c&#039;est un peu vrai, je ne pleure pas pour ça. Il glisse sa main sous la couette. Je la repousse. <br /><br />Non. J&#039;ai pourtant dit non. <br /><br />Je suis désolé. Et moi qui répond, c&#039;est pas grave. Il a compris bien avant moi ce qui vient de se passer. Il se couche sur le matelas d&#039;appoint. <br /><br />Je suis recroquevillée, je sens son putain de jus qui coule entre mes fesses, mes <em>magnifiques</em> fesses. <br />Je ne dors pas. <br />Aucune pensée ne m&#039;anime. Le noir. Celui de la chambre. Le noir. Celui qui a recouvert les murs de ma demeure mentale. Le noir que je mettrai si longtemps à faire partir. Le noir du vide. Puis le noir de la culpabilité puis le noir de la colère. Il en reste encore un peu, c&#039;est tenace ces taches là. <br /><br />Dans la nuit Laura frappe. Elle n&#039;a nulle part où dormir. Je la préviens, Masse dort déjà là. Tant pis. Elle restera habillée. Je veux lui dire de s&#039;en aller, de pas dormir là mais rien ne sort, je reste muette. <br /><br />Le mercredi matin Masse est parti. Je ne le reverrai plus. D&#039;ailleurs personne de la bande ne le reverra plus. Il a filé tôt le matin et a cambriolé quelques personnes pour leur piquer leur dope, leur cash et s&#039;est volatilisé. Nenette avait sans doute raison en le soupçonnant d&#039;avoir bavé aux flics, elle avait déjà raison en me disant que c&#039;était pas un mec bien. <br /><br />Laura m&#039;interroge au réveil. Il s&#039;est passé quoi avec Masse. Rien. Pourquoi ? Quand elle s&#039;est couchée sur la couverture, il a cru que c&#039;était moi. Je savais que tu changerais d&#039;avis. <br />Comment a-t-il pu croire que je changerai d&#039;avis? <br /><br />Je ne comprends pas encore ce qu&#039;il s&#039;est passé, du moins je mettrai des mois avant de nommer cette nuit. Des mois a admettre le viol. Lui savait. Il a appelé ma meilleure amie qui vivait encore dans le bled de mes parents. Tu la salueras bien pour moi, dis-lui que je viendrai lui rendre visite. J&#039;y ai vu une menace. Je n&#039;ai rien dit à ma pote. J&#039;avais peur. <br /><br />Je n&#039;ai rien dit à personne durant de longs mois. J&#039;ai glissé&nbsp; ça sous le tapis mais faut croire que ça prenait trop de place. <br /><br /><br /><br />«<em>Thunder shook loose hail on the outhouse again<br />Today I bumped into you again<br />I have no idea what you want<br />But there was something I meant to say<br />As the day stops dead<br />At the place where we&#039;re lost<br />I will drug you and fuck you<br />On the permafrost<br />There&#039;s not much that I miss<br />I&#039;m far too forgetful for that<br />Sugar&#039;s sweet some of the time<br />It&#039;s hard to keep some things in mind<br />As the day stops dead<br />At the place where we&#039;re lost<br />I will drug you and fuck you<br />On the permafrost»</em><br /> <br />Magazine - Permafrost]]></description>
<slash:comments>6</slash:comments><pubDate>Mon, 14 Aug 2017 18:23:14 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Une Époque. / Le blog de Gentle Iron]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Une-Epoque_2719_1.html</link>
<guid isPermaLink="false">2719@https://www.psychoactif.org/forum</guid>
<br />
<b>Warning</b>:  Trying to access array offset on value of type null in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>913</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $discx in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>279</b><br />
<br />
<b>Warning</b>:  Undefined variable $comment in <b>/home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php</b> on line <b>282</b><br />
<description><![CDATA[<em><span style="font-size: smaller;">Tous les noms/surnoms ont été modifiés.</span></em> <br /><br /><br /><br />&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<strong>I</strong><br />&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Début. <br /><br /><br />J&#039;ai dix huit ans. <br />Le vent froid glisse sur mon crâne presqu&#039;entièrement rasé, je suis emmitouflée dans des habits trop grands qui dissimulent un corps que je considère alors comme encombrant. <br /><br />Je vais chez Rico, je sais qu&#039;il y aura du monde là bas. Ils ont tous entre vingt-cinq ans et trente ans, à part Rico qui approche la quarantaine. <br /><br />J&#039;ai l&#039;impression d&#039;apprendre la vie.<br /><br />Je vois défiler régulièrement devant moi des pochons ziploc remplis d&#039;extasies, des pages de buvard, de la coke et de la rabla. J&#039;suis surprise, j&#039;avais une vision hollywoodienne de la came et je l&#039;imaginais blanche. J&#039;suis pas naïve à la défonce, j&#039;ai déjà pris de la coke, des extas, des champi et un demi carton. Mais je n&#039;en ai jamais vu dans de telles quantités et jamais de came. J&#039;ai bien bouffé des dafalgan codéinés dans l&#039;armoire à pharmacie chez les parents sans même savoir que c&#039;était des opiacés. <br /> <br />Je les trouve plutôt imprudents dans leur buissness mais qu&#039;est-ce ce que j&#039;y connais moi? <br /><br />De toute façon je suis surtout là pour en croquer un peu, je glane en somme et je suis toujours bien accueillie. <br />J&#039;suis venue chercher un douze et dire bonjour à Nenette, je sais qu&#039;elle sera là. <br />Comment notre amitié a démarré? Elle a vingt six ans, un môme placé chez ses parents et une bonne vie de galère. Je pense qu&#039;elle profite de mon hospitalité pour dormir au chaud en cas de galère et moi je profite de sa dope. C&#039;est un accord symbiotique tacite et ça nous convient bien. <br />Quand j&#039;arrive Nenette est là et discute avec Rico dans le salon, Masse est assis dans la cuisine. <br /><br />Masse se surnomme comme ça en raison de sa taille, il a un faux air de Freddy Mercury en beaucoup plus musclé. Il m&#039;invite à m&#039;asseoir et me pose des questions. Je ne suis pas très à l&#039;aise, il me fait un peu peur, il me dévisage, longtemps et me dit que je suis jolie, c&#039;est dommage que je ne m&#039;en rende pas compte. Il me passe un pétard en le glissant dans ma main, trop lentement, je suis très mal à l&#039;aise. <br />Nenette m&#039;extirpe de cette conversation, jetant un regard noir à Masse et me dit qu&#039;on se casse en me jetant mon douze en cloche pour que je l&#039;attrape. <br /><br />Salut Rico, salut Masse. <br /><br />On file chez moi, dans ma chambre d&#039;étudiante. <br /><br />Pendant qu&#039;on remonte la longue rue qui mène jusqu&#039;à la cité U, Nenette m&#039;explique qu&#039;il me faut me méfier de Masse. C&#039;est pas un type bien, pourquoi donc Rico continue de l&#039;héberger ? Elle n&#039;en dit pas plus mais je la sens contrariée. <br /><br />On arrive devant l&#039;énorme bâtiment années trente, à la façade typique de la région. Ses grandes vitres sévères semblent nous juger et on se sent toutes petites quand on passe l&#039;immense porte d&#039;entrée du bâtiment. <br /><br />Ma chambre est dans une annexe, plus moderne et beaucoup moins impressionante.<br /><br />Je me souviens de cette chambre de cité U en formica; cette chambre, elle existe encore quelque part dans ma demeure mentale, derrière une porte que je ne pousse presque jamais.<br /><br />Je nous sers un vers de soda et je roule un spleef. <br />Nenette me demande de l&#039;aluminium. J&#039;attrape le rouleau sans poser de question et lui tends. J&#039;ai faim et me préoccupe peu de sa tambouille. Je cherche un truc à grignoter.<br /><br />Une odeur étrange vient à mes narines, comme du caramel particulièrement âpre, je passe ma tête par dessus le meuble où&nbsp; je stocke ma nourriture. Je vois Nenette, assise sur le bord du lit, l&#039;aluminium entre les doigts, un large cône dans la bouche qu&#039;elle enlève en me disant, vient on va chasser le dragon. <br /><br />C&#039;est ce qu&#039;on a fait. On a chassé le dragon. <br /><br />Au début elle m&#039;a mis la paille dans la bouche, et faisait elle même couler le caramel sur l&#039;aluminium. <br />J&#039;aimerais ce goût amer pour toujours, relié à l&#039;apaisement intense qui m&#039;envahit, instantanément, sans effort. La douleur s&#039;est envolée. Plus rien n&#039;a d&#039;importance. Tout, dans ma demeure mentale, est plus grand, plus éthéré, plus confortable et quelqu&#039;un a fait les poussières. J&#039;ai très envie de m&#039;y installer, m&#039;allonger et profiter de l&#039;élégante manière dont sont rangées les pensées et images. <br />Il fait bon, je me sens bien, quand Nenette m&#039;extirpe de ma rêverie pour me taxer une clope. <br /><br />J&#039;ai la gerbe et je vomi dans le lavabo parce-que les toilettes sont au fond du couloir mais je m&#039;en branle. Elle se fout de ma gueule, on rigole. <br />Nenette a un flot ininterrompue de paroles, on rigole, on discute, on réveille ma voisine de piaule, une étudiante bien sous tout rapport (qui trouve légitime de mettre de la dance à fond à 8h00 du matin) et on s&#039;fait engueuler. On rigole. <br /><br /><br />Cette soirée avait scellé notre amitié, qui durera deux ans, avant qu&#039;on ne se perde de vue. Elle m&#039;a appris à survivre dans un milieu ou certains m&#039;auraient dévorés toute crue, c&#039;est d&#039;ailleurs parfois arrivé. Elle m&#039;a appris à sauver ma peau et à fermer ma gueule:<br />Je vois tout, je dis rien. <br /><br />La nuit a filée et au lendemain et tout avait repris sa place, la poussière, retombée. <br /><br /><em>«J&#039;ai embrassé l&#039;aube d&#039;été.<br />Rien ne bougeait encore au front des palais. L&#039;eau était morte. Les camps d&#039;ombre ne quittaient pas la route du bois. J&#039;ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.<br />La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.<br />Je ris au wasserfall blond qui s&#039;échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.<br />Alors je levai un à un les voiles. Dans l&#039;allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l&#039;ai dénoncée au coq. A la grand&#039;ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.<br />En haut de la route, près d&#039;un bois de lauriers, je l&#039;ai entourée avec ses voiles amassés, et j&#039;ai senti un peu son immense corps. L&#039;aube et l&#039;enfant tombèrent au bas du bois.<br />Au réveil il était midi.»</em> <br /><br />Arthur Rimbaud. (Aube)]]></description>
<slash:comments>3</slash:comments><pubDate>Fri, 11 Aug 2017 19:45:44 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Gentle Iron ]]></dc:creator></item>
</channel>
</rss>
