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<title>Le blog de Rosetemple / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[“Les chemins à suivre sont tortueux et escarpés, inimaginables.” / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Les-chemins-a-suivre-sont-tortueux-et-escarpes-inimaginables_7437_1.html</link>
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<description><![CDATA[“Les chemins à suivre sont tortueux et escarpés, inimaginables.” Cette phrase qu’un ami m’a écrit pour me remonter le moral un soir d’angoisse parce&nbsp; que la journée ne s’était pas passée comme je l’aurais voulu, une histoire banale de conso, un truc qui m’est arrivé mille fois. Mais un truc qui m’arrive de moins en moins souvent, d’une part parce que je me juge moins qu’avant (eh oui j’ai compris que ma valeur ne se mesurait pas en milligrammes et en l’écart entre la dose souhaitée et la dose réelle) et aussi parce que je suis moins tyrannique avec moi-même : je me mets moins de règles. Sûrement que je consomme plus qu’avant, et encore, ce n’est pas certain, je suis moins erratique, et je suis convaincue qu’en terme de santé (si toutefois c’était l’enjeu) il est bien plus sain pour moi de consommer plus en étant en paix et sereine que de consommer moins en me triturant la cervelle au sujet de la moindre dizaine de milligrammes qui dépasse le cadre établi.<br /><br />C’est assise au milieu d’un rond de Sorcière, comme à mon habitude, échevelée et dégoulinante de sueur, qu’il y a presque une an jour pour jour, je me répétais sa phrase comme un mantra : “Les chemins à suivre sont tortueux et escarpés, inimaginables.” “Les chemins à suivre sont tortueux et escarpés, inimaginables.”“Les chemins à suivre sont tortueux et escarpés, inimaginables.”“Les chemins à suivre sont tortueux et escarpés, inimaginables.” Puis ses mots s’étaient imprégnés en moi et je les avais absorbés, ils avaient comblé le vide creusé par la culpabilité et le remords, par l’exigence et la raideur que je cultivais rien que pour moi ; épargnant, soignant les autres, frôlant parfois l’imbécilité dans l’indulgence que je leur portais pour, lorsqu’il s’agissait d’évaluer mes actes à moi, déployer une sévérité impitoyable, déverser sur mon petit être penaud les flammes du dragon monstrueux que je devenais pour l’occasion. Les larmes s’étaient faites plus rares. Le lynchage avait cessé et j’avais cédé. Je me laissais enfin caresser par la douce justesse des mots de mon ami. Quand des mots résonnent ainsi au fond de mon être, je suis envahie de l’élan irrépressible de leur fournir moi-même un écho. Je me souviens précisément de l’endroit où le cercle s’était formé, de la lumière dans la pièce. Je me souviens de la musique qui me berçait. Du crayon dont je m’étais emparée pour tracer ces quelques mots : “Je sais cela et parfois, même seule, j’ai cette certitude que je suis sur le chemin, sur mon Itinéraire. Et qu’il est effectivement tortueux. Et surtout inimaginable. Je ressens parfois l’évidence que, sans savoir comment, et même plus, en étant terrifiée par la perspective de l’abîme, les choses se déroulent dans une forme de logique dont je ne peux pas prédire le dénouement, car déjà le dénouement n’existe pas, mais qu’elles sont porteuses d’un sens que je ne comprends pas pour l’instant mais que je comprendrais plus tard. Avoir confiance en l’avenir. Confiance en moi. Confiance en mes forces et en mes ressources. Confiance en mes choix. M’autoriser à ne pas être parfaite (mais parfaite selon quel critères d’ailleurs ?), et même à être imparfaite et laxiste. M’autoriser le plaisir. Assumer mes choix étant donné que je les fais malgré tout, malgré l’angoisse, la peur, les conventions, la morale, l’éducation, le rabâchage incessant dont je suis la victime et dont je peine tant à m’extirper bien qu’il soit à l’encontre de mes valeurs et de mes convictions…”<br /><br />Ces mots ont réapparu ce soir comme une main tendue dont je n’ai pas besoin et que j’ai regardée interloquée alors que la nostalgie m’envahissait. Je n’ai pas eu à comprendre car ils se sont frayé chemin sans que je ne fasse rien pour les y aider. Une main tendue qui s’est faite mienne et que je me suis vue diriger vers la lourdeur orageuse d’une année entière qui s’était écoulée à tâtons. Ma main tendue dans le vide qui n’a d’autre endroit où s’accrocher que les rayons dorés d’une petite étoile perdue au milieu d’une humanité absurde qu’elle s’efforce de singer, juste pour me faire rire, pour me faire oublier l’empreinte glacée sur mes doigts.]]></description>
<slash:comments>2</slash:comments><pubDate>Sun, 11 Jun 2023 02:08:40 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Adieu âme jumelle / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Adieu-ame-jumelle_6739_1.html</link>
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<description><![CDATA[Si peu réelle, tellement imaginée. En réalité jamais tu as existé, tu étais une image doucement construite, enfouie tellement profondément que tu m&#039;étais ignorée. Je t&#039;ai déterrée sans le réaliser. Et je t&#039;ai collée patiemment, gentiment, tout doucement sans écraser son visage, sur lui. J&#039;ai gommé ses horreurs, j&#039;ai ignoré le dégoût, j&#039;ai décidé que le moment était venu. Tu allais vivre, j&#039;allais vivre, nous allions vivre, vivre enfin ensemble. Jouer joyeusement dans les poudres. Tirettes au souffle retenu. Para qui monte comme un feu d&#039;artifice. Rushs, quatre rushs avec toi , quatre rushs en deux mois. Tu clignotes entre tes baisers. Tu brilles. J&#039;aime la perche qui nous permet de tout oublier ; moi mes peurs, toi tes schémas pathétiques et arriérés. <br />Ce midi, embrumée d&#039;éthanol et d&#039;opiacés, en plein dans le théâtre de mes souffrances les plus arides, je suis affreusement endeuillée. Même l&#039;amour le plus fou, même l&#039;amitié la plus fidèle, n&#039;a pu résister à tes trahisons, tes tristes renoncements, à ton affligeante banalité.]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Fri, 25 Feb 2022 16:38:06 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Voyages et voyage II / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Voyages-et-voyage-II_6451_1.html</link>
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<description><![CDATA[Voyages - Deuxième volet. Deux : la Papesse. Deux uns ensemble : la force. <br />La force qu on nous rabâche sans cesse. Allez sois forte. Hier encore ma petite sœur adorée et qui ne veut plus l’être : c est du passé, il faut tourner la page. Sans arrêt cette injonction à y arriver, et à y arriver seule, sans prods, sans médocs, sans défonce. <br /><br />21 mois après les mosquées de Turquie et mes voyages sur mon blog, 21 mois de folie d amour de déchirement et de voyages spirituels et magiques, un autre voyage et encore une terrible envie de consommer. Prête à aller pecho sans parler la langue, prête à me fracasser la tête contre les murs de désir. De désir et de tristesse. Petite sœur... <br />21 mois après et plus aucun cachet dans ma poche. Je les ai tous bouffés. Et pourtant j avais prévu, j’avais prévu la tristesse, j’avais prévu les bouillons tournoyant dans le ventre comme depuis gamine, cette violente sensation de différence, d’avoir des mots à dire, des mots à hurler, des mots qui restent bloqués parce que c’est interdit. Petite fille sage, femme muette.<br />Ma sœur, a toi j ai cru tout pouvoir déclarer. Mais cet été tu ne m’écoutes plus. Cet été je ne fais que brailler, pleurer, trépigner, supplier. Et toi tu me regardes tétanisée. Tu te retourne vers ta vie de monsieur bien rangé, tu oublies les perches, les unissons, les absolus, tu oublies notre famille, celle qu on s’est inventée, tu oublie notre temple qu’on pensait avoir solidement édifié. <br />Et moi je me retrouve perdue,&nbsp; esseulée. Plus de mosquées mais des églises, des ruines, des repas, du soleil, la chaleur écrasante qui me brûle, qui carbonise mon cœur. Coeur/corps qui hurle sans sortir aucun son. <br /><br />Corps plié. À chercher partout, dans les endroits les plus absurdes, tram, codé, morphine, héro, n’importe quoi. Un soupçon opiacé. Le soulagement du dos, du ventre, de la tête, de tout mon corps qui semble peser cent kilos, qui semble avoir cent ans. <br />D’elles deux qui me manque le plus ? Sans drogue, avec ma sœur, mon corps souffrirait. Sans ma sœur, avec la drogue, plus personne ne crierait. Mon corps flotterait, mon esprit sourirait... <br />Rose, violet, orange, les clochers. Bleu le ciel. Jaune et doux et chaleureux le soleil. <br /><br />Quatre jours à tenir. Et pourquoi ? Pour rentrer. Me jeter sur les prods. Et tout recommencer...]]></description>
<slash:comments>9</slash:comments><pubDate>Sat, 07 Aug 2021 16:16:57 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Comment faire ? / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Comment-faire_6432_1.html</link>
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<description><![CDATA[Comment faire quand l avenir apparaît comme un immense et noir rideau ?<br />Comment faire quand on a le sentiment que nos corps et cœurs sont piétinés ?<br />Comment faire quand on connaît tout ces remèdes qui apaisent la souffrance ?<br />Comment faire pour ne pas se gaver de 3-mmc jusqu’à s’en faire exploser le cœur ? Pour ne pas se bâfrer d’opiacés jusqu’a Lui permettre, enfin, de se reposer ? <br />Comment faire quand tout s’écroule et que la solution drogue est si simple, qu’elle serait une si bonne alliée contre les pleurs et les gémissements, comment faire pour continuer à plus ou moins gérer quand la gestion des consos paraît un problème tellement dérisoire ?]]></description>
<slash:comments>7</slash:comments><pubDate>Tue, 20 Jul 2021 11:18:09 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Nouvel espoir / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Nouvel-espoir_6291_1.html</link>
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<description><![CDATA[Un an. Un an sans presque venir ici. Tellement de raisons. Personnelles ou pas. Et puis le confinement, la vie en pause, un peu. Et les expérimentations, les trips, les voyages internes, qui éloignent de ce clavier. Merveilleuses révélations perchées. Qui éloignent de certains, qui rapprochent d&#039;autres. Musique. L&#039;été qui brille des stims et l&#039;automne qui en prend l&#039;odeur acre, grisailles de descentes, besoin de toujours plus, pour finir trop souvent déçue. Déprime, incompréhension, mots gardés tout au fond, qui rongent les entrailles soudain apaisées par la caresse opiacée. Et puis une vie qu&#039;on oublie à moitié, presque toujours perchée, joyeuse, légère, qui disparait dès le réveil sous tension. Serrer les dents. Un jour, deux jours, plus possible, et ça recommence. <br />Ces mots parce que je réalise, avec l&#039;impulsion puissante de PA ces jours-ci, avec l&#039;impression d&#039;être enfin écoutée et la validation de ce que je pensais, que ces horribles sensations que je ressentais depuis des semaines sans que jamais on les prenne au sérieux sont liées à un début de dépendance physique au tramadol, ces mots parce que grâce à PA, en moi un nouvel espoir est né.]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Sun, 25 Apr 2021 08:50:43 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Trou noir / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Trou-noir_5232_1.html</link>
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<description><![CDATA[Hier je racontais mes expériences d&#039;absence absolue sous alcool. On m’a dit que ce que je vivais (et surtout avait vécu) n’était vraiment pas commun et que je devrais l’écrire, pour le partager. Je l’ai déjà écrit mille fois mais aujourd’hui je vais le faire dans cette optique, celle du partage.<br /><br />Quel était mon état d’esprit quand je me rendais à l’endroit où nous nous rencontrions ? Excitation à l’idée de l’ivresse approchante, désir puissant du premier verre, celui qui n’est qu’une amorce, mais qui, quand enfin il est absorbé, ne permet plus aucun retour en arrière, anticipation de l’exaltation partagée, de cette sensation si merveilleuse de se sentir libre, d’oser parler, s’affirmer, crier. Oui, mon état d’esprit était celui-là. Comme si sans alcool je ne faisais qu’attendre la prochaine occasion où je pourrais à nouveau être cette personne gaie, détendue à l’extrême, souple dans la relation aux autres. <br />Le premier verre bu, il ne restait plus qu’à se laisser couler. Paroles,&nbsp; gorgées, sourires, gorgées, salut, gorgée, un autre, celui-ci est à peine fini mais oui un autre. Sans relâche, pendant des heures. De temps en temps une interrogation à moi-même, souvent provoquée par la solitude qu’impose le passage aux toilettes, ça va, comment tu te sens ? Le t’es bourrée? habituel. L’exercice qui met à l’épreuve, celui de tenir encore sur ses deux jambes repliées sans s’effondrer sur la cuvette que même inconsciente on n’effleure pas. La réponse habituelle, peu importe le degré d’alcoolisation : je suis bien, je vais bien, je kiffe, je passe un trop bon moment. Les gueule-de-bois, attention-méfie-toi-de-la-gueule-de-bois, balayés… Tout va bien. Donc comme tout va bien, pas de raison de s’arrêter. <br />Puis vient le moment où mon récit se complique, où tout est flou, où, malgré la conscience du fait que je suivais toujours le même chemin, invariablement, je suis incapable de détailler ce qui se passait alors en moi. Pourquoi je continuais à boire sans relâche, de plus en plus avidement, toujours plus, toujours plus, toujours plus, je l’ignore. Je ne savais pas que j’avais mon compte, je ne réalisais pas que j’avais déjà dépassé la limite qui me permet de ne pas souffrir le martyr le lendemain, que j’étais déjà trop ivre pour être intéressante. Mais j’étais celle qui est bourrée à chaque fois. Rarement la seule mais la valeur sure, celle qui fait qu’on est pas le ou la seul.e quand c’est notre tour de nous lâcher, à être l’ivrogne de service. Comment ces gens qui sont censés être mes amis m’ont laissée faire ça, je l’ignore, je ne les blâme pas mais je m’interroge.<br /><br />L’étape précédente (celle qui occupe la majorité de la nuit) terminée, c’était le moment de l’inconscience. Un état qui, je ne sais comment, ne m’a pas fait plus flipper que ça pendant toutes ces années. Un état pourtant complètement effrayant. Vivre ça, y survivre, et s’y coller à nouveau, encore et encore, ça dépasse l’entendement. <br />Je parle de moins en moins, je me replie, je ne sais pas exactement, mais je continue de m’enfiler les verres d’alcool, toujours plus vite, comme s’il en allait de ma survie, sans soupçonner que c’est complètement l’inverse ! Si on me dit, pour prendre soin de moi, que je devrais baisser le rythme, boire de l’eau, je m’insurge. On veut me contrôler, on n’y comprend rien, je ne suis pas bourrée, je suis bien, tout va bien. Mais tout ne va pas bien, car je m’enfonce, je me noie. Certains tentent de me calmer (un peu trop tard mais comment le leur reprocher), d’autres m’encouragent à continuer et réprimandent même les premiers, laisse-la-bien-faire-ce-qu’elle-veut, ceux-là on peut dire qu’ils m’ont aidée... Je ne doute pas qu’ils ne me voulaient pas de mal, mais leur aval m’a longtemps amenée à penser que tout ça était “normal”, que j’étais comme les autres. En réalité, non, je n’étais pas comme ces autres, je ne le suis pas aujourd’hui. Aucun d’entre eux n’est en train d’écrire ce texte, pourquoi, parce qu’il n’en ont pas besoin, parce que s’ils ont perdu le contrôle, ils l’ont perdu ponctuellement. Ils ne se sont pas construits autour de cette identité, de ce désir incessant d’ivresse, de toujours-plus, de ce-n’est-jamais-assez. Moi, je suis sûrement plein d’autre choses, mais je ne suis aussi que ça. Et, paradoxe ridicule, je tiens à cette identité, à cette soif d’absolu, à cette recherche de l’ivresse ultime, qui tournoie en-dedans et te fait exploser vers le dehors. Je m’égare. <br /><br />Arrive le moment où je n’ai plus rien à raconter car je ne l’ai jamais vécu. Ce moment où mon esprit quitte mon corps. Mon enveloppe est là, posée sur une chaise, ou contre un mur. Elle ne s’effondre pas, elle tient plus ou moins droit. Mais moi, où suis-je ? Je n’ai pas de réponse à cette question que je me pose depuis relativement peu comparé à toutes ces années où je me suis retrouvée dans cet état. Personne n’a jamais pris ma tension, ni vérifié le rythme de mon cœur, mes pupilles, je ne sais quoi d’autre. Je suis là, réveillée, mais il n’y a personne dedans. On me dit, Isore, bois de l’eau, je bois de l’eau, Isore arrête de boire du vin, j’arrête de boire du vin, Isore on rentre à la maison… Je suis docile, une coquille vide. <br />Ils pourraient faire ce qu’ils voudraient de moi mais ce sont mes amis. Extrêmement rarement je me suis retrouvée dans cet état sans des personnes suffisamment proches pour me prendre en charge. Ai-je ces jours-là mobilisé une énergie supplémentaire pour tenir le coup jusqu’à la maison, ou simplement ai-je moins bu, je n’ai que des éléments de réponse et ce n’est pas important. <br />Un jour, une amie qui boit beaucoup également (mais qui jamais ne frôle l’état dans lequel je peux être) a fait une sorte d’épisode psychotique, impossible de la raisonner, elle hurlait, voulait qu’on la laisse prendre le volant pour rentrer chez elle. L’un d’entre nous (d’entre eux?) a dû l’attraper, la pousser, pour qu’elle ne monte pas dans la voiture. Ensuite elle s’en est prise à une amie, lui a hurlé dessus. La soirée avait tourné au cauchemar. Je n’en dirai pas plus, en réalité je n’étais pas là. Quand j’ai demandé à mes amis, mais je faisais quoi moi, pendant ce temps ? Toi, tu ne faisais rien, tu étais là, tu ne bougeais pas. Une plante verte. Tu la poses là et elle y reste. Effrayant. Les cris de mes amis, le conflit que je déteste, rien ne peut me faire réagir. Simplement parce que je ne suis pas présente. Mon corps est là, donc pour les autres je suis là, mais c’est faux. Moi, Isore, je suis absente. Où suis-je est une autre question. Dans un univers merveilleux, en souffrance, ou simplement morte, je l’ignore, mais ce qui est sûr c’est que je ne suis pas là. Ce n’est pas seulement que je ne me souviens pas du moment, car ça aussi ça m’est arrivé, ça arrive d’ailleurs souvent en amont de ces moments d’absence, ces moments où je refuse d’arrêter de boire contre toute logique je ne m’en souviens pas toujours. Mais le moment dont je parle ici, où je ne suis plus qu’un corps vide, ce n’est pas une question de perte de mémoire. Je n’ai rien fait que je puisse regretter ou dont je ne me souvienne pas. À ma place il y avait un corps, une femme, des yeux ouverts mais qui ne voient rien, un corps capable de se tenir debout, de marcher, d’uriner, parfois même de se laver les dents. Mais dans ce corps il n’y avait personne…]]></description>
<slash:comments>8</slash:comments><pubDate>Sun, 08 Dec 2019 23:05:56 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
<item>
<title><![CDATA[Ode à l'alcool / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Ode-a-l-alcool_5185_1.html</link>
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<description><![CDATA[Pourquoi ode à l’alcool ? Pas parce que je veux faire l’apologie d’un produit. Quoi que, pourquoi ne le ferais-je pas… Si ce texte s’était appelé “ode au cannabis” ou “ode à l’opium”, est-ce que cela m’aurait paru choquant ? En toute honnêteté, non. Mais ode à l’alcool, tout de suite, je tique. Alors, oui, j’ai une dent contre lui (tiens, je remarque que c’est la seule drogue dont je parle au masculin), je lui en veux de parfois prendre possession de moi et me faire faire n’importe quoi, d’annihiler mon esprit, mon identité, de me transformer en plante verte. Mais, comme si je n’avais aucun rôle dans tout ça, il ne manquerait plus que je me mette à donner aux substances une identité, le pourvoir de me faire faire des choses que je ne ferais pas seule ! <br /><br />Alors pourquoi “ode à l’alcool” ? Parce que j’ai redécouvert il y a quelque jours l’ivresse alcoolique. Un soir, j’ai bu de manière un peu compulsive, je dois l’avouer, et j’ai dû m’arrêter pour des raisons que je n’expliquerais pas car elles sont sans importance. Je vais omettre aussi de creuser le point : me serais-je arrêtée si j’avais eu l’occasion de continuer ? En réalité, probablement pas, mais ça ne change rien au fait que j’ai arrêté. Quelques dizaines de minutes plus tard, j’ai pensé (je l’ai dit et j’ai vu l’incrédulité sur le visage de mon interlocuteur mais le fait que j’essaye d’être le plus transparente possible sur mes pensées au sujet des drogues pour éviter de partir dans la spirale de l’obsession et du secret n’est pas le sujet ce soir), quelques minutes plus tard donc j’ai pensé que, si l’effet si agréable que je ressentais était dû à une prise de codéine, je serais simplement en train de kiffer. Cette légère euphorie, cette douce sensation de planer, cette spontanéité sincère vis à vis des autres… Tout ce que j’aime en réalité. Un petit nuage violet qui m’entoure mais qui ne me coupe pas du monde, qui me permet simplement d’y être à mon aise et d’y évoluer avec joie et confort. <br />Ce nuage, avec l’alcool, je ne me souviens pas de la dernière fois qu’il avait fait son apparition. J’ignore d’ailleurs si un jour il a existé, je bois depuis tellement longtemps, je consolide ma résistance à l’alcool depuis tellement d’années, comment se souvenir d’un plaisir si éphémère…<br /><br />J’ai eu envie d’écrire ce petit bonheur fugace parce que j’ai la sensation que je considère l’alcool comme une sous-drogue, comme une drogue vulgaire. Et cette catégorisation des drogues, je ne pense pas qu’elle vienne de moi vraiment. Alors oui, elle vient de la société : à partir du moment où l’alcool est accepté, légal de toute évidence, il est difficile de ne pas en faire un cas à part. Mais j’aimerais pouvoir aller au-delà de la dichotomie légal/illégal, car finalement elle est complètement dépendante de l’époque dans laquelle on vit. J’ai la sensation que la place spéciale de l’alcool dans l’imaginaire, dans notre imaginaire, n’est pas seulement liée au fait que c’est une drogue légale et parfaitement acceptée (voire obligatoire) dans nos société. Cette place est-elle lié à ses effets et à la multitude de gens bourrés qu’on voit devenir violents ( devenir… hum, je suis peut-être bête quand j’ai bu mais jamais je fous sur la gueule des gens, mais c’est un autre sujet…ou pas…) ou devenir cons parce qu’ils ont bu ? Ou est-elle simplement liée au fait que c’est accepté, que c’est légal, et qu’il y a moins de travail à faire pour faire avancer les choses quand à la compréhension de son usage et au statut de ses usagers dans la société ? En réalité, pour moi, ce soir, ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est que je me rends compte que je suis la première à hiérarchiser, à rabâcher aux gens, s’ils parlent des autres drogues en des termes qui me dérangent, que l’alcool ce n’est pas mieux, que l’alcool fait ci ou ça, que l’alcool c’est pire parce que… Alors qu’en réalité, ce n’est pas le problème, ce n’est pas parce que l’alcool est bien toléré, voir valorisé, que les autres drogues restent incomprises, stigmatisées…<br /><br />Quel degré d’ironie y’a-t-il dans le fait que j’écrive ce texte un verre de vin à la main, et que, là où je me trouve, il serait impossible de consommer, à la vue de tous, une autre drogue… C’est une question sans réponse. Pour aujourd’hui. Pour moi, ce soir, l’important est mon ode à l’alcool, à la tolérance, et à la bienveillance, les vraies…]]></description>
<slash:comments>24</slash:comments><pubDate>Wed, 13 Nov 2019 19:12:23 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Voyage et voyages / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Voyage-et-voyages_5129_1.html</link>
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<description><![CDATA[Dans la mosquée. Au-delà de la ligne des têtes des petites dames chinoises, je fixe le panneau. Focaliser mon attention. Autohypnose les larmes plein les yeux. Incapable d’être simplement là, sereine. Pleine d’un désir brouillon, un désir de tout et de rien à la fois, un désir d’élévation et d’anéantissement. N’importe quoi, un produit, n’importe lequel. <br /><br />Appel à la prière. Les voix se répondent en échos. Prière... Prier... Quelle prière pour moi... Prière pour lutter contre l’obsession, pour rêver de liberté. Prière comme une illumination, comme le pouvoir de faire apparaître dans mon organisme un feu d’artifice de plaisir, de sensations, de bien-être. Et si soudain je me mettais à croire moi aussi, oublierais-je le reste, me suffirais-je enfin à moi-même, comprendrais-je enfin la sobriété...<br /><br />Doucement la tension s’étend, de mon cou à mes omoplates, de mon dos à mon ventre qui crie. L’angoisse, pourtant crainte, est absente ; mais mes intestins se tordent, le stress monte, comme si soudain allait survenir un grand événement. Les cheveux noirs devant moi se brouillent dans la concentration et les larmes. Découragement. Focalisation de l’attention. Autohypnose. Oubli. Lutter pour le plaisir de l’instant loin du quotidien, loin des rituels, des préparatifs, des voyages intérieurs. Voyage de ceux que font les humains habituels, les humains dont les pieds touchent le sol. Pourquoi est-ce si compliqué...<br /><br />L’image des cachets au fond de ma poche, le bien-être, la tiédeur, l’esprit qui se laisse envahir de nuages violets. Combien faudrait-il en prendre pour assouvir cette soif... Combien en resterait-il pour le moment où j’en aurais réellement besoin... Et que penserait mon foie... Vingt-quatre heures ont passé depuis que j’ai délaissé mon vaporisateur et tout le reste, pris une grande inspiration et endossé mon sac. Vingt-quatre heures et déjà une aide pour dormir, une aide qui ne me fait même pas voyager. Combien de dizaines d’heures me reste-t-il avant de humer à nouveau les parfums familiers, de me fondre dans mon monde... Combien d’heures à rester muette, à souffrir en silence, à y penser, à ne pas profiter du monde, de ce voyage. <br /><br />Ces tournoiements, atermoiements, du ventre, me hantent depuis toujours. Ce besoin de recueillement, de solitude, de mon monde intérieur, d’une substance quelle qu’elle soit, m’a toujours accompagnée. Mais je la comprenais mal, j’en souffrais sans l’identifier vraiment. Et je la noyais, je la faisais taire. Aujourd’hui, je veux la sublimer, la faire virevolter dans les airs. Me sentir légère.]]></description>
<slash:comments>17</slash:comments><pubDate>Tue, 22 Oct 2019 17:13:31 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Quand partir en vacances m'angoisse... / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Quand-partir-en-vacances-m-angoisse_4931_1.html</link>
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<description><![CDATA[Quand partir en vacances m’angoisse.<br />Quand au lieu de la détente, je pressens la lutte.<br />Quand je sais qu’à chaque instant, alors que, tous, ils se grandiront, ils exploseront, ils s’amuseront, je ruminerai, je me torturerai.<br />Quand, vraiment, je suis mise face à ma différence, et que personne d’entre eux ne me comprend. Que personne ne veut comprendre parce que ça les arrange bien que je sois comme je suis, qu’il y ait quelqu’un pour faire plus d’excès qu’eux, que je rie aux éclats, que je suinte de sincérité. Qu’ensuite je sombre dans l’obscurité ce n’est pas grave, le spectacle en a valu la peine.<br /><br />Premier soir, première occasion de boire. Ce ne sera pas le plus dur, les autres ne seront pas tous là. La ville est accueillante, elle me laissera consommer mon “traitement de substitution cannabique” en paix, personne pour me poser des questions, pour me regarder de travers.<br />Mais demain, qu’en est-il de demain, quand, tous attablés, ils commanderont la première tournée ? Demain je suivrai, docilement. À la deuxième ronde, peut-être réussirai-je à différer, à dire non, mais la troisième sera plus compliquée, et la quatrième. À la cinquième, je n’aurai probablement plus aucune volonté. Et toutes les autres. Et tous les jours. Midi et soir. Certains midis, j’ai peut-être une chance d’y arriver…<br /><br />Car, tout le monde boit et si on ne boit pas ce n’est pas normal. Car si on ne boit pas, c’est question sur question, à tous les coups je suis enceinte. Si on ne boit pas c’est qu’on est enceinte, c’est quand même fort… Je ne suis pas enceinte, je n’ai pas envie de ne “pas boire”, j’ai envie de ne plus boire comme ça. J’ai envie de, pendant qu’ils boivent tous leur bière, vaporiser tranquillement mon cannabis, à mon rythme. Mais il faut se justifier. Avec certains, la famille, c’est carrément impossible. Je leur expliquerais, moi, si j’avais les tripes, mais je n’ose pas. Je suis comme une gamine de quatorze ans qui se cache pour fumer. Je ne fume même pas de clopes devant eux, c’est dire. Ça fait pourtant un bon moment que je n’ai plus quatorze ans. Pourtant je ne dirai rien à ma belle-mère, comment le cannabis, à plus forte raison sans combustion, est moins nocif que l’alcool, que ce n’est pas plus une drogue que l’alcool, que c’est mon choix aussi, je me contenterai d’accepter le verre qu’elle me tendra en souriant. <br /><br />Je sens que l’alcool creuse des trous à l’intérieur de moi. Des trous qui brûlent. La gueule de bois arrive de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je me déteste, j’ai encore craqué, je n’ai pas été assez forte. Tous les jours je dois me battre contre moi-même, et là je vais devoir me battre contre eux également. Oh, à certains, je vais leur expliquer, mais ils auront tôt fait d’oublier. Au troisième verre ils auront oublié, et ils poseront mon alcool sur la table, à ta santé.<br /><br />Donc si on ne boit pas c’est qu’on est enceinte, ou malade, mais si on boit trop on est un poivrot. Parce que c’est bien ça le problème, ils veulent me faire picoler, bon, mais quand je dérape je suis seule. La honte, la culpabilité, les vertiges de demain, les angoisses. Pour tout ça je suis seule. Personne ! Donc mes amis, ma famille, me font boire et la société m’empêche de me soigner. Je me sens emprisonnée dans cette société,&nbsp; dans un comportement, dans une vie qui ne me remplit plus. D’abord parce que je ne ressens plus l’ivresse comme avant, je passe de rien au black-out, entre c’est tout juste amusant, plus d’euphorie, plus d’amour grandiloquent. Et parce que je sais que mon corps est arrivé à saturation, qu’il me crie de prendre soin de lui ! Mais eux, les autres, ils n’entendent pas ces cris…]]></description>
<slash:comments>12</slash:comments><pubDate>Wed, 17 Jul 2019 08:01:10 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Amsterdam-Paris / Le blog de Rosetemple]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Amsterdam-Paris_4855_1.html</link>
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<description><![CDATA[Deux moments, un matin et un soir, Amsterdam et Paris. Une auberge de jeunesse, un petit nid douillet dont on va me chasser dans quelques heures et un café soluble qui accompagne la barre chocolatée. Un cookie avalé à la va vite devant le Bataclan. Je disparais sous la couette, deux semaines plus tard je me cale par terre contre le mur de la fosse, attendant que le concert commence, laissant monter le trip. Le matin, l’estomac vide, c’est un geyser de sensations accompagné d’une légère angoisse. Dans deux heures, je dois abandonner mon cocon, lâchée dans les rues hollandaises. La puissance de la révolution qui me gagne m’inquiète, je sais que la montée peut-être longue, vertigineuse. Je décide de profiter du temps qu’il me reste au chaud, en sécurité. Loin de là, la salle se remplit doucement, mes épaules s’affaissent, c’est plus tranquille, ça se met à tourbillonner au ralenti. La fraicheur me gagne, la conscience des autres autour aussi, mais je suis confiante et je laisse monter sans m’inquiéter. <br /><br />Quand je bouge, ne serait-ce qu’un doigt, les drapes crissent. C’est beau. Je m’apaise, la musique me berce. Cette inflexion de la voix, ce riff de guitare, ces notes dont je n’avais jamais vraiment saisi la subtilité, la beauté. Maintenant elles résonnent, assourdissantes, les enceintes sont à quelques mètres de moi. J’ai une vue parfaite sur le chanteur, Telecaster à la main, sur le pétillant guitariste, le batteur au loin, et parfois la pianiste, pieds nus. Ma bouche est désespérément sèche mais je résiste, si j’abandonne mon petit espace au milieu de la foule, quelqu’un d’autre viendra l’occuper et, ailleurs, les vibrations ne seront peut-être plus aussi merveilleuses. Ces vibrations qui roulent le long de la couette, sur mes bras, le long de ma colonne vertébrale. Je resterais ici à jamais, fondue dans ce bonheur intense, les yeux fermés, à regarder danser mon imagination, mes souvenirs. Est-il permis de vivre chaque instant ainsi, dans une béatitude parfaite ? <br /><br />Sans y réfléchir, j’adresse au chanteur un sourire qui me surprend moi-même tellement il est spontané, sincère, mais lui ne le voit pas et c’est à moi que je souris, de tant de bien-être, chaque sensation est une caresse, une étreinte. Je vois les jeunes hippies dans les concerts de rock psychédélique à une époque où je n’étais pas née et je me vois moi, dans ce terrible 21ème siècle, dans ces lieux de drame, ondulante, en symbiose avec l’univers. Autour les yeux sont ouverts, je ferme les miens, sans peur. <br /><br />Quand je les ouvre, il est temps de me mettre en mouvement, l’heure fatidique arrive. Je me glisse sous la douche, l’eau est chaude, je la regarde ruisseler sur mes mains, émerveillée. Chaque gouttelette est une plume colorée qui frôle ma peau. Toutes ensemble elles formes un torrent qui inonde mon visage et je comprends enfin la magie des éléments. La puissance de l’eau s’immisce en moi et je me sens prête à affronter le monde, ou plutôt à m’y fondre, à le laisser me montrer les pavés humides, les canaux tranquilles. Je flotte jusqu’au métro la tête gonflée de musique, d’émulation, de cette énergie vitale qu’elle m’a transmise. Le bus traverse trois pays, le métro trois arrondissements, mais les chemins se ressemblent, tous les deux sont rythmés par cette douce torpeur qui suit l’extase et qui malheureusement précède le retour à la lumière crue de la vie, celle qu’on essaye de tamiser avec, comme un voile coloré, le souvenir de ces moments étincelants ou les tentatives, jamais parfaitement réussies, de les faire revenir.]]></description>
<slash:comments>4</slash:comments><pubDate>Tue, 18 Jun 2019 17:46:04 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Rosetemple ]]></dc:creator></item>
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