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<title>Le blog de Courtecuisse / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[Plaidoyer pour la pair-aidance en Addicto / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Plaidoyer-pour-la-pair-aidance-en-Addicto_5680_1.html</link>
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<description><![CDATA[En deux mots, ou un peu plus, pourquoi Jimi ? Pourquoi le récit de ce personnage finalement hors-jeu du soin, à partager chaque semaine sur les réseaux sociaux ?<br /><br />L’écriture, qui plus est la narration, permet de s’approprier certains sujets et de s’identifier. Endosser le rôle de Jimi, tisser une histoire, un vécu et des réflexions. Tenter d’imaginer ce que nous ne voyons pas. Ces personnes « toxicomanes » vivent masquées, faut-il encore le rappeler ? C’est certainement un peu décalé par rapport à la réalité. Seulement cela n’a aucune prétention par rapport à cette dite réalité, souvent méconnue et ignorée. Je crains fort que des Jimi il en existe de nombreux. Ma pratique le reconnait dans certains recoins et replis de mes fonctions. Ecrire, c’est s’engager. Je reconnais plus de « Jimi » qu’avant. C’est déjà une nouvelle étape.<br /><br />Et puis il y a eu des réactions, des gens de tous horizons qui ont suivi le récit. Des sites aussi associés fortement à ces problématiques, comme psychoactif ou drogues info service. Et ça a parlé. Peut-être partiellement, sur quelques facettes de sa personnalité, des coins de Jimi. Il y a eu des résonnances. Loin de vouloir légitimer un propos, la démarche disons a été au moins partagé.<br /><br />Qu’est-ce que cela a-t-il pu soulever tout au long de l’écriture et des échanges ?<br /><br />Le partage de ces idées a été pour une part anonymisé. Qui se donne le droit d’en parler ou de s’y autoriser ? La justice et la vindicte populaire, sans la critiquer, ne sont jamais très loin. Les bouches sont closes et cousues par l’interdit qui est brandi. Nous ne pouvons pas parler librement de drogues. Oui, il ne faut pas banaliser. Non je ne fais pas l’apologie de ce commerce et de ces consommations. En ambassadeur de la réalité (Racamier), je constate juste les effets de cet interdit.<br /><br />Inter-dit.<br /><br />Entre sujet du dire, nous ne pouvons pas en parler, échanger alors même que les consommations sont révélatrices d’une souffrance psychique devant trouver une voie d’apaisement. L’impossibilité d’échanger librement. Elle peut se faire certes sous couvert d’anonymat, transformant sans en changer la nature de l’interdit, sans pouvoir échanger en son propre nom. Une chape symbolique s’applique. Société où l’on pourchasse celui qui consomme, où l’on attribue la honte à celui déjà pointé du doigt. L’effet second est donc de se taire, de ne pas parler de soi contribuant à l’isolement, à moins que cette personne désignée ne trouve à s’associer avec ses semblables, pour un même combat, celui du planqué. Cela manque très largement d’ouverture et de perspectives pour l’usager de drogues.<br /><br />Faut-il lever l’interdit ? Je pense oui et surtout pour que nous puissions en parler, chacun d’entre nous. Nous ne pouvons pas être tenus coupables de nous attacher à cette question qui plus est universel. Nos êtres transpirent de dépendance. Reste à savoir de quel type il s’agit. Nous pourrions apprendre de ces personnes, énormément. Ils expriment en eux toute la singularité et la fragilité de notre condition dont la pierre angulaire est la dépendance. Ne trichons pas. Il n’y a pas eux et nous de l’autre côté d’une soi-disant frontière.<br /><br />Aussi ils pourraient se fédérer, s’associer, s’entraider, se rendre secours et service, se sauver entre eux, ce qu’ils font certainement. De manière planqué. S’unir autour du dire tout au moins car les consommations ne sont que le symptôme, l’arbre qui cache une forêt de maux et de mots, malheureusement non-dits. Pourraient-ils seulement y être autorisés ?<br /><br />Le récit plaide pour cette liberté d’association. Ecoutez Jimi. Il est adolescent, furieusement seul. Il rame et galère. Doit-on lui reprocher, à son âge ? Va-t-il déclarer aux instances habituelles son lien avec l’héroïne ? Cela risquerait de compromettre définitivement sa vie. Un niveau de dialogue respectant son intimité l’aiderait sûrement, sans jugement, sans crainte, de manière sécurisante. Qu’il soit complètement à l’aise et reprenne confiance en lui ? Il a des choses à dire non ? Il en a dans le ciboulot aussi ! Ceci n’était qu’une fiction, relatant de trop lourdes réalités.<br /><br />Notre modernité se situerait dans l’acceptation qu’il s’associe avec certains ayant eu le même parcours, qu’il puisse s’engager avec d’autres, en groupe. Ce serait un vrai levier, complémentaire des structures existantes, sans avoir à parler de soin, d’éducatif ou de travail social. Juste une liberté totale à se parler.<br /><br />Pour ceux que ça intéresse, nous pouvons nous adresser le texte Jimi en entier.<br /><br /> Merci Encore pour votre soutien. <br /><br />Antoine et Richard]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Tue, 12 May 2020 15:36:18 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Rave de mouettes / Le blog de Courtecuisse]]></title>
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<description><![CDATA[Les mouettes crient et hurlent à la mort tel un chœur de crissements de pneus porté par le bruit des rouleaux de vagues s’affaissant sur la plage. Les cris vont si loin, de partout, de nulle part. L’eau charrie les coquillages, recouvrent la terre plate. Les oiseaux sont fous, luttant contre le vent, se laissant portés par la tempête, croisant chacune de leurs trajectoires. Rien ne laisse comprendre leurs actions illogiques. Elles ne sont certainement pas en chasse, elles dansent comme des sauvages au-dessus de la mer, libres de pratiquer n’importe quel mouvement ascensionnel, ou un plongeon.<br /><br />Une rave de mouettes dans un champs de mer, improvisé sous l’air du sifflement du vent. Elles ne s’arrêtent pas, jouissant de chaque bourrasque, déployant grand leurs ailes, jouant des éléments. La mer malgré les gros remous parait insignifiante, inoffensive et dompté par ces misérables oiseaux. Certaines se laissent emporter vent arrière, grand largue, disparaissant derrière la falaise. D’autres attendent face au vent, pattes dans le sable, regard à l’horizon, stoïque. Pour un oui, pour un non, certaines décollent sans but. Leur vol évoque la cloche d’un animal, le grelot aux pieds d’un clown. Une sonorité métallique rappelant à la vie, au temps qui passe, à notre présence. Les cris résonnent jusque dans mon squelette. Ma chair ne vibre plus, elle est inerte et taillée en profondeur. Un torrent de perte et de fracas fait chavirer tout mon être et les mouettes insolemment continuent de jacasser et de rire à la vie. Légères plumes au milieu de toute cette puissance invisible et insaisissable. Au large, un groupe de mouettes part vers l’horizon. <br /><br />Ne t’abandonne pas Jimi.<br /><br />Laisse-toi reprendre par la vie et tes souvenirs.<br /><br />Post-face<br /><br />Jimi est-il mort ? en soi non mais la parenthèse se ferme.<br /><br />Il est passé par l’overdose, l’excès, le trop.<br /><br />Que peut-il en ressortir d’autre que l’expression d’un dépassement de soi ? Une tentative avortée de se sublimer … par la drogue. Malheureuse réalité, dur à regarder, complexe à entendre, impossible à comprendre.<br /><br />A vouloir toucher l’infini, il a touché à une limite plus concrète, celle de l’éventualité de sa propre mort.<br /><br />La complexité est de rester simple, tel un vol d’oiseaux, simple qu’en apparence. Du côté de l’humain, notre envol tient à des mots déterminant notre être et notre positionnement en perpétuel mouvement.<br /><br />Cela pourrait être Jimi, son père, un de ses potes ou nous.<br /><br />Nous parlons ici d’une façon d’être présent à la vie, à sa vie, aux menaces et légèretés, à la crainte de l’engloutissement, à la mort.<br /><br />Le parcours d’écriture est là, à l’ouverture, à la création de passerelles, à la compréhension sans jugement, sans résistance.<br /><br />Ce travail n’est pas terminé, loin de là. Ces quelques mots d’un récit, d’une poésie portent en eux d’y être, aux côtés et d’accompagner pour le meilleur ou pour le pire. Peu importe.<br /><br />Non pas que nous n’en n’étions pas sensibles mais il manquait quelque chose et des mots qui permettront de s’aventurer plus loin, plus haut, de sillonner, de parcourir, de voltiger.&nbsp; <br /><br />Nous vous remercions,<br /><br />Antoine Courtecuisse et Richard Marimootoo.<div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1588/51d0d5a3-c92d-43bc-9deb-61f132d2394c.jpg" alt="/forum/uploads/images/1588/51d0d5a3-c92d-43bc-9deb-61f132d2394c.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div>]]></description>
<slash:comments>1</slash:comments><pubDate>Tue, 05 May 2020 19:38:05 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Overdose / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Overdose_5649_1.html</link>
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<description><![CDATA[<div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1588/fafc1902-0444-448a-a72b-01ac0c845612.jpg" alt="/forum/uploads/images/1588/fafc1902-0444-448a-a72b-01ac0c845612.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div><br /><br />Le supermarché Cora est fermé. Parking désert. Caddies en place. Les tomates sont à 1,50 le kilo. Le 4ème steak haché est gratuit. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Combien de véhicules peuvent être garés ? Les bâtons blancs s’alignent inutiles. Un, deux, trois pas et le pied ne touche surtout pas la ligne blanche. Encore un, deux, trois pas et le pied enjambe le trait. Consommer, consommer et encore consommer à en devenir con de consommer et de savoir faire que consommer. Je suis aussi bête que celui ou celle qui guette la bonne affaire dans les rayons et qui au final consomme toujours un peu plus qu’à l’entrée. Un, deux, trois. Surtout ne pas la toucher jusqu’au bout. Que dire de la caissière qui se présentera inlassablement pour faire son devoir de scanner les produits. Il ne reste que ce sens donné à passer les produits un à un, le reste disparait. Un bonjour par ci par là. Faut pas se voiler la face, le cul-de-sac n’est pas loin. L’impasse ou la glisse vers le vice. Est-ce mon destin ? Un deux trois rester dans le cadre. Je passe derrière le bâtiment en tôle. Il y a une chaufferie. De quoi réchauffer son petit cœur Jimi. Voilà que je me parle. Je ne vois plus le regard de mon père, je n’arrive plus à ressentir, je ne sais plus à qui parler.&nbsp; <br /><br />Il fallait bien qu’il arrive ce moment pourri. Démasqué, dévoilé et moi dehors. Ça la rue elle est toujours prête pour t’accueillir, elle n’exige rien. Dans l’incompréhension générale d’une personne qui devrait être la première à me déchiffrer. Ma mère.<br /><br />Je traîne derrière les blocs mais qui est là pour m’en empêcher ? Si je suis derrière avec des gens qui sont loin de répondre à la définition de copains, c’est bien pour me cacher. Et que je ne sois vu par personne. Oui parce que c’est hors-la-loi, la honte, dangereux, minable et misérable. Mais je ne veux pas que cela se sache, que le nom de ma mère soit sali, qu’elle s’inquiète pour moi parce qu’elle aussi a des soucis, qu’elle n’ait pas à se cacher les yeux pour ne pas voir l’horreur des injections de son fils.<br /><br />Je veux la protéger. Je ne la protège plus désormais c’est officiel.<br /><br />Maintenant il faut qu’elle comprenne et accepte ce que je ne comprends pas et n’accepte pas non plus de mon côté. Nous voilà bien barrés. Elle n’aurait pas dû me juger. Je ne lui en veux pas, comment pourrai-je ? J’en veux à cette mer qui a englouti mon père qui ne m’aurait pas laisser trainer. J’aurais pris trois baffes et ma trajectoire aurait été corrigé à coup de gifles et de tendresse.<br /><br />Ce n’est plus le même deal depuis qu’il est décédé. J’en ai conscience. Je fais quoi ensuite. Il n’aurait pas dû disparaitre. Je lui en veux comme jamais. Qu’a-t-il fait ? glisser ? Il avait bu ou quoi ? Se prendre les pieds dans le filet, non mais on rêve ou quoi ? il n’était pas pêcheur depuis la veille. Voilà des questions sans réponses. Voilà des putains de questions sans fin. Si au moins le cadeau de consolation aurait été de connaitre exactement les circonstances de cette mort mais non tous les petits copains pêcheurs se sont fermés leur gueule comme le veut la règle. Il faut respecter la mémoire du défunt, ne pas entacher le moment du pourquoi du comment. Je ne comprends pas car j’ai toujours voulu savoir, que ça soit une mort ridicule, accidentelle, criminelle ou volontaire. Les gens ne se rendent pas compte que ces quatre volets sont des boîtes de pandore et que ça puisse empêcher longtemps de dormir. Le fait de me laisser ignorant creuse encore plus non seulement l’absence et aussi ce qui limite cette absence c’est-à-dire ce qui l’explique et la borne. Quel que soit les circonstances. Mon Dieu mais qu’est-ce que je serais content d’apprendre qu’il a trébuché sur le pont après l’anniversaire arrosé de Dédé et que lorsque Robert a levé le filet et bien il a été ligoté comme un rôti le daron qui s’est étouffé dans son vomi pendant que les autres triaient les harengs. Au moins ça raconte une histoire sur laquelle on peut s’accrocher telle une moule à son rocher. Au lieu de cela, rien, quedal, keutchi. Tu n’as qu’à imaginer ce qu’il te plait m’a dit le patron du bateau. Penses aux meilleurs moments m’a dit le curé. La liste est longue. Et la vérité ailleurs. Va pour les fleurs, le cercueil et la tombe et basta désormais reste à faire le deuil. Sacrée affaire.<br /><br />Bande de connards, d’abrutis, de demeurés. C’est la rage qui me serrait le cœur. Je n’étais pas triste, j’en voulais à tout le monde. Point barre. A partir de là, je me suis renfermé.<br /><br />Derrière le supermarché, plus glauque encore avec des mauvaises herbes de partout. L’endroit est clos, à l’abri des regards. Cora ferme à vingt et une heure, il laisse des spots de misère qui éclairent les entrées arrières. La came des rayons arrive là avec les camions le matin. L’arrière-boutique de ce trafic de produit commerciaux. Faut les voir sortir des palettes de raviolis, de bouteilles, de conserves. Nous sommes des cochons clairement. Une coupe transversale de l’arrière à l’avant. Les gros camions, les stocks, les rayons, les caisses, le caddie, charger la voiture et partir chez soi, décharger, remplir le frigo, sortir la nourriture, cuire, manger, chier. Fuck le système.<br /><br />Il y a toujours les trois mêmes en ce moment. Très chelou dans le style débraillés et sales. Il y en a un qui a toujours du bon matos, celui avec son nez pété, sa casquette Vuitton. D’emblée il me regarde de travers. Oui je ne viens pas acheter des chupa chups et je n’ai pas flashé sur toi non plus tête de nœud. Je veux ta came c’est tout.<br /><br />-salut les gars, ça va ?<br /><br />Direct en mode galère genre faut me dépanner. Envie de me faire comprendre d’un coup sans explications. A quoi bon, le commerce est là, personne n’est dupe de la dope. Et je n’ai pas d’argent. Ça va coincer. L’autre le sait, je lui dois déjà deux doses. J’ai envie de l’exploser et il me tient dans sa poigne.<br /><br />Hey Jimi, qu’est-ce que tu fous là ? j’ai dit que je voulais te revoir qu’avec mon blé Jimi. On est d’accord tu déconnes alors j’espère que tu as les poches pleines de fric pour moi.<br />Oui oui bien sûr.<br />Je m’embarque dans un truc lugubre.<br /><br />… Mais d’abord j’aimerai que tu m’en donnes, je suis énervé, ça va passer qu’avec la came et vite.<br /><br />Oh oh, du calme, on va faire les choses dans l’ordre.<br />Oui si tu veux, on va s’entendre mais vraiment là je suis en rade complet, j’ai pas consommé ce matin.<br />Ce n’est pas mon problème Jimi si tu ne fais pas bien tes courses, je t’ai assez dépanné je pense. Et puis, j’ai les copains à accueillir donc tu vas attendre un peu.<br />Oui je ne vois pas de problème. Je vais rester.<br />Sauf que là je n’en peux déjà plus d’attendre. Mes jambes flagellent. Une sorte d’impatience désagréable me prend à l’intérieur, un truc vague et indescriptible. Un genre de creux dans mon thorax, comme un ballon qui va se retrousser. Ma tête est pleine, lourde. Mes tempes battent le tempo. Je ne sais pas où poser mon regard dans cette impasse sombre et glauque. J’essaie de m’en griller une mais cela accroit mon malaise jusqu’à me donner le vertige. Mes pieds décollent, les jambes tournent cotonneuses et mon centre de gravité fait le hula hoop. Ma main caresse mes joues. La sensation sur ma barbe naissante me recentre. Assis je me prends la tête à deux mains portées par le regard oblique de mon fournisseur. Il attend. Je vais craquer, c’est sûr. Putain de soirée de merde. Je vais y aller, me lever et lui arracher son sachet. Je ne tiens plus la station assise, ni celle debout immobile. Il me faut courir. J’opte pour l’option marche accélérée, à tourner autour du hangar du supermarché. Au bout de sa vie Jimi. Je frappe la tôle avec mon poing et m’ouvre grand la peau. Le sang gicle. Je tache mes habits en me recroquevillant de douleur. Ça me fout les crocs. Un élan me projette sur le groupe de trois en mode balle de bowling. N’importe comment, avec les bras, la tête et les pieds en dézinguant tout de rage. Rien ne peut y faire, ils ne peuvent pas s’opposer à moi, rien ni personne. Je veux cette came. Je trifouille dans les poches du sweat de l’autre. Il en a un bon paquet cet enfoiré. Je prends tout et lui sert un énorme coup de latte dans les côtes. Jouissif. Le creux dans ma poitrine hurle d’être comblé au plus vite, que le puit cesse d’être sans fond, qu’un filet se tende sous moi bordel de merde. Je le crie haut et fort sinon je le ferai haut et court. Je tombe alors que je suis scotché à la croûte terrestre.<br /><br />L’allée délimitant le supermarché et les résidences à l’arrière offre un no man’s land parfait. A cette heure, la règle est personne et les trois guignols ne vont pas se remettre avant demain de ma joute.<br /><br />Déchaîné, je tire le matos de l’intérieur de la chaussette. Jamais je n’ai été aussi mal installé. La haie me sert de dossier. Le sol est gras. Mes pieds glissent sur les petits cailloux. Le coin est sombre, à peine éclairé par le lampadaire de l’arrière du supermarché.<br /><br />Ça va être trash. L’envie est trop grosse, incontrôlable. Faut justement que je me contrôle, faut pas que je fasse le cinglé, j’en ai trop dans les mains. Je prépare n’importe comment ma petite dinette. Pressé, aucune précaution d’hygiène ne s’impose à ma situation. Je tremble.<br /><br />L’obsession est de m’injecter sans aucun préliminaire. Ma femme héroïne m’attend. Aucun instant savoureux avant le décollage, juste cette vacuité en moi si terrible à remplir, comme une benne à bourrer de déchets ou du remblai dans un vulgaire trou de sol. Pas d’autre fonction actuelle qu’une poubelle à garnir.<br /><br />Oh et puis je ne pense à rien et j’attaque la plus grosse veine de mon avant-bras, un geste ultime. La seringue est pleine, opaque. La veine est turgescente, le poing serré, le bout du garrot coincé entre les dents.<br /><br />C’est parti.<br /><br />Adieu comme on dirait avant de se jeter.<br /><br />Quelle journée de merde.<br /><br />Le brouillard monte.<br /><br />Une pluie de flashs lumineux me pète au cerveau, en joyeux lâcher de ballons. La gaité me prend un très court instant.<br /><br />Et puis c’est fini. Clap de fin. Je quitte la croûte terrestre en m’envolant.<br /><br />OD<br /><br />Pousser les limites, les dépasser, les sublimer, les chercher, continuer d’explorer et Ne jamais les toucher.<br /><br />OD<br /><br />Boucher, colmater, obturer, remplir, abonder et<br /><br />Ne jamais parvenir à me combler.<br /><br />OD<br /><br />Succomber, céder, plier et<br /><br />Ne jamais cesser de se détruire.<br /><br />OD<br /><br />Trop, au-delà, dépassé, saturé<br /><br />A force d’excès je deviens mortel.<br /><br />OD<br /><br />Ou se combattre soi-même<br /><br /> Et subsister.<br /><br />L’overdose ne se cherche pas. Elle m’a trouvé si obstiné que j’étais à me situer.<br /><br />Poussé par l’autosuffisance de ma pharmacopée, je me suis piégé à chercher les bornes inexistantes d’un mal-être infini.<br /><br />Je me suis enfoncé à vouloir enfin toucher aux contours de ce mal-être indéfinissable qu’est le deuil, à tenter de me représenter l’irreprésentable, à un moment si fondateur que l’adolescence.<br /><br />Je n’y vois rien dans ce flou imperceptible. Des limites doivent pourtant bien exister.<br /><br />Les limites ne sont pas dures, elles n’ont pas de périmètre. Elles sont comme le seuil d’une porte non matérialisable, ouvrant sur le monde, marchant vers l’inconnu.<br /><br />Je me suis donc trompé, banalement, me présentant même au seuil de ma propre mort, ouvrant désormais sur le néant.<br /><br />J’espère qu’il n’est pas trop tard.]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Wed, 29 Apr 2020 22:26:45 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[La chute des mots / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/La-chute-des-mots_5638_1.html</link>
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<description><![CDATA[Papa, maman, ne sont, pour moi, que des mots, des noms, des substantifs auxquels pourtant je m’accroche, même s’ils m’entrainent avec eux dans leur chute.<br />La chute des mots laisse place au silence.<br />Un silence pernicieux qui rend muet.<br />Un silence funeste que le son éphémère de l’aiguille vient ponctuer.<br />Une dégringolade sourde alors que, dans ma cage thoracique, la colère gronde.<br />Ma colère, un animal en cage, meurtri et boiteux.<br />Ma colère, un homme à la mer, qui se noie dans une eau brune.<br />Jetez-moi une bouée !<br />Jetez-moi un mot !<br />Orphelin de père, suis-je aussi orphelin de mot ?<br /><br />Richard qui prête sa plume pour le récit de Jimi <br /><br /><a href="https://www.psychoactif.org/forum/image-reelle.php?code=1587/5901b7a6-c219-4fff-8ab6-8306aef97b61.jpg" target="_blank"><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1587/5901b7a6-c219-4fff-8ab6-8306aef97b61.jpg" alt="/forum/uploads/images/1587/5901b7a6-c219-4fff-8ab6-8306aef97b61.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div></a>]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Sun, 26 Apr 2020 12:42:05 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Nature en cage / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Nature-en-cage_5628_1.html</link>
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<description><![CDATA[Nous nous faisons face. Je viens de rentrer d’une longue balade sur le bord de mer ayant encore échoué à m’intéresser à mon avenir au lycée. Je ne suis même pas rentré en classe, planté en plein milieu du hall d’entrée de l’université, porté vers l’extérieur au moindre courant d’air. Je suis vulgairement sorti à la manière de l’eau qui fuit d’un tuyau.<br /><br />Rien ne me parlait, je n’étais pas plus qu’un martien en visite sur la croûte terrestre. Ne pouvant décemment pas rentrer une heure après être parti de la maison, j’ai fait un tour et ici plutôt que de se balader dans des rues assez monotones, vous vous dirigez logiquement vers le front de mer. Temps couvert et pluvieux à Alprecht. La mer est houleuse, moutonnée de toute part, levée par un vent glacial du nord. A l’heure de la fin des cours, je retrouve ma place à la baraque, ainsi pour me réchauffer. Je passe dans la cuisine gratter du pain ou des biscuits. Ma mère est assise en train de prendre un thé. Etrange posture. Elle m’attendait, ce qui se vérifie à l’instant où je me le dis.<br /><br />Allez viens on parle, dégaine-t-elle.<br />Cela n’est vraiment pas la meilleure manière de débuter une discussion. D’emblée vous êtes priés de rentrer en dialogue. Ce n’est pas réellement ainsi que je vois les choses. Aveu d’impuissance ou mise en échec immédiate. Je me sens mal d’un coup. Des nausées, du dégoût ou je ne sais quoi. Immobile, je la regarde. Elle me fait pitié. Suis-je semblable qu’elle ? Dans ce cas, pourquoi me paraît-elle si étrange, si loin ?<br /><br />Mais maman tu ne vois pas que ça m’emmerde, que je n’ai rien à te dire.<br />Oui, j’ai des yeux encore. Je vois bien que depuis un an, tu m’évites, on s’évite même. Tu es tellement peu aimable avec moi …soupire-t-elle.<br />Je fais chier personne, je suis dans ma chambre.<br />Exact et c’est bien là le problème, tes absences. Que tu le sois ici, peu importe. Seulement, j’ai eu ton référent, il s’inquiète de celles-ci et les résultats ne suivent pas du tout. Il voudrait te proposer autre chose, plus concret, moins en classe.<br />Qu’est-ce qu’il a à m’emmerder celui-là ? Il ne peut pas s’occuper de sa classe. Si au moins il avait de l’autorité…Et puis qu’est-ce qu’il connait de mes besoins ?<br />Il est quand même ton réfèrent, il connait le milieu, il a certainement connu des jeunes dans les mêmes difficultés que toi.<br />Ah bon, on va lui donner la légion d’honneur au bon samaritain.<br />Et puis il y a quelque chose de délicat que je voudrais aborder avec toi.<br />…<br />Je ne veux pas te juger mais ton état parfois, tes sorties tardives. Je me demande ce qui les motive. Tu rentres parfois sans même considérer ma présence et tu es un peu zombie.<br />Je suis fatigué c’est tout.<br />Non, il y a autre chose, à mon sens plus grave. J’aimerais que nous puissions en parler.<br />Ah bon, et c’est quoi. Tu me surveilles, tu m’inspectes.<br />Je suis ta mère, j’ai un droit de regard et je dois veiller sur toi.<br />Laisse-moi rire, je ne vois pas de quoi tu parles.<br />Je t’ai vu aller derrière les barres du quartier, je sais ce que les gens font là-bas.<br />Putain mais t’es grave, tu arrêtes là tout de suite, je vais plier bagage et aller dans un foyer.<br />Tu vois on ne peut pas parler, je veux t’aider.<br />Donnes-moi cent balles alors.<br />Pourquoi faire ? Pour t’acheter de la drogue ?<br />Le mot est lancé déclenchant chez moi une colère monstre. Je vocifère et insulte ma mère de tous les noms, je ne devrais pas, je m’en veux quasi simultanément. Je la taperai même moi le docile, le gentil, le mec effacé dans sa vie. Mes poings sont serrés et ils cognent le mur. Je sens un courant électrique passé jusque dans mon bras, mon épaule, ma nuque. Ma main a craqué, j’ai dû me la péter. Le mur est lui enfoncé. A mesure que ma mère crie, m’enjoint de m’arrêter, je jette des objets et commence à monter les escaliers. Rien d’autre à l’esprit que de rejeter ce mot drogue, drogué. Malpropre, malvenu, inadapté. Ça m’expulse de ma maison, me rend étranger. Où est ma place je crie à corps perdu ? Au fond de la mer je me réponds aussi fort. Ma mère est blessée, les pleurs se déclenchent, elle a un genou à terre. Je ne la domine pas simplement parce que positionné sur le palier. Faut que j’arrête sans pouvoir y arriver. Comment penser être rejeté par sa propre mère qui déjà ne fait plus rien pour moi ? Ce n’est pas de cela dont j’aurais voulu parler. Encore une occasion de rater. La rage, la colère et la tristesse me submergent. Je brise une chaise sur le mur de ma chambre. L’envie de me barrer, de me tailler grand ouvert le bras.<br /><br />Je percute mes membres, ma tête avec mes poings. On dirait un être ridicule qui se prend pour un gorille affirmant sa suprématie sur le groupe. Sauf que je me briserai bien les os, j’ai tellement envie de me faire du mal. J’ai si mal à l’intérieur. Mon Dieu je deviens fou, incontrôlable.<br /><br />J’entends en bas ma mère passer un coup de fil. A qui elle appelle cette conne ? je dévale les escaliers quatre par quatre et lui arrache le smartphone du visage. L’écran indique le 18. Je hurle à la mort.<br /><br />C’est bien cela, tu veux m’expulsais, que je foutte le camp d’ici, que je te laisse tranquille.<br />Il faut que tu te calmes. Qu’est-ce qui t’arrives ? Je ne te reconnais plus.<br />Tais-toi mais tais-toi, tu n’en sais rien, tu ne me connais pas, tu es complètement à côté de la plaque.<br />Alors dis-moi …<br />Je remonte vite et prépare un sac. Il faut que je sois dehors avant qu’ils n’arrivent. Elle a peut-être appelé les flics aussi. Pas envie d’être fiché, pas envie d’aller au poste. Pas envie d’aller aux urgences non plus. Envie juste d’une dose, d’être seul.<br /><br />Je me projette dehors après avoir bousculé une nouvelle fois ma mère. Elle a tenté de me retenir vraisemblablement, en se protégeant également.<br /><br />Mère, tu m’épies, tu me surveilles.<br /><br />Non dis-tu, tu me veilles.<br /><br />D’où me viennent ces craintes croissantes sur ton attitude ?<br /><br />Est-ce depuis que je me drogue ?<br /><br />Est-ce depuis que je ne me reconnais plus en toi ?<br /><br />Et que lui, l’autre, mon père n’est plus là ?<br /><br />Toi sans lui, ça ne colle plus entre moi et toi.<br /><br />Seulement ça ne se limite pas à cela.<br /><br />A défaut de se reconnaitre,<br /><br />Je n’en suis pas neutre,<br /><br />Et l’inverse se produit.<br /><br />Toi que je dois aimer<br /><br />Je me mets à te détester et à me détester encore davantage.<br /><br />La mort frappe à notre porte car nous devrions.<br /><br />Dois-je partir si nous ne retrouvons pas nos mots ?<br /><br />Tu me veilles, ça ne me suffit pas.<br /><br />La question n’est plus là.<br /><br />(Ce récit est une fiction-réalité)<br /><br />Antoine et Richard <div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1587/40f2139b-77d4-43f1-ab3f-532f59923105.jpg" alt="/forum/uploads/images/1587/40f2139b-77d4-43f1-ab3f-532f59923105.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:440px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div>]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Thu, 23 Apr 2020 09:16:59 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Façade / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Facade_5613_1.html</link>
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<description><![CDATA[Au niveau de l’écluse, le port se divise en deux. D’un côté, les plaisanciers. De l’autre, les pêcheurs, leurs chalutiers, les étals et le yacht club. L’ancienne gare maritime est rôtie par le sel, les embruns, la mer. Le bleu lagune passe et se mélange avec l’orange de la rouille et le fer qui se découvre. Un monticule de ferraille d’où l’on partait gaiement en Angleterre comme on se faisait du café à la gazinière. Un immense garage majorette avec des voies vous menant dans le cul du ferry vers Douvres. Maintenant c’est fini et on voit ce spectacle d’un lieu laissé à l’abandon, en friche. Rien ne tombera, jamais. Il faudra le démonter, l’arracher au sol pour qu’il le soit. Un tout inutile en plein centre-ville, un vestige, un cimetière d’acier. A l’intérieur, rien. Un désert de couloirs, de voies sans issue. Totalement déprimant le tableau. Plus personne ne le regarde. Au mieux, est-ce l’occasion de belles photographies. Des preuves du temps qui passe, qui dégrade et détériore. La marque d’une époque comme un doigt pointé sur une frise chronologique. Avant, il y avait ça. Dérisoire.<br /><br />La surface de l’eau du port est lisse, à peine ridée. L’endroit est protégé des tumultes de la mer. Port d’attache et mise à l’abri je pense. Le bâtiment rouillasse se reflète sur l’eau en décrivant des zigzags ondulés par les faibles flots du bassin. Je m’en grille une les coudes sur la rambarde, face au port et à la rade. Le tout m’inspire ces pensées de plus en plus récurrentes ou obsédantes en ce moment. Les volutes de fumée lèchent sans fin mes doigts.<br /><br />Vous savez je suis stable. J’ai trouvé mon équilibre en ce sens qu’il n’est pas question de péter un plomb, de s’effondrer. Ce qui sert mon équation s’impose à moi toujours un peu plus.<br />J’imagine que je parle à un gars qui évaluerais ma toxicomanie. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Je sature peut-être de dialoguer intérieurement. A un moment, partager sa vie est le principe. On ne peut s’en dégager éternellement. Je viens à bout de ma logique.<br /><br />Un voilier glisse hors du ponton où il était amarré, fend l’eau et trace un V qui se dessine derrière lui.<br /><br />Je suis stable et peut-être même heureux. Heureux dans une moindre mesure sans niveler par le bas. Je ne vais pas être fauché par surprise, je sais où je vais, je reconnais mes failles. Enfin, je sais plutôt ce qu’elles soulèvent chez moi, et c’est déjà ça. C’est déjà ça.<br />Heureux est un peu fort. Serein, ça serait quand j’aurais un boulot. J’ai mis un coup de bombe de peinture sur toutes mes douleurs, j’ai tellement maquillé que le résultat me plait maintenant. Mais ce n’est pas satisfaisant. Est-ce encore moi, le Jimi que j’aurais été si toutes ces merdes ne m’étaient pas tombées dessus ? On ne sait jamais ce qu’on va devenir non plus.<br /><br />Les pêcheurs débarquent leur bac sur le quai. Un gus à l’aide d’un treuil remonte les bacs par trois-quatre depuis l’arrière du bateau. Le fruit de leur travail délicatement posé sur le sol. De la came fraîche.<br /><br />Certes j’ai sophistiqué ma stabilité à l’aide de fix mais ça serait me réduire à mon maximum de ne voir en moi que cela. Ma nature n’est pas animale, j’assouvis des besoins instinctuels vitaux. Vous me proposez quoi pour soulager mes souffrances ? Des médicaments. Laissez-moi rire, nous nous rejoignons tout à fait. Je serai peut-être débarrassé de mon héroïne alors que vous vous coucherez encore avec l’aide de votre chimie.<br />Artificiel mon attitude. N’importe quoi. Ce n’est pas récréatif mais une compensation, une béquille. Quel enfant de salaud retirerait la canne à une personne qui ne tiendrait pas sans elle ? Qui serais-je sans elle ? Un patient de psy ? Un sans-abri ? un punk à chien ? Un légume à la maison ? je fais chier qui alors que j’écris, que j’essaie de trouver ma voie et pas celle qu’on m’inculquerait ? Ah c’est vrai, la drogue c’est interdit.<br /><br />La surface de l’eau se ride un peu sous l’effet d’une brise naissante. Un fin relief quadrillé se dessine. C’est drôle toutes ces aspérités qui se soulèvent comme une seule. Je suis dans ma zone, mon cœur fait des bonds. Tout de suite s’éloigner de cet état. Je tire tellement sur ma clope qu’une grosse carotte se forme et manque de se décrocher de ma tige. Je continue mon dialogue, ça bout en moi.<br /><br />Suis-je un être sans pensée réduit à l’état de dépendance animale ? J’espère que depuis le début du récit je vous ai déplacé de ce point de vue, à moins qu’il faille continuer de travailler vos résistances, pourquoi pas ? Vous faites quoi pour cela ? Vous rendez-vous dépendant de moi ? Je pense faire ma part.<br />Je suis dépendant de ce que les autres pensent de moi. Le réfèrent pédagogique, ma mère, un patron…personne ne voudra d’un petit con de toxico, un moins-que-rien en somme. Vais-je devoir changer l’avis de tous sur moi ou me résigner moi sur ce que je suis pour rentrer dans les rangs, que s’ouvrent des portes ? Quel paradoxe et quelle idiotie ce monde !<br /><br />L’écluse crache un sacré paquet d’eau sous mes pieds. La masse d’eau vient s’écrouler sur des pierres en contre-bas. On dirait plus une chasse d’eau qu’un torrent naturel.<br /><br />Notre nature est semblable. Elle est pour nous tous de se dégager de la bête et prodiguer un sens, quel qu’il soit, à nos existences. Je ne savais pas qu’il y avait une voie spéciale à prendre. Chacun son chemin je pensais. Sinon quoi ? C’est moi qui dérape et hop l’exclusion, la prison, le rejet scolaire. Ou bien c’est vous qui abusez d’autorité et je ne sais quoi encore, ça serait quoi alors notre projet de société : la réussite ou le bagne ?<br />J’emmerde qui ? Personne. Je ne relève d’aucun service public. Je ne coûte qu’à moi. Et je revendique ma stabilité car elle m’a coûté très cher personnellement. Et ma réussite est intime, je ne la dois à personne.<br /><br />Je jette sans réfléchir mon mégot dans le puit de l’écluse et commence à me mettre en marche.<br /><br />Seulement maintenant je vais où ? Dois-je prendre des risques et le risque de replonger, que ça me stresse, que je sois en échec ? Dois-je avancer masqué ? J’attends qu’on me propose et que je ne dispose plus, mais je ne peux garantir que de donner mon maximum. J’attends le piston qui me propulse. Rien ne doit décaper ma façade pour autant, surtout pas.<br />Le deal n’est pas si compliqué. On me donne ma chance, on me laisse tranquille. Paisible. Au calme. Sans ressac ni houle dévastatrice en contrepartie.<a href="https://www.psychoactif.org/forum/image-reelle.php?code=1587/4d1d93ff-9b7d-41d0-a45b-10be7adbae04.jpg" target="_blank"><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1587/4d1d93ff-9b7d-41d0-a45b-10be7adbae04.jpg" alt="/forum/uploads/images/1587/4d1d93ff-9b7d-41d0-a45b-10be7adbae04.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div></a>]]></description>
<slash:comments>5</slash:comments><pubDate>Sat, 18 Apr 2020 13:53:57 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Rubik’s cube / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Rubik-s-cube_5598_1.html</link>
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<description><![CDATA[Dans ma chambre, la moquette est verte. Elle n’imite rien, synthétique elle est artificielle. La fibre est usée, son épaisseur a diminué. Ça sent le vieux, il y a des tâches datant de Mathusalem. Hideuse, je suis attaché à chacune de ces taches parties intégrantes de mon antre.<br /><br />Je fume à la fenêtre malgré l’interdit maternel. Il n’y a que ma bouche qui cherche l’extérieur. Les cendres sont tapées sur le toit, puis le mégot déposé dans une boite hermétique, un coup d’airWick propulsé à chaque reprise et ni vu ni connu je t’embrouille chère mère.<br /><br />Au bureau, mon PC, ma cathédrale. Dedans, toute ma vie. Mes photos, mes textes, mes poèmes, ma musique, absolument tout. Personne ne sait. Tout le monde pense que je suis un abruti des bas quartiers dont la vie est fichue depuis qu’il a perdu son père. Je passe sur le PC tout le temps passé dans la chambre, mon coin à moi, excepté les heures de sommeil et encore j’aime bien l’avoir sur mes genoux dans le lit quand je suis sous la couette.<br /><br />Parfois, aucun mot ne me vient pendant une heure. J’écoute de la musique et tourne autour du pot. Il n’y a aucune contrainte, aucun timing. L’écran m’illumine, souvent ça me suffit. Un mot par ci un mot par-là qui creuse en moi une galerie avec un petit piolet miniature. Si j’éteins le PC, ce qui n’arrive plus, je déprime cash préférant le laisser en veille avec les lasers verts du fond d’écran. Toujours là, allumant ma nature, me branchant à ma vie.<br /><br />Les cours sont sur le net. Je repense à mon référent pédagogique qui me donne envie d’insister un peu plus. Il a raison, faut se réveiller. Seulement, l’intérêt pour les matières est nul, presque nul en fait.&nbsp; <br /><br />Enfin si, j’aimerai bien que cela m’intéresse, me pencher dessus un peu plus, être au fait, dans le coup a minima. Comme les autres, pas être le tiret à part, être normal, faire partie du groupe, me fondre dans la masse emportée par la vague scolaire qui t’ouvre des portes et assure ton avenir l’air de rien.&nbsp; <br /><br />Mais je n’y arrive pas, définitivement pas. L’air de rien n’y est pas.<br /><br />La lecture gicle sur moi, ne produit aucun effet, ne s’imprime pas, ne s’encode pas. Je ne vois pas comment y être. L’esprit prend la tangente, quitte l’attraction terrestre et je préfère ouvrir mes fichiers personnels, m’envelopper de musique, rêvasser. Le pire est que ça m’éclate. Je m’éclate littéralement la bulle. Je produis de la bulle inlassablement, compulsivement. Un vrai geyser de bubble, un lâcher de ballons venu de nulle part. Un amusement enfantin répété à l’infini.<br /><br />En rythme, les sonorités électroniques s’accumulent et complexifient la mélodie. Le ton est grave et transcendant. Il transporte vers l’au-delà sans mots, vous balade nulle part et ailleurs.<br /><br />Soudain, Klubix me revient. Je fouille dans les tiroirs à la recherche du carton. C’est d’emblée pressant, faut que je le trouve tout de suite maintenant. C’était quoi ce truc. Qu’est-ce qu’il me prend ?<br /><br />La carte de visite est entre deux feuilles, glissée négligemment, presque perdue dans le tiroir.<br /><br />Klubix, on dirait le nom d’une barre chocolatée ou d’une boite de nuit ? Je rigole seul. Qu’est-ce qui me prend ?<br /><br />Ça se la joue « fashion victim » ce bout de carton. Il fallait que ça attire, que ça colle aux yeux comme le papier d’un bonbon abandonné derrière le pare-brise un quinze août, inséparable de la friandise…Je soupire.<br /><br />Klubix, une carte qu’on te donne à l’entrée d’un festoche, l’air de rien, l’air de te brancher sans savoir quoi. Et puis après ça se glisse dans la poche et on oublie et on le retrouve par inadvertance et on s’interroge connement tout seul dans son coin. Et…j’inspire fortement le nez rivé sur le papier coincé dans ma pince.<br /><br />Et c’est quoi ? C’est pour moi ? C’est pour quoi faire ? Ça ne le dit même pas. Les mecs te donnent un morceau de papier et démerdes-toi. Exaspération.<br /><br />En fait, au dos, il y a écrit en lettres blanches sur fond noir :<br /><br />Si tu veux en parler, viens nous rejoindre ce ne sont pas tes pairs qui vont te juger.<br /><br />La typologie est cursive, lié. Rien ne l’évoque mais on sait par intuition qu’il s’agit de drogues. La décoration est psychédélique comme lorsqu’on hallucine sous LSD avec des champignons tout rond, le tout saturé de couleur. Le carton pourrait servir de paille, de toncar, de règle pour une ligne, d’enveloppe pour un bout…le genre de carton que j’aime bien trouvé par hasard dans ma poche. Dissimuler un caillou, ne pas le mettre à vue, ne pas se piéger en sortant ses clés, ne pas le perdre. Le carton … la matière est aussi l’outil de misère qui isole le sdf du trottoir, du froid et des regards malveillants. J’en connais un à Boulogne, c’est Claude. Le gars ne va pas bien. Je ne sais pas pourquoi je pense à lui. Isolation, isolement. Mes doigts parcourent mon visage, aggripent mon menton, ma pince malaxe mes paupières. Je crains de ne pas comprendre.<br /><br />Si tu veux en parler … c’est libre de tout propos, dégagée d’une injonction policière. L’invitation est anecdotique, d’ailleurs il faut le deviner d’autant qu’on ne sait pas où cela se trouve. Quelle fantaisie ce truc !<br /><br />Klubix en diagonale, quel délire ! Bref ça interroge. Ils réussissent.<br /><br />Je m’en refume une puis une autre allumée avec la première. Ce carton m’agite et j’essaie en vain de percer le mystère.<br /><br />Invitation sans intention.<br /><br />Interpeler sans rien dire.<br /><br />Donner sans qu’il y ait à recevoir.<br /><br />Ce bout de papier casse tous les codes, hors des sentiers battus. Je vais me renseigner auprès des autres, je crois bien que j’ai été hameçonné mais ce n’est pas bien méchant, ludique même. Une chasse au trésor. C’est toujours mieux que de chasser le caillou. D’ailleurs, je vais devoir y aller, un plan foireux m’attend. Par contre ce soir c’est simple dose et au lit. Je vais décaler le plus possible la dernière injection de la journée et dodo après avoir cogner des clous. Si je pouvais me limiter à deux seringues par jour, ça le ferait pour mes finances et m’éviterait d’aller courir les coins glauques du Portel. Ça fait trois jours que je fais cela et je m’en sors pas mal, par contre il faut de la bonne came. On ne demande pas le festival mais certains te vendent des carrés de sucre. Faut que je m’interdise d’aller plus loin et ainsi maîtriser ma conso. Pour cela que le Klubix m’intéresse, j’ai peut-être à apprendre des autres et puis nous sommes tous du même tissu non ? Putain ici en France, on met les gens dans des cases. Ah ça pour regarder la french connection ou Gomora à la télé il y a du monde de fascinés. Vraiment, ça ne parle pas de ce que je vis, je ne suis ni un brigand ni un être tombé simplement dans la dépendance.<br /><br />Alors info ou intox ? Dissuasion ou persuasion. Une réalité se parle, je suis intimement convaincu que les mots soignent quand la souffrance rend aveugle. Il reste à échanger ensuite, cela me parait être ce qu’il propose. Voilà c’est tout j’ai fait le tour.<br /><br />Devant moi l’écran du pc en mode veille avec les lasers. Hypnotisé deux secondes, je tape avec mon index sur le touchpad et voit s’ouvrir un fichier Word. En vrac, ce sont mes pensées sous forme d’un journal intime mais un peu plus moderne qu’un livre rose pour jeune fille avec un cadenas. Non là, je m’applique autour de quelques mots, j’en découvre d’autres. J’ai envie de marquer Klubix, j’essaie dans différentes polices, à différentes tailles. Je pianote. Le flow de deezer envoie du rap.<br /><br />Klubix<br /><br />Le K du khat, du kit-Kat qui craque, du Kaléidoscope<br /><br />Le K de Dunkerque, Dk, perd pas le nord<br /><br />Alors un décaf’ mon pote !<br /><br />Klubix<br /><br />Le Klub de golf avec sa petite balle<br /><br />Le klub de club, de club de sport,<br /><br />pas pour toi Jimi, trop maigrichon et tachon.<br /><br />Klubix<br /><br />La Klé du club est-elle la clef d’un ailleurs ?<br /><br />La clef des songes ?<br /><br />Le binz du club c’est qu’on ne sait pas où il est<br /><br />Et que je n’ai pas de Kway.<br /><br />Klubix<br /><br />Deux doigts coupe-faim, twix<br /><br />De la came coupée fine, fixe<br /><br />&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Les platines prêtes pour un mix<br /><br />Tu es Rubik’s cube klubix.<br /><br />Klubix<br /><br />Le X d’interdit<br /><br />Le X d’intime<br /><br />Le X c’est la fin, YZ pour finir<br /><br />XY pour les mecs<br /><br />Z pour finir au Klubix.<br /><br />J’enregistre au-dessus, la flèche sur une disquette et un clic gauche. J’appuie sur le bouton démarrage pour le mettre en veille. Personne ne peut deviner mon code d’accès. Les lasers reprennent me signalant la mise en sécurité.<br /><br />J’enfile mon anorak et me projette hors de ma chambre. Le palier consiste en un étroit passage longeant l’escalier et distribuant les toilettes, la douche et deux chambres mitoyennes face aux marches. Je ferme à clef ma chambre depuis un an tout simplement parce que je n’aurais strictement aucune tolérance à ce que quelqu’un y pénètre. Je préfère faire le ménage, changer mes draps moi-même. Je descends également le linge. Les escaliers sont trop raides pour pouvoir observer le salon et la porte vitrée est de toute façon fermée. Seules mes chaussures doivent rester dans le placard à l’entrée, unique point sur lequel l’autorité maternelle n’a pas basculé et je ne lui donne pas tort.<br /><br />Sans apparemment l’avoir détecté, ma mère ouvre la porte menant à la cuisine et tombe nez à nez avec moi à quatre pattes en train de lasser mes doc Martens. Je crois qu’elle avait oublié que j’existais sur terre. Elle pousse un cri de terreur, à avaler sa langue. Puis elle m’engueule de lui avoir fait si peur. Puis je lui dis que comme tous les jours je suis dans ma chambre et que certainement il y a un souci à oublier la présence de son fils. Ma mère m’adresse des mais non ce n’est pas ça, des enfin j’étais en train de penser à quelque chose, des c’est toujours pareil avec toi tu crois qu’on va t’oublier. Alors qu’à l’habitude je rétorque et contre-attaque, les larmes me montent. Oublier, un mot crève-cœur. Je n’arrive pas à réprimer mes sanglots. Je voudrais être dehors, loin des yeux de ma mère. J’ai honte je ne sais pas quoi. Je reste planté dans le hall prêt à tout casser histoire qu’on ne m’oublie pas de sitôt. J’aurais envie de gifler ma mère pour ce qu’elle vient de me dire. Elle devrait m’appartenir car elle devrait m’aider tant que je ne suis pas adulte. Vive le conditionnel.<br /><br />Paroles soi-disant réconfortantes. Elle l’a senti. Elle m’a fait mal. J’ai été pris dans le dos. Elle semble vouloir tenter quelque chose avec ses yeux de cocker. Elle se rapproche et va pour m’étreindre. Nécessaire et impossible. Abandon ou fusion. Impossible deal entre nous.<br /><br />Je dois y aller lui dis-je.<br />Pourquoi il est déjà tard, on peut manger ensemble pour une fois.<br />Je n’ai pas faim à cette heure.<br />Veux-tu que je t’attende ?<br />Surtout pas…et merci.<br />Tu sais tu peux me parler je vois bien que…<br />Arrête je n’ai besoin de personne, tu ne peux rien y faire ou comprendre.<br />Je sers à quoi alors ? Je suis ta mère quand même.<br />J’ai bientôt dix-neuf ans tu sais, je ne vais plus t’embêter beaucoup.<br />Tu ne m’embêtes pas seulement.<br />Allez stop, j’y vais, excuse-moi si je t’ai fait peur.<br />La porte s’ouvre. Je vais aller m’enfermer dehors.<br /><br /><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1586/rubiks-cube.jpg" alt="Rubik’s cube" title="Rubik’s cube" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div>]]></description>
<slash:comments>3</slash:comments><pubDate>Sun, 12 Apr 2020 22:17:51 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Sur le seuil / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Sur-le-seuil_5570_1.html</link>
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<description><![CDATA[Je suis posté sur les marches d’une maison m’offrant la possibilité de me cacher ou de faire divergence lorsqu’un passant s’attarde sur moi. La rue de la flûte déroule en descendant depuis les abords des remparts et serpente entre les maisons mitoyennes telle l’eau dans le lit d’une rivière. Ça fait une heure que je poireaute, je n’arrive pas à me décider, je cogite.<br /><br />Si je rentre dedans et qu’on me voit. Je suis mort, démasqué et responsable. Direct prison le drogué. Je ne pense pas qu’il soit autorisé de se droguer dans notre pays. Je crois bien que la prison serve à redresser ces gens-là, possédé par le mal de se droguer, d’en être dépendant, de participer à développer un réseau mafieux, une économie parallèle. Avec les caméras urbaines d’aujourd’hui, cela devient d’une facilité déconcertante de les débusquer.<br /><br />Je suis mauvais. On finira par me pourchasser.<br /><br />Qu’est-ce qu’il foute là-dedans ? Je n’en sais rien. C’est un moyen de te choper peut-être ?<br /><br />Je suis en rade de seringue et je sais qu’il y en a des gratos à l’intérieur.<br /><br />Il demande quoi en contrepartie ? Ils ne les distribuent pas pour rien. Alors ?<br /><br />J’incarne le mal.<br /><br />Dieu que le manque est déplaisant, rien à voir avec une salle d’attente où l’on serait posé sur un siège avec un café et un magazine à la con. Les secondes défilent à l’allure de minutes, les minutes en heures et ma patience court depuis une journée dans cette rue de l’arrière-ville. Le malaise est grand, vaste, totale. Il enfle. Je me dissous sur ces pavés froids et humides. Je tremble, de peur de ne pas parvenir à survivre à cette espérance. Le produit me délivrera de ce mal intérieur mais je ne trouve toujours pas le moyen de rentrer. Que se passe-t-il ? Je suis figé pour la nuit des temps. Vais-je rester dormir dans la rue ou attendre que quelqu’un sorte de cette boite et l’alpaguer pour obtenir le précieux sésame ? Une simple seringue.<br /><br />Ils te donnent des seringues pour que tu arrêtes. Ça serait dingue mais bon on est en France. Il y en a dedans je les ai vu à des concerts distribuer des papiers, des tests ou je ne sais pas quoi, je ne leur ai jamais rien pris. Je ne sais pas ce qu’ils foutent. Et je m’en tape. Je veux ma seringue.<br /><br />Ça me parait louche, je suis complètement parano de toute façon. Personne ne doit savoir, je serai terminé. Seulement là j’ai besoin d’une seringue, j’ai perdu la mienne comme un gros blaireau. A la planquer dans du papier ou des mouchoirs, j’ai fini par la jeter à la poubelle sans m’en rendre compte alors que putain j’en ai besoin.<br /><br />Trop con Jimi tu es trop con.<br /><br />Je ne vais quand même pas aller aux urgences pour taper une seringue qui traine, d’ailleurs elles ne trainent pas gros crevard de merde d’abruti fini. J’en ai marre, marre, marre. Enfoiré de fils de pute de merde va chier connard. Je m’éclaterai bien le crâne contre le mur.<br /><br />Le temps est long.<br /><br />Il fallait bien que cela arrive un jour.<br /><br />L’envie monte douloureusement, pressante. En réalité, je ne sais pas si on peut appeler ça une envie. J’en ai besoin, point barre. M’injecter m’aiderait plutôt à repousser ce besoin totalement prenant. Je ne peux penser qu’à cela, tout mon esprit est tourné vers cette injection. Bientôt, je ne considèrerai plus le risque à me dévoiler. Je suis aujourd’hui obligé de sortir de ma tanière. C’est clair.<br /><br />Je piétine sur place et fume ma cinquième clope en une heure.<br /><br />Pris en tenaille je me résigne à me présenter dans ce bordel le corps attiré à l’inverse. Dans le viseur, je ne vois qu’une chose. Je me fais violence.<br /><br />Il y a une sonnette, un interphone, une caméra. Je me mets de côté. Un court instant face à cet interphone, une simple grille recouvrant un haut-parleur, mon sang descend dans mes chaussettes, mon corps flotte. Non il perd de sa substance. Là, devant moi, un interlocuteur neutre, sans jugement. Là derrière cette porte une personne s’apprête à m’accueillir. Quelques instants, je n’arrive pas à m’en défendre. J’y vois subrepticement la lumière du bout d’un tunnel fine comme une mine de crayon. Le manque et sa sensation m’ont abandonné quelques secondes. Mon être scindé en deux est sorti de ses illusions. Cela a été bref mais cette brièveté m’a marqué profondément. Ce sera je pense un instant que je n’oublierai jamais de ma vie. Comme l’est la lueur d’un matin, la première sensation du baiser sur les lèvres, l’ambiance au pied du sapin.<br /><br />Cette nécessité me reprend en plein corps.<br /><br />Que va penser ma mère si elle apprend ça ? Elle m’a tout permis dit-elle souvent comme pour consoler l’absence et la disparition de mon père. Et là, je suis à la porte du centre prêt à dégainer la seringue et à me tirer une balle d’héroïne. Histoire d’oublier, de me soulager. Tout sauf la drogue me dit-elle. Elle me le rappelle vraiment souvent, appréciant que je ne sois jamais l’enfant parfait et arrondissant les angles, acceptant ce que je suis. Dans une certaine proportion rappelle-t-elle inlassablement. Et dans le lot de ce qu’elle a choisi, c’est plutôt en négatif « surtout tout ce que je ne veux pas c’est que tu introduises de la came à la maison, dans notre maison ». Je pensais qu’elle m’avait démasqué, que j’avais laissé trainer un caillou ou une boulette mais non elle me convoquait à l’acmé de nos engueulades sur ce qui est mon quotidien masqué. Etrange coïncidence.<br /><br />J’enfonce le doigt sur le bouton de l’interphone. Mon doigt pénètre le mur, ma main traverse la cloison. J’hallucine. Je suis de plus en plus inconsistant. Aussi fragile qu’une goutte d’eau.<br /><br />– Bonjour c’est qui ? dit une voix douce, féminine.<br /><br />– Jimi.<br /><br />Une sueur froide accompagne mon prénom. M’entendre le dire me glace le sang.<br /><br />Je n’aurais jamais dû me présenter dans cet endroit.<br /><br />Je vais le regretter toute ma vie.<br /><br />Juste une seringue, et je me casse.<br /><br />– ok je vous ouvre.<br /><br />Une femme apparait. Elle est accueillante, me souhaite la bienvenue.]]></description>
<slash:comments>0</slash:comments><pubDate>Mon, 06 Apr 2020 08:19:30 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Aquarium / Le blog de Courtecuisse]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/Aquarium_5554_1.html</link>
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<description><![CDATA[Une odeur de vomi remplit l’espace de ma chambre. Le vomi appelle le vomi et je retiens un relent nauséabond. Mes fringues sont couvertes de traces de liquide jaunâtre gastrique. La honte me monte au nez. Je ne suis qu’une merde incapable de contenir son repas dans sa bouche. Va falloir trouver un créneau pour la machine à laver. Quasi impossible, en plus que je sais à peine la faire marcher. Faut mettre les degrés, le type de tissu, le produit dans je ne sais quel réceptacle. Ça finit en pugilat avec une moitié de machine de peur de se faire prendre en flagrant délit de vomi, à tenter de le faire sécher dans le placard. Du produit va disparaitre, la mère en bonne obsessionnelle radin va le remarquer et il n’y a qu’un couloir à traverser pour qu’elle trouve son meilleur suspect, son abruti de fils. Le plus simple serait de les jeter, il faut toutefois garder des habits pour la vie courante. Je l’ai déjà trop fait en massacrant le point de collecte de la croix rouge du coin de la rue. Recycle vomi. Ils doivent être content les bénévoles de retrouver mes fresques alimentaires après plusieurs mois. Ça me fait rire. Je les vois se demander quoi en faire. Se dire qu’il n’y a que des petits cons dans ce quartier et que ces box faudrait les retirer de ces coins où crèchent uniquement des cas sociaux. Mort de rire. De toute façon, ces habits ne servent pas à rhabiller les pauvres mais davantage à isoler les logements des riches.<br /><br />Je vide les poches comme le veut la pratique. Une paille avec du sang coagulé, mon briquet zippo, une clope écrasée. Et un papelard dans la poche arrière, plié en deux, pas plus grand qu’une carte postale. Sur le recto, une photo de la gare maritime. Je pense ligne de fuite. Tout est aligné, se rejoignant au fond. D’antan, il s’agissait de canaliser les voitures prêtes à monter dans le ferry. Aujourd’hui, tout est désaffecté. Ils veulent construire en ce lieu un complexe hôtelier avec une thalassothérapie, une salle de congrès, une place pour les concerts. On voit les choses en grand à Boulogne-sur-Mer. Peut-être bien qu’on se prend pour ce que nous ne sommes pas. Après, c’est un lieu de passage, proche des frontières avec une activité industrielle encore très active à Capécure. Tais-toi tu n’es pas à la mairie, les gens savent mieux que toi !<br /><br />La photographie dresse un relief, une profondeur. Je bloque, lendemain de soirée, stone, un rien attire mon attention et concentre ce qu’il me reste de vigilance. Le bleu est intense, mat, méditerranéen, hors sujet. Comment peut-on construire un endroit si géométrique ? Pour l’utilité bien sûr, on l’a oublié depuis le temps que les ferries préfèrent la traversée à Calais. Fret de voyageurs versus fret de poissons. Nous sommes du côté du fret qui pue.<br /><br />Je retourne la feuille. Pas grand-chose d’écrit. En travers, le mot KLUBIX. Avec un gros point d’exclamation. Pour le faire vivre, que son cœur batte. Ça ne me dit rien ce mot. Les lettres sont blanches sur fond noir. Il n’y a pas de contours. Les autres inscriptions sont ridiculement minuscules, à un point que je ne puisse lire sans approcher le papier de mes yeux. Il y est écrit simplement en tout bas de page :<br /><br />Si tu en a marre de la drogue, on peut t’aider. Nous sommes passés par là également. Amitiés.<br /><br />Putain mais il se prenne pour qui ces gars à fourrer à mon insu leur flyer dans mon falzar. Cela devrait être interdit, c’est un peu abusé d’une personne en situation de faiblesse. Amitiés mon cul. Cela a dû arriver quand j’ai vomi. Je ne sais plus, j’ai dû avoir une absence après. J’étais tellement HS.<br /><br />Je n’y crois pas, je relis leur message subliminal. Ils ciblent bien leur proie les gars en tout cas. De là à appeler le lendemain d’une cuite, il y a un écart qu’ils ne semblent pas apprécier. Il y a vraiment des malades dans ce bled. Des dégénérés. Comme si j’allais rejoindre leur communauté. Il y a quoi derrière, un autre dealer, les flics. Faudrait vraiment être maboule de téléphoner. Je garde le papier davantage pour l’image dans un tiroir de mon bureau.<br /><br />Il y a vraiment des tarés à Boulogne. <br /><br />J’arrive au bahut, les cours commencent dans une demi-heure.<br /><br />Le couloir menant au bureau de mon professeur principal est un aquarium. De l’extérieur on peut nous voir déambuler tel deux poissons lobotomisés toujours à la recherche de la sortie. L’illusion nous fait surplomber le port au-dessus des mats, par-dessus le quai. L’heure de vérité a sonné. Tous les trimestres, j’ai le droit à un entretien privé entièrement dédié à mon sujet. Et je n’aurais pas dû fumer sur la route du lycée. Et j’aurais dû prendre une douche. Pas frais, légèrement dans le gaz, pas dispo. Je le sais. Je ne pourrais pas mieux m’y être préparé. Le prof a une gueule sympa. Il a des convictions, il le porte sur lui avec ses vêtements moitié mode moitié désuets. Il ferait mieux de changer la ferraille de ses lunettes, s’acheter des baskets s’il veut qu’on le laisse tranquille. Il me sourit, ouvre le dossier de ma scolarité, traverse les grandes lignes de ce qu’il a déjà entraperçu la veille en préparant cette rencontre chez lui. Un ou deux allers-retours sur ma gueule. Quelques expressions à la con, un haussement de sourcil, un sourire en coin, une manipulation experte de sa monture. Bref.<br /><br />Bon alors Jimi qu’est-ce ce que tu racontes ? Tu te bouges plus en classe, t’as arrêté de fumer j’espère. Je vois que tes présences ne s’arrangent pas, les notes chutent. T’as trouvé une copine ou quoi ? Va-t-on avancer, trouver des solutions ?<br />Mon réfèrent pédagogique fait toujours pareil, il se rassérène avant même que je ne dise le moindre mot. Un homme, une technique, rôdé et rassurante.<br /><br />C’est ça, ce n’est pas pour me faire casser que je suis convoqué. Je n’en ai rien à foutre de vos questions.<br />Mon cul s’enfonce dans la chaise, mon bras se luxe vers l’arrière, ma tête se cale en équerre. Ma passivité n’a d’égale que sa volonté de me faire avancer.<br /><br />Ok on commence bien. On va reprendre un par un parce que moi j’ai ton dossier à remplir et je ne veux pas le rendre vide.<br />Il se redresse, me dominant, bien maladroitement. Cela ne peut pas marcher, pas avec moi. L’autorité ? Que croit-il encore ?<br /><br />Pourquoi pas ? Je suis bon à rien.<br />Ça ne s’arrange pas de ce côté-là. Ça dit quoi la classe ? Ça t’intéresse ? Tu arrives à suivre ? Tu prends des notes ?<br />Non, ça me fait chier, je plane, mes cahiers sont vides et j’ai envie que ça s’arrête. C’est un supplice.<br />L’entretien est un calvaire, enterré comme celui des marins. Il n’y aurait strictement plus rien à dire. Seulement, l’évaluation doit se poursuivre. Il faut remplir des cases, savoir où on va, de quoi va être fait ce putain de prochain trimestre.<br /><br />T’es bien au courant qu’il y a un examen à la fin de l’année qui est qualifiant. Faut courir après un diplôme qui est la clé qui ouvre la porte de l’emploi.<br />La porte de l’emploi je la défonce. Fuck le système.<br />Oui et elle se refermera aussi rapidement te laissant dehors. Pas qualifié, inqualifiable comportement, personne ne te prendra.<br />L’entrevue tourne à la punch line, il me sert des phrases toutes faites, sans aucun sens. Il cherche à nouveau à me faire réagir. Je lui souhaite l’impasse. Vouloir à ma place. Il n’a qu’à dire qu’il m’aime et qu’il rêve pour moi d’un futur embelli. Va chier connard, je chuchote. Je me détourne de son bureau sinon l’agitation me prendrait, ne le supportant pas. Dès lors, le port s’ouvre. Au loin, des pêcheurs remontent les bacs remplis de poissons. La respiration se calme, elle était coupée.<br /><br />Et il a fait comment mon père sans diplôme ? Il allait en mer.<br />Gros blanc. Nous nous regardons dans le blanc des yeux. Le premier qui craque a perdu. Le duel scolaire tourne à mon avantage en ayant la main sur les réponses. J’abuse de son empathie clairement. Il se désabuse sans fléchir. Lui-même s’affaisse, nos regards reviennent au même niveau. Il ne manque plus qu’un café.<br /><br />Oui mais les temps changent, c’était une autre époque.<br />Fait chier cette époque, je veux du concret. Je veux me lever pour gagner du blé, de l’oseille, m’occuper, je suis prêt à me défoncer.<br />Je regrette ce mot très lourdement. J’en ai envie. Il a compris. Peut-être je ne sais pas. Décontenancé, je me relève sur ma chaise. Reprendre le dessus. Tenir les apparences. L’impression d’avoir perdu sec le deuxième set d’une partie de tennis.<br /><br />Te défoncer, j’espère qu’on parle au second degré Jimi…<br />Il mime un essoufflement en soupirant théâtralement. Penché sur le dossier, il gribouille quelque chose, cela pourrait être des croix ou des cœurs. Il me fait marrer ce gars, tous les détours qu’il prend. Cela me touche.<br /><br />Et toi, tu n’as pas un moyen de m’éviter ce supplice d’écouter ces blaireaux de prof qui n’ont jamais bossé.<br />Sans relever ces injures, le prof s’engouffre dans la brèche. J’ai le sentiment d’avoir failli, craqué.<br /><br />Oui, mais faut faire gaffe, tu réduis tes chances en sortant de l’école.<br />Et alors, tu crois que c’est mieux de venir la tête à l’envers et tout foutre par terre.<br />Ma main tape sur la table sans que j’en ai eu l’intention. Le geste accompagnait cet élan de désespoir, ces paroles d’abandon.<br /><br />Tu viens défoncer à l’école ?<br />Bah oui, ça aide à tenir en classe.<br />Les profs le savent ?<br />Je crois qu’ils pensent que je suis cramé donc ils me laissent au fond, ça ne rime à rien. J’y vais parce que ma saloperie de mère me fout dehors, je fais semblant mais je n’essaie pas que ça marche.<br />Complétement hors-sol, notre huis-clos tourne au confessionnal. La rage est proche d’éclater, d’imploser. Aveu d’impuissance. Je sens le vide autour de moi. Je m’accroche à son regard. Il est ému semble-t-il tout en le cachant. Il ne réprime pas ses sentiments, il les laisse en lui et ne s’accorde pas à me les partager. A la fois dur et tendre, mon prof tient sa posture droite. Il jongle avec son crayon, tournoyant son Bic autour de son pouce. Un tic tel un moulin ou un rouleau à prière, un moyen de faire tourner la pensée, qu’elle ne stoppe pas, qu’elle suive son flot malgré le contre-courant.<br /><br />Non mais c’est grave ce que tu dis.<br />Le mec atterrit, il croit peut-être que je faisais science po Boulogne sur mer.<br />Oh arrête Jimi ça suffit ton cynisme, faut que tu me dises la vérité, tes difficultés.<br />Ce n’est jamais allé aussi loin entre nous. Le mec se prend pour mon père mais cela ne me contrarie pas. Cela m’amuse même, qu’il se mette à cette place-là. Jamais je n’aurais pensé qu’il soit capable de tels affects à mon égard. Je suis fier de lui, il est sorti de ses gonds, des rails. Il se laisse aller. Bon dieu, il a l’air d’être pris de court. Son front perle de sueur. Et de mon côté, cela me regonfle. Bizarre. Cela n’est pas seulement le fait d’avoir pris l’ascendant sur lui. Je continue d’employer mes mots, mon jargon. Entre les lignes, ma colère. Entre les mots, mon désespoir.<br /><br />Écoutez ce que je vous dis depuis tout à l’heure, je veux du concret, du palpable, Bordel suis-je seul dans ce cas ? et puis vous êtes payés pour quoi, pour faire le commentaire de ma vie ? Si vous avez un filon, On y va. Je commence demain matin, cinq heures du matin s’il le faut. Je n’ai pas le choix. Il n’y a pas de fric à la maison et je vais en partir d’ici peu.<br />Un vrai Jimi à réaction. Lancé comme une balle. Attaque-défense. Ou plutôt attaque-attaque. C’est jouissif de le voir se décomposer à chacune de mes allégations.<br /><br />Ah bon, tu me dis quoi encore là ?<br />Je ne supporte pas ma mère, et ma mère ne me supporte pas depuis que je suis né. Sans mon père, je ne vois pas l’intérêt, il n’y a que lui qui aurait pu quelque chose pour moi, il m’aurait fait rentrer sur un bateau de pêche, avec sa réputation, il aurait juste fallu que je sois à la hauteur. On m’aurait appris sur le tas. Bordel, c’est ça qui m’a foutu en l’air.<br />Tout en parlant, je comprends la logique du péril de mon existence. Cela ne m’a jamais paru aussi clair. Trois quatre phrases et le tout est résumé. Cela éclaire une pièce plongée dans le noir, un lieu dont nous connaissons l’architecture mais qui nous échappe, qui ne se laisse pas voir. La mise en lumière laisse apparaitre une logique étant connue, elle est tout simplement imperceptible. Je sais qu’il y a un mur, une porte. Seulement, je ne le vois pas et risque de me la prendre en pleine gueule. Ce n’est pas une tromperie mais plutôt un état de confusion. La vérité échappe au défaut de lumière. La vérité ne peut s’appréhender si je ne la vois pas. Y vois-je clair ? Dois-je continuer de m’éteindre ? Ces questions viennent en pagaille m’assaillir. Je rebranche sur l’entretien. Le prof est vraiment dans les cordes. Il doit penser au bon café-clope d’après. Il est largué. Aucune amarre.<br /><br />Tu veux parler de ton père ?<br />Eh madame la psychologue je ne vous y ai pas invité, merci de rester dans votre mission. Ça serait trop facile.<br />Là je me sens con. En effet, il a vu juste, j’aurais envie de parler de lui, de son absence, de son manque, de sa mort. Mes yeux s’embrument, je baisse la tête. J’aurais dû en parler, cela m’aurait fait du bien. Marre de se recroqueviller. Après tout, ce prof est sympa, on est entre nous. Il faut que j’arrête de me replier sur moi. Ce n’est plus possible. M’agripper ainsi plutôt que de lâcher-prise. Changer de tactique absolument. Mais avec qui ?<br /><br />On pourrait aller voir ensemble les patrons de pêche.<br />Ok quand ?<br />Je ne sais pas.<br />Mais putain, on se bouge, j’en peux plus moi, tu veux me voir claquer avec une seringue dans le bras !<br />Qu’est-ce que tu dis là ?<br />Qu’est-ce que je dis en effet. Je me calme sinon le mec va appeler les flics et ma mère. Je ne sais pas ce qui m’arrive aujourd’hui et cela se tend entre nous. Vite finir l’entretien avant que cela ne tourne mal. Les vitres du bureau se drapent de milliers de goutte d’eau, un grain passe, je m’en détourne. A l’envolée, je réplique :<br /><br />Façon de parler, je crève d’ennui, faut que je fasse quelque chose. Les jeunes ont besoin de rêver non ?<br />Oui ce n’est pas si facile que ça.<br />Je n’en peux plus, ça craque. Cela devait finir par arriver.<br /><br />Dégage je vais te frapper. Si se voir ne sert à rien autant se quitter j’ai mieux à faire.<br />Nous nous levons jouant le drame à fond. Après quelques invectives stupidement stériles, des doigts levés, un dossier qui vole, je m’en vais. L’autre me raccompagne en restant sur le seuil de la porte de son bureau.<br /><br />Jimi j’entends tes requêtes, laisse-moi deux jours et on voit si on peut voir des patrons.<br />C’est ça à dans deux jours, en attendant je vais regarder des séries sur netflix et jouer à la play.<br />Si tu veux, je peux t’excuser au lycée.<br />J’ai du mal à réprimer mes larmes, je suis totalement pris par des vents contraires. Je viens de me fâcher avec un gars que j’aurais bien pris dans mes bras, très fort. L’aquarium donne le sentiment d’une mise à nu. A visage découvert, j’enfile ma capuche et penche ma tête. Je ne réponds pas à l’appel de mon nom quand je traverse le hall d’entrée. Il faut que j’arrête et il faut que je me pique.<br /><br />Sans le faire exprès je passe sous le bâtiment vers les quais, je me retourne instinctivement et aperçois le prof fumant une cigarette à sa fenêtre de bureau. Nos regards se croisent, nous échangeons quelque chose d’imperceptible.<br /><br />Je fonce alors vers la came, je ne peux faire autrement. J’espère juste qu’il va me trouver un bateau.<a href="https://www.psychoactif.org/forum/image-reelle.php?code=1585/c3f59d40-b321-4017-aa26-120584d36457.jpg" target="_blank"><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1585/c3f59d40-b321-4017-aa26-120584d36457.jpg" alt="/forum/uploads/images/1585/c3f59d40-b321-4017-aa26-120584d36457.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div></a>]]></description>
<slash:comments>1</slash:comments><pubDate>Tue, 31 Mar 2020 22:09:40 +0200</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Courtecuisse ]]></dc:creator></item>
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