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<title>Le blog de Back_to_Bach / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[La belle Amanite et le cantor de Leipzig / Le blog de Back_to_Bach]]></title>
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<description><![CDATA[<a href="https://www.psychoactif.org/forum/image-reelle.php?code=1702/johann_sebastian_bach_amanite.jpg" target="_blank"><div style="" ><figure style="margin-right:20px;margin-left:20px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;"><img class="postimg" src="/images/loading.gif" data-src="/forum/uploads/images/1702/johann_sebastian_bach_amanite.jpg" alt="/forum/uploads/images/1702/johann_sebastian_bach_amanite.jpg" title="" style="" /><figcaption style="max-width:100%;text-align:center;padding: 5px 10px;width:564px;font-color:#666;font-size:10px;"></figcaption></figure></div></a><br /><br /><br /><em>En fond, on entend de la pop anglaise</em><br /><br />A 12h30 ce samedi, je me mis en tête de finir ma récolte annuelle d&#039;amanites. Car, hélas, déjà décembre était arrivé et les chapeaux rouges semblaient avoir décidé, d&#039;un commun accord, de ne plus montrer le bout de leur nez.<br /><br />Huit chapeaux avaient préalablement été cuits au four et étaient désormais bien secs, tout en ayant gardé une belle couleur, de l&#039;orange brique au rouge cramoisi, ainsi que leurs fines lamelles blanches.<br /><br />Je commençai par deux grammes. En attendant l&#039;effet, je m&#039;attablai à mon bureau pour travailler. Le champignon a sur moi une montée très lente et je savais que j&#039;en avais pour quelques temps avant le plateau. Une heure plus tard, je repris deux autres grammes, puis, à 14h00, 1,5 grammes.<br /><br />Sensation cotonneuse. Voilà la dame Amanite qui se pointe ! Je fermai mon ordinateur et allai m&#039;affaler sur le canapé. <br /><br /><br /><br /><br /><em>John scofield, Hangover <br />Dire Straits, Live 1979</em><br /><br />Pick Withers sautillait frénétiquement derrière sa batterie, tandis que mon corps entier devenait rythme. Je me levai, fis les cent pas au rythme du hi-hat et des ghost notes qui caressait la caisse claire. Mes membres bougeaient seuls, dans une ridicule danse incontrôlée mais battant parfaitement la mesure.<br /><br />Après 45 minutes, j&#039;ingérai 1,5 grammes avec du pain car la faim commençait à me tirailler le ventre. Il fut temps d&#039;aller dehors et de passer aux choses sérieuses.<br /><br /><br /><br /><br /><em>Concerto I en fa majeur, BWV 1046<br />Concerto III en sol majeur, BWV 1048</em><br /><br />Me voilà entre les arbres, le visage caressé par le soleil rasant de ce début d&#039;hiver. J&#039;avance erratiquement tentant de contrôler les troubles de l&#039;équilibre qui m&#039;assaillent.<br /><br />Quelle douce ivresse ! Assez semblable à certains égards à la première légèreté de l&#039;alcool, quand les sens commencent tranquillement à s&#039;exacerber, donnant l&#039;impression d&#039;une clarté d&#039;esprit supérieure. Il me semblait désormais surplomber le monde, pouvoir le regarder serein, affectueusement, depuis le haut. Immense sympathie paternelle pour les insectes, envie de caresser les plantes. J&#039;enserre un vieux chêne. Ô toi, mon enfant, toi mon père ! Tes racines, ne soutiennent-elles pas la Terre ? Et tes branches, ne portent-elles pas le Ciel ? Je retrouvai la sensation de l&#039;homme primitif, responsable du cosmos tout entier, de cet ordre terrestre dont Dieu lui avait confié la garde. Je m&#039;assis sur une branche basse, devant la beauté du <em>speculum naturale</em>. &quot;Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut&quot;...<br /><br />Au bout d&#039;un certain temps, je frissonnai. Il fut temps de rentrer. Mais avant, j&#039;engloutis par morceaux un large chapeau rouge que j&#039;avais pris avec moi. Titubant sur l&#039;herbe, trébuchant sur les pierres, je me rappelai d&#039;aller chercher du bois. Quelques temps plus tard, les petits fagôts craquèrent sous mes doigts au rythme de l&#039;<em>Allegro</em>, tandis que ma vision se troublait encore davantage. Je restai un instant, hypnotisé par les graviers.<br /><br />&quot;Curieux musiciens ! ont-ils un train à prendre pour jouer ces concertos avec un tel empressement ? De toute façon, l&#039;heure est aux sonates.&quot;<br /><br /><br /><br /><br /><em>Sonate en trio en mi bémol majeur, BWV 525<br />Sonate en trio en sol majeur, BWV 530</em><br /><br />Le premier mouvement tourne en boucle tandis que je m&#039;enfonce dans l&#039;extase.<br /><br />Merveilleuse cheminée ! Chêne qui vivant m&#039;a ravi, comble-moi de ta mort ! Quarante ans pour vivre et une heure pour brûler. La chaleur est la vie que rend le bois crépitant dans l&#039;âtre. Le rythme des sonates devient obsédant tandis que deux autres grammes d&#039;amanites sont goulûment avalées. La mastication est de moins en moins plaisante, mais toujours aucun effet désagréable. Ce champignon est sûrement l&#039;autre chose que Prométhée a volé aux dieux.<br /><br /><br /><br /><em>Toccata et fugue en fa majeur, BWV 540<br />Fugue en sol mineur, BWV 578<br />Prélude et fugue en la mineur, BWV 543</em><br /><br />Des cascades de notes me tombaient dessus, me paralysaient, tandis que mon esprit s&#039;élevait vers les contrées célestes du contrepoint.<br /><br />Je ne parvins à saisir aucune mélodie, plus je tentais d&#039;en concevoir une dans mon esprit, plus elle se désagrégeait sans que je pusse la suivre. Elle s&#039;échappait comme un filet d&#039;eau qu&#039;on tenterait d&#039;attraper entre ses doigts.<br /><br />Pourtant, toutes les mélodies étaient là. De celle qui s&#039;échappa de la première flûte en os jusqu&#039;au dernier soupir musical de l&#039;humanité. <br /><br /><br /><br /><br /><em>Fantaisie et fugue en la mineur, BWV 561 <br />Prélude et fugue en sol majeur, BWV 550</em><br /><br />Je m&#039;arrachai de ma torpeur extra-lucide pour aller chercher les quelques morceaux restants d&#039;amanite, plus euphorique que jamais. Mon sens de la proprioception (capacité à percevoir ses membres dans l&#039;espace sans les voir) s&#039;était considérablement amélioré ou, du moins, j&#039;y étais beaucoup plus attentif, peut-être dû à la vision en tunnel. Ma main gauche remplit un verre d&#039;eau tandis que la droite préparait le pain, tout en ouvrant des placards avec mes pieds. <br /><br />Le <em>Kapellmeister</em> de Leipzig ne compose pas avec des notes mais avec des mélodies. En voilà trois puis quatre, non cinq, qui s&#039;entremêlent, s&#039;annoncent tour-à-tour puis se mélangent sans se confondre dans une harmonie toujours parfaite; lorsque l&#039;une d&#039;entre elles devient saillante, elle reste suspendue un instant, cristalline, avant que les autres ne la rattrapent puis la réabsorbent, sans jamais la faire taire.<br /><br />Les fugues jouent en boucle dans un simulacre répété de la Création. Cette musique n&#039;est pas &quot;belle&quot;, au sens de cette beauté humaine, trop humaine, qui nous fait dire &quot;Quel talent ! Quel artiste !&quot;. Elle EST, simplement. Immuable et pure, ce sont les trompettes des anges qui résonnent ici-bas. <em>Soli Deo Gloria</em>.<br /><br />Voilà la plus éclatante preuve que la véritable Unité est l&#039;union des contraires, la coïncidence des opposés. C&#039;est la magie du contrepoint. De l&#039;Unité à la multiplicité puis de la multiplicité à l&#039;Unité, les deux mouvements fondamentaux de la respiration du monde qui s&#039;achèvent toujours, chez Bach, par cet accord majeur ascendant. Que peut-on écouter après ça ? Tout paraîtra si terne, si... inachevé. <br /><br />Après cette session de métaphysique sonore, j&#039;allumai une cigarette roulée avec plus de soin qu&#039;un joint après des mois d&#039;abstinence. Le tabac eut un goût délicieux d&#039;amanites fumées, je me demandai même pendant une fraction de seconde si je n&#039;avais pas glisser une peau de champignon dedans. Je me délectai de l&#039;épaisse fumée qui traversait mon corps tout entier avec, toujours, l&#039;impression de planer au-dessus des choses et des hommes.<br /><br /><br /><br /><br /><em>Passacaille en do mineur, BWV 582</em> <br /><br />Basses terrifiantes, thème lancinant de l&#039;Apocalypse à venir. Ce qui avait commencé comme une fine pluie de mai finit comme un orage de septembre.<br /><br />La musique s&#039;arrêta. Là-haut, dans la noirceur froide du ciel, une étoile que je crus appartenir à la constellation du Cygne semblait, immuable et sévère, me dire : <br /><br />&quot;Insensé ! Ignores-tu donc que la vraie sagesse est silencieuse ?&quot;<br /><br /><br /><br /></p><p style="text-align: center">___</p><p><br /><br /><br /><br />Le lendemain fut une merveilleuse journée, comme toujours avec les amanites: plénitude physique et mentale.<br /><br />Dehors, il pleut. Tant mieux. Je n&#039;aurai pas de scrupules à rester dans mon lit.]]></description>
<slash:comments>3</slash:comments><pubDate>Tue, 12 Dec 2023 21:46:12 +0100</pubDate>
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