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<title>Le blog de Bicicle / Psychoactif</title>
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<description>Psychoactif L'espace solidaire entre consommateurs de substances psychoactives...</description>
<language>fr</language>
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<title><![CDATA[Psilocybe Mexicana : voyage au pays du néant. / Le blog de Bicicle]]></title>
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<description><![CDATA[<strong>Trip report : Truffes Psilocybe Mexicana.</strong> <br /><br /><strong>Sexe : Femme. <br />Taille : 1,69m.<br />Poids : 52kg.<br />Mensurations : Non j&#039;déconne.<br />Quantité prise : 17gr frais.</strong> <br /><br />22h : On est vendredi soir, je viens de finir mon oral de droit international public et par là  même mon dernier partiel, pourquoi pas tester ces fameuses truffes qu&#039;un pote a commandé en Hollande il y a une quinzaine de jours ? Oh et puis non, ce sera plus marrant avec des potes, j&#039;en prendrai une autre fois. <br /><br />4h30 du matin : oh et puis merde, allez je les prends ces truffes à  la con. Il paraÎt que les Mexicana sont les plus douces, que l&#039;effet est &quot;limite mental&quot;, et &quot;très diffus&quot;, avec de &quot;toutes petites hallu&quot;. Allez, ça craint rien. J&#039;en avais déjà  picoré 6 ou 7 grammes en Hollande avec un pote, et à  part vomir, je n&#039;ai pas eu d&#039;effets notables. Tout juste quelques fou rires et toutes petites hallucinations, mais impossible à  distinguer de l&#039;effet des nombreux joints fumés en &quot;aqua&quot; dans la voiture pendant toute la nuit...<br /><br />Je pèse le contenu du sachet sensé faire 15 grammes, il en fait 17 réels... Bon allez, je prends tout, on verra bien. <br /><br />4h45 : J&#039;avale le contenu du sachet. Ça n&#039;a pas de goût, juste une persistante amertume désagréable en arrière bouche. Vu le goût, je prépare un sac poubelle pour vomir, &quot;juste au cas où&quot;. <br /><br />5h15 : Je regarde un documentaire sur la mafia russe sur Youtube, les mecs racontent leur vie un poil badante à  tuer, racketter et compagnie. Et ce mafieux avec sa tête de sociopathe, il est vraiment flippant putain. Je lève la tête : merde, mais pourquoi ma fenêtre bouge légèrement ? Je pars en fou rire, je suis parfaitement consciente de mon hallucination, et c&#039;est justement ça qui me fait rire. <br /><br />5h30 (?) : Putain j&#039;ai la gerbe, c&#039;est irrépressible. Je plonge ma tête dans le sac plastique et me vide du contenu de mon estomac. Je relève la tête : BAM. <br /><br />Je vois au ralenti, mon esprit ne pense plus, impossible de formuler la moindre pensée cohérente, la fenêtre bouge toujours. Je lève la tête au plafond : les petites écailles dans la peinture sont devenues un désert de sable qui se meut au gré du vent. Je suis en extase devant ce spectacle qui se déroule au dessus de ma tête : ce sera le &quot;Sahara du plafond&quot;. C&#039;est juste absolument magnifique, je suis complètement obnubilée par ce putain de désert mouvant.<br /><br />Ma chambre est comme teintée d&#039;un halo tantôt rougeâtre, tantôt verdâtre, j&#039;ai l&#039;impression d&#039;être sous micro acide. J&#039;entends le documentaire sur la mafia russe en arrière plan, les voix sont en échos, comme dans une cathédrale... Les images sont saccadées, comme s&#039;il manquait 50 images par seconde, ça &quot;grésille&quot; par moment, impossible de lire les sous-titres...<br /><br /><br />Mon esprit est complètement bloqué : le seul mot qui me vient est &quot;zombie&quot;. Impossible de bouger, je suis comme prisonnière de mon corps dont tous les sens sont hallucinés : je perçois le moindre bruit à  l&#039;extérieur comme décuplé, mes yeux hallucinent sur &quot;le Sahara du plafond&quot;. <br /><br />??h?? : Puis vient le &quot;haut&quot; du trip. Je pique du nez, probablement le sommeil à  cette heure tardive de la nuit, et je reste bloquée la tête au dessus du sac à  vomi, la bouche ouverte, la tête complètement immergée dans un néant abyssal. Un filet de salive coule au coin de ma bouche, j&#039;hallucine dessus, j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;elle est infinie, qu&#039;elle coule, coule coule coule, coule, coule, sans fin... &quot;Il me faut un mouchoir&quot; est bien la pensée que j&#039;ai réussi à  décrocher à  mon esprit, mais mon corps ne peut pas bouger. <br /><br />Le documentaire touche à  sa fin, le générique diffuse une musique russe lancinante qui résonne dans ma tête.<br /><br />??h?? : Je relève la tête, après probablement 1h passée la tête au dessus du sac poubelle, et là  je ne contrôle vraiment rien. Je me mets à  faire un râle de &quot;Buddha&quot; (mais pourquoi putain ?!) : je module ma voix, tantôt grave, tantôt aig¼e, j&#039;auto-hallucine sur le son de ma voix. J&#039;ai l&#039;impression de m&#039;endormir et de me réveiller, peut-être 15, 20 minutes plus tard, toujours en train de faire ce putain de râle chelou. <br /><br />Le bruit du râle devient un bruit de moto qui accélère, puis subitement j&#039;entends la voix de ma mère dans ce râle : j&#039;entends ses cris de douleur, agonisant à  l&#039;hôpital, et j&#039;incarne son cri, je l&#039;incarne alors à  travers le râle... Je ne suis absolument pas triste, je ne ressens strictement aucune émotion, mais je me mets à  pleurer, pleurer, sans aucune tristesse. <br /><br />Puis je module ce putain de râle complètement chelou et ça s&#039;arrête, je repique du nez et plonge de nouveau dans le néant absolu, laissant mon esprit divaguer et halluciner sans aucune cohérence. <br /><br />Le Sahara du plafond est toujours là  au dessus de ma tête, je m&#039;extasie encore et encore devant la beauté du spectacle qui n&#039;en fini plus.<br /><br /><br />8h30 (?) : Enfin, je me &quot;réveille&quot;, je reprends petit à  petit mes esprits. Merde, mais qu&#039;est-ce que c&#039;est que ce trip chelou, à  mille lieux de ce que j&#039;aurais pu imaginer des truffes... J&#039;ai très manifestement surdosé par rapport à  mon gabarit, et j&#039;ai écopé d&#039;un voyage au pays du néant... Où l&#039;esprit ne pense plus du tout, les sens sont complètement hallucinés, et les émotions totalement absentes... <br /><br />Chelou.]]></description>
<slash:comments>14</slash:comments><pubDate>Tue, 21 Jan 2014 02:39:31 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Bicicle ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[La poussière. Acte III : "Un doigt dans le cul et c'est fini". / Le blog de Bicicle]]></title>
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<description><![CDATA[<strong>La poussière. Acte III  : « Un doigt dans le cul et c&#039;est fini  ».</strong> <br /><br /><strong><br />Jeudi. 6h.</strong> Comme à  l&#039;accoutumée depuis trois jours, je me lève pour aller pisser. Ce matin Enrique n&#039;est plus là , j&#039;en serais presque attristée si ce n&#039;était pas un affreux cafard avec pour manie de vaquer à  sa vie de cafard sur les affaires de toilette de la voisine...<br /><br />On toque à  la porte de la chambre  : « On vient changer votre couche  !  ». Celle de la vieille voisine bien sûr. Je décide que sous aucun prétexte je ne dois voir ça et je reste dans les toilettes durant les longues minutes de l&#039;opération. Maintenant que j&#039;y repense, le tout premier matin aussi les aides soignantes ont débarqué dans la chambre pour changer la couche de la voisine... Je me rappelle m&#039;être instinctivement enfouie sous ma couette pour rater tout du spectacle...<br /><br />Je suis donc dans les toilettes à  attendre qu&#039;on change la couche de Madame D., 96 ans. Elle m&#039;avait raconté un peu sa vie, jurant à  tout bout de champs avoir encore toute sa tête. Elle était née en plein durant la Première guerre mondiale, avait connu la Seconde, élevé sa fille seule à  vingt ans en temps de guerre, son mari avait été fait prisonnier six ans dans un camp en Allemagne. Elle m&#039;avait récité son numéro d&#039;écrou  : elle n&#039;avait jamais pu l&#039;oublier. Elle avait perdu son fils. Elle avait survécu à  un cancer du sein, elle avait perdu son mari, elle avait Parkinson depuis une dizaine d&#039;année. Et surtout, elle attendait que sa fille vienne lui rende visite tandis que celle-ci ne venait que rarement.<br /><br /><br />Elle était donc terrée seule à  l&#039;hôpital. Accro à  ses médocs pour dormir, elle avait fait une crise la veille au soir  : « Où est mon Stilnox  ! Où est mon Stilnox  ! Vous ne m&#039;avez pas donné mon Stilnox  !  ». <br /><br />Elle me répétait sans cesse qu&#039;elle devait aller dans un service de réeducation, le « SSR  »  : « Ils vont m&#039;y redonner mes vingt ans  !  ». <br /><br />J&#039;étais partagée au sujet de Madame D. entre deux sentiments très contradictoires  : d&#039;un côté elle me touchait, et j&#039;éprouvais de la compassion pour cette petite vieille dame qui avait tout vécu, et de l&#039;autre je n&#039;en pouvais plus de la voir déprimer et j&#039;en venais à  ne plus la supporter. A vingt ans comment peut-on appréhender quelqu&#039;un si près de la mort et léthargique  ? Elle me renvoyait à  moi même et ça me perturbait plus que tout. <br /><br />Elle était là  à  cause des maladies de l&#039;âge, j&#039;étais là  à  cause de mes conneries. Elle cherchait plus que tout ses vingt ans, je les brûlait comme s&#039;ils n&#039;avaient aucune importance. Elle avait « tout  » vécu, je n&#039;avais rien connu. Et pourtant, j&#039;arrivais à  en être là , dans la même chambre d&#039;hôpital, à  déprimer autant qu&#039;elle. <br /><br /><br /><strong>15h30.</strong> Madame D. est transférée dans son fameux « SSR  » qui « allait lui redonner ses vingt ans  ». <br />Cette phrase ne m&#039;a pas quitté. NB pour plus tard : Profiter de sa jeunesse.<br /><br />Une remplaçante arrive. Autre spécimen. Une jeune musulmane voilée, qui ne fume pas, ne boit pas. L&#039;intimité étant une donnée absente à  l&#039;hôpital, j&#039;apprends rapidement qu&#039;elle est diabétique, qu&#039;elle est là  pour une fibroscopie, qu&#039;elle est divorcée, sans enfants. Bref, la voisine de chambre idéale d&#039;une toxicomane là  pour une infection  : une fille droite et pieuse au possible. <br />Je prie de mon côté pour qu&#039;elle ne me demande pas pourquoi je suis là , j&#039;ai trop honte. <br /><br /><br />La journée continue, dans l&#039;ennui profond. Je commence vraiment à  n&#039;en plus pouvoir d&#039;être là . On me file deux antibios puissants le matin, le midi et le soir, c&#039;est tout, et c&#039;est tous les jours pareil. Mais ça va mieux, à  tel point que je ne reste plus dans ma chambre. Dès que je peux, je descends fumer une clope en bas, non sans recueillir à  chacune de mes absences les regards de travers des infirmières. Il fait un magnifique soleil, il fait chaud, mais qu&#039;est-ce que je me fais chier comme un rat mort. <br /><br />Je décide d&#039;aller m&#039;acheter des journaux avec les quelques sous que j&#039;ai en poche. Je pars donc dans la rue à  la recherche d&#039;un kiosque. Ah, en voilà  un, au pied d&#039;une cité un peu glauque. Je jette un œil aux journaux  : Le Monde  ? Libération  ? Le Figaro  ? Tous aux abonnés absents... Par contre, je découvre « Le Monte  », un journal satyrique sensé parodier l&#039;original... Bon, ça commence bien pour se mettre à  jour de l&#039;actualité... <br /><br />Voyons voir les magazines. Hum, tiens, mais je reconnais cette couverture de Tecknikart  : avec Julian Assange, je l&#039;ai déjà  lu... Mais c&#039;était y&#039;a hyper longtemps  ! Je regarde alors la date sur la couverture... Ah, en effet, c&#039;est le numéro de mars 2011... On est en mai 2012, mais c&#039;est pas grave, disons que c&#039;est juste un « oubli  » pendant 14 mois en plein milieu du rayon...<br /><br />Je suis manifestement tombée dans le kiosque à  journaux le plus actuel et « à  la page  » de la région parisienne. Je repars finalement avec Le Monde diplomatique, Courrier international et Les Inrocks. Il faut bien s&#039;occuper l&#039;esprit.<br /><br /><br />La journée se termine, aussi lente et interminable que les précédentes. A la nuance près que je suis en train de craquer, j&#039;en ai marre, je n&#039;en peux plus d&#039;être ici. A ne rien faire de la journée à  part attendre le lendemain. A bouffer de la merde micro-ondée pleine d&#039;eau. Même l&#039;odeur des draps m&#039;est insupportable  : cette odeur d&#039;alcool à  90 ° m&#039;écœure. J&#039;ai la nausée en permanence dans ce lit. <br /><br />Je shoote allègrement le Sub que j&#039;ai récupéré la veille. Des shoots minutieux de propreté, j&#039;ai retenu la leçon...<br />Et puis la nuit. Enfin une journée de finie. Dormir.<br /><br /><br /><strong>Vendredi. 7h.</strong> Toc toc, on frappe à  la porte. Prise de sang du matin. Je ne redoute pas les aiguilles mais plutôt mes veines... Je me demande bien où l&#039;infirmière va pouvoir piquer. Elle commence par mettre le garrot, pensant illusoirement piquer dans le creux du bras, je la rappelle à  l&#039;ordre  : <br />« Cette veine là  ne marche plus.&nbsp; <br />Laquelle vous préférez alors ?<br />Heu..  »<br />Finalement, elle piquera dans la veine où j&#039;avais fait le shoot foireux qui m&#039;avait fait atterrir ici... <br /><br /><br /><strong>11h</strong>. Un groupe de trois médecins dont la chef de service débarquent dans la chambre. Ils sont là  pour me poser des questions sur ma consommation de drogue. Grosse gène. Ma voisine voilée se redresse ostensiblement dans son lit pour ne rien manquer de notre entretien. Je le remarque et demande donc à  la médecin de lui parler dans son bureau. « Ok, allons y, je vais nous trouver un endroit tranquille  ».<br />Elle m&#039;emmène dans les couloirs de l&#039;hôpital et trouve un bureau vide où l&#039;on peut s&#039;installer. Elle me pose quelques questions, je lui réponds honnêtement, c&#039;est finalement la première fois que je parle à  un médecin de ma consommation de drogue. Elle m&#039;écoute, est plutôt gentille et réconfortante. Ce seront les seules minutes où j&#039;aurais vu vraiment un médecin de tout le séjour. <br /><br />Les jours précédents, on m&#039;avait dit qu&#039;un addictologue allait passer me voir. Il n&#039;est jamais vu. « Il est très occupé, il n&#039;a pas le temps  ». Ah.<br /><br />L&#039;entretien se termine, la médecin me raccompagne. Petit détail que j&#039;avais oublié  : le sang dans les chiottes d&#039;il y a deux jours... « Mon collègue va vous faire une rectoscopie, il semble que ce soit les antibios qui en sont la cause  ». <br /><br />Pardon  ? Une quoi  ? Un doigt, enfin, un rectoscope dans le cul  ? Mais elle est folle. Au secours, sauvez-moi, je rêve  ! Ceci n&#039;est pas la réalité, ceci est un mauvais rêve. Je ne vais pas me faire ausculter le cul, tentais-je vainement de me persuader...<br /><br />Son collègue arrive de nulle part, comme tapis dans l&#039;ombre prêt à  dégainer son rectoscope  : « Vous me suivez mademoiselle  ?   On va procéder à  l&#039;examen.  »<br /><br />… <br /><br />Bon, restons calme, soufflons. Tout va bien, ce n&#039;est qu&#039;un acte médical comme les autres. Comme les uns se font ausculter la gorge, moi je me fais ausculter le cul... Oh merde, non ça ne me convainc pas DU TOUT. <br />«  Mettez-vous à  quatre patte sur la table d&#039;auscultation s&#039;il vous plaÎt mademoiselle  ». <br />Plouf. Doigt dans le cul en moins de temps qu&#039;il ne faut pour le dire. Suivi d&#039;un rectoscope dans le cul. Agrémenté d&#039;une dignité perdue, d&#039;une humanité envolée. Si la honte tuait, elle m&#039;aurait enterré sur place, avec une dalle en forme de rectoscope.<br /><br />« Voilà , c&#039;est fini. En fait, ce n&#039;était qu&#039;une irritation locale du fait de la diarrhée causée par les antibiotiques. Au revoir mademoiselle.<br />- Au revoir docteur  ». Vous m&#039;excuserez si je ne vous sers pas la main. Cordialement. Vite, fuir. <br /><br /><br /><strong>15h.</strong> Une psychiatre vient me voir. Elle me dit que la médecin que j&#039;avais vu plus tôt dans la journée&nbsp; lui avait demandé de passer. Une infirmière est avec elle. Elle me font passer un entretien dont je n&#039;arrive toujours pas à  cerner si il s&#039;agissait de m&#039;aider tout simplement ou, comme je l&#039;ai ressenti, de déceler chez moi une maladie mentale. <br />Elle commence en effet par insinuer lourdement que je suis une menteuse, puis enchaÎne sur des questions toutes plus infantilisantes et absurdes les unes que les autres avec un ton mielleux et hypocrite  : <br />« Vous avez des amis  ?  » Aucuns, je les ai tous dépecés dans ma cave. Pourquoi  ? <br />« Vous avez des problèmes d&#039;hygiène  » Aucuns. Je prends une douche par an, je cultive les bacilles de mycoses partout sur mon corps, pourquoi, pas vous  ?<br />Et ainsi de suite de questions toutes plus stupides les unes que les autres, toutes ponctuées de jugements non dissimulés. Bref, la meuf n&#039;a pas du tout envie de m&#039;écouter. Elle fait son petit questionnaire et au bout de cinq minutes décide arbitrairement qu&#039;il me faut du Xanax. Je refuse catégoriquement. <br /><br />J&#039;ai en tête la série Weeds, je ne sais plus quelle saison, où Célia Hodes est dans le tunnel clandestin entre le Mexique et les Etats-Unis et où elle est complètement shootée au Xanax, dans un état pitoyable. A chaque fois que la psychiatre prononce le mot Xanax, j&#039;ai cette image en tête, comme un flash. Impossible que j&#039;en prenne. Je refuse donc poliment son offre.<br />« Très bien, comme vous voulez, mais vous n&#039;aurez rien d&#039;autre pour passer le week-end.  »<br /><br /><br />Pauvre meuf, avec ses chaussettes noires à  pois verts et ses bouclettes dégueulasses, qui dégaine le carnet d&#039;ordonnance en cinq minutes sans s&#039;intéresser vraiment à  la personne qui est en face. Je quitte la pièce sans lui dire au revoir tellement elle incarne l&#039;archétype de la psychiatre vendue aux labo pharmaceutiques et qui n&#039;en a rien à  foutre des patients qu&#039;elle rencontre...Précisément le genre de psy sans aucune humanité ou empathie que je redoutais pour un premier rendez-vous. Et bim, dans le mille.<br /><br /><br /><strong>Samedi. 9h.</strong> « Mademoiselle, vous sortez aujourd&#039;hui  ». Enfin. Quitter ces lieux, vite.<br /><br />Une semaine plus tard, je reçois par la poste la facture... 989 euros. Je n&#039;ai pas de mutuelle. Aïe, j&#039;ai mal au cul. J&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir servi de variable d&#039;ajustement au remplissage des chambres d&#039;hôpital... Passé les 2 ou 3 premiers jours, j&#039;aurais pu rentrer chez moi avec une ordonnance, pas besoin de me garder inutilement... Apparemment pour voir un addictologue qui n&#039;est jamais venu. <br /><br />Résultat, la facture de cette &quot;poussière&quot; est salée. Je l&#039;ai dans le cul, c&#039;est le cas de le dire.]]></description>
<slash:comments>13</slash:comments><pubDate>Sun, 29 Dec 2013 07:55:44 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Bicicle ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[La poussière. Acte II : "Enrique le cafard". / Le blog de Bicicle]]></title>
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<description><![CDATA[<strong>La poussière. Acte 2  : « Enrique le cafard  ».</strong> <br /><br /><strong>Mardi</strong>. Je me réveille, il fait noir, je suis dans une grande chambre d&#039;hôpital. Quelle heure est-il  ? 5 heures  ? 6 heures  ? <br /><br />Aucune idée. J&#039;ai envie de pisser, je suis encore perfusée et je n&#039;ai pas envie de galérer à  me lever. Oh et puis merde, j&#039;ai trop envie de pisser. Je me lève, tire l&#039;espèce de support à  perfusion qui roule dans un vacarme à  travers la pièce. Une vieille dame dort dans le lit d&#039;à  côté, je fais mon possible pour ne pas la réveiller. J&#039;ouvre la porte des toilettes, allume la lumière et tombe nez à  nez avec un cafard rampant sur le carrelage... <br /><br />Ou bien était-ce une blatte  ? <br /><br />Je l&#039;évite comme je peux, vérifie qu&#039;il n&#039;y en a pas d&#039;autres cachées sur les chiottes... Je pisse. Dans quelle merde je me suis fourrée... Le cafard continue son petit cheminement à  travers ces sordides toilettes. C&#039;est la deuxième fois de ma vie que je vois un cafard. Enfin, la dernière fois ce n&#039;était pas un mais des milliers de cafard géants en Andalousie... Oui géants, jusqu&#039;à  plus de 5 centimètres pour les plus petits, du fait du climat extrêmement chaud similaire à  celui d&#039;Afrique du Nord. Ils « déblattisent  » les rues tous les matins en pulvérisant un liquide sur tous les trottoirs de la ville à  l&#039;heure où en France les éboueurs viennent récupérer les poubelles. Malgré ça, on croise très souvent des énormes cafards écrasés sur la chaussées, voire montant les murs des habitations, des bars, sortant des canalisations de certains vieux immeubles. La ville grouille de ces affreux insectes. <br /><br />Immonde.<br /><br />D&#039;ordinaire phobique des insectes, ce petit cafard me paraÎt mignon à  côté de l&#039;horreur qu&#039;il me fait me remémorer. Cela me donne envie de lui donner un nom  : ce sera Enrique, en hommage à  ses cousins géants espagnols. Je le trouverais presque touchant à  faire sa vie de blatte, à  la petite nuance près qu&#039;il la fait au sein de MES toilettes, dans MA chambre d&#039;hôpital. Je saisis tout de suite l&#039;ambiance dans laquelle je me suis empêtrée... Je suis pied nus, désormais, je redoublerai d&#039;attention en marchant dans cette chambre...<br />Ma vessie vidée, je m&#039;empresse de rejoindre mon lit en espérant qu&#039;Enrique ne viendra pas m&#039;y rendre visite. Je suis encore pataude, j&#039;ai encore de la fièvre. Je me rendors. <br /><br /><br /><strong>8h.</strong> Il fait jour. « Je suis en enfer ici  !  ». J&#039;ouvre les yeux, et sort du brouillard en entendant cette phrase prononcée avec une voie rauque et caverneuse. C&#039;est ma voisine, une très vieille dame, dont j&#039;apprendrai plus tard qu&#039;elle a 96 ans, qui exprime sa joie de vivre dès le matin. <br />Ça ne percute pas encore dans mon cerveau mais je finirai par être d&#039;accord avec elle...<br /><br />Petit déjeuner. J&#039;avale le morceau de pain servi avec une microscopique barquette de confiture industrielle « gélifiée  » et un carré de beurre, je bois le bol de cet ignoble café tant bien que mal. Je me dis que c&#039;est rien, à  midi ça sera meilleur. Rester illusoirement optimiste. <br /><br />L&#039;infirmière m&#039;apporte un cachet de Contramal pour la douleur. C&#039;était le dernier cachet auquel j&#039;aurai droit, ensuite on ne me filera plus que du Doliprane. Heureusement, les douleurs sont vites passées, mais j&#039;avoue que je n&#039;aurais pas été contre un petit morphinique pour faire passer ce moment pour le moins douloureux pour les nerfs... <br /><br />Une toute jeune médecin vient me voir, elle me pose quelques questions bateaux sur ma consommation de drogues. En toute franchise, je lui réponds que cela fait maintenant à  peu près 5 ans que je me shoote, que je prenais de l&#039;héroïne et du Subutex, que je n&#039;étais actuellement plus dépendante physiquement car j&#039;avais arrêté par moi même quelques semaines avant. <br />Je ne lui ai pas expliqué comment, mais m&#039;étant de nouveau accroché à  l&#039;héro, j&#039;avais pris du Sub à  doses dégressives pendant une courte période d&#039;une dizaine de jours, et à  la fin, je me suis aperçue que je n&#039;avais plus de manque physique si je ne prenais pas de Sub. J&#039;avais donc arrêté en douceur, un peu échaudée par mes récents déboires avec moi même. Les semaines passant, le matos usagé était resté entassé dans un sac à  pharmacie, et l&#039;envie a fini par revenir... Me poussant à  faire ce shoot crasseux qui m&#039;avait fait terminer là  avec une infection. <br /><br />Bref, je ne lui explique rien de tout ça, elle repart sans dire mot, et une infirmière revient quelques minutes plus tard avec de l&#039;Atarax pour seule réponse. Le dialogue hospitalier dans toute sa splendeur. Je gobe donc son cachet, pas du tout habituée aux médicaments. Et je sombre dans le sommeil. <br /><br /><br /><strong>12h</strong>. On me réveille, « à  table  ». On me redonne un Atarax, je le prends docilement. Je mange ce que je peux de leur barquette micro-ondée pleine d&#039;eau. C&#039;est vraiment imbouffable. <br /><br />Et puis l&#039;ennui. Les minutes passent comme des heures, les heures comme des jours. Le temps passe tellement lentement. La journée s&#039;éternise. Seules deux prises de tensions et deux repas immangeables en barquettes vinrent la rythmer. <br /><br /><br /><strong>Mercredi, 6h du matin.</strong> Comme la veille, je me lève pour pisser, essaye de ne pas « trop  » réveiller ma vieille voisine avec mon machin à  roulette pour la perfusion. Et rebelotte, qui vois-je de bon matin  ? Enrique  ? Oui, c&#039;est bien lui.<br /><br />A la variante près, qu&#039;aujourd&#039;hui il est en promenade sur le gant de toilette de la voisine... Hum, ce petit moment de bonheur du matin.<br /><br />Je finis par comprendre que dans cet hôpital il faudra inspecter la lunette des toilettes tous les matins afin de s&#039;assurer qu&#039;un cafard n&#039;est pas déjà  en train de l&#039;utiliser. Et accessoirement qu&#039;il ne faudra rien laisser dans la « salle de bain  »... <br />De toute façon, à  cet instant je m&#039;en fous, je n&#039;ai aucunes affaires. Même pas une brosse à  dent qu&#039;Enrique pourrait enjamber de ses petites pattes velues. Je suis encore plus dégueulasse que lui, je n&#039;en peux plus, je ne rêve que d&#039;une douche, de me laver les cheveux, de me brosser les dents, de mes habits propres, de me maquiller, bref, d&#039;un peu d&#039;hygiène et de confort... Je hais cette robe « mortuaire  » dont on m&#039;a parée. <br /><br />Je me sens au fin fond d&#039;un gouffre de merde avec pour seul compagnon du matin, Enrique, en ballade sur le gant de toilette de la vieille d&#039;à  côté. <br /><br />Retour au lit. Une infirmière vient me retirer la perfusion et me propose de prendre les antibios par voie orale. J&#039;en suis ravie, cela me libère d&#039;une attache bien invalidante. Après ça, je décide d&#039;enlever l&#039;affreuse tenue d&#039;hôpital et de remettre les habits avec lesquels je suis arrivée. J&#039;ouvre le sac poubelle dans lequel ils ont entassé mes affaires, mon pantalon est tâché de vomi sur le mollet, comment j&#039;ai fait ça  ? Je ne sais plus, mais tant pis, je préfère encore remettre mes habits sales, seul apparat de mon humanité en ces lieux. <br /><br />Et puis tout s&#039;accélère. J&#039;en ai marre, je n&#039;en peux plus d&#039;être ici. Je n&#039;ai aucune affaire, je ne veux prévenir personne que je suis là , j&#039;ai trop honte de moi. Je suis encore mal, pataude au possible, et certainement fiévreuse, mais tant pis, si je dois rester ici, ce sera avec des habits propres et de l&#039;hygiène, sinon je me casse. J&#039;attrape donc mon sac à  main, ma veste, et je descends appeler un taxi pour rentrer chez moi me chercher des affaires et de la thune. <br /><br /><strong><br />14h30.</strong> Le taxi arrive, il m&#039;emmène chez moi. Je lui demande de m&#039;attendre en bas. J&#039;ouvre la porte de ma chambre. Le choc.<br /><br />Je vois d&#039;abord l&#039;arrosoir rempli et dégoulinant de vomis, puis les toilettes plein de chiasse dont je n&#039;avais même pas tiré la chasse tellement j&#039;étais mal, le matos usagé avec lequel je m&#039;étais shootée deux jours avant, la partie de PS3 encore en route. Tout était dans l&#039;état où je l&#039;avais laissé en précipitation. <br />Je tire la chasse, vide la bouteille de produit à  chiottes dans la cuvette et décide que le produit aura tout le temps d&#039;agir pendant que je serai à  l&#039;hôpital. Je vide l&#039;arrosoir et le met à  tremper, range rapidement, et prépare un sac d&#039;affaires de toilettes et d&#039;habits propres. Je mets foison de nourriture à  mon petit rat dans sa cage, un énorme bol d&#039;eau, ne sachant pas pour combien de temps j&#039;en ai avant de revenir... <br /><br />Et le taxi me ramène à  l&#039;hôpital dont je m&#039;aperçois alors qu&#039;il se trouve ni plus ni moins que dans ma rue. Au numéro 400, tout à  l&#039;opposé. Même si j&#039;avais su, de toute façon, je ne suis pas en état de marcher, j&#039;ai affreusement mal au ventre et encore de la fièvre. <br />Enfin, je pouvais prendre une douche, m&#039;habiller proprement, me coiffer, me maquiller, reprendre vie en somme. <br /><br /><br />La suite, je ne sais pas si je dois vous la raconter. Ce qui précède n&#039;était déjà  pas flatteur, mais la suite marque encore un pas de plus dans le glauque. Tant pis, dignité foutue pour foutue, confions-nous. <br /><br /><br /><strong>16h</strong>. Les douleurs au ventre ont fini par se transformer en diarrhée carabinée. Je me rends donc dans les toilettes de la chambre afin de me soulager. Au moment de tirer la chasse d&#039;eau, je deviens livide et manque de m&#039;évanouir  : la cuvette est tapissée de sang. Je tourne de l&#039;oeil, et appelle l&#039;infirmière pour lui conter ma belle « mésaventure  ». Elle me dit que c&#039;est inquiétant et revient avec un « pot à  merde  ». Vous voyez le pot pour les analyses d&#039;urines  ? Bon, et bien c&#039;est le même mais en grand format pour les analyses de merde. Je ne savais même pas que ça existait...<br />« Tenez, vous faÎtes là -dedans et je repasse le chercher plus tard  ».<br /><br />Ok, je dois chier là  dedans. <br /><br />Elle vient de me donner un Smecta, il a fait effet et ça m&#039;a complètement passé l&#039;envie... Durant l&#039;heure qui suit, je m&#039;évertue donc, dans un incessant ballet entre mon lit et les toilettes, de lui remplir son « sexy  » pot à  merde, sous les yeux de ma vieille voisine un peu à  l&#039;ouest qui ne comprend sans doute rien à  ce qui se passe. Je n&#039;arriverai qu&#039;à  pondre une petite crotte de lapin, je ferme le bocal et le place en évidence sur la table de la chambre... Honte pour honte, autant exposer ses œuvres. <br /><br />Les maux de ventre continuant, je me persuade que je pourrais bien aller chopper un peu de Sub... D&#039;une pierre deux coups, ça me ferait un petit shoot et ça calmerait les diarrhées. C&#039;est bien connu, les opiacés, ça constipe... Quelles excuses on ne se trouve pas dans ces cas là ... <br /><br /><strong>20h30</strong>. L&#039;hôpital est à  un quart d&#039;heure à  pied de chez moi où est garée ma voiture... Un petit trajet à  pied, et une demi heure de voiture plus tard je serai à  Barbès... Ok, merde, j&#039;y vais. <br />J&#039;arrive à  ma voiture, démarre et prend le chemin de la « pharmacie en libre-service  » du Nord de Paris... A la radio, il y a le débat de la présidentielle entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, ça tombe bien, j&#039;avais justement envie de l&#039;entendre. Mais leurs paroles sont lointaines pour moi, leurs préoccupations aussi... <br /><br />J&#039;arrive à  destination, choppe une plaquette en moins de temps qu&#039;il ne faut pour le dire, file au Caarud à  côté chercher tout le matos propre nécessaire, et reviens aussi vite que partie à  l&#039;hôpital. Je gare ma voiture devant l&#039;hôpital. Il est vide. <br /><br /><strong>22h.</strong> Les couloirs sont déserts. Je me demande comment je vais remonter au service, la porte est fermée... Je sonne à  l&#039;interphone et personne ne me répond. Il y a une caméra et je soupçonne l&#039;infirmière de garde de mon service de ne pas vouloir m&#039;ouvrir car elle avait compris mon petit manège. Avant de partir, je lui avais demandé si je pouvais « m&#039;absenter une heure ou deux  ». Elle m&#039;avait dit non me disant que les portes seraient closes à  mon retour. J&#039;étais quand même partie. <br /><br />Je pars donc au service des urgences, le seul ouvert, et explique que j&#039;ai du m&#039;absenter pour « chercher des affaires  » et que je n&#039;arrive plus à  remonter dans ma chambre... On me demande mon nom, mon service, tout ça, et j&#039;entends alors un des médecin ou infirmier, que sais-je, murmurer  : « ah, c&#039;est cette patiente là ...  ». Il parle de moi là   ? L&#039;infirmière de garde de là -haut l&#039;a prévenu ou quoi  ? Je ne saurai jamais, après quelques minutes, ils finissent par la joindre et me laisser monter... <br /><br />Sans le moindre bruit, un peu la queue entre les jambes (façon de parler, on s&#039;entend hein), je traverse le couloir, priant pour ne pas croiser l&#039;infirmière en question... Ouf, j&#039;atteins finalement la chambre sans encombre.<br /><br />La vieille est dans son lit mais ne dort pas, il fait complètement noir dans la chambre, seul le halo de la lumière du couloir perce à  travers le « hublot  » de la porte. Je m&#039;enferme immédiatement dans les toilettes. Complètement échaudée par l&#039;expérience que je suis en train de vivre, je suis définitivement convaincue qu&#039;un shoot doit se faire proprement... Sous peine de se retrouver là  à  vivre cette éprouvante hospitalisation... <br /><br />J&#039;étends le champs de travail, et méticuleusement prépare un shoot qui aurait sûrement reçu les louanges de la très appréciée infirmière de garde, si ce n&#039;était pas du Sub que je me préparais à  m&#039;injecter. Je trouve une veine, au creux du poignet, à  côté de celle-là  même qui m&#039;avait emmené ici... L&#039;aiguille transperce la peau, la flamme rouge, le top départ, je presse le piston. <br /><br />Ça va mieux. Je jette mon matos sale, le cache au fond de la poubelle sous du PQ chiffonné par mes soins, me mets en pyjama, luxe que je pouvais désormais me permettre grâce à  mon excursion chez moi de l&#039;après-midi. On ne s&#039;en pas compte mais c&#039;est un détail qui a toute son importance quand on a qu&#039;une pauvre robe miteuse d&#039;hôpital à  se mettre jour et nuit – homme ou femme d&#039;ailleurs, même combat de la honte quel que soit le sexe.<br /><br />Et je me glisse dans mon lit. Je m&#039;endors. L&#039;infirmière est venue deux ou trois fois « vérifier si j&#039;étais là   » cette nuit là , ouvrant à  chaque fois la porte bruyamment et allumant la lumière... Je la soupçonne de s&#039;être innocemment «vengée» en venant troubler mon sommeil...<br /><br />[...]]]></description>
<slash:comments>11</slash:comments><pubDate>Thu, 26 Dec 2013 05:24:41 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Bicicle ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[La poussière. Acte I : "déchocage". / Le blog de Bicicle]]></title>
<link>https://www.psychoactif.org/blogs/La-poussiere-Acte-I-dechocage_648_1.html</link>
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<description><![CDATA[<strong>La poussière. Acte I : &quot;déchocage&quot;.</strong> <br /><br />Non, je ne parle pas de l&#039;amas d&#039;acariens fourrés sous le tapis du salon. <br /><br />Lundi soir, le frigo est vide, je vais au McDrive me chercher un Filet-o-fish. Je joue en ligne à  Battlefield 3 sur la PS3 avec un copain. J&#039;ai envie d&#039;un shoot, vraiment envie... J&#039;ai sous les yeux un gros sac à  pharmacie rempli de vieux matos usagé... Envie d&#039;un shoot... Et si je faisais les « fonds de cuillères  »  ? J&#039;en ai une dizaine avec des vieux restes de produits qui ont déjà  plusieurs semaines, il y a aussi une dizaine de filtres toupies... Ils ont jaunis tellement ils sont pourris... Envie d&#039;un shoot... <br />Je n&#039;ai plus aucunes seringues propres, plus de tampons d&#039;alcool, plus d&#039;eau, plus rien en somme. Envie d&#039;un shoot... Et merde, il y a un verre d&#039;eau sur ma table, je ne sais même plus depuis combien de temps il est là . J&#039;y trempe une de mes seringues usagées, je la remplis, je fixe tous les filtres les uns après les autres à  la seringue et j&#039;expulse leur contenu dans une cuillère, usagée aussi... Je filtre le liquide avec un des vieux filtres... Je prends une vieille aiguille. Mais qu&#039;est-ce que je fous, je ne me rends même pas compte, rien ne semble compter à  vrai dire. Et j&#039;injecte à  l&#039;intérieur du poignet, sans désinfecter, je n&#039;ai de toute façon pas d&#039;alcool. <br /><br />Je continue ma partie, je joue sur la carte « Traversée de la Seine  », je me débrouille pas trop mal. On est en équipe au micro avec mon pote. Quelques minutes passent. Ma tête... Une douleur lancinante comme jamais je n&#039;en ai eu apparaÎt subitement, sur le dessus du crâne. Je pose le micro, je laisse la partie en l&#039;état, me lève, ma vue se brouille, je vois noir. Envie de vomir, j&#039;attrape le premier « récipient  » à  proximité en moins de temps qu&#039;il ne faut pour le dire. Je réalise que je viens de gerber mon Filet-o-fish et l&#039;intégralité de mes tripes dans un arrosoir. <br />Je suis trop mal, j&#039;ai trop mal. J&#039;ai mal aux reins, j&#039;ai mal dans les cuisses, beaucoup trop mal. Un instant j&#039;ai osé penser que c&#039;était le Filet-o-fish que je digérais mal... Non, putain, c&#039;est ce putain de shoot crasseux et désespéré... Merde, je suis en train de faire une infection. Je vois noir, je vais m&#039;évanouir. J&#039;ai la chiasse comme jamais, je repeins les chiottes. <br /><br />Il faut que je prenne une douche. Ma vue est complètement brouillée, je n&#039;ai plus de force, la douche n&#039;arrange rien. Je me sèche, je m&#039;habille, il faut que j&#039;appelle les urgences. Je me surprends à  prier dieu alors que je n&#039;y crois plus depuis des lustres : « pitié mon dieu, je regrette, je me shooterai plus jamais, fais que je m&#039;en sorte, que ça passe, je me shooterai plus, j&#039;ai retenu la leçon, promis  !!  ». Je m&#039;allonge dans mon lit, je veux dormir, la douleur est trop forte, j&#039;ai trop mal à  la tête, aux reins, aux jambes, je ne tiens plus, ça ne veut pas passer. Ça ne passe pas, ça empire.<br />J&#039;attrape mon sac à  main, ma veste, et mon portable et je sors de ma chambre, la laissant en l&#039;état. J&#039;appelle le 15  :<br /> « S&#039;il vous plaÎt j&#039;ai hyper mal, je vais m&#039;évanouir, venez. J&#039;oublie de préciser que je suis en train de faire une infection, ou avais-je trop honte de moi pour le dire  ? <br />- SOS médecin passera d&#039;ici une heure ou deux.<br />- Quoi  ?! Mais non j&#039;ai trop mal, je vais m&#039;évanouir je vous dis. <br />- Prenez un Doliprane, dit-il en me raccrochant au nez.  »<br /><br />Merde, mais pourquoi je lui ai pas expliqué correctement, je suis vraiment trop conne. J&#039;agonise de douleur. Je me traÎne à  l&#039;entrée de la résidence. Deux nanas en fauteuil roulant passent, je suis par terre. <br />&quot;Ça va mademoiselle  ?<br />- Non.<br />- Vous voulez que j&#039;appelle les pompiers  ?<br />- Oui.<br />- Mais qu&#039;est-ce qu&#039;elle a pris  ?&quot;<br />Elle appelle les pompiers. Le concierge arrive, il me traÎne dans sa loge, je suis au plus mal.<br />Quelques minutes après, les pompiers arrivent. Ils m&#039;emmènent dans leur camion, j&#039;ai trop honte de leur expliquer pourquoi je suis dans cet état, alors je me contente de leur dire les symptômes, ils me déposent aux Urgences et repartent. <br /><br />La salle d&#039;attente est bondée, je m&#039;assied sur un siège vide. J&#039;ai mal, j&#039;ai plus de forces, je peine à  tenir assise. <br />Une infirmière appelle mon nom, je n&#039;arrive plus à  répondre, elle appelle une deuxième fois, je rassemble mes forces pour lui répondre un « oui  » à  peine audible. J&#039;entends lointainement une femme assise à  ma droite dire à  l&#039;infirmière  : « elle n&#039;a pas l&#039;air d&#039;aller bien  ». « Qu&#039;est-ce qui se passe mademoiselle, qu&#039;est-ce que vous avez pris  ?  » Me demande l&#039;infirmière.<br />Je tiens à  peine debout, je vais m&#039;évanouir. <br />Elle me met sur un brancard, un infirmier arrive, me demande ce qu&#039;il y a. Je lui réponds enfin que j&#039;ai fait un shoot de Subutex avec du matériel pas propre (doux euphémisme, dégueulasse oui, puis-je me permettre d&#039;affirmer a posteriori). Il répète après moi « Subutex  » comme apprenant le nom d&#039;un nouveau médicament et repart voir les médecins en face. J&#039;entends une femme lui répondre  : « on l&#039;emmène en déchoc  ». <br />Il revient, me demande de me déshabiller. Pardon  ? Il tend un drap. Puis me tend la robe tout à  fait immonde de l&#039;hôpital. Dans quelle merde je me suis fourrée. Qu&#039;est-ce que c&#039;est que cette tenue répugnante, où est passé ma dignité  ? J&#039;allais comprendre que j&#039;étais en passe de la perdre pour de bon. <br /><br />Il fait rouler le brancard dans la salle de « déchoc  ». Je ne sais pas ce que ça veut dire, c&#039;est la première fois que je vais aux urgences. J&#039;apprendrai le lendemain en passant devant cette même salle que c&#039;est la salle des « soins intensifs  ». On me met des capteurs sur le torse. Je suis à  poil mais tout va bien, « tranquille  », c&#039;est la fête du sein. Les médecins s&#039;affairent autour de moi, ils font leurs examens, j&#039;ai 40 °C de fièvre, j&#039;ai toujours hyper mal. Ils doivent me perfuser. Je me demande comment ils vont trouver une veine... Ils cherchent sur les bras, ils n&#039;en trouvent pas, sur les mains non plus. Une infirmière propose d&#039;inspecter mes pieds. Une autre finit par trouver une veine dont je n&#039;avais pas la moindre idée de l&#039;existence (tant mieux au fond, sinon elle serait déjà  sclérosée) sur le dessus de ma main droite. Elle pique, puis se penche vers moi  :  « n&#039;enlevez pas la perfusion surtout hein, cette veine est importante comme la prunelle de vos yeux  ». <br />Ah bon, j&#039;avais prévu de partir courir un 100 mètres à  poil dans l&#039;hôpital, c&#039;est con, merci de me prévenir, ai-je du penser au fond de moi...<br /><br />Ils me font une autre piqûre dans une artère, je ne sais pas pourquoi. Ils continuent leurs examens, je ne comprends rien à  ce qu&#039;on me fait. Mais ça va mieux, la douleur est passée. Je suis apaisée, ce doit être la perfusion qui fait effet  : « Perfalgan et antibios  » me dit la médecin qui allait s&#039;occuper de moi pour les prochaines heures.<br />- Qu&#039;est-ce que vous avez shooté  ? On est pas là  pour vous juger vous savez mademoiselle.<br />- Du Subutex.<br />- Ah c&#039;est normal que vous soyez dans cet état. <br />- Hein  ? Non, aucun rapport, c&#039;est que j&#039;ai fait les fonds de cuillère et c&#039;était du vieux matériel.. <br />- AH  ! Mais c&#039;est dégueulasse ça.  »<br /><br />Oui bah, c&#039;est bon ça va, pas besoin de prendre cette moue répugnée. Avec le recul, je la comprends, ce shoot était franchement immonde, j&#039;étais vraiment désespérée. Comment n&#039;ai-je pas pu me rendre compte sur l&#039;instant que je faisais n&#039;importe quoi  ? Que ce shoot allait sans nul doute me mener à  la « poussière  »  ? Je ne comprends toujours pas ce qui m&#039;est passé par la tête. Ai-je vraiment cru que j&#039;allais « me défoncer  » avec du vieux matos tout pourri  ? <br /><br />« On va vous faire une piqûre contre le tétanos, mettez-vous sur le côté  » Je m&#039;exécute. Ni une ni deux, c&#039;est la fête des fesses à  l&#039;air. <br />- Attention je pique.<br />- Aïe.<br />- Vous voulez voir la taille de l&#039;aiguille  ?  <br />- Heu, Non ça ira merci ». <br />Aïe, mes fesses. <br />Mon téléphone n&#039;arrête pas de sonner dans le sac poubelle dans lequel ils ont mis mes habits. Je réalise que c&#039;est sûrement « SOS médecin  » qui est à  la résidence... Ils ont un léger train de retard. Tant pis.<br /><br />Quelques temps après, la médecin revient avec un bocal vide  : « On va vous faire une analyse d&#039;urine  ». Je me lève, je vacille et manque de tomber, la tête me tourne. J&#039;ai toujours 40 °C de fièvre. <br />On me montre des chiottes où je suis supposée pisser. Je ferme la porte, normal me semble t-il, et commence à  remplir son bocal. <br />On tambourine à  la porte  : <br />« Hé ho, faut pas vous enfermer, ouvrez  !!! <br />- Mais c&#039;est bon je pisse là   ! Deux secondes j&#039;ai fini. <br />- OUVREZ LA PORTE !!!<br />Mais elle a fini de me mettre la pression celle-là .<br />- OH HE !! OUVREZ  ! Me hurle t-elle à  travers la porte en enfonçant la poignée à  de multiples reprises.<br />C&#039;est donc « sans le moindre stress  » que je termine de remplir son bocal et que je me dépêche de sortir. <br />- Il faut laisser la porte ouverte mademoiselle  !!! S&#039;il vous arrive quelque chose dans les toilettes...  »<br />Oui bah c&#039;est bon, c&#039;est pas encore la fête de la chatte hein, aurais-je du lui rétorquer... <br /><br />Je me rallonge dans mon cher brancard. Une infirmière vient me faire une radio des poumons avec un appareil de radio « roulant  ». Et c&#039;est reparti pour les seins à  l&#039;air devant la moitié du service. Je n&#039;en peux plus, je veux mes habits, où est ma dignité  ? La pudeur, tout ça quoi  ? J&#039;ai définitivement compris à  mes dépens que l&#039;hôpital en était dépourvu.<br /><br />J&#039;ai perdu toute notion du temps, quelle heure est-il  ? On m&#039;annonce qu&#039;il est maintenant près d&#039;une heure du matin. Cela fait plus de 4h que je suis en déchocage. Je suis complètement à  l&#039;ouest, je pense rentrer chez moi. <br />« Heu, vous allez rester là  ce soir, on va vous monter en chambre.<br />- Ah.  »<br /><br />Un infirmier arrive, il emmène mon brancard dans un ascenseur, traverse un premier couloir, puis un second, puis un troisième. Me dépose dans une première chambre. Pas la bonne. Il repart pour un autre service. Reprend un ascenseur. M&#039;emmène devant une autre chambre. Pas ici. Repars dans les interminables couloirs de l&#039;hôpital. Un collègue se joint à  lui, ils me poussent toujours, passent dans un hall  : « ça pue la pisse ici, quelqu&#039;un a encore pissé dans le couloir  ». Ambiance. <br />Deux heures passé du matin, on me met finalement dans la bonne chambre. Il fait noir. <br /><br />Je m&#039;endors.<br />[...]]]></description>
<slash:comments>3</slash:comments><pubDate>Thu, 19 Dec 2013 06:18:42 +0100</pubDate>
<dc:creator><![CDATA[ Bicicle ]]></dc:creator></item>
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<title><![CDATA[Paris, acte II. / Le blog de Bicicle]]></title>
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#1 [internal function]: {closure}(Array)
#2 /home/psychoacv/www/forum/include/parser.php(800): preg_replace_callback('#\\[prejuge\\](.*...', Object(Closure), 'Paris, \xC3\xA0\xC2\xA0 quo...')
#3 /home/psychoacv/www/forum/include/parser.php(920): do_bbcode('Paris, \xC3\xA0\xC2\xA0 quo...')
#4 /home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php(275): parse_message('Paris, \xC3\xA0\xC2\xA0 quo...', 0)
#5 /home/psychoacv/www/forum/blog_rss.php(177): putPost(Array)
#6 {main}
  thrown in <b>/home/psychoacv/www/forum/include/parser.php</b> on line <b>640</b><br />
