Effet paradoxal du deroxat

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#anti-dépresseur #deroxat #effet paradoxal #effet secondaire
Esioul femme
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Bonjour,

Étant sujette à des troubles anxieux assez invalidants, j'ai été amenée à consulter un psychiatre en juillet dernier. Il m'a d'abord dans un premier temps prescrit du xanax en si besoin, puis nous avons envisagé ensemble la prise temporaire d'un AD afin de pouvoir apaiser un peu les angoisses et travailler dessus plus tranquillement en thérapie à côté.
Il s'est avéré qu'en parallèle j'étais dans une relation plutôt toxique qui m'a mise à l'épreuve et m'a fait beaucoup souffrir. Je me suis séparée de cette personne environ au même moment où j'ai commencé le traitement, c'est-à-dire en septembre. Cela tombait plutôt pas mal parce que j'étais très déprimée et commençait vraiment à sombrer. Au début 10 mg puis 20 mg. Le traitement a mis environ 1mois à agir. J'ai au début constaté ses effets avec des changements plutôt positifs: Mes angoisses se sont complètement apaisées. Pour la déprime même chose. (Par contre j'ai pris 11 kg en 3 mois, mais ça c'est une autre affaire encore...)
En revanche, pour la dépression, cette dernière est rapidement revenue sous une forme beaucoup plus forte. C'est bien simple, ça fait des années et des années que je ne m'étais pas sentie autant aboulique. J'avais plus aucun désir, plus d'énergie, plus de motivation, envie de pleurer tout le temps et par dessus tout des pensées très sombres (suicidaires). Je me suis dis qu'il fallait que j'attende un peu, mais constatant que les choses empiraient, j'ai pris la décision avec mon psychiatre d'arrêter le traitement (cela s'est fait progressivement début janvier). Et de fait, ça va beaucoup mieux. Comme si le traitement, en agissant sur l'angoisse, avait du même temps éliminé toute vitalité, tout désir de vie etc... Sans compter que j'ai eu le sentiment que mes capacités intellectuelles ont nettement diminué, comme une espèce de paresse, ce qui est un problème car je suis étudiante en Master et j'ai d'ailleurs un peu foiré mes examens à cause de ça, parce qu'impossibilité de trouver la moindre envie de bosser et de m'investir (sachant que de base mes études me passionnent!)
Le tout en me disant que l'anxiété est aussi peut-être un moteur de façon globale pour moi (ça peut être un hypothèse ??)

J'en ai bien évidemment discuté avec mon psychiatre qui a nié, sous couvert de sa casquette de médecin, m'expliquant que de tels effets étaient impossibles et ne pouvaient qu'être liés à ma réticence initiale à la prise de traitement. Mais franchement je me connais tout de même et je sais de quoi je parle : Je n'ai jamais été aussi mal que sous deroxat. Alors maintenant je me dis que je préfère être angoissée tout en restant intègre à moi-même avec de la vitalité et du désir plutôt que d'être complètement anesthésiée et aboulique!

Alors je m'adresse à vous, éventuels consommateurs de cet AD, afin de savoir si mon expérience est parlante pour vous ? Est-ce que ça vous paraît envisageable qu'un AD, tel qu'il soit d'ailleurs, puisse avoir un effet paradoxal (au-delà des effets secondaires du début) ? Comment cela est-il techniquement possible ?

Merci

Dernière modification par Esioul (08 février 2024 à  18:09)

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champi vert103champijaune0cxhampi rouge0
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Bonjour, en effet il semble que certaines personnes ont un effet paradoxal de la paroxetine. L'article suivant le montre pour les personnes qui ont une forte aversion au risque et un faible auto-contrôle.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6276606/

Abstract
Background

We studied the differences between groups that were divided according to personality characteristics with respect to the relationship between drug concentration and symptom improvement.
Methods

A total of 120 patients with major depressive disorder were treated with paroxetine for 6 weeks, and 89 patients completed the protocol. The Montgomery–Åsberg Depression Rating Scale (MADRS) was used to evaluate the patients. Patients’ paroxetine plasma concentrations at week 6 were measured. Their personalities were evaluated by the Temperament and Character Inventory (TCI) at the first visit. We divided the patients into two groups according to the median of each TCI dimension. We compared the responder rate between “high” and “low” groups in each TCI dimension and analyzed Pearson’s correlation coefficients of paroxetine plasma concentration and MADRS-improvement rate.
Results

A total of 62 patients completed the TCI. Low-novelty-seeking, high-harm-avoidance, low-reward-dependence, and low-self-directedness groups exhibited significant negative correlations between paroxetine plasma concentration and MADRS improvement. Among the groups with combined personality traits, the high-harm-avoidance and low-self-directedness groups showed a markedly significant negative correlation.
Conclusion

Patients with depression exhibiting specific personality traits, especially those with high harm-avoidance and low self-directedness scores, exhibited a significant negative association between paroxetine plasma concentration and MADRS-improvement rate. Therefore, a lower dose might be suitable for patients with specific personality traits.

Résumé

Nous avons étudié les différences entre les groupes qui étaient divisés en fonction des caractéristiques de la personnalité en ce qui concerne la relation entre la concentration de médicaments et l'amélioration des symptômes.
Méthodes

Au total, 120 patients présentant un trouble dépressif majeur ont été traités par paroxétine pendant 6 semaines, et 89 patients ont terminé le protocole. L'échelle d'évaluation de la dépression de Montgomery-sberg (MADRS) a été utilisée pour évaluer les patients. Les concentrations plasmatiques des patients par la paroxétine à la semaine 6 ont été mesurées. Leurs personnalités ont été évaluées par l'Inventaire du Temperament and Character (TCI) lors de la première visite. Nous avons divisé les patients en deux groupes en fonction de la médiane de chaque dimension TCI. Nous avons comparé le taux de répondeur entre les groupes «élevé» et «faible» dans chaque dimension TCI et analysé les coefficients de corrélation de Pearson de la concentration plasmatique de paroxétine et la vitesse d'amélioration de MADRS.
Résultats

Au total, 62 patients ont terminé l'ICT. Les groupes à faible recherche de nouvelle écoute, à forte éviction de dommages, à faible dépendance de la récompense et à faible orientation de l'auto-orientation ont montré des corrélations négatives significatives entre la concentration plasmatique de paroxétine et l'amélioration des MADRS. Parmi les groupes ayant des traits de personnalité combinés, les groupes à haut risque d'évitement et de faible auto-d'êtes ont montré une corrélation négative nettement significative.
Conclusion

Les patients présentant une dépression présentant des traits de personnalité spécifiques, en particulier ceux présentant des taux élevés d'évitement du risque  et un taux faible  d'auto-direction, ont montré une association négative significative entre la concentration plasmatique de paroxétine et le taux d'amélioration de MADRS. Par conséquent, une dose plus faible pourrait convenir aux patients présentant des traits de personnalité spécifiques.

Dernière modification par prescripteur (08 février 2024 à  17:41)


S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Devise Shadok (et stoicienne)

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Esioul femme
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Bonjour,

Merci de votre réponse et pour l'étude. C'est une recherche intéressante, en revanche je ne sais pas exactement sur quels critères se base cette étude sur la personnalité.
Vous me dites que "L'article suivant le montre pour les personnes qui ont une forte aversion au risque et un faible auto-contrôle." or ce n'est pas vraiment mon cas, bien au  contraire. (qu'entends-t-on par "auto-contrôle" ?)
S'agissant notamment de ce passage décrit dans l'article, "Les groupes à faible recherche de nouvelle écoute, à forte éviction de dommages, à faible dépendance de la récompense et à faible orientation de l'auto-orientation ont montré des corrélations négatives significatives entre la concentration plasmatique de paroxétine et l'amélioration des MADRS." Ce n'est pas mon cas non plus (c'est même le contraire) : J'ai une grande sensibilité aux substances et mon métabolisme y réagit en général très vite. Par exemple pour l'alcool ou le cannabis, ou encore même le café, j'ai une sensibilité accrue qui fait que je suis très vite ivre, très vite défoncée (et fort), très vite hyper agitée etc... Par ailleurs je constate chez moi une facilité à l'addiction et ce depuis plusieurs années (voire depuis l'enfance). Alors après je ne m'y connais pas assez, peut-être que s'agissant des anti-dépresseurs c'est encore un autre mécanisme chimique auquel pour le coup je serai moins sensible ?

Dernière modification par Esioul (08 février 2024 à  18:02)

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Bonjour, j'ai trouvé cet article qui montre que certaines personnalites ont un effet paradoxal de la Paroxetine mais , contrairement à ce que j'esperais, ce n'est pas du tout la vôtre. Mais ça permet au moins de montrer au psychiatre que ça existe.
Bien entendu cet article n'epuise pas les possibilites et il est possible que votre personnalite aussi ait cet effet. Peut etre pouvez vous suggerer au psychiatre de baisser la dose au lieu de l'augmenter ?
nb= auto-contrôle est une traduction de ma part de  low self-directedness scores, qui est meilleure que ce que m'avait donné le traducteur google (qui traduisait par evolution).
Amicalement

S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Devise Shadok (et stoicienne)

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Esioul femme
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Comme je l'a indiqué, j'ai pris la décision avec son accord d'arrêter complètement le traitement afin de pouvoir me confirmer que c'était bien le traitement qui empirait les choses et non une dépression persistante sous-jacente. Et en effet, je me sens beaucoup mieux depuis. L'autre raison était aussi le poids : Pour des raisons de santé, je considère que prendre aussi rapidement autant de poids était nocif et pas très agréable. J'ai un métabolisme rapide de base et j'ai la chance de pouvoir manger comme je veux autant que je veux sans prendre un gramme, alors du coup...
Aucun bénef'... Alors si éventuellement j'ai besoin un jour d'un traitement, ce sera autre chose.

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anonymexxx
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Esioul a écrit

J'ai au début constaté ses effets avec des changements plutôt positifs: Mes angoisses se sont complètement apaisées.

En revanche, pour la dépression, cette dernière est rapidement revenue sous une forme beaucoup plus forte...J'avais plus aucun désir, plus d'énergie, plus de motivation, envie de pleurer tout le temps et par dessus tout des pensées très sombres (suicidaires). Je me suis dis qu'il fallait que j'attende un peu, mais constatant que les choses empiraient, j'ai pris la décision avec mon psychiatre d'arrêter le traitement (cela s'est fait progressivement début janvier). Et de fait, ça va beaucoup mieux. Comme si le traitement, en agissant sur l'angoisse, avait du même temps éliminé toute vitalité, tout désir de vie etc...

Alors je m'adresse à vous, éventuels consommateurs de cet AD, afin de savoir si mon expérience est parlante pour vous ? Est-ce que ça vous paraît envisageable qu'un AD, tel qu'il soit d'ailleurs, puisse avoir un effet paradoxal (au-delà des effets secondaires du début) ?

Oui, dans un cadre similaire (anxiété), j'ai eu certains des symptômes que tu décris et donc arrêté rapidement. En quelques semaines j'étais revenu à la normal (avec certes de l'anxiété, mais moins flippante que les effets secondaires).

C'est un effet décrit dans certaines études :

Nos résultats soutiennent les résultats de méta-analyses récentes. Les patients et les médecins doivent être avertis que l'augmentation de l'activité suicidaire observée chez les enfants et adolescents prenant certains antidépresseurs peut également être présente chez les adultes.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1198229/

Dernière modification par anonymexxx (13 février 2024 à  22:36)


"Un homme intelligent apprend de ses erreurs, un homme sage apprend de l'erreur des autres"

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