Sortir de l'impasse : "sauver" les parents !!

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#parents
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cependant
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Salut à tous,

je traverse un moment un peu compliqué suite à des évènements extérieurs. Moi je garde la pêche et je trouve une énergie inespérée, mais là je me demande comment faire. Je demande donc de vos lumières !!

Je suis en contact avec les parents d'une amie très très proche.
Ses parents viennent de vivre l'horreur et perdre une de leurs enfants.
Mon amie a toujours kiffé les prods, elle est dépendante à l'alcool et aux opiacées. Elle a traversé des moments adonf dans la coke (crack, IV) aussi. Parfois elle a traversé des moments de vide existentiel, sans perspectives, sans objectifs...

Parfois, indépendamment des consos, c'est l'horreur de vivre avec elle. Elle n'arrive pas à exprimer sa détresse, se tient tout à l'intérieur jusqu'à exploser, jusqu'à être violente avec les personnes qu'elle aime (violence physique et psy). Parfois, elle met en place exactement la prophétie auto-réalisatrice de la "tox" à laquelle on ne peut pas faire confiance (notamment à niveau des thunes...).

Ils essayent donc de tout mettre en place pour "sauver" mon amie d'elle-même.
ils pensent que le problème n'est que la conso, que si elle décide de "guérir", elle sera "sauvée".
Bref, le discours hyper normatif.

Ils ne lui font plus confiance, ils la traitent comme une enfant car ils ont peur.
Je ne sais pas comment leur expliquer que c'est voué à l'échec, qu'on ne risque de l'étouffer...

Je ne sais pas comment leur faire comprendre que c'est avant tout d'eux mème qu'il faut qu'ils prennent soin, qu'eux aussi ont besoin de parler (son incapacité à mon amie ne vient pas de nulle part non plus), qu'il faut qu'ils se fassent aider. Un soutien psy ca pourrait les aider.

Mon amie a 35 ans, elle est adulte et je crois que ses parents faut qu'ils le comprennent. Et ce n'est pas facile. Pour l'instant elle n'a pas d'appart, pas de boulot, des problèmes avec les allocs. Mais elle a des passions (musique, sculpture, soudure...).

Je flippe vraiment de la situation, car je sais que si jamais mes parents réagiraient comme ça avec moi, je réagirais exactement de la façon opposée à laquelle ils s'attendent, que j'aurais encore plus envie de me défoncer la gueule n'importe comment. Que je serais dépossédé de ma vie. Que m'infantiliser ne ferait que m'enlever la force et la volonté de réagir par moi-meme.
Mais après moi je n'ai pas du tout le même rapport, jamais mes parents feraient ca. Et souvent ca a été moi que je les ai accompagnés plutôt que l'inverse. Mais bref, il ne s'agit pas de moi.

Il s'agit d'une situation hyper caricaturale !
Que j'ai l'impression d'avoir lue un millier de fois ici sur PA avec des parents en détresse.
Et je pense que c'est bien là le problème aussi : commencer par reconnaitre sa propre détresse avant de vouloir "soigner" celle des autres. Mais ce n'est pas facile car l'amour parental est complexe, car c'est asymétrique. Car finalement c'est vrai aussi qu'eux ils assurent matériellement...alors que mon amie non, pas forcement.

Je pense que c'est une partie de la lutte qu'on mène ici : de faire comprendre que les consos ce n'est pas le fond du problème. Que ça a bon dos comme coupable idéal, mais la réalité est bien plus difficile. Un peu comme dans trainspotting. ça ne suffit pas de prendre "la drogue" de son enfant sans même savoir c'est quoi et la jeter aux toilettes pour après être complètement dépassés du fait que ça déclenche une crise de manque de ouf, parce que c'était des opiacés et le fait qu'elle en avait chopé c'était justement pour ne pas péter les plombs, pour ne pas se retourner vers l'alcool. Que parfois certains produits peuvent être utilisés pour en gérer mieux d'autres qui seraient autrement ingérables...!

Leur expliquer aussi que si on a grandi et on s'est construit avec les prods, j'ai bien l'impression que ça fait partie du plus profond de nous même et on ne peut pas jeter aux chiottes une partie fondamentale de nous comme ça !! Et surtout qu'il n'y a pas que du mal, qu'en fait le problème c'est le fiat de ne pas assurer dans la vie et avec les autres, d'être violent, d'abuser mais non pas le fait de consommer. Et que consommer ça peut aussi faire du bien, que ça peut avoir dix-mille fonctions bénéfiques et ce n'est qu'en les reconnaissant qu'on peut changer le point de vue et changer les choses.

Car là c'est certain, je suis d'accord avec eux qu'à un moment ca n'allait pas du tout. Et au moins moi je n'ai plus la force de vivre dans des conditions abusées. Et que je ne veux pas l'accepter.
Et que les drogues ça peut être révélateur des choses mais ça ne les provoque pas.
Qu'il faut faire les comptes avec ses démons intérieurs et ce n'est pas les prods le dragon contre lequel se battre, car en vivant la "lutte" de telle sorte on ne peut qu'espérer de finir par le chasser ce dragon sur une feuille d'alu. Feuille d'alu froissée, où la réalité se miroite déformé...

Bref, je ne sais pas comment leur expliquer tout ça, comment aider les parents à ne pas reproduire la spirale de lutte à "la" drogue qui ne ferait que tous nous engloutir.

Au même temps, je ne suis pas parent. Je ne peux pas leur dire quoi qu'il faut qu'ils fassent. Mais ce n'est plus une enfant et c'est elle avant tout qu'elle faut qu'elle arrive à légitimer sa parole, sa pensée et ses envies. Mais des CSAPA aux parents, tout est fait pour qu'en tant que tox on soit infantilisés et c'est d'autant plus dur réagir dans ces conditions.

Moi j'ai un peu essayé de leur parler de tout ça, de les inviter aussi à chercher de l'aide pour eux-mêmes. Mais je ne sais pas s’ils l'entendent. j'essaye aussi de leur offrir mon exemple, même si je suis loin d'être exemplaire, mais j'ai pas envie de leur parler vraiment de mes consos. Mais ils le voient bien que ca ne m'empêche en rien d'avancer dans la vie, même normée (avec maison, travail, passions, voitures, voyages, toussa toussa).

Je ne sais pas, peut-être je pourrais leur conseiller des livres, films etc qui les fassent réfléchir ? Comment faire pour qu'eux en premiers acceptent de l'aide à la place de l'imposer à leur fille ?
Je ne sais pas trop comment faire !

Désolée, j'ai écrit un pavé...

fugu kuwanu hito niwa iwaji

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Stelk-r femme
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Hello Cependant

Situation difficile... Tout comme un usager qui ne veut pas arrêter, une personne fermée d'esprit qui ne veut pas changer ne le fera pas.

Les histoires familiales c'est si compliqué, alors celles des autres...

J'ai eu plus ou moins le même souci avec mes parents, sauf que j'avais environ 16 ans. Comparés aux miens, les parents de ton amie ont quand même l'air de tenir à elle, en tout cas suffisamment pour ne pas l'abandonner, ce qui a été mon cas malgré mon jeune âge.

Si je te parle de mon histoire perso, c'est qu'après une grosse période de guerre sensiblement identique à ce que tu décris au-dessus, bah j'ai finalement réussi à changer la vision des choses d'un des deux, ma mère.

En gros, à mes 15 ans, mes parents découvrent que je fume des joints, et voilà laisse tomber j'étais déjà morte pour eux. S'en est suivi 2 années de guerre familiale jusqu'au jour de mes 18 ans où mes parents ont enfin pu me foutre dehors de la maison. Pour eux ils m'envoyaient sous un train et je n'avais aucune chance de m'en sortir. Et d'ailleurs concrètement j'en avais peu, pas d'appart, pas de job, pas de revenu, encore aux études, Heureusement j'avais quelques potes de confiance sur qui compter, un côté débrouillard et surtout un gros esprit de contradiction.

Bref les années passent, je prends mon appart seule, fini mes études, trouve une source de revenu pas très légal ni éthique mais qui me permet de consommer ce que je veux et de m'anesthésier le cerveau. Vers 20 ans je trouve mon premier job en tant que salarié et arrête de vendre.

Entre temps, depuis mon départ de la maison, ma mère est tombée en burnout-dépression. Elle a réussi avec l'aide de son psy à sortir de l'emprise psychologique de mon père (ils sont toujours ensembles). Elle a été mise sous AD, et a compris et accepté la place du THC dans ma vie. Pour elle c'est mon AD à moi (ce qui est pas tout faux) Un changement d'avis sur le THC que je n'aurai jamais pensé entendre de sa part, prude comme elle est, n'ayant jamais fumé même une cigarette.

Mais, surtout, elle a compris que j'étais toujours moi, que ça ne me changeait pas. Je suis aujourd'hui des plus fusionnels avec ma mère, mais sans cette période difficile et ce moment où elle m'a clairement consciemment laisser tomber (manipulée par mon père mais tout de même), elle n'aurait certainement pas sauté le pas psychologiquement. Aujourd'hui je peux parler de toute mes conso à ma mère, elle qui n'a jamais rien tenté, je ne me sens jamais jugée. Elle regrette profondément ces agissements et vraiment, c'est l'exemple-type de la personne qui a ouvert son esprit et s'est réconcilié avec les drogues sans en prendre.

Cependant (lol), même si j'ai certainement été un élément déclencheur, son déclic n'est pas venu de moi. Elle a fait elle-même (+ son psy) ce travail. Elle a compris qu'elle et moi subissons toute deux la même souffrance psychologique provoquée par mon père, et que nous avions besoin d'une aide externe, que j'ai trouvé avant elle et de moi-même. En fait j'ai aussi fait un burnout/dépression, mais difficile d'être prise au sérieux à 15 ans.

Et en parallèle, moins rigolo, l'exemple de mon père.
Qui déjà est à l'origine du problème (violence psy et physique, besoin de contrôle, non-gestion de sa colère, etc..).
Qui depuis 10 ans (j'ai 25 maintenant) n'a pas changé son avis sur la question de 1 cm.
Qui suit mon évolution, mes réussites, mes anniversaires sans pour autant m'adresser un mot, un regard, ou un petit message, depuis 10 ans.
Qui quand on lui parle de moi, se met en retrait, car a honte. Je suis une ratée une droguée qui n'a aucune chance de réussite dans sa vie (Propos datant d'il y a quelques semaines encore).

Après avoir subi sans rien dire pendant des années et ne voyant aucune évolution ou regret de sa part, j'ai décidé il y a 3 mois de rompre définitivement les liens avec mon père. J'ai été très clair il peut me déshériter sans problème. Noël, Nouvel an, fêtes des mères n'importe quelle occasion j’en ai rien à foutre je ne veux plus me retrouver dans la même pièce que lui. Il n'existe plus pour moi.

C'est une décision difficile car cela fait ressortir un sentiment de rejet que j'avais anesthésié avec les drogues ces dernières années. Et pourtant je suis de loin pas abstinente, mais ces derniers temps j'y suis plus sujette. Mais malgré la difficulté, cette décision est la bonne pour moi. Une fois que la plaie aura cicatrisé, je vivrai de manière bien plus libérée et apaisée. Je me suis interdite de me laisser encore une fois dicter des soi-disant règle pour correspondre à des idéaux imaginés par mon père ou qui que ça soit d'autre.

J’en viens enfin aux liens que je voulais faire avec ton forum:

Peut-être que ton amie et ses parents devraient s'éloigner un moment, prendre du recul sur la situation. Perso, c'est à ce moment-là que ma mère a eu le déclic.

Malheureusement, on ne peut pas changer tout le monde. Il se peut que les parents de ton amie ne changent jamais d'avis par manque simple de volonté et alors là, il faut selon moi commencer à réfléchir au bien-être de ton amie. Est-ce qu'à 35 ans devoir rendre des comptes à ses parents de la sorte est vivable ? A 18 ans je ne le supportais déjà plus.

Dans l'autre sens, est-ce normal quand ton enfant a 35 ans de continuer à s'acharner comme cela ? A un moment, n'as-tu pas le devoir de lui laisser faire ses expériences, essayer de s'en sortir seule ?

Maintenant est-ce que ton amie serait capable, avec de l'aide d'un CAARUD et/ou d'une assistance sociale et la tienne peut-être, de vivre indépendamment de ses parents ? Est-ce qu’elle en a envie même déjà ? Je ne sais pas si elle est suivie par un psy, addicto, mais sans parler d’abandonner les drogues est-elle consciente qu’il y a un souci dans son train de vie ?

En gros, est-ce que vouloir forcer une bonne relation ne prétérite par les deux parties dans ce cas ? L’un gâche la vie à l’autre et vice-versa ?

C'est toujours délicat et difficile de comparer des histoires de famille, je suis peut-être totalement HS... J’espère avoir pu t’amener quelques pistes. Nombreuses de tes interventions sur le forum ont pu m’aider et j’espère que j’ai pu t’apporter au moins une partie de ce que tu m’as donné.

Courage à ton amie, à sa famille et surtout à toi. N’oublie pas que tu ne peux pas régler les problèmes des autres à leur place si eux-mêmes n’en n’ont pas envie…

Bien à toi

Stelkr
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Texte mis dans les morceaux choisis de Psychoactif. (pierre)

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krakra homme
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Salut si tu peux la motiver pour reprendre une activité professionnelle (soudure...) ou une formation elle pourrait s'émanciper.
Bon courage

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cependant
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Merci Stelkr, tu as pleinement raison.
J'ai affirmé à plusieurs reprises qu'au fond ces histoires ne me regardent pas...mais au-delà du coté irrationnel des sentiments que je n'arrive pas à contrôler, ça m'énerve tellement de voir à l'oeuvre tous les processus contre lesquels nous nous battons.

Et je voulait retourner la situation : à la place que ce soit la famille qui "sauve" la pauvre tox, bah bouleverser les choses. C'était plus rethorique qu'à lire au premier degré !!

Je te rejoins tout à fait, là il y a des élément que je n'ai pas développé.
Dejanjentrouve abusé qu'à presque 40 ans on doive rendre compte à ses parents c'est clair. Et ça c'est une relation qui se fait à deux aussi : qui infantilise et qui se laisse infantiliser.
C'est pas du tout qu'elle ne se débrouille pas sans eux, elle est dans la techno avec l'appui de son crew, mais c'est juste que pour eux ça ne correspond pas au moule qu'ils voudraient (et parfois il y a des galères on le sait bien).

De l'autre coté, ils venaient justement de prendre de la distance quand l'accident est arrivé. C'est dans le deuil qui se sont rapproché et que les parents flippent pour leur fille...

Stelk-r a écrit

Nombreuses de tes interventions sur le forum ont pu m’aider et j’espère que j’ai pu t’apporter au moins une partie de ce que tu m’as donné

Ça fait trop plais ce que tu dis !!
On est là pour ça smak

Dernière modification par cependant (06 juillet 2024 à  06:49)


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cependant
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krakra a écrit

Salut si tu peux la motiver pour reprendre une activité professionnelle (soudure...) ou une formation elle pourrait s'émanciper.
Bon courage

Merci, mais en fait ce n'est pas un problème d'émancipation.
Elle ne vit pas à leur crochets depuis qu'elle a 14 ans environ...mais comme je disais c'est l'acceptation du mode de vie qui n'y est pas.
Et Stalkr a raison, en fait ils faut qu'ils l'acceptent comme elle est. Mais elle fait pas mal n'imp par moment aussi et ça ne facilite pas les choses. Du coup, ils mettent ça sur le dos des drogues, alors que c'est loin du compte...


fugu kuwanu hito niwa iwaji

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Kalei homme
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Salut .
Comme ça a été dit plus haut il me semble, je pense effectivement que mettre de la distance et du temps entre eux peut avoir un impact positif .
Mais ça pourrait tout aussi bien finir de les éloignés . Donc pas simple mais je suis plutôt d’avis d’essayer cela si c’est possible compte tenu de la situation financière de ton amie etc .
Sinon pour le reste, étant moi même hébergé actuellement, j’avoue ne pas avoir de réel idées . Dans mon cas j’essaie de me trouver un logement et puis c’est tout . Pour les consos je me cache de la personne qui m’héberge pour pas être mis dehors .
Amicalement

Pas le groupe du même nom, mais ce gars là : LORN
Un exemple pour pas se tromper d’artiste
https://youtu.be/UEBIsUsvheA?si=YasIce7Yq7YWaIGJ

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linec13 femme
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Coucou,
Une thérapie familiale ne pourrait elle pas être envisagée ?
Une «médiation », si ton amie a un suivi dans une structure les professionnels qui l’accompagnent auraient peut-être des pistes ?
En tant que maman j’en avais fait une avec ma fille, ça avait permis de se parler à cœur ouvert, sans risque de débordement car les personnes présentes nous avaient permis de nous exprimer librement

A kiss makes my whole day, anal makes my hole weak

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