Sevrage Subutex 6 mois après / PsychoACTIF

Sevrage Subutex 6 mois après

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De noche 
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Bonjour!

Je viens vous livrer mon expérience de sevrage de Subutex, après un peu + de 10 ans de TSO, aujourd'hui cela fait 6 mois et 6 jours que je vis sans.

J'ai commencé l'héro en sniff à 20 ans, en rencontrant mon ex. Au bout d'1 an de rabla quotidienne j'ai commencé à lui piquer du sub pour pouvoir aller bosser quand on avait plus rien. Après quelques années bien merdiques, j'ai fini par quitter mon ex, me faire prescrire mon propre traitement et couper les ponts avec la rabla.

Pendant 10 ans je suis allée chez le médecin tous les mois, sans que personne ne le sache jamais, pas même les mecs avec qui je sortais alors que je prenais le sub en sniff.  J'ai baissé progressivement le dosage puis j'ai stagné pendant au moins 7/8 ans à 1,2mg par jour, toujours en sniff. Je bossais, je n'avais pas de relation vraiment stable mais j'étais pas malheureuse je me contentais de ce que la vie me donnait. Et puis j'ai connu 3 ans sans AUCUNE relation amoureuse ou sexuelle. Je me suis retrouvée seule face à moi même à me voir taper mon sub 6 fois par jour et à ne plus me contenter de cette routine et cette dissimulation permanente.

Et puis donc après 3 ans d'introspection forcée je rencontre mon mari. Après notre première nuit au matin il trouve un emballage de sub dans ma poubelle (alors que je faisais tjr ultra gaffe d'habitude..) et me dit que lui est sevré de la méthadone depuis 5 ans.. J'ai 32 ans et enfin dans ma tête j'envisage d'arrêter à moyen terme le traitement parce que je viens de rencontrer la personne qui va m'aider. Je baisse de 0,4 mg en une année, puis encore de 0,4 l'année suivante.

Je suis donc à 0,4 mg quand prends mon dernier trait de sub. Mon mari m'accompagne chez le médecin pour avoir un arrêt de travail de quelques jours, et il reste auprès de moi. Je ne prends aucun médoc à part du Doliprane et de l'Imodium pour la diarrhée. Comme m'avait raconté mon mari, les premières semaines je dors avec le diable, les nuits sont infernales je dors très peu les jambes et même les bras ne me laissent aucun repos. Les journées sont pas terribles mais je reprends le travail au bout de 5 jours ce qui finalement m'aide beaucoup à penser à autre chose et à moins souffrir des jambes. Je ne transpire pas mais les frissons et les bâillements ne me lâchent pas avant au moins 1 mois. Le sommeil est toujours très compliqué je me couche très tôt parce que je suis épuisée mais je m'endors difficilement et seulement pour 4 ou 5 heures. En journée ça va, le lever du soleil est un soulagement et un bonheur pour moi, je commence à me réjouir de cette nouvelle vie et de tout ce qui devient possible, je sais que je ne reviendrai plus en arrière.

Il faudra attendre 3 mois pour avoir des nuits qui ressemblent un peu à qq chose, j'accumule la fatigue mais ma vie bien remplie m'aide bcp à ne pas trop m'écouter et à garder un très bon moral. Je m'accroche à mes projets, je serre les dents et j'explique la vérité à mes parents et amis pour ne plus avoir à dissimuler. Un entourage solide et bienveillant c'est clairement une bénédiction dans ces moments.

Aujourd'hui après 6 mois et 6 jours je suis toujours réveillée très tôt le matin mais je me suis habituée à ces 6H de sommeil (ou 7h les bons jours!) parfois les grasses mat bien posées me manquent, j'ai encore des démangeaisons dans les jambes quand je reste trop longtemps sans bouger sur un canapé, mais tout cela est minime comparé aux premières semaines. Un sevrage de subutex après tant d'années c'est long, très long il faut s'y préparer et surtout avoir de bonnes raisons de le faire.

Désolée d'avoir été aussi longue, les témoignages d'ici m'ont beaucoup aidé au début car les médecins de campagne ici il n'y connaissent rien! Le mien me disait qu'à 0,4 de toutes façons c'était psychologique le sevrage, voyez le délire! Bref maintenant que je me sens prête j'aimerai pouvoir aider à mon tour, donc si vous avez besoin d'infos, de soutien, d'échanges... Je suis là ! Merci de m'avoir lue !
Reputation de ce post
 
Mes félicitations
 
Texte mis dans les morceaux choisis de Psychoactif. (filousky)
 
Merci de ce témoignage
 
Merci et bravo Dounia

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Chêne 
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Salut,

Félicitations pour ce sevrage et merci pour ce témoignage très complet.

Par contre je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas essayée de passer à 0,2, puis baisser encore afin d'avoir une transition plus en douceur.

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De noche 
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Chêne a écrit

Salut,

Félicitations pour ce sevrage et merci pour ce témoignage très complet.

Par contre je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas essayée de passer à 0,2, puis baisser encore afin d'avoir une transition plus en douceur.

Salut,

Beh en fait j'ai eu une sorte de déclic, c'était le moment ou jamais, au niveau du boulot c'était le moment où je pouvais prendre qqs jours et surtout j'ai senti que je pouvais le faire. Mon mari m'avait dit de prendre un jour sur 2 ou sur 3 le traitement pour que ce soit moins douloureux mais je suis très têtue et je voulais vraiment faire comme ça. Mais effectivement je conseillerai aussi de passer à 0,2 avant le sevrage sec, c'est clair !

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Caïn 
PsychoHead
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Salut à toi,
Ton témoignage m'a intéressé. Merci. Je suis 1,6 mg, que je prends en rail ou en spray. J'ai fait deux baisses de 0,2 mg, que je n'ai absolument pas senti. J'ai commencé à 2 mg de suboxone, il y a 7/8 ans. Je sais pas si j'ai envie de baisser ni même d'arrêter. Je me dis que la vie est mieux avec subu que sans. Mais bon d'un autre côté, c'est tentant de ne plus avoir ce fil à la patte, cette pensée permanente au traitement.

La drogue c'est de la merde, surtout quand t'en as plus.

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De noche 
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Date d'inscription: 16 Jun 2019
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Caïn a écrit

Salut à toi,
Ton témoignage m'a intéressé. Merci. Je suis 1,6 mg, que je prends en rail ou en spray. J'ai fait deux baisses de 0,2 mg, que je n'ai absolument pas senti. J'ai commencé à 2 mg de suboxone, il y a 7/8 ans. Je sais pas si j'ai envie de baisser ni même d'arrêter. Je me dis que la vie est mieux avec subu que sans. Mais bon d'un autre côté, c'est tentant de ne plus avoir ce fil à la patte, cette pensée permanente au traitement.

Salut Caïn,

Ecoute pour l’instant si tu n’es pas sûr d’avoir envie ne serait-ce que de baisser effectivement pourquoi se faire du mal ?!! Si c’est pas le moment pour toi de prendre un virage, c’est pas le moment. Il y a des choses qui s’imposent d’elles-mêmes, moi personnellement c’était le désir d’être mère et dans ma tête ça n’allait pas sans le fait de se sevrer d’abord. Pendant ces dernières années je fantasmais aussi sur le fait de ne plus avoir ces contraintes de traitement, et surtout de dissimulation. Mais à l’époque je pouvais gérer ces contraintes-là alors que celles d’un sevrage c’était même pas la peine d’y penser. On fait tous ce qu’on peut hein !

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Caïn 
PsychoHead
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Oui c'est vrai, c'est pas si simple. De mon côté je n'ai pas trop de contraintes de dissimulation. Je bosse en indépendant, donc pas de problème pour dissimuler à qui que ce soit que je me fais un rail, je suis tout seul chez moi à mon bureau.
Côté familial, ma femme est au courant, elle a du mal à l'accepter mais respecte mes choix.
les visites a toubib se passent bien et je me dis que c'est plus une chance d'être suivi médicalement qu'une contrainte pénible.
Donc oui in fine je me dis qu'autant garder mon équilibre tel quel. Je vais quand même baisser à 1,4, histoire de ne pas me taper les 4 cachets de 0,4 à prendre tous les jours, ce qui incite aux prises multiples. Je prendrai un cachet de 1 mg le matin et un 0,4 le soir.
La raison d'arrêter pour moi, ce serait plus parce que le traitement ne me fait rien de vraiment sensible. A peine un petit coup de boost. En fait c'est plus "par défaut" : quand je n'ai pas pris mon sub, j'y pense et j'ai l'impression que je suis moins bien mais en fait, une fois que je l'ai pris il y a peu de différence notable. C'est plus par rapport au taf, j'ai l'impression que je fonctionne mieux avec.
Une petite question, comment se sont passés tes paliers ? J'imagine que tu baissais de 0,2 à chaque fois. D'ailleurs, c'est mal foutu pour ça, puisque tu ne peux passer de 0,8 à 0,6. Sauf en coupant un 0,4 en deux... C'est ce que tu as fait sans doute ?
Est-ce que c'était plus dur vers la fin ?

Ce qui serait logique quand tu es à 2 mg, tu enlèves 0,2, c'est pas grand chose (un dixième). Mais quand tu es à 0,4, si tu baisses de 0,2, c'est la moitié...
Merci encore pour ton témoignage.

Dernière modification par Caïn (17 juin 2019 à  14:57)


La drogue c'est de la merde, surtout quand t'en as plus.

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De noche 
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Caïn a écrit

Oui c'est vrai, c'est pas si simple. De mon côté je n'ai pas trop de contraintes de dissimulation. Je bosse en indépendant, donc pas de problème pour dissimuler à qui que ce soit que je me fais un rail, je suis tout seul chez moi à mon bureau.
Côté familial, ma femme est au courant, elle a du mal à l'accepter mais respecte mes choix.
les visites a toubib se passent bien et je me dis que c'est plus une chance d'être suivi médicalement qu'une contrainte pénible.
Donc oui in fine je me dis qu'autant garder mon équilibre tel quel. Je vais quand même baisser à 1,4, histoire de ne pas me taper les 4 cachets de 0,4 à prendre tous les jours, ce qui incite aux prises multiples. Je prendrai un cachet de 1 mg le matin et un 0,4 le soir.
La raison d'arrêter pour moi, ce serait plus parce que le traitement ne me fait rien de vraiment sensible. A peine un petit coup de boost. En fait c'est plus "par défaut" : quand je n'ai pas pris mon sub, j'y pense et j'ai l'impression que je suis moins bien mais en fait, une fois que je l'ai pris il y a peu de différence notable. C'est plus par rapport au taf, j'ai l'impression que je fonctionne mieux avec.
Une petite question, comment se sont passés tes paliers ? J'imagine que tu baissais de 0,2 à chaque fois. D'ailleurs, c'est mal foutu pour ça, puisque tu ne peux passer de 0,8 à 0,6. Sauf en coupant un 0,4 en deux... C'est ce que tu as fait sans doute ?
Est-ce que c'était plus dur vers la fin ?

Ce qui serait logique quand tu es à 2 mg, tu enlèves 0,2, c'est pas grand chose (un dixième). Mais quand tu es à 0,4, si tu baisses de 0,2, c'est la moitié...
Merci encore pour ton témoignage.

Alors pour les paliers je faisais tout simplement des traces + petites, pour le palier de 1,2 à 0,8. En fait moi pour pas avoir à écraser mon sub toutes les 5 min je préparais mes petits paquets à l’avance. Je savais que j’avais « le droit » à 2 paquets par jour je dépassais pas. Après pour le palier de 0,8 à 0,4 j’ai préféré diminuer le nombre de prises, pour déjà casser cette routine car les prises se faisaient toujours aux mêmes horaires . Et j’essayais de repousser chaque fois un peu plus tard les prises. J’enlevais un demi cachet les 2 premières semaines puis un cachet entier de 0,4. Je pense qu’en trace on ressent moins la baisse en fait. Enfin pour ma part ça n’a pas été un si gros effort que ça de baisser, parce que je savais que j’aurai une trace de toutes façons un peu plus tard et que je me coucherai pas en chien. Et puis pour avoir connu le manque d’héro, le manque de sub c’est dur parce que c’est long à te lâcher, mais en terme d’intensité perso j’ai trouvé ça carrément plus gérable!

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Caïn 
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Je comprends mieux. En fait tu n'es pas passée par le cachet de 1 mg. Il t'aurait permis de passer de 1,2 à 0,8 par palier de 0,2 (1,2, puis 1 mg, puis 0,8). En même temps c'est vrai que c'est l'avantage des rails en petite dose, tu peux gérer la baisse pour qu'elle soit plus douce. Mais je suis de l'avis exprimé plus haut avant de passer à 0, tu aurais pu passer à 0,2. Mais c'est fait, c'est fait. Et tu t'en es bien sortie. Bravo !
Ce que je vois, c'est que dans tous les témoignages de sevrage, le plus dur reste la nuit. Sinon, il y a possibilité de passer par des benzos mais c'est une autre addiction possible.
Si j'en viens à me sevrer, je passerai par le spray. Je crois qu'on ne peut pas faire plus en douceur. J'ai même lu des témoignages où des usagers expliquent ne pas avoir eu du tout de keum.
Pour le keum d'héro, comme je consommais très léger (1 g pouvait me faire une semaine, avec des breaks d'un jour ou deux), j'ai eu la chance de passer à travers.

La drogue c'est de la merde, surtout quand t'en as plus.

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Lilas24 
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Merci de ce témoignage. Le sevrage n'est pas une chose facile et ce que tu as vécu en arrêtant ton TSO n'est pas éloigné de ce que j'ai connu avec mon sevrage dégressif de la codéine.

Personnellement, c'est sur le plan physique et nerveux que la tension a été énorme et puissante dans les 6 premiers mois. Ensuite, ça s'est peu à peu résorbé jusqu'à la disparition totale de la tension physique il y a 3 mois.

Sur le plan nerveux, je suis toujours un hamster dans sa roue mais au moins je n'ai plus l'impression que les gens autour de moi fonctionnent au ralenti (c'était plus qu'étrange).

Désormais je dors environ 5 ou 6 heures par nuit, pas plus mais je fais avec.

Je ne m'attendais pas à échapper totalement au craving pour être uniquement dévorée par cette tension physique et nerveuse.

Comme toi, le travail a été un bon exutoire, même si parfois j'ai fait simplement acte de présence parce que je grimpais aux rideaux ou que j'étais abattue après un épisode de forte tension dans les membres.

J'ai de la chance de travailler avec deux de mes amis les plus proches, je leur ai tout dit et ils ont été d'un grand secours dans les moments les plus durs. Les pauvres, ils doivent encore supporter mes sursauts nerveux de temps en temps, je gigote, je parle beaucoup, fort, je coupe la parole, je ris aux éclats, bref, je suis épuisante. Ils savent me dire de la fermer ou de me calmer avec le sourire et je leur en suis très reconnaissante.

Je suis certaine que tu as fait le plus dur et je te félicite pour ta ténacité. Je ne sais pas pour toi mais avant d'y passer, je ne savais pas que je ne lâcherais rien pendant ce sevrage et son après.

Aujourd'hui, je me dis que cette ténacité n'est pas du courage et que tout le monde peut suivre ce parcours une fois que la tête y est prête et qu'elle a renoncé à ses envies et ses croyances sur le produit consommé.

En tout cas, bravo car j'ai toujours entendu mon addicto dire qu'arrêter un TSO était très difficile et que si je devais en passer par là, peut être que je le prendrai toute ma vie. Je n'ai pas eu à le faire mais je mesure toute la difficulté de ce que tu as accomplie.

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Meumeuh 
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Felicitation a toi;

J'ai déjà décroché il y a longtemps 2 fois à la dure quand j'étais sous subu ( un TSO qui me convenait pas, migraine etc . ) Mais j'étais plus jeune et forcement en traînant avec les mêmes personnes on a vite fait de se remettre dedans.
Dans ton cas tu as la chance d'avoir ton mari qui est en plus passé par là,  un Job qui est aussi important, du moins que ce soit un Job ou autre chose l'important et de s'occuper l'esprit ... et aussi le Déclic !!

MM

Matériels de consommation à moindres risques pour les UD.
http://www.safe.asso.fr/

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Caïn 
PsychoHead
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Lilas,
Comme tu es sevrée depuis un an (d'après ce que je comprends), si tu dors 5/6 heures par nuit, c'est que ça doit être ton rythme.
Bien sûr comme je le disais à De Noche, tu peux aussi prendre des benzo mais c'est une autre addiction. Et finalement, dormir peu la nuit, ça permet de faire autre chose.
Sinon il y a les sport pour se coucher bien fatigué et bien dormir, s'aérer la tête...
Moi je prends des comprimés à base de plantes (Valériane, Camomille) et en plus ça me supprime mon problème de crampes nocturnes. ça s'appelle "Sérénité", c'est cher (13/14 euros la boîte) mais efficace. Et sans effet secondaire.
Biz

La drogue c'est de la merde, surtout quand t'en as plus.

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Dounia 
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Salut De Noche,
Salut à tous,

C'est toujours plaisant de voir du monde qui arrive à bien gérer ses TSO... que ce soit en continuant à en prendre ou en arrêtant avec succès. Toutes mes sincères félicitations à vous tous De Noche, Lila et Caïn, chacun à votre manière vous gérez!

Personnellement, je ne pense pas qu'une solution soit préférable à l'autre. Si on est bien avec son traitement, pourquoi changer?
Je sais que j'ai besoin de médicaments pour ma bipolarité et que ce sera toute ma vie et après des années de lutte, je vis maintenant très bien avec. Après, pour l'envie de bébé, je comprends, même si c'est super bien géré aujourd'hui, c'est sans doute plus simple sans.

Comme je me dis que ça peut être un encouragement, je me permets un petit témoignage sur mon vécu qui se rapproche pas mal de celui de De Noche (avec un sevrage un peu plus violent et un recul un peu plus long!).

J'ai vécu une belle histoire d'amour passionnelle avec l'héroïne, puis comme beaucoup d'entre nous ici, ça a fini par virer un peu au cauchemar. Crises de manque avec des enfants petits à gérer, pétage de plomb et séjour en HP, puis TSO béni qui m'a permis de trouver une certaine stabilité... mais pas d'arrêter l'héro...

En clair, sous bubu, j'avais toujours cette tentation des écarts, d'aller chercher mon petit paquet de bien-être en sachet... Celui qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'on attend mais qu'on prend quand même, celui des cachettes et des mensonges à son conjoint, celui des promesses non-tenues et des lendemains qui déchantent.

Bref, je jouais en permanence avec le manque. Se mettre en manque pour sentir son extra, se mettre en manque avant de reprendre son sub... Étant déjà fragile psychologiquement à ce moment là après un gros burn out dépressif et une hospitalisation en psy, j'ai fini lessivée et j'ai décidé de tout arrêter une bonne fois pour toute.

Je me suis donc faite hospitaliser 3 semaines à la campagne, loin de chez moi et de toute tentation dans un service spécialisé hyper compétent.

Je passe rapidement sur la difficulté de passer de 10 mg de sub à plus rien du tout. C'est clair, c'était pas une partie de plaisir, mais pour moi, comme pour De Noche il y a six mois, c'était le bon moment.

Trois semaines d'hospitalisation à souffrir bien sur, mais aussi à reprendre un certain contrôle sur moi et sur ma vie...

J'ai encore mis de longs mois à retrouver mon énergie et mon cerveau. Pour tout dire, en sortant de l'hôpital (avec en plus ma bipolarité), j'avais l'impression que je n'arriverais plus jamais à faire un boulot avec ma tête, que je ne pouvais plus avoir une vie normale...

Et ben si!

J'ai repris des études avec succès et j'exerce aujourd'hui le boulot de mes rêves. J'ai une belle famille, mon couple a tenu le choc dans ces épreuves et je peux dire que je suis vraiment sans doute plus heureuse et bien dans ma tête que jamais.

Pour être totalement honnête, j'avoue quand même que j'ai basculé de l'héro à la cocaïne comme drogue de prédilection et qu'il m'est arrivé de déraper un peu (ouo beaucoup sur de très courtes périodes) avec cette dernière, mais ce serait encore un autre sujet wink

J'espère que ce petit témoignage t'encouragera De Noche et toi aussi Caïn, si tu décides un jour d'arrêter. J'ai envie de vous dire, ne vous en faite pas et donnez le temps au temps et ça passera comme tout passe dans la vie.

Je fais même de très belles nuits sans somnifères ces derniers temps et j'ai complètement arrêté les benzos smile

Des bisous!

Dounia

Dernière modification par Dounia (20 juin 2019 à  14:10)

Reputation de ce post
 
Merci de ton témoignage. C.

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Dounia 
Nouveau Psycho
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Je crois que je n'ai pas assez mis en lumière un élément fondamental dans ma réussite dans mon témoignage d'hier... L'aide de mon CSAPA.

Je suis suivie encore aujourd'hui par une addictologue, une psychologue, une psychiatre et même une sophrologue et cette aide me permet de tenir, de me reconstruire et de poursuivre mon chemin même quand c'est difficile.

Grace à eux j'ai pu bénéficier d'une écoute bienveillante et sans jugement. Ils ont su m'accompagner dans mon parcours et dans mes demandes avec une bienveillance sans faille.

Bref, je leur dois énormément et vous encourage tous à ne pas hésiter à pousser cette porte car bien entouré, on est souvent plus fort que tout seul...

Des bises!

Dounia

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De noche 
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Messages: 8

Dounia a écrit

Salut De Noche,
Salut à tous,

C'est toujours plaisant de voir du monde qui arrive à bien gérer ses TSO... que ce soit en continuant à en prendre ou en arrêtant avec succès. Toutes mes sincères félicitations à vous tous De Noche, Lila et Caïn, chacun à votre manière vous gérez!

Personnellement, je ne pense pas qu'une solution soit préférable à l'autre. Si on est bien avec son traitement, pourquoi changer?
Je sais que j'ai besoin de médicaments pour ma bipolarité et que ce sera toute ma vie et après des années de lutte, je vis maintenant très bien avec. Après, pour l'envie de bébé, je comprends, même si c'est super bien géré aujourd'hui, c'est sans doute plus simple sans.

Comme je me dis que ça peut être un encouragement, je me permets un petit témoignage sur mon vécu qui se rapproche pas mal de celui de De Noche (avec un sevrage un peu plus violent et un recul un peu plus long!).

J'ai vécu une belle histoire d'amour passionnelle avec l'héroïne, puis comme beaucoup d'entre nous ici, ça a fini par virer un peu au cauchemar. Crises de manque avec des enfants petits à gérer, pétage de plomb et séjour en HP, puis TSO béni qui m'a permis de trouver une certaine stabilité... mais pas d'arrêter l'héro...

En clair, sous bubu, j'avais toujours cette tentation des écarts, d'aller chercher mon petit paquet de bien-être en sachet... Celui qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'on attend mais qu'on prend quand même, celui des cachettes et des mensonges à son conjoint, celui des promesses non-tenues et des lendemains qui déchantent.

Bref, je jouais en permanence avec le manque. Se mettre en manque pour sentir son extra, se mettre en manque avant de reprendre son sub... Étant déjà fragile psychologiquement à ce moment là après un gros burn out dépressif et une hospitalisation en psy, j'ai fini lessivée et j'ai décidé de tout arrêter une bonne fois pour toute.

Je me suis donc faite hospitaliser 3 semaines à la campagne, loin de chez moi et de toute tentation dans un service spécialisé hyper compétent.

Je passe rapidement sur la difficulté de passer de 10 mg de sub à plus rien du tout. C'est clair, c'était pas une partie de plaisir, mais pour moi, comme pour De Noche il y a six mois, c'était le bon moment.

Trois semaines d'hospitalisation à souffrir bien sur, mais aussi à reprendre un certain contrôle sur moi et sur ma vie...

J'ai encore mis de longs mois à retrouver mon énergie et mon cerveau. Pour tout dire, en sortant de l'hôpital (avec en plus ma bipolarité), j'avais l'impression que je n'arriverais plus jamais à faire un boulot avec ma tête, que je ne pouvais plus avoir une vie normale...

Et ben si!

J'ai repris des études avec succès et j'exerce aujourd'hui le boulot de mes rêves. J'ai une belle famille, mon couple a tenu le choc dans ces épreuves et je peux dire que je suis vraiment sans doute plus heureuse et bien dans ma tête que jamais.

Pour être totalement honnête, j'avoue quand même que j'ai basculé de l'héro à la cocaïne comme drogue de prédilection et qu'il m'est arrivé de déraper un peu (ouo beaucoup sur de très courtes périodes) avec cette dernière, mais ce serait encore un autre sujet wink

J'espère que ce petit témoignage t'encouragera De Noche et toi aussi Caïn, si tu décides un jour d'arrêter. J'ai envie de vous dire, ne vous en faite pas et donnez le temps au temps et ça passera comme tout passe dans la vie.

Je fais même de très belles nuits sans somnifères ces derniers temps et j'ai complètement arrêté les benzos smile

Des bisous!

Dounia

Dounia j'ai eu l'occasion de te lire sur d'autres posts et je te remercie pour tes encouragements et ton témoignage (que je trouve très fort), tu es souvent là pour accueillir et encourager les gens ici j'ai impression, merci pour ça!

Je viens seulement de voir toutes les dernières réponses à mon post, je n'ai pas eu l'occasion de revenir avant et ça fait du bien de parler de tout ça entre personnes qui savent de quoi on parle!

Et je te rejoins aussi Dounia sur le suivi, mon mari a 2 fois par an au telephone l'infirmière qui le suivait au centre d'addicto, juste pour donner des nouvelles, comme une sorte de garde-fou. Ne pas être seul avec tout ça c'est clair que c'est très important! Encore merci, au plaisir d'échanger à nouveau avec toi !

<3

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De noche 
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Messages: 8

Lilas24 a écrit

Merci de ce témoignage. Le sevrage n'est pas une chose facile et ce que tu as vécu en arrêtant ton TSO n'est pas éloigné de ce que j'ai connu avec mon sevrage dégressif de la codéine.

Personnellement, c'est sur le plan physique et nerveux que la tension a été énorme et puissante dans les 6 premiers mois. Ensuite, ça s'est peu à peu résorbé jusqu'à la disparition totale de la tension physique il y a 3 mois.

Sur le plan nerveux, je suis toujours un hamster dans sa roue mais au moins je n'ai plus l'impression que les gens autour de moi fonctionnent au ralenti (c'était plus qu'étrange).

Désormais je dors environ 5 ou 6 heures par nuit, pas plus mais je fais avec.

Je ne m'attendais pas à échapper totalement au craving pour être uniquement dévorée par cette tension physique et nerveuse.

Comme toi, le travail a été un bon exutoire, même si parfois j'ai fait simplement acte de présence parce que je grimpais aux rideaux ou que j'étais abattue après un épisode de forte tension dans les membres.

J'ai de la chance de travailler avec deux de mes amis les plus proches, je leur ai tout dit et ils ont été d'un grand secours dans les moments les plus durs. Les pauvres, ils doivent encore supporter mes sursauts nerveux de temps en temps, je gigote, je parle beaucoup, fort, je coupe la parole, je ris aux éclats, bref, je suis épuisante. Ils savent me dire de la fermer ou de me calmer avec le sourire et je leur en suis très reconnaissante.

Je suis certaine que tu as fait le plus dur et je te félicite pour ta ténacité. Je ne sais pas pour toi mais avant d'y passer, je ne savais pas que je ne lâcherais rien pendant ce sevrage et son après.

Aujourd'hui, je me dis que cette ténacité n'est pas du courage et que tout le monde peut suivre ce parcours une fois que la tête y est prête et qu'elle a renoncé à ses envies et ses croyances sur le produit consommé.

En tout cas, bravo car j'ai toujours entendu mon addicto dire qu'arrêter un TSO était très difficile et que si je devais en passer par là, peut être que je le prendrai toute ma vie. Je n'ai pas eu à le faire mais je mesure toute la difficulté de ce que tu as accomplie.

Merci Lilas24 pour ton message, tu n'as peut être pas eu à faire un sevrage de TSO à proprement parler, mais ce que tu décris s'en rapproche très très clairement! Cette tension nerveuse dans les membres... insupportable !!! le sommeil beaucoup plus restreint ben comme tu dis on fait avec, je m'en faisais toute une angoisse et finalement c'est gérable. Et puis j'ai repris la lecture grâce à ça !

En tous cas bravo à toi d'avoir su tenir sur la durée, c'est tellement difficile à gérer les problèmes de nerfs. Fuerza !

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    il fallait que ce soit dit et bien dit Mr No dans [forum] Arrêt à la dure ( sans substitut )
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    comme vous dites si bien je plussoie également Hyrda dans [forum] Arrêt à la dure ( sans substitut )
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    Merci pour ton témoignage, touchant et si... Vrai. Mecru dans [blog] Les effets de l'héroïne auprès de nos familles
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