Décrocher du sken et de la pompe après plus de quarante années de conso / PsychoACTIF

Décrocher du sken et de la pompe après plus de quarante années de conso

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Sandreams 
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Bonjour à tous.es.

Depuis dix jours je lutte pour ne pas courir pécho une gélule de Sken, car j'ai décidé d'arrêter les prods et l'injection.
J'ai 54 ans, initiée aux traces de blanche, dès l'âge de 14 ans, très vite je suis passée au shoot. Les pompes n'étaient pas en vente libre, c'était une galère d'en récupérer, et quand t'en avais une, tu devais la faire durer (limer l'aiguille pour qu'elle garde son piquant sur les grattoirs d'allumettes ou  encore faire coulisser le piston avec du cérumen), eh oui, la misère !!!
Très vite j'ai vu disparaître mon capital veineux, très vite j'ai développé des abcès, fait des poussières avec des cotons repassés mille fois les jours de manque.
Je passe sur les dizaines de décros à sec, en GAV souvent, mais qui, avec le recule, étaient peut-être à bien des égards, moins difficiles qu'aujourd'hui.
Eh oui, plus la came était pure moins elle accrochait et plus le sevrage était "easy", car assez court, une bonne semaine, dix jours pour les symptômes physiques, le sommeil et moral étant les derniers à revenir, dépendant nettement des doses et de la longueur de la session de défonce que tu clôturais.
Mais plus j'enchaînais les sessions, plus vite le manque arrivait, plus fort.
A l'arrivée du Subutex, évidement, j'ai cru à la panacée, et ce fut un répit certes.
J'ai alors changer d'environnement, de potes, trouvé un mec, fait des gosses, trouvé du taf, tout comme il faut.
Cinq années plus tard, bardada, je plaque le mec, ferme mon restaurant, et m'enferme pendant deux années dans une rechute, THE rechute !!!
Heureusement que mes enfants m'ont donné force et courage, celui de me regarder en face, de demander de l'aide, et de décider de me reprendre.
J'en étais à me charcuter pour injecter 16 mg de Sub, qui ne me défonçait même pas !!! Du coup je complétais avec un peu speed le matin (méthylphénidate), le bedo, et quelques bourbons pour accompagner les Serestas du soir pour dormir.
Alors petit tour en psychiatrie, duquel je suis ressortie complètement vidée, exsangue de toute envie, de tout ressenti, et pas prêtre du tout à reprendre une existence digne de ce nom, ni à m'occuper sereinement de mes enfants !
Rechute, mais pas complète, juste du sken,200 mg pour commencer, et de plus en plus au cours des années, pour finir à 1200 mg/j sans compter les sessions coke de plus en plus fréquentes.
Comment mon pauvre corps a résisté, je ne sais pas, de la chance, l'étincelle de vie plus puissante que pour d'autres, tous ceux que j'ai vu partir.
Des OD pourtant, j'en ai faites, plus une embolie pulmonaire, une méningite, un staphylocoque qui m'a laissé de très moches cicatrices, et enfin, le bien connu syndrome de Popeye du Sub qu'à l'époque on ne filtrait pas !!!
Stop !
Il y a donc dix jours, j'ai jeté mon matos, récupéré  de la méthadone 60,40 et 20mg, et me suis retranchée dans mon appart, avec de la bouffe pour ne pas avoir à sortir pendant deux semaines.
Les premiers jours ont été les plus faciles, car soyons franc, perchée à 160 mg de métha, facile. Dès que ça commençait à me tirer, bâillements, frissons, éternuements,  je reprenais une gélule de 40 mg.
Au bout de trois jours, j'ai baissé cash à 80 mg, et c'est là que ça a commencé à plus le faire !
Surtout que j'ai baissé de 20 mg chaque 24h jusqu'à jeudi dernier.
Le plus difficile, c'est le temps qui semble s'être arrêté, suspendu, surtout la nuit.
Alors je patiente, chaque minute qui passe est une victoire sur moi-même.
Je m'occupe, jeux vidéo, cela faisait des années que je n'avais plus joué à WOW, à LOL, lecture, musique, douches à chaque fois qu'une suée vient me cueillir.
Bon an, mal an,  voilà que je commence  à aller mieux ce soir, j'ai réussi pour la première fois à laisser 24 h entières entre deux prises de métha,  les 3 dernières heures ont été difficiles, j'avais juste envie de sortir me chercher de quoi me faire un fix.
Je suis fière d'avoir tenu.
Ce soir je vais même essayé de ne pas prendre de Seresta. J'en ai pris tous les soirs de 50 mg le premier jour,  jusqu'à 10 mg pour finir la nuit dernière.
WAOUH ! Ça fait un putain de bien de raconter tout ça !
En fait là je vois le chemin parcouru. Ça m'a aidé à ne pas craquer en fait, à chaque fois que le craving me tenaille j'écris.
J'imagine que vous serez peu à lire mon récit, je vous comprend, je me suis bien étalée !
Mais si d'aventure mon expérience parle à quelques uns.es, j'espère quelle sera source d'inspiration.
Finalement, quand on veut ...

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Merci pour ton témoignage, tu peux être fière de toi ! Malaparte

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Adalana 
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Bonsoir.

Un grand bravo j'espère de tout coeur que tu vas continuer sur ta lancée.

Merci pour ton témoignage touchant. C'est bien que tes enfants te soutiennent. J'espère que ça t'aide.

Je te souhaite pleins de bonnes choses pour la suite! Continue à écrire si ça te fait du bien, geeke!

Et prends soin de toi.

drogue-peace

"La vie est un torrent courant vers un abîme."

"Faire l'autruche c'est bien mais c'est tendre son cul"

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Marco 68 
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Même âge même chemin, sauf pour le final. J'ai pas arrêté et j'en ai pas envie encore....
Plein de chaleur ma belle!!

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Acid Test 
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Bon courage à toi , tu vas y arriver si c'est ce que tu as décidé de faire et que tu le souhaites vraiment  !
N'hésites pas à venir raconter et à exterioriser tes difficultés ici , il y a un certain nombre de personnes dans des situations plus ou moins similaires , en tout cas en ce qui concerne la difficulté de la dépendance aux opis dans ce type de société prohibitionniste !

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Sandreams 
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Merci pour vos encouragements. Ca fait un bien immense.
La nuit a été trop hard !
Mes jambes bougeaient toutes seules, des suées, une crise d'angoisse, même mon chat peau de colle n'a pas supporté le tsunami nerveux de mon corps en révolte et a passé la nuit sur le fauteuil, à me regardé me battre avec moi-même !
J'ai repris un 20 mg de métha à l'instant, pas grave, c'est mieux que de me taper un craving de ouf dans la matinée, et de finir au quartier pour pécho. Même si je voulais vraiment me stabiliser à 20 mg, je joue la carte de la sécurité, ne pas confondre vitesse et précipitation, comme je suis raisonnable !!!
C'est lundi, onzième jour d'abstinence.
Je vois mes mains plus dégonflées que jamais, cool ! Bon on va pas se mentir, je reviens de très, très, très loin, elles ne seront plus jamais comme quand j'avais 20 piges, c'est mort. Avec des gants de contention, ça devrait amélioré, j'en ai déjà eu,  avant que les keufs ferme le squat où je les laissais la journée ... Autre temps, autre vie ...
Adalana tu me parlais de mes enfants, oui ils ont été moteurs dans ma vie, même dans les périodes les plus difficiles, ils m'ont permis de garder la tête hors de l'eau.
J'ai eu surtout la chance de les concevoir avec un mec formidable qui a été relais quand je décrochais, quand j'allais mal.
Mais je dois préciser un truc ou deux, même trois quand même.
Pour mes quatorze ans, ma chère daronne, prof d'Eco, divorce douloureusement de son deuxième mari, et décide alors, pour mettre de la distance, de se faire muter à Fort de France, Martinique, Tu veux de la distance t'en v'là !!!
Mon univers explose littéralement ! Adieux mes potes, adieu ma chambre, finies les boums, finis les mercredis salle de jeux (Arcanes), fini le top 50 que je pouvais écouter le soir sous les draps, la radio collée à l'oreille.
Avant de partir, je négocie deux mois de grandes vacances en free style.
Deux mois chez une copine, Juju, qui de son côté, avait négocié de passer ces mêmes vacances, chez moi. Vous voyez le truc ?
Les parents n'y ont vu que du feu, incapables de soupçonner ce que nous avions mis en place, et trop heureux de passer deux mois sans nous, adolescentes quelque peu rebelles il faut bien dire.
Comment on en a profité. Les parents de Juju étaient viticulteurs en Champagne.
Superbe propriété, salle de billard, bar, cave, une collection de disques comme je n'en avais jamais ni vus, ni entendus auparavant.
Alors bien sûr, tous les soirs, c'était la fête, alcool, trips, joints pour commencer. Puis,   des "grands" ont vite tapé l'incruste, au fur et à mesure que l'été passait et que le bouche à oreille fonctionnait. La coke et l'héro ont commencé à  trainer sur les tables basses, ainsi que toutes les dérives que vous pouvez imaginer.
C'est là que j'ai perdu ma virginité et que je suis tombée enceinte.
Comme je ne savais pas du tout que ça pouvait arriver, j'ai fait un déni, et un peu moins de 8 mois plus tard, le samedi 13 mars 1981, 01h00 du mat, je me réveille pliée en deux de douleur.
Quelques heures plus tard, je mets au monde une petite fille de 2,250 kilos, Jade.
Ma mère très seule à l'époque, s'approprie mon bébé, oui, elle va me la voler.
Pire, elle  m'envoie étudier seule, en France métropolitaine, après m'avoir faite émancipée par le juge des affaires familiales.
Logée dans un studio proche du centre ville de Reims, rue des élus si mes souvenirs sont exacts, et inscrite en seconde dans le lycée Roosevelt pas très loin.
En regardant de loin la situation, on pourrait croire que ce sont de belles preuves d'amour ces cadeaux, à une gosse de 17 ans, appartement, liberté totale, mais que nenni, faux semblant, pas de limites = Dangers
Très vite je ne suis plus les cours, et mon appart devient un lupanar où alcool, drogue, circulent sans modération, c'était LE bon plan après les cours pour certains.es, mais également pour les soirées, pour les afters.
Il y avait toujours du monde, et j'étais toujours défoncée.
Vers la fin de l'année scolaire, comme je m'était faite virée du lycée, j'ai du rentrer en Martinique, où j'ai pu reprendre les cours grâce aux contacts de ma mère.
Décro sauvage mais décro.
Seconde, première, et ma mère décide de rentrer en Métropole.
Je venais de me trouver un équilibre, un cercle d'amis, je commençais à vivre normalement, et même à kiffer grave l'île, les gens.
C'est à croire qu'elle était jalouse de mon bonheur, à chaque fois que je me suis sentie bien quelque part, elle a toujours fait en sorte de tout casser.
Je refuse de la suivre, et elle, trop contente du coup de se débarrasser de moi, encore, me trouve un  appart, dont elle s'engage à payer le loyer, à condition que je trouve du taf.
S'en suivent deux années folles. Je suis barmaid alors tous les soirs boîtes, alcool, défonce.
Une nuit, deux mecs s'introduisent dans mon appart alors que je dors seule.
Ils me violent.
Tétanisée, incapable du moindre mouvement, du moindre cri, j'ai attendu que ça passe, littéralement.
Le lendemain,  j'ai englouti tous les médocs et toute la came que j'avais sous la main.
Des potes sont passés juste après, au bon moment, ou au mauvais moment, je n'ai toujours pas tranché, toujours est-il qu'ils m'ont emmenée aux urgences où j'ai subit un lavage d'estomac. J'entends encore l'infirmière compter un à un les huit litres d'eau qu'on verse dans l'entonnoir vissé à un gros tuyau qui termine sa course dans mon estomac. Par moment, j'ai l'impression d'étouffer, c'est horrible, plus jamais ça !!!
Finalement les toubibs appellent ma mère, expliquent que je suis au bout de ma vie,  blablabla, ni une ni deux,  je me retrouve dans un avion, direction Poitiers, où ma mère s'est installée depuis son retour en Métropole avec ma fille.
De nouveau je dois reconstruire ma vie, déchirée en mille morceaux.
Très vite je rencontre des jeunes comme moi, désœuvrés, sans autorité parentale ou si peu.
Très vite nous nous trouvons des affinités, des points communs, des occupations communes, et très vite, nous commençons à nous défoncer ensembles.
Les mecs sont musiciens et font des concerts le week-end sur la côte atlantique, les meufs chantent, ou, groupies, assistent à chaque répètes, chaque concerts.
Ma mère me loue une petite barraque  pas chère, quasi insalubre, qui lui évite de m'avoir dans les pattes et surtout que je m'attache à ma fille, avec qui je crée des liens de plus en plus forts. 
Un jour, c'était inéluctable, j'annonce à ma mère que je prend Jade avec moi, que j'ai trouvé une formation rémunérée, que je vais pouvoir enfin assumer seule mon enfant.
Ma mère disparaît alors de la circulation. Plus personne chez elle, ni mon frère ni ma sœur, encore mineurs, mais surtout, Jade a disparue également, sans aucune indication du lieu où elles sont allées.
Je fini par aller au commissariat pour porter plainte. On me dit que si je vais au bout de la démarche, ma mère risque la prison pour enlèvement et détournement de mineur de moins de quinze ans.
Si je ne l'ai pas déjà dit avant, je le dis maintenant, je suis trop bonne, trop gentille, trop conne oui.
J'ai laissé faire, me disant que je ne pouvais pas infliger ça à ma famille, je les considérais encore comme tels.
C'est à cette époque que j'ai rencontré Christophe.
Adulescents que nous étions, mélangeant héro, coke, nos corps, toutes ces nuits d'introspection, disséquant nos états d'âmes, épluchant nos cœurs déjà bien à vifs. Alors, trois ans plus tard, lorsque je suis tombée enceinte, je lui ai dit on arrête tout, fini la défonce.
Je même menacé de le quitter quand il peinait à décrocher, alors que moi, boostée aux  hormones et enceinte jusqu'aux dents, j'y arrivais tranquillement.
Charly est arrivé, puis Camille.
Des responsabilités, de l'angoisse parfois, peur de ne pas y arriver, mais au bout du compte,  sérénité, joie, et amour. 
Pourtant, comme disait Gainsbourg, "fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve", je suis partie, avant que ce ne soit lui.
Difficile, cette famille sur laquelle je m'était tant projetée, à qui j'avais tant donné, terminée.
Rapidement je déprimais, et reprenais les mauvaises habitudes.


Bon, je m'arrête là, je suis fatiguée, j'ai la gerbe, ça craint, écrire m'occupe, me fait du bien, certes, mais là je déguste grave, je me suis trompée, je pensais que j'étais en train de me stabiliser, mais vu l'état dans lequel j'ai été en début de journée, pas longtemps après avoir pris 20 mg. À midi, j'ai gerbé de la bile, du coup j'ai repris 20 mg tout de suite pour éviter de les gerber et essayer de les garder dans l'estomac suffisamment longtemps pour que ça fasse effet. Ça a fonctionné, mais pas avant deux bonnes heures. là j'ai repris 20 mg vers minuit, ça commençait à tirer et je ne veux plus me retrouver à gerber, j'ai plus la force, c'est plus de mon âge je crois. Pourtant j'ai la volonté, mais le corps a du mal à suivre.
Demain je reprendrai le cours de mon récit dans le récit,.
Merci de mettre ce support à disposition, et de nous laisser nous épancher sur nos vies bien chargées...

Dernière modification par Sandreams (22 février 2021 à  08:23)


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Acid Test 
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Il doit y avoir un bout que  tu as effacé sans faire expres ou oublié d'écrire car il manque plusieurs phrases je pense , pour que ce soit compréhensible , entre :

" J'ai laissé faire, me disant que je ne pouvais pas infliger ça à ma fa ..." 
ET la suite :
"P ourtant on s'est grave défoncer ensembles. Adulescents que nous étions, ..." .

Je suppose que tu voulais dire " ... infliger ça à ma famille "  et ensuite que tu parles du pere de ta fille dans la phrase qui suit mais il manque quand meme des phrases entre ces deux ci semble t'il .

Pas facile tout ça en effet !

Comme pour beaucoup de gens qui ont , ou ont eu une consommation dans l'exces et la dépendance, c'est souvent la conséquence  de blessures émotionnelles et / ou affectives  plus ou moins conscientes mais ça peut aussi etre lorsque l'on a du mal a trouver son équilibre dans une vie qui nous satisfasse assez pour ne pas avoir envie d'en arriver à une ou des consommation(s) problématiques   .
En tout cas pour des consos ou poly consommations, à  haute  doses .

Dernière modification par Acid Test (16 février 2021 à  02:04)

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Sandreams 
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Je reprends un peu mon histoire.
En fait je pense que me raconter en détail n'est pas le plus pertinent. Ce qui est vraiment important, c'est le schéma qui ressort de tout ça.
Les périodes où tout va bien et les moments où  rien ne va plus.
Je suis dans cet entre-deux phases, espérant que ce sera la dernière, mais je me suis dis cela tant de fois.
En f

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Sandreams 
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je ne sais pas trop ce que j'ai fait, posté ou pas, du coup je reprends au feeling.
Je tiens bon, voilà deux semaines que je n'injecte plus.
Je suis passée de 2x20 mg de méthadone, à 1 fois, depuis hier, j'ai réussi à laisser 24 heures entre deux prises.
Je pense que physiquement j'ai fait le taf.
Maintenant moralement c'est autre chose. Je pense qu'à ça.
Je me demande ce que va être ma vie, je suis volontaire chez Aides, dans un CAARUD, je passe mes journées entourées de matos, à croiser les potes encore consommateurs, en plus je suis sur un gros projet en lien avec la RdR !
Je ne peux pas laisser tomber, ça fait des années que je trouve un sens à tout ça en aidant les autres, les plus jeunes qui arrivent à la défonce sans aucune idée de comment faire pour garder leur capital santé et veineux le longtemps possible.
Ça fait déjà quinze jours que je ne mets plus les pieds dehors, de peur de croiser un collègue qui aurait quelque chose.
Je savais que j'allais en baver, mais je ne me souvenais plus de la puissance du craving de sister morphine.
Je sais ce que je vais commencer par faire tout de suite, prendre mon camion et me mettre au vert quelques jours.
Ensuite je reprendrai doucement les activités, sans rien dire, car si j'ai le malheur de dire que j'ai décro, rien que pour  pouvoir me dire : "tu vois que c'est pas possible d'y arriver", on me proposera des prods.
Eh oui, entre tox, pas de cadeau, celui qui arrête n'a qu'à bien se tenir !
Je me souviens d'une pote qui sortait de cure et avait arrêté  la tise. Dès qu'elle en parlait, elle se voyait offrir des bières pour fêter ça ils disaient !
Résultat des courses, en quelques jours, tous ses efforts ruinés.
Je vais faire ça, demain je pars quelques jours en Ariège, en plus en altitude je pourrais laisser tomber le masque.

Dernière modification par Sandreams (22 février 2021 à  08:24)


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Adalana 
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Bon courage tu es sur la bonne voie, tes efforts sont énormes, profite bien de t'aérer et de la nature, c'est tellement beau l'Ariège.

Et oui souvent les gens sont salauds entre eux alors n'en parle pas nécessairement.

Donne des nouvelles quand tu pourras.

Bises

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Sandreams 
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Merci Adalana de tes encouragements, ça fait plaiz.
Je suis encore bien fragile, tantôt frigorifiée, tantôt en nage, par moment j'ai tellement pas le moral que je me dis que finalement c'est ridicule ma démarche. Pourquoi maintenant ? Je suis plus sur la fin de mon existence, p

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Adalana 
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Plein de courage. Non ce n'est pas ridicule du tout, il vaut mieux tard que jamais, c'est bien normal que tu aies des phases d'abattement et de doutes mais tu es si bien partie. Si tu le fais c'est que ça te tient à cœur, c'est pour que tu vives mieux. Essaie de chasser ces mauvaises pensées.
Tu es toujours dans l' Ariège ? La nature te fait elle un peu de bien?

Pensées et soutien.

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Sandreams 
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Salut les gens et merci pour les encouragements.
Là je déprime grave! Encore entre frissons et suées, et surtout à flipper de ce que va être mon quotidien maintenant .
Je n'ai jamais imaginé vivre aussi longtemps, persuadée d'être emportée un jour ou un autres par une OD ou un truc du même genre, du coup là, c'est compliqué.
En plus niveau amis, à part quelques vieux toxicos qui consomment encore, je n'ai pas grand chose de commun avec les personnes de mon âge qui me semblent si fades et avec qui je n'ai pas grand chose à partager, à part mes souvenirs de voyages qui me semblent si lointains.
Je vais essayer de dormir un peu, je dors si mal la nuit, je suis un zombie la journée.
Pour répondre à ta question Adalana, oui je suis en fait pas loin de Massât, mais je ne peux pas dire que je sois d'humeur à kiffer la ballade. C'est encore trop tôt je crois.
Je me demande même si je vais pas rentrer ce soir, en plus il fait encore bien froid la nuit.

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Adalana 
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Il est certain que ça risque d'être perturbant au début et que tu aies des angoisses. Mais c'est l'occasion d'une nouvelle vie, une sorte d'apprentissage et je suis persuadée qu'il y aura de bonnes choses même si ça prend un peu de temps. C'est normal d'avoir peur de l'inconnu.

Des rencontres tu en feras, peut importe l'âge, certaines te paraîtront fades sûrement mais il y aura des exceptions. En sortant de cette routine justement cela t'ouvrira de nouvelles portes.

D'accord essaie de bien te reposer et n'hésite pas à rentrer te mettre au chaud si tu penses qu'il est encore trop tôt pour tirer des bénéfices de ton petit séjour dans la nature.

drogue-peace

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Sandreams 
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Encore des put* de retour de manques comme je les appelle, une sorte de boule de nerfs dans le ventre, les jambes, envie de bouger dans tous les sens, une sorte de trop plein d'énergie qui n'arrive pas à s'évacuer, insupportable.
Tant que j'ai encore un peu de batterie je vais m'occuper l'esprit.
Cette nuit est encore bien froide, mais c'est cool d'être en extérieur, dans la nature, et le minimalisme de la vie en camion occupe pas mal aussi ! Genre la gestion de l'énergie, pas la mienne, celle des batteries, c'est tout un programme, je n'ai qu'une petite installation solaire, et de gros besoins, car téléphone, tablette, ordi, télé, glacière, on aime son petit confort quoi ... Dommage que le ciel soit couvert, pas d'étoile ou si peu, pourtant c'est trop beau le ciel à la montagne la nuit, c'est là où on redécouvre la voute céleste et ses milliard de petites lueurs qu'en ville l'éclairage urbain pollue et fait disparaître.
Je suis emmitouflée dans le duvet, avec bonnet, et comme je me suis découvert les épaules, j'ai enfilé la doudoune, pas très pratique pour écrire !
Ca fait du bien de bouger les doigts sur le clavier, c'est comme si le flux nerveux arrivait à passer par leurs extrémités et arrivait à calmer mes impatiences dans les jambes et le ventre. Bon, il suffit que j'en parle pour je retrouve une furieuse envie de bouger les beuges aaaaah ! Je vais me remettre sur la petite vidéo qu'on est en train de monter avec les meufs du CAARUD pour le 8 mars et la journée de la femme, ça va m'occuper tant que la fatigue ne me tombe pas dessus.

Dernière modification par Sandreams (26 février 2021 à  06:32)


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Encore une nuit blanche, ça devient pesant là ... La journée je me traine à me forcer de marcher, pour me procurer un peu d'endorphine, mais que dalle, j'ai l'impression que ça n'avance pas !Ça me rend folle ! Je rentre à Toulouse, le temps s'est encore dégradé, décidément, je suis maffrée ! Je sens que la journée va être compliquée, je suis de mauvaise humeur, fatiguée, et surtout envie de rien faire ! I feel the day may be so long ...

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Sandreams 
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Bon, je ne m'étais pas trompée, journée de merde ! Je suis rentrée à Toulouse, j'ai décidé de faire une grande ballade le long du canal, car je sens que je commence à perdre du muscle, normalement je fais une demi-heure d' elliptique tous les jours pour compenser la fermeture des salles de sport, mais là depuis que j'ai arrêter les taquets, je ne fais plus rien, et je mange des cochonneries bien sucrées à longueur de journée, on se procure du plaisir comme on peut smile
Alors j'ai marché 2 heures, et comme je n'ai quasi rien dormi cette nuit, je me sens exténuée.
Si je m'écoutais, j'irai me coucher, et je pense que je m'endormirai à peine la tête posée sur l'oreiller. Mais si je fais comme cela, à 23h je suis debout, à tourner en rond et à m'ennuyer tout le reste de la nuit. Alors je résiste.
Et me revoilà, 00h45, je me suis endormi peut-être une heure vite fait, et me suis réveillée d'un coup,  et ne pense pas réussir à me rendormir à nouveau.
Je savais quand j'ai entrepris mon sevrage que le manque de sommeil était une des choses qui allait me déranger le plus, je me rappelais chacune de mes décros,  comme de  longues dérives nocturnes, car la nuit anxiogène nous laisse seuls face à nos démons, nos peurs, nos angoisses, fragiles, et désemparés.
Je vais me caler si j'arrive à ne pas trop bouger devant une série, je me refais breaking bad.

Dernière modification par Sandreams (27 février 2021 à  01:05)


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Marco 68 
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Ciao Sandra je ne te connais pas mais je suis très fier de toi ! Je t'envie bcp même, tu est à 2semaines presque si j'ai bien compris, putain je te kiffe grave... moi qui depuis des années si je reste 30 heures sans fixer c'est un record.
Là j'ai plus d'argent jusqu'à mardi, que du metha, je suis obligé de battre mon record..
Vas y Sandra tu est fort, tu est mon heroine

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Sandreams 
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Merci Marco.
Là j'en suis à 3 semaines pile. je pensais que j'irai un peu mieux, mais c'est encore difficile, j'ai des impatiences dans les bras, les jambes, je prends pas assez de métha, 20 mg, mais je veux résister et me stabiliser à 20. Du coup j'en bave bien, mais je résiste.
Je crois que le couvre-feu m'aide bien, à partir de 18 h, si j'ai envie de taper, walou, y a plus personne, et j'ai pas de matos chez moi en plus. Je me suis organisée pour que même si j'ai une furieuse envie, je puisse avoir des personnes à appeler, mon fils, ma fille, des collègues du CAARUD qui m'encouragent également .
Je crois que c'est ça le secret, ce qui fait que contrairement à mes autres décros, celle-ci a plus de chance de réussir, je ne suis pas seule, isolée sans aide.
C'est la première fois que je me fais confiance également, et que je laisse la vie me surprendre. Oui, avant je retournais toujours dans des schémas connus, rapidement, au bouts de quelques jours, l'absence de visibilité sur ce que j'allais faire, ou l'isolement me faisait tellement peur, que je préférais replonger.
Là je veux explorer la vie que je me suis construite ces dernières années, qui me plait, mais sans les prods, qui réduisent mes facultés intellectuelles, me fatiguent, et clairement ne me défoncent plus comme avant ou alors à des doses de cheval !!!.
En fait, il faut un déclic, je l'ai lu, entendu  tant de fois, bien sûr, et c'est vrai. Tant qu'on en a pas vraiment envie, ça ne peut pas fonctionner, sinon de se faire hospitaliser dans une clinique au fin fond du trou du cul du monde, pendant des mois, genre le Patriarche que j'ai  expérimenté quelques semaines quand j'avais une vingtaine d'années. Mais du coup dès que tu te retrouves à proximité de prods, tu n'as pas la force de résister ... Donc vaut mieux, selon moi et à mon niveau, faire ça avec les tentations pas très loin, mais entouré de personnes qui te donnent du courage, et surtout avoir un programme de choses à faire assez vite après le sevrage physique pour ne pas passer trop longtemps sans avoir des activités qui occupent bien l'esprit.
Pour moi ces activités, c'est aider les autres, les accompagner dans leur démarches de prise de soin de leur santé.
j'espère Marco que tu auras ce déclic et que tu auras cette possibilité d'aller au bout de la démarche. En attendant, prends bien soin de toi, et donnes des news. Bises

Dernière modification par Sandreams (27 février 2021 à  14:51)


Mea maxima culpa de ne me sentir coupable de rien ...

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Adalana 
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Coucou,

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Sandreams 
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Hello.
je ne dis plus que j'ai l'impression d'aller mieux, car quand je me le dis, dans les minutes qui suivent je vais avoir grave envie de prendre un truc, ou alors je me mets à trembler de partout, froid, chaud, comme si j'en étais aux premiers jours de sevrage. pourtant, ça fait 3 semaines, j'en reviens pas ! Je suis fière quand même, et je peux dire merci à ce support, à vos encouragements, à mes gosses, mes collègues, mes amis, qui à tour de rôle, ont la patience de m'écouter me plaindre, pleurnicher, rire d'un rien, puis de nouveau ça va plus ... le moral ça va ça vient quoi !

Dernière modification par Sandreams (27 février 2021 à  19:29)


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Adalana 
Nouveau Psycho
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D'accord. Je pense que c'est normal que ce soit encore les montagnes russes surtout si ton sommeil est encore perturbé et difficile...

Encore plein de courage c'est énorme ce que tu fais!

Bises

Dernière modification par Adalana (27 février 2021 à  21:40)


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cependant
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Salut,

Même si ma situation n'est pas pareil que la tienne et mon manque bien plus léger (je consomme des opus depuis 8 ans, mais les sessions d'opis forts -came, sken, sub et metha- toujours écourtées à 15j), j'avoue ne pas me priver d'une petite aide médicamenteuse !!

Ça reste à voir avec ton médecin, mais dernièrement sur mes petits manques, de l'imodium contre la chiasse, du spasfon contre les spasmes du bide, du lyrica, des benzo et du tercian pour dormir me font le plus grand bien...

Après bien sur il ne s'agit pas de remplacer des addictions par des autres, mais à voir avec les prescripteurs qui te suivent, moi je trouve que perso ça m'aide beaucoup et sans tout cela je n'aurais jamais pu me passer d'opis et enfin faire une (petite) pause : je suis à 0 mg depuis trois jours ...(et ça va...).

Sinon j'ai entendu parler aussi du catapressan mais c'est plutôt en hôpital, mais on m'a dit que ça enlevé 75% des effets du manque (bon à voir selon la situation de chacun, d'ailleurs c'est un hypotenseur alors faut surveiller la tension)...

Bref voilà plein de courage à toi en tout cas

Dernière modification par cependant (27 février 2021 à  21:28)

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Marco 68 
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Sandra Sandra ca me fait très plaisir de te lire ainsi, je suis très fier et contente pour toi, vraiment, même si on se  connait pas. Continu, vas y,tu est sur la bonne voie. Moi quand j'avais arrêté suis resté 2mois sans dormir et je passais mes nuits sur YouTube, concerts musique film reportages..et ça a été. Bon ,la journée j'étais très nerveux et impossible à vivre,selon mes proches..mais c'est passé
Là je me vois mal : pas de déclic, pas de soutien pas de force de m'ensortir ... et j'avais arrêté pendant 3ans !!! Décroche en 6mois avec metha et 3ans sans rien. Et un beau jour, l'ennui et l'excuse d'une déception amoureuse, j'ai repris. Héro et sken, à monter,de plus en plus

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Sandreams 
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Je viens de me lever, il est 5h00 du mat, j'ai réussi à dormir 6 heurs d'affilées ! Trop bien ! Bon, j'avais gobé un Séresta 10, mais c'est que dalle et j'en avais pas pris depuis quelques nuits en plus, je risque pas de m'accrocher aux benzos.

Dernière modification par Sandreams (28 février 2021 à  08:04)


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Sandreams 
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Cependant je connais bien les prescriptions dont tu parles, j'ai testé et oui, ça aide, mais le cas d'une déccro de plus de 15 jours, du coup, il ne faut vraiment pas en consommer plus que quelques jours au risque d'avoir des difficultés à s'en séparer. J'en ai fait l'expérience à deux reeprises, être accro aux cachetons, j'ai détesté. Petite anecdote, j'avais demandé à mon frère de me prêter son appart pour faire une semaine  sans came, je tournais à l'héro, ça pouvait le faire. Je choppe du Tercian, rien d'autre. Je bouffe les plaquettes très vite pour me faire tomber, et me réveille trois jours après, l'appart en vrac, les lattes du parquet arrachées, le ficus géant dépoté gisant sur le tapis salon, lui-même jonché par l'intégralité des bouquins et bibelots de la bibliothèque. Moi-même en vrac, des bleus, des estafilades, des bosses partout et plus aucun souvenir de ces trois jours et trois nuits ! Mon frangin ne m'a plus jamais regardé pareil, ni fait confiance, ça l'avait choqué de voir comment j'avais retourné son appart lol
Alors j'en bave, oui, mais en même temps, je veux me souvenir que ce n'est pas facile le sevrage, et que le coût physique est de plus en plus dur à porter avec les années. Ce que je supportais aisément il y a encore 10 ans, m'est devenu très très difficile depuis que j'ai fait une embolie pulmonaire.
Tout ça pour réfléchir un peu plus longtemps au prochain bon plan de came qu'on me soumettra, car ça arrivera, c'est sûr.
Merci de vos encouragements, ça rebooste et bonne journée.

Dernière modification par Sandreams (01 mars 2021 à  05:53)


Mea maxima culpa de ne me sentir coupable de rien ...

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Sandreams 
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Mes enfants, c’est le plus important chapitre de ma vie, je dois bien le reconnaître, ils m’ont sauvé la vie.

Certes, j’ai trébuché bien des fois, oui, je ne suis pas une image, sage, mais j’ai un profond respect pour mon rôle de maman, et c’est cette volonté de donner le meilleur de moi-même pour eux, d’être présente même quand ça ne va pas, cette volonté de vouloir que mes enfants soient heureux et fières de moi, qui m’a poussé à contrôler mes consos à un seuil toujours en dessous de mes limites, pour garder toujours physiquement, matériellement, intellectuellement, le contrôle et espérer vivre le plus longtemps possible.

Du coup, ça a bien fonctionné, je prends soin de moi, et je crois pouvoir affirmer avec certitudes que nous les parents toxicos, avons ce petit supplément de force avec nous que représentent nos enfants, qui nous poussent à aller plus loin, même quand nous nous n’y croyons plus, eux si.
Alors pendant des années, j’ai avancé en eau trouble certes, mais toujours la tête hors des tourbillons trop forts.
À chaque mauvaise passe, je me trouve un espace pour respirer : pendant les vacances scolaires, je m’arrangeais régulièrement pour que les enfants partent en colo, dans la famille, ou même parfois, je faisais des breaks en week-end à la campagne, loin des tentations. Ces moments me permettaient de prendre soin de moi, et d’eux par ricochet ! Anecdote, je suis dans la maison des grands parents d’un des mecs qui a jalonné mon parcours. Nous n’avons plus de came. Cela fait plusieurs jours que je me tortille la nuit dans tous les sens, les jambes tricotent sous le flux nerveux des élancements, des impatiences. Ma fille alors âgée de ¾ ans, se glisse dans mon lit, suite à un cauchemar. Elle se blotti contre moi, et instantanément, je calque ma respiration sur la sienne, je me calme, et aussi incroyable que cela paraisse, je ressens un courant d’une douceur incroyable me traverser. C’était il y a tellement longtemps, j’ai oublié des choses bien plus importantes, mais ça, ça m’a vraiment beaucoup marqué pour que je me souvienne exactement du ressenti. Bon, je ne tenterai pas de la psychologie de comptoir, mais le pouvoir de l’amour et la force des sentiments ont joué un rôle prépondèrent dans cette histoire.
J’ai également une constante dans ma relation aux autres, si parfois je me suis plainte de mauvaises fréquentations, d’influences néfastes, aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’ai toujours été à l’initiative de ces rencontres il me semble, avec le recul. Oui, autant je passais la moitié de mon temps à échapper, à fuir la défonce, l’autre moitié de mon être, inconsciemment, parfois même pas d’ailleurs, multipliait les occasions, et mettait en place, construisait des opportunités. Un exemple, je m’arrangeais pour avoir toujours dans mes connaissances, des fournisseurs, même si je les détestais. Je gardais toujours mon réseau intact, comme si je n’étais jamais certaine, à chaque fois que j’arrêtais de consommer, d’aller au bout de la démarche. Je précise que je constate ces mécanismes après coup, bien sûr, je pense que je les aurais déjoués si j’en avais eu pleine conscience. 
Une autre constante malheureuse, ma naïveté. En quête de reconnaissance, je me suis toujours imposée sauveuse de veuves et d’orphelins comme on dit. Prête à gober n’importe quelle histoire, si je pouvais retirer un peu de fierté, de regards bienveillants. Ce constat me fait honte bien sûr, mais encore une fois, c’est un constat à posteriori, après analyse de mes actions, et réactions. 
Je me suis bonifiée avec le temps, je ne suis plus dans la recherche de mises en avant, de flagorneries, j’ai bien vieilli je crois, à force de remises en question constantes, et d’analyse.
En fait pour se faire, il faut trouver des activités suffisamment valorisantes, le commerce pour moi, dans de petites villes ou village, pour avoir un rôle d’utilité public lorsque c’est le seul commerce de proximité, ou que l’ouverture 7/7j, est devenue indispensable. Cela demande énormément d’investissement, en temps, en fric, mais c’est tellement gratifiant, que pendant ces périodes d’activité légales, je ne consommais pratiquement plus. Quand la conjoncture est devenue moins favorable, comme l’ouverture d’un centre commercial à un kilomètre, ça a été la dégringolade. Fermeture de mon commerce à terme, malgré une grève de la faim pour dénoncer le double jeu de la municipalité qui s’était engagée à rejeter toute demande d’implantation de ces grands groupes à proximité de la commune où je m’étais installée. Trois semaines de combat pour que je ne subisse pas la double peine de perdre mon commerce, et d’être surendettée par l’emprunt que j’avais contracté pour m’installer. La mairie a cédé, et on pris en charge tous les frais liés à mon installation, ainsi que le semestre d'URSSAF, et autres factures résiduelles.
Ouf, mais l’arrêt subit d’activité et l’impact psychologique vont me plonger dans une descente aux enfers qui va m’entraîner loin, très loin ...

Dernière modification par Sandreams (02 mars 2021 à  00:52)


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Sandreams 
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Me revoilà, nuit de merde encore ... Quand est-ce que je ne ressentirai plus ces putains de lancements partout dans les bras, les jambes, ça fait un mois passé !
Je craque ce matin, je suis dégoutée, j'ai trop envie de m'envoyer un truc !
Je ne sais pas comment je vais gérer ça, c'est puissant. Parfois je me dis que ça sert à rien tous ces efforts, que je ne serai jamais plus bien, tranquille, en paix, bien dans ma peau. Ça m'agace ces fluctuations d'humeur. Pourtant je m'occupe, je reprends mes activités, je peux aller mieux une journée, et le lendemain, rebelote, c'est la cata, le mal-être revient. C'est vraiment la plus mauvaise journée depuis que j'ai commencé la décro. C'est bizarre, on pourrait croire que ce sont les premiers 10 jours les plus difficiles, mais non, c'est sur la longueur que ça tire le plus.
Je n'arrive pas à dépasser ça aujourd'hui, je suis en plus en colère, je m'en veux d'être si faible ...

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Sandreams 
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Ça va mieux ce matin, hier j'ai fini par prendre un para de métha pour me calmer, et comme je ne veux pas augmenter trop, j'ai divisé une gélule de 20 mg en 3, à vu de pif, et l'ai gobé. Ça a suffit à me détendre un peu et le soir j'ai pris une moitié de Séresta 10 mg pour être sûre de dormir un peu.
Du coup ce matin je n'était pas trop dans le gaz.
Chaque jour de passé est une victoire, il faut que je gère ça comme ça, sans pression et sans m'arrêter à ces incessantes vagues de chaud/froid, et ces encore trop rapprochés lancements nerveux dans les membres et le ventre.

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Adalana 
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Sandreams 
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Bonsoir tout le monde !
Depuis mon dernier post il y a vingt jours, les choses n'ont pas vraiment évoluées.
Je suis toujours insomniaque, les élancements dans le ventre et les jambes me tiraillent encore, moins mais c'est très très pénible à la longue.
Je suis extrêmement fatiguée, j'ai de plus en plus de difficultés à accomplir les tâches du quotidien et j'ai ralenti mon investissement dans le milieu associatif car je suis assez déprimée quand même, et ne peux décemment pas être une aide pour les autres tant que je ne suis pas moi-même en pleine forme.
Je suis toujours à 20 mg de méthadone, ceci explique aussi certainement pourquoi je suis si mal presque 2 mois après le début de mon sevrage.
Quand la fatigue est telle que je m'effondre en larme, épuisée, je prends 10 mg de plus, et j'arrive à dormir 3/4 heures d'affilé, mais c'est rare, je ne veux pas me stabiliser au dessus des 20 mg.
Je suis persuadée d'être tout près du but, je sens que les moments où mon corps est en paix sont de plus en plus longs.
Je n'ai même plus envie d'écrire comme j'ai pu le faire dans les premières semaines.
Je me force alors, pour ne pas m'enfoncer trop profond dans la déprime, à sortir tous les jours, à faire une demi-heure de sport tous les jours, à me faire à manger une fois par jour également. C'est pas facile, il ne faut pas que je laisse une seule fois la procrastination prendre le dessus, sinon ce serait la fin, je n'arriverai plus à m'y remettre.
Alors j'avance doucement mais surement.
Je vais essayer de me recoucher, plus que 2 heures avant que la journée commence, ça me ferait du bien de m'assoupir un peu.
Merci Adalana de tes encouragements, ça fait plaiz et motive pour la suite.

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