Vous aussi le plus dur c’est pas l’arrêt... mais l’après ?

#1 
Cherifath femme
Nouveau membre France
16 mai 2026 à 13:57
Je pensais franchement que le plus compliqué serait de réduire ma conso, mais au final j’ai l’impression que le plus dur commence après.
Quand je consomme moins, je tiens quelques jours puis je me retrouve avec un énorme vide dans la tête. Plus d’envie de voir du monde, pensées qui tournent en boucle, anxiété bizarre le soir, et surtout cette impression de ne plus savoir quoi faire de mes journées.
Le pire c’est que parfois je me demande si j’étais pas “plus stable” quand je consommais régulièrement, même si je sais que c’est faux sur plein d’aspects.
Je commence à comprendre que chez moi le problème n’est peut-être pas uniquement le produit mais aussi tout ce qu’il y a derrière mentalement.
Est-ce que certains ici ont eu cette phase où le cerveau cherche constamment à revenir aux anciennes habitudes même quand on veut sincèrement avancer ? Vous avez réussi comment à casser ce cercle ?

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#2 
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KetozoreDTR homme
Anachorète ketaminé France
16 mai 2026 à 17:24
Salut smile

Je suis totalement d’accord avec toi, quand on a décidé d’arrêter la conso la vie est sans « artifice » donc tu te retrouves avec toi même sans possibilité de changer ta perception des choses.

À l’heure actuelle ce qui fonctionne, pour moi, c’est un changement d’environnement et de rythme de vie.
J’ai trouvé un travail dans un domaine complètement différent de là où j’étais, je suis avec des gens nouveaux, dans une région nouvelle, je n’ai plus de lien avec ma vie d’avant.

Le changement aide donc pour arrêter les anciennes habitudes.
Après je pense pas que ce soit une question de volonté dans le sens où il faut que ton corps et ton esprit puissent passer à autre chose, et si tu es dans le même milieu forcément tu auras la tentation et ton inconscient aura toujours l’idée de consommer.

Quoiqu’il en soit tu traverses une passe d’adaptation , c’est normal que tu doutes ou même que tu veuilles retourner à ce que tu connais, surtout si la consommation a des effets positifs sur le moment. Mais si tu as décidé d’arrêter, je suppose que c’est pour ne pas ou ne plus avoir d’effets négatifs…

Je te souhaite bonne chance dans ta démarche et prends soin de toi.

A +

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#3 
Pessoan
Nouveau membre
Aujourd'hui à 00:08

Cherifath a écrit

Je commence à comprendre que chez moi le problème n’est peut-être pas uniquement le produit mais aussi tout ce qu’il y a derrière mentalement.

Oui.
Le déni ? La frousse de se découvrir à nu? J'en sais rien.

On cherche souvent à pointer le produit du doigt, parce que tout ce qui a été lissé reprend des forces. Je ne te connais pas, mais ce *pharmakon* (poison/remède) que tu utilises n'a pas qu'un seul visage, il te canalise ou te réconforte ; d'un autre côté te nuit et te dessert.  Je me trompe peut être mais il me semble que tu le dis toi-même :  "te sentir plus stable" quand tu consommais, mais tu ajoutes "que c'est faux sur plein d'aspects". Lesquels ?
Tout n'est pas noir. Tout n'est pas blanc. Toi seul sait comment penche la balance ; sans auto-stigmatisation ni culpabilité surnuméraire, tu sais de quoi tu as besoin.


Pour ce qui est de "l'impression de ne plus savoir quoi faire de ses journées" :

si tu n'as pas   un "espace" ou tu sens la vie en toi, autour de toi, et où tu te trouves animé (difficile je le conçois) ;

ou à défaut un "boulot" avec les petites liasses à la clé (façon robot désarticulé en panne d'inspiration) comme système D  et provisoire et non SUBSTANTIEL - ben tu te retrouves avec toi-même.
Le vide, oui. On se demande où est la cage et qui sont les geôliers. Quelle façade nous convient le mieux. L'identité, les miroirs. Tout qui te revient à la gueule.

Cherifath a écrit

Est-ce que certains ici ont eu cette phase où le cerveau cherche constamment à revenir aux anciennes habitudes même quand on veut sincèrement avancer ? Vous avez réussi comment à casser ce cercle ?

Oui. Constamment. J'ai l'impression que je ne sais plus qui je suis.
Je suis en perpétuelle redéfinition.
J'ai l'impression qu'il y a une haine profonde envers soi, de la culpabilité (je parle en Je), je ne sais pas comment Tu le perçois.
Mais les cercles sont concentriques. Même centre, douleurs diffuses, épines à rallonges...

Pour le casser, je sais pas, je dirai qu'il peut s'émousser. En lâchant du lest, en respirant, en se posant des questions (pas trop, si t'es du type cerveau 1000trs/minutes, c'est pas gagné), tu vas te lessiver le crâne.


Comme l'a fait remarquer Ketozore, prendre l'air, faire des rencontres, trouver un nouveau rythme, moins syncopé? plus lent? plus rapide? C'est un casse-tête et je suis trop sceptique pour dire quelque chose là dessus... Quand on est embourbé, on est embourbé.

Mais parfois, un petit filet d'air et tu grignoteras quelques centimètres de ton anxieté et de ton vide ? Je t'envoie le peu de soleil qu'il me reste

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#4 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
Aujourd'hui à 01:14
Bonsoir,
Je me retrouve aussi beaucoup dans ce post, je me focalise sur l'arrêt des prod mais en fait, à chaque fois je reprends car je panique d'être sobre c'est à dire d'être moi-même.

Pourtant maintenant, ce que je prends me met vraiment dans le mal, et après mes conso, je douille des jours et des jours.

Mais j'ai beau être bien maso, la souffrance et les risques finissent pas être bien trop grands. Les manques avec angoisses, insomnies, épuisement post conso de came, et l'oppression cardiaque et le peu de plaisir à chaque conso de C, les mal de crâne énorme pendant des jours suite à mes prises de K... et un nouveau poste à responsabilité qui s'ouvre peut-être pour moi au boulot mais va falloir que j'ai les idées claires.

Aussi dingue que ça paraîsse, après avoir commandé 2g de C la semaine dernière sur le dark (offre de bienvenue à 40 balles), le gars m'en a envoyé 6g, et aujourd'hui il m'en a renvoyé 6g, ils sont fous ces dealers ! Donc j'ai tapé toute la soirée et là je suis ultra oppressé du cœur et de la cervelle...

Bon, je me débarrasse de tout demain et j'envoie à droite à gauche aux amis. Là c'est clair dans mon esprit que je stoppe et que je vais devoir m'accepter sans défonce.

Je pensais pouvoir consommer chaque mois, j'ai repris de la came pour la descente de C mais j'ai reconso direct tous les jours. Bah oui, j'allais par regarder la came devant moi et pas en prendre c'est évident !

Et après 10 jours de conso bah l'arrêt ça a été horrible, et encore j'ai déjà vécu bien pire. Sous came, plus de problème, je me sens ultra bien, plein d'énergie, plus de dépression, que du bonheur, et surtout rien n'a d'importance, je me fous de tout, je n'ai besoin de plus rien. Plus besoin de relation et d'activité, juste moi et la came donc je continue chaque jour, sauf que très vite je sais ce qui m'attend donc je continue car j'ai peur de ce qui va arriver. Et je finis par plus rien avoir et tant pis, j'assume, je veux pas racheter, et c'est des jours et des jours de souffrances...

Bref, maintenant c'est clair, je peux pas gérer ce produit en en prenant ponctuellement et comme je disais, la C m'oppresse grave au plan cardiaque donc c'est un signal clair que ça va mal finir. Et puis sans came, la descente, quelle horreur !

Donc voilà, je dois arrêter tout ça, trop de souffrances et d'impacts négatifs dans ma vie. Mais je sais que dans 2-3 jours ça va être la panique de me sentir aussi lucide, au naturel, j'ai plus l'habitude !

Mais en même temps, je dois en passer par là, même si ça me fait peur, de voir qu'à presque 40 ans, j'ai perdu beaucoup de temps, que j'ai toujours des difficultés dont je ne sais que faire, qui me paraissent insolubles...

Pourtant, il y a plein de choses que je sais qu'il faudrait faire, sortir, parler à des gens, faire plus de sport, etc... Et ça, j'aurai l'énergie sans me proder mais être "trop" moi, me sentir moi, ça me panique, alors être moi avec les autres ?

Je suis à balle de C, donc désolé si mon message est pas clair ou semble idiot. Vivement demain déjà, que cette sensation d'oppression de descente de C me quitte, en espérant ne pas faire une crise cardiaque ce soir, ça serait con alors que j'ai décidé d'arrêter ! Il était même pas prévu que j'ai de la C, mais ce dealer fou qui me renvoie 6g sans que j'ai demandé...

Bref, courage à tous, arrêter les prod pour moi c'est vraiment un combat, 2 ans que j'arrête et que je reprends et que j'arrive par à réguler mais au delà de la dépendance et du craving, je vois bien que c'est l'après qui me fait replonger, d'être face à moi-même sans qu'une substance me permette de me rendre suffisamment étranger à moi-même.

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