GHB (gamma-hydroxybutyrate), effets, risques, témoignages

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Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) est une molécule utilisée dans le cadre médical comme anesthésique et dans le traitement de la narcolepsie. Il agit sur les récepteurs GABA comme l’alcool ou les benzodiazépines. Il possède une double action : sédative et amnésiante. Le GHB est aussi utilisé à des fins récréatives.

La prévalence d’expérimentation du GHB mesurée à la fin de l’adolescence (17 ans) s’élevait à 0,27 % en 2005, à 0,44 % en 2008 et 0,53 % en 2011. Malgré l’augmentation de la prévalence depuis 2005, l’expérimentation du GHB/GBL reste un phénomène extrêmement marginal chez les jeunes de 17 ans. De même, l’expérimentation du produit parmi les 15-30 ans atteint 0,3 % en 2010.

Le GHB est classé comme stupéfiant.


Histoire brève

Le GHB est une substance endogène naturellement présente de la plupart des organismes vivants[1] et dans le cerveau avec des concentrations qui varient en fonction de la zone de ce dernier.[2].

Le GHB a été synthétisé suite au besoin clinique de développer un précurseur des récepteurs GABA qui pourraient traverser la barrière hématoencéphalique[3]. L'effet sédatif du ghb et sa faible toxicité l'on guidé vers une utilisation en anesthésie. Ce dépresseur de forte puissance agit d'une manière notable sur le système GABAergique du cerveau.

Cependant le produit était relativement confidentiel au sein du milieu médical et c'est à travers le clubbing ainsi le bodybuilding que le produit a pénétré les rues. Le GHB est devenu accessible au public, faute de réglementation, notamment aux USA et en Europe, se vendant comme complément alimentaire ou autre (magasins lié au culturisme, sex shop, smartshop etc.)

Histoire médicale

Ce produit a deux avantages en anesthésie  :

Le premier est qu'il provoque une électroencéphalographie qui donnent des resultats où les patients peuvent "répondre" malgré un "haut voltage+ activité faible" sur l’électroencéphalogramme[4]

Deuxièmement, malgré sa rapidité d'action, les effets ont une durée relativement courte. Par exemple en injection les effets peuvent débuter entre 4-6 mn chez le rat. Dans le corps humain, la demi-vie plasmatique est de 60-90min[5]. En conséquence l'utilisation de ce produit était confiné à la chirurgie (ex: opérations ophtalmiques) , vu que le produit ne limitait pas les réflexes des patients. Source: Vickers 1969 + Smith et al 1972. Puis le produit s'est développé pour les anesthésies générales[6]

Enfin ce produit avait aussi un potentiel en tant qu'anxiolytique mais il a été remplacé rapidement par les benzodiazépines qui sont des médicaments moins risqués sur plusieurs aspects (abus, overdoses, facilité d'usage etc.)

Les effets du produits sur le sommeil ont été découvert dès la fin des années 50, via l'utilisation de doses importantes. D'abord par des doses faibles (15-50mg/kg orale) , aujourd'hui une dose pour le sommeil est de 4.5g sur la notice des GHB pharmaceutiques[7], jusqu'à 2x par nuit pour avoir une nuit de sommeil complète[8]

Les effets hypnotiques du ghb chez l'Homme a été démontré lors d'essais "ouverts" et il a été observé que le produit provoqué un seuil d'endormissement plus bas, un endormissement plus rapide et le maintient du sommeil après l'endormissement[9][10]

Cependant, comparé à un placébo distribué lors d'essais en double aveugle, les enregistrements des polygraphes n'ont pas démontré un raccourcissement du temps avant l'endormissement chez les patients sains , qu'il y ait une administration nocturne ou matinale[11].

D'un autre coté , l'effet hypnotique (15-55mg/kg per os ou oral) a été démontré en clinique, chez des patients atteints de "idiopathic excessive daytime somnolence = hypersomnie?"[12] et chez les patients atteints d'insomnies ou de depression[13].

La littérature scientifique suggère que le GHB facilite le sommeil chez les patients qui ont des difficultés à initié ou maintenir le sommeil mais n'a aucun intérêt chez les patients sains.

« Pour le Xyrem (ghb) la dose max est de 4,5 grammes deux fois soit 9grammes mais y'a delai de 2h30 à 4h entre les deux prises , perso je suis à deux fois trois grammes et ça me permet d'avoir une vie normale malgré ma narcolepsie avec cataplexies, en association avec du modafinil (modiodal) 400mg en tout pour celui là chaque jour

Le ghb pour moi c'est mon partenaire pour la vie, seule substance approuvée et testée redonnant un sommeil aux cycles profonds et réparateur chez les narcoleptiques (on produit plus des regulateurs du sommeil donc je redis que l'effet est différent d'une personne non malade, j'ai passé des jours en service neurologie avec des electrodes pertout avant de l'avoir ce médoc) (le canna aussi certaines souches mais perso je trouve que c'était moins efficace, ça dépanne en cas de retard de stock de xyrem à la pharma de l'hosto)

»
-(Source, PoissonDeLaNuit, Psychoactif)

Qu'est ce que c'est ?

Aspect, à quoi ça ressemble ?

fiole de 5ml de GHB à 8euros
GHB médical sous forme de Xyrem
Fabrication du GHB avec le GBL (et colorant jaune)
GHB sous forme de cachet (avec colorant jaune)


Ce produit a la texture et l'aspect du savon, il est plutôt lourd et donc peu volumineux ou poudreux. Sous sa forme solide, cette molécule est d'un blanc éclatant. Le produit a tendance a se solidifer si la teneur en eau est inférieur à 50% du volume. Au delà , le produit est sous forme liquide, plus ou moins concentré. Il existe une forme thérapeutique du produit distribué sous l'AMM "XYREM®" pour les troubles du sommeil (formes graves de narcolepsie, hypersomnie etc.)[14]

Il existe plusieurs formes de GHB (naGHB, KohGHB, mgGHB, caGHB) ~ nous nous concentrerons ici sur sa forme sodium pour cet article.

Le produit est légèrement salé sous sa forme médical et lorsqu'il est synthétisé illégalement, il l'est d'autant plus.

Les autres noms et surnoms

Gamma OH ou γ-OH ;

Acide gamma-hydroxybutyrique ;

Ecstasy liquide ; Le "g" ; Le sel. ; La drogue du viol ;

noms scientifiques :4-Hydroxybutanoic acid ou Sodium 4-hydroxybutanoate (peu utilisé)

noms commerciaux : Xyrem®

Le prix

Le prix du xyrem est relativement cher Le prix du ghb de rue est dépendant de son précurseur, le gammabutyrolactone, qui se vend environ 100€ le litre (eq: 500doses). Il s'agit donc d'un produit relativement peu coûteux, une dose d'un produit de rue a un prix coûtant variant entre 20cts et 1€ , ce prix est nettement supérieur sur le marché noir (plusieurs euros la dose).


Le GHB la drogue du viol ?

Largement mise en avant par les médias, l’utilisation du GHB à des fins de soumission chimique est en effet très minoritaire, l’écrasante majorité des consommations s’effectuant dans un cadre récréatif. Les produits les plus couramment utilisés en France à des fins de soumission chimique sont les benzodiazépines et l’alcool, comme le montre le dispositif d'observation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui recense tous les cas enregistrés de soumission chimique avec identification et dosage des substances en cause[15]

Les modes de consommation

  • Oral/ per os : liquide dilué pour attenuer le goût du sodium ; morceaux solides mâchées
  • Rectal / plug : dilué dans une seringue 5ml ;
  • IV : xyrem uniquement (ph stabilisé 7.5, utilisé en anesthésie 1960-1980 source: Henri Laborit)

Dosages

D'après Erowid[16], pour une prise orale :

  • Effet léger :0.5 - 1.5 g
  • Effet Commun : 1 - 2.5 g
  • Effet fort : 2 - 4.0 g
  • Peut induire un sommeil profond : 3 - 5 g
  • Overdose : 5 - 10+ g


« Supérieur à 4,2 g oui ,techniquement de 4,2g a +l'infini il y a bien "Respiration de Cheyne Stokes, convulsions, coma, décès" mais je dirais que la zone entre 4 et 4.5g est un "gros dosage", au dessus de 4.5 on est dans le "grande chance de sédation" c'est donc trop dosé pour du récréatif en général. Entre 5 et 6 là.. c'est plus pour dormir qu'autre chose... Au dessus de 5.5 pour une personne non tolérante => il faut éviter, zone grise, risque de dépression respiratoire.

J'ai déjà eu une personne chez moi qui avait fait convulsion+coma sans respiration cheyne-stokes ni décès mais il avait "bu de la bière" avant de prendre 4,5g de ghb environ en gbl. "Dosé à l’œil"..

si un personne prend 4,5g -> certaines ne vont pas s'endormir, pas mal oui vont piquer du nez , le sommeil sera safe si les conditions sont réunies (pas de mélange de prods, pas de pb métaboliques etc) il s'agit de la dose médicale pour dormir , initiale.

Pareil , endormissement de 1,5 à 2,2 -> ok mais c'est un petit dosage ça, peu vont s'endormir contre leur gré! c'est une dose subtile et plutôt cool 1,5g. , 2,2 ça peut changer pas mal déjà..

»
-(Source, groovie, Psychoactif)

Les effets recherchés

Le point décisif est de déterminer son "safe spot" c'est à dire une dose "safe" qui provoquera des effets récréatifs satisfaisant. L'usager devra donc aller pas à pas dans ses dosages puis les mémoriser.

Dose récréative : Ivresse, euphorie, désinhibition, appétit sexuel augmenté, orgasmes plus puissants.


« Cela rend euphorique, on se sent bien. Tout le monde est beau et l'avenir semble radieux. C'est une ivresse chaleureuse, optimiste. Un vague cousin (au niveau du ressenti) de l'alcool, de la mdma, et des benzo. »
-(Source, groovie, Psychoactif)


« Mais plus généralement le GHB c'est bien pour faire les courses, aller en boîte et kiffer le son pour quelques heures. Les gens sont beau, la musique aussi, donc ça se prête bien aux liens bruyants et mouvementés. Le soucis du produit est sa durée d'action courte. »
-(Source, groovie, Psychoactif)
« Dans mon cas avec un setting pourris du style dans ma chambre...je ressens uniquement une anxiolise et une envie de sex assez puissante au delà de 3g »
-(Source, groovie, Psychoactif)

Les risques de la consommation

Dangerosité et dommages du produit selon différents classements

Echelle de classement des dommages créés par différentes drogues.2007 [17]
Le cube de la dangerosité pharmacologique, selon Alain Morel[18]


Les effets secondaires

Nausée, vomissement, endormissement. Risque glutamate, cycles du sommeil dégradés en cas de consommation chaotique, bodyload relativment long après ingestion de doses massives. En cas d'abus fréquent et répété, Syndrome de Korsakoff? Déséquilibre potassium/sodium?

Tolérance, accoutumance, Dépendance

La dépendance se développe en plusieurs semaines, voir mois, d'utilisation quotidienne. Le sevrage est potentiellement mortel, la personne peut être délirante, avoir des hallucinations dans le pire des cas. L'administration d'antipsychotique, de benzodiazépines et de gabapentin peut être nécessaire pour la santé de l'usager.

« Oui, le sevrage peut être particulièrement difficile. On peut s'enfoncer assez rapidement dans une addiction. Au début on en prend pour s'amuser, dormir, le sex, pour sa déprime, son anxiété, pour le sport / bodybuilding. La consommation devient de plus en plus compulsive et finit par un manque élevé avec ou sans délirium tremens. Puis vient l'anxiété, l'insomnie, tremblements. Si la personne s'en sort, en HP ou en desintox, il faut faire attention aux risques de suicide issues de la dépression post sevrage, et des risques de switch vers d'autres substances pour combler le vide. Quand j'ai arrêté le GHB, j'étais passé au kratom, avec succès , je ne jamais retombé addict au ghb tellement mon sevrage fut douloureux. »
-(Source, groovie, Psychoactif)

GHB et grossesse

Le ghb a été utilisé en anesthésie pour les accouchements, cependant nous ignorons si le produit est dangereux pour le foetus ou l'enfant.

GHB et mélanges de drogues ou de médicaments

Le ghb est un dépresseur du Système Nerveux Central (SNC) puissant, un "downer". Le mélange de plusieurs downers est potentiellement mortel (depression respiratoire, etouffement, chutes etc.)


Opioïdes, Barbituriques, benzodiazépine et GHB

Très dangereux : Consommation sans tolérance ou avec des pics de concentration in vivo ; un individus sans tolérance qui consomme simultanément de l'héroïne de bonne qualité et du ghb va faire une dépression réspiratoire importante et décéder relativement rapidement)


GHB + Alcool

Très Dangereux : si la personne ingère une grande dose d'alcool avant l'ingestion d'une dose de GHB, celle ci va faire un coma potentiellement mortel. Boire de l'alcool APRES une dose de ghb est bien moins risqué, cependant le dosage peut être traître. Il est vivement déconseillé de faire un combo GHB-Alcool-GHB, car dans tous les cas l'alcool s'élimine très lentement par le foie. (source: inserer diag elimination alcool)

« Il faut 2-4h environ pour prendre de l'alcool après le ghb. A 2H il faut y aller tout doucement car on a le produit dans le sang. A 4h beaucoup moins, à 6H des reliquats, à 8h plus grand chose. »
-(Source, groovie, Psychoactif)


GHB + LSD

« GHB + LSD (ou hallucinogènes en général) c'est un peu un candyflip version lidl. L'effet anxiolytique adoucis le trip. Un incontournable pour moi. »
-(Source, Peiratês, Psychoactif)

GHB + cocaïne

« Niveau combo GHB+Cocaïne c'est vraiment euphorisant tout en réduisant le body-high de la coke. Les effets étant variable selon le timing de prise et le dosage. »
-(Source, Peiratês, Psychoactif)

Comment réduire les risques

  • Avoir un setting de qualité : un lieu avec des personnes de confiances, qui veilleront sur vous.
  • En cas d'endormissement, vérifier le poul et la respiration. Bien entendu il est conseillé de contacter le 112 en cas de "coma ghb" ou "g-hole" , cependant l'endormissement étant assez fréquent, il est courant que des usagers fassent l'erreur de laisser une personne s'endormir sans verifier son état.
  • Il est impératif de la mettre en position latérale de sécurité si elle ne réagit pas, pour ne pas qu'elle s'étouffe.
  • Enfin, le point décisif est de déterminer son "safe spot" c'est à dire une dose "safe" qui provoquera des effets récréatifs satisfaisant. L'usager devra donc aller pas à pas dans ses dosages puis les mémoriser.
  • Le remplissage de l'estomac, l'hydratation et la fatigue joue un rôle clé dans la puissance du ghb ou de ses dérivés, allant jusqu'à plus ou moins un tiers en terme de puissance ressentis.
  • Sur la notice du naGHB médical "Xyrem®" , il est conseillé de prendre le médicament à heures fixes, avec l'estomac remplis de la même manière, a fin de limiter la variation d'effets.


Liens

Références

  1. https://www.ceri.com/cti-1.gif
  2. Forensic Chemistry : Doherty et Al. 1978 ; Vager et Al. 1988
  3. source: laborit 1964
  4. Borenstein et al. 1969 + Laborit 1960 + Hayashi 1967 + Metcalf et al 1966
  5. Ferrara et al. 1992
  6. Kleinschmidt et al 1998,1999
  7. http://m.base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/www/pdf/notice/notice-312.pdf
  8. Samson et al. 1956, White et Samson 1956, Holmquist et Ingvar 1957 , Jouver et al 1961 , Laborit 1960, ROth et Suhr 1970
  9. Broughton et Mamelak 1980; Delay et al. 1965; Hayashi 1967; Hoes et al. 1980; Laborit 1964
  10. Metcalf et al. 1966; Schneider et al. 1963; Yamada et al. 1967
  11. Lapierre et al. 1990
  12. Montplaisir et Barbezieux 1981
  13. Mamelak et al. 197
  14. notice d'utilisation xyrem + Hopital . P.S paris
  15. http://ansm.sante.fr/Declarer-un-effet-indesirable/Pharmacodependance-Addictovigilance/Soumission- chimique/(offset)/6
  16. https://erowid.org/chemicals/ghb/ghb_dose.shtml
  17. Source:Article de Nutt, David, Leslie A King, William Saulsbury, Colin Blakemore du 24 mrs 2007 "Development of a rational scale to assess the harm of drugs of potential misuse" The Lancet 2007; 369:1047-1053. (PMID 17382831; doi:10.1016/S0140-6736(07)60464-4)
  18. Aide-Mémoire en addictologie (Edition Dunod)