Salut à toutes et tous, ça fait un moment que j'erre moins par ici mais ma situation me pousse à revenir et à vous demander conseils.
Je vais essayer d'être bref et concis même si j'ai déjà les larmes aux yeux après avoir dormi 2H et devant aller au taf dans pas longtemps.
Je taquine les drogues les drogues depuis mes 14 ans (à peu près tout ce qui est connu et moins connu) mais c'est resté plus ou moins récréatif pendant une vingtaine d'années. Avec des mois sans consos et sans envie (à part l'
alcool).
Y a bientôt 5 ans, suite à des lombalgies aigües, une rupture qui m'a mis à terre et le fait que je me sédentarise, j'ai découvert les joies de l'
oxy et du
tramadol sur prescription. J'ai berné le
doc plusieurs mois parcequ'enfin je me sentais mieux. Puis j'ai senti que ça devenait craignos alors je me suis mis au
deep web, premier achat : de l'
héroïne, évidemment. Je sais dans quoi je mettais les pieds et l'ai fait sciemment. Depuis, j'ai totalement perdu le contrôle, plusieurs
sevrages 'réussis' mais compensés par des prises compulsives d'autres stups :
kétamine,
cocaïne,
amphet',
cathinones ... Au point de taper dans les chiottes dans l'école où je travaillais, je vous raconte pas la honte et la pression que ça m'a mis. Parfois je rentrais du taf et avant même d'enlever chaussure et manteau je m'envoyais une ou deux diagonales de BD de
kétamine pour aller tutoyer les anges. Bref, je conscientise que je suis devenu polytoxico.
Y a 3 ans, encore une blessure au dos, plus grave cette fois. J'ai résisté un mois avant d'accepter un traitement
skenan, les larmes aux yeux, mais la douleur était telle que je n'en pouvais plus, j'allais me couper la jambe si ça continuait. Je viens donc de passer 3 ans sous opis.
Skenan jusqu'à 300 voire 400mg, souvent en snif. Tout en continuant à brasser tout types de prods, notamment la
came.
Et puis 2026 arrive, cette année particulièrement merdique. elle a commencé par 5 morts dans mon entourage (dont un par OD dont je me sens responsable), je suis à bout mais commence à relever la tête, parceque je sens que je n'ai plus le choix.
Switch au
tramadol, en accord avec mon prescripteur (qui est compréhensif et me fait confiance), on trouve l'équilibre entre LP et LI, je respire à nouveau, me calme sur les consos annexes et retrouve le goût de vivre. Et là, une espèce de miracle : je rencontre une femme, genre l'évidence. Une complicité inouïe, une osmose incroyable, j'ai l'impression de découvrir ce que Aimer signifie. Pour la première fois de ma vie, j'envisage de vieillir avec quelqu'un, sans aucune arrière pensée. Au fond de moi, je me dis que la vie me devait bien ça.
Ca a duré 2 mois, jusqu'à son départ pour une dernière saison avant de se retrouver et construire ensemble. Mais paf, elle même étant sujette à des addictions, des traumas et des soucis psys, elle m'annonce que ça va pas le faire, qu'elle n'est pas prête , qu'elle a peur .. Bref je ne m'étendrais pas là dessus, c'est son choix, je le respecte. N'empêche que moi je pète les plombs comme jamais, genre vraiment. Ça fait 3 mois que je fais n'importe quoi, je ne me respecte plus, me réveille parfois face contre terre, déambule comme une fantôme dans les rues de mon bled de montagne. Jamais de ma vie je n'ai eu aussi mal, au point de prendre des risques que je ne m'étais jamais autorisé avant. Reprise de la
came que j'ai finalement encore arrêté il y a 2 semaines environ.
Il n'empêche que j'en suis rendu à 1, 2 voire 3 grammes de
coke et de
speed quotidien. La
kétamine je ne compte même plus. Je mange à peine, picole comme un trou pour noyer la tristesse. J'ai enfin accepté un traitement anxyo et antidép (seresta 50x2 et paroxétine 20mg)
il y a un mois et demi, mais je ne sens pas vraiment de différence jusqu'ici. J'ai passé tout juillet à sortir chaque soir, pour me déglinguer entre potes mais je sens que j'arrive au bout.
Le
doc, par deux fois a voulu me faire interner. Je lui ai bien fait comprendre que j'étais déjà en prison dans ma tête et que me priver de ma liberté de mouvement finirait mal. Je ne me sens absolument pas prêt à vivre en milieu hospitalier, je me connais.
Reste l'option de la
buprénorphine. J'ai déjà essayé par 2 fois et j'ai arrêté de moi même après deux semaines, je sens, je sais que ça ne me convient pas. Et j'ai lu et vu tellement de gens souffrir de cette addiction que je sais que je vais le regretter. Idem pour la
méthadone, avec en plus la contrainte de devoir faire 4h de route quotidiennement pour l'induction les premières semaines, j'ai déjà du mal à faire mes courses à 5km de chez moi, avec en prime, une trouille bleue de me faire péter le permis par les bleus. Permis que j'ai encore, miraculeusement.
Comme dit un super rappeur "T'en reviens à celui que t'étais avec l'expérience de celui que t'as essayé d'être".
Là, je me sens au fond du trou et je continue de creuser avec rage et détermination. Les nouvelles du monde me percutent de plus, j'ai honte, j'ai mal et j'ai peur pour tous les gamins qui vivront le futur. Mais je ne veux pas crever, pas maintenant. J'aime la vie malgré tout, j'ai vécu des choses fantastiques, rencontré des gens formidables, mais je déteste ma vie actuelle et ne sait plus comment en sortir.
Alors j'hésite, est ce que je cède à la
bupré, sachant que je risque probablement de le prendre comme un échec personnel, une raison de plus pour perdre de l'estime de moi.
Je suis désolé de ce message un peu désespéré mais je sens que je le suis. J'arrive encore à porter le masque au taf et en société mais la fatigue commence à me creuser. Et chez moi, je viens un véritable démon, je n'en ai même plus peur, je commence à m'en foutre..
Je sais qu'il n'y a pas de solutions miracles, et je pense les connaître. Mais j'aimerai savoir si parmis vous des gens ont retrouvé l'équilibre grâce au sub', sachant toutes les implications, avec un équilibre émotionnel assez stable.
Je dois filer travailler, j'espère pouvoir trouver quelques réponses ici.
Dans tous les cas, merci à ce forum et à ses membres de m'avoir appris autant de choses et de ne pas lâcher le combat.
La paix sur vous
psyr