Aujourd'hui, je n'ai pas été jugée en tant qu'usagere / Les Blogs de PsychoACTIF
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Aujourd'hui, je n'ai pas été jugée en tant qu'usagere 



Bonjour à tous !
Que ce soit par le corps médical, les structures psychiatriques ou mes proches, je me suis toujours sentie jugée pour mon utilisation. Il n'y a que ma psychologue qui a su me guider sans me juger, et encore, elle n'a dans l'optique que l'arrêt total. On verra bien si elle change d'avis en voyant comme je suis bonne élève ces prochains mois.

Comme personne ne le sait ici, je lis le tarot. Parfois gratuitement, parfois contre rémunération. Sur reddit je ne peux que lire gratuitement pour le moment. J'ai une cliente très demandante sur son avenir, car elle s'est fixé des objectifs précis dans sa vie sentimentale et veut savoir si elle veut les atteindre. Elle me pose sans cesse des questions, bien que je l'ai invité de nombreuses fois à l'introspection et lui ai dit que les cartes étaient un outil certes utiles, souvent précises, mais que ce qu'elles disent n'est pas gravé dans le marbre et qu'elle pouvait prendre ses propres décisions (ce qui l'effraie grandement ! Quand je lui ai dit qu'elle n'était pas obligée d'accepter de sortir avec la personne que je voyais dans les cartes, elle a presque paniqué). J'avoue que j'ai un peu de peine pour elle car elle pense que le futur est millimétré, qu'elle a besoin d'avoir un enfant x année et d'être mariée à x autre. Mais bon, à part du conseil et de l'écoute, je ne peux pas vraiment faire quoi que ce soit.

L'autre jour, j'ai disparu des réseaux pendant une bonne semaine parce que je faisais une rechute de dépression (sans doute aidée par le sevrage opiacé). Lorsque je suis revenu avec de plates excuses, elle m'a juste demandé si j'allais mieux car elle avait vu que j'avais été brièvement malade suite à l'arrêt total des substances. Je lui ai expliqué que je ne travaillais jamais sous influence ou autres, mais elle m'a dit que c'était OK et qu'elle était contente que les choses ne se soient pas trop mal passées pour moi. Je lui ai demandé si elle était sûre de vouloir travailler avec moi (je ne savais pas ce qu'elle voulait au départ) après ça et elle m'a quand même dit oui, quand en moi même, j'avais anticipé un refus. Je ne sais vraiment pas ce qui l'a tournée vers moi car il y a littéralement des lecteurs qui postent tous les jours des offres gratuites de lectures mais elle a attendu une semaine pour m'avoir moi, sans que je n'ai rien demandé, et malgré mon usage de substances.

Je sais que beaucoup de personnes s'arrêtent à l'utilisation de substances d'une personne ou autre, et j'avoue que ça a été très gratifiant que quelqu'un value mes compétences et mon ancienneté de pratique plutôt que mes abus du samedi soir. Ça ne devrait pas être comme ça, mais malheureusement ça l'est.

Aujourd'hui je suis heureuse car quelqu'un a reconnu mon potentiel, su mon histoire de consommation et a décidé de se limiter à sa vision du premier pour faire son choix.

Catégorie : Tranche de vie - 25 septembre 2022 à  22:51



Commentaires
#1 Posté par : CaptainCrox' 26 septembre 2022 à  02:26
Je ne me permettrai pas d'entrer sur le débat de l'activité même. Nous sommes toutes et tous libres d'avoir les pratiques dans lesquelles on croit.

Cela étant, j'apprécie ta sincérité vis-à-vis de ta cliente en lui expliquant que c'est elle qui fait sa vie. Tu lui as demandé si elle voulait travailler avec toi compte tenu du contexte, je vais être franc, dans un domaine comme le tiens, j'ai l'image stéréotypée de la personne qui va tout faire pour garder l'entrée d'argent et (expression suisse), tu m'as déçue en bien (surpris en bien quoi) car tu aurais pu sortir mensonges, arguments et autres pour garder ta cliente mais tu as laissé la personne faire un choix conscient, et  ça a participé au respect montré envers ta personne.

Ce que je trouve dommage et cela ne s'applique pas uniquement à ta pratique mais également à celle d'un(e) psychologue / psychiatre / physiothérapeute, etc. Lorsque l'on est face à un client/patient qui devient dépendant à notre présence et que notre présence ne peut être garantie (ici, période de sevrage occasionnant une déprime), bien que l'on aie toutes et tous le droit de ne pas être bien, ta problématique risque probablement de se reproduire.

Cette cliente semble te donner une place importante dans sa vie, tu es devenue sa boussole. Cela ne devrait jamais arriver mais si de ton côté, tu as une vie complexe (c'est ton droit, attention !), je trouve ça dangereux d'accepter malgré tout de continuer cette relation.

Imagine un psychiatre addicto qui une semaine sur deux (j'exagère le trait) ne voit pas ses patients qui dépendent de lui pour le suivi, pour les ordonnances, cela serait catastrophique. D'ailleurs, c'est pour ça qu'ici, à Genève, dans le cas de prescription de TSO et Stupéfiants, il y a signalement au Médecin et au Pharmacien Cantonal du médecin principal et du remplaçant, pour pallier une abscence imprévue ou prévue.

Je compare des situation bien différentes. Le souci, pour moi, c'est que tu as une dame qui te donne des compétences que tu dis ne pas avoir, tu lui as dit tes limites et cette dame ne semble pas comprendre ou vouloir comprendre.

Il serait peut-être plus sain de lui faire comprendre que le type de suivi recherché n'est pas ce qu'il lui faut ? Seras-tu, toi, capable de gérer un suivi ? C'est toi qui as la réponse (et je ne dis pas que tu en es incapable ou autre, je pose une question)

Je dis ça en ne lisant qu'un article de blog. Pardonne-moi si je divague ou autre. Mon message est également très certainement biaisé par mon avis sur la pratique.

Dans une relation professionnelle, une relation de dépendance d'un côté, de l'autre ou bidirectionnelle n'est jamais bon signe. Ca finit par déraper. Je trouve que tu as une certaine éthique car tu essaies de faire comprendre à ta cliente que tu peux la guider, lui offrir une option mais ça s'arrête-là. J'imagine que le nombre de consultations et de questions augmentent ?

C'est différent mais cela me fait penser à une situation ou je bossais et cette "dépendance" clientèle a dérapé.

Lorsque j'étais étudiant, je donnais des cours comme on appelle par ici de répétitoires. Des jeunes lycéens et étudiants universitaires qui donnent de l'aide  scolaire. Bon moyen de commencer à travailler, peu cher pour les parents et cela leur libère un peu de temps. Il m'est arrivé de tomber sur une maman dysfonctionnelle  contre qui j'ai dû témoigner au tribunal. Dysfonctionelle car malgré la présence d'un ex mari prêt à aider, elle a fini par le remplacer par un ado de 17 ans, moi, en me demandant des tâches supplémentaires au mandat scolaire initial (rien de sexuel mais certains gestes tactiles m'ont choqué). Je dis remplacer son mari car, en plus de l'heure de cours hebdomadaire, elle devenait dépendante de "Pourriez-vous aller chercher X à son cours de Y ?" Transformé par des tutoiement "mal placés", le nombre d'heures facturées a augmenté et j'ai tenté de lui expliquer que mon rôle consistait à aider son enfant pour ses devoirs, rattraper de l'éventuel retard mais cela s'arrêtait là. Que le nombre d'heures facturées pour les cours étaient à 10% face aux heures d'éducation qui est un métier social ! Je n'étais pas éducateur. Les heures augmentaient, l'appat du gain aussi vu qu'elle montait le tarif horaire (mère architecte qui octroie les décisions finales de permis de construire, c'est dire qu'elle a des moyens).
J'avais des RDVs avec la psy du petit mais pour parler de l'apprentissage et  un jour, fin de session, dernier client, elle me demande si je vois ou remarque des trucs qui sortent de l'usuel dans la famille... je réponds et là, la psy d'ordinaire calme me dit qu'il faut que je parte, que je coure loin. Je n'avais pas remarqué que je m'étais embriguadé dans un truc malsain. Que j'étias témoin de trucs pas normaux (bon là ça se compare plus à ton cas mais j'explique le reste du contexte): Non seulement il y avait mal traitance de gosse et de ma personne, et je l'ai vu sans le comprendre, j'étais sous le choc, mais la mère compensait son mauvais rôle par moi en me donnant des tâches que son père aurait pu faire (aller chercher l'enfant chez le psy, à l'école ou que sais-je). Je pensais qu'elle demandais cette aide car le père ne voulait pas mais il semblait très disposé. Bref, ça s'est fini un jour où je devais partir 5 minutes plus tôt (annoncé et non facturé) et je me fais engueuler comme un époux qui quitte le domicile pour aller boire un verre. Je lui dis que j'arrête. J'appelle la psy du gosse et demande dans quelle condition je pourrais témoigner sans briser un secret pro ou autre. La mère fumait du cannabis à table en présence d'enfants de 4-5 et 9 ans, joints accessibles sur la table avec l'armoire à pharmacie contenant des trucs dont un seul comprimé aurait tué un gosse. Son gosse avait un TDAH et s'il se comportait pas tip top, il recevait de la ritaline dosage adulte. Hors des réserves prescrites.

Juste pour dire que les clients qui attendent trop de nous, quel que soit notre métier, peuvent devenir dangereux pour nous et il faut s'en protéger.

J'ai eu d'autres clients "dépendants" (quand je dis client dépendant, c'est dépendant à mon service qu'on se comprenne hein), mais dans mon métier d'ingénieur son/éclairagiste et production d'événements. Un Client qui dépend de vous pour tout et n'importe quoi, cela dérape systématiquement. Il suffit de voir les employés de stars qui selon la célébrité et leur besoin systématique d'une personne pour tout faire à leur place, ne réussissent pas à durer ou n'ont plus de vie.

Bref, je pars sur ma situation désolé. J'essaie juste de dire que je comprends tout à fait ton ressenti. Cela fait du bien d'être vu comme une personne à part entière, avec ses capacités, qui, oui, consomme mais n'en n'est pas moins une personne respectable qui mérite respect. Et quelles que soient les futures situations que tu vivras, c'est ton droit d'exiger d'être reconnue comme une Femme avant quoi que ce soit d'autre.

Je me permets juste de te dire de te protéger et de ne pas perdre de vue que dans la relation que tu créés, tu as un responsabilité et selon ses propres "difficultés", il peut être délicat de laisser un client seul. Je pars loin, j'extrapole, en ayant lu qu'un article de ton blog, mes excuses, c'est sûrement déplacé et si tu veux, j'en demanderai la suppression.

Tout de bon à toi dans ton parcours, quel qu'il soit.
Reputation de ce commentaire
 
Très intéressant et sage merci du partage ! G-rusalem
 
Très sage

 
#2 Posté par : Unposcaille 26 septembre 2022 à  10:51
Hello,
Tu juges bien. J'ai été claire qu'après la lecture si elle avait d'autres questions concernant le tirage je reviendrais dessus mais qu'elle avait besoin de l'aide d'un professionnel. J'oriente souvent mes clients vers des professionnels de santé, car ceux qui viennent chercher mon aide sont malheureusement des personnes qui ont souvent besoin d'assistance professionnelle. Je sais très bien que je ne peux pas combler ce rôle. En général j'accepte trois lectures sur trois mois si c'est sur le même sujet, au delà j'estime que c'est un sujet a aborder avec un psy et pas un lecteur de cartes. Certains tirages m'ont fait inciter à conseiller des le premier. Une fois on m'a dit "j'avais juste besoin d'un coup de pouce pour prendre rendez vous". C'est un domaine où il faut faire vraiment attention. Il y a aussi des personnes pour qui j'ai refusé de lire et que j'ai orienté vers un pro de santé car elles me paraissaient trop instables et que j'avais VRAIMENT peur de leur réaction si elles avaient un mauvais tirage. Je suis assez honnête la dessus. C'est comme il y en a un, il me paie bien, mais c'est toujours les mêmes histoires, je lui ai conseillé une thérapie ou une thérapie de couple (il a des crushs réguliers et se demande s'il doit partir avec sa crush ou rester avec sa copine), à un moment stop la. Je veux bien vouloir arrondir mes fins de mois mais y'a des situations où c'est pas d'un tirage de cartes dont tu as besoin ^^' Aussi je donne un délais indicatif (la j' avais disparu mais c'était avant qu'elle me pose sa première question). Genre si je sais que je peux pas faire le truc avant disons lundi, et qu'on est vendredi, je demande à la personne si elle est OK pour que son tirage soit fait entre lundi et mercredi (au cas où y'ait un pb), comme ça j'évite les problèmes que tu cites à prendre sur mon temps perso Etc. pour des gens. J'ai très vite compris (dès la première semaine) que j'allais avoir besoin de délimiter un espace si je voulais me préserver. En tant qu'handi, c'est quelque chose qui s'est très vite présenté à moi dans les études ou en milieu pro, car je burn out tellement facilement que je ne sais même pas si je suis apte au travail (réponse en novembre).

Honnêtement, c'est même un sujet que je comptais aborder dans quelques temps avec un double compte (histoire que mes clients se reconnaissent pas en voyant le post) sur une plate-forme où on discute de tirage de cartes. Je pense que c'est un sujet qui doit être abordé genre pour de vrai. Beaucoup de gens établissent une relation de dépendance vis à vis des tirages plutôt que de chercher de l'aide. Quand j'incite quelqu'un à chercher de l'aide, il peut juste trouver quelqu'un d'autre pour les lui lire et j'en ai conscience. Mais beaucoup de personnes qui ne connaissent pas la discipline deviennent dépendant au fait d'avoir des réponses à leurs questions etc. et avec internet, même si plus aucun lecteur ne veut vous prendre, il existe des apps. J'avoue que c'est quelque chose qui m'inquiète. Quand je décide de rompre la relation avec un client parce que j'estime qu'il a besoin d'aide (et ayant fréquenté beaucoup de malades psys et institutions psys jcommence à avoir le radar), qu'est ce qui me dit qu'il suivra mon conseil ? Parfois je dis que je le vois dans les cartes (c'est vrai que des fois ça se voit) mais des fois ça se voit directement à manière de la personne de poser la question etc. Perso j'ai une éthique personnelle assez stricte mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde, j'ai besoin d'arrondir mes fins de mois, je suis pas la seule, mais j'estime qu'un tirage est la pour aider mais qu'à un moment.... Si tirer les cartes soignait les problèmes psys jserais jamais tombée en dépression.

Perso j'ai une éthique personnelle très stricte, je redirige avec explications, aide, écoute et empathie si besoin. Je conseille aussi sur les personnels qui pourront être consulté en invitant à se renseigner auprès de structures et du médecin traitant. Je ne tire pas pour quelqu'un qui n'est pas le consultant ni pour quelqu'un qui ne m'a pas demandé un tirage (par exemple je vais pas faire un tirage sur mon père s'il me l'a pas demandé, c'est du respect). Je précise que ces refus ont aussi lieu dans le cadre de tirages payants, je suis très claire dans mes conditions, si je ne suis pas à l'aise, je ne tire pas ou plus et je ne redirige pas vers un autre lecteur si j'estime que ça relève du médical ou psychologique. Je dis pas ça pour qu'on me jette des fleurs ou quoi, j'estime juste que c'est la base. Il y a aussi des sujets sur lesquels je dis que je ne tire explicitement pas qui sont la maladie ou la mort (en plus des questions qui me mettent mal à l'aise). Concernant l'argent je refuse aussi souvent pour ne pas donner de faux espoirs aux gens en cas de ratés (j'ai environ 90% de précision d'après les retours mais on sait jamais, j'veux pas de pb)

Après je sais que c'est une pratique qui prête à débat, on y croit ou pas, perso je viens d'une famille où ça se fait se mère en fille (mon parrain aussi) et j'ai vu des choses précises sur le passé des gens et eu des tirages assez bluffant sur mon avenir donc ça fait que j'y crois. Mais je respecte les sensibilités de chacun. Par exemple mes amis ou ma sœur n'y croient pas du tout, c'est comme ça, je fais mon truc et j'avoue qu'à part si ai une histoire interessante à raconter je vais pas aller leur imposer ma pratique. Le respect ça va dans les deux sens. Après avec ma sœur on fait des rêves prémonitoires, on a des intuitions assez fortes et j'ai eu des expériences de jumelé assez étranges donc j'pense que ça aide. Mais comme quoi avec le même parcours on arrive pas du tout aux mêmes destinations (ma sœur s'est tournée vers la science). On est juste d'accord sur un point : ça sert à rien de chercher à rationaliser nos expériences. Elles existent, juste. Pour le moment c'est pas comme si la science pouvait expliquer mdr
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Tu es une personne intéressante !

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