Je suis né d'une maman dentiste assez branchée médicaments et Whisky de qualité le soir en rentrant du boulot vers 21 heures bien cassée de fatigue physique et psychique. Son double scotch souvent x par 2.
C'est une intro au début de ma condition d'usager enfant des
opiacés car dans les années 60, les visiteurs médicaux lâchaient des cartons de néo-codion (laboratoire Bouchara) qui étaient stockés dans l'armoire à pharmacie bien complète dans la salle de bains parentale.
Pour aller droit au but, un enfant, ça choppe des rhumes, des grippes et des maux de ventre. Enfin, je faisait partie des enfants qui choppaient comme les autres. Sauf qu'à la moindre toux, j'avais dès 6 ans, un comprimé de néo-codion. Ça me faisait un peu mal au ventre et puis aussi un lointain appel de la
codéine. Il aura fallu attendre 7 ans, "l'âge de raison", pour que je mette mes mains dans la boite étiquetée "Rhumes, grippes".
ET j'essaye d'en prendre deux ou trois d'un coup. J'avais découvert la défonce à 7 ans. Quelques débuts de maux de ventre suivi d'un sentiment de bien être uqi tenait le reste de la journée.
Quelques années plus tard (vers 12/13 ans), le Vidal était dans ma chambre et je commençais à essayer la boite étiquetée (nerfs, tête). Boite des morphiniques dont ma propre mère m'a sorti un médicament (le nom m'échappe, je croyais que c'était Tony nubalgyl, mais je n'ai jamais retrouvé). J'avais 19 ans et 1° année de médecine. Putain d'échantillon de médoc, une sorte de
speed-ball à montée lente puisque avalée.
Je vais terminer cette intro qui me montre en les écrivant mes prédispositions au plaisir venant de la chimie. Au prochain épisode, je terminerai les phases anecdotiques qui m'ont poussé dans les bras des I.V. d'
opiacés.
Au plaisir d'écrire la suite et de vite arriver à aujourd'hui, usager plutôt heureux de drogues, mais à 72 ans. C'est là que l'expérience de mes vécus s'avère un soutien précieux et délicat à manier, enfin plus délicat qu'à 40 ans.
Amicalement
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