salut

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L'anecdote du jour :
Ce matin, rendez-vous dans un quartier que je ne connais pas trop pour acheter des robes pour un évènement qui se prépare sur l'île.
Classique : rdv donné sur un petit parking, pas loin de l'entrée du dit quartier.
Quand j'arrive, bon, c'est clairement pas un quartier que les touristes vont visiter, mais c'est pas non plus le bidonville. Les routes sont bitumés (plus ou moins), les tôles des toits sont pas trop rouillées, pas de chiens errants.
Je me pose sur le parking.
Coup de fil.
Elle arrive.
Les robes sont jolies, pas chères, je prends.
Mais on est en Polynésie, donc forcément, on roule une clope, on discute.
Rien d'extraordinaire. On parle des tanes (les hommes), des recettes de cuisine, des anecdotes de l'île.
Et puis le temps passe, d'autres taati (femme de la génération des "mamans") passent, s'arrêtent. On discute encore.
Le soleil commence à cogner alors on se déplace sous le petit rebord de toit d'un bâtiment, pas loin.
Pas de fare commun aussi.
A un moment, on voit passer deux touristes à vélo. La trentaine. Facile à identifier : très pâles, crème solaire tartiné sur les bras et les jambes, tennis aux pieds, chapeau sur la tête.
On lance un "iaorana" par habitude. Ici, quand tu croises quelqu'un, tu dis bonjour, même si tu ne le connais pas. Question de politesse.
Quelques minutes plus tard, on les voit revenir mais cette fois ils s'arrêtent. Lui, garde les deux vélos. Elle, vient vers nous, sourire un poil crispé.
Remarque de Vaia : ah, elle doit chercher une roulotte. (roulotte = food truck).
Une roulotte ?
Ah bah, en fait, non. Pas du tout. Elle voulait savoir si on pouvait lui vendre du Paka.

OK, donc du point de vue de certains touristes australiens, des femmes entre 25 et 50 ans, en train de discuter posés contre un mur, ont forcément du Paka (beuh) à vendre...
Bon, je veux bien croire qu'au niveau apparence, on était très très loin de la vahiné de vingt ans avec son paréo de fête et ses colliers de perles. C'était plutôt shorts plus ou moins courts, tee-shirts rincés, savates ou pieds nus.
Mais faut pas exagérer quand-même.
On a eu beaucoup de mal à lui faire comprendre que non, on ne vendait pas de Paka, mais que si elle voulait discuter pêche, recette, mecs, carbass, elle était la bienvenue.
Elle n'a pas voulu. Ils sont repartis tous les deux, en direction du centre ville. Et je suis sûre et certaine que cette histoire à dû faire dix fois le tour du quartier, là bas, à l'heure où j'écris ces lignes.
Déjà que beaucoup de polynésiens ici trouvent que les popa'a sont un peu fous, ben cette histoire ne va pas arranger notre réputation.
Bref, c'était l'anecdote du jour, illustration d'un sacré décalage culturel entre la réalité et l'image qu'ont certains touristes.