Quand ton cerveau oublie de produire du “réconfort”
(ou : petite balade dans le monde du système
opioïde en déficit)
Il y a des gens pour qui un carré de chocolat, un câlin ou une bonne nouvelle suffisent à produire un petit shoot de bien-être. (coucou endorphines naturelles)
Et puis il y a les autres.
Ceux pour qui la vie ressemble plus à un film en noir et blanc… avec parfois une explosion au milieu pour vérifier qu’ils ressentent encore quelque chose.
Bienvenue dans le concept du déficit du système
opioïde.
1/ Le système
opioïde, c’est quoi au juste ?
Ton cerveau fabrique ses propres “opiacés maison” :
- les endorphines
- les enképhalines
- les dynorphines
Ces molécules viennent se fixer sur des récepteurs (μ, κ, δ) et font plusieurs choses treeees utiles :
- elles diminuent la douleur
- elles apaisent le stress
- elles donnent une sensation de chaleur intérieure.
- elles participent au plaisir et à l’attachement (bon, ok, y a aussi l'ocytocine en autre, mais là, c'est pas le sujet)
En résumé :
c’est le système qui te dit “ça va aller” même quand ça ne va pas vraiment.
2/ Et quand ce système tourne au ralenti ?
Là, ça devient intéressant.
Le concept de Endorphin Deficiency Syndrome suggère que certaines personnes :
- produisent moins d’opioïdes naturels
- ou y répondent moins bien
Bref, la baseline
opioïde interne est... trop basse. Pas des pics suivis de crash, non, juste un système qui tourne au ralenti.
Résultat ?
Le monde ne devient pas plus dur… il est juste moins amorti.
3/ Concrètement, ça donne quoi ?
- Le plaisir est… discret (voire en grève)
- Le vide s’installe facilement
- Les “petits plaisir” passent souvent inaperçus
Tu ne pleures pas forcément plus.
Tu ressens juste… moins de “récompense” à exister.
Ton voisins fait un triple salto parce qu'il a trouvé un kilo d'abricot en promo ? Ben toi, tu t'en fous du prix des abricots (ou des cerises, ou du burger du coin)
Mais ça ne s'arrête pas juste à une échelle foireuse des petits plaisirs.
Ben nan, ça serait trop simple.
Autres conséquences :
- La douleur est plus intense (et on ne parle pas forcément de douleur physique)
- Le stress laisse moins de répit
Résultat ?
Le corps encaisse, mais sans le petit “pansement chimique” habituel
4/ Là où ça fous le bordel : Le comportement
Tu n'es pas un zombie, tu es vivant, donc :
Si le niveau de
base est bas… tu cherches à monter le volume.
Pas volontairement, hein.
Tu ne te réveilles pas un matin en te disant "ah, mon système
Opioïde est en grève aujourd'hui, comment je vais remonter tout ça ?".
Tu vas le faire d'instinct.
Sans savoir exactement pourquoi.
Réactions possibles ?
- attirance pour les sensations fortes
- comportements que l'on peut qualifier de "à risque"
- droooogues
- ou recherche d’intensité émotionnelle extrême
5/ Et d'où ça peut venir ?
Là, j'insiste, c'est juste des pistes de réflexion, des idées, des hypothèses perso'.
Je ne suis ni médecin, ni spécialiste de quoi que ce soit, juste une curieuse qui aime bien échafauder des hypothèses.
Peut-être un combo :
A/ Une partie génétique, peut-être.
Certains variants du gène des récepteurs
opioïdes (comme OPRM1) modifient la sensibilité au plaisir.
B/ Une partie adaptative, peut-être.
En cas de stress chronique le cerveau s’adapte… et finit par économiser ses ressources.
On parle ici de Allostatic Load :
trop de stress = système d’amortissement qui s’use
C/ Exposition aux
opioïdes, peut-être (ouais, là je suis clairement concernée)
De manière générale, quand des substances externes entrent en jeu, le cerveau peut :
- réduire sa production naturelle
- devenir moins sensible
Un peu comme quelqu’un qui arrête de cuisiner après avoir découvert Uber Eats.
Je sais, je sais, rien de nouveau sous le soleil, mais fallait quand même que je l'intègre dans le raisonnement.
PS : Petit détail fascinant
Le rejet social active les mêmes circuits que la douleur physique, et ces circuits sont régulés par les
opioïdesDonc techniquement, se faire ghoster par exemple, ça “fait mal” pour de vrai.
D/ Et ça emmène où tout ça ? À une autre manière de voir les choses.
Un système
opioïde en déficit, ce n’est pas juste un “problème”.
C’est aussi une configuration particulière :
- moins anesthésié par défaut
- plus exposé au réel
- moins facilement satisfait
Ce qui peut donner des profils qui :
- encaissent beaucoup
- cherchent profondément
- refusent le tiède
Et parfois… préfèrent une vérité brutale à un confort artificiel. (ou qui se disent que planer c'est quand-même vachement plus sympa qu'essayer de trouver un sens à a l'absurdité ambiante... Ou explorer d'autres réalités)
Conclusion (version cash)
Si on devait résumer :
- Certains cerveaux (avec un système
Opioïde qui fonctionne bien) distribuent des couvertures.
- D’autres te laissent dans le froid… mais te rendent résistant. (version très optimiste)
Et dans ce froid-là, il y a deux options :
- chercher désespérément de la chaleur ailleurs
- ou apprendre à fonctionner différemment (coucou structures psy atypiques)
Et parfois les deux.
Dernier niveau de spéculation :
1/Si on part du principe que certains ont un système
opioïde en sous-regime par défaut (pas un accident de la vie, juste un fonctionnement normal de naissance)
2/si on ajoute que la psyché se construit en partie sur le terreau bio-chimique neurologique
3/ si on envisage que le système
opioïde n'est peut-être pas le seul système pouvant être en sous-regime
4/ alors... Ça serait peut-être intéressant de se demander si certains profils psy classés "atypiques" ne seraient pas le résultat adaptatif de baselines... Atypiques justement.
Si vous avez lu tout ça, chapeau.
Je trinque à votre détermination