Salut ,
La dernière fois, je vous laissais sur mon départ du 9-3, mon sac sur le dos, prêt à troquer le brouillard du
cannabis contre le grand air des saisons.
La réalité a été un tout petit peu plus compliquée. Quand on décide de rompre avec son quotidien sur un coup de tête, on s'imagine souvent en
héros de road-movie. On oublie juste la violence de la réalité matérielle quand on n'a pas de plan B.
Me voilà donc parti dans les Alpes. Pas de destination précise, pas de contact, juste une certitude chevillée au corps : il faut que je trouve un taf, et vite.
Sauf que tout ne marche pas toujours du premier coup, Leitmotiv de mon chemin de vie qui se révélera même un doux euphémisme.
Très vite, la quête d'un job et d'un logement se transforme en un parcours du combattant. Les portes se ferment, les économies fondent à vue d'œil. On passe rapidement du rêve de liberté à la survie pure et dure.
Mes nuits ? Je les passais à tenter de gratter quelques heures de sommeil au fond des gares alpines, j'ai fini par en avoir assez de me geler les couilles avec pour unique compagnon un sentiment exacerbé de solitude. À un moment, il a fallu se rendre à l'évidence. Faute d'avoir trouvé de quoi me nourrir et me loger, j'ai dû faire le chemin inverse.
Je suis rentré chez mes parents, la queue entre les jambes.
Pour un mec qui se revendiquait allergique à l'autorité et viscéralement indépendant, ce retour à la case départ a été une immense claque d'humiliation et un putain de sentiment d'echec.
Mais le feu ne s'était pas éteint pour autant. Après quelques heures de rumination, le
gout du large a repris le dessus. Pas question de m'enfoncer à nouveau dans le canapé.
Me revoilà plein de cœur à l'ouvrage. Je passe des coups de téléphone de partout, j'épluche les annonces prêt à accepter presque n'importe quel job pour n'importe quelle destination, pourvu qu'elle soit enneigee et me permette de skier.
Et le destin a fini par capter mon signal.
Voilà que la station des Karellis, la dernière station associative de France, me tend les bras. J'y décroche un job de plongeur dans un centre de vacances PTT.
400 couverts par service a la plonge, c'est pas des vacances, plutot l'usine plus l'humidité, le rythme effréné et le dos en vrac. Mais pour moi, c'était surtout le ticket de sortie . Un pass direct pour la montagne, forfait saison pris en charge par le patron. Les compteurs étaient remis à zéro, l'aventure pouvait enfin commencer pour de bon.
Prenez soin de vous...à plus tard..dans le cametar..