Extrait du livre que je suis en train d’écrire

Catégorie : Tranche de vie
27 juin 2026 à 11:33

#biographie #la rue
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…… Chapitre 3 : Une décennie perdue dans la rue

Les mois ont fini par se transformer en années. Sans que je m’en rende vraiment compte, la rue était devenue mon quotidien, une routine infernale dont je ne voyais plus la sortie.

Mes journées étaient consacrées à une seule chose : trouver de quoi tenir jusqu’au lendemain (héroïne cocaïne) Trouver un peu d’argent, quelque chose à manger, un endroit où dormir. Mes nuits, elles, étaient consacrées à la prostitution, non plus par choix, mais pour alimenter une dépendance qui avait fini par prendre toute la place.

Bruxelles, Liège, Ostende… Je traversais les villes comme une ombre. Je marchais sans véritable destination, sans projet, sans avenir. Mon seul objectif était devenu de survivre une journée de plus.

Je fréquentais des squats insalubres où les murs semblaient eux-mêmes porter la souffrance de ceux qui y vivaient. L’odeur de l’humidité, de la moisissure, de la sueur et des produits se mélangeait dans l’air. Des personnes brisées y entraient et en ressortaient rarement transformées.

Dans ces lieux, le temps n’existait plus vraiment.

Les seuls moments où mon corps trouvait un peu de repos étaient souvent ceux où je finissais à l’hôpital, après une overdose ou un malaise. Les médecins et les infirmiers me soignaient, mais je voyais dans leurs regards quelque chose que je connaissais déjà : un mélange de compassion et d’impuissance.

Ils me remettaient debout.

Mais personne ne pouvait marcher à ma place.

Je garde un souvenir particulier de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles. Là-bas, une infirmière prénommée Marie avait réussi à voir au-delà de la toxicomane que tout le monde voyait.

Elle me parlait avec douceur. Elle ne me jugeait pas. Elle essayait de réveiller en moi une partie que j’avais moi-même abandonnée.

— « Tu peux encore t’en sortir », me répétait-elle.

Pendant quelques instants, j’avais envie de la croire.

Mais chaque sortie d’hôpital était la même histoire. Dès que je retrouvais la rue, quelque chose de plus fort que moi me ramenait vers elle. La drogue était devenue mon refuge, mais aussi ma prison.

Durant cette période, j’ai entendu parler du programme UROD (Ultra-Rapid Opioid Detoxification), une méthode de désintoxication rapide qui promettait de sortir du manque en peu de temps. J’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de l’UROD (en Belgique,la reine Paola était venue à l’hôpital me féliciter)

Certains pensaient que cela pouvait être une solution.

Moi, j’étais terrifiée.

La peur de vivre sans drogue était devenue plus forte que la peur de continuer à me détruire. Parce qu’au fond, la drogue n’était plus seulement un produit : elle était devenue une présence constante, une béquille, une manière de supporter une existence que je n’arrivais plus à affronter seule.

Ces dix années ont laissé des traces que rien ne pourrait effacer.

Mon corps, autrefois solide, était devenu fragile. Il portait les marques des nuits sans sommeil, du manque, des excès et de la survie.

Mon âme, elle aussi, était épuisée.

Mais quelque part, dans un endroit très profond de moi, une petite étincelle résistait encore.

Une partie de moi, minuscule mais bien vivante, refusait d’abandonner complètement……
to be continued…. drogue-peace

Tali

Commentaires
#1
VégéK
Nouveau Psycho France
28 juin 2026 à 22:15
Salut Thalie.
Bien écrit et fanchement émouvant. Il y a une sensation d'un peu trop de pathos mais c'est seulement ma perception. Puis je me dis que c'est peut-être parce que je n'ai pas vécu ça, et que donc je ne peux pas savoir ce que ça représente, comment ça a été difficile.

En tout cas on dirait que la fin de l'histoire va vers une amélioration, un sauvetage, une guérison. Donc bravo pour l'effort et pourvu que ça dure! super

Ce que j'apprécie beaucoup aussi, au delà des belles tournures et des métaphores, c'est l'exactitude des descriptions et l'évocation de ce programme UROD, qui a en plus permis une rencontre avec la reine!

Bref je lirai volontiers d'autres extraits. 

Tout est autobiographique? Bonne chance à toi et à ton livre. (Même si la chance a sûrement un rôle secondaire).


#2
Thalie
Nouveau membre France
29 juin 2026 à 10:16
Salut VégéK cool

Merci beaucoup pour ton retour
Oui, tout ce que j’écris est autobiographique. J’ai commencé ce livre il y a maintenant trois ans, et je le remplis petit à petit avec les souvenirs qui me reviennent, les moments que je n’ai jamais oubliés et ceux qui ont laissé une trace en moi.

C’est un long travail de mémoire, parfois difficile, mais j’ai besoin de raconter cette histoire telle que je l’ai vécue. La fin va effectivement vers quelque chose de plus lumineux, parce que c’est aussi une partie de mon parcours : montrer qu’après des années très sombres, une reconstruction est possible.

Pour le côté « un peu trop de pathos », je comprends ce que tu veux dire. C’est vrai que je raconte des choses très fortes, et j’essaie justement de retranscrire les émotions et la violence de ce que j’ai vécu. Peut-être que parfois ça peut paraître appuyé, mais j’écris avec les souvenirs et les sensations qui me reviennent, sans chercher à embellir ou à dramatiser. En fait j’écris comme ça. Me viens et au fur et à mesure je corrigerai…

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

Tali


Salut Talie,
Les récits autobiographiques sont mes lectures favorites.
J'ai vraiment aimé lire ce paragraphe,ton histoire me touche beaucoup,et j'espère que tu voudras bien nous en faire lire d'autres.
C'est TON histoire,et je trouve que le "pathos" ne m'a pas choqué,tu dis que t'écris sans dramatiser où embellir, c'est ce que j'ai ressentis,et sa serait dommage de corriger..
Quand tu décris quelque chose, je comprends de suite et je trouve pas qu'il y à des métaphores où de belles tournures, c'est clair net, précis.
Je te remercie de nous faire partager ton parcours si difficile,et de te livrer comme ça.
Merci Talie.


#4
Thalie
Nouveau membre France
29 juin 2026 à 11:44
Merci Bandy, ♥️
Je vais continuer à partager mes récits surtout si je sais que ça fait plaisir Ça me motive
Donc encore merci à toi
Bises

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