Épisode 1 : Le départ
Salut la communauté,
Je me décide enfin à ouvrir ce blog pour poser ici un récit, mon récit, qui résonnera peut-être avec le vôtre.
L'histoire d'un mec allergique à l'autorité, décidé à habiter le monde à sa façon. Point de départ : la marge et la défonce à outrance. « Être bien adapté à une société malade n'est pas un signe de bonne santé mentale » et « Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse » resumaient bien ma philosophie.
Je me suis retrouvé — malgré ma méfiance envers les institutions et l'identification anticipée de ce risque — pris dans un tourbillon institutionnel et psychiatrique dont il est aujourd'hui presque impossible de m'extraire.
Je vais publier cette trajectoire pas à pas, semaine après semaine, pour essayer de comprendre – et de partager avec vous – comment le système de soins peut parfois broyer nos vies et nos identités.
Mais pour comprendre où j'en suis aujourd'hui, il faut repartir du début.
De là où je viens.
Tout a commencé très jeune, en banlieue nord-est de Paris, avec le
cannabis. On ne fumait pas juste un
joint de temps en temps : on consommait à outrance, 24h/7.
Mon grand frère, sa bande, la mienne... nos vies ne tournaient qu'autour de ça, le babyfoot et le "Formula 1".
On était dans notre monde.
Nos week-ends, c’étaient l'improvisation et la route : on montait dans une bagnole au milieu de la nuit, on traçait de Paris jusqu'en Hollande pour choper les meilleurs produits possibles, et on redescendait d'une traite. C'était excitant, c'était notre liberté, notre manière d'être en marge.
Et la semaine, on attendait le week-end suivant en abusant des fruits du trajet précédent.
Mais petit à petit, le piège s'est refermé. Je me suis vu m'enterrer vivant dans cette routine, complètement anesthésié par le produit. Le
cannabis n'était plus une ouverture sur le monde, c'était devenu une chape de plomb qui figeait mes horizons.
Un jour, au milieu de ce brouillard, j'ai eu un déclic. Je me suis dit : « Il faut que je me barre d'ici, sinon je vais y crever. »
J'ai pris une des décisions les plus saines et les plus radicales de ma vie : j'ai jeté quelques affaires dans un sac à dos, j'ai quitté le 9-3, et je suis parti faire des saisons.
Loin de la routine, loin des circuits de la défonce banlieusarde, pour me frotter à la réalité du taf, du grand air et du collectif.
C'était ma première tentative pour échapper à je ne sais pas exactement quoi.
Je ne savais pas encore qu'en cherchant de l'aide bien plus tard pour d'autres produits, j'allais tomber sur une jungle, féroce et hypocrite : celle des protocoles médicaux automatisés, des diagnostics balancés sur un coin de table et des centres qui vous foutent à la rue.
La semaine prochaine, je vous raconterai la suite : comment, après avoir découvert une vaste partie de l'Europe et de nombreux paradis artificiels, mes ailes muteraient en chaînes.
Merci de m'avoir lu. Prenez soin de vous et à la semaine prochaine pour la suite.