On cours, on cours... On va tellement vite que ça en devient vertigineux. On cours, vers une destination inconnu même effrayante mais on cours toujours. On ne s'arrête pas, on consomme toujours plus, on se consomme d'avantage, on consomme notre santé, on consomme notre temps... On offre ce qu'il nous reste au capitalisme, notre temps de cerveau disponible qu'on annihile nous même en l'occupant constamment devant nos écrans. On cours et on consomme, toujours plus.
Depuis quand l'ennui est devenu gênant ? Cet ennui d'où la pensée devient fertile, là où les idées émergent, là où la création naît ? Il devient de plus en plus dur de s'ennuyer, de ne pas avoir l'attention captivé par une distraction quelconque et tout porte à croire qu'on l'a accepté sans broncher. L'ennui est devenu interdit, si tu t'ennuies tu ne consomme pas et ça sa ne plaît pas.
L'ennui est un art dans ce monde. L'art de s'arrêter, de contempler se qu'il se passe autour de nous et a l'intérieur. C'est une révolte contre la société de consommation qui nous vole à visage ouvert notre temps de cerveau disponible, c'est arrêté de courir et souffler un peu pour se rappeler qui on n'est et qu'est ce qu'on veut vraiment. C'est peut être aussi retrouver un peu notre libre arbitre, ne plus être guidé mais choisir un peu plus par nous même.