Y en a une dont on parle que trop rarement ici. Je commence à avoir mon petit bagage d'expérience avec 25 de pratique de la dope.
Et pourtant je n'ai jamais connu de telles sensations, une telle lumière, un tel bonheur avec l'Amour.
Il m'aura fallu 39 ans pour rencontré LA femme. Celle avec qui tout semblait fluide, qui riait à s'en rouler par terre avec mes blagues, qui était si pleine de vie qu'elle m'en a redonné, après 4 années à vivre à côté de mes pompes. La goutte de pluie de printemps qui m'a permis de refleurir.
Je n'ai jamais vécu de telles perches. Des journées entières à planer au boulot, à se dire qu'heureusement qu'il y a un toit au dessus de ma tête sinon je m'envolerai. Avoir des vertiges de bonheur rien qu'en pensant à elle. Passer des heures collé à son corps, à l'écouter ronfler, sans oser faire le moindre mouvement tellement les vagues de plaisir sont intenses, et je ne parle pas de sexe. Il m'a fallu un mois avant de réussir à dormir profondément avec elle. Comme si mon cerveau était en totale alerte, avec la peur de me réveiller et de constater que ce n'était qu'un rêve.
C'est aussi la première fois où j'ose penser à vieillir avec quelqu'un, sincèrement, sans arrière pensée, à y croire pour de vrai, ce qui relève du miracle pour un cynique comme moi. Elle a même réussi à ébranler mes convictions sur la parentalité, moi qui jamais ne m'étais autorisé à penser à faire un môme, ou plusieurs.
J'ai tout de même gardé une petite voix qui me répétait sans cesse "elle est où la
douille ?". Et chaque fois que je lui partageais mes doutes, mes craintes elle répondait qu'elle m'aimait, avec un regard que je n'ai jamais vécu avant, à en perdre l'équilibre. Et tout ça sans parler de la compatibilité de nos corps ...
Mais voilà, c'était trop beau pour être vrai et je pense qu'au fond de moi je le savais. Pour des raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas, cette histoire touche à sa fin. J'ai passé les 3 pires jours de ma vie. A ne plus manger, ne faire que boire, taper ce qui traîne, vider la pharmacie, réutiliser mes mains pour me faire mal, me claquer la tête contre les murs. La sensation de mourir, littéralement.
Et puis on a parlé, enfin et je sens que je m'apaise. La tristesse est et restera, mais l'anxiété s'est envolée, et la colère s'est étiolée. Je réalise que je l'aime au delà de la vouloir avec moi, pour moi. Alors j'accepte, aussi difficile que ce soit à dire. Et je souhaite que ses choix lui permettront d'être aussi heureuse qu'elle le mérite.
Comme dit ce sacré Vîrus : "Est ce qu'il vaut mieux souffrir de ce qu'on a pas connu ou bien de ce qu'on a perdu ?". Ce soir j'ai envie de la remercier, elle et la vie de m'avoir fait découvrir "ça". Parce que jamais je n'aurai cru que ça puisse être possible.