Consos mineure : initiation et annecdotes

Catégorie : Tranche de vie
Aujourd'hui à 16:18

Nous voilà sur la 2eme partie de ma loooongue présentation.

Mais comme ça, il y aura de quoi juger sur pièce et mieux me connaître.
Et comme mes expériences ne sont pas toujours là bienvenues sur les discussions, là je peux détailler sans complexes. Et me confier dans un endroit approprié où on ne me reprochera pas d'être de trop.


Alors...

Question consommation :
J'ai démarré à 15ans avec l'hero, sans savoir ce que c'était, via un dealer qui m'arrosait quotidiennement. Il voulait me serrer, tout le monde était au courant mais ses tendances pédophiles n'ont inquiété personne (j'ai mis un temps fou à admettre que j'avais été victime d'un prédateur/ manipulateur en me persuadant que j'étais "hyper matuuure-anh" et qu'à 15ans j'avais été capable de faire un choix éclairé ALORS QUE LE MEC M'AVAIT MENTI SUR LE PRODUIT). Avec ma meilleure amie on était fascinées par la génération d'au dessus qui allait en teuf et tapait des trucs. Nous on fumait juste des joints. On s'était fait la promesse / posé le défi de tester le speed ENSEMBLE.
Une aprem on est 4 il y a ce fameux dealer, et ma pote goûte le speed. C'était la dernière trace (j'arrive juste après). Donc l'autre looser pédo, sort sa came et me dit qu'il a un truc un peu pareil. On s'était fait la promesse de tester les "drogués dures" ensemble, on me promeut le produit comme un "amphétamine -like", donc mentalement j'étais mûre pour tomber dans le piège. Je pose qd mm par précaution des questions:
"comment ça s'appelle": de la Rabla, un doux euphémisme dans cette campagne pour le terme héroïne qui traine sa lourde réputation. Rabla? Connais pas, c'est du chinois pour moi.
"Ça fait quoi" : ça te mets bien (mur WTF, C'est quoi cette description à la con qui colle à tous les stups?!! Dis que ça sédate, que tu te sens relâché, que tu piques du nez... ET SURTOUT QUE TU PEUX FINIR EN MANQUE BIEN SALE).
Bon, je me lance et après cette "initiation" ce sera traces à volonté, à 500m de chez moi, là où plein de connaissances squattent.
J'ai mis 1 semaine à apprendre que c'était de l'hero qd le seul mec sensé et responsable du groupe a appris la nouvelle. Il m'a passé un savon de fou. Déjà que je tape des prod, ça passait pas et alors que je commence à l'hero... Ça me foutait hors de lui. Mais c'était trop tard l'engrenage était lancé.
Après les cours on allait préparer des grammes à la chaîne et être "payées" en traces. En plus de nous foutre insidieusement dans la came il normalisait complètement le bizness pour des gamines tt juste sorties du collège. Et cet environnement dans le milieu, ça laissera des traces et me jouera des tours plus tard (mais la prescription de 30ans - plus que pour un meutre surpris- court tjrs donc j'éviterai d'en parler)


À 15ans aussi je commence les teufs.
Alors pareil l'annecdote de tarés. Nos potes plus âgés voulaient pas nous emmener : pas de notre âge + la honte de se traîner des petites sous appareil dentaire. On nous fait peur avec des histoires de viols, et tout un tas d'autres trucs un peu glauques voir carrément sordides. Bon moins on est prévenues, on sait où on met les pieds.
Les samedis soirs, ils se réunissaient en voiture sur le parking de mon village pour partir en convoi. Nous on est complètement tarées, ce soir c'est notre soir, on va y aller en stop (preuve qu'on était pas matures du tout : plan bourbier assuré+ risques de malade).
On les observe à l'écart, taper leur before avant de décoller et on remarque une petite R5 de gens inconnus au bataillon. C'est la campagne, tous les jeunes qui sortent et font des soirées se connaissent même de loin. Et on remarque que ça fume des joints, bref ils étaient en mode soirée. On vient engager la conversation puis on s'incruste dans leur bagnole partager un bédo, papoter...
On a une chance dingue on le sait, notre plan à toutes ses chances, la configuration est parfaite. On leur avait rapidement parlé d'une soirée où ils pouvaient venir mais sans détailler (fourbes qu'on était demon1 j'avais jamais pensé mais en vrai c'est moyen, tu préviens qd mm que c'est une teuf).
Nos potes décollent. Et là on s'excite : suivez les, ils vont à la soirée!!! C'est une grosse soirée vous allez halluciner!!!
Et là on se retrouve à poster le convoi, nous 2 derrière, comme des ninja en planque. On roule un moment, sauf qu'arrive le moment de la pause à la station essence.
On savait qu'on serait grillées tôt ou tard donc on descend aussi en prenant le risque de se griller.
Et là nos potes en tombent des nues : ces petites connes collantes ont réussi à se faire emmener on ne sait comment et les suivent depuis + d'1h.
Savon monumental du plus responsable. Mérité.
Mais il est trop tard pour faire machine arrière. Et c'est avec ce plan machiavélique et cette chance de cocu qu'on a accès à notre 1ere teuf à 15ans. En solo, comme des grandes.

Arrivent alors les consos festives. Je goûte un peu à tout ce qu'on me propose : Taz, speed...
Mais un soir chez le fameux dealer pedo, ils font une infu... De DATURA (putain sa mère, si j'avais su...). Il préparent un verre pour 2, j'avais pas capté, je m'enfile le mien toute seule.
On attend les effets 5h. Rien. À part une envie de pisser monstrueuse qui ne mène à rien .
Lassée je décide de rentrer chez moi -je suis à 500m- et là putain, c'est pile au moment où je referme le portail dans la nuit, que je sens le noir se refermer sur moi. ET BAM GROS BLACKOUT.
Alors j'aurais déambulé sur la route et parlé à une voiture avec des plaques etangeres. J'ai perdu / donné mon manteau et mes clefs, j'ai erré on ne sait combien de temps au bout d'une route hyper passante bien dangereuse. Un voisin m'a retrouvée parlant seule. Il appelle ma mère et les pompiers.
Je reprends conscience en plein EXAMEN GYNÉCO (je vous dis pas le trauma, alors que j'ai été violée 2ans plus tôt). Ils font un kit de viol au cas où. Je vois des gens de ma classe dans la pièce, je suis à moitié nue, on me farfouille à l'intérieur... Comme atterrissage pour revenir à la réalité, c'est level crash d'avion.
Et en voyant que je panique PAS UN SOIGNANT NE M'EXPLIQUE CE QUI CE PASSE, QUE JE SUIS À L'HÔPITAL, QU'ON ME FAIT UN EXAMEN DE CONTRÔLE... (C'était mon 1er examen gynéco, depuis je suis traumatisée, j'arrive pas à y aller et l'idée d'une grossesse me fout la gerbe. Je veux pas d'enfants mais l'accouchement, mon dieu INCONCEVABLE pour moi.).
Pris dans ma panique, je mords comme une enragée l'infirmière qui me tient, je cours dans le couloir le cul à l'air avec leur putain de blouses d'exhib. Et là je tombe nez à nez avec ma mère ça me met un putain de stop. Et elle me secoue en me demandant quelle drogue j'ai pris (personne à l'hôpital trouvait ce que c'était ils savaient pas comment me prendre en charge, aucune données, ils étaient perdus).
Je finis emprisonnée dans une chambre  psy qui donne sur un bocal où les soignants peuvent t'observer.
J'AI SUBI LES HALLUCINATIONS PENDANT 3JOURS. 3 PUTAIN DE JOURS, UN ENFER. Contrairement aux hallucinogènes, avec un delirogenes, aucun moyen de distinguer l'hallu du réel. Tu oublies constamment que tu es sous drogués et les situations ubuesques, flippantes que tu vis te semblent parfaitement réels.
Et les hallucinations attention, des hallu visuelles puissance réalité augmentée. Pas des distortions des couleurs palpables... Non non, rien à voir. Ton cerveau créé carrément des personnes, des animaux ... Tu parles seul, attrape des choses invisibles.
Par ex, moi je voyais mon rat (que j'avais tt le temps sur moi) accoucher de créatures immondes, vertes avec des trompes. Je hurlais aux infirmières qu'il me fallait des sacs poubelles en urgence pour les jetter car ils pullulaient. Et les infirmières évidemment : OSEF reste tranquille la grande.
C'est grave dangereux la Datura. Ben le fameux dealer lors d'un autre trip il s'est retrouvé nu, en caleçon devant la gendarmerie à chercher des "bouts d'afgan" dans le caniveau. Mec t'as des centaines de grammes de poudre chez toi et tu te fais péter comme une merde, à poil à t'embrouiller avec les flics qui veulent te ramener à la raison ? Heureusement il était pas seul on l'a récup et ramené chez lui. Mais c'est un coup à partir en stop avec des inconnus et se retrouver délirant dans un lieu inconnu et dangereux.
La rumeur de mon bad trip avait fait le tour de la ville. Évidemment : amplifié, déformé, rendu plus humiliant... Donc la version officielle c'est que j'étais une en centre ville (j'habite à 10km et j'étais resté près de chez moi), nue, à embrouiller les riverains et évidemment j'étais restée bloquée.
Donc j'avais la réputation de la folle. J'avais déjà un gros caractère, mais l'étiquette de tarée, c'était encore plus efficace pour faire peur aux gens. On savait que je pouvais me défendre et même allumer un mec à main nues si besoin (défendre un pote, dès qu'ils étaient menacés, je sautais dans le tas comme un chien enragé). Donc on m'emmerdait pas au lycée. Mais l'aura de la bonne grosse tarée instable, je vous garantis que ça fait le vide autour de vous. Y'a plus que vos potes qui s'y risquent. Et elles étaient bien contentes au lycée, que plus personne ouvre sa gueule
On était 4 copines inséparables qui fumaient, on s'allumait des gros joints dans la cours sur les escaliers qui menaient au couloir. Donc pas du tout discret.Tout le monde savait qu'on fumait, même les adultes c'est pas possible autrement ON FUMAIT QUOTIDIENNEMENT. Sur un lieu de passage central (on était tellement des pauvres connes, aucun effort vraiment. C'était même pas de la provoc puérile, juste de l'inconscience et un sentiment de toute puissance. C'est notre spot, on y est bien, donc on fumera là. Maintenant que je suis dans le social je te redresserais ça à grands coup de sabre dans les failles de l'égo adolescent, putain je supporte pas ça les gamins qui respectent pas le cadre sciemment : je suis pas forcément d'accord avec toutes les règles, mais je les fais appliquer. Tu les franchis, tu me respectes pas. Donc surtt qd c'est des branleurs qui flexent pour planquer leurs failles narcissiques, suffit que j'analyse le modèle de leur phénomène d'identification et je te les détruits en 2/2. Voilà pourquoi t'es pas au niveau de tes ambitions et ce qu'il faut régler pour faire mieux. )
Nous on avait un pass VIP je pense.
J'étais placée depuis 2ans dans le même village chez ma meilleure amie, l'ASE avait consenti à cette solution vu qu'il y avait des violences de mon beau père. Je passait de temps en temps chez ma mère, mais tt le monde savait que je vivais plus avec elle. Sauf que pas de bol : elle était prof dans mon lycée. Donc déjà je vous dis pas l'ambiance qd t'es placée et que tu croises ta mère dans ton établissement scolaire. Elle se faisait complètement bouffer par ses élèves, harceler carrément certaines années (voiture dégradée, traitée de salope devant moi dans la rue... Bref, trash). Bon qd je suis arrivée j'ai rapidement remis de l'ordre, si un branleur venait à se vanter de l'avoir emmerdé, je pouvais en venir aux mains. Donc avec le super pouvoir de la Datura je passais pour une meuf dangereuse et instable, qui peut vriller à tout moment, ils se tenaient à carreaux les courageux harceleurs et compagnie.
Le retour de baton, c'était les balances : pour déstabiliser ma mère en cours, certains disaient "Ce weekend ta fille elle a pris 3 extasy". C'est arrivé quelques fois.
Mais je pouvais pas dire gd chose, on cachait pas trop notre côté marginal. Moi en punkette, jupe, collants rayés et doc martins, le bas de cheveux rouge vif, mon rat tjrs avec moi, même pdt les cours, un percing fait toute seule à l'épingle à nourrisse. Une pote avec d'immenses Dread vertes fluo habillée comme une skateuse / metalleuse, les autres en total look babos... (On était des putains de clichés, j'avoue. Mais j'étais fan de Daria et de l'esthétique punk + du look baggy. De mes 15 à mes 19ans mes tenues, cheveux , dégaine, c'était carnaval tt les jours)
On s'enfumait la gueule à la vue de tous...
En vrai la seule raison pour qu'on nous ait foutu la paix, c'était pour pas faire tâche avec ma mère.
T'es prof, tu dois gérer 30 gamins et t'es pas foutue de tenir ta fille... Ça donne quoi comme image?

C'est pour ça, qu'à 16ans elle a décidé de me faire placer mais en foyer cette fois ci.
Et là ça a été une autre musique...

Je vous raconte ça dans une partie 3, c'est déjà long là...

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