Mon unique bad trip, une leçon bien apprise. / Les Blogs de PsychoACTIF
Blogs » Hadrien » 

Mon unique bad trip, une leçon bien apprise. 



Je sais pas trop ce que j'attends en racontant ça, peut être une meilleure compréhension de cet instant, du soutien ou bien découvrir que quelqu'un a ressenti la même chose.
En tout cas, c'est avec du recul et ma lucidité de sobriété de 3 jours de toutes substances que je vais vous (me) raconter mon expérience de mon unique (et dernier ?) bad trip.

Ma première fois avec les drogues dures fut en 2019 en décembre. La plupart du temps, logiquement, on y vas tranquille hein ?
Bah pas moi ehe 'smile..
3/4 de LSD, 1/4 de 2CB, du poppers, du shit, de la weed.
Jvous raconte pas la soirée de fou malade;
Des hallus de fou, du genre à voir des couleurs réfléchissantes, un peu fluo sur le bowl taggé d'un skate parc ; les formes devenant sphériques et floues; des images en 3D. Un pure sentiment de bien-être et de confiance en soi. Une très grande euphorie. Les ressentis du toucher sont indescriptibles. Tout ça sur une durée de 8 à 12h.
Bref, le set était parfait, groupe de 4, dans un environnement sécurisé et apaisant.
(Mon pote psychonaute qui pourrait bouffer du L tous les jours si il pouvait, était choqué, et moi donc, de la manière dont j'ai encaissé cette prise de L et de 2CB qui était pour moi à ce moment de parfaits inconnus)
Mon amour pour les psyché était né.

Après ça, j'ai essayé la MDMA en rave, ainsi que la . Très amusant, pas grand chose à dire vu que jme souviens généralement de rien quand jprend ces trucs la x)
Puis, les champis et les truffes en petit comité avec un bon caisson et du bon son en inté  = soirées riche en fou rire et en euphorie pure.
Pour rien au monde j'enlèverai ces émotions de ma vie si j'avais le choix. C'était clairement magique pour moi.
En parallèle de tout ça, je fumais régulièrement depuis mes 16 ans, presque tous les jours jusqu'à maintenant. ( faite le calcul du nombre de ters inhalés avec une moyenne de 3 ters quotidiennement, ça doit faire un beau gros chiffre thinking)

Puis viens ce fatidique jour qui vas enclaver (à jamais?) ma joie de vivre et cette lueur de vie dans mes yeux. C'est comme si j'étais décédé mentalement..

Avril 2021, 1ere année de mon Bac STHR, 17 ans.
Jusqu'à là j'avais des amis, une raison de vivre, des objectifs, des projets, de l'amour, de la joie, de la confiance en moi mais toujours pas de maturité (lol). J'étais déjà un peu amoché par des histoires d'amour mais j'ai très vite oublié tout ça quand j'ai compris que j'étais capable de pécho des 8/10 par raison de une par semaine.
Bref, je commençais à peine à devenir le charmeur que j'ai toujours souhaité être; tout ça pour dire que j'étais sur mon petit nuage dans mon petit monde de bisounours.

Puis, je suis littéralement descendu en enfer.
Je suis encore à ce jour traumatisé par ce que j'ai vécu et ressentis.
Quand on vous dit de ne pas prendre de drogue, on vous prend pas pour des cons, c'est un très bon conseil , aha..

C'est une journée comme les autres, les cours, la pause fumette, un peu de tchatch et des fous rires avec les copains.
Cela faisait un ptit moment, qu'une idée trottait dans ma tête :
Et si je me tapais un trip en classe ?
(Putain de mauvaise idée trou du cul, résultat tu t'es flingué le cerveau pour toute ta vie.)
"Ça tombe bien", ma pote veut partager avec moi des champignons.
J'ai du prendre l'équivalent d'une perche et demie, je ne m'attendais pas à avoir des effets de fou mais il s'est révélé qu'ils étaient bien puissants ces enfoirés x)


Il devait être 11h30 lors de la prise. Nous sommes directement allez au self avec un autre pote qui avait quand à lui juste pris l'équivalent d'une microdose.
Les effets montent petit à petit lors du repas.
Je me sens m'en aller et devenir chep, pour le moment pas d'hallus, juste un sentiment de flottement et de bien être en général.
On sort du self pour se caler sur un banc sur la voie verte du lycée où une fille nous rejoint.
À cet instant, je me sens à côté de la plaque, totalement chep. L'intensité qui était je dirais de 3/10 lors du repas était monté en l'espace de 20 min à 8/10. C'est à dire que j'étais là à fixer les feuilles des arbres en face avec ce magnifique filtre jaune de couleurs (c'était une journée chaude et ensoleillé)tandis qu'à côté de moi mon pote et la fille parlait et il m'était impossible de rejoindre cette conversation sans passer pour un gros teubé. À partir de ce moment là, c'était le début de mon bad trip; je ne me sentais pas à l'aise, j'étais trop décalé par rapport à mon pote qui avait pris une microdose et cette fille qui ne savait meme pas qu'on etait en train de triper.
On décide de s'éloigner du lycée pour aller fumer un ter tranquille.
Encore un mauvais choix.
En effet, déjà que j'étais pas bien, le pilon a aggravé la chose. J'étais complètement ailleurs, carrément sur une autre galaxie que les deux autres.
Je sens l'angoisse monter et les pensées négatives arriver. Je décide d'arrêter de parler pour ne pas montrer mon état de faiblesse mental. Il n'était que 13h/14h et encore 4 à 6h de trip. Je me dis qu'en marchant un peu ça vas calmer la chose.
En plus la fille retourne en cours donc on se retrouve que tous les deux avec mon pote; une angoisse en moins.

On décale près de la plage.
Je me sens pas bien, j'ai chaud et veut juste m'isoler de tout le monde pour déstresser mais compliqué d'expliquer mon état à mon pote sans passer pour un taré.
J'intériorise donc et je commence à me dire que ça vas durer encore longtemps.
La gêne s'installe, je n'ose plus parler car la moindre chose qui sort de ma bouche n'est pas sensé. Je me sens encore plus mal, je commence à avoir honte de moi et de regretter d'avoir pris ces champignons.
Mais jusqu'à là c'était de la pisse de chat.

Une crise de psychose/paranoïa et d'angoisse surgit de nulle part;
Mon rythme cardiaque accélère, mes mains deviennent moites, mes respirations deviennent saccadés. J'ai l'impression que mon corps vas lâcher en même temps que mon crâne;
Je commence à délirer complètement, il doit être 15h.
Dans ma tête se crée un schéma diabolique. Et si tu n'était qu'une marionette? Que rien de tout ça n'est réel et n'est qu'une simple simumation?(une sorte de matrix où je suis le seul qui est "réel")
Je comprends qu'à ce moment là, je parais défoncé et que tout le monde avec un peu de jugeote peut le remarquer.
On était remonté au lycée pour retourner au cours, où on avait rejoins des gens de ma classe.
Ils me demandent si je vais bien en rigolant, ils savaient que j'ai pris des champignons. Ils me dévisagent, je ressens qu'ils me jugent ; c'est un moment vraiment pas agréable où je suis obligé de faire acte de présence au moins physiquement pour pas paraître totalement fou alors que je suis en pleine crise d'angoisse à deux doigts de faire une crise cardiaque tellement la pression est grande pour garder mon sang froid et lutter contre ces pensées délirantes.
On monte jusqu'à la salle de cours, où on attend le prof.
À ce moment je suis au summum de mon trip, je suis vraiment ailleurs et ne colle plus du tout à la réalité, l'intensité est près de 10/10.
J'ai l'impression que tout le monde me dévisage.
Au même moment, le CPE passe dans le couloir suivi de deux policiers.

OH PUTAIN
Ils viennent pour moi c'est sûr je me dis.

Je réussis à sortir un bonjour au CPE en paraissant à peu près sobre lorsqu'il passe à coté de moi et je  me tourne directement pour pas que les flics me regardent.
Forcément, ils étaient la pour faire de la prévention pour une autre classe mais pendant un instant j'ai pensé qu'ils étaient au courant de tout et qu'ils allaient m'arrêter.
Comprenez que physiquement je suis comme du coton et que mentalement je suis à bout, je suis prêt à m'effondrer et me mettre en boule sous toute cette angoisse qui me ronge.

On entre dans la classe.
J'ai encore cette image où je vois briller des formes géométriques sur le plafond et les motifs onduler sur le sol. Ça me rassure pas forcément mdrr jcomprends que le trip vas durer plus longtemps que prévu.

L'heure de cours fut une pure heure de douleur.
Entre éviter le regard des autres, rester un minimum concentré et pas faire n'importe quoi.
Je suis assailis de pensées malsaines, je remet ma vie en question. Je vois le mal partout, c'est insoutenable.
À la fin de cette heure douloureuse, j'entends dire "nan mais regarde sa gueule". Jusqu'à maintenant je ne sais pas si c'était une hallucination auditive ou non, et si c'était pas le cas, m'étais ce destiné?
En tout cas, cette phrase m'a marqué jsp pas pourquoi; j'étais envahis de honte de mes pieds jusqu'à mes mains.

Je décide de m'isoler en salle de perm en espérant détriper un peu.
Bah nada mon gars mdrr
Des pensées délirantes m'ont envahis, j'entendais des voix qui n'étaient pas les miennes alors que ça ne m'était jamais arrivé...
Pour vous expliquer ce qui se passsait dans mon cerveau et de la réalité qu'il commençait à créer, c'était comme si j'étais une machine dans un univers que je n'avais pas accès visuellement mais uniquement par l'audition. Comme si j'étais dans une simulation biologique, comme si j'avais un casque VR mais que le jeu en question était le monde réel. Vous me suivez ?
Une machine parmis tant d'autres dans une salle de serveurs où des ingénieurs passent puis commencent à dire:
"Voila notre poulain" (?????)
J'arrive pas à dicerner clairement de quoi ils causent, comme quoi ma prise de champignons avait dérégler quelque chose et qu'il fallait me réparer.
J'entends une voix qui me dit d'aller voir le directeur maintenant (pourquoi? Jsp me demander pas)
J'ai pris peur, mon angoisse devenait de plus en plus importante plus que j'aurais jamais pus imaginer ressentir.

(P'tite apartheid, j'étais vraiment en train de délirer et n'avait plus qu'une once de lucidité.)

Imaginez que vous êtes seul contre tous, que vous êtes très mal en point mais que vous ne pouvez pas demander d'aide et ça jusqu'à la fin de la journée.

Bref, j'étais tjr dans la salle de perm avec ces idées qui me glaçait le sang. Je voulais que ça s'arrête, j'étais à deux doigts d'aller tout foudre en l'air, de péter un bon câble et de finir en HP.
Je tiens bon malgré la terrible guerre qui se passe la haut, entre mes neurones.
Il devait être 17h quand mes potes m'invitent à venir à la plage à travers la vitre de la salle.
Je refuse.
Ils insistent.
Je céde.
Ils ne sont pas au courant de mon état.

"T'as pas l'air d'aller bien"
"Si si tkt"

Je les suis sans dire un mot, en titubant à moitié.
Actuellement dans ma tête je marche dans les couloirs de l'enfer.
Une fois arrivé, je m'assois dans ce groupe d'une dizaine de personnes dont je connais a peine la moitié.


Et là, une vague d'effroi.


Au moment où je regarde la tête des gens qui m'entourent, je ne vois que malice et regards de tueurs.
J'avais cette putain d'impression que chacun d'eux était prêt à me tuer d'une manière ou d'une autre,  d'un instant à l'autre.
Mon cerveau est recroquevillé en quatre pour pousser cette imagination débordante mais rien n'y fait;
Je n'ai plus aucun contrôle sur ce que je pense.
Encore une longue heure de survie insoutenable contre mon esprit.

Je reste là
Faisant acte de présence
À répondre seulement quand on m'adresse la parole avec une boule au ventre énorme.
Cette impression qu'à tout moment mon cerveau allait imploser sous toute cette tension.

On remonte au self aux alentours de 19h avant de rentrer à l'internat du lycée.
Pendant tout le long du trajet des visions d'horreurs, le regard glaçant des gens prêt à me sauter dessus pour me taillader au moindre moment d'inattention.

C'est comme si j'avais débloqué toutes les maladies mentales d'un seul coup.

La schizophrénie qui me faisait croire qu'il y avait un ordre et une sorte de quête pour être accepté par les autres.
La paranoïa qui me disait que je ne pouvais même pas faire confiance à mon mllr ami à côté de moi.

(Maintenant que j'y pense, ce trip à réveillé un côté schizophrénique car pas mal de symptômes sont cités dans mon récit..)

Le trip ne s'arrête pas encore.
Je suis bouffé par des pensées délirantes jusqu'à 2h / 3h du matin, impossible de dormir évidemment.

Chaque phrase que l'on m'adresse est comme une insulte ou un jugement.

Vous pensez que ça s'arrête là ?
Ahahaha.
Vous êtes marrants. Bien sûr que non.

Le lendemain, c'est le vide.
Je n'ai plus une once de volonté.
Lire et comprendre une simple phrase au tableau est un challenge à lui tout seul.
Je ne comprends pas les consignes qu'on me donne et dois les faire répéter 2 fois avant de me faire aider par le prof.
C'était un truc tout con comme classer des trucs dans certaines domaines, rien de sorcier mais pour moi c'était dur de réfléchir et d'avoir un poil de compréhension.

J'étais clairement vidé de toutes émotions.
Je me sentais mort.
Déprimé à souhait.
Encore sous le choc de mon trip et encore ces pensées délirantes.

Parler à quelqu'un était une épreuve.
Me faire comprendre était encore plus difficile.

Tout ça pendant plusieurs mois, le temps que je reprenne mes esprits et ma lucidité.
De me faire comprendre que rien de tout ça était réel.
Encore aujourd'hui il peut m'arriver de douter de la réalité mais je tiens bon.

Voilà, c'était mon ressenti et les pensées de mon bad trip expliqué le plus précisément que je puisse d'après mes souvenirs.
J'ai dû oublier des détails mais le principal est là.
Je n'en ai toujours pas parlé à mes amis que j'ai perdu, ni à ma famille.

Aujourd'hui, je suis dépressif, seul, au chômage, sans aucune motivation ni détermination. La joie de vivre est parti et ne reviendra peut être jamais.
Je suis condamné à souffrir de mon erreur durant toute ma vie, je n'ai seulement que 19 ans.


S'il vous plaît, ne prenez pas de drogues.

Nan jdéconne, évitez de faire la même erreur que moi c'est tout.

Lors d'une prise de psychés il faut un bon nombre de conditions

-être bien entouré (avoir une personne sobre ou de confiance pour vous suivre durant votre trip)
-être dans un environnement sain(endroit clos ou calme sans traffic)
-de pas abuser sur la dose, y aller à son rythme
-être dans un bon état d'esprit avant de prendre des psychés (si t'es dépressif t'y pense même pas)
-être en petit comité(et que tout le monde prennent des psychés sinon il y aura un contraste gênant entre vous et les personnes sobres, je recommande pas après c'est pas super grave franchement mais l'expérience sera plus plaisante)

et bla bla bla, ayez un peu de jugeote et ne vous comportez pas comme moi en gros.

La leçon que j'ai apprise ?
Prendres des champis en classe, c'est pas bien.

Catégorie : Trip Report - 14 septembre 2022 à  02:36

#bad trip #champignons #classe #enfer #Lycée



Commentaires
#1 Posté par : Hadrien 14 septembre 2022 à  02:49
J'en parle avec du second degré mais les séquelles sont bien présentes et c'est grave.
Ce bad trip m'a changé et je ne pense pas redevenir l'homme que j'étais avant ça.

Sincèrement, si vous voyez ça, faites attention lors de vos prises de psyché, c'est pas un truc à prendre à la légère.

J'espère que j'aurai pu éviter à certaines personnes d'éviter de faire une grosse bêtise grâce à la revue de mon bad trip.

On parle ici de votre vie, elle est unique, prenez en soin.

 
#2 Posté par : OZILA 14 septembre 2022 à  11:41
Belle initiative que de partager ton récit, t'as à peine 19 ans pars pas si pessimiste et comme dirait l'autre, le plus important c'est pas ce qu'on a fait de toi, mais c'est ce que t'as fait de ce qu'on a fait de toi.
Inscris toi à la salle, essaye de retrouver une stabilité émotionnelle, un mode de vie loin des drogues, je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire mais rien n'est irréversible, c'est une loi de ce monde, l'univers est un mouvement permanent, reste pas accroché à des croyances limitantes qui n'alimentent que du négatif, dans 10-15 ans tu risques de vraiment regretter de pas t'être bougé le cul quand t'en avais l'opportunité, sors de ta matrice putain rien n'est joué...

 
#3 Posté par : Hadrien 14 septembre 2022 à  16:40
Merci pour ta lecture et ta réponse.

Comme tu me le conseille, je reprend déjà ma vie en main petit à petit.
Le progrès reste du progrès malgré qu'il peut être insignifiant pour certains.

 
#4 Posté par : Riversofia008 14 septembre 2022 à  19:37
Hadrien,

T'en fais pas.

Si quelqu'un n'est plus ton ami, c'est que c'était pas vraiment ton ami. Donc il n'y a plus qu'à t'en faire. Moi je suis la déjà.

Et pour la schizophrénie, c'est pas une tare tu sais, moi j'en ai un peu et j'ai beaucoup de succès. lol

Je trouve que tu écris très bien. Ton cerveau n'est pas atteint. Je pense que ta déprime est la même que tout le monde a. Mais personne n'ose avouer ses faiblesses, ses peurs. En tout cas,c'est mon cas  C'est tout à ton honneur de pouvoir le faire. Encore une qualité.
Recommence à sourire , ça va faire du bien à ton cerveau et c'est prouvé.
Tout va bien , tu es génial et rien ne peut changer ça. Le passé c'est passé. Ne pense plus à ça ok. Juste au présent et au futur. Et surtout accepte de ressentir un immense amour pour toi.
On est là. N'hésite pas à parler, a tout sortir, c'est important.
Reputation de ce commentaire
 
très avenant(e) :thumb up:

 
#5 Posté par : Golom 15 septembre 2022 à  03:32
Bonsoir à tous,

Bon, Hadrien, déjà tu as 19 ans=la vie devant toi !

Je vais raconter très rapidement mes 2 seuls bads (le troisième c'est une folie d'une semaine, d'un club de strip à Tucson (Arizona) à mon propre mariage à Las Vegas...sous Methamphetamine, mais ça serait trop long pour ce soir).
Gros consommateur d'hallucinogénes et de dissociatifs dans mes tendres années, je n'ai "bad tripé" que vraiment 2 fois, et comme toi, ça a été sous champi ! Alors que je m'envoyé à gogo: LSD, Speed/MD(des taz quoi), divers sortes de champis, Ketamine, ect...et même Datura/Brugmensia (j'adorai ça !!!)...j'avais même "inventé" le "Tri-ball", mélange de Coke, Hero et MDMA (un soir après 3 jours sans dormir j'ai vu Bob Marley à la TV jouer "No woman no cry" en live, sauf que le pote chez qui j'étais en after n'avait jamais allumé la TV !).

Bref, pour en revenir aux 2 bads, sous champi (étonnamment je trouve vu le reste...):
-Le 1er, 1997, comme toi je suis jeune, beau, la vie me réussie...
On part à Amsterdam pour la première fois avec un super pote...histoire de goûter le pot justement et les autres délices locaux...lui ne fait que fumer (enfin, quand je dis "que fumer", quand tu vois jusqu'ou tu peux tripper avec du Cannabis...pour moi, c'est largement plus fort au niveau défonce que beaucoup de drogues dites dures).Je suis comme un fou, les filles sont magnifiques et très avenantes (attention je ne parle pas de celles qu'il faut payer), il y a de la drogue de partout, je suis un gamin dans un magasin de jouet.
On est la pendant une semaine, on fume énormément, et moi je test tout un tas de trucs, qui font plus où moins d'effets...
Un soir, vers la fin du voyage, je m'achète un sachet de champis, le gars me dit de faire attention, c'est du Copelandia, ce qu'il a de plus fort...j'ingurgite...je trip tranquille...et sans savoir comment en fait, je me retrouve dans une toile de tente, au camping d'Amsterdam, dans une parano sonore délirante qui a durée jusqu'àu petit matin...chaque voix, réel ou pas, était la pour ce foutre de ma gueule, les flics sont à ma recherche...ect...ect...je le raconte en rapide, mais vrai bad très déplaisant.

-Seconde fois, toujours sous champi !
On est en 1999 et avec un très bon pote on a pas trop d'argent...alors je lui propose d'aller vers Le Mans, on va aller ramasser des pommes, ça nous fera un ébergement gratuit, le taf nous paiera quelques bières, mais le gros des sous pour de futurs projets on doit le faire en allant chercher des Psylo.Je connais des champs, ou comme vers Poitiers à l'époque, il était possible d'en ramasser plusieurs milliers par nuit.Tout se passe bien, on cueille nos Golden et autres Pink Lady tranquillement  tous les jours en gobant quelques champis...puis, vient le week-end fatidique ou je dis à mon pote Tonyo qu'un pote de lycée, Simon, organise une fête champi chez lui...on y va...la maison est ancienne, trippante, magnifique, les gens sont sympa...tout le monde gobe du psylo made in France tout frais, tout se passe bien, excellentes vibes...puis, vient le moment où tout le monde met en vrac autant de psylo que voulu dans une grosse marmite...on est une vingtaine dans la casa, mais on est tous déjà bien perché...la décoction en préparation contient plusieurs milliers de psylos.Petite cuisson, un peu de sucre et de thé pour le goût, et nous voilà à nous enfiler shooters sur shooters...de la, tout ce que je me rappel, c'est une paranoïa et surtout une crispation de dingue, impossible de bouger, pendant environ 8 heures je suis collé à un feu dans une grande cheminée de la cuisine de la maison, et tous les gens qui essaient de me parler ou qui rentrent dans la pièce sont des sorcières au visuel, des êtres malveillants intérieurement j'en suis persuadé !
Je tiens à préciser par contre, que j'ai toujours su que j'étais sous drogue puissante ces 2 fois ou j'ai vraiment "badé", c'est sûrement cet état d'esprit qui a fait que je ne devienne pas fou à la suite directe de ces 2 mauvaises perches...mais j'ai connu des amis proches qui n'ont pas eu cette chance...Je raconte tout ça en très rapide sinon ça va vraiment être indigeste, oui, je sais, c'est déjà long...

Pour en revenir à toi Hadrien, je vais te dire ce qui m'a énormément aidé dans certains moments de doutes:
-Croire en toi déjà, la base.
-Tu es très jeune, apparemment tu avais du succès avec les filles...alors fait toi plaisir au max (moyen par contre ton espèce d'échelle de valeur...mais bon, ça doit être dans l'air du temps).
-Arrêter à 100% les drogues que tu ne sent plus !
-Et surtout, mais surtout, pour moi ce qui a tout fait ce sont les voyages !! Pendant très longtemps, j'étais tellement apaisé quand je franchissai les frontières Françaises ! Le Maroc tout simplement par exemple , putain, cette joie de vivre, ces gens qui ne se soucient absolument pas de tes imperfections, cette simplicité, ces coins paradisiaques pour 3 sous, cette nourriture délicieuse, ce ciel immaculé, ces treks en montagnes, ces cessions surf/pêche/plongée en mer...c'est ça la vie ! Tu y reprendra goût très, très vite va si tu voyage (physiquement) ...
Aller, désolé pour les fautes d'orthographe, c'était au plus rapide...
Cheers!!!!

 
#6 Posté par : Wolfyy 15 septembre 2022 à  10:46
Salut,
Merci pr ton témoignage,
Pour te dire que j'ai vécu un Bad il y a environ 2ans, que je pensais que ça m'avait changé à jamais, et au final à force d'efforts, d'essayer de comprendre ce qui m'était arrivé, de comprendre ce que je dois faire pour revenir dans le monde réel, réapprendre les schémas sociaux,etc.
J'en suis revenu en un an, ça a pas été facile mais c'est possible
Et j'espère que tu y arriveras
Bon courage à toi le plus dur reste à venir, reconstruis toi mais n'oublie pas que c'est possible, un jour tu te reveilleras et tu te rendras compte que tout ça est derrière toi et que ça ne fait "que" partie de ton histoire

 
#7 Posté par : Hadrien 15 septembre 2022 à  12:57
Woah, jsuis sur le cul, vos retours m'ont touchés.
Je comprends mieux quel état d'esprit je dois garder par rapport à ce mauvais souvenir.
Moi qui pensait être seul et incompris aha, il se révèle que je suis comme "Mr. Tout le monde".

Riversofia008 a écrit

Hadrien,

T'en fais pas.

Si quelqu'un n'est plus ton ami, c'est que c'était pas vraiment ton ami. Donc il n'y a plus qu'à t'en faire. Moi je suis la déjà.

Et pour la schizophrénie, c'est pas une tare tu sais, moi j'en ai un peu et j'ai beaucoup de succès. lol

Je trouve que tu écris très bien. Ton cerveau n'est pas atteint. Je pense que ta déprime est la même que tout le monde a. Mais personne n'ose avouer ses faiblesses, ses peurs. En tout cas,c'est mon cas  C'est tout à ton honneur de pouvoir le faire. Encore une qualité.
Recommence à sourire , ça va faire du bien à ton cerveau et c'est prouvé.
Tout va bien , tu es génial et rien ne peut changer ça. Le passé c'est passé. Ne pense plus à ça ok. Juste au présent et au futur. Et surtout accepte de ressentir un immense amour pour toi.
On est là. N'hésite pas à parler, a tout sortir, c'est important.

Ton soutien me fait chaud au coeur, merci.
Tu ne dis que des vérités vrais ! lolbig_smile

Golom a écrit

Bonsoir à tous,

Bon, Hadrien, déjà tu as 19 ans=la vie devant toi !

Je vais raconter très rapidement mes 2 seuls bads (le troisième c'est une folie d'une semaine, d'un club de strip à Tucson (Arizona) à mon propre mariage à Las Vegas...sous Methamphetamine, mais ça serait trop long pour ce soir).
Gros consommateur d'hallucinogénes et de dissociatifs dans mes tendres années, je n'ai "bad tripé" que vraiment 2 fois, et comme toi, ça a été sous champi ! Alors que je m'envoyé à gogo: LSD, Speed/MD(des taz quoi), divers sortes de champis, Ketamine, ect...et même Datura/Brugmensia (j'adorai ça !!!)...j'avais même "inventé" le "Tri-ball", mélange de Coke, Hero et MDMA (un soir après 3 jours sans dormir j'ai vu Bob Marley à la TV jouer "No woman no cry" en live, sauf que le pote chez qui j'étais en after n'avait jamais allumé la TV !).

Bref, pour en revenir aux 2 bads, sous champi (étonnamment je trouve vu le reste...):
-Le 1er, 1997, comme toi je suis jeune, beau, la vie me réussie...
On part à Amsterdam pour la première fois avec un super pote...histoire de goûter le pot justement et les autres délices locaux...lui ne fait que fumer (enfin, quand je dis "que fumer", quand tu vois jusqu'ou tu peux tripper avec du Cannabis...pour moi, c'est largement plus fort au niveau défonce que beaucoup de drogues dites dures).Je suis comme un fou, les filles sont magnifiques et très avenantes (attention je ne parle pas de celles qu'il faut payer), il y a de la drogue de partout, je suis un gamin dans un magasin de jouet.
On est la pendant une semaine, on fume énormément, et moi je test tout un tas de trucs, qui font plus où moins d'effets...
Un soir, vers la fin du voyage, je m'achète un sachet de champis, le gars me dit de faire attention, c'est du Copelandia, ce qu'il a de plus fort...j'ingurgite...je trip tranquille...et sans savoir comment en fait, je me retrouve dans une toile de tente, au camping d'Amsterdam, dans une parano sonore délirante qui a durée jusqu'àu petit matin...chaque voix, réel ou pas, était la pour ce foutre de ma gueule, les flics sont à ma recherche...ect...ect...je le raconte en rapide, mais vrai bad très déplaisant.

-Seconde fois, toujours sous champi !
On est en 1999 et avec un très bon pote on a pas trop d'argent...alors je lui propose d'aller vers Le Mans, on va aller ramasser des pommes, ça nous fera un ébergement gratuit, le taf nous paiera quelques bières, mais le gros des sous pour de futurs projets on doit le faire en allant chercher des Psylo.Je connais des champs, ou comme vers Poitiers à l'époque, il était possible d'en ramasser plusieurs milliers par nuit.Tout se passe bien, on cueille nos Golden et autres Pink Lady tranquillement  tous les jours en gobant quelques champis...puis, vient le week-end fatidique ou je dis à mon pote Tonyo qu'un pote de lycée, Simon, organise une fête champi chez lui...on y va...la maison est ancienne, trippante, magnifique, les gens sont sympa...tout le monde gobe du psylo made in France tout frais, tout se passe bien, excellentes vibes...puis, vient le moment où tout le monde met en vrac autant de psylo que voulu dans une grosse marmite...on est une vingtaine dans la casa, mais on est tous déjà bien perché...la décoction en préparation contient plusieurs milliers de psylos.Petite cuisson, un peu de sucre et de thé pour le goût, et nous voilà à nous enfiler shooters sur shooters...de la, tout ce que je me rappel, c'est une paranoïa et surtout une crispation de dingue, impossible de bouger, pendant environ 8 heures je suis collé à un feu dans une grande cheminée de la cuisine de la maison, et tous les gens qui essaient de me parler ou qui rentrent dans la pièce sont des sorcières au visuel, des êtres malveillants intérieurement j'en suis persuadé !
Je tiens à préciser par contre, que j'ai toujours su que j'étais sous drogue puissante ces 2 fois ou j'ai vraiment "badé", c'est sûrement cet état d'esprit qui a fait que je ne devienne pas fou à la suite directe de ces 2 mauvaises perches...mais j'ai connu des amis proches qui n'ont pas eu cette chance...Je raconte tout ça en très rapide sinon ça va vraiment être indigeste, oui, je sais, c'est déjà long...

Pour en revenir à toi Hadrien, je vais te dire ce qui m'a énormément aidé dans certains moments de doutes:
-Croire en toi déjà, la base.
-Tu es très jeune, apparemment tu avais du succès avec les filles...alors fait toi plaisir au max (moyen par contre ton espèce d'échelle de valeur...mais bon, ça doit être dans l'air du temps).
-Arrêter à 100% les drogues que tu ne sent plus !
-Et surtout, mais surtout, pour moi ce qui a tout fait ce sont les voyages !! Pendant très longtemps, j'étais tellement apaisé quand je franchissai les frontières Françaises ! Le Maroc tout simplement par exemple , putain, cette joie de vivre, ces gens qui ne se soucient absolument pas de tes imperfections, cette simplicité, ces coins paradisiaques pour 3 sous, cette nourriture délicieuse, ce ciel immaculé, ces treks en montagnes, ces cessions surf/pêche/plongée en mer...c'est ça la vie ! Tu y reprendra goût très, très vite va si tu voyage (physiquement) ...
Aller, désolé pour les fautes d'orthographe, c'était au plus rapide...
Cheers!!!!

Eh bin, une vie bien remplie tu me fais rêver !! big_smile

Je comprends mieux maintenant, j'étais simplement effrayé de ne plus avoir le contrôle, ça ne m'était jamais arrivé auparavant.
Et je trouve ça "marrant" comme toi que tu as bad seulement sous champis et pas sous L, qui me semble moins prévisible et moins contrôlable.thinking
Jvais pas te mentir, jsuis choqué de ce que tu t'es mis dans la tronche lol et pourtant, toujours en pleine santé ( à priori ? )
L'échelle de valeur c'était pour l'intensité du bad trip rien à voir avec les filles (?)

En tout cas merci pour ton témoignage, tu m'a appris quelques trucs aujourd'hui qui m'aideront pour mon avenir.

Wolfyy a écrit

Salut,
Merci pr ton témoignage,
Pour te dire que j'ai vécu un Bad il y a environ 2ans, que je pensais que ça m'avait changé à jamais, et au final à force d'efforts, d'essayer de comprendre ce qui m'était arrivé, de comprendre ce que je dois faire pour revenir dans le monde réel, réapprendre les schémas sociaux,etc.
J'en suis revenu en un an, ça a pas été facile mais c'est possible
Et j'espère que tu y arriveras
Bon courage à toi le plus dur reste à venir, reconstruis toi mais n'oublie pas que c'est possible, un jour tu te reveilleras et tu te rendras compte que tout ça est derrière toi et que ça ne fait "que" partie de ton histoire

Je te comprends, j'ai beaucoup de mal à recréer du lien social moi aussi et ça vas prendre encore du temps pour y arriver mais j'y crois !

Reputation de ce commentaire
 
Bon courage

 
#8 Posté par : Riversofia008 18 septembre 2022 à  18:21
Ça va mieux ?

 
#9 Posté par : Hadrien 18 septembre 2022 à  21:38

Riversofia008 a écrit

Ça va mieux ?

Plus ou moins.

J'ai une meilleure vision des choses en tout cas mais je dois toujours bouger mon cul pour changer les choses et c'est plus dur qu'il n'y paraît.
Demain, j'irai voir les restaurants près de chez moi pour trouver du travail puis j'espère rentrer dans la vie active.

C'est un début aha


 
#10 Posté par : Riversofia008 18 septembre 2022 à  21:59
Tu assures, bravo de te remettre debout ! Oui, faire quelque d'actif, c'est nickel. Quelque chose qui est bon pour toi. N'oublie pas que c'est ta vie, ton histoire. Si tu as besoin d'être encore au calme pour te ressourcer, c'est tout à fait ton droit. Ce qui compte c'est que tu ailles bien, pas que tu sois forcement actif. Il y a des gens qui sont très actifs mais qui vont très mal. C'est pas ça ce que j'appelle réussir sa vie.
J'ai bossé aussi dans l'horeca , j'en garde de très bons souvenirs. A toi de voir , ce que tu as envie de faire. Le choix est large. Tout est possible. Surtout quand on a confiance en soi, qu on a de l'amour pour soi et le sourire facile.
Tu vas assurer!
Ose ou repose toi, prends le temps...
Reputation de ce commentaire
 
Merci pour ton soutien

Remonter

Pied de page des forums