



marnowi a écrit
Ces jours-ci c'est pas la joie.
J'avais l'impression que l'humeur remontait enfin un peu, j'ai même pu profiter d'un super week-end avec mon conjoint et une soirée rien qu'à nous.... Et puis ça s'est de nouveau assombri. Avec une soif de mettage de tête qui est montée assez rapidement, crescendo, puissante. Un truc impérieux, irrépressible.
Se mettre un effet, par tous les moyens. J'ai commencé à boire plus le soir. J'ai pris plus de métha et plus de ritaline que d'habitude (ce qui va me mettre dans la merde, mais ça c'est un problème pour la Marnowi de demain). J'ai pris du L, un peu de mdma, de la c.... Et alors que j'avais pas eu de craving lié à l'injection depuis mon retour, c'est revenu à fond.
L'impression d'être Pacman. Miam miam. Glop, glop, encore, encore. J'avais même la musique dans la tête.
Mais qu'est ce qui m'arrivait à la fin?
Et puis j'ai fait un lien.
J'ai essayé d'arrêter de fumer du tabac. Et ça faisait 2 semaines que je tenais aux forceps. Est ce que j'étais pas tout simplement en train d'exploser en plein vol et de compenser comme je pouvais avec tout ce qui me tombait sous la main?
Après une petite enquête autour de moi, plusieurs personnes ayant arrêté de fumer m'ont expliqué être passés par une phase où ils avaient plus consommé autre chose, notamment de l'alcool. Pourtant d'habitude c'est vraiment pas mon prod. Et voilà que tous les soirs je recherchais un ptit high, n'importe quoi mais s'il vous plait, un p'tit high!
Alors je suis retournée acheter des clopes, parce que franchement, mon arrêt était trop cher payé.
Curieusement j'ai pas repris à fond. Je me limite et je mets des patchs. Je suis toujours motivée à arrêter pour des raisons de santé, mais de manière plus douce.
Alors ça va un peu mieux, mais j'ai bien morflé, et tremblé hyper fort dans mes fondations. Je ne m'attendais pas du tout à ça. La petite musique de Pacman est toujours là, moins forte mais toujours là. Ce qui me saoûle, c'est que c'est l'insatisfaction qui domine, que je suive ou pas les envies. J'ai l'impression de courir après un truc que je n'arrive pas à obtenir.
Je m'écoute, je m'observe, je ne me fais pas violence, et je me dis que cette phase passera. Que c'est pas la fin du monde, que j'en ai vu d'autres, et que l'équilibre reviendra.
Mais entre ça et la phase d'avant, la vérité, c'est que je commence à en avoir marre de ce gris. Je voudrais que le moral revienne pour de bon, et ne plus me sentir aussi fragile.
On verra les jours prochains!
Marnowi.
Image: https://www.psychoactif.org/forum/uploa … woman.webp
Avec, ma Marnowi, je suis si tristoune de te savoir, comme tu le dis si bien, vaciller, ou tout du moins tremblotter un peu dans tes fondations (je pense savoir ce que tu entends par ce terme, moo j'appelle cela les murs porteurs...)
Je suis rassurée que la phase la plus pénible soit derrière toi (et je trouve que la solution que tu as trouvée, ne pas arrêter brutalement la clope, mais plus en douceur, est une excellente solution.)
Je ne fume pas de clopes et n'ai jamais fumé, mais je suis tombée dans le piège des puffs, et maintenant, j'ai une petite cigarette électronique, et je fumé avec nicotine...
Mon médecin généraliste ne considère même pas ça comme un problème, au vu de la différence des dégâts induits par la clope, en regard du vapotage, mais j'ai lu des choses pas rassurantes du tout concernant les produits contenus dans les liquides des CE, entre autre, la présence faible, mais bien présente toute de même, de formaldéhyde... J'essaie aussi de diminuer, et que c'est dur!)
Dans l'arrêt du tabac, je t'avoue n'avoir jamais connu personne ayant arrêté net sans jamais reprendre.
Je sais que cela existe, mais c'est excessivement difficile, et comme c'est LOGIQUE, que tu te sois retrouvée harcelées par des cravings très pénibles!
C'est d'une logique implacable: ton cerveau ne recevant plus sa dose quotidienne de nicotine, se retrouve "en manque", le mot paraît fort, mais pour moi, il est juste.
Donc, logiquement, il se retrouve "frustré" et cherche à tout prix à activer le circuit de la récompense...
Bon, c'est super mal schématisé, au sens biochimie, mais j'espère que tu me comprends!
Et oui, j'ai déjà entendu parler du fameux cap dont tu parles, des deux semaines...
Et OUI, tu as parfaitement raison, c'est bien trop cher payé.
La solution que tu as trouvée, en y intégrant des patchs est, à mon sens, le mieux que tu puisses faire.
Si tu savais comme je te comprends ton désir de voir le gris tourner au bleu!
C'est phases sont insupportables. Le mot paraît fort, mais c'est le sentiment que j'ai eu lorsque j'ai traversé (un nombre incalculable de orages grisâtre.)
Je me demandais quand aurai-je le droit d'être tout simplement heureuse. Rien de fou, juste bien. Pas angoissée, sereine, et donc capable d'avancer dans ma vie, mes petits projets...
Sincèrement, à force d'alterner les phases grisâtre, pas franchement grises et encore moins noires, je m'estimais encore chanceuse, et les phases, toujours trop courtes, durant lesquelles je touchais le véritable bonheur, la sérénité réelle. Je ne faisais que les toucher du doigt.
Et si de par mon expérience, je peux t'apporter un tout petit peu de réconfort: depuis plusieurs mois, de longs mois, depuis le dernier ajustement de mon traitement (je me sentais sur le point d'arriver à destination, il ne restait que ces angoisses à juguler, stopper, ces angoisses sorties de mon inconscient, donc sans sens conscient, et c'est terriblement frustrant, qui me tombaient dessus inopinément, sans prévenir.)
Même si cela fait plusieurs mois que je vis dans la tranquillité d'esprit que je n'osais plus espérer, cela me fait encore un drôle d'effet, et je me dis plusieurs fois, sur une journée: "Tiens, c'est bizarre, je n'ai pas encore angoissé..!"
Alors mon chemin n'est pas terminé, pas du tout, il me reste une long fe travail de psychothérapie à effectuer. Pour avoir les outils que l'on ne m'a pas donnés pour affronter la vie, accepter certaines choses, et encore bien plus.
Stop, assez parlé de moi!
Si cela est possible pour moi, pourquoi cela ne le serait pas pour toi?
Rappelles-moi comment es-tu suivie?
Quels professionnels t’encadrent?
J'aimerais tant pouvoir t'envoyer des ondes de bonheur, de sérénité, si tu savais!
Nous avons des psychés compliquées.
Nous payons horriblement cher le fait d'avoir osé nous soulager avec des produits qui nous permettaient juste de VIVRE NORMALEMENT, c'est si injuste que je pourrais exploser de colère.
Tu l'as toi-même dit, pour nous, qui ne sommes peut-être pas "classiques", de par notre fonctionnement, être, vivre ici, dans la société actuelle, c'est dur. Très dur.
Tout le monde n'a pas la chance comme moi d'arrêter de travailler (je n'ai pas eu le choix, je touche une pension d'invalidité) et de se reconvertir dans sa passion (le domaine canin pour moi), le fait d'être obligé de fréquenter des collègues, des gens, et encore des gens, sans que cela ne soit un choix... C'est très violent.
Et le retour de bâton pour avoir osé se faciliter un peu l'effort surhumain que cela nous demande, est tellement violent, lui aussi.
Je t'envoie tout mon courage et toutes mes pensées les plus tendres.
Je reste persuadée que le meilleur reste à venir.