Première perche à l'ecstasy : en soirée karaoké organisée par maman. / Les Blogs de PsychoACTIF
 

Première perche à l'ecstasy : en soirée karaoké organisée par maman. 



Bonsoir,

   Ceci est mon premier Trip report, alors je vous prie d'en pardonner les maladresses et de ne pas hésiter à me conseiller pour les prochains : - )-'.
 
   D'abord, mettons les choses dans leur contexte.
  Je suis une jeune fille de 18 ans qui vit encore chez ses parents.
  Ma mère, comédienne, a organisé un karaoké chez nous avec tous ses élèves de théâtre. Comme j'ai peur de chanter et associe (hélas) trop souvent festoiement et substances, j'ai décidé d'arriver dans un état second à la petite réjouissance. L'alcoolisme dont je souffre rendant mes bitures dérisoires et la fumette n'étant pas le parnasse de la desinhibition, mon "géni" m'a soufflé d'essayer ce que je n'avais jamais encore testé : l'ecstasy.
  Aussi, je me procure un taz  ( un Philippe Plein rose que le vendeur m'avait dit être dosé à 160 environ) et en gobe un quart avec de la bière, vers 16h00 ( pour la fête à 19h ). Je m'étais renseignée à fond sur les effets, risques etc et savais que je devais compter environ une demi-heure avant de ressentir les premiers effets.
  Je reste à zoner vers le Centre Pompidou, sans vraiment faire attention à mon état. Vers 17h, je constate que ça ne monte pas et reprends un quart ( en tout un demi taz). Je décale de Pompidou et téléphone à une amie sans rien lui dire de mes actes. Au bout d'un quart d'heure, je me sens nerveuse et remplie d'amour pour elle. On parle musique et tout commence à me paraître génial. J'en conclue que la MDMA commence à agir. Vers 18h, jai les poings serrés et ressens comme un stress permanent, comme du trac. C'est très agréable. J'arrive chez moi vers 18h30. Mes pupilles sont parties en vrille et sur le chemin, je marche très vite. Je ne sens plus la chaleur ni le froid. Ma notion du temps s'accélère. Je croise ma mère, qui ne crame absolument rien. Je prends une douche avec la musique à fond et là, constat fort agréable : moi qui hais mon corps, je me trouve belle, séduisante et très stylée. La musique est comme un enchantement, même la musique de merde. Vers 19h, les premiers invités arrivent, dont l'un que j'aime d'amour ( unilatéral). Et là, cela me parait une évidence, plus de questionnement sur le caractère correct ou non de ce sentiment. Il est, et maintenant il faut l'accepter comme il se présente.
Personne ne semble repérer mon état. On descend à la cave, on bavarde.
  Il faut savoir que j'ai beaucoup de carcaractéristiques de la bipolarité, avec alternances de phases dépressives, stables et maniaques, et ma mère, habituée à mon caractère extravagant,  rigole beaucoup à mes blagues qui fusent, aux câlins que je fais à tout le monde...quelle femme innocente  ; - )... Je décide de mettre la 7ème symphonie de Beethoven (normalement considérée comme très triste) et commence à exécuter une sorte de chorégraphie dessus en sentant la puissance de chaque harmonie, vibration du sol. Les ressentis sont organiques et point intellectuels. Au lieu de tristesse, j'éprouve un enracinement  ( propre en général à mes délires de phase maniaque...) et une force physique.
   Enfin, tous les invités sont là, on commence à chanter. Impossible, bien sûr, de manger quoi que ce soit, j'ai des vagues de chaleur et les mâchoires collées comme à la glue. Plus aucune salive et je dois monter à la cuisine me passer la tête sous l'eau à maintes reprises. Sur le moment, mon état me semble une fierté, et je pense que les autres doivent me trouver extraordinaire et spirituelle...
  J'entame la séance de chant, ma voix est magnifique ( ce qui est une grande erreur de jugement ), tout le monde est assurément en train de m'écouter avec attention. Mais déjà, l'ecstasy commence à redescendre et je vais redrop un quart en vitesse ( 3/4 en tout pour l'instant). Alors que j'appréhendais un bad trip, je ressens que rien ne peut m'arriver ( méfiez-vous de cette sensation, elle peut être un leurre...).
Quand les autres chantent, c'est encore plus intense. J'effectue des balancements assez autistiques sur l'accompagnement sonore. Tous les amis sont des génies, jamais ma mère n'a aussi bien chanté ( à la fin de chaque chanson, je l'embrasse " à la russe" sur la bouche ( ce que je ne fais jamais) et on rigole ). On sort fumer des clopes, J'en taxe sans honte aux invités ( qui ont entre 20 et 25 ans...). Dehors, je leur dis à quel point ils sont exceptionnels, et que je les aime. La cigarette n'a jamais été si agréable, la fumée dans la gorge si apaisante.
Je prend la fin de mon taz avec du vin rouge que je pique en cachette. ( quelques verres cul sec, personne ne remarque rien).
Mes dents sont défoncées. Je danse le slow avec tout le monde, C'est le feu. Arrive mon tour de chanter, je chante une chanson d'amour que j'adresse explicitement à mon amour unilatéral, le moment paraît trop merveilleux ! Ma mère me dit que j'ai des yeux chelous, j'éclate de rire et je lui dis que c'est le bonheur qui me rend comme ça ; reponse approuvée. On refume, je suis en face à face avec un ami et il me demande si je suis souvent comme ça. Je lui dis que c'est la bipolarité, il me repond qu'il a un ami bipolaire qui a pris de la MDMA et est resté perché. Je comprend qu'il me fait passer, avec délicatesse, le message que je devrais faire gaffe à moi, encore plus avec mes fragilités mentales, et que je suis "redav" à un kilomètre à la ronde. On retourne chanter après un silence. Enfin, vient la fin de la soirée. Apparemment il serait 3h du matin ? Je n'ose y croire tant j'ai de l'énergie.  Il me semble qu'il n'est que minuit. Avec maman on range tout, à quatre heures, au lit. Je dors direct. Maman n'a rien remarqué. Le lendemain, vers 9h30 , j'emerge en pleine forme. Pas de redescente en vue. Je vais voir une amie, on fume un pet, tout va bien. Un peu de fatigue s'installe, mais c'est plus physique. ( je ne peux pas trop parler de la redescendre car le lendemain j'ai repris un taz...)...oui c'est très con de ma part, surtout que je sais qu'il faut attendre au moins 6 à 8 semaines avant de reconsommer, le temps que les réserves de sérotonine se refassent normalement.
  Voilà.
  Pour conclure, ne consommez jamais de l'ecstasy devant vos parents sauf s'ils sont vraiment à l'Ouest sur ce point là comme ma maman chérie... néanmoins, cette expérience a été géniale sur tous les points. J'ai ressenti tous les effets recherchés : empathie, desinhibition, énergie, cerveau à 200 à l'heure. L'avantage de cette drogue est qu'un bon trip ne fait pas perdre le contrôle de soi mais donne juste une certaine nonchalance, un "jemenfoutisme" assumé qui, au final, simplifie les rapports. Je me suis bien entendue avec tout le monde. Pour moi, le set and sitting était parfait ( des gens que j'aime, une certaine confiance par rapports à ce que j'avais lu, un taz vraisemblablement bien dosé ) et la perche en a été le reflet.
Cependant, je conseille de faire attention car l'euphorie de la perche m'a fait oublier que cela restait une drogue dure, qui engendrait une véritable addiction, qui pouvait causer un bad trip, et demandait un usage modéré. J'ai reconsommé 4 fois dans la même semaine ( pour rien d'ailleurs puisque sans sérotonine, pas d'effets positifs, juste l'impulsivité. Je me suis même fait niquer à un moment, quelqu'un m'a vendu du plâtre ou un truc comme ça...). Faut faire gaffe aussi à bien doser, et sentir sa limite. J'ai redrop deux fois et finalement un ecstasy en entier pour un néophyte, ça aurait pu plus mal finir. Ce n'est pas parce que sur le moment on est exalté que le quart de taz suivant ne va pas causer la chute. 
Enfin, la redescente, après plusieurs jours sous MD, est assez soft pour une habituée des dépressions. ( je connais trèèèès bien le passage de l'état d'un mois de manie à trois mois de dépression alors...).
   Cependant, pour ceux qui n'ont pas l'habitude, essayez d'établir un protocole pour faciliter la descente : vitamine C, éventuellement benzos ou Hasch, pas de surmenage dans les jours qui viennent, plutôt chill ou voir des potes, enfin se faire la dolce vita.
  J'ai ressenti un mal de crâne sur plusieurs jours, surtout le soir, comme si le décor sautait autour de moi, mais j'ai lu que ça arrivait. Faut se reposer, ça passe.
Dites RIP à vos dents. Pour au moins 2-3 jours, ou prévoyez des bâtons de réglisse, des bubblegums ou ce que vous voulez mais pas vos joues...
   Évitez aussi ce que j'ai fait, soit les mélanges alcool- MD, surtout que l'alcool se ressent après la perche et pas pendant donc il y a une possibilité de vomir après...l'alcool avant la MD rend juste la montée plus lente et moins agréable chez moi, donc je ne recommande pas vraiment.  Après chacun fait comme il veut/ peut.

Voilà voilà.  J'espère que ce petit trip report vous aura plu. 

Le Sycophante vous salue.

Catégorie : Trip Report - 03 mars 2019 à  00:59

#MDMA #néophyte #parents #karaoké #effets.. #puissance #trip report

Reputation de ce commentaire
 
Original, authentique, bien écrit; cette eugénie de la MD me rend nostalgique Y.



Commentaires
#1 Posté par : PsychéLycia 05 mars 2019 à  12:02
Très fun comme histoire big_smile
Je dois dire que j'ai quasiment vécu la même en camping, soirée karaoké sous taz. Je me prenais pour Beyoncé, trouvais ma voix magnifique et ne lâchais plus le micro. J'étais prête à réinterpréter toute la chanson française.
Contente que tu aies eu un bon trip fume_une_joint

Posté par : PsychéLycia | 05 mars 2019 à  12:02

Remonter

Pied de page des forums