Bonjour à tous !
Je ne pense pas que qui que ce soit se souvienne de moi car ça fait bien deux ans que je ne poste plus rien ici-il faut dire que ça fait deux ans que j'ai commencé la
Methadone et si ça n'a pas marqué la fin de ma carrière psychoactive, je me suis doucement éloignée de cet univers.
Après deux ans sous
Methadone, j'ai atteint les trois mois sobre. Je n'envisageais la
Methadone que comme une option de contrôle du manque que de ma consommation, ce qui est pour moi des but aussi légitime que d'autres. Après une diminution progressive des usages, je me suis retrouvé à un plafond d'une consommation par mois, et pendant quelques temps j'ai eu le rapport à l'
hero les plus apaisé que je n'avais jamais eu. Un peu comme passer d'une histoire d'amour torride avec sa maîtresse à quelques années de mariage, tranquille, en pantoufles dans un petit pavillon de banlieue. On est toujours heureux, mais pas de la même façon.
Il y'a cinq mois, j'ai remarqué que ce rythme ne me convenait plus. J'étais frustrée après chaque utilisation de ne pas trouver ça assez bien, comme si j'attendais les trente jours par défaut plutôt que de consommer par envie. Cela revenait à une forme de routine dont j'essayais justement de m'éloigner avec le produit, après le constat que cela contribuait chez moi à un de mieux être, même avec des consommations toujours présentes. Quand je dis routine, je ne parle pas de fréquence de consommation, mais plutôt de cette habitude qui me conduisait à consommer machinalemrnt, sans du coup vraiment profiter du produit ou de ses effets. Je n'envisage pas de ne plus jamais reconsommer (il m'en reste à la maison, ce qui ne veut rien dire car j'ai aussi de la c à laquelle je n'ai jamais retouché), j'attends seulement moment où le kiff sera maximal.
A côté je m'éclate plus que jamais en soirée, j'ai finalement essayé la c (je n'ai pas vu la différence, j'aurais dû me rappeler que je suis
tdah lol), et maintenant mes conso se font sur un cadre festif et amical, pas systématiquement toute seule dans mon lit pour éviter de me faire du mal. Pas que je pense que ça soit nécessairement un problème car je garde de bons souvenirs de cette époque et qu'il m'arrive toujours de consommer seule, mais dans mon cas, je n'arrivais pas à supporter la réalité et je me defoncais toujours plus pour ne pas mourir. Maintenant non seulement j'arrive à vivre par moi même, mais en plus j'ai réussi à trouver un équilibre avec les produits, ce qui je trouve est parfois plus difficile qu'un arrêt total. Surtout dans une société qui value les durées de sobriété longues et sans accro (j'avoue en être parfois coupable) plus que l'équilibre personnel.
J'ai déménagé du sud de la France en Touraine, que j'apprécie énormément et où je me sens chez moi et à ma place pour la première fois. Ma dépression qui a l'époque était si sévère qu'elle m'handicapait visiblement même dans la plus simple des activités entre amis (il fallait me baby-sitter où que je sois et je m'en rendais compte, c'est très humiliant) s'allege petit à petit et mon traitement me convient. À mon tour je peux épauler les autres. De manière générale, j'ai commencé le piano, trouvé des objectifs dans la vie, je vais peut être pouvoir effectuer un travail qui me plaît pour enfin gagner plus que l'aah et m'essayer pour la première fois à une vie d'adulte complètement indépendant. En effet jusque là, le problème majeur de mes consommations, plus que le produit en lui même, c'était qu'elles me rendaient dépendante de mes parents avec les conflits que ça cause. Au rythme actuel, j'ai l'impression de pouvoir profiter du meilleur des deux mondes et c'est un plaisir.
J'ai aussi trouvé un accès régulier à de la bonne
weed, et ça m'aide beaucoup plus que le
cbd ou autres dérivés qui me collaient jusqu'au lendemain.
Enfin bref, tout ça pour dire que je suis contente de ma situation personnelle. Je peux consommer seule et avec des amis qui me comprennent-j'ai aussi des amis qui ne consomment pas. J'ai trouvé un équilibre produits-loisirs qui me convient, où le produit n'est plus mon seul loisir. Ma dépression s'arrange, je suis soutenue, je peux m'essayer à des projets dont je n'osais même pas rêver. Parfois je me dit que c'est trop beau, qu'on peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière, mais je suis reconnaissante.
Aussi, la première année sous
Methadone avait été difficile, avec le sirop. On montait continuellement les doses, j'étais malade, et toujours en
craving ou en manque. Tout ça s'est arrangé avec les gélules. Ce qui me fait le plus chier c'est que je ne peux plus voyager aussi facilement qu'avant et peut faire une croix sur des destinations comme le Japon ou les US (bien qu'il vaille mieux éviter en ce moment avec un profil comme le mien), mais à part ça l'idée de rester sous traitement longtemps ne me dérange pas, car je trouve également que c'est plus bénéfique pour mon
tdah que la
ritaline seule.
J'espère que ce récit ne passera pas pour une ôde à la sobriété car ça n'en est pas une : je prends toujours de la
md, de la
ke, de la 2fdk (j'en ai ramené des Pays-Bas où j'ai pu retourner),
weed, quelques
benzodiazepines, parfois un peu de
speed, et bien sûr
héroïne. Je voulais juste donner des nouvelles, et témoigner qu'une sobriété totale n'est pas le seul chemin de vie souhaitable pour les personnes qui trouvent que l'ampleur de leurs consommations ne leur convient plus. L'équilibre est la chose la plus importante. S'il peut être difficile à trouver ou à conserver, il est aussi propre à chacun.
Je pensais qu'il serait impossible de retrouver les défonces et le plaisir du début, surtout sous
Methadone; or, c'est exactement ce que j'ai réussi à retrouver, à ça près que je peux me retenir de finir le sachet. Si ce cap des trois mois est important pour moi, c'est aussi car je n'ai jamais passé autant de temps sans consommer d'
hero ni par exemple consommer de
Kratom à doses assez hautes pour un high, c'est à dire que j'ai enfin trouvé une relation apaisée avec les
opiacés, que je consomme depuis des années (2021 ou 2020,je doute).
Merci à tous pour la bienveillance de ce forum et les conseils, et à toi qui a pris le temps de me lire.
UnPoscaille