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Tribulations sous tramadol 



15 ans.
Rejeton de parents borderlines déjà largement dépassés par leurs propres addictions, on m’avait laissé le choix un an avant, à la fin du college : l’internat ou les éducateurs, encore...
Oui, les éducateurs j’en avais déjà eu toute ma vie; entre les signalements par l’ecole et les differents organismes de protection de l’enfance.
Pauvres, drogués et malades, ça fait pas bonne impression pour des parents, mais on ne les choisit pas comme on dit. Faut bien dire que dès le college, avec mes problème d’impulsivité et mon mutisme, je les inquiétais tous, il paraît; speciale  dedicace à cette connasse de la protection de l’enfance qui m’avait demandé pourquoi je m’obstinais toujours à m’enlaidir...
Toutes ces digressions pour poser le contexte de cette histoire : j’etais donc (malheureusement) enfermée depuis quelques mois dans le fameux internat, avec une copine que je m’etais faite sur place. On tapait tout ce qu’on trouvait sous l’oeil hagard des surveillants... Aujourd’hui encore je regrette, car je sais avoir été une tres mauvaise influence pour elle, même si j’ai bien d’autres raisons de jamais l’emporter au paradis.
Nos redescentes etaient toujours des coups de fatigue... jamais reussi à savoir si on dupait reellement  qui que ce soit. Le tramadol j’en prenais déjà depuis 2 ans, de temps en temps et j’adorais ça. Mais difficile d’en choper à 15 ans, sans thunes et enfermée... j’avais repéré un soir cette fille un peu naïve, qui s’etait suffisamment blessée pour que je fleure le filon, et j’avais rapidement trouvé le moyen de lui derober gentiment (avec son accord quand même je precise ) ses médocs. En totale inconscience et euphorique d’avoir trouvé un bout de paradis dans mon enfer(mement), j’avais bien dû gober 4 cachets d’un coup, en zieutant à peine le dosage... Evidemment j’ai vite regretté ma connerie. Après une nuit de delire avec ma copine de chambre, qui avait collée son lit au mien pour mieux m’entendre baragouiner (certainement n’importe quoi), j’ai levé les yeux et il faisait jour. J’ai toujours pas compris comment autant de temps était passé si vite. Je parlais la seconde d’avant... l’impression d’avoir été dans du coton, puis plus là, mais conscient.
En me levant j’ai été pris d’une affreuse nausée, d’une migraine, de tremblements... mais avec l’habitude de compter que sur moi, j’ai décidé de de me barrer tout simplement; me voilà donc en train de m’echapper du lycée à 8h du mat, nauséeux, livide et tenant à peine sur mes jambes.
J’ai chopé un bus en esperant rentrer vite chez mes parents, qui me calculeraient pas de toutes façons... j’ai vomi dans le bus et arrivée chez moi, écroulé. J’ai dormi dans la baignoire pendant au moins... 12 heures.
J’ai jamais repris de tramadol depuis, et j’ai été viré de l’internat peu après. Mais sacré experience.
Faites attention à vous.

Catégorie : Tranche de vie - 15 août 2021 à  15:53

#mauvaise redescente #tramadol



Commentaires
#1 Posté par : iglou 16 août 2021 à  01:58

sadrats a écrit

Faites attention à vous.

Salut, ton histoire est hyper touchante.
à ce que je lis ton enfance n'as pas été simple déjà avec des parents. ni avec le reste.

4 cachets? ça t'a donné des nausées extrêmes ? 4Li ou Lp . Je suppose Lp pour la durée d'effet. mais ducoup 400mg pour un enfant de 15 ans ça doit etre énorme.

En tous cas ça t'as vacciné pour le tramadol. En esperant que tu vas mieux.

Force à toi.

Bisous smak

PS : j'ai kiffé ton jeu de mot sur l'enfer


Posté par : iglou | 16 août 2021 à  01:58

 
#2 Posté par : AliceInTheWood 21 août 2021 à  20:13
Très beau report, très touchant.

J’arrive pas à estimer la dose que tu as prise je pense soit 200mg soit 400mg (qui est normalement la dose limite à consomer par jour au délas c’est censé être dangereux) . Mais même la plus petite de ces doses est énorme surtout en une fois ça a du te retourner

Posté par : AliceInTheWood | 21 août 2021 à  20:13

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