Un dimanche après-midi, pas tout à fait comme un autre. Encore bercée par l’afterglow de mon nouveau voyage sous
Lsd.
Avec le sentiment d’avoir vécu une toute nouvelle expérience. J’avais déjà oublié, alors que mon dernier trip remonte à peine à plus d’un mois, l’intensité d’une telle aventure. Alors que pourtant, chaque minute de chacun de mes trips antérieurs reste gravée dans ma mémoire, pour très longtemps probablement.
Comme à son habitude, mon mari a commencé à droper dès le matin.
Je ne commencerai que plus tard, quelques obligations terriennes à gérer avant le décollage pour Ultron (ne cherchez pas la ref dans le monde réel, c'est entre mon mari et moi). Je sais que la gestion de certains paramètres purement matériels pourraient venir parasiter ma nouvelle aventure.
Et quelque part, ca me rassure que lui soit déjà bien posé dans sa perche (après une montée parfois mouvementée), alors que moi je vais commencer mon ascension, sans savoir où ça va m'emmener ni où je saurai m'arrêter. Car il y a toujours un moment d'euphorie ou de plénitude où je pense, à tord ou à raison, que je peux pousser le bouchon un peu plus loin. Et même si je suis assez posée, je pourrais me laisser emporter dans une vague qui me dépasse. (Je l'ai évitée ce jour, en repoussant un 2e
redrop, oh bordel, mon cerveau est encore un peu opérationnel dans ces moments-là !)
Ça, c'est l'usage des drogues qui me l’a appris. Avant, avec l'
alcool, je ne savais pas m'arrêter. J’ai appris la patience. Ne pas chercher à atteindre un état à tout prix dans l'urgence, mais savoir me poser et laisser venir. Poser tous les bagages doucement, et en profiter sans chercher plus loin. Ça va déjà bien au delà de ce à quoi on peut s'attendre, on ne va pas se mentir.
16h15 : 1er drop. Un toncar, léger, passé par l’analyse avec quantification. D’habitude, j’ai la gâchette facile avec mes ciseaux de précision, et je suis capable de diviser mes cartons en pleins de petits morceaux quand ils sont chargés. Là, je suis en confiance.
En 1h20, j'accède à un état vraiment léger, mais déjà bien agréable. J'oublie que le L peut vraiment prendre du temps à monter et reprend 1/2 toncar. J'hésite à gober l'autre moitié dans la demi-heure qui suit, mais un petit moment de lucidité me dit que je ferais bien de prendre mon temps.
C’est un après-midi de printemps fantastique pour prendre du L. Mon mari m'a invité à m'allonger avec lui, au soleil, dans le trampoline. J’ai passé une bonne heure à admirer le ciel et les quelques nuages présents qui se transformaient sous mes yeux. C’était apaisant et beau, à l'abri comme dans un cocon. Le chat nous a rejoint. Les poils d'animaux sont fantastiques sous
lsd. Ils sont comme electrifiés, ça fait très artificiel mais c'est très beau, avec un aspect encore plus doux.
Aujourd'hui, je suis sur un dosage léger : une cinquantaine de microns (réels). Mais en me posant, j’arrive à plonger dans les visuels et à laisser mon esprit s'envoler.
Ça fait quelques temps que je navigue avec des
buvards quantifiés, et que du coup, j’arrive bien à cerner la différence entre du 25, 50, 75 et du 100 microns.
Mon plus gros trip était dosé entre 100 et 120 microns, en trois drops étalés sur 3 heures. Avec une montée toute en douceur hyper jouissive. J’ai passé deux heures orgasmiques (et c'est pas imagé), le casque collé aux oreilles avec du son hyper trippant, me promenant dans le jardin. Quand l’effet du 3e est arrivé, j’ai décollé pour de bon. J’en ai pris pleins les yeux, et avec le son qui résonnait en moi, le monde qui m'entourait à commencé à se vaporiser . Comme si j’etais plongée dans une illusion. Un programme informatique qui était en train de bugger devant moi. Tout ce décor était en train de se disperser en onde électromagnetiques... et moi j’allais disparaître avec.
J’ai repris mon souffle, et me suis dit à cet instant que je ne pouvais pas mourir, que j’avais juste pris du
lsd, je ne risquais rien physiquement. Mais j’ai eu le sentiment que si je me laissais aller, je n’en reviendrais pas. Et l’effroi a pris le dessus, ce n’était pas encore le moment pour moi de vivre ça, si du moins ça doit l’être un jour.
J’ai stoppé la musique, j’ai observé le jardin autour de moi qui semblait tout terne, et j’ai fui cette ambiance devenue pesante, pour rejoindre mon mari dans la maison, avec la sensation d'échapper à un danger.
Je l'ai regardé droit dans les yeux tout en lui expliquant que j’avais failli partir trop loin. Il m'a rattrapé en vol et le reste de la soirée a été génial. Avec des bonnes tranches de fous rires, du sexe (sous psychédéliques, c’est assez dementiel) et la plénitude. Je n’ai pas remis les pieds dans le jardin ce soir là. L’envie de tirer sur une clope était très forte, mais l’aventure qui m’y attendait me dépassait complètement.
Depuis, je dose "léger".
Mais ce n’est pas définitif, la curiosité reprendra le dessus un jour.
Je clos cette digression. Mais je crois qu'au final, c’était cette expérience, qui remonte à fin janvier et sur laquelle je n’avais pas encore posé de mots, qui était la plus importante.
Bon, là je poursuis la rédaction de ce
tr, alors que je suis à j+7 de cette dernière expérience au L, et après deux soirées consécutives au
2C-B, j’ai vraiment une flemme énorme (ça fatigue quand même un peu quand on abuse, mais le manque de sommeil doit peser encore plus dans la balance).
Je vais m'arrêter là et poster tel quel, sinon tout ce que je viens d'écrire finira aux oubliettes.
Tout ce que j'ajouterai sur cette demi-journée perchée au L, accompagnée de mon mari encore plus perché que moi certainement, est qu’elle restera comme un précieux moment hors du temps.
Je suis passée de l’autre côté du miroir, à nouveau. Comme un grand plongeon dans une bulle intemporelle, où tout se mélange du passé et du présent. Les interrogations et les angoisses du futur s'estompent, laissant la place à la seule chose vraiment importante : le moment présent en compagnie de ceux que j’aime.