Une journée parmi tant d’autres

Catégorie : Tranche de vie
22 juin 2026 à 13:38

#No consommation #traitement
Coucou,

En ce moment j’écris beaucoup….. ça me fait du bien. J’espère juste ne pas vous prendre la tête avec mes histoires.respect-2

Une journée parmi tant d’autres…

Je me réveille le matin.
Avant même de penser au monde extérieur, il y a ce rendez-vous avec moi-même : mon traitement, mes repères, ce qui m’aide à tenir debout.

Je prends une douche, je prends soin de moi. Un peu de maquillage, juste assez pour me rappeler que je suis encore là. Je choisis mes vêtements, pas pour cacher qui je suis, mais pour me sentir vivante.

Puis je descends dans mon salon.

Là, il y a mes pinceaux.
Mes couleurs.
Mon silence.

Je peins.

Je peins des fleurs. Beaucoup de fleurs. Parce qu’une fleur, ça pousse dans la terre, parfois dans des endroits difficiles, et pourtant ça cherche toujours la lumière. Les couleurs sur ma toile me donnent l’impression de remettre un peu de vie là où il y a eu tellement de chaos.

Midi arrive.
Je reprends mon traitement.
Je continue ma journée.

Et puis 18 heures arrivent… re traitement…

La fatigue tombe. Le bruit du monde s’éteint un peu. Et c’est souvent là que les pensées reviennent.

Les souvenirs.
Les images.
Les envies.

Le cerveau qui rappelle une ancienne histoire, comme s’il voulait me faire croire que le passé avait encore quelque chose à m’offrir.

Mais je sais.

Je sais que ce n’est pas une envie de bonheur. C’est une mémoire. Une vieille route que mon cerveau connaît par cœur.

Alors je reste là. Avec mes fleurs. Avec mes couleurs. Avec cette personne que je suis devenue.

Une personne qui a connu l’obscurité, mais qui continue chaque jour à chercher la lumière.

Aujourd’hui encore, je n’ai pas gagné une bataille contre quelqu’un d’autre.

J’ai gagné une journée avec moi-même.
Maintenant, je vais dormir.
La nuit arrive, le seul moment où mon cerveau se tait un peu, le seul moment où je ne pense pas.
Quelques heures de silence avant de recommencer demain.

Tali

Commentaires

Thalie a écrit

J’ai gagné une journée avec moi-même.
Maintenant, je vais dormir.
La nuit arrive, le seul moment où mon cerveau se tait un peu, le seul moment où je ne pense pas.
Quelques heures de silence avant de recommencer demain.

Bonjour Thalie,
Un petit coucou en passant, parce que je lis tes posts attentivement depuis ton arrivée sur le forum, et que certains passages, comme celui que j'ai cité juste au-dessus, me font écho.

Le cerveau à 100 000 entrecoupé de cravings, je connais. Je sais comme c'est fatiguant, de cette fatigue que le sommeil ne parvient pas à venir à bout.

Tu es engagée dans un chemin difficile qui est l'abstinence totale, un chemin que je n'envisage pas pour moi aujourd'hui, mais que je comprends et que je respecte.
Y'a des fois, c'est "sauve qui peut la vie".

Tu as l'air d'aimer écrire, est ce que tu notes tout ce que tes cravings te disent?
Des fois, passer par l'écrit et lire les mots à haute voix permettent de faire le pas de côté et de prendre un peu de recul.

En tous cas tu avances tous les jours, et j'espère que tu prends le temps de célébrer cela.

Je perçois comme une mélancolie dans tes écrits. Outre la satisfaction de "tenir" ta sobriété et le dessin et la peinture qui t'aident, as tu des espaces où t'amuser? Je veux dire vraiment, rigoler et tout ça?
Parce que moi, je me rends compte que ce sont des espaces que je n'investis pas assez, qui sont vraiment trop rares, et lorsque ça arrive parfois au détour d'un hasard, bon sang ce que c'est bon de rire! Ca peut faire ma journée!

Je t'envoie plein de douceur,

Marnowi


#2
Thalie
Nouveau membre France
25 juin 2026 à 08:28
Bonjour Marnowi, heart

Déjà, merci pour ton message. Ça me touche vraiment de savoir que tu lis mes posts attentivement depuis mon arrivée sur le forum, et que certains passages te font écho.

Pour répondre à ta question, je ne note pas vraiment mes cravings. Par contre, parfois j’écris. J’écris tout ce que je ressens à l’intérieur, tout ce qui se mélange dans ma tête, tout ce que je n’arrive pas forcément à dire à voix haute.

C’est vrai que j’ai choisi une vie sans drogue. Une vie où il faut réapprendre à exister autrement. Depuis, j’ai trouvé des choses qui m’aident : peindre, écrire, lire… C’est devenu une façon de sortir ce qui est coincé en moi.

Pour le rire, c’est assez particulier parce que mon compagnon veut souvent regarder des films comiques avec moi, mais moi je vais plus naturellement vers les thrillers, les films qui font peur, les choses qui provoquent une émotion forte. Même les vidéos drôles sur TikTok, Insta ou Facebook, souvent ça ne me fait pas rire.

Et pourtant, je suis quelqu’un qui a toujours fait rire les autres. Je suis quelqu’un qui peut mettre de la lumière autour de moi, même quand à l’intérieur c’est beaucoup plus compliqué.

On dit parfois qu’avec les drogues on n’est plus soi-même, que tout est artificiel. Moi je sais seulement que, pendant longtemps, ça me donnait cette sensation d’être traversée par quelque chose. Comme des papillons dans tout le corps. Comme si chaque cellule se réveillait. Je me sentais exister très fort.

Aujourd’hui, ma vie est beaucoup plus calme. Un long fleuve tranquille. Mais parfois ce calme me fait peur, parce que moi je suis faite d’extrêmes. Avec mon TDAH et ma façon de ressentir les choses très fort, il y a des moments où le silence à l’intérieur devient presque assourdissant.

Le craving, pour moi, ce n’est pas juste une envie de prendre quelque chose. C’est comme une voix qui revient, comme un souvenir de cette intensité. C’est mon cerveau qui me rappelle cette sensation de puissance, de liberté, de sentir chaque partie de mon corps vivante.

Il y a des moments où je ressens un vide tellement profond que mon cerveau cherche n’importe quoi pour remplir ce trou, pour sentir une preuve que je suis encore là. Parfois ça va jusqu’à des pensées très sombres, comme vouloir me faire du mal juste pour ressentir quelque chose de concret.

Mon compagnon dit souvent que quand j’ai une idée en tête, elle ne part pas tant que je n’ai pas réussi à l’évacuer. Et c’est exactement ça avec certaines pensées : elles tournent, elles reviennent, elles s’accrochent.

Il y a deux ans, j’ai craqué et j’ai repris de la cocaïne. Et le plus difficile à avouer, c’est que sur le moment j’ai aimé cette sensation. Je me sentais forte, invincible, réveillée de partout. J’avais l’impression de vivre à 100 %, comme si mon corps entier était revenu à la vie.

Puis le lendemain, il y avait la culpabilité, la déception, la colère contre moi-même.

Mais le cerveau garde parfois une empreinte de ces moments-là. Et c’est ça qui est difficile : savoir qu’une chose nous détruit, tout en se souvenant qu’elle nous a donné une sensation qu’on n’arrive plus à retrouver autrement.

Alors j’avance. Un jour après l’autre. J’essaie d’apprendre à aimer une vie plus douce, même si parfois mon cerveau réclame encore la tempête.

Merci pour ta douceur. ♥️

Je t’envoie plein de douceur aussi.

Tali

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