Yo les psycho, et peut-être coucou à ma fille à qui j’ai expliqué que je tenais un blog ici depuis de nombreuses années, que celui-ci sera encore là même si je disparais; si tu passes par ici trésor, sache que la vie est douce grâce à toi

Voilà, le
cannabis n’est plus un souci dans ma vie, c’est officiel : chez moi j’ai de la
weed, des feuilles, des clopes, des vapo à foison, et pourtant, l’objectif est atteint,
NE JAMAIS FUMER SEULE
Ce qui veut dire que si j’ai envie de fumer, je fais en sorte de voir des gens, parfait pour moi qui ai beaucoup de mal à mettre un pied en dehors de chez moi.
Lors de la préparation d’une séance de sophrologie, il fallait écrire des lieux qui nous étaient agréables; les autres participants ont mis la mer, la montagne, moi j’ai mis mon lit.
J’aimerais que ce soit autrement, j’ai une bande de potes qui continuent à m’inviter à sortir

, je dis toujours oui, et je renonce quelques heures ou minutes avant le moment fatidique où je dois me préparer pour sortir…
Le pire c’est que quand j’y arrive je passe toujours une excellente soirée, j’aime les soirées bass music, je peux rester sur un dancefloor jusqu’au petit matin.
Alors pourquoi ce besoin de rester chez moi, cette culpabilité de ne pas assez profiter de la vie ?
J’ai longtemps pensé que c’était l’abstinence cannabique qui provoquait cette anhédonie, mais au final non puisque quand il m’arrive de fumer ça ne change rien…
Bref c’est pas grave, la vie est douce. Pourquoi l’est elle ? Parce que j’ai survécu à un burn-out qui m’avait essorée, je noyais mon chagrin dans le travail.
Le chagrin d’être en froid avec ma fille unique. Nous étions extrêmement proches, soudées dans l’adversité… Je me suis souvent confiée ici pour parler de la codépendance, le papa de ma fille étant alcoolo dépendant depuis qu’il était adolescent, et nous ayant fait vivre les pires dingueries qui puissent exister.
Parfois nous devions l’enjamber le matin, couvert de sang ou de vomi, endormi dans la cage d’escalier de notre immeuble: notre appartement se situait entre son bar de prédilection et son logement, donc régulièrement il faisait un crochet par chez nous sur le trajet retour.
Il s’est arraché lui-même les 4 dents de devant avec une pince, il avait perdu un œil dans un accident, son corps était couvert de cicatrices, stigmates de chutes ou de bagarres.
Sa vie a pris fin en 2020, il fut retrouvé noyé un matin d’octobre.
La nôtre, de vie, a pris une tournure plus paisible, mais le répit fut de courte durée : ma fille ayant vécu une enfance tourmentée (chaque nuit elle rêvait qu’un loup venait nous tuer, elle et moi), une maladie auto-immune et un mal-être psychologique se sont invitées dans notre quotidien.
Examens médicaux, médecine interne, psychiatres, déscolarisation, toutes ces épreuves nous ont affaiblies et fragilisées, et chacune a voulu protéger l’autre en taisant nos maux.
Le résultat fut une rupture brutale et dévastatrice, en 2025 je n’ai pas aperçu sa frimousse de toute l’année.
Je suis devenue dépendante physiquement des
opioïdes, sans même m’en rendre compte, je pensais gérer ma consommation, le déni était puissant.
J’ai commencé un
TSO méthadone, j’ai pris un anti dépresseur et un anxiolytique, et je suis devenue croyante.
La spiritualité m’a donné le courage d’attendre le retour de la chair de ma chair, qui a eu lieu le 2 janvier de cette année.
J’ai arrêté l’anti dépresseur, et j’ai baissé la
méthadone et le
valium.
J’ai eu la chance que l’on me propose un poste dans le
CSAPA d’une jolie petite ville proche de Marseille, chaque jour je remercie l’univers de me permettre d’aider des
PUD en détresse, qui viennent se confier à moi, et qui me donnent énormément de force.
Ma spécialité c’est la
RDR, je n’érige pas l’abstinence comme LE but ultime à atteindre, j’ai amené mes
vaporisateurs et mes Ecig, et je commence à organiser des ateliers liés à la
RDR.
Régulièrement il y a des décès, donc bien sûr je pense à ma jeune sœur qui a déjà failli y passer plusieurs fois, dont la dernière fois fut une septicémie qui lui a valu un mois d’hôpital; donc quand un usager qui vient régulièrement chercher du matériel d’injection ne vient pas pendant quelques temps, je ne peux pas m’empêcher de me demander s’il reviendra, si je le reverrai…
Et je prends conscience qu’il faut profiter de chaque instant que nous vivons, que la vie est courte et qu’on n’en a qu’une.
Bref, si vous aimez quelqu’un, il faut le lui dire, maintenant. Et pas demain, et pas dans une semaine. Car on ne sait pas s’il y aura un demain.
Merci la vie, merci l’amour, l’amour d’autrui ou de soi-même.
PS: Je vais essayer d’être plus régulière dans mes publications sur ce blog, car à chaque fois que je relis des anciens billets ça me rappelle des trucs que j’avais complètement oubliés, et ça me permet de situer certains événements dans le temps, donc c’est parfait pour pallier ma mémoire capricieuse