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venlafaxine, codéine, déréalisation et trous de mémoire 



Bonjour tout le monde,
L'année dernière, j'ai décidé d'arrêter un AD que je prenais depuis 2 ans, la venlafaxine (Effexor). J'ai diminué sur 3 mois, ça a été un sevrage très rock n'roll... Pour m'aider je me suis mise à la codéine, et j'y suis toujours entre 100 et 200 mg par jour.
Depuis l'arrêt de l'AD, j'ai des trous de mémoire énormes, des pans entiers de ma vie ont disparu des radars, et je continue à mal mémoriser, surtout les événements.
Je vis aussi une aventure étrange, j'ai trouvé sur Google que ça s'appelait "déréalisation" en langage médical, je reconnais les endroits où je vais mais ils ne me paraissent plus familiers, l'ambiance est tout à fait différente, et je me fais tout un tas de réflexions existentielles, comme si un touriste extraterrestre s'était installé dans mon cerveau, ou que je basculais d'un univers parallèle à un autre sans arrêt. Au début c'était très angoissant, maintenant que j'ai accepté cet état ça va mieux.
Mais je me demande bien à quoi sont dus ces troubles bizarres. Et je voudrais récupérer la mémoire. Est-ce que quelqu'un a déjà vécu ce genre d'expérience avec la codéine ou un autre opiacé ? Ou bien un antidépresseur ? Merci d'avance de vos réponses !!!

Catégorie : Témoignages - 05 avril 2018 à  22:14

#venlafaxine #déréalisation #codéine



Commentaires
#1 Posté par : Zahir 06 avril 2018 à  00:04
Salut Citra34,
je débarque moi même comme une extraterrestre sur ce site et hop je tombe sur ton blog qui me parle, genre déréalisation et trou de mémoire à tout va depuis un bail déjà, je me disais que c'était dû à mon isolement excessif, au manque d’intérêt à ce qui se passe dans le monde et du gouffre géant qui remplace le projet de vie que je n'ai pas. En fait il est bien possible que nombre de substances prisent de notre propre chef ou pour raisons médicales soient responsables de certains troubles déstabilisants pour ne pas dire ravageurs de cervelles. Les effets secondaires peuvent êtres juste passager et j'espère que c'est le cas pour toi, les miens sont irréversibles mais je suis guérie... Youpiiii ! Bon courage à toi salut

 
#2 Posté par : thegreatoutsiders 06 avril 2018 à  01:46
Pour te répondre ce serait intéressant de savoir quelle dose d'effexor (venlafaxine) tu utilisais et quel type de sevrage tu utilisais sur les 3 mois ? Le traitement a duré combien de temps ?

A partir de quand as-tu décidé d'utiliser la codéine pour t'aider au sevrage et était-ce un avis du médecin ?

La codéine et la venlafaxine peuvent toutes les deux amener à des sortes de déréalisation et à des trous noirs particuliers !

Par contre l'effet d'arrêt de Venlafaxine est relativement en fonction des personnes assez difficile et des changements rapides de dosages trouble fortement les utilisateurs. Travaillant comme IRSN, il agit sur la sérotonine et la noradrénaline. Ainsi ce médicament a un effet assez important sur la forme et l'arrêt peut rendre "différent, déstabilisé, anxieux, déconcentré". Il a un côtés boostant assez paradoxalement opposé à la codéine.

Arrêter un AD avec un opiacé est assez original, à cause de quelles émotions ou ressenti as-tu pris de la codéine ? (anxiété, douleur,... ? )

C'est vraiment très peu traditionnel comme utilisation de la codéine, c'est la première fois que j'entends ça. Cela dit, médicalement parlant et comme opiacé, celui qui pallie le plus à la mémoire et au rôle qu'avait la venlafaxine est le Tramadol. (il a un effet, chez certains, sur la sérotonine comme les ISR )

J'ai tenté d'arrêter la venlafaxine et les anxiolytiques avec uniquement l'usage de l'alcool et les déréalisations ont été nombreuses, les pertes de mémoires au contraire plus rare que lorsque je mélangeais les médicaments et l'alcool. Après 1 mois d'alcool, j'ai repris l'Effexor et le xanax. (Dans le genre peu traditionnel comme arrêt)

 
#3 Posté par : Citra34 07 avril 2018 à  14:48
Merci pour vos réponses !
J'étais sous venlafaxine (75*3/j) depuis 3 ans. Pour l'arrêter j'ai diminué par paliers de 10 jours, d'un comprimé à chaque fois (3,3,2/3,2,3,2.../3,2,2 etc). Au départ j'ai fait comme toi, utilisé l'alcool. Mais je le vivais trop mal moralement (passé lourd avec ça), et physiquement. La codéine j'en prenais occasionnellement, je me suis mise à une conso régulière en fin de sevrage, mélangée à l'alcool ça me provoquait des problèmes respiratoires donc c'était dissuasif pour l'alcool. Et surtout j'évite les actes impulsifs que je regrette après, et le marasme du lendemain. Les premiers épisodes de déréalisation et d'amnésie sont survenus quand je suis descendue à 2 venlafaxine 75.
Je connaissais la codéine parce que mes parents étaient polytoxicos, au siècle dernier c'était en vente libre, la corydrane aussi...
Je souffre de troubles anxieux depuis ma petite enfance, je pense qu'il y a une origine en grande partie génétique sur plusieurs générations, et pour les addictions aussi. En ce moment je me renseigne là-dessus, ça finit par me passionner, au moins un avantage cool !
Tu as raison pour le Tramadol, ça me conviendrait sûrement mieux. J'ai beaucoup de mal à baratiner les médecins, donc j'achète sur le Dark, mais je crois que c'est plus cher. L'effet boost (relatif quand même...) de la codéine vient de la réduction des angoisses, c'est tout. Et du moment euphorique.
J'ai arrêté l'Effexor parce que j'avais trop grossi, perdu l'odorat, et qu'il me faisait moins d'effet à la longue, mais ce médoc m'a aidée. Sans ces problèmes de poids j'aurais sans doute continué. Ceci dit je trouve que l'omerta sur les difficultés de son sevrage est scandaleuse, la plupart des médecins, même addictologues, ne le savent pas et vont jusqu'à nier ta bonne foi (ça m'est arrivé récemment !). Il est maintenant dans les médocs déconseillés par la revue scientifique de référence pharma "Prescrire". Mais qui le sait ?
J'arrête mon roman. Bravo pour ta tentative d'arrêtsuper, c'est jamais inutile de toutes façons ! Et de mon point de vue l'alcool me semble encore plus dangereux comme anxiolytique, même s'il est mieux connoté en société...
Je suis supercontente de pouvoir parler librement de tout ça, c'est quasiment impossible ailleurs que sur ce site, et si je peux servir à quelque chose moi-aussi avec ma longue histoire de recherche d'auto-médication, ça m'aiderait beaucoup d'essayer d'aider les autres :)

 
#4 Posté par : MIAOU44 07 avril 2018 à  17:56
Je suis en plein "Sevrage" d effexor en accord avec mon psychiatre. Et le sevrage se fait minimum sur 9 mois, pour le même dosage que toi.

Donc tu as peut être été trop rapide dans la diminution... chaque palier pour 1/2 comprimé (plutôt gelule dans ce cas précis ) est d un mois. Et arrive à 1 gélule c'est 2 mois, et encore 2 mois à 1 gélule de 37.5. Le zéro c'est après 1 mois à 1 gélule de 37.5 tous les 2 jours.

Tout ça pour ne pas avoir de brainzap ou d effets physique.

En espérant que mon expérience puisse t aider.

Bises Mia

 
#5 Posté par : Citra34 07 avril 2018 à  19:38
Merci Mia, peut-être que c'est ce sevrage trop rapide qui a foutu un gros bordel dans mon cerveau, en fait le mécanisme d'action de l'IRSN ne semble pas trop connu, on constate que ça marche mais on ne sait pas exactement pourquoi, ni ce qui se passe quand ça s'arrête...
Je suis allée lire ton blog et je constate qu'on a eu des parcours assez similaires apparemment (je suis plus âgée que toi), avec des problèmes psy et une recherche de produits plutôt pour lutter contre la souffrance quand elle devient trop envahissante.
C'est chouette que tu aies trouvé un bon psy ! Moi la docteur du CSAPA m'a soutenu que le sevrage d'Effexor se faisait en 3 semaines et que si ça n'allait pas après c'était que ma dépression reprenait... Décourageant. Et ça n'incite pas à la confiance !
Donc merci beaucoup pour ton avis !
Bises

 
#6 Posté par : MIAOU44 07 avril 2018 à  20:56
Dis toi que j'en suis à mon 6e psychiatre en 18 mois. Et que la seule en qui j'ai une pleine confiance c'est la psychiatre en péri natalité.

Pour l'instant la psychiatre qui me suit... Ben ça marche uniquement parce que je lui dit ce que je veux faire avec mes traitement. Elle ne fait que m accompagner dans mes choix.

Au csapa ou tu as été, c'est un médecin addictologue ou un psychiatre addicto? Car mon addicto n est pas psychiatre.

Les psychiatre sont je trouve, les spécialistes les plus galère à trouver quand tu cherches quelqu'un avec qui ça passe bien.

Dans ton csapa, ils disent quoi de ton passage aux opiacés pour te sevrer d un AD ? Perso j'ai fait exactement le contraire de toi, je suis passé de la codé à 1 AD, et surtout aux neuroleptiques. Mais Bon, on m'a trouvé une vraie pathologie psychiatrique.

Si tu veux discuter en MP, tu es la bienvenue

Prends soin de toi

Bises Mia

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