Should I stay... I should go

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Akela femme
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Mon ami est toxicomane depuis ses 18 ans environ, il en a 49 aujourd'hui.

Après une bonne dizaine d'années de TSO, il a rechuté dans son péché mignon, le speedball en iv.

Moi j'ai jamais injecté je sniff seulement, et que depuis un an ou deux, essentiellement de la C en essayant de garder un petit peu de contrôle.

Cela fait des mois et des mois qu'il me promet qu'il arrête le shoot... je l'ai vu casser toutes les seringues à 6h du mat en me jurant que c'était fini et chercher les pharmacies qui ouvraient en premier deux heures plus tard pour racheter une Stéri.

J'ai moi même cassé découpé aux ciseaux les seringues dans des moments de colère, bien sûr elles sont toujours vite remplacées....

Ça me fait mal de le voir se shooter et puis, dans mes moments les plus darks, j'en ai envie, envie de tenter, j'en ai même rêvé. Mais j'ai deux enfants et je veux pas prendre des risques trop démesurés pour ma santé, déjà que c'est pas hyper brillant on va dire...

Il y a quelques jours on cherche un truc sous le canapé, il le soulève, et bim il y avait une seringue (avec le capuchon orange heureusement) au milieu des tas de poussière, de vieux chocolats et de jouets des enfants ! Une seringue oubliée chez moi alors que j'ai des gosses et je shoote pas. N'importe qui aurait pu la trouver.

J'ai la partie rationnelle de mon cerveau qui me dit arrête de le voir... En même temps on a traversé tant d'épreuves ensemble, j'ai une relation affective pour lui qui est absolument unique.

Mais le shoot. Le putain de shoot. Les autoroutes sur les veines. Réussir à le faire stopper 2 ou 3 jours quand on est ensemble non stop. Constater qu'il a remis ça dès qu'on s'est séparés. Culpabiliser car il a une dépendance affective de plus en plus forte envers moi et ne supporte pas de me quitter, même 1 ou 2 jours...

J'étouffe je dois partir je sais qu'il va tellement souffrir, bien me signaler qu'il se shoot encore plus pour, sans doute inconsciemment, me faire culpabiliser

Je dois m'éloigner de lui mais putain ce que c'est dur.

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Morning Glory femme
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Mais pourquoi tu veux absolument qu'il cesse le shoot? Tu as peur pour lui? Ça c'est une chose mais je sais pas... Il est grand non? Il ne va pas arrêter juste par amour amha ça marche pas comme ça l'amour n'est PAS plus fort que tout.

J'ai un très bon pote très proche avec qui je vis plein de choses qui a la 60aine. Et qui shoote de temps en temps. J'ai peur pour lui, à cause de son âge principalement. Je ne peux PAS l'obliger à arrêter. Je ne lui fais PAS une espèce de chantage affectif en lui disant je te laisse si tu cesses pas. J'essaye de modérer ses consos et même ça c'est déjà presque égoïste, même si en tant que pote assez proche j'ai aussi mes raisons de m'inquiéter donc je comprends ton point de vue. L'amour, c'est encore plus fort...

Mais je sais pas...


Après c'est à toi de voir, mais la question que je me pose c'est : est-ce que tu n'aurais pas quelques préjugés sur une pratique certes à risques mais que des gens pratiquent sans réel impact sur leur vie parfois ?
Quels sont les impacts sur la vie de ton compagnon? Quels sont les impacts sur toi?

Pourquoi lui ne menace-t-il pas de te quitter parce que tu sniffes?
Comme feraient pas mal de non consommateurs malheureusement ?
J'ai l'impression qu'il y a pas mal de préjugés dans tes démarches à te lire excuse moi de te dire ça ... Je peux me tromper bien sûr. Mais rien que le terme "toxicomane"... Et toi alors tu n'es pas "toxicomane"? Réfléchis à en quoi il devrait cesser le shoot et pas toi le snif.

Après si tu etouffes heuuu c'est ton droit de partir hein mais je ne comprends pas pourquoi tu étouffes?

Courage

MG

Dernière modification par Morning Glory (08 avril 2023 à  10:17)


Μόρνηνγγ Γλωρύ
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Morning Glory femme
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Akela a écrit

Ça me fait mal de le voir se shooter et puis, dans mes moments les plus darks, j'en ai envie, envie de tenter, j'en ai même rêvé. Mais j'ai deux enfants et je veux pas prendre des risques trop démesurés pour ma santé, déjà que c'est pas hyper brillant on va dire...

Double post c'est pas dans mes habitudes, mais.

La seringue oubliée j'avoue qu'il aurait pu faire attention. Mais ça ça se règle avec une bonne mise au point amha. Donc s'il est un peu conscient je l'espère quand-même, qu'il y a des gosse qui peuvent se piquer avec ses seringues, il recommencera pas et mettra tout tout de suite dans une DASRI (les boîtes jaunes là).

Et si ça te fait envie alors c'est un autre problème.
Perso j'arrive bien à dire "non" quand je vois mon pote se shooter. Mais si c'était pas le cas effectivement je me poserais la question. Ou alors il faut mettre en place un protocole où il ne le fait pas devant toi. Et qu'il soit conscient que tu ne veuilles pas et qu'il fasse tout ce qu'il faut de son côté pour ne pas te tenter.

S'il pense qu'à lui voire te tente alors personnellement dans une telle situation mes besoins et décisions ne seraient pas prises en compte et je m'eloignerais oui.

Mais comme mon pote se les fait pas devant moi ou alors il me demande avant et si c'est non c'est non il va dans la pièce d'à côté. Ba j'ai pas ce problème je le reconnais.

Donc à toi de voir pour ça en fonction de la situation

Dernière modification par Morning Glory (08 avril 2023 à  13:41)


Μόρνηνγγ Γλωρύ
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Akela femme
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Salut Morning Glory,

Merci pour tes messages. En fait à la base c'est lui qui veut arrêter le shoot car il tenait sans depuis 10 ou 15 ans, il ne sait plus exactement, après beaucoup d'années de speedball puis de subutex en Iv, et il n'a repris que depuis 1 an.

J'essaie donc d'abord de le soutenir dans sa démarche, mais c'est franchement pas évident. Il tient le coup deux ou trois jours pas plus. Je mets pas mal d'énergie à le motiver à continuer, j'ai un peu l'impression d'échouer quand il re-shoot. Mais bon je suis pas médecin ni psy ni rien dans ce domaine, et je ne peux que constater les limites d'une attitude que je veux censée, bienveillante et pas moralisatrice (je bois, j'ai été une grosse fumeuse, je tape un peu de C, et oui comme tu dis j'ai mon côté tox aussi, donc je sais bien que les leçons de morale ça sert à rien, si ce n'est à culpabiliser et à se sentir plus mal...)

Avec son système veineux qui a déjà pris cher, surtout avec le subutex me dit-il, il a beaucoup de mal à trouver une veine, des fois il fait une dizaine de trous avant d'y arriver plus ou moins, parfois il shoote à côté, il fait très souvent des abcès. Ça se termine sous antibiotiques régulièrement. Il est suivi par un addicto qui a l'air bien mais n'arrive pas a se relancer dans un suivi psy  qui, à mon avis, serait nécessaire (j'ai une psy aussi et les médocs qui vont avec donc là encore, zero jugement).

C'est pas mon mec en fait, c'est plutôt mon meilleur ami et mon amant à l'occasion. Mais il a pas les mêmes attentes que moi vis-à-vis de notre relation, il aimerait qu'on soit vraiment ensemble. Une nuit, on s'était engueulés, et il est parti en mode "si c'est comme ça je shoot" alors que ça faisait 2 ou 3 jours qu'il avait arrêté. Si notre relation n'est pas au top, il shoote. Il y a un petit côté chantage affectif à mon sens.

Bref, c'est tout cet ensemble plus les comprimés de métha oubliés régulièrement chez moi et la seringue qui a traîné sous le canapé qui m'inquiètent, aussi un peu pour mes gosses

Mais (et je crois que j'arrive enfin à force de creuser, au cœur du sujet) : il y a une pulsion autodestructrice, une pulsion de mort quand il injecte. Il me dit qu'il cherche la limite. Le bourdonnement dans les oreilles. Et plus il est mal psychologiquement, plus il y va. Des fois il évoque la notion de se "faire un petit plaisir" avec un speedball, ce que je peux comprendre, mais souvent c'est dans la rage et la colère contre lui-même qu'il en vient à injecter, comme une forme d'automutilation (qu'il pratique par ailleurs).

Quand j'ai pas de nouvelles depuis 24h et plus, ce qui est le cas aujourd'hui, je flippe, j'espère qu'il n'a pas eu l'accès de colère et de déprime qui le pousse à en mettre plus Qu'il n'en faut dans la seringue. J'ai peur qu'il meure. Il joue avec cette limite mais j'ai l'impression qu'il joue parfois aussi avec ma peur. J'ai peur de devoir un jour appeler les pompiers parce que ça fait 4 jours que son téléphone est éteint et de le retrouver mort une seringue dans le bras. Et de me dire que j'aurai pu me battre un peu plus, un peu mieux, pour que cela n'arrive pas.

Dernière modification par Akela (09 avril 2023 à  23:34)

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Merci pour cette clarification MG ~

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Marco 68 homme
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Il te manipule comme il veut et heureusement tu t'en rends compte.  Moi je faisait pareil avec mon ex. Pour SON bien elle m'as quitté,  changeant son numéro et son adresse. Avec le recul je admets qu'elle a bien fait pour se préserver surtout, autrement je L'aurais détruite

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Morning Glory femme
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Ok donc il y a chantage affectif là. Je comprends mieux. À ta place je m'effacerais moi et les gosses, sans répondre à son chantage ou mieux en le lui disant calmement "ça tu vois c'est du chantage affectif, je ne peux pas être prisonnière de ça". Et effectivement prendre du recul. C'est ce que je ferais perso. Après je ne suis pas toi. Que vas-tu faire toi? Comment peux-tu améliorer ta situation ? La sienne... Il lui faut un psy. Il est mal dans sa peau ça fait assez borderline les automutilations sans vouloir poser de diag hein je suis pas médecin. Mais avec le chantage affectif ça fait peser gros sur toi et tes enfants donc là amha, à ta place je penserais d'abord à moi et à eux... Je pense.

Dernière modification par Morning Glory (10 avril 2023 à  18:31)


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Akela femme
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Oui en effet il y a une part de manipulation et de chantage affectif qui me dérange beaucoup. Après c'est quelqu'un qui a de super bons côtés aussi, très empathique, une culture musicale incroyable, beaucoup d'échanges de qualité entre nous, et on est toujours là l'un pour l'autre...
Mais je constate qu'il a du mal à se tenir à sa décision d'arrêter les taquets, et je me sens hyper impuissante face a ça en fait.

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Pesteux homme
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Bonjour Akela


Je trouve que votre relation est un peu confuse.

Tu commences ton 1er post par "Mon ami", tu relates avoir traversé de nombreuses épreuves à ses cotés, tu décris une relation affective unique, et tu termines en nous disant combien ça serait dur de t'éloigner de lui. Par ailleurs, vous semblez très intimes, c'est à toi qu'il promet qu'il arrête le shoot et qu'il jure que c'est finit. Et toi, tu acceptes qu'il te promette un truc aussi personnel, et tu te fais même la gardienne de sa promesse en détruisant ses seringues.

Dans ce 1er post, tout nous laisse penser à un couple qui se déchire.

Puis, dans un second message, tu nous affirmes qu'il n'est pas ton mec, mais seulement ton meilleur ami et ton amant à l'occasion.

Vu d'ici, c'est à dire vu de très loin et avec des lunettes déformantes, j'ai l'impression que tu aimes beaucoup plus ce garçon que tu ne veux bien l'admettre. C'est toi qui sais, je peux me tromper, je te donne juste mon sentiment en te lisant. Si je t'agace, tu forces pas, tu zappes wink

En tout cas, si j'étais lui, je pense que je serai un peu perdu. Tu lui dis que tu ne veux pas être vraiment avec lui, mais ton comportement hyperprotecteur et la façon dont tu parles de votre relation me semble suggérer que c'est plus compliqué que ça. Si j'ai cette impression, il a peut-être la même.

Du coup, son comportement autodestructeur et son chantage affectif peuvent aussi être lus comme des moyens de tester tes sentiments pour lui, une façon de questionner la nature de votre relation, au-delà de ce que tu admets explicitement.

Ca ne l'excuse en rien pour le chantage affectif, et je ne prétends évidemment pas expliquer tout son comportement autodestructeur avec ça. Mais tu pourrais peut-être améliorer la situation en étant plus au clair, avec lui comme avec toi même, sur la véritable nature de votre relation.

Par ailleurs, tu as mis le doigt dans un engrenage compliqué en acceptant qu'il te promette de ne plus shooter, et en détruisant ses seringues. Tu t'es approprié son désir de sevrage. Peu importe si c'est lui ou si c'est toi qui est à l'origine de cette "appropriation", sûrement un peu des deux... Mais ce qui compte, c'est le résultat : ça n'est plus pour lui qu'il essaye d'arrêter, mais pour toi. Ca lui indique la voie royale pour t'atteindre droit au coeur. Ca l'encourage, s’il était besoin, au chantage affectif. L'enjeu de son sevrage, ça n'est plus sa santé ni son rapport à un produit, mais c'est devenu votre relation.

Faudrait pouvoir démêler tout ça :
- SON désir d'arrêter, ou non.
- TON désir qu'il arrête, c'est à dire TES angoisses par rapport à SES pratiques.
- VOTRE relation.

En fait, tout ça n'a rien à voir, et là, ben ça fait un sac de noeuds^^

C'est très abstrait tout ça, ça te dit pas ce que tu dois faire. Crois-moi que si j'avais une idée plus concrète, j'hésiterais pas à te filer un conseil. Les relations humaines, c'est à la fois si précieux et si compliqué...

Peut-être que ça peut quand même t'inspirer quelque chose, on sait jamais :)

Dernière modification par Pesteux (13 avril 2023 à  07:52)


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Bergamote femme
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Akela a écrit

Mon ami est toxicomane depuis ses 18 ans environ, il en a 49 aujourd'hui.

Après une bonne dizaine d'années de TSO, il a rechuté dans son péché mignon, le speedball en iv.

Moi j'ai jamais injecté je sniff seulement, et que depuis un an ou deux, essentiellement de la C en essayant de garder un petit peu de contrôle.

Cela fait des mois et des mois qu'il me promet qu'il arrête le shoot... je l'ai vu casser toutes les seringues à 6h du mat en me jurant que c'était fini et chercher les pharmacies qui ouvraient en premier deux heures plus tard pour racheter une Stéri.

J'ai moi même cassé découpé aux ciseaux les seringues dans des moments de colère, bien sûr elles sont toujours vite remplacées....

Ça me fait mal de le voir se shooter et puis, dans mes moments les plus darks, j'en ai envie, envie de tenter, j'en ai même rêvé. Mais j'ai deux enfants et je veux pas prendre des risques trop démesurés pour ma santé, déjà que c'est pas hyper brillant on va dire...

Il y a quelques jours on cherche un truc sous le canapé, il le soulève, et bim il y avait une seringue (avec le capuchon orange heureusement) au milieu des tas de poussière, de vieux chocolats et de jouets des enfants ! Une seringue oubliée chez moi alors que j'ai des gosses et je shoote pas. N'importe qui aurait pu la trouver.

J'ai la partie rationnelle de mon cerveau qui me dit arrête de le voir... En même temps on a traversé tant d'épreuves ensemble, j'ai une relation affective pour lui qui est absolument unique.

Mais le shoot. Le putain de shoot. Les autoroutes sur les veines. Réussir à le faire stopper 2 ou 3 jours quand on est ensemble non stop. Constater qu'il a remis ça dès qu'on s'est séparés. Culpabiliser car il a une dépendance affective de plus en plus forte envers moi et ne supporte pas de me quitter, même 1 ou 2 jours...

J'étouffe je dois partir je sais qu'il va tellement souffrir, bien me signaler qu'il se shoot encore plus pour, sans doute inconsciemment, me faire culpabiliser

Je dois m'éloigner de lui mais putain ce que c'est dur.

Je voulais te dire que j’avais tout lu très attentivement, ce post et tes réponses etc.
Dis-moi, il ne serait pas borderline ton meilleur ami/amant ?
Est-ce que ce trouble de la personnalité limite a déjà été abordé auprès de lui ou pas du tout ? En tous cas, de loin hein, à lire tout ça, je ne suis pas médecin par contre, ça pue le borderline et si c’est ça, bon courage ma pauvre dame… sad

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Akela femme
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Hey!

Merci Pesteux pour ta réponse détaillée. En effet tu as raison notre relation n'est pas claire, surtout pour moi. De son côté, il voudrait qu'on soit ensemble, point. Comme tu l'as cerné, je l'aime vraiment beaucoup, mais pour différentes raisons je ne veux/ne peux pas me mettre avec lui. Par exemple je suis quasi sûre que mon ex, le père de mes enfants, va me coller les services sociaux sur le dos si je suis officiellement avec lui. Et puis il n'y a pas que ça, oui il a de graves troubles psy liés à une enfance complètement saccagée, il est TDAH sûrement à mon avis.

Peut-être borderline comme tu le suggère Bergamote (je connais mal ce trouble je vais relire les descriptions).

Il perd tout le temps tout, il est confus, il n'a aucune mémoire à court terme (mémoire des faits anciens très bonne par contre), bref il est assez ingerable au quotidien... Il a pas une tune, il fait la manche, n'arrive pas à garder un job, moi j'ai beaucoup payé pour nous deux et j'en arrive au stade où j'ai des découverts vertigineux, je peux plus continuer à payer bouffe, alcool, Cc pour nous deux, enfin ça c'est mon banquier qui essaie à sa manière de me le faire comprendre! wink

Dernier épisode niveau injection, je viens de partir une semaine en vacances avec mes gosses et deux jours avant on s'est engueulés et on est arrivés à la conclusion qu'il valait mieux que notre relation reste uniquement amicale. On était chez moi comme toujours car il vit dans un studio minuscule et pas pratique. A un moment je suis allée dans ma chambre 30 minutes pour me calmer et faire une pause avant de finir la conversation avec lui. Je retourne le voir, en mon absence il s'était envoyé en taquet toute la Cc qu'il restait, bon genre 2 ou 3 traits mais pas cool de rien me laisser et puis c'était pas très safe. On a continué à s'engueuler, il est parti furax.

Le lendemain soir, j'avais pas bougé de chez moi depuis qu'il était parti, une amie passe ma voir. En lui ouvrant la porte je remarque une lingette antiseptique de Stéri devant ma porte, des bouts de boîte de médicaments, je commence à ramasser, ma pote m'aide et là elle me dit, il y a même une seringue. Sans l'embout orange qui traînait plus loin. En sortant de chez moi il a dû fouiller son sac comme il le fait sans cesse parce qu'il perd toujours tout et faire tomber tout ça. Par cool tout le matos qui traîne devant ma porte...

J'en peux plus, je veux garder mes distances et lui imposer qu'on est amis et rien de plus. Oui je l'aime beaucoup mais là ça devient ingerable....

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Akela femme
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Pesteux a écrit

Par ailleurs, tu as mis le doigt dans un engrenage compliqué en acceptant qu'il te promette de ne plus shooter, et en détruisant ses seringues. Tu t'es approprié son désir de sevrage. Peu importe si c'est lui ou si c'est toi qui est à l'origine de cette "appropriation", sûrement un peu des deux... Mais ce qui compte, c'est le résultat : ça n'est plus pour lui qu'il essaye d'arrêter, mais pour toi.

En effet on en a reparlé aujourd'hui j'ai insisté et il est d'accord pour que le sevrage soit SON truc qu'il fait pour lui!

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Pesteux homme
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Bonjour Akela.

Je suis content d'avoir de tes nouvelles, et heureux si mon message t'a parlé un peu. Je disais plus haut que je n’hésiterais pas à te donner des conseils si j'avais une idée plus concrète. Et ben tes derniers messages me donnent des idées, alors je me lance. J'ai fait vite pour te répondre, parce que ça me parait très important ce que tu racontes. Du coup, mon message est pas aussi bien rédigé que je le souhaiterais, il est encore un peu trop sous la forme "fais ci fais ça faut que". En fait, faut prendre ça comme des pistes de réflexion, une source d'inspiration, et pas du tout comme une ordonnance à suivre au pied de la lettre. D'accord ?

Tu dis que tu dois l'éloigner, mais que c'est dur. Et tu dis que tu l'aimes vraiment beaucoup, mais que tu ne veux/ne peux pas te mettre avec lui. Tu dis que tu n'en peux plus, et je veux bien te croire. En te lisant, on sent bien combien la situation est éprouvante pour toi. En complément de tes messages sur ce fil, je suis allé lire ton blog, l'histoire de ta soeur, et je comprends d'autant mieux les tourments qui doivent te hanter.

Tout mon message est entièrement basé sur une intuition, peut être fausse : si tu nous racontes tout ça, ça n'est pas pour qu'on te donne la force de t'éloigner, mais bien pour qu'on t'aide à l'aider. Tu es la mieux placée pour savoir ce qu'il en est.

Tu dois être écartelée entre tes sentiments pour lui, ton instinct de survie pour tes enfants et toi, et aussi ton désir de lui porter secours. Quelle galère... Mais soyons un peu positif : que tu puisses parler de la complexité de tes sentiments pour lui me parait un excellent point de départ. Ca pourrait bien te faciliter la vie, et de beaucoup. Et ça pourrait aussi faciliter un peu la sienne, ce qui ne peut que faciliter la tienne en retour, etc.

1/ Tes enfants

A la vue de la situation que tu décris, il me semble primordial que tu protèges tes enfants. Je sais d'expérience qu'on a beaucoup de mal à croire un enfant maltraité, et souvent, les services sociaux ne réagissent que quand il est déjà trop tard. A l'inverse, si les parents sont pris la main dans le sac dans des histoires de drogues, et encore plus si il s'agit d'héroïne et d'injection, le couperet tombe très vite. Encore une injustice que subissent les usagers de drogue, et leurs enfants avec. En attendant, tu as raison, il faut que tu tiennes compte de ce risque, surtout si tu as ton ex sur le dos, prêt à te/vous balancer.

Ce que tu pourrais peut-être faire, c'est arrêter de le recevoir chez toi, tout en continuant à venir le voir dans son studio minuscule et pas pratique. Tu lui proposes un pacte : il ne vient plus chez toi jusqu'à nouvel ordre. Pas parce que tu es fâchée, pas pour le punir, pas parce que tu veux t'éloigner, non non, juste parce que tu dois protéger tes enfants, et que tu ne peux plus continuer dans ces conditions, car ça devient trop risqué pour eux. Tu lui expliques ça sans lui faire de reproches, en lui disant que tu comprends qu'il n'arrive pas à faire autrement, que tu veux respecter ça, que tu lui en veux pas, mais que tu DOIS protéger tes enfants, et que c'est la seule solution que tu as trouvée. Ca sera pénible d'un point de vue matériel, et sûrement plus compliqué à organiser : il faut garder les enfants pendant que t'es là bas, etc. Concrètement, ça va vous compliquer la vie, et peut être que tu le verras moins souvent, mais ça a de grands avantages en contrepartie.

Déjà, ça serait une solution pour ne pas rompre le lien avec lui, sans pour autant retrouver des seringues devant ta porte et sous ton canapé. Avec toutes conséquences dramatiques que ça pourrait avoir pour tes enfants et les services sociaux. Si tu fais ça, c'est presque comme si tu avais le beurre et l'argent du beurre, non ?

Ensuite, ça te permettrait de lui dire combien tu tiens à lui ou combien tu l'aimes, si tu en as envie, et même de vous considérer "en couple", tout en assumant que tu dois protéger tes enfants avant tout. En faisant ça, tu ne serais plus obligé de choisir entre lui et tes enfants. Les couples "live apart together" ça existe, et ça marche très bien. De cette façon, les limites que tu poserais ne seraient pas vécues comme un abandon, mais bien comme des mesures de survie de ta part. A toi de bien lui expliquer pour te faire entendre. Pour toi comme pour lui, ça serait sûrement plus vivable ainsi.

Il me semble que cette idée conserve ces avantages, même si tu décides que ça doit seulement être un ami, ou un ami/amant. En fait, quelle que soit la relation que tu choisis d'avoir, ça ne changera rien à la nécessité de protéger tes enfants, et de l'éloigner de ton foyer. De ton foyer, et pas de toi. C'est très différent. Et puis, vous pouvez toujours compléter avec le téléphone. Bien sûr, pour que ça marche, il faudra qu'il accepte la limite que tu poseras de ne pas venir chez toi, et qu'il ne vienne pas tambouriner à ta porte ou autre, quand tu n'as pas pu ou voulu venir le voir. Il faut que tu poses ça en limite absolue, que tu sois intraitable, si il ne joue pas le jeu, c'est mort, il ne te laisse pas d'autre choix que de t'éloigner pour protéger tes enfants. Faut que t'arrives à lui faire entendre ça, c'est très important. Ensuite, ça dépend de lui. Mais ça devrait être plus simple qu'une rupture non ? Pour lui comme pour toi. Du moment qu'il ne se sent pas abandonné, et que tu lui proposes ton aide, il y a des chances qu'il arrive à jouer le jeu.

Dernier avantage, t'es pas obligée d'emmener tout ce que tu as en réserve pour aller chez lui, et comme ça tu te protèges contre ses cravings qui pourraient te vider ta conso. Ca parait bassement matérialiste dit comme ça, mais c'est un truc qui peut te mettre vachement dans la merde. Bien sûr, il n'y est pour rien, il ne s'agit pas de lui faire la morale : le craving, ça se contrôle pas, mais c'est pas à TOI de subir les conséquences de SES cravings. Quand tu vas le voir, tu emmènes pas tout, et comme ça t'es sûre de pas te retrouver en chien à cause de sa souffrance à lui.

Et puis, il y a la question de l'argent aussi. A toi de trouver les limites que tu peux supporter.


2/ Toi, Lui, et ses tendances autodestructrices.

C'est une très bonne chose pour vous deux, si vous en avez parlé et qu'il est d'accord que ça redevienne SON sevrage. Je crois sincèrement que ça peut tout changer entre vous, tout en augmentant ses chances de réussite. Mais attention, faut que ça dure, et ça va pas être facile, il y a plein de pièges qui vous guettent. Alors, reste sur tes gardes, trust no one si je puis dire. Méfie toi de lui comme de toi même. Surtout de toi même en fait. Je m'explique.

On va pas tortiller du cul, je te le dis cash : accompagner quelqu'un qui est dans l'autodestruction jusqu'à l'extrême, accepter les risques qu'il prend, sans jamais être autoritaire, ni prescripteur, ni surprotecteur c'est quelque chose de SUPER  DIFFICILE  PSYCHIQUEMENT. Et plus on est attaché à la personne, plus c'est dur. Tu vas avoir l'impression qu'il fait n'importe quoi, qu'il dit n'importe quoi, et devoir le laisser dire, et le laisser faire : ça peut être à la limite du supportable, comme tu le décris dans tes messages. Il va sûrement refaire d'autres choses dangereuses et autodestructrices, et ça va te faire peur. Tu vas avoir envie de lui reprocher quand il ne prend pas soin de lui, tu vas avoir l'impression qu'il te fait du chantage affectif même quand ça ne sera pas le cas, tu vas piquer des colères, tu vas être tenté de lui faire du chantage affectif à ton tour, tu vas avoir envie de lui donner des conseils tout le temps, et d'insister quand il ne les suit pas, de hausser le ton, de l'engueuler, de devenir autoritaire, de partir en claquant la porte, etc. Et c'est normal !

Et plus il prendra de gros risques, plus ça va t'affecter, et plus tu vas sentir ces envies monter en toi comme un craving, comme un truc irrépressible que tu ne peux pas contrôler. Tu connais un peu j'imagine, c'est ce qui t'es arrivé quand tu as découpé ses seringues. Si tu veux que son sevrage reste le sien, et ne pas retomber au point de départ, il va falloir être plus forte que ce craving protecteur.

Akela a écrit

J'ai peur de devoir un jour appeler les pompiers parce que ça fait 4 jours que son téléphone est éteint et de le retrouver mort une seringue dans le bras. Et de me dire que j'aurai pu me battre un peu plus, un peu mieux, pour que cela n'arrive pas.

Ce sont tes mots. Ne les perds pas de vue. Ce que tu veux, c'est le soutenir, être là pour lui, et te battre de ton mieux. Pour ça, il faut réussir à accepter les risques qu'il prend. Et lui offrir de l'écoute et de la compassion malgré l'angoisse que ça va générer chez toi. En résumé, fais lui confiance (facile à dire, hein ?!).

Mais n'ai aucune culpabilité quand tu craques. Comme je te le disais à l'instant, vaincre ça, c'est vraiment extrêmement difficile. Dis-toi que les psychiatres ou les addictos qui deviennent autoritaires avec leurs patients, c'est de ce craving protecteur dont ils souffrent, en quelque sorte. Donc, motive-toi, mais sois indulgente avec toi même. Dis-toi que les bourdes que tu feras, beaucoup de pros les auraient faites eux aussi. Si tu savais comment on traite les suicidaires en psychiatrie... Il n'y aurait vraiment pas de honte à ne pas y arriver seule et sans expérience. C'est juste que c'est la seule voie pour l'aider, et il me semble que c'est ce que tu veux, au fond. Est-elle praticable pour toi ? On ne peut pas savoir d'avance. A toi de voir si tu veux essayer. Mais soyons honnête ça va te coûter beaucoup. Par contre si tu réussis, tu deviendras sûrement son héroïne.

Mais ne te fais pas d'illusion. Tu vas forcément rechuter dans la surprotection à un moment ou à un autre. C'est presque obligé. L'important, c'est de savoir t'arrêter avant d'aller trop loin, et de rattraper le coup quand tu as craqué. Assume devant lui que tu t'es fâchée à cause de TON angoisse, de TES sentiments pour lui, pas à cause de LUI, ou de SON comportement autodestructeur. N'insiste pas trop sûr la difficulté que c'est pour toi cette situation. Tu peux lui en parler, mais sans le culpabiliser, et sans trop insister. Si tu en as gros sur le coeur, viens nous en parler ici, ou a quelqu'un qui te soutien. Lui, il sans doute trop fragile en ce moment pour t'écouter parler de ça. Explique-lui que c'est tes sentiments pour lui qui t'ont rendus surprotectrice, autoritaire ou autre, que c'est TA peur qui t'as mise en colère, que tu t'en es pas rendu compte sur le coup, et que ça n'est pas de SA faute, dis-lui comme ça, brode autour de ça. Tu verras, ce petit pas en arrière quand on est allé trop loin dans le prescriptif et la surprotection, ben ça désamorce plein de situations. Parfois, une engueulade où on se hurle dessus depuis deux heures peut s'apaiser en une minute, rien qu'avec ça. Mais faut être sincère, faut y croire, il le sentira si tu fais semblant et que tu ne le penses pas vraiment. C'est vraiment tes angoisses que tu dois maîtriser pour pouvoir le soutenir. Et puis, tu vas t'entraîner, ça va venir en le faisant, au fur et à mesure.

Pour tenir le coup face à ce craving surprotecteur et prescriptif, tu vas devoir travailler sur toi.

Akela a écrit

j'ai un peu l'impression d'échouer quand il re-shoot
[...]
Réussir à le faire stopper 2 ou 3 jours quand on est ensemble non stop. Constater qu'il a remis ça dès qu'on s'est séparés.
[...]
je constate qu'il a du mal à se tenir à sa décision d'arrêter les taquets, et je me sens hyper impuissante face a ça en fait.

Quand il reshoot, ça n'est pas toi qui échoues. Tu ne peux pas le faire stopper. Il n'y a que lui qui puisse le faire. Il faut apprendre à accepter ton impuissance sur sa conso, et ses automutilations. Oui, c'est très dur, mais ça te libérera d'un poids énorme, qui ne t'appartient pas. Ca n'est pas comme si tu le laissais tomber, c'est tout le contraire : ça peut te permettre d'être une aide beaucoup plus efficace pour lui.

Ca t'aidera beaucoup si tu trouves un psy un peu ouvert, en qui tu as confiance, et avec qui tu puisses parler de tout ça. Je parle bien de parler et pas de prescrire des médicaments, même si l'un n'empêche pas l'autre. Là, tu te dis peut être que Pesteux, il est gonflé de t'envoyer chez le psy alors que c'est ton mec qui a un problème. Bien sûr, ça serait bien qu'il trouve de l'aide lui aussi, et en priorité. Mais ça, tu ne peux pas le faire pour lui, seulement lui conseiller, sans insister, faut surtout pas le braquer, faut respecter si il ne veut pas. Ca viendra peut-être plus tard. Tu peux l'inviter à venir chercher de l'aide sur psychoactif aussi. Mais avec un compte à lui. Ne deviens pas sa messagère. Ca doit rester sa démarche à lui. Tout ce que tu peux faire toi, c'est travailler sur TES angoisses à toi, apprendre à supporter ce que ça te fait à TOI de le voir comme ça, pour pouvoir mieux l'aider LUI.

Par contre, réciproquement, tu ne dois pas te laisser faire quand il te remettra sur le dos ses angoisses à LUI. Je pense à son chantage affectif en particulier. Si il se fait du mal, ne le laisse pas te dire que c'est de ta faute, ou même le sous-entendre. Essaye de garder ton calme, et de lui expliquer que ce qu'il a fait c'était parce qu'il était en proie à ses propres angoisses, et que toi tu n'y es pour rien. Ne te laisse pas accuser injustement. Pas la peine de lui faire des reproches, au contraire, tu peux lui montrer de la compassion, essayer de le comprendre, recueillir ses confidences. Mais ne porte pas le fardeau à sa place, ça ne l'aidera pas, et ça sera bien trop lourd pour toi.

A mon avis, il ne faut pas que tu te prennes trop la tête à te demander si il est borderline, TDAH, ou autre. Tu seras jamais sûre de rien de toute façon, et ça t'avancera pas à grand-chose de savoir ça. Tu ne pourras ni mieux l'aider ni mieux le comprendre grâce à ça. Ce que tu peux faire de mieux, c'est de lui offrir ton écoute et ta compassion. Essaye de prendre au sérieux ce qu'il te raconte, même quand ça te parait un peu bancal, dis-toi que c'est toi qui comprends pas, et essaye de le faire expliquer mieux. C'est lui l'expert de sa propre souffrance, ne l'oublie pas. N'essaye pas de le comprendre "à sa place". T'intéresser à ce qu'il ressent, écouter ses mots à lui, et sa logique propre, ça permettra d'aller beaucoup plus loin qu'un diagnostique normalisé, dont même les pros ne savent pas toujours quoi faire.

Fait attention à ne pas le laisser te promettre à nouveau qu'il va arrêter. Si il y renvient, dis-lui combien ça te ferait plaisir qu'il s'en sorte, combien ça te rassurerait, et combien tu serais heureuse pour lui, mais refuse ces promesses en lui rappelant que tu ne veux plus devenir la gardienne de son sevrage, justement parce que tu veux l'aider. Dis-lui qu'il n'a rien à te promettre, que c'est pas ça que du veux. D'ailleurs, montre-toi ouverte à l'idée qu'il ne fasse pas de sevrage du tout. Des fois, ça peut être très rassurant cette idée. Tout ce que tu souhaites finalement, c'est de le voir retrouver un équilibre et un peu de bien-être, pour que votre histoire puisse continuer. Si ça doit passer par le shoot, c'est pas forcement un problème pour toi, si ? L'important, c'est qu'il trouve comment aller mieux, et comment sortir de cette spirale d'autodestruction.

Tu me dis qu'il pratique l'automutilation. Ne perds pas ça de vue, sa souffrance ne se résume pas au shoot, il y a une dimension psychique dans ce qu'il vit. Je ne dis pas ça pour minimiser les choses, au contraire, ça les complexifie énormément. Garde à l'esprit qu'il n'est pas coupable de son état. Ne l'accable pas. Dis-toi qu'il est comme possédé par un démon qu'il ne peut pas contrôler, et qui le commandera jusqu'à ce qu'il ait réussi à l'apprivoiser. Tu ne peux pas apprivoiser ses démons à sa place, tu peux seulement être à ses côtés et le soutenir le temps qu'il y parvienne. Et ça, c'est déjà énorme, ça lui donnera de la force pour se battre. Mais n'oublie jamais que c'est son combat, pas le tien. Si il n'y arrivait pas, ça serait tragique, mais ça ne serait pas de ta faute.

En vous y prenant comme ça, petit à petit, vous pouvez démêler le sac de noeuds dont je parlais dans mon message précédent. Vos engueulades peuvent devenir plus "intéressantes" si chacun arrive à mieux assumer ses angoisses. Ca sera plus constructif pour votre relation, quelle qu'elle soit.

Si mes messages t'ont aidé ne serait ce qu'un petit peu, n'hésite pas à revenir poster sur ce fil. Je reste disponible, et te répondrai en priorité.

Vous traversez une période très difficile, qui vous parait sûrement interminable, mais bien des couples, d'amis ou d'amours, ont survécu à ça. C'est ce que je vous souhaite. Vraiment. Ne perds pas espoir, c'est possible :)

Dernière modification par Pesteux (26 avril 2023 à  00:55)

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Tu m'impressionnes MG ~
 
Merci pour cette réponse très détaillée ! AK

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Bonjour,

Un grand merci à Pesteux pour ses réponses très détaillées et pertinentes !

Je viens donner quelques nouvelles. Je me suis séparée de mon ami en juin, après une semaine de vacances catastrophique. J'étais en mode love, j'avais acheté des petits cadeaux, des sous vêtements charmants pour nous deux. Lui est parti avec des idées dans la tête, certains de ses proches lui auraient dit qu'ils m'avaient aperçue avec un mec dans la rue. Je ne me souvenais pas de quoi que ce soit qui ressemble à ça, j'avais peut-être une fois été au Carrefour du coin de la rue avec le mec de ma meilleure amie pour acheter des bières pour l'apero, ou raccompagné un collègue à la gare ? Il ne m'a jamais donné assez de précisions pour que je puisse relier ces soi disant racontars à un moment précis, qui était forcément anodin, car je n'avais aucun autre mec en tête.

Toujours est-il que mon ami est parti en vacances avec moi persuadé que j'avais, je cite, quelque chose à lui avouer. Que je partais en vacances avec lui pour me donner bonne conscience (sic). Etc. Plus tard, il a admis que ses connaissances qui lui rapportaient ce genre de ragot faisaient peut-être cela par jalousie ou pour le tester. Toujours est-il qu'il était complètement parano, enfin c'est comme ça que je l'ai vécu. Il m'a aussi dit que notre relation ne lui convenait plus car je la voulais la garder secrète, ce que je peux comprendre. Pourquoi ? Car étant donné son usage manifeste de la Cc et de la came, mes proches me mettaient en garde contre lui, et comme je l'ai dit plus haut, j'avais peur que le père de mes enfants se serve de cela contre moi si un conflit sur la garde de nos enfants éclatait.

Pour moi, pendant ces vacances, mon ami était en plein délire paranoïaque. Je devais sans cesse me justifier de trucs que je me souvenais à peine avoir fait tellement c'était anodin, comme aller acheter l'apero avec le mec de ma meilleure amie. Le dernier jour, il a commencé à piquer du nez dans le bar où l'on buvait une bière avant de partir. Puis sur le trajet du retour (5h de route que je gère seule, car il n'a pas le permis), il s'endormait, puis se réveillait et disait qu'il voulait prendre le volant (je le laissais conduire un peu à l'occasion quand il était clair), que je ne lui faisait pas confiance, que c'était rageant pour lui, et recommençait 2 minutes après à piquer du nez. J'ai vite compris qu'il avait pris des trucs. Il m'a avoué plus tard avoir pris de grosses doses de métha et de seresta, pour selon lui, être plus calme et me laisser tranquille.

Une semaine plus tard, il s'est mis en tête de m'apprendre un truc de self défense en fin d'apéro. J'étais pas chaude. Il a fait du judo dans sa jeunesse. Devant son insistance, j'ai fini par céder. En me montrant sa prise de judo, il m'a fait tomber, j'ai eu toute de suite hyper mal, et il s'est avéré ensuite que je m'étais cassé une côte, il m'avait fait tomber sur son genou.

La franchement j'en pouvais vraiment plus... j'ai commencé à me dire qu'il me mettait en danger. J'ai définitivement coupé toute relation de type sexfriend avec lui après ça.

Il l'a très, très mal vécu. A menacé de se suicider maintes et maintes fois. Un jour j'ai appelé les pompiers tant il paraissait déterminé. Il s'est enfui avant leur arrivée. Ma sœur s'étant suicidée, il m'est très difficile de voir un proche me parler sans cesse de son suicide.

Il m'a dit qu'il voulait se faire hospitaliser. Je me suis libérée 3 jours de suite pour l'emmener à l'hôpital, lui acheter sa dernière bouteille de rhum, ses derniers prods. Il n'est jamais allé à l'hôpital.

Aujourd'hui il est en attente pour une cure et une post cure. Il tape très très fort dans les prods, toujours en injection. Je sais plus quoi faire, quand on se voit, il pleure, il me regrette, etc.

J'ai maintenant une nouvelle relation. Comme il traîne tout le temps devant chez moi, un soir ou il faisait chaud, les fenêtres ouvertes, il m'a entendue parler et rire avec mon nouveau mec. Il est parti complètement en vrille après ça, au point que j'appelais ses amis pour leur demander de le checker. Je comprends sa douleur, il est toujours amoureux de moi, mais moi je vis plus avec lui, il m'étouffe, et il est dans les prods jusqu'au cou. Dès qu'il a 3 sous il les claque dans Cc et came. Puis me demande tous les jours de l'alcool, de l'argent, etc. Je lui ai prêté 500 euros récemment pour qu'il solde un prêt où il était passé en recouvrement. Je suis allée le voir hier, il me dit qu'il aurait préféré ma tendresse plutôt que cet argent...

Je suis extrêmement démunie face à ses additions et à sa souffrance . De mon côté ça m'arrange pas. J'essaie de me reconstruire un peu avec mon nouveau mec.
Merci de m'avoir lue.

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Hello pour l’instant le mieux c’est de couper les ponts
Temporairement
Pour qu’il apprenne à vivre sans toi et ton aide
Qu’il puisse faire le deuil de la relation
Dis lui que tu le reverras dans tant de temps, que pour l’instant ça te fait trop mal de le voir comme ça
Et insiste aussi pour lui dire que si vous vous revoyez il devra être sobre ou au moins de bonne humeur pour vos retrouvailles , s’il veut préserver votre amitié
Pense à toi et rien qu’à toi ces prochains jours, et pas de culpabilité, tu n’es pour rien dans son mal-être

A kiss makes my whole day, anal makes my hole weak

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