Le Grand Soulagement

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Cypion homme
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Salut la compagnie wink

Info/PS : J'ai inclus cette discussion dans "Opiacés/Opioïdes" du fait qu'elle s'adresse à tous les consommateurs des ces substances, bien que mon expérience racontée ci-dessus s'intéresse au tramadol. Et d'ailleurs, j'invite également l'ensemble des UD à témoigner parce que le sevrage ne concerne pas que les opioïdes et bien au contraire. De même, je ne m'interesse pas uniquement au sevrage physique, mais également aux phases de craving (le paws et autres joyeusetés de retrouver une vie "saine" selon la société mur mur , a mon avis, ne rentre pas dans cette catégorie).

Je me faisait une petite réflexion il y a peu.

J'ai de la chance d'avoir un approvisionnement presque constant en tramadol (prescription médicale + marché noir si besoin d'un extra). Et je m'estime très chanceux de ne pas avoir à vivre l'enfer que beaucoup traversent : le manque.

Cela étant dit, il y a un peu plus d'une semaine, cela faisait de nombreux mois que je n'avais pas ressenti le vrai manque. Je ne parles pas d'un léger syndrome de sevrage (frissons, transpirations, fatigue, bâillements) mais bien du vrai sevrage. Celui qui survient longtemps après et qui ferait plonger n'importe qui dans les abîmes de l'enfer : le p*t*i* de syndrome des jambes sans repos, que même une amputation ne soulagerait pas.

Je veux parler de ce que j'appelle "Le Grand Soulagement" ; La fin de la souffrance. Le corps qui respire enfin bref, reconsommer après avoir endurer un sevrage, quel qu'il soit.

---------- L'histoire ----------

La semaine dernière donc, lundi, je vais chez un ami pour festoyer en l'honneur de (insérer une raison quelconque même s'il n'y en a aucune) wine
Je prend 150mg LP de tramadol vers 8h du matin.
Misère de misère, mon tramadol est resté sur ma table de chevet et je suis à 150km de chez moi et aucune solution. Difficile de leurs en parler évidemment, donc je fait comme si de rien était. La soirée se passe, l'alcool (que je n'aime guerre) réussit à me détendre et à faire passer les petits tracas du début de manque.

23h soit H+15. Ca commence à s'accentuer un peu. Je me tourne et retourne dans le lit, on connait tous. En vous passant les détails, il est 16h quand je reprend la route. 16h ça fait H+32. Les jambes qui tirent, le nez coule, mes habits trempées, le chauffage à fond parce qu'il fait -70 dans mon corps et l'anxiété qui me terrasse.
Je n'en peut plus !!

J'arrive chez moi et vite je prend le tramadol. Sans trop réfléchir, je me suis envoyé 300mg tellement je n'en pouvait plus. 30mn, ah un peu de mieux. Et la...alors la...
Une montée comme je n'ai jamais eu et double ; A la fois le soulagement d'un syndrome destructeur et une montée typique extrêmement euphorisante. En 2h, je suis au paradis.

Et le trip se termina par un sommeil exceptionnel, alternant entre rêves éveillés et endormissement léger. Le lendemain, on reprend le traitement et on subit un léger contre-coup.

---------- Le soulagement ----------

Du coup pour faire un résumé, voici les différentes phases que j'ai pu observer dans ma petite expérience non-voulue :

- Le sevrage en lui-même
- L'excitation/semi-plaisir de savoir qu'on va bientôt mettre un terme à cette souffrance,
- Le plaisir de savoir que l'on à pris la substance (que les effets vont venir),
- L'intense plaisir/euphorie/bonheur que j'ai ressentie lorsque le manque s'est brutalement estompé. Comme on dit "Sah quel délice" (ou plaisir selon chacun wink

Parallèlement à cela, le fait que 36h se soit écoulé à provoquer à la fois le nettoyage du tramadol accumulé (récepteurs μ inactifs) ainsi qu'une réduction de la population de ces mêmes récepteurs, aboutissant à une légère perte de tolérance.

Petite piqure de rappel, lors d'un sevrage, volontaire ou non, la tolérance baisse rapidement et pour les opioïdes à demi-vie courte/intermédiaire, elle diminue de moitié en 72h et tombe à zéro en une à deux semaines.
Après une abstinence, même de quelques heures, ne reprenez pas la même dose qu'avant le sevrage. LE RISQUE DE SURDOSAGE EST TRES HAUT !!!!

---------- La Grande Question ----------

Alors chers forumeurs, avez-vous ce genre de sensation lorsque le manque, physique ou psychique, est comblé ? J'insiste sur le "soulagement" plus que l'effet intrinsèque à la substance.
Et vous reconnaissez-vous également dans les phases que j'ai observées ?

Pour parfaitement nuancer le propos, je ne parles pas ici de l'effet euphorisant d'une substance qui comble le manque.
Je parles véritablement d'un plaisir à sortir d'un enfer, en sueur certes (eh oui il fait chaud la haut lol)

Même si je suis d'accord avec vous que le soulagement est transitoire et précède l'arrivée des effets (ce que j'ai appelé la "double montée").



Merci de m'avoir lu et j'attends avec impatience toutes vos petites histoires/expériences/anecdotes sur ce sujet wink

Prenez soin de vous,

Amicalement,

Cyp'

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Kalei homme
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Salut cyp.
Perso j’ai souvent des symptômes de manques quand mon corps sait que je vais consommer mais que ce n’est pas encore fait . Notamment quand je suis chez mon meilleur amis .
Pas plus tard que ce soir, je choppe (d’ailleurs le gars s’est trompé et j’ai eut 3,2g pour le prix de 2 ^^) et doit ensuite faire du stop pour rejoindre le domicile de mon amis.
Une fois sur place je commence à boire un peut pour me détendre et ne pas trembler au moment de Conso (IV ).
Ben pendant le verre de Ricard que je buvais, paf, grosse montée de sueur et impatience . J’en avait le corps recouvert de sueur .
Ben une fois le produit prit peut après ça , j’ai en effet ressenti ce soulagement dont tu parles . En plus la j’ai une came qui fonctionne plutôt bien, puisque à mesure que j’appuyais sur le piston je sentais immédiatement le produit monter ainsi qu’une chaleur ds la tête à chaque nouveau millimètre de piston poussé.
Du coup le soulagement a été immédiat lui aussi . Un grand ouf , suivit du corps qui cesse de suer et commence à sécher .
Donc double effet . Celui du produit plus le soulagement de retrouver mon corps sec etc.
Seul frustration , ne pas refaire une IV plus tard dans la soirée pour ne pas trop « embêter «  mon amis qui n’aime pas que je fasse ça . Il m’a d’ailleurs Fait une petite réflexion quand j’ai sorti le matos et fait un mad en mode «  tu va pas refaire une IV la??!” . “Non non t’inquiètes “ ( merde ! smile)Pourtant vu l’effet du produit j’avais super envie la .
Mais je vais attendre demain matin. Ça n’en sera que meilleur j’espère :)

Phuture - acid tracks (1987)
Un autre classique

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Abstrakt homme
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Hello,
J'ai un petit doute sur la tolérance revenue à 0 après seulement deux semaines, en tous les cas après avoir attendu un mois, j'ai été super déçu de constater que ma tolérance à la codéine avait très peu baissée... Elle n'était clairement pas revenue à zéro.
Bonne journée

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Mlle*Ordinaire femme
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Bonjour,

Si ce n'est pas indiscret, Cypion: tu a quel age ? Et tu fais quoi dans la vie?
Je me pose ces questions parce que tes connaissances sur le tramadol sont tellement précises que je me dis que tu dois travailler dans la médecine, biologie ou autre domaine en rapport avec la pharmaceutique.

En tous cas, ton expérience révèle bel et bien à nouveau ta dépendance au produit (selon la description que tu fais de ton sevrage). Pourtant, tu avais réussi à t'en détacher? Ce n'est peut être plus ton souhait ?
Après je peux comprendre la difficultée de vivre sans cette béquille chimique étant donné le potentiel AD qu'elle a ...


Cypion a écrit

---------- Le soulagement ----------

Du coup pour faire un résumé, voici les différentes phases que j'ai pu observer dans ma petite expérience non-voulue :

- Le sevrage en lui-même
- L'excitation/semi-plaisir de savoir qu'on va bientôt mettre un terme à cette souffrance,
- Le plaisir de savoir que l'on à pris la substance (que les effets vont venir),
- L'intense plaisir/euphorie/bonheur que j'ai ressentie lorsque le manque s'est brutalement estompé. Comme on dit "Sah quel délice" (ou plaisir selon chacun wink

Parallèlement à cela, le fait que 36h se soit écoulé à provoquer à la fois le nettoyage du tramadol accumulé (récepteurs μ inactifs) ainsi qu'une réduction de la population de ces mêmes récepteurs, aboutissant à une légère perte de tolérance.

Le soulagement je l'ai vécu également, et contre mon gré.

Je rappelle que je prenais le tramadol pour des douleurs lombalgiques, mais aussi pour m'aider à travailler suite au décès de ma mère.
Ça me faisait comme une sorte d'"anesthésie psychique et émotionnelle", me permettant de passer au dessus de mes pensées et émotions négatives.
Bien que fragile et vulnérable à ce moment, je me sentais dans un autre monde avec ce tramadol. Puisque j'étais capable de passer au dessus sans trop rien ressentir malgré la période douloureuse. Au contraire, une grosse envie de réaliser toutes sortes de taches, même les plus "chiantes". D'ailleurs, paradoxalement je remercie d'avoir rencontré le tramadol contribuant à supporter cette épreuve. Sans lui, je ne sais pas si je serais encore de ce monde.

Je décide donc de quitter mon travail. Et donc au même moment, je décide d'arreter le tramadol (après plusieurs mois de consommation).Puisque pourquoi continuer maintenant que je suis tranquille chez moi? J'avais avancé sur le chemin du deuil de ma mère. Il était temps de se retrouver "soi" avec "soi" ..

Et bien j'ai très vite déchanté. Au début, je croyais que j'avais pris froid. Une vilaine grippe ? Mais une grippe qui dure aussi longtemps, ca existe?
Courbatures, mal de dos X10, frissons, sueurs, nausées, jambes extrèmement douloureuses, mal aux articulations, incapacité à se concentrer, angoisses ... Et IMPOSSIBLE DE DORMIR ! IL y avait de quoi se cogner la tête sur le mur, vraiment. Ça ne pouvais pas être une grippe, d'habitude j'arrivais quand même à dormir malgré la fièvre grippale.

Je suis restée dans cet état douloureux 48h, complètement perdue. Je commençais vraiment à croire que j'allais y laisser ma peau: encore plus quand je voyais que plus les heures avançaient, plus les douleurs s'accentuaient. Une VERITABLE TORTURE. Je ne pourrais le souhaiter à personne (mon pire ennemi y comprit).

ET puis, faute de Doliprane, je décide de prendre du tramadol (il m'en restait pas mal).
J'en prends une bonne dose, je ne sais plus vraiment à combien s'élever cette dose (puisque  brouillard de l'esprit lié au manque bonjour), mais suffisamment pour qu'entre 30 minutes à 1 heure survient un grand SOULAGEMENT.
Comme le phénix qui renait de ces cendres.
Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, puisque j'étais loin de m'imaginer que le tramadol était responsable de toutes ces souffrances physiques.
En tous cas, la sensation était sans précédent, d'une intensité saisissante. Je me sentais apaisée.
C'est depuis ce jour que j'ai comprit que j'étais devenue dépendante à cette molécule.

Alors, il faut savoir qu'à ce moment là, je ne savais pas que le tramadol était l'antidote pour mettre fin au manque physique, puisque je ne savais pas que je vivais un manque, mais une grosse grippe. Je l'ai su après coups, en faisant des recherches sur cette molécule.
Contrairement à toi Cypion, tu savais à quoi t'attendre puisque tu parles d'"excitation/semi-plaisir de savoir qu'on va bientôt mettre un terme à cette souffrance" et de "plaisir de savoir que l'on à pris la substance (que les effets vont venir)".
Moi, j'ai été surprise par ce plaisir de soulagement puisque je n'avais fais aucun lien entre la prise de la substance et le soulagement qui pourrait en découler. Alors, est ce que ton plaisir était plus intense que celui que j'ai eu? Je ne sais pas. Ça reste subjectif. En tous cas, il a été très fort. Je dirais qu'il était aussi fort que l'intensité de la douleur du sevrage que j'ai vécu juste avant.

Après, ce sevrage m'a laissé des séquelles si bien qu'il était hors de question de revivre cette période douloureuse.  Me dire que ma souffrance ou mon bonheur dépend d'une molécule reste quand même quelque chose d'angoissant.
J'imagine un jour, où je n'ai plus accès à ce médicament, et que je souffre atrocement du manque, comment survivre ? Évidemment, quand on en a une réserve (comme toi), on peux jouer à ce faire de temps en temps de  petits sevrages pour retrouver ces plaisirs uniques de soulagement.
Mais j'imagine que le mieux reste de se libérer de la molécule, pour être libre d'en jouir quand bon te semble sans subir par la suite le manque. Évidemment pour l'appécier sans le sevrage qui va avec, il faut savoir se discipliner: comme laisser une semaine entre les prises, jamais 2 jours de suite. Le plus dur reste de vivre des journées sans ..

Cypion a écrit

Petite piqure de rappel, lors d'un sevrage, volontaire ou non, la tolérance baisse rapidement et pour les opioïdes à demi-vie courte/intermédiaire, elle diminue de moitié en 72h et tombe à zéro en une à deux semaines.
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Merci de le rappeler. Mais connaissant les risques, cela ne t'as pas empêcher de prendre 300 mg d'un seul coup .. ?


"L'addiction est devenue la seule maladie dont on punit les conséquences"

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linec13 femme
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Le grand soulagement pour moi c’est tous les matins, puisque je me réveille en manque tous les jours
Parfois je fais durer le truc, genre je me lève pas tout de suite, car en effet plus le manque est fort et plus le soulagement sera libérateur

A kiss makes my whole day, anal makes my hole weak

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Mlle*Ordinaire femme
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linec13 a écrit

Le grand soulagement pour moi c’est tous les matins, puisque je me réveille en manque tous les jours
Parfois je fais durer le truc, genre je me lève pas tout de suite, car en effet plus le manque est fort et plus le soulagement sera libérateur

Je rejoins l'idée.
On peux le constater quand on n'a pas mangé depuis un petit moment.
Le soulagement sera à la hauteur de l'intensité de ta faim. Plus on a faim, plus grande sera la satisfaction , plus intense sera le plaisir.

Dernière modification par Mlle*Ordinaire (18 mai 2024 à  09:53)


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linec13 femme
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Punaise mais c’est trop ça en fait, comme assouvir un besoin intense et vital: boire, manger, uriner, plus on attend et plus le soulagement est intense

A kiss makes my whole day, anal makes my hole weak

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