[ Première fois ]
Mon fabuleux premier trip au LSD (0.15 mg)

#1 
rostassia femme
Nouveau membre France
Aujourd'hui à 01:38
Je vais ici tenter de décrire mon premier trip au LSD, qui a eu lieu l'été dernier donc il y a déjà plus de 6 mois.
Je n'ai jamais pris la peine, ni pendant, ni après le trip, d'écrire ou de me décrire à moi-même cette expérience, que je commence doucement à oublier. J'espère que ce récit m'aidera à me remémorer ce voyage.

Nous sommes en août et avec des amis nous discutons, depuis quelques temps déjà, de tester le LSD tous ensemble. Nous avons tous les 4 déjà pris des truffes hallucinogènes une ou plusieurs fois auparavant, ensemble ou non. Mes deux amis, et mon copain sont des fumeurs récurrents de weed. Enfin, mon copain et un ami ont déjà pris du LSD ensemble il y a quelques années.

Personnellement, j'ai pris une fois des truffes hallucinogènes et une fois un space cake assez puissant, mais je ne fume jamais.

Nous avons loué une petite maison dans la campagne à l'occasion de notre trip, il fait beau, nous sommes assis sur la terrasse, nous venons de terminer de déjeuner, les conditions sont idéales. La copine d'un des amis nous accompagne comme trip-sitteuse. A la fin du repas, mon ami sort d'une petite pipette en verre les petits morceaux de carton. On rigolait jusque là mais on a tous un petit coup de chaud en se regardant avec les buvards à la main. Le plus audacieux commence, et au lieu de fractionner, il prend le buvard en entier. Je le suis, malgré mon appréhension. Je suis dans un état d'esprit très positif tout à coup, j'ai l'impression que de toute manière, tout va bien se passer. Mon copain prend en entier et notre 4e compagnon avale 1/2 buvard.

Petite adrénaline, on commence tous à rigoler, on ne tient plus en place et on a besoin de bouger. On se lève de nos chaises et on part jouer au frizzbee. Presque immédiatement, on ressent tous le besoin de respirer en prenant de très grandes inspirations, peut-être par nervosité. On finit par se dire qu'il serait plus intéressant d'aller se balader en attendant les premiers effets. On part dans la campagne pendant peut-être 40 minutes, on traverse les champs, on va voir des vaches, on se retrouve ensuite dans une clairière. Au milieu de la balade, je me rends compte que je ne ressens strictement rien et commence à douter du gars qui a vendu les buvards. Je partage mes premiers doutes au groupe, eux non plus ne sentent rien monter. Quelques minutes plus tard, je me casse une première fois la gueule en descendant une pente dans la forêt, notre siteuse me rattrape, je me tape un giga fou rire. Je commence à me sentir très joyeuse, amusée.

Je ne saurais dire si j'ai ressenti la montée. Je me suis aperçue d'un seul coup que je trippais. Quand nous sommes rentrés à la maison, et qu'on s'est tous assis autour de la table en bois de la terrasse. Je me souviens que tout le monde parlait, racontait des blagues de plus en plus insensées. Et je ne pouvais plus m'arrêter de rigoler. Chaque rire provoquait une sensation de bonheur et de plénitude physique encore plus grande. Je me sentais comme remplie d'une sensation de chaleur, comme si mon coeur était en fusion. Notre 4e compagnon se rend compte qu'il est un peu à la traîne et il décide ce prendre sa 2e moitié.

Je m'aperçois que le mur de pierre devant moi est de plus en plus malléable, mou, comme si sa matière était en mouvement, et petit à petit sa couleur change aussi doucement, tout devient saturé de sous tons jaunes, verts, rouges. Le grain de la pierre est de plus en plus contrasté, comme si chaque poussière devenait soudain visible et bougeait. L'environnement tout autour de moi est dirigée par cette vague, ce mouvement ondulatoire qui régit la matière. La même vague qui anime mon thorax. Je me sens animé par cette chaleur profonde qui émane du creux de ma poitrine. Le temps se dilate et se déforme à la merci de cette vague. Je ne sais plus exactement depuis quand je suis assise, depuis quand nous sommes rentrés. Nous entamons une première activité, un jeu de carte qui s'appelle Skyjo. Les cartes de ce jeux, comme par hasard, sont couvertes d'un tourbillon arc en ciel qui tourne à l'infini. Je suis incapable de distinguer les véritables couleurs de ma carte qui shifftent en permanance. Notre sitteuse essaye tant bien que mal de nous guider mais on commence à tous être dépassés par les règles du jeu. On n'arrive plus du tout à suivre, aucune logique, chaque idée qui sort de notre bouche discontinue de la précédente. Le concept même de piocher des cartes devient hallucinant, hilarant. Au bout d'une demie heure ? une heure ? on abandonne la partie. Les garçons commencent à discuter mais moi je n'arrive plus à rester assise. Je me mets à scruter mes mains, qui sont comme le bois, la pierre et tout le reste. Des granules malléables, de la matière vivante, en mouvement constant. Je m'allonge au sol, puis je m'assois, puis je mets mon visage contre la terrasse. Chaque changement de position à la puissance d'un virage de grand huit, mais en très agréable. Je me sens toujours emplie de cette chaleur. Je m'assois seule pendant que les autres sont autour de la table.

La musique emplit soudain tout mon espace, elle est à la fois à des kilomètres et à la fois à l'intérieur de moi, elle y résonne comme dans une caverne. "Stairway to Heaven", Led Zepplin. C'est comme si les premières notes de guitare venait immédiatement m'emplir le corps, comme si je ressentais tout mieux et tout plus fort. La beauté de l'univers me subjugue d'un seul coup, en un seul instant, je me sens complètement dépassée par l'harmonie des sons, des images, des couleurs, de mes amis et plus les notes s'enchainent et plus je pleure. J'ai l'impression de revivre des sensations d'enfant qui coure dans la cour de récréation, quand on ressentait chaque coup de vent, chaque pas sur le goudron, chaque interaction avec l'environnement. Je pleure soudain, c'est tellement pur, la vague me submerge et m'emporte, la guitare sonne comme du cristal. Mes amis viennent m'entourer et me demandent tout de suite ce qu'il se passe. Je leur répond "tout est tellement beau".

Le reste de la phase de montée à été ponctuée de tentatives d'activités en tout genre, pâte à modeler, phaser sur des cubes pour enfants, essayer de lire une phrase dans un livre (impossible), de fous rires, de jeux débiles, manger des trucs insolites (miel, bonbons acidulés).

J'ai commencé à ressentir une certaine "descente" dans l'euphorie, mais qui n'était pas vraiment une descente en terme d'intensité des effets. Je n'étais simplement plus très amusée ni en interaction avec mes collègues, ni mon copain. Je me suis renfermée sur mon internalité. Pendant que les autres faisait de la peinture en discutant, j'étais tout simplement blazée de devoir tenir la moindre conversation sensée. J'en étais capable, mais la monotalité des échanges et l'idée que les effets allaient finir par dissiper me rendait mélancolique d'avance. Je ne pouvais pas non plus me concentrer sur quoi que ce soit. Et visuellement, les fractales commençait à devenir trop présentes, elles n'étaient plus un motif vif et coloré qui changeait de perspective à chaque coup d'oeil mais une toile de fond complète, délavée. Je pense que c'était, en réalité, simplement le changement de luminosité ambiant, à mesure que la soirée tombait.

Je décide donc de m'allonger par terre (ce que je faisais souvent, appréciant la fraicheur des planches de bois et l'air humide du dessous) et de lancer "Visions" de Grimes. Je ferme les yeux et je me sens une nouvelle fois complètement entourée par la musique, y vivant presque, comme si elle venait de l'intérieur de ma cage thoracique. Contrairement à avant, j'ai maintenant l'impression de ne plus du tout ressentir mon corps, de devenir presque une partie de l'onde qui me traverse. Je ne fais littéralement qu'un avec tout le reste. Je ne sens plus ma matière, yeux fermés, la musique forme un tout parfait avec les motifs que je vois. En fermant suffisamment les yeux, je me sens comme tomber dans un trou, une chute infinie, de plus en plus intense. J'ai trop peur et j'ouvre les yeux quand j'ai trop peur de chuter et d'oublier mon corps. Mon copain vient s'allonger près de moi. On se pince mutuellement les mains, yeux fermés, pour se rassurer, pour sentir de très loins nos doigts et nous raccrocher à la réalité qui semblent maintenant se détacher de nous à mesure que nous nous enfonçons dans ce noir infini. Les 40 minutes de l'album passent à la fois en une minute et en une éternité. Chaque son, je le ressens comme si c'était la première fois que j'entendais toute forme de musique. Chaque note m'emmène vers des vallées lointaines, des rivières cristallines, des papillons brillants.

Peu à peu, 2h plus tard, les effets ont commencé à réellement se dissiper, et il a été difficile de ne pas s'en rendre malade. J'ai mis énormément de temps à m'endormir ce soir-là. Convaincue que ces perceptions ne pouvait pas ne pas être ma réalité quotidienne./forum/uploads/images/1776/img_5545.webp

Dernière modification par rostassia (Aujourd'hui à 01:55)

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