Salut à tous, je souhaite parler de quelque chose que j’espère ne choquera pas trop, je veux parler de toutes ces petites habitudes, manies, petits plaisirs difficilement avouables dans l'injection dont je ne parle à personne de peur du regard des autres tellement j'ai honte. A contrario j'entends souvent des amis parler du plaisir que sniffer ou fumer leur procure sans soucis et ça ne choque personne. Pour ma part je n'en parle pas au risque de passer pour une extraterrestre, déjà que cela a été très compliqué d'avouer à mes amis proches que j'injectais... Mais maintenant quand on me propose une trace ou une
base dans certaines situations seulement, j'arrive à demander si je peux la prendre autrement et je fais ça rapidement et discrètement à l'abri des regards.
Pour le contexte, je sors de cure de
sevrage de début décembre à mi février. En sortant je suis allée vivre chez mon compagnon, par peur de retourner chez moi où il restait encore des seringues. Au bout d'un mois j'ai trouvé du travail et un mois et quelques après j'avais ma première paie, avec un désir incontrôlable et incompréhensible de shooter. Partie faire les magasins j'ai craqué et me suis fait livrer au centre commercial où il y avait une pharmacie et des
steribox bien sur. Le soir rentrée mon compagnon, ancien shooteux d'
héro d'il y a 10 ans qui ne veux plus rien avoir à faire avec toutes les drogues, m'a posé la question si j'avais rechuté et je n'ai pas menti, de toute façon je ne sais pas faire et c'est un vrai radar. Le lendemain matin à la première heure je me faisait reconduire chez moi avec toutes mes affaires avec un « c'est fini ». J'ai ruiné mon couple car pour lui après 5 ans trop c'est trop à supporter. Alors que pourtant tout allait bien mieux travail, visites régulières de mon fils, règlement des problèmes administratifs et financiers, permis de conduire, hygiène de vie, moral... J'ai du coup tout perdu en un claquement de doigt. Quelle abruti...
Depuis je réinjecte tout les jours et j'ai repris ces petites habitudes, manies, petits plaisirs difficilement avouables comme avant. Aller je me lance, je veux parler du plaisir au moment du flash, m'allonger et profiter avec de la musique ; la manie de refaire une tirette après, pour vérifier qu'on était bien dedans, que l'on renvoi plus fort et qui accentue le flash je trouve ; la manie de laisser le garo même si la veine est trouvée pour que ça parte tout d'un coup une fois tout poussé ; l'habitude de faire ses cotons jusqu'à épuisement et la mauvaise de continuer même si ce n'est plus que de l'eau juste pour le plaisir du geste et pour faire passer le
craving au risque de faire une
poussière ; l'habitude de faire aussi les fonds d'aiguilles et de seringues de la session en aspirant tout ce qui peux y rester pour ne ce serait ce que ressentir quelque chose de léger ; j'ai la manie d'avoir les veines qui se bouche dû à une très mauvaise circulation sanguine (j'ai des parents très variceux et flébiteux malheureusement) du coup lorsque je shoot, pendant et après je masse les zones du corps qui ont noircies et sont sensibles (pieds, mains, poignets, sous les bras), pour les orteils je déclenche des impatiences qui relance la circulation et surtout les jugulaires que j'ai découvertes qui accentue le flash, notamment cette sensation de tremblement de terre qu'il ne faut pas trop pousser non plus étant les prémices des convulsions ; l'habitude de tout peser ce que j'injecte pour éviter l'OD dont je me méfie car j'en ai fait des belles non mortelles déjà ; la manie de me transformer en passoire quand je n'arrives pas à en trouver une seule et de voir à quel point je peux m'acharner, flippant parfois ; et d'autres encore...
Pour ceux qui oserait en parler, et vous ?
Désolé pour le pavé et merci de m'avoir lu.