[ Actualité ]
Besoin d’aide

#dépression
#1 
Thalie femme
Nouveau membre France
Hier à 08:54
Bonjour à toutes et à tous,

Je me présente, je m’appelle Cara smak

J’ai consommé pratiquement tout ce qu’il est possible de consommer pendant plus de 30 ans. J’ai commencé très jeune et les drogues ont occupé une place immense dans ma vie. Je me suis injecté de l’héroïne et de la cocaïne pendant des années, au point d’abîmer sérieusement mes veines.

J’ai également traversé une longue période durant laquelle je me faisais établir des ordonnances de Rohypnol et de Burgodin (barbituriques). Pendant près de trois ans, j’en ai obtenu et consommé de manière excessive. Cette période a eu de lourdes conséquences dans ma vie et m’a conduite devant la justice. J’ai été condamnée à cinq ans de prison et j’en ai effectué deux. J’ai également connu plusieurs autres incarcérations plus courtes au cours de mon parcours.

J’ai fait plusieurs séjours en hôpital et en cure pour tenter d’arrêter. Malheureusement, à l’époque, chaque sortie se terminait souvent par une rechute.

Aujourd’hui, cela fait environ six ans que je ne touche plus aux drogues dures, même si j’ai connu quelques écarts avec la cocaïne. Je suis sous traitement de méthadone, bromazépam, Ritaline, Prozac et Tercian.

Je voudrais également parler d’un comportement que je n’ose pas toujours évoquer. Mon traitement est officiellement à 100 mg de méthadone par jour, mais je n’en prends habituellement que 80 mg. J’accumule le reste et, lorsque je récupère mon traitement mensuel, il m’arrive de prendre d’un seul coup la quantité que j’ai mise de côté. Je sais que ce comportement est problématique et potentiellement dangereux, mais je préfère être honnête ici. Ce que je ressens alors est un soulagement psychologique extrêmement important, au point que j’attends parfois ce moment avec impatience. Ensuite, je reprends mon traitement habituel à 80 mg par jour.

Depuis environ deux mois, je n’arrête pas de penser à la cocaïne, à la MDMA et aux soirées que j’ai connues autrefois. L’envie de consommer est très présente dans ma tête. Par moments, je me sens vide, et les drogues reviennent immédiatement dans mes pensées. Après plus de 30 ans de consommation, j’ai parfois l’impression que mon cerveau les appellera toujours.

J’ai toujours eu une très forte tolérance aux produits. À l’époque, je pouvais prendre des quantités énormes sans m’effondrer, ce qui me donnait l’illusion d’être invincible. Aujourd’hui, je sais que les années ont passé et qu’une reprise ou un excès pourrait avoir des conséquences très graves. C’est quelque chose qui me fait peur.

Depuis six ans, je partage ma vie avec un homme exceptionnel qui ne consomme pas. Il m’a énormément aidée à sortir de mes addictions. Il est psychanalyste, mais avant tout un compagnon bienveillant, patient et aimant. Il est présent dans les moments difficiles, supporte mes crises, me soutient et m’accepte telle que je suis. Je mesure chaque jour la chance que j’ai de l’avoir rencontré.

Je n’ai plus envie de retourner vivre dans la rue ni de détruire ce que j’ai réussi à reconstruire. Pourtant, les envies sont là, parfois très fortes. Dans mon esprit, les drogues restent associées à une forme de bonheur immédiat et à un soulagement intense, même si je connais parfaitement l’envers du décor.

Je viens ici pour chercher du soutien et échanger avec des personnes qui ont vécu des situations similaires. Est-il possible, après plus de 30 ans de consommation, de ne plus être constamment attirée par les produits ? Comment gérez-vous ce vide, ces envies qui reviennent malgré les années ?

Merci à celles et ceux qui prendront le temps de me lire et de me répondre.

Dernière modification par Thalie (Hier à 09:00)


ᑕᗩᖇᗩ

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#2 
filousky homme
Modérateur France
Hier à 09:08

Thalie a écrit

Burgodin (barbituriques)

Bonjour et bienvenue Thalie,

Tu as super bien fait de modifier ton post.

Je me permet d'intervenir sur ce détail car j'ai eu à Bruxelles en 1984 une ordonnance de Burgodin par un des toubibs connus pour son aide aux usagers.
Le produit était bien efficace pour éliminer tout signe de manque mais, de retour à Paris, pas de suivi. Il aura fallu attendre 1994 en France pour voir la méthadone distribuée enfin !!

Le Burgodin n'était pas (retiré du marché) un produit barbiturique mais un TSO avec un effet proche de la méthadone mais une durée d'action plus courte et variable selon l'usager. Le produit a été retiré du marché en Belgique.

Cordialement

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Si tu pisses contre le vent, tu risques de mouiller tes sandales !

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#3 
Thalie femme
Nouveau membre France
Hier à 15:59
Merci de m’avoir lu et merci d’avoir pris la peine de me répondre j’espère sincèrement arriver à toucher plus de personnes pour avoir une aide parce que je me sens assez seul dans mon combat

ᑕᗩᖇᗩ

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#4 
avatar
Avalerion
insomnyak sof kan j'dor
Hier à 17:03
Salut Cara,

Thalie a écrit

Est-il possible, après plus de 30 ans de consommation, de ne plus être constamment attirée par les produits ?

Après autant de temps passé en consommant c'est compliqué d'affirmer que les envies disparaitront complétement. C'est un peu devenu le mode par défaut de ton cerveau. Donc des que tu seras dans une situation dans laquelle tu avais l'habitude de consommer alors l'envie risque d'être toujours présentent dans les mêmes contextes. Après on es parfois surpris de la capacité de notre corps a changer donc peut être qu'un jour tout envie disparaitront mais ce me parrait peu probable.

Thalie a écrit

Comment gérez-vous ce vide, ces envies qui reviennent malgré les années ?

Je vais avoir du mal a te conseiller sur ce point, je ne suis pas vraiment dans la même situation mais je penses que d'autres personnes du fofo pourront t'apporter plus d'éléments sur cet aspect.

Par contre ça m'ammène a quelques questions. Est-ce que c'est toi qui a choisi l'abstinence comme mode thérapeutique ? et Pourquoi cette option plutôt qu'une autre ?

Une possibilité pourrait être de reprendre certaines consos dans des contextes contrôler pour éviter d'être hanté par les envies. Je sais que cette option n'est pas adaptée à tout le monde mais si tu penses qu'elle pourrait être bénéfique alors tu pourrais mettre en place un protocole avec ta-on psy et ton compagnon pour te soutenir et prévenir les rechutes. 

Courage à toi
A+


Plonger dans le grand bain de tout est terrifiant mais plutôt amusant au final

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#5 
Mynight femme
Psycho junior France
Hier à 18:22
Thalie, ton message me touche énormément. Tu es la bienvenue ici, et tu as frappé à la bonne porte.
Je voulais te dire simplement que ton témoignage est poignant, on sent vraiment les années à "double face" que tu as vécues, avec d'un côté, des moments inoubliables, un bonheur immédiat (on connaît tous...), mais aussi se gros soucis, qui ont du laisser des marques indélébiles (la prison, devoir avoir à faire avec la justice...)

Et maintenant, une vie remise sur les rails, une reconstruction admirable ( j'espère que tu en es fière!) Et ce craving qui vient te tarauder, te parasiter...
Tu sais, je peux tellement comprendre ce manque, lorsqu'on a vécu des soirées magiques avec certains produits, avec certaines personnes... J'imagine la... Nostalgie si je puis dire, que cela surajoute au craving, déjà si pénible à supporter.
Je te dis cela car pour ma part, j'ai été addict 16 ans au Tramadol, et à des doses très, très élevées à la fin.
Je touchais aussi aux Benzos (surtout le Rivotril en gouttes...) que je pouvais me procurer sans aucun contrôle et sans aucune limite...
Je ne vais pas te raconter toute mon histoire, ce serait bien trop long, mais il est arrivé un moment où je n'ai plus pu me ravitailler à l'œil comme auparavant.
C'est un psychiatre qui me le prescrivait, à hautes doses, mais ma tolérance était très haute, et continuait d'augmenter, ce qu'il me prescrivait ne me suffisait pas, j'arrivais toujours en panique, totalement à sec au bout de 3 semaines à la pharmacie...
C'est devenu invivable, et les événements, le hasard, se sont ajoutés à ce trop-plein, et au bout du compte, j'ai atterri en CSAPA, là où j'aurais du atterrir bien avant, bref.
Depuis, je suis sous 140mg de Méthadone/jour + mes traitements psychotropes que je prends au long cours:
-Venlafaxine 75mg x 4/jour, Anafranil 75mg que je suis en train d'arrêter pour les antidépresseurs.

-Tranxène 40mg/jour + Prégabaline 450mg pour tout ce qui touche à l'anxiété, qui est le symptôme le plus difficile à éradiquer chez moi.

-Ritaline 60mg/jour pour mon TDAH sévère, diagnostiqué adulte, mais qui a évolué et s'est manifesté dès l'enfance puis adolescence, sans que rien ne soit entrepris pour me traiter, ou au moins que je sois examinée. Il m’a rendu la vie très compliquée, et m’a fait rater de belles opportunités avant qu’enfin, on me diagnostique à 30 ans.
La psychiatre spécialisée chez qui j'ai du aller pour obtenir la première prescription (à l'époque, un psychiatre classique ne pouvait pas délivrer une ordonnance de Ritaline, il fallait passer par un psychiatre spécialisé, puis avoir une ordonnance hospitalière. Ensuite, le psychiatre habituel pouvait prendre le relais), donc cette psychiatre n'en revenait pas que je n'aie pas été diagnostiquée plus tôt tant les symptômes étaient bruyants...
Avec l'ensemble de mon traitement, j'ai atteint une sérénité que je ne pensais jamais obtenir. Je n'ai pas de mots pour expliquer à quel point, presque chaque jour, je me dis que ma vie a changé au point de devenir celle que je rêvais d'avoir, sur un plan psychique.
Je peux enfin me projeter, commencer à mettre en place des stratégies pour réaliser des projets qui me tiennent à coeur.

Assez parlé de moi!
Enfin si, tu sais, je prends toujours 130mg au lieu de 140, mais plutôt par terreur absolue de me retrouver en rade, pour une raison ou une autre, malgré le fait que je sois ultra rigoureuse en ce qui concerne mes rdv médicaux et la gestion de mon trait3ment, je me suis donc fait quelques jours "d'avance" au cas où.
Si j'ai bien compris, tu économises 20mg/jour de Métha, si on compte sur 30 jours, ça nous fait du... 600mg..?
Tu peux prendre 600mg en une seule fois sans être dans les choux?girl_witch
Alors attention, je ne tr pose pas cette question par jugement, bien loin de moi cette intention! C'est juste pour connaître ta tolérance.
Pour ma part, si je monte au-delà de 180mg, on me met au lit direct!lol
Tu dis que cela est très problématique... Sois moins intransigeante avec toi-même ma belle! Regardes en arrière, le chemin parcouru!
Rappelles toi d'où tu es partie! Et là où tu es rendue aujourd'hui!smile
Honnêtement, je vais peut-être paraître laxiste, ou inconsciente, mais dans l'hypothèse, je dis bien dans l'hypothèse où tu tolère sans soucis 600mg, si c'est bien ce que tu prends en une seule prise, et si tu as bien du Naloxone tout près de toi, moi, je ne vois pas le problème.

En fait, j'imagine tes épisodes de craving, auxquelles se surabondent une nostalgie des moments merveilleux, magiques que tu as pu connaître sous différentes substances, qui te renvoie à un passé, à des moments révolus, et peut-être, des personnes qui ont beaucoup compté, et que tu ne revois plus actuellement, pour X raisons, et je trouve que ça rend la chose encore plus compliquée, difficile, le genre de truc qui te prend aux tripes.

Pour moi, je trouve, même si je sais qu'il ne faut pas comparer, bien plus facile, du fait que je n'ai pas été consommatrice de produits qui, je le sais, m'auraient rendue dépendante en moins de deux (la cocaïne, et pas que), que je n'ai aucun souvenir lié à des prises récréatives, j'utilisais tout bonnement le Tramadol comme traitement quotidien pour contrer mes angoisses, mon sentiment de vide un peu trop récurrent à l'époque, pour être plus sociable, drôle, performante, pour être, en somme, la meilleure version de moi-même.
Je n'y pensais même plus, je prenais mon Tramadol le matin (j'ai toujours pris la forme LP, à laquelle je rajoutais des comprimés libération immédiate à plusieurs moments stratégiquesde la journée), j'en avais besoin pour démarrer, pour pouvoir fonctionner...
On ne rattache pas à la prise de son antidépresseur chaque matin quelconque souvenir précis. Le produit "se fond", si je puis dire, dans le quotidien.
Il fait partie du décor, des meubles.
En fait, je vais même te dire que les seuls souvenirs que m'inspire le Tramadol sont mauvais.
Je repense immanquablement aux dernières années, qui ont être réellement compliquées pour moi, intérieurement, je passais mon temps à lutter pour ne pas en reprendre, je ne vais pas rentrer dans le détail, je me doute bien que tu connais la chansonnette, hein.

J'ai donc abandonné le Tramadol derrière moi sans le moindre regret pour passer à la Méthadone, qui, soit dit en passant, m’a tout de suite apporté, et m'apporte encore aujourd'hui un bien-être bien supérieur et bien plus "sain" que le Tramadol.
Je n'ai jamais eu l'ombre d'un moment de craving.
Donc encore une fois, je sais bien qu'il ne faut pas comparer, et que chaque parcours est si personnel qu'ils sont incomparables, j'entends bien, mais j'estime que ton parcours, à partir de ta mise sous TSO, a été bien plus difficile que le mien,  et je suis, encore une fois également (je radote, j'en ai conscience:lol:) très admirative.

Et je suis soulagée de savoir que ton homme t'entoure de sa bienveillance, et de son amour, cumulés à son savoir, étant psychanalyste, ce qui est un atout immense!smile

Comment es-tu suivie à l'heure actuelle? As-tu un médecin, psychiatre, addictologue en qui tu as confiance et avec qui tu peux débriefer régulièrement, vider ton sac si besoin?

N'hésites pas, ici, en tous les cas, je n'ai trouvé sur PA qu'aide, infos solides, et bienveillance.smile
Et n'hésites pas non plus en MP.

Passes un super week-end, en espérant lire vite de tes nouvelles.heart Myna

Dernière modification par Mynight (Hier à 18:22)


✨️·˚*Fall seven times, get up eight.*°.✨️

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#6 
Jessiemabrune femme
Nouveau Psycho French Polynesia
Hier à 19:16
Salut Thalie et bienvenue salut ,

Ton message m'a touché.

Est il possible de ne plus être attiré après autant d'années...
Comme le dit Avalerion, au bout d'autant de temps, c'est une route que ton cerveau connait bien et aura tendance à vouloir emprunter par défaut.

Je ne suis pas tout à fait dans la même situation que toi (pas complétement abstinente pour tout) mais au bout de dix huit ans d'arrêt de ma drogue favorite... ben, elle se rappelle encore à moi de temps en temps (héroïne).

Par contre, j'ai constaté que depuis un moment maintenant, elle est d'avantage devenue un fantôme familier qu'une tentation qui tire. (La plupart du temps)

En tout cas, j'espère que tu te sentiras bien ici et que tu n'hésiteras pas à y parler franchement quand tu en as besoin.

Biz'
Prends soin de toi

Respecter quelqu'un, c'est l'accepter comme il est. Pas comme tu voudrais qu'il soit.

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#7 
MarlaAmazone femme
Psycho junior France
Hier à 19:40
Bienvenue sur le forum !!!

Je me retrouve dans ton parcours (j'ai juste réussi à éviter la prison
C'est des témoignages qu'on voit pas bcp sur PA, je me sens moins seule !
École Moi aussi abstinence pendant 5ans sous Métha. J'ai même arrêté le shit.

Sauf que cet hiver exactement le même problème que toi. Énorme craving de Coke. Comme ça d'un coup alors que j'y pensais jamais.
J'ai tenu 3 mois puis j'ai craqué, ça me sortait pas de la tête.

Et depuis ma rechute je cours après une coke que je trouve satisfaisante, (je la fume aussi) et je me prends que des déceptions donc franchement ça valait pas le coup de craquer.
Mais à force d'être frustrée j'arrive pas à m'arrêter de trouver le plan où j'aurais l'effet recherché.
Et comme je suis retombée en plein dedans j'arrive pas à me mettre un stop.


Donc franchement tiens le coup.

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#8 
marnowi femme
psycho-fan France
Aujourd'hui à 15:03
J'espère que d'autres pourront apporter leur pierre à l'édifice et que tu trouveras des réponses à tes questions!

Thalie a écrit

Je voudrais également parler d’un comportement que je n’ose pas toujours évoquer. Mon traitement est officiellement à 100 mg de méthadone par jour, mais je n’en prends habituellement que 80 mg. J’accumule le reste et, lorsque je récupère mon traitement mensuel, il m’arrive de prendre d’un seul coup la quantité que j’ai mise de côté. Je sais que ce comportement est problématique et potentiellement dangereux, mais je préfère être honnête ici. Ce que je ressens alors est un soulagement psychologique extrêmement important, au point que j’attends parfois ce moment avec impatience. Ensuite, je reprends mon traitement habituel à 80 mg par jour.

Salut Thalie,

Et bienvenue sur PA.

Je ne peux pas répondre à ton interrogation car j'ai pour ma part renoncé à l'abstinence après plus de 10 ans.
J'ai de la chance d'être aujourd'hui dans un contexte favorable et stable, et "Personne Usagère de Drogues" fait définitivement partie de mon identité. Je l'ai accepté et je commence même à le revendiquer.
Aujourd'hui je suis en chemin pour parvenir à une consommation qui reste occasionnelle, soutenue notamment par mon conjoint qui était complètement étranger à ce monde jusque là.
C'est pas facile tous les jours et je me prends encore les pieds dans le tapis, mais au moins je ne sens plus cet espèce de vide que je ressentais avant.
J'espère que je vais y arriver. On verra

Donc je ne sais pas si après 30 ans de consommation on peut "ne plus y penser", genre jamais. Mais le cerveau est tellement étonnant...

Je voulais surtout te répondre sur l'aspect "méthadone", pour te dire que je ne trouve pas que ce que tu fais est problématique.
J'ai un plus petit dosage que toi, mais comme toi "j'économise" quelques jours quand je peux, pour pouvoir consommer plus le temps d'une journée. Et comme toi cela m'apporte soulagement.
C'est mon kif à moi puisque je ne consomme plus du tout d'opiacés.

Ce serait "problématique" pour toi si tu n'étais pas stabilisée, mais en dehors de ce petit kif tu suis ton traitement, tu n'as pas de chevauchements d'ordonnance.... Alors où est le problème?
Je vois ça comme une petite soupape de sécurité qui évite les craquages... Et toi, comment vois tu ça et pourquoi estimes-tu que cela est problématique?

Tu "économises" combien exactement par mois? Et tu consommes tout d'un coup?

Il te faut combien pour ressentir ce soulagement dont tu parles?

Je te demande ça parce que mon psychiatre a déjà parlé d'augmenter la méthadone pour jouer sur les cravings.

Du coup, je me demande, si tu économises juste de quoi te faire un ptit kif par mois et que tu prends plus souvent tes 100mg prescrits, peut-être que tu aurais moins de cravings?

Est-ce que tu as une assez bonne relation avec ton addicto pour pouvoir lui parler de tes cravings?


Quelque part sur le chemin

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#9 
MarlaAmazone femme
Psycho junior France
Aujourd'hui à 16:08
Pour rebondir sur les extras de Métha, moi aussi il m'arrivait de le faire.

Je suis descendue à 15mg, mais j'avais bcp de boîtes d'avance avec ma baisse sans surveillance médicale et il m'arrivait de me faire un kiff pour piquer du nez avec 140 voir 170mg de méthadone (que dalle avec mon dosage du début à 120mg, mais à 15mg c'est une bonne dose).

Le problème c'est que je vis chez mes parents en attendant un logement social comme j'ai perdu mon appart en région parisienne. Et ils m'ont capté au repas m'endormir dans mon assiette.
Ils connaissent très bien mes soucis d'addiction, sont très renseignés, se renseignent sur où j'en suis dans ma substitution, bref ils sont très investis, ouverts, tolérants face à mon passé et je leur en suis très reconnaissante. Mais pour eux l'abstinence est l'objectif (et j'étais à fond pour puisque j'ai rechuté dans la coke il y a seulement 3 mois.

Du coup ils m'ont envoyé aux urgences pour vérif si j'avais besoin de Naloxone (pas du tout, ils ont juste gardé en observation la nuit, ils étaient pas inquiets du tout, j'étais consciente et réactive).
Mais depuis cet épisode, ma mère à négocié pour superviser mon traitement (j'ai bcp de médocs car j'ai un handicap psy à côté. Ils ont le statut d'aidant familial auprès de la MDPH avec mon accord, donc même si c'est infantilisant, ils sont dans leur rôle).

Du coup ma mère me donne mon pilulier chaque jour.

Idem avec la Ritaline (une sorte d'amphétamine pour les hyperactifs) je consommais tt mon traitement sur 2 jours. Du coup j'étais à donf tt les mois et mon comportement (enfermée dans ma chambre, repas loupés, communication évitée) elle se posait bcp de questions. Un jour elle a vu dans ma chambre tt les boîtes éparpillée alors que je leur disait que j'étais plus sous Ritaline... Ben rebelote : supervision du traitement et plus d'extras possibles.

Bon ça me fait un peu chier, mais je l'accepte vu que c'est juste de la bienveillance et une volonté de soin.
Si j'étais autonome et que je vivais seule, je pourrais leur dire c'est ma vie. Mais là je suis sous leur toit, sans eux je serai à la rue, donc je considère que je peux pas me comporter comme une ado qui se défonce sous le nez de ses parents et s'attend à ce qu'ils l'acceptent.

Je fais des extras de coke qd même, mais je sais qu'à tt moment, je peux me faire griller donc ça va peut être pas durer longtemps.

Mais comme je me sens comme une merde de faire ça chez eux et que je leur doit tout en ce moment, je considère pas ça comme un comportement toxique ou abusif, juste comme un comportement de parent.

Voilà pour mes petites aventures.

PS : j'ai vraiment honte d'avoir du retourner chez mes parents à 40ans, donc je me mets vraiment à nu sur un sujet qui m'est difficile.
J'espère que ça ne rabaissera pas l'estime que vous pouvez avoir de moi sad

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#10 
avatar
miawallace222 femme
Psycho junior France
Aujourd'hui à 17:00
Arrête Marla ça arrive à tout le monde d’avoir un coup dur et de retourner chez ses parents et on est bien contents qu’ils existent !!! si tes parents sont tolérants avec ta conso c’est top

Pour pas te faire griller si tu consommes dehors mais c’est tout simple tu prends un benzo avant de rentrer et ça va bien te calmer la chique !


Thalie  je peux pas te répondre j’ai jamais arrêté plus de deux mois et j’ai pas envie. Seule exception serait la grossesse…

Courage t’as de la chance d’être bien entourée

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