L'amour inconditionnel, c'est quelque chose d'extrêmement puissant, et peu courant.
Il faut dire que malheureusement, ça n'est pas quelque chose qu'on apprend, ni qu'on voit de manière assez courante pour pouvoir s'en inspirer.
Souvent quand on regarde autour de soi, l'amour semble terriblement conditionnel, et ce dès l'enfance. Conditionné à tout un tas de chose: notre comportement, le fait d'être "sage" ou pas, de ramener des bonnes notes ou pas, de répondre aux attentes ou pas.
Ca n'est pas donné à tout le monde de pouvoir offrir de l'amour inconditionnel, ni même de le recevoir tant on n'a pas l'habitude.
On devrait peut-être commencer par se l'offrir à nous mêmes cet amour là, on en a tant besoin. mais même ça c'est difficile.
Quand je me débats avec mon addiction, tout le process d'auto-stigmatisation m'empêche de m'accorder cet amour là. Je n'arrive pas à gérer mes consos donc je ne suis pas "aimable". Je suis une droguée donc je ne suis pas "aimable". Je n'arrive pas à faire ce que je voudrais, je ne suis "pas à la hauteur", je suis "nulle" même, et donc je ne suis pas "aimable". Et si je n'arrive pas à m'aimer moi-même, qui donc le pourrait?
C'est terrible parce que ce désamour est un puissant carburant pour le cercle vicieux de l'auto-stigmatisation et la dévalorisation de soi.
Alors que l'amour inconditionnel est un encore plus puissant carburant du cercle vertueux opposé.
Mais il est une catégorie de personnes pour qui l'amour inconditionnel est une évidence: les enfants.
Hier, j'ai à nouveau fait cette expérience aussi incroyablement réconfortante qu'étonnante: se sentir au fond du fond, happée par les idées noires et la haine de soi.
Et puis une de mes filles arrive, et m'offre cet amour inconditionnel sur un plateau, avec un naturel déconcertant.
Comme une lumière dans la nuit noire.
Apaisement immédiat, et gratitude.
Merci ma fille de me montrer si simplement la voie quand le noir me fait perdre tous mes repères, même les plus élémentaires.
Marnowi.