Aujourd'hui je retrouve un dessin que j'avais fait pendant les vacances de Noël, alors que j'étais en pleine perte de contrôle de ma conso.
Des fois on pense connaître un produit parce qu'on le consomme beaucoup, mais on peut se méprendre sur certains aspects.
Lors d'une discussion avec ma pote L., passionnée de prods et de tout ce qui touche aux consos, j'ai appris que le
coke ne fonctionnait pas comme les
opiacés en termes de risques. On n'avait pas juste une courbe linéaire "plus la dose augmente plus le risque augmente", et il y avait des risques potentiels même avec une trace par exemple.
Je n'ai pas su quoi faire de cette info dans ma situation, jusqu'à ce que je la "relativise", en décidant que c'était surtout pour ceux qui en prenaient peu que cette info changeait quelque chose.
Il s'agissait juste d'une conversation entre amis, rien à voir avec une discussion sur moi et ma conso, mais ça m'a aidé à me rendre compte à quel point l'info seule pouvait ne pas aider en prévention ou en
RdR.
En formation, on explique souvent qu'il y a 3 types de prévention. L'une cherche à dissuader avec des infos choc, la seconde est purement informative, la 3e est expérientielle, on part de la personne et de là où elle en est.
En tant que telle, cette info ne m'a pas "aidée" à reprendre le contrôle, ni à diminuer. J'ai eu un peu de stress en plus quelques fois qui ont suivi, j'avais le truc en tête, mais c'est tout. Disons que ça a amélioré ma culture générale tout en générant une pointe d'inquiétude!
En revanche, ma pote L m'a aussi accompagnée dans cette phase que j'ai eu, sans jugement ni attentes. Elle m'a guidée et corrigée dans mes gestes pour des injections plus
safe, elle a su m'ouvrir des espaces
safe pour moi, ma conso et mes questionnements. Elle était là si j'avais besoin de parler., et respectait les moments où je n'en n'avais aucune envie.... Et tout cela a contribué à me sentir plus en sécurité, moins stigmatisée, pouvant expérimenter et vivre cette phase, à mon rythme.
Aujourd'hui je sais que ça a contribué aussi à en sortir, de cette phase.
J'entends souvent dire que tout le monde peut faire de la prévention, et qu'on peut au moins donner des infos objectives.
Je ne suis pas d'accord.
Et ce n'est pas une question d'opinion.
Des tas d'études ont montré que la seule approche qui vaille en prévention c'est l'expérientielle, et que pour les 2 autres, au mieux c'est sans effets, au pire ça a des effets délétères.
Donc des infos oui, mais pas que, et pas n'importe comment. Ca peut tout changer.
Je n'ai pas revu ma pote depuis que je vais mieux, parce que c'est à son tour de traverser des choses compliquées et que pour l'instant elle est mieux sans personne autour d'elle. Je n'ai pas eu l'occasion de la remercier de vive voix, en attendant je le fais avec ce post.
Prenez soin de vous,
Marnowi.