Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans la manière dont notre société traite les personnes qui vivent avec un
TDAH, des addictions, ou des parcours de vie cabossés. On nous parle d’aide, de dispositifs, de “prise en charge”, mais derrière ces mots se cache souvent une réalité beaucoup plus froide : le contrôle, la suspicion, la réduction de l’humain à un dossier.
Je le vois dans ma propre trajectoire actuelle. Je suis en transition, entre la côte d'Azure et la MARNE , cherchant un logement stable pour retrouver ma fille, reconstruire une vie digne, et continuer mon travail de coach, de médiatrice, de créatrice d’outils psychoéducatifs. Et pourtant, malgré mes compétences, ma lucidité, ma capacité à transformer l’adversité en ressources, je me heurte à un système qui ne sait pas quoi faire des personnes qui pensent trop, ressentent trop, ou vivent hors des cases.
Le
TDAH, on le tolère tant qu’il est “productif”.
Les addictions, on les juge tant qu’elles ne sont pas “rentables”.
La précarité, on la moralise tant qu’elle ne dérange pas l’ordre établi.
Ce que personne ne dit, c’est que beaucoup d’entre nous ne manquent ni de volonté, ni d’intelligence, ni de courage. Ce qui manque, c’est un environnement qui ne nous infantilise pas, qui ne nous pathologise pas, qui ne nous réduit pas à nos symptômes ou à nos erreurs passées.
Je refuse qu’on me regarde comme un problème à résoudre.
Je refuse qu’on m’explique ma vie comme si je ne la vivais pas de l’intérieur.
Je refuse qu’on me parle de dignité comme d’un privilège alors que c’est un droit.
Ce blog est aussi un acte politique.
Un refus de disparaître.
Un refus d’être définie par les moments où j’ai chuté plutôt que par ceux où je me suis relevée.
Je crois profondément que les personnes neurodivergentes et celles qui ont traversé des addictions portent une intelligence particulière du réel : une capacité à sentir les failles, à comprendre les mécanismes invisibles, à survivre là où d’autres s’effondreraient. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une compétence. Une ressource. Une force.
Mais pour que cette force puisse exister, il faut qu’on nous laisse respirer.
Qu’on nous laisse exister sans nous surveiller.
Qu’on nous accompagne sans nous écraser.
Qu’on nous écoute sans nous diagnostiquer à chaque phrase.
Je ne demande pas la perfection.
Je demande la reconnaissance.
La possibilité d’être une femme en reconstruction, une mère en mouvement, une professionnelle compétente, une personne complexe — sans devoir me justifier à chaque pas.
rappel :
Nous ne sommes pas des dossiers.
Nous ne sommes pas des risques.
Nous ne sommes pas des anomalies à corriger.
Nous sommes des êtres humains en chemin, et notre chemin mérite d’être regardé avec respect.
TDAH & Addiction