Le CHEMSEX (chemical and sex), c’est quoi ? C’est une pratique qui associe les relations sexuelles à l’usage de produits psychoactifs. Elle est particulièrement observée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH).
Les soirées chem peuvent durer de quelques heures à tout un week-end. Cette pratique vise souvent à faciliter les interactions, augmenter les performances sexuelles et favoriser la désinhibition.
Les produits utilisés sont le plus souvent des
NPS (par exemple la
3-MMC /
4-MMC), du
GHB/GBL, de la
cocaïne, de la
kétamine, du
poppers et d'autres produits psychoactifs, sans oublier une possible association avec l’alcool.
Les modes de consommation peuvent être le
sniff, l’inhalation, le
plug (pratique de l’injection anale) ou le
slam (injection).
Les personnes pratiquant le
chemsex peuvent pratiquer de manière très occasionnelle ou régulière, selon des modalités qui leur sont propres. Les fréquences de pratiques varient d’une personne à une autre, il n’y a pas de fréquences “types”.
Que peut recommander le CAARUD aux personnes pratiquant le chemsex ?
Dès le début de la pratique, certaines questions sont importantes à se poser :
- S’assurer de la propreté des lieux et des espaces de consommation.
Si les produits sont disposés sur une table, vérifier qu’elle soit propre et utiliser, si possible, un plateau dédié.
En cas de pratique du
slam, s’assurer également de la propreté du matériel : utiliser du matériel stérile à usage unique (seringues, aiguilles, filtres, cupules, pompes, tampons alcoolisés…), disposer d’un collecteur DASRI et ne jamais partager le matériel.
- Penser aux basiques de
réduction des risques : s’hydrater régulièrement, manger (bonbons ou des choses sucrées), dormir quand c’est possible (si c’est possible), faire des pauses, aérer les espaces, utiliser des préservatifs sur soi et sur les sex-toys s’il y en a, du lubrifiant, et si possible tester les produits auparavant.
- Ne pas mélanger certains produits par exemple le
GHB ou la
Kétamine avec l’alcool
- Avoir une personne de confiance si possible : capable de veiller sur les personnes présentes : faire attention aux consommations, à l’espacement des prises, aux mélanges (par exemple
GHB/alcool). Cela peut permettre d’assurer le consentement de chacun sur la durée du plan.
Lors de nos accompagnements, nous sensibilisons aussi les personnes à surveiller la fréquence des pratiques. Dans certains cas, ces pratiques peuvent rester occasionnelles et sans impact sur le reste de la vie. En revanche, lorsque la pratique se renforce (augmentation des doses ou de la fréquence), certaines problématiques reviennent régulièrement, notamment :
« J’ai du mal à gérer la redescente » : nous observons parfois l’usage de
benzodiazépines en fin de week-end pour gérer la chute de
dopamine.
« J’ai du mal à avoir des relations sexuelles sans produit »
« Je n’arrive plus à avoir de relations sexuelles sans produit, ni même à me masturber »
« J’accepte parfois certaines pratiques en milieu de week-end que je n’aurais peut-être pas acceptées au début »
Si ce sont des choses que vous avez dits ou auxquelles vous avez pensé, n’hésitez pas à en parler.
Le CAARUD de Tours propose des
permanences tous les
premiers jeudis du mois, de 18h à 20h. Ces permanences s’appuient sur des valeurs importantes : anonymat, bienveillance, absence de jugement et le « ici et maintenant ». Cela signifie que vous pouvez venir avec une vision, des questionnements ou des demandes à un instant donné, et que tout cela peut évoluer.
Lors de ces permanences, il est possible de :
- Récupérer gratuitement du matériel de
Réduction des Risques liés aux drogues ou au sexe (seringues, aiguilles (de toutes les tailles pour s’adapter à votre corps et à votre capital veineux), matériel de désinfection, préservatifs externes, internes, digue dentaire, kit fist).
- Discuter de vos pratiques si vous en ressentez le besoin ou l’envie.
- Être écouté et accompagné.
- Analyse de produit : sur le
CAARUD, il est possible de récupérer du produit (une grosse pointe de couteau) pour l’envoyer à analyser. Pour ce faire, il existe deux modes de test :
Analyse ton prod’ : analyse qualitative, nous pouvons dire ce qu’il y a dedans mais pas en quelle quantité. Par exemple : si on analyse de la
cocaïne, le résultat pourra dire si c’est de la
cocaïne ou non et s’il y a des produits de
coupe, mais pas à quel pourcentage. Le résultat prend 3 jours à 1 semaine.
SINTES : analyse qualitative et quantitative, les résultats prennent entre 1 et 3 mois. Ce mode d’analyse nécessite qu’il y ait eu un problème pendant la consommation du produit :
“J’ai acheté de la 3 MMC mais en la consommant je n’ai pas eu l’effet escompté, maux de tête violents, vomissements, perte de connaissance.”
“J’ai acheté de l’héroïne, mais ça ne m’a strictement rien fait, aucun effet.”
N’hésitez pas à nous contacter:
- Sur nos réseaux sociaux, instagram/Facebook : aides37_caarud
- Sur notre téléphone
CAARUD au 07.62.93.22.76
Vous pouvez également venir directement dans nos locaux au 310 rue d'Entraigues,37000 TOURS nous serions ravi.e.s de vous accueillir !