Théorie psycho-bizarroides vous avez dit ? (Et autres billets d'humeur)

Catégorie : Expérimental
16 mars 2026 à 19:31

#altération de conscience #gueulantes #Neurodivergence #théorie
Il y a quelques années, je me suis bêtement demandé comment ça se fait que certains soient curieux vis à vis de la came et d'autres pas du tout.

Alors oui, bien sûr, le contexte, l'histoire personnelle, l'environnement social, l'accès facilité (ou pas), ça joue.

Évidemment.

Mais je trouvais ça un peu simpliste comme explication.
Et comme à chaque fois que je me pose une question bizarroïde, mon cerveau à commencé à brainstormer tout seul.

Encore.

Bref, au final, je me retrouve avec une petite théorie psycho-existentielle bizarroïde (à moins que ça relève de l'ethnologie ou de la sociologie, franchement, à ce niveau là, je ne sais même plus), que voici.

Et si ça parle à quelqu'un, je serais curieuse d'avoir son avis.



Théorie des Incandescents

Neuroatypiques archaïques dans un monde de fermiers

(ou comment certains cerveaux semblent avoir raté la mise à jour “société agricole 2.0”)



Principes de base

1. L’existence humaine n’a pas de sens objectif universel.
   Désolé pour la grande mission cosmique. L’humanité est simplement une espèce animale un peu trop consciente d’elle-même.

2. Pour survivre, une société doit organiser la coopération : produire, transmettre, maintenir un minimum d’ordre pour éviter que tout le monde se tape dessus avant mardi.

3. La majorité des humains possède un profil cognitif assez bien adapté à ce fonctionnement collectif.
   Une minorité, en revanche, semble avoir reçu une configuration légèrement différente. Rien de dramatique… sauf quand il faut vivre dans une société construite pour les autres.



Le récit nécessaire

Toute société repose sur une histoire collective.

En gros :
la vie doit servir à quelque chose, il faut être utile, participer à l’effort commun, contribuer au maintien du groupe.

Ce récit agit comme une charpente psychologique.
Il permet à des millions de personnes de coopérer sans remettre en question le système tous les matins au petit déjeuner.

Dans ce cadre, on explique souvent à l’individu qu’il a contracté une dette envers la société dès sa naissance.

Rien de personnel. Juste la version moderne de ce que Étienne de La Boétie appelait déjà la servitude volontaire.

Pour la majorité des gens, ce récit fonctionne très bien.
Il donne du sens, de la stabilité… et accessoirement une bonne raison de se lever le lundi.



Une minorité réfractaire au récit

Et puis il y a les autres.

Ceux qui ont une légère difficulté à avaler les récits collectifs sans les démonter mentalement au passage.

Ceux-là ont tendance à :

- analyser les structures sociales avec une distance presque gênante
- poser les mauvaises questions au mauvais moment
- préférer l’intensité, la compréhension ou l’exploration à la stabilité tranquille

Dans cette théorie, ces profils sont appelés Incandescents.

Pas parce qu’ils seraient supérieurs.
Juste parce que leur cerveau semble fonctionner un peu plus près du feu.



Une hypothèse évolutionniste

(piste de réflexion, pas vérité gravée dans le marbre)

Certains chercheurs comme Thom Hartmann ou Joseph Polimeni ont suggéré que certaines variations cognitives pourraient être des restes adaptatifs d’environnements anciens.

Petit rappel : pendant environ 99 % de l’histoire humaine, nous étions des chasseurs-cueilleurs.

Dans ce contexte, différents tempéraments pouvaient être utiles :

- curiosité extrême et recherche de nouveauté → éclaireurs, chasseurs
- tolérance à la solitude → artisans, pisteurs, marginaux utiles
- sensibilité aux symboles et aux états modifiés de conscience → rituels, chamans, ceux qui parlent aux esprits (ou au moins aux hallucinations)

Il est possible que certaines configurations aujourd’hui qualifiées de neurodivergentes aient eu leur utilité dans ce genre d’écosystème.

Puis l’agriculture est arrivée.
Avec elle : la routine, la stabilité, les calendriers, la gestion des stocks… et les premières sociétés de fermiers organisés.

Les mêmes traits qui pouvaient être utiles dans un monde nomade peuvent alors devenir… disons un peu plus compliqués à loger dans un open space.

Encore une fois : hypothèse. Pas verdict scientifique.



Neurodivergence et perception du monde

Certaines caractéristiques associées à la neurodivergence (concept popularisé notamment par Judy Singer) peuvent favoriser une relation un peu particulière au monde :

- reconnaissance de patterns très rapide
- pensée associative qui part dans trois directions à la fois
- radar interne pour détecter les incohérences sociales
- difficulté chronique à faire semblant quand quelque chose paraît artificiel

Ces traits ne sont pas une condamnation.

Mais ils peuvent créer un léger décalage permanent avec un monde très attaché à la conformité et aux conventions.



L’effet Internet

Pendant longtemps, les personnes portant ce type de profil pouvaient traverser leur vie avec une conclusion simple :

“je dois être un peu cassé.”

Puis Internet est arrivé.

Et soudain :

- accès massif à l’information
- concepts de neurodiversité accessibles
- communautés entières de gens qui disent “attends… toi aussi ?”

Beaucoup ont découvert que ce qu’ils pensaient être une anomalie individuelle ressemblait en réalité à un pattern partagé.



Trois stratégies possibles

Quand on réalise qu’on est légèrement décalé par rapport au système dominant, plusieurs trajectoires apparaissent.



1. L’intégration lucide

Certains restent dans les structures classiques tout en gardant une conscience assez claire du théâtre social.

Ils jouent le jeu.
Mais ils savent que c’est un jeu.



2. Le détournement du système

D’autres préfèrent bricoler leur propre place :

- entrepreneuriat
- création artistique
- recherche indépendante
- micro-communautés

En gros : rester dans la société, mais changer les règles du plateau de jeu.



3. La rupture partielle

Enfin, certains réduisent drastiquement leur participation au système.

Mode de vie plus marginal, plus autonome… avec juste assez d’interaction avec les institutions pour éviter la prison ou l’internement d'office.

Le minimum syndical, en somme.



Une métaphore

Dans cette grille de lecture, la société moderne ressemble beaucoup à un monde conçu par et pour des fermiers :

- stabilité
- organisation
- production régulière

Les Incandescents, eux, ressemblent davantage à :

des éclaireurs, des pisteurs ou des chamans sans tribu.

Des profils qui avaient probablement leur place dans d’autres contextes… mais qui se retrouvent aujourd’hui coincés dans un système optimisé pour autre chose.



Rappel :

Une grille de lecture possible, pas une révélation divine.

Cette théorie ne prétend pas tout expliquer, loin de là.

C’est simplement une carte possible pour comprendre certains décalages cognitifs et existentiels. (et certaines curiosités par franchement socialement avouable comme par exemple "et si je mélange X et Y, est-ce que je vais avoir l'impression de comprendre le langage des arbres ou juste mon fonctionnement inconscient ?")

Pour certains, ça ne dira rien du tout.

Pour d’autres, ça ressemblera peut-être à quelque chose qu’ils connaissent déjà.

Et parfois, le simple fait de pouvoir mettre un nom possible sur un ressentis suffit à se dire :

“ah… donc je ne suis peut-être pas le seul à voir ça.”

Ce qui, dans un monde de fermiers très occupés, est déjà pas mal.

Commentaires
#1
Blow
Nouveau membre 
17 mars 2026 à 07:52
Merci d'avoir développé ta pensée , ça me parle bcp cette grille de lecture. Go voir les références sur la neuro divergence. Bonne journée . Blow


Coup de gueule du soir


Ben voilà. Ça devait arriver.
Gendarmes en tenue d'intervention lourdes (ils s'imaginent prendre d'assaut quoi exactement ? La forteresse de Pablo Escobar ?)
Et la presse qui se régale
"vaste coup de filet", "démantèlement d'un réseau international d'Ice".
Ouais.
...
Les noms ont commencé à tourner quelques heures plus tard.
Les réactions aussi.
Et pour moi, la colère à commencé à monter.
Les commentaires "bien pensants" ?
"Faut les condamner à vingt ans".
"Mettez leur perpet''."
Ils ont la mémoire courte.
...
Le gars qui a fait construire sa maison l'an dernier, quand les pipes tournaient sur son chantier, ça sentait pas le paka, hein ? Mais à ce moment-là, il n'a rien dit. Les travaux avançaient vite. Il était content.
...
Et la taati (mère de famille) qui fait des cookies dans sa cuisine pour aller les vendre dans la rue quand faut payer l'eau ou l'électricité, qui les lui achetait toujours ses gâteaux ? Pour ne pas lui faire honte, pour qu'elle garde sa dignité, pour qu'elle n'ait pas l'impression que c'était de la charité ?
...
Et la cagnotte pour le pêcheur dont le bateau avait coulé ?


Mais ça encore, c'est pas grave.
C'est rien en fait.
Juste la nature humaine.
...
Ce qui me fout la rage ce soir, c'est de voir que les mecs qu'ils ont embarqué, je vois très bien qui c'est.
Les trois quarts ? Ils vivent dans des cabanes, avec des murs en tôle et du gravier sur le sol.
L'eau courante ?
Oui, il y a : un robinet dehors, près de la porte.

Alors leur grande opération de lutte "anti ice"... s'ils y croyaient vraiment, c'est du côté des mecs de la douane qu'ils regarderaient, ou de l'Assemblée peut-être, pas dans les bas quartiers des îles.

Foutue hypocrisie.

Alors, je vais continuer de tenir mon masque.
Observer.
Écouter.
Bien fermer ma gueule.
Ne pas dire ce que je pense.
Mais ce soir, quand il fera noir et que la maison sera silencieuse, je crois que je vais me servir un rhum, ou peut-être deux ou trois, pour ravaler cette foutue boule de colère qui me bouffe la gorge.

Bref, c'était le petit coup de gueule du jour.


Ps : si ça te parle, Blow, tant mieux. C'est juste une théorie psycho-bizarroides, à creuser, modifier, ou peut-être complètement délirantes


Salut Jessiemabrune.,
Moi aussi,il y à un an,je n'en pouvais plus de ce masque..
Il n'est peut-être pas aussi lourd à porter que le tien.,
Je sais que c'est très satisfaisant de pouvoir écrire ce que l'on pense vraiment,sa décharge de toute ces émotions.,
Surtout ici,sur PA, où tu ne seras pas jugée,et entendue avec bienveillance., moi,je m'y sent très bien entourée.
Bienvenue sur Psycho !
Tu à bien fait d'ouvrir ce blog.
Je suis curieuse de lire tes opinions, pensées,car tu as l'air d'avoir du vécu et de l'expérience sur la nature humaine..
À bientôt sur PA!


Salut Bandy Pikdublazz,

Merci.

Oui, j'ai l'impression qu'ici, les échanges sont ouverts et bienveillants, comme tu le dis. C'est rare (rarissime en fait).
Par contre, je vais éviter de multiplier les coups de gueule. Pas bon pour l'ambiance


Bon, bon, bon, méga fou rire aujourd'hui, retenue de justesse.

En ce moment, on est entre les deux tours des élections des Tavanas (les maires). Hyper important ici. Sujet discuté partout, à tout bout de champ.
Ça discute. Ça s'engueule. Normal.

Bref, une discussion aujourd'hui, près du marché.
Sujet ?
"Il n'y a que les idiots qui touchent à la droooogue, il faut être un imbécile congénital pour faire une connerie pareille".
Moi, masque social bien en place, en train de faire la queue, grosse concentration pour ne pas grincer des dents.

Je vous jure que j'ai vraiment essayé de ne pas écouter la suite.
Vraiment.
Et puis il y a eu LA phrase.
Celle qui a failli m'arracher un fou-rire monumental.

"De toute manière, c'est facile, y a qu'à voir les intellectuels. Ce sont des gens intelligents et ils ne touchent pas à ces trucs là, eux" (J'ai traduit grosso modo puisque c'était en sabir local)

"Les intellectuels ne touchent pas à ces trucs là, eux."...
Ah boooon ?

Voyons, voyons.
U_THIN
Et si on parlait de Sartre et de son litre d'alcool par jour ou de son trip sous mescaline ?
Ou de Freud et sa coco ?
Nietzsche et l'opium ?
Baudelaire et Théophile Gautier avec leur club des Hashashins à Paris ?
Francis Crick et le LSD ?

Mais vous avez raison monsieur, aucun intellectuel n'est assez "stupide" pour toucher à de la droooogue.
Ça ne s'est jamais vu.
Jamais.

Excusez moi, je vais boire un verre d'eau avant que mes enfants me demandent pourquoi je ricane toute seule devant mon écran.


#6
Blow
Nouveau membre 
21 mars 2026 à 07:35
Bonjour jessemabrune,

Ton dernier message me fait réagir car, si je n'ai pas du tout le même parcours , je réside dans la grande ruralité, avec ces espaces étendus de champs, de verdure, de collines ou au loin, des îlots surgissent parfois des hameau de qqs maison ou des villages isolés. Ds ces villages des paysans, fils, petits fils d agriculteurs. Tous se connaissent, et ils connaissent tout.

L etiquetage est ici aussi très présent, que les neos-ruraux s intègrent ( a la première crise, les derniers arrivés prennent chers en dysqualification sociale ), ou qu ils choisissent d être avec eux mêmes, isoles a leur tour, ils seront qualifiés de "distants", "sauvages" et "spéciaux".
N est on pas toujours l etranger de quelqu un?

Tes récits me font penser a l anima:

Dans sa psychologie analytique de Carl Gustav Jung, le mot latin désigne la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Le moi peut facilement s'identifier à la persona, conduisant l'individu à se prendre pour celui qu'il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement.
Dans ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de Donald W. Winnicott. Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l'identité réelle de l'individu."


Bien que nécessaire pour interagir avec le monde extérieur, la persona peut être considérée comme une façade, souvent influencée par les attentes sociales, qui peut masquer la véritable nature de l'individu et entraver la compréhension de soi"

in https://fr.wikipedia.org/wiki/Persona_( … nalytique)

Pour ma part, dans ce village gaulois aux personnages tellement rigides qu'ils en deviennent caricaturaux, j ai essayé d être "moi même " ( sans évoquer qqs conso que ce soit, bien entendu) mais avec une infinie envie de reconnaissance. Jy ai laissé des plumes. Je me rends compte aujourd'hui que l importance du regard de l autre m'est primordial et il vaut mieux chercher a s' en défaire. Alors peut être maintenant je resterai de ce côté : sauvage et distante, car je suis incapable de faire semblant.

Dans le même sens, J apprécie bcp cette image :
Elle traduit la pensée de Jung .  quelle fraîcheur de voir presque se révéler d autres dimensions smile

processus-individuation-selon-frederic-lenoir.pdf

Bonne journée à tous

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