Si j'ai pu remarquer une chose lors de ma dernière phase réellement hypomaniaque,lorsque je multipliais les rencontres, les sorties, à m'en étourdir, (moi qui n'avais jamais été pourtant un animal nocturne, et qui ne l'ai d'ailleurs plus jamais été après cette période si particulière, qui a duré de septembre 2015 à fin Janvier 2016), c'est que les gens m'ont toujours énormément parlé. Si facilement.
Sans même parler du microcosme de la nuit, j'ai toujours gardé cette sorte de pouvoir.
Pas au sens "puissance", ou ascendant sur les autres.
Je parle de pouvoir, de ceux qu'ont les fées, et aussi ceux qui ont une personnalité passionnante, une aura éblouissante.
Je parle et me décris très souvent, il faut que vous le sachiez, par le prisme du manque de confiance en moi qu'il me reste encore après toutes ces années de combat: mais pourtant, non, vraiment, je ne me sens pas comme appartenir au type de personnes ultra solaires. Qui attirent à elles toute la lumière.
De ceux qui accaparent toute l'attention, l'intérêt, les interrogations du type "Mais comment fait-il/elle?", "Qu'est-ce qu'il/elle a de plus?"
L'apanage de ceux qui attirent à eux tout les regards, l'intérêt de chacun, et qui semblent bien trop élevés, "au-dessus", pour que l'on ose leur adresser la parole aisément, comme on le ferait avec n'importe qui, avec le tout-venant.
Mais ceci dit, je dois reconnaître une chose: les gens me parlent, (peut-être justement parce que je fais partie du tout-venant, tiens), ils me parlent vite, et m'ouvrent leur âme.
Sans même que j'en ai forcément l'envie.
Durant la fameuse épopée de fin 2015 début 2016, cela s'est particulièrement exacerbé.
Du fait que je sortait beaucoup.
(Je sortais à des rencontres entre HPI, une catastrophe ambulante, soit dit en passant, et je sortais tout court. Avec d'autres HPI, mais pas que.)
Le même scénario se répétait presque systematiquement: à chaque virée dans un bar ou en soirée, je finissais par tomber, par me rapprocher de quelqu'un qui se confiait à moi, alors que quelques heures auparavant, nous ne nous connaissons ni d'Adam ni d'Ève.
La plupart du temps, ça allait très loin, parfois jusqu'à ce que l'on me chiale dans le giron, après une vidange en bonne et due forme.
Et de façon répétitive aussi, venait le petit laïus:
"Je te jure, c'est la première fois que je dis tout ça à quelqu'un... je sais pas pourquoi... vraiment. Je crois que tu m'as mis(e) ensuite confiance!"
Toute la confiance que moi, je n'avais pas. Ni en moi, ni en personne, excepté M.
M aura et fera toujours exception à la règle, toute cette confiance m'était donnée sans la moindre hésitation par des inconnu(e)s.
Ce laïus m'est servi systématiquement, comme si mon/ma confident(e) ressentait le besoin urgent, à l'issue de sa confession, de se donner une contenance, réalisant à quel point il/elle était parti loin dans son/sa confession, à quel point il/elle s'est vidé(e), de s'en excuser, et la nécessité qui semblait en découler: se justifier.
Ce que je n'ai jamais, pourtant, envoyé comme message à mon interlocuteur/trice de passage, jamais je n'aidonnématière à se sentir honteux(se), loin de là.
Je pense sincèrement ne jamais avoir envoyé quelconque signaux de ce genre, bien au contraire, réconforter, j'ai ça dans mon ADN.
Mon empathie naturelle me fait me sentir proche de cette personne que je ne connais que depuis quelques heures, et dont je connais pourtant les tréfonds de sa vie, le genre de chose que l'on préfère cacher consciencieusement une vie entière. Je les remerciais toujours infinie du cadeau qu'ils me faisaient: leur confiance.
Mais la réaction de ces personnes est normale. Se livrer à une inconnue doit faire se sentir tellement... vulnérable.
Terriblement exposé(e).
Moi-même n'imagine pas une seconde me livrer à quelqu'un que je ne connais pas, j'attends au contraire, des années, et qu'une amitié indéfectible se soit créée pour m'épancher.
Et encore, personne ne sais absolument toute la vérité concernant certains passages de ma vie. Les psys que j'ai vus, en saventlégèrement plus, surtout le dernier, décédé il y a deux ans et demi, à 57 ans.
Et même si il m'a suivie durant près de 8 ans, et pour autant, je n'ai jamais pu savoir de quoi il est parti.
Cela m'a minée, au début.
Et aujourd'hui, cela reste une question qui revient de temps en temps danser sa ritournelle sous mon crâne. Elle me fait me dire: "mais bouges toi le derche, ma vieille, c'était un psy Parisien, tu dois forcément pouvoir savoir, d'une façon ou d'une autre, réussir à retrouver quelqu'un qui le consultait aussi!"
Et pourtant, je ne suis pas douée dans le domaine du fouinage (et fièrede ne pas appartenir à la catégorie des fouineurs professionels, qui se servent du ́et comme terrain de chasse), je n'ai encore rien deniché sur le sujet.
Je ne m'en suis sûrement pas donné les moyens, aussi.
Mais quels moyens? Chercher ses autres patients dans l'immensité de la toile?
Par où commencer, où aller farfouiller?
Je sèche, je sèche réellement.
Malgré le fait que ne pas savoir de quoi est brutalement parti, un homme de 57 ans, qui me gardait toutes les 2 à 3 semaines plus d'une heure dans son cabinet à débriefer, ne me hante pas, je n'irai pas jusque-là, mais me taraude.
L'idée, l'interrogation plutôt, vient très régulièrement taper à la porte de mon cerveau déjà en surcharge nette, en tachypsychie permanente, afin de s'immiscer parmis toute l'immensité de ce qui gravite déjà en moi.
Je me sens ridicule, idiote, de ne pas encore avoir déniché cette information. Vraiment.
Depuis cette fameuse époque de 2015/début 2016, je n'ai plus jamais déclenché d'hypomanie.
C'est très bizarre, ces hypomanies, d'ailleurs.
Je ne souffre par ailleurs d'aucun trouble de l'humeur.
Je pense qu'elles ont été initiées et maintenues par les abus et mélanges de
psychotropes, auxquels j'avais un accès illimité et permanent à l'époque.
Depuis 10 ans, depuis que justement, je n'ai plus cet accès illimité et quotidien, comme par hasard, je n'en ai plus jamais déclenché une...
Par chance, mon humeur a toujours été facilement stimulable vers le haut.
Jamais vers le bas.
Avec mon traitement actuel, il s'en faudrait de pas grand chose pour que mon humeur bascule dans cet état dont j'ai très longtemps eu la nostalgie, mais plus aujourd'hui.
Mon humeur est à un niveau très très enviable pour n'importe qui ayant mon parcours global. Mon parcours de vie, et mon parcours d'abus médicamenteux, surtout de
Tramadol.
J'ai parfaitement conscience qu'à l'heure actuelle, et mon ancien psy (le fameux), m'a suffisamment répété que j'avais plus de 80% de chance de très mal tourner avant même la vingtaine.
Que j'aurais pu me retrouver dans le caniveau, sans forces pour m'en relever, bien avant 30 ans.
Et que pour lui, les chances que j'attente à mes jours très tôt, ou au pire dans la vingtaine étaient dangereusement élevées.
Mais non. J'ai de la chance, depuis le tout début de ma vie d'adulte, j'ai eu une chance inouïe.
Cela fera l'objet d'un autre billet, la Chance.
Je reste persuadée que certes, je me suis battue bec et ongles, mais que j'ai eu une chance invraisemblable depuis mes 19/20 ans.
Il y en a tant, qui se battent bec et ongles. Et qui continuent d'enchaîner les difficultés, les malheurs.
J'ai eu une chance insolente. (Ça me donne envie d'enchaîner sur un second billet, mais mes mains réclament une pause, crispées à force d'écrire sur mon téléphone.)
Je reviens vite, et si jamais on a le courage de lire mes pavés, pas très pertinents ni forcément intéressants: Excellente journée à toutes & tous.♡