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Porto

Catégorie : Tranche de vie
16 octobre 2019 à  18:47

Je me souviens je devais avoir 13 ans. Ma mère refusant que de l'alcool soit dispo sous son toit je n'en avait jamais goûté jusque ici. La bouteille de Porto était dans le frigo. Curieux des effets de l'alcool , j'ai pris la bouteille, l'ai ouvert et j'ai bu une gorgée de ce délicieux nectar...j'ai de suite aimé le goût et l'agréable sensation de chaleur dans mon ventre. J'ai repris une gorgée et ai remis la teille dans le frigo, de peur que ma mère s'en aperçoive. Je me sentais bien quoique un peu surpris par cette drôle de sensation ressentie pour la première fois. Je savais que j'y reviendrai un jour et je n'avais pas tort...

Voilà pour cette première et courte expérience avec une substance. wink



Commentaires
he oui l'alcool est partout apres on s'étonne qu'on soit blindés de cravings des le plus jeune age....

J'ai le meme souvenir mais avec du passoa, chez les parents d'un pote


#2
Cazale
Ex-Opiomane/Benzohead
17 octobre 2019 à  13:14
Tu m'étonnes. En France l'alcool est roi ^^


Dans un énorme lit breton transformé en vaisselier, ma mère avait l'habitude de cacher ce qu'elle devait cacher, à mon frère et à moi, quand nous étions de jeunes enfants pas toujours sages.

On y trouvait des biscuits apéritifs, que nous dévorions quand nous tombions dessus, au désespoir de ma mère qui découvrait la mauvaise surprise lorsqu'elle avait des invités et rien à leur offrir.

On y trouvait également des paquets de cigarettes de marques diverses, vestige de la présence paternelle dans ce foyer où seule ma mère régnait depuis ma naissance.

Enfin, le meuble assombri au brou de noix dissimulait un gros bocal carré, en verre épais et teinté, lourd, fermé par un non moins gros bouchon en liège, et qui contenait un fruit défendu : des cerises à l'eau de vie faites maison ! J'adorais en prélever quelques unes, plus pour la drupe charnue que pour l'alcool, encore que celle-ci en était imprégnée, et la colère de ma mère ne faisait qu'attiser ma curiosité tout en renforçant ce lien causal sans doute erroné qui me suivra toute ma vie : "si c'est interdit, c'est que c'est bon !".

Par la suite (adolescence, âge adulte), je n'ai jamais développé de goût particulier pour l'alcool, sûrement parce que celui-ci me rendait vite malade, mais aussi parce que je présentais que c'était une drogue maudite; j'avais eu le spectacle triste et dissuasif d'un grand-père devenant violent et colérique dès qu'il prenait un pastis de trop, ainsi que celui de ma pauvre mère, allégeant son état dépressif constant avec les drogues qu'elle avait sous la main (gâteaux, bière, vin, gouttes d'alcool de menthe Ricqlès sur un sucre, anxiolytiques et antidépresseurs nombreux, divers et variés...).


#4
Cazale
Ex-Opiomane/Benzohead
17 octobre 2019 à  15:09
Ma mère etait dépressive vers la fin de sa vie...anxiolytiques et antidouleurs était son seul moyen de faire face à la douleur...elle sombra devant mes yeux dans l'addiction pour finalement ne jamais s'en sortir. C'est de là qu'est venue mon addiction aux benzos et à la morphine je crois. Mais bon j'en parlerais dans un prochain billet quand le temps sera venu pour moi d'en parler...

Merci en tout cas pour ton récit Lena.


Cazale a écrit

Merci en tout cas pour ton récit Lena.

Je te renvoie le compliment. J'ai bien aimé ton souvenir. Au plaisir de lire tes futurs billets.

En ce moment, je réalise que c'est super important de faire une relecture de son passé, à l'âge adulte. Cela permet bien souvent de se réconcilier avec celui-ci, de comprendre "qu'est-ce qui s'est passé"; de trouver la force de pardonner les personnes qui vous ont fait volontairement ou involontairement souffrir - si les faits en soi ne sont pas toujours pardonnables. Aucune maltraitance en ce qui me concerne, mais un pesant, très pesant mal être laissé par ma mère en héritage... C'est curieux, depuis que je suis sur ce forum, d'ailleurs, je retrouve plein de noms de médicaments qui me sont familiers (Valium, Tranxène, Xanax, Temesta, Lysanxia, Gardénal, Dépakine, Anafranil, Lithium, Lexomil, je suis à peu près certaine d'avoir vu passer ça dans l'arsenal de pilules qu'avalait quotidiennement ma mère...). Waouh ! Elle était grave accro aux benzos (principaux traitements dans les années 70 et début 80), en fait !! Je me souviens qu'elle était souvent dans le cirage ou planait; il lui fallait un grand bol de café noir, genre un demi litre, pour émerger le matin.


Très intéressant.. moi les benzos, l'alcool, le tabac et les opiacés sont venus l'année dernière,
il y a quasiment tout juste un an fin 2018..
Je suis isolé socialement, mes proches me font la pression pour que j'aille voir un psychiatre, premier rendez-vous, premier benzo : le Xanax (Alprazolam)

A partir de là j'ai commencé à merder, mais genre vraiment merder. (Je me suis retrouvé aux urgences devant mes proches impuissants, j'ai même fait une "fuite" l'hôpital en chemisette d'hospitalisé, oui oui, celle avec les espèces fleurs grises et toute blanche, j'ai couru, mes proches ont vu, et pas que..tout les gens dans la salle d'attente + les passants qui ont vu passé un jeune de 18 ans en chemisette d'hospitalisé, ils ont dû halluciner ou bien se dire quel pauvre gars..

Enfin voilà.. à ce moment là j'avais déjà touché aux benzos, (après le xanax, j'ai eu droit au valium puis lexomil puis tout le tralala..) et ensuite pour amplifié les effets et ainsi oublier mon mal être de manière artificielle j'ai bu de mon plein grès de la Vodka pour la première fois puis du Rhum, je détestais (et je déteste toujours) le goût, je le prenais uniquement pour l'effet anxiolytique, quant au tabac je n'ai pas accroché, et pourtant j'en ai grillé quelques unes mais non ça m'a pas accroché, la e-cig me m'a "un peu" plus accroché avec ces différents arômes dont le CBD, mais sinon bof ce n'est pas trop mon truc la fumette..

Et bien-sûr c'est un bref résumé, sinon j'ai eu aussi droit aux Antidépresseurs (Deroxat,Prozac,Norset,Effexor que j'utilise d'ailleurs encore actuellement)

Quant aux opiacés c'est venus d'un pète que je me suis fait au niveau des lombaires on m'a donné du Dicodin (dihydrocodéine) et à partir de là j'ai eu 2 mois d'addiction assez forte à ce produit.. mais finalement mon médecin de l'époque a décidé qu'il était temps d'arrêter et on a mit en place un protocole de sevrage.. fiouf

Merci pour vos récits en tout cas, ils sont très intéressant smile


#7
Cazale
Ex-Opiomane/Benzohead
18 octobre 2019 à  16:11

LenaÀLaRechercheDuParadis a écrit

Je te renvoie le compliment. J'ai bien aimé ton souvenir. Au plaisir de lire tes futurs billets.

Merci. Au plaisir d'être lu, Lena. Ma mère aussi avait besoin de beaucoup de café pour émerger sinon les benzos et la morphine l'assommait. J'ai parcouru un peu ton blog et j'aime beaucoup. Je pense m'abonner.

Escape, merci beaucoup pour ton témoignage, vraiment. super

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